Les prophètes de l'Eglise de Joseph Smith à aujourd'hui
Joseph Smith (1805-1844)

Brigham Young (1801-1877)

John Taylor (1808-1887)

Wilford Woodruff (1807-1898)

Lorenzo Snow (1814-1901)

Joseph F. Smith (1838-1918)

Heber J. Grant (1856-1945)

George Albert Smith (1870-1951)

David O. McKay (1873-1970)

Joseph Fielding Smith (1876-1972)

Harold B. Lee (1899-1973)

Spencer W. Kimball (1895-1985)

Ezra Taft Benson (1899-1994)

Howard W. Hunter (1907-1995)

Gordon B. Hinckley (1910-2008)

Thomas S. Monson (1927-


Brigham Young (1801-1877)
Membre du collège des Douze de 1835 à 1847
Président du collège des Douze de 1840 à 1847
Gouverneur du Territoire d'Utah de 1851 à 1858
Président de l'Église de 1847 à 1877
Résumé historique
La chronologie suivante est un résumé qui permet de situer le contexte historique du ministère de Brigham Young
1er juin 1801 : Naît à Whitingham (comté de Widdham),Vermont.
Entre 1815 et 1821 : (14-20 ans) Sa mère meurt ; il commence à gagner sa vie et finit par devenir menuisier.
1824 : (23 ans) Épouse Miriam Works.
1832 : (31 ans) Est baptisé et ordonné ancien. Sa femme meurt.
1834 : (33 ans) Épouse Mary Ann Angell. Remplit les fonctions de capitaine lors de la marche du camp de Sion.
14 février 1835 : (34 ans) Est ordonné membre du collège des Douze, premier collège des Douze de l'époque moderne.
Entre 1839 et 1841 : (38–40 ans) Fait une mission en Grande-Bretagne.
Entre 1844 et 1847 : (43–46 ans) Martyre de Joseph Smith. En sa qualité de président du collège des Douze, Brigham Young dirige l’Église.
1847 : (45 ans) Reçoit la section 136 de Doctrine et Alliances. Lors d’une vision il voit Joseph Smith et reçoit de précieux enseignements.
Entre 1846 et 1847 : (45–46 ans) Dirige l’exode vers le lac Salé et revient à Winter Quarters.
27 décembre 1847 : (46 ans) Est soutenu comme président de l’Église à Kanesville (Council Bluffs, Iowa).
1851 : (49 ans) Devient gouverneur du Territoire d’Utah.
6 avril 1853 : (52 ans) Pose la pierre angulaire du temple de Salt Lake City.
Entre 1857 et 1858 : (56–57 ans) Guerre d’Utah. Relevé du poste de gouverneur après un mandat de huit ans.
1867 : (66 ans) Achèvement du Tabernacle. Réorganise la Société de Secours.
1869 : (68 ans) Arrivée du chemin de fer en Utah.
1875 : (74 ans) Organisation des Sociétés d’amélioration mutuelle des Jeunes Gens et des Jeunes Filles.
6 avril 1877 : (75 ans) Consacre le temple de St George. Remet l’accent sur l’organisation correcte de la prêtrise.
29 août 1877 : (76 ans) Décède à Salt Lake City.
Vie et ministère de Brigham Young
Brigham Young fut le deuxième président de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, le colonisateur et le bâtisseur d’une grande collectivité de saints des derniers jours dans l’Ouest américain, et un mari et père dévoué. Il fut un disciple et un apôtre fidèle du Seigneur Jésus-Christ. « Jésus est notre chef et notre dirigeant » témoigna-t-il (Deseret News, 24 mai 1871, p. 5). « Je mets ma foi dans le Seigneur Jésus-Christ et ma connaissance, je l’ai reçue de lui », affirma-t-il (Deseret News, 21 nov. 1855, p. 2). Sa vie avait pour but central d’édifier et de soutenir le royaume du Seigneur Jésus-Christ sur la terre.
Un apprentissage à la dure
Né en 1801 dans le Vermont, Brigham Young était le neuvième des onze enfants de John et Abigail Howe Young. Il grandit jusqu’à l’âge d’homme dans le territoire fortement boisé du centre de l’État de New York où la maison familiale et les terres environnantes devinrent sa salle de classe (voir Deseret News, 22 avr. 1857, p. 4). Ses parents étaient pauvres. Il dit plus tard : « Dans notre jeunesse, nous n’avons jamais eu l’occasion de faire des études mais il nous a été donné d’arracher des broussailles, d’abattre des arbres, de rouler des troncs, de travailler au milieu des racines et de nous meurtrir les tibias, les pieds et les orteils » (Deseret News, 12 août 1857, p. 4). Le jeune Brigham travailla dur au défrichage, à la culture et aux travaux ménagers. Il n’oublia jamais les enseignements moraux stricts de son père et se rappela toujours que sa mère « enseignait tout le temps à ses enfants à honorer le nom du Père et du Fils et à respecter la Bible. Elle disait : Lisez-la, observez-en les préceptes et appliquez-les autant que vous pouvez à votre vie ; faites tout ce qui est bien, ne faites rien de mal et si vous voyez quelqu’un dans la détresse, pourvoyez à ses besoins » (Millenial Star - Supplement, 1853, p. 55). Elle décéda alors qu’il avait 14 ans.
À l’âge de 16 ans, il était devenu apprenti charpentier, menuisier, peintre et vitrier. Il était fier d’être artisan et disait qu’il considérait qu’un travail honnête, bien fait et solide pour ceux qui l’employaient faisait « partie de sa religion » (voir Brigham Young à George Hickox, 19 fév. 1876, Brigham Young Papers : 1832-1878).
À 23 ans il épousa Miriam Angeline Works. Le jeune couple eut deux filles. Brigham subvenait aux besoins de sa famille en fabriquant et en réparant des chaises, des tables et des armoires, et en installant des fenêtres, des portes, des escaliers et des manteaux de cheminée. À la ferme de son père à Mendon (New York), il construisit, au bord d’un ruisseau, une maison et un atelier de menuiserie qui utilisait une roue à aubes pour actionner ses machines.
Lorsque Miriam contracta la tuberculose, Brigham se chargea d’une grande partie de son travail en plus du sien. Tandis qu’elle était de plus en plus obligée de garder le lit, il préparait régulièrement le petit déjeuner de la famille, habillait ses filles, nettoyait la maison et « portait sa femme jusqu’au fauteuil à bascule à côté de l’âtre et l’y laissait jusqu’à son retour le soir » et à ce moment-là il préparait le repas du soir, mettait ses enfants au lit et finissait les tâches ménagères (Susa Young Gates et Leah D. Widtsoe, The Life Story of Brigham Young, 1930, p. 5). Les expériences qu’il fit dans sa jeunesse et au début de son mariage, dans le soin des enfants et la gestion d’un ménage lui apprirent beaucoup sur la collaboration familiale et la tenue d’un ménage. Des années plus tard, il donnait des enseignements aux saints sur ces sujets et se vantait, pour les taquiner, de pouvoir battre « la plupart des femmes de la ville aux travaux ménagers » (Deseret News, 12 août 1857, p. 4).
Témoignage de l’Esprit
Brigham et Miriam devinrent membres de l’Église méthodiste l’année de leur mariage, mais Brigham continua à se débattre au milieu de questions sur la religion. Il cherchait une Église organisée sur le modèle donné par Jésus, sur le modèle du Nouveau Testament, avec un « système d’ordonnances » (Deseret News, 19 juillet 1866, p. 3) et tous les dons de l’Évangile. Suite à l'oeuvre missionnaire de Samuel, frère de Joseph Smith, la famille de Brigham Young reçut, en avril 1830, juste un mois après sa publication, deux exemplaires du Livre de Mormon. Certains des frères et des sœurs de Brigham Young le lurent et le déclarèrent vrai, mais Brigham lui-même ne l’accepta pas immédiatement (voir George Creel, The Lion of the Lord, p. 33). « Minute, dis-je. . . attends un peu ; quelle est la doctrine du livre et des révélations que le Seigneur a données ? Il faut que j’y applique mon cœur ». « J’ai soigneusement examiné la question pendant deux ans avant de me décider à recevoir ce livre. Je savais qu’il était vrai, comme je savais que je voyais de mes yeux, ou sentais au contact de mes doigts, ou étais sensible aux manifestations de tous mes sens. Si cela n’avait pas été le cas, je n’aurais jamais accepté, pas même aujourd’hui » (Millenial Star - Supplement, 15 : 45).
Il lui fallait savoir par lui-même. Il enseigna plus tard aux saints qu’il n’entrait pas dans les intentions de Dieu « qu’ils se laissent entièrement guider par quelqu’un d’autre, en mettant de côté leur intelligence et en laissant à autrui le soin de décider de ce qu’ils devaient croire » (Deseret News, 24 août 1854, p. 1). « Mon devoir est de connaître la volonté du Seigneur à mon sujet », leur dit-il (Deseret News, 22 sept. 1875, p. 4). « Vous avez le droit et le devoir de vivre de manière à savoir quand la parole du Seigneur vous est adressée et quand la volonté du Seigneur vous est révélée » (op. cit.).
Des missionnaires venus d’une branche de l’Église à Columbia (Pennsylvanie), passèrent par Mendon en 1831, en prêchant que les cieux avaient été ouverts et que l’Évangile et la sainte prêtrise avaient été rétablis par l’intermédiaire de Joseph Smith. Après avoir rendu visite à la branche de Columbia avec d’autres membres de sa famille et des amis, Brigham fut certain d’avoir trouvé la religion qu’il avait longtemps cherchée, mais il se demandait s’il pouvait vraiment tout sacrifier pour elle. C’est alors, tandis qu’un des missionnaires rendait son témoignage, que « le Saint-Esprit se dégageant de cet homme illumina mon intelligence et que la lumière, la gloire et l’immortalité se présentèrent à moi », raconta-t-il. Il dit qu’il était entouré et rempli par elles et qu’il sut personnellement que le témoignage de l’homme était vrai (Deseret News, 9 fév. 1854, p. 4). Le 15 avril 1832, par une journée froide et enneigée, Brigham Young fut baptisé dans le bief de son atelier, confirmé et ordonné ancien (voirDeseret News, 2 avr. 1862, p. 1). « Conformément aux paroles du Sauveur, raconta-t-il, je ressentis un esprit humble et enfantin me témoigner que mes péchés m’étaient pardonnés » (Brigham Young, Manuscript History of Brigham Young, 1801-1844, compilé par Elden Jay Watson, 1968, p. 3). Miriam entra dans les eaux du baptême environ trois semaines plus tard (ibid., p. 3). Tous les membres de la famille directe de Brigham Young furent baptisés et restèrent des saints des derniers jours fidèles.
À la fin de l’été de 1832, après être revenu de ses voyages missionnaires dans la campagne avoisinante, Brigham soigna Miriam pendant les dernières semaines de sa tuberculose. Elle mourut en septembre 1832.
Sacrifices pour édifier et défendre le royaume de Dieu
Brigham Young consacra toute son attention et toute son énergie à l’Église. Vivement désireux de rencontrer Joseph Smith, le prophète, il partit immédiatement pour Kirtland avec son frère Joseph et son ami intime Heber C. Kimball.
Ils trouvèrent Joseph Smith occupé à couper du bois avec ses frères. La joie de Brigham « fut complète de pouvoir serrer la main au prophète de Dieu » et de recevoir « le témoignage certain, par l’esprit de prophétie, qu’il était tout ce que l’on pouvait penser, c’est-à-dire un vrai prophète » (Manuscript History of Brigham Young, 1801-1844, p. 4). Cela marqua le début de la relation la plus importante de Brigham Young. Lorsqu’il fut retourné à New York, il donna beaucoup de ses biens et réduisit ses affaires pour consacrer plus de temps à l’Église. Assuré que Vilate Kimball, femme de Heber, prendrait soin de ses filles, il fit une série de missions. Il tint des réunions et il baptisa dans la campagne des environs de Mendon. Il se rendit aussi dans le nord de l’État de New York et dans l’Ontario (Canada) pour prêcher l’Évangile et témoigner que Joseph Smith était un prophète de Dieu. Désireux d’obéir au conseil du prophète de se rassembler avec les saints, Brigham Young, en septembre 1833, déplaça sa famille de Mendon à Kirtland. Là, Brigham Young eut « la bénédiction d’écouter les enseignements du prophète et de jouir de la société des saints, tout en travaillant dur à son ancien métier » (voir op. cit., p. 7). Il participa à la construction de maisons, du temple de Kirtland et de plusieurs bâtiments publics.
Le 18 février 1834, il épousa Mary Ann Angell ; au cours des dix années qui suivirent six enfants leur naquirent. Mary Ann, écrit Brigham, « a travaillé fidèlement dans l’intérêt de ma famille et du royaume » (ibid., p. 8).
Pendant ces années à Kirtland (1833–38), il apprit que l’édification du royaume de Dieu nécessitait l’obéissance et le sacrifice. Au printemps 1834, il se porta volontaire pour faire partie du camp de Sion, un groupe de 205 hommes recrutés par Joseph Smith pour porter de l’aide et des provisions aux saints chassés de chez eux dans le comté de Jackson (Missouri). « Nous avons fait un voyage de 3500 kilomètres à pied », écrit-il (Deseret News, 8 oct. 1856, p. 2). Il se souvient qu’à cause des épreuves extrêmes et de la maladie, ils avaient des mécontents dans le camp. Les hommes avaient besoin d’apprendre la patience et la coopération, et donc, dit Brigham Young, « Joseph a dirigé, conseillé et guidé le groupe », en particulier les hommes qui avaient « un esprit agité, indiscipliné et mécontent » (Deseret News, 3 déc. 1862, p. 1). Le difficile voyage renforça la loyauté de Brigham à l’égard de Joseph Smith et fut pour lui un apprentissage précieux de l’obéissance à Dieu et à son prophète (voir Deseret News, 3 août 1854, p. 2).
Lors d’une conférence spéciale tenue le 14 février 1835, neuf vétérans du camp de Sion, dont Brigham Young, furent choisis pour être membres du premier collège des douze apôtres (voir Doctrine et Alliances 18:26-32). Brigham Young fut ordonné par l’imposition des mains et béni « pour aller rassembler les élus en vue du grand jour de la venue du Seigneur ». Avec d’autres membres du collège « appelés à prêcher l’Évangile du Fils de Dieu aux nations de la terre » (History of the Church, 2 : 196), il partit en mai 1835 pour une mission de quatre mois dans les États de l’Est. Il y retourna comme missionnaire au cours des étés de 1836 et de 1837.
Brigham Young supervisa les travaux de peinture et de finition du temple de Kirtland. Il était là lorsque le prophète Joseph y présenta les ordonnances préliminaires et il assista aux services de consécration de mars 1836 avec des centaines de saints qui avaient fait de grands sacrifices pour construire le premier temple de cette dispensation (Manuscript History of Brigham Young, 1801-1844,p. 12 ; History of the Church, 2 : 428).
Avant que Brigham Young ne puisse complètement savourer l’unité créée par de telles expériences, plusieurs dissidents commencèrent à devenir si vindicatifs dans leur opposition au prophète qu’ils essayèrent de lui arracher la direction de l’Église. En janvier 1838, Brigham Young affronta ces apostats dans le temple de Kirtland. « Je me levai et leur dis clairement et avec force que Joseph était un prophète, que je le savais et qu’ils pouvaient l’injurier et le calomnier tant qu’ils le voulaient, ils ne pouvaient pas faire que le prophète de Dieu n’ait pas été appelé, ils ne pouvaient que détruire leur autorité personnelle, couper le lien qui les unissait au prophète et à Dieu et se plonger en enfer » (Manuscript History of Brigham Young, 1801-1844, p. 16).
Endosser des responsabilités
Brigham Young raconte qu’il avait attendu avec Joseph Smith « des dizaines et des dizaines de nuits prêt à recevoir les émeutiers qui cherchaient à ôter la vie au prophète » (Deseret News, 15 mai 1877, p. 1). Il était tellement entier dans son soutien du prophète que les apostats, raconte-t-il, menacèrent de le faire périr (Manuscript History of Brigham Young, 1801-1844, pp. 23–24). Il s’enfuit de Kirtland et se rendit dans l’ouest du Missouri pour rejoindre Joseph Smith et d’autres dirigeants de l’Église dont la vie avait été menacée. Mais comme un grand nombre de saints des derniers jours continuaient à émigrer vers l’ouest du Missouri, les colons qui y étaient déjà craignirent que les saints ne les dominent politiquement et économiquement. Des tensions éclatèrent au cours de l’été et de l’automne 1838 et atteignirent leur point culminant lorsque le gouverneur ordonna à la milice de l’État d’exterminer les saints des derniers jours ou de les chasser de l’État. L’emprisonnement de Joseph Smith et d’autres dirigeants-clefs et l’apostasie ou la mort de plusieurs membres du collège des Douze imposèrent de nouvelles responsabilités à Brigham Young, maintenant président du collège. L’apôtre Heber C. Kimball et lui-même étaient les seuls membres des collèges présidents de l’Église disponibles pour guider et aider les saints dans leur difficile exode hivernal du Missouri. Sous sa direction, les saints firent alliance d’aider les pauvres, de faire sortir tous les saints des derniers jours de l’État et de se préparer à se rassembler de nouveau.
Les saints exilés construisirent à Commerce (Illinois) une nouvelle ville qu’ils appelèrent plus tard Nauvoo. Brigham Young n’y resta cependant que quelques mois, parce que Joseph, le prophète, avait reçu une révélation qui appelait le collège des Douze à partir en mission en Angleterre. À l’automne 1839, le président Young quitta l’Illinois, décidé à assumer cette nouvelle responsabilité en dépit de la mauvaise santé dont sa famille et lui souffraient. Il raconta plus tard qu’il ne pouvait marcher loin sans se faire aider et que sa sœur Fanny le supplia de ne pas partir. Il répondit : « Sœur Fanny, je ne me suis jamais senti mieux de ma vie ». « C’était une femme très excentrique et elle me dit en me regardant, les larmes aux yeux : Tu mens. Je ne dis rien, mais j’étais décidé à partir en Angleterre ou à mourir en essayant de le faire. J’étais bien décidé à faire ce qu’il m’était demandé de faire dans l’Évangile de vie et de salut et je mourrais, s’il le fallait, en essayant de le faire » (Deseret News, 2 août 1870, p. 1). Huit membres du collège des Douze firent une mission dans les îles Britanniques en 1840 et 1841, et Brigham Young, en tant que président du collège, dirigea leur travail. Pendant cette année capitale, les Douze connurent un succès remarquable. En avril 1841, tandis qu’il se préparait à quitter Liverpool, le président Young exprima sa reconnaissance de la façon dont Dieu avait agi vis-à-vis de lui et de ses frères des Douze au cours de l’année précédente : « Cela a vraiment été un miracle quand on pense au contraste entre le moment où nous avons débarqué à Liverpool et le moment où nous partons. Nous avons débarqué au printemps 1840, étrangers dans le pays, sans un sou, mais grâce à la miséricorde de Dieu, nous nous sommes fait beaucoup d’amis, nous avons fondé des Églises dans presque toutes les villes d’une certaine importance du royaume de Grande-Bretagne, baptisé entre sept et huit mille personnes, imprimé cinq mille Livres de Mormon, trois mille livres de cantiques, deux mille cinq cents volumes du Millennial Star et cinquante mille brochures, et avons fait émigrer mille âmes en Sion . . . Et nous avons semé dans le cœur de beaucoup de personnes les semences de la vérité éternelle qui porteront des fruits pour l’honneur et la gloire de Dieu, et pourtant nous n’avons manqué de rien en nourriture, en boisson ou en vêtements : en tout cela je reconnais la main de Dieu » (Manuscript History of Brigham Young, 1801-1844, pp. 96–97).
En endossant de bon cœur de nouvelles responsabilités, le président Young et les autres apôtres avaient augmenté non seulement leur capacité personnelle, mais la capacité du collège de travailler dans l’unité et avec efficacité pour l’Église. Joseph Smith avait confiance en leur « sagesse collégiale » et annonça à Nauvoo, en août 1841, « que le moment était venu où les Douze devaient être appelés à prendre leur place aux côtés de la Première Présidence » (History of the Church, 4 : 403). Les Douze reçurent de plus grandes responsabilités, entre autres prêcher l’Évangile, installer les immigrants, acheter des terres et bâtir le temple de Nauvoo.
Avant l’achèvement du temple, Joseph Smith présenta en privé au président Young et aux autres membres des Douze les ordonnances du temple, dont le baptême pour les morts, la dotation du temple et le scellement des familles, en prévoyant que les Douze enseigneraient ces ordonnances aux membres de l’Église. Le prophète rencontra les Douze au printemps 1844 pour leur conférer toutes les clefs et toute l’autorité nécessaires pour faire avancer l’œuvre du royaume. « Je transfère le fardeau et la responsabilité de la direction de cette Église de mes épaules aux vôtres », proclama le prophète. « Maintenant redressez les épaules et endossez-les comme des hommes ; car le Seigneur va me laisser me reposer un certain temps » (Certificat des Douze, non daté,Brigham Young Papers : 1832-1878).
Trois mois plus tard, Joseph Smith était mort. Tandis qu’il faisait une mission d’été dans la région de Boston, le président Young apprit que Joseph et Hyrum Smith avaient été assassinés par des émeutiers à Carthage (Illinois). En apprenant la nouvelle, il se demanda « si Joseph était parti avec les clefs du royaume », mais il éprouva immédiatement l’assurance que les clefs du royaume reposaient sur les Douze (Manuscript History of Brigham Young, 1801-1844, p. 171). Il retourna immédiatement à Nauvoo et constata que Sidney Rigdon, premier conseiller de Joseph, s’était proposé pour reprendre la direction de l’Église, et qu’une assemblée générale des saints avait déjà été convoquée pour soutenir un nouveau dirigeant. Le président Young parla avec force et clarté à l’assemblée des saints :
« Pour la première fois de ma vie, pour la première fois de votre vie, pour la première fois dans le royaume de Dieu au 19e siècle, sans prophète à notre tête, j’interviens au titre de mon appel au sein du collège des Douze, qui sont apôtres de Jésus-Christ pour cette génération, apôtres que Dieu a appelés par révélation par l’intermédiaire du prophète Joseph, qui sont ordonnés et oints pour détenir les clefs du royaume de Dieu dans le monde entier.
« ... Maintenant si vous voulez que Sidney Rigdon ou William Law vous dirigent, ou n’importe qui d’autre, n’hésitez pas ; mais je vous dis, au nom du Seigneur, que personne ne peut mettre quelqu’un entre les Douze et le prophète Joseph. Pourquoi ? Parce que Joseph était leur chef de file et qu’il a remis entre leurs mains les clefs du royaume en cette dernière dispensation pour le monde entier » (History of the Church, 7 : 232, 235).
Beaucoup de témoins remarquèrent que, tandis qu’il parlait, le président Young avait l’aspect et la voix du prophète Joseph, ce qui était une manifestation puissante de l’approbation divine. Les quelque cinq mille saints réunis soutinrent les Douze comme collège dirigeant de l’Église. Trois jours après la réunion au cours de laquelle le président Young avait dit aux saints qu’il voulait avoir « la possibilité de pleurer et de se lamenter pendant trente jours au moins » (op. cit., 7 : 232), le président Young exprima sobrement sa douleur : « Nous avons connu une période de deuil depuis le jour où Joseph et Hyrum ont été ramenés de Carthage à Nauvoo. Beaucoup dans l’Église et au-dehors ont jugé que l’on a versé plus de cinq barils de larmes. Le simple fait d’y penser m’est insupportable » (Manuscript History of Brigham Young, 1801-1844, p. 177).
Pendant près d’une décennie de service comme apôtre de Jésus-Christ, Brigham Young avait appris les voies du Seigneur. Sa disposition à travailler dur, à obéir, à faire des sacrifices et à accepter les responsabilités, et sa capacité de recevoir l’inspiration de l’Esprit et d’agir en conséquence le préparèrent à présider les saints des derniers jours, tout d’abord comme président du collège des Douze et, après décembre 1847, comme président de l’Église. Sous sa direction remarquable, qui s’étendit sur quelque trente-trois ans, les saints apprirent à édifier Sion dans l’Ouest américain et dans leur cœur, leur famille et leur paroisse : « Frère Joseph, le prophète, a posé les fondements d’une grande œuvre et nous édifierons dessus », promit-il aux saints en août 1844. « Nous pouvons édifier un royaume comme il n’y en a jamais eu dans le monde » (History of the Church, 7 : 234). Sa foi inébranlable en Dieu, son dévouement, son expérience et son sens de l’humour, son amour pour la doctrine et les ordonnances de l’Évangile et sa compréhension de l’ordre de la prêtrise et de l’organisation de l’Église lui permirent de faire évoluer les saints vers l’unité de cœur et d’esprit.
Rassemblement des saints pour édifier le royaume de Dieu
Brigham Young dirigea l’exode des saints des derniers jours de Nauvoo à la vallée du lac Salé dans les montagnes Rocheuses. Cela leur permit de se rassembler comme cela n’avait pas été possible en Ohio, au Missouri ou en Illinois. Lorsqu’il contempla la vallée du Grand Lac Salé le 24 juillet 1847, le président Young était certain d’avoir trouvé le refuge que Joseph Smith avait prévu pour les saints dans l’Ouest et dont lui-même avait eu la vision que c’était le bon endroit. « L’Esprit de lumière reposa sur moi et plana sur la vallée et je sentis que c’était là que les saints trouveraient protection et sécurité », écrivit Brigham (Manuscript History of Brigham Young, 1846-1847, 1971, p. 564). Les saints pourraient y trouver le temps et l’espace nécessaires pour s’installer comme peuple séparé du monde.
Brigham Young déclara : « Dieu m’a montré que c’est ici qu’il faut installer ce peuple, et c’est ici qu’il va prospérer . . . Quand les saints se rassembleront ici et deviendront suffisamment forts pour posséder le pays, Dieu modérera le climat, et nous construirons ici une ville et un temple au Dieu Très-Haut. Nous étendrons nos colonies à l’est et à l’ouest, au nord et au sud, et nous construirons des villes et des villages par centaines, et des milliers de saints s’y rassembleront des nations de la terre. Ceci deviendra la grande route des nations » (James S. Brown, Life of a Pioneer, Being the Autobiography of James S. Brown, 1900, pp. 121-122).
Le rassemblement dans l’Ouest, qui commença avec l’arrivée du président Young et du convoi pionnier en juillet 1847, continua pendant des dizaines d’années. Quatre-vingt mille saints firent le difficile voyage vers l’Ouest avant 1869, époque où le chemin de fer rendit le voyage plus facile. Même après cela les saints continuèrent à quitter leurs maisons et souvent leurs familles pour se rassembler en Sion. Leur déplacement géographique symbolisait l’éloignement spirituel d’avec le monde. Le président Young déclara que Dieu avait rassemblé les saints « des extrémités de la terre . . . pour devenir d’un seul cœur et d’un seul esprit dans toutes nos activités pour fonder le royaume spirituel et temporel du Christ sur la terre, pour nous préparer au moment où le Fils de l’homme viendra avec puissance et grande gloire » (Deseret News, 21 janv. 1868, p. 2). Il attendait et exigeait beaucoup de son peuple pour l’édification temporelle et spirituelle de Sion. Non seulement ils allèrent jusqu’au sommet des montagnes (Ésaïe 2:2 ; Michée 4:1), mais ils donnèrent aussi de leurs moyens pour aider d’autres saints à les suivre dans le rassemblement.
Sous la direction du président Young, des saints quittèrent la vallée du lac Salé pour créer quelque quatre cents colonies dans l’Ouest américain. Ils travaillèrent pour cultiver leur nourriture, faire leurs vêtements et créer des industries locales pour devenir économiquement autonomes. Ils apprirent à s’appuyer sur le Seigneur et à compter les uns sur les autres.
Toutes les entreprises économiques que le président Young commanda aux saints d’entreprendre ne furent pas une réussite. Mais le succès économique n’était pas son premier souci. En fin de compte il se préoccupait moins de produire des récoltes et de l’argent que d’aider son peuple à devenir une nation sainte. Il savait par expérience que le fait de travailler dur et d’accepter des responsabilités le ferait progresser. « C’est un bon endroit pour faire des saints », dit-il en 1856 à une assemblée de membres de l'Église à Salt Lake City (Deseret News, 10 sept. 1856, p. 5).
Pendant plusieurs années, il fut gouverneur territorial de la région appelée Deseret (qui deviendra plus tard l’État d’Utah) et surintendant aux affaires indiennes. Plus tard il fut remplacé par des agents fédéraux. Il passa des années à essayer de résoudre les conflits entre les saints des derniers jours et le gouvernement des États-Unis concernant le désir des saints d’être politiquement indépendants. Il subit les critiques et les railleries des ecclésiastiques, des journalistes, des réformateurs et des politiciens qui l’attaquèrent, lui et son peuple, pour leurs croyances religieuses et leurs pratiques sociales, économiques et politiques. Mais ce genre d’opposition n’affecta pas la compréhension claire qu’il avait de la nécessité de « faire des saints » et d’édifier ainsi Sion. Il déclara : « J’ai eu la vision de la communauté des saints des derniers jours et je l’ai vue organisée comme une grande famille du ciel, chacun accomplissant ses devoirs respectifs dans son domaine d’activité et travaillant au bien de l’ensemble plus qu’à son intérêt personnel ; et en cela j’ai vu l’ordre le plus beau que l’esprit de l’homme puisse imaginer et les résultats les plus grandioses pour l’édification du royaume de Dieu et la diffusion de la justice sur la terre » (ibid., 21 jan. 1868, p. 2).
Édification de Sion par les ordonnances et l’organisation de la prêtrise
Le président Young se rendait compte qu’on ne pouvait pas édifier Sion simplement en travaillant dur. Il fallait qu’elle soit dirigée par la prêtrise dont il savait qu’elle était « le gouvernement du Fils de Dieu » (Deseret News, 10 août 1864, p. 2). Il savait que les saints ne pouvaient « devenir d’un seul cœur et d’un seul esprit dans toutes leurs activités et tous leurs efforts » (Deseret News, 21 jan. 1868, p. 2) que grâce à « une forme de gouvernement pure et sainte » (ibid., 8 nov. 1870, p. 3). Il enseigna que les membres de l’Église ne pouvaient être sanctifiés qu’en participant aux ordonnances de la prêtrise ; par conséquent les ordonnances et l’organisation de la prêtrise étaient au centre de ses enseignements et de son gouvernement.
De 1844 à 1846, le président Young et les Douze donnèrent la priorité absolue à l’achèvement du temple de Nauvoo. On y accomplit des dotations et des scellements avant même que la construction fût terminée. « Si ardent a été le désir manifesté par les saints de recevoir les ordonnances, et tel a été le nôtre de les leur administrer que je me suis consacré entièrement, nuit et jour, à l’œuvre du Seigneur dans le temple, ne prenant pas plus de quatre heures de sommeil en moyenne par nuit et ne rentrant chez moi qu’une fois par semaine », écrivit le président Young dans son journal (Manuscript History of Brigham Young, 1846-1847, p. 10). Entre le 10 décembre 1845 et le 7 février 1846, quelque 5615 saints reçurent l’ordonnance de la dotation et de nombreuses familles furent scellées. Juste un peu plus d’un an plus tard, trois jours après l’arrivée dans la vallée du lac Salé, le président Young désigna le terrain où serait construit le temple de Salt Lake City. Il devait se trouver au centre de la ville et au centre de la vie des saints. Le grand temple, dont la construction prit quarante ans, ne fut achevé qu’après le décès du président Young, mais celui-ci désigna d’autres lieux sacrés où les dotations et les scellements du temple pourraient être accomplis pour les vivants en attendant que le temple soit terminé. Lors de la consécration des étages inférieurs du temple de St-George, qui eut lieu le 1er janvier 1877, quelques mois avant sa mort, le président Young parla avec énergie de la nécessité que les ordonnances pour les morts reprennent : « Quand je pense à ce sujet, je voudrais que les langues de sept tonnerres éveillent le peuple. Les pères peuvent-ils être sauvés sans nous ? Non. Pouvons-nous être sauvés sans eux ? Non » (Millenial Star, 39 : 119).
Il était capital que les ordonnances du temple se fassent pour sceller les générations les unes aux autres et transmettre les vérités sacrées d’une génération à l’autre. Les saints des derniers jours nés ou convertis pendant la dernière moitié du 19e siècle ne connaîtraient pas les persécutions du Missouri ni ne se souviendraient personnellement de Joseph Smith, le prophète. Avec le temps, ils seraient de moins en moins nombreux à être pionniers et colonisateurs, mais eux aussi auraient besoin d’apprendre des vérités sacrées pour édifier Sion. Le président Young encouragea les efforts pour enseigner l’Évangile aux jeunes de l’Église, travailla à raffiner l’organisation de l’Église et exprima le désir d’élever « une génération d’hommes et de femmes qui aimeront et maintiendront la vérité et la justice sur la terre » (James R. Clark, compilateur, Messages of the First Presidency of The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, 6 volumes, 1965-75, 2 : 288). Les Écoles du Dimanche de paroisse pour les enfants, qui avaient été créées en 1849, furent unifiées sous un bureau central en 1867. À la demande du président Young et en commençant par ses propres filles, des associations furent organisées en 1869 pour fortifier les jeunes filles dans leur compréhension de l’Évangile et leur engagement à gérer leur vie d’une manière prévoyante. En 1875 des associations du même genre furent créées pour instruire les jeunes gens et leur donner des occasions de diriger. Conscient de ce que Sion ne peut être édifiée sans les sœurs, le président Young rétablit la Société de Secours en 1867, telle qu’elle avait été organisée à Nauvoo par Joseph Smith. Les femmes aidèrent les évêques à soulager les pauvres et les affligés, encouragèrent les familles à confectionner chez elles tout ce dont elles avaient besoin, s’enseignèrent mutuellement l’Évangile et supervisèrent l’éducation des jeunes filles et des enfants.
Pendant la dernière année de sa vie, le président Young mit de l’ordre dans les collèges de la prêtrise. Il divisa et réorganisa les pieux, faisant ainsi passer leur nombre de huit à dix-huit. Il dirigea l’organisation de collèges d’anciens et instruisit ceux-ci de leurs responsabilités temporelles et spirituelles. Il souligna le fait que la paroisse était localement la principale unité d’activité de l’Église et étendit le rôle de l’évêque à celui de chef de la paroisse. Les membres du collège des Douze qui avaient présidé des unités locales furent relevés de leur poste pour pouvoir s’acquitter de leur appel de témoins spéciaux de Jésus-Christ auprès des nations. Lorsqu’il décéda le 29 août 1877, l’Église était organisée comme la plupart des saints la connaissaient aujourd'hui, à la fin du vingtième siècle.
L’engagement du président Young à édifier Sion par la colonisation, l’activité économique, les ordonnances sacrées du temple et l’organisation de la prêtrise transparaît dans ses sermons. Aucun sermon n’aurait pu à lui seul contenir la totalité de sa vision. « Je n’ai fait qu’effleurer le grand sermon évangélique », déclara-t-il à la fin d’un de ses discours (Millenial Star - Supplement, 15 : 49). La plénitude de l’Évangile, croyait-il, ne pouvait être enseignée que petit à petit, ligne par ligne. « L’Évangile du Fils de Dieu, dit-il, est de toute éternité à toute éternité. Lorsque la vision de l’esprit s’ouvre, on peut en voir une grande partie, mais on la voit de la même façon que l’orateur voit les visages d’une assemblée. Regarder chaque personne séparément et lui parler, et penser faire pleinement sa connaissance, rien que passer cinq minutes avec chacune d’elles prendrait trop de temps, ce ne serait pas facile à faire. Il en va de même des visions de l’éternité ; nous pouvons voir et comprendre, mais c’est difficile à exprimer » (Deseret News, 26 oct. 1854, p. 2). Par son enseignement et sa direction, Brigham Young essaya sans cesse d’aider les saints à voir et à comprendre les vérités éternelles de l’Évangile. La vie de Brigham Young était centrée sur l’enseignement de l’Évangile et l’édification et le soutien du royaume de Dieu. « Le royaume des cieux est ce que nous avons de plus important », dit-il aux saints (Deseret News, 27 juil. 1864, p. 2). Ce sont sans doute les apôtres qui étaient en fonction au moment de sa mort qui ont le mieux décrit la façon dont le président Young a dirigé : « Pendant les trente-trois ans qu’il a présidé l’Église depuis le martyre du prophète Joseph, ses genoux n’ont jamais fléchi, ses mains n’ont jamais tremblé ; il n’a jamais vacillé ni reculé. Aussi menaçants qu’aient pu être l’environnement ou les perspectives, il n’a jamais été déconcerté ; mais à ces moments-là il a manifesté une assurance et une foi tellement sereines et prononcé de telles paroles d’encouragement qu’il a réconforté et soutenu tout le peuple et s’est acquis son amour et son admiration. Le Seigneur ne lui a pas seulement donné en bénédiction un esprit valeureux, il l’a aussi doté d’une grande sagesse. Ses conseils, quand on y a obéi, ont apporté le salut et il n’avait pas son pareil comme organisateur et comme administrateur. . .
« Le Seigneur a couronné ses efforts d’un succès remarquable, il a honoré et accompli ses paroles et ceux qui ont obéi à ses instructions ont été bénis et soutenus. Le temps viendra où l’on fera référence à sa présidence sur l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours comme à une période d’événements merveilleux » (Messages of the First Presidency of The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, 2 : 298).
Anecdotes de la vie de Brigham Young liées à des thèmes évangéliques
Apostasie personnelle
Pendant qu’il était à Kirtland, Brigham Young affronta un groupe d’apostats qui complotaient contre Joseph Smith, le prophète, dans les murs mêmes du temple. Il raconte : « Je me levai et leur dis clairement et avec force que Joseph était un prophète, que je le savais, et qu’ils pouvaient l’injurier et le calomnier tant qu’ils le voulaient, ils ne pouvaient pas faire que le prophète de Dieu n’ait pas été appelé, ils ne pouvaient que détruire leur autorité personnelle, couper le lien qui les unissait au prophète et à Dieu et se plonger en enfer » (Deseret News, 10 février 1858, p. 386). À Kirtland, au Missouri, à Nauvoo et en Utah, le président Young fut témoin de la dévastation qui ravage la vie de ceux qui succombent à l’apostasie. Beaucoup d’apostats avaient été parmi ses collaborateurs les plus proches. Il se rendait compte que c’étaient souvent des vétilles qui étaient le commencement de leur éloignement de la vérité et il mit avec force tous les membres en garde contre toute forme de méfait.
Pendant qu’il était à Kirtland, Brigham Young affronta un groupe d’apostats qui complotaient contre Joseph Smith, le prophète, dans les murs mêmes du temple. Il raconte : « Je me levai et leur dis clairement et avec force que Joseph était un prophète, que je le savais, et qu’ils pouvaient l’injurier et le calomnier tant qu’ils le voulaient, ils ne pouvaient pas faire que le prophète de Dieu n’ait pas été appelé, ils ne pouvaient que détruire leur autorité personnelle, couper le lien qui les unissait au prophète et à Dieu et se plonger en enfer » (Deseret News, 10 février 1858, p. 386). À Kirtland, au Missouri, à Nauvoo et en Utah, le président Young fut témoin de la dévastation qui ravage la vie de ceux qui succombent à l’apostasie. Beaucoup d’apostats avaient été parmi ses collaborateurs les plus proches. Il se rendait compte que c’étaient souvent des vétilles qui étaient le commencement de leur éloignement de la vérité et il mit avec force tous les membres en garde contre toute forme de méfait.
Attitude chrétienne envers les autres
Brigham Young considérait que la charité, « l’amour pur du Christ », était nécessaire pour aplanir le chemin de la vie. Ce qu’il fit pour Lucy Groves est un exemple de sa bonté et de sa serviabilité à l’égard des autres : Pendant l’émigration vers l’Ouest, Lucy tomba sous la roue du chariot familial et se brisa la jambe et plusieurs côtes. Le président Young réduisit la fracture de sa jambe et lui donna une bénédiction. Quelques jours plus tard, la fille de Lucy trébucha sur la jambe de sa mère et la brisa de nouveau. Souffrant atrocement à chaque pas fait par les bœufs, Lucy demanda à son mari de sortir du convoi et de laisser les autres poursuivre sans eux. Le président Young déclara qu’il ne les laisserait pas au bord de la route dans un territoire dangereux. Il commanda à plusieurs hommes de couper les pieds épais du lit de Lucy et de suspendre le cadre aux arceaux du chariot pour que le matelas et le sommier se balancent sans difficulté comme un hamac. Il renouvela alors sa bénédiction à Lucy et chevaucha plusieurs jours à son côté pour s’assurer qu’elle n’avait pas d’autres difficultés. « Avec sa douceur, écrivit le petit-fils de Lucy, il s’acquit à tout jamais l’amour de Lucy et de sa postérité » (A History of Ralph Frost, Great Grandson of Elisha and Lucy Groves, Collections spéciales, Université Brigham Young, pp. 157–58).
Brigham Young considérait que la charité, « l’amour pur du Christ », était nécessaire pour aplanir le chemin de la vie. Ce qu’il fit pour Lucy Groves est un exemple de sa bonté et de sa serviabilité à l’égard des autres : Pendant l’émigration vers l’Ouest, Lucy tomba sous la roue du chariot familial et se brisa la jambe et plusieurs côtes. Le président Young réduisit la fracture de sa jambe et lui donna une bénédiction. Quelques jours plus tard, la fille de Lucy trébucha sur la jambe de sa mère et la brisa de nouveau. Souffrant atrocement à chaque pas fait par les bœufs, Lucy demanda à son mari de sortir du convoi et de laisser les autres poursuivre sans eux. Le président Young déclara qu’il ne les laisserait pas au bord de la route dans un territoire dangereux. Il commanda à plusieurs hommes de couper les pieds épais du lit de Lucy et de suspendre le cadre aux arceaux du chariot pour que le matelas et le sommier se balancent sans difficulté comme un hamac. Il renouvela alors sa bénédiction à Lucy et chevaucha plusieurs jours à son côté pour s’assurer qu’elle n’avait pas d’autres difficultés. « Avec sa douceur, écrivit le petit-fils de Lucy, il s’acquit à tout jamais l’amour de Lucy et de sa postérité » (A History of Ralph Frost, Great Grandson of Elisha and Lucy Groves, Collections spéciales, Université Brigham Young, pp. 157–58).
Bonheur et vie en société
Brigham Young savait que le vrai bonheur n’est possible que par une vie de droiture, et il savait aussi que l’on peut trouver beaucoup de plaisir dans la vie par des distractions et des divertissements sains. Il aimait le théâtre, la danse et les autres amusements de société et donna aux saints des occasions de se livrer à ces passe-temps, convaincu qu’ils étaient importants pour le bien-être du peuple. À Salt Lake City, il dirigea la construction du Social Hall où l’on organisa des bals et des représentations théâtrales. Il dit à propos du Social Hall : « C’est notre salle d’amusement, pas une salle pour y bénir la Sainte-Cène. Nous l’avons consacré pour le but dans lequel il a été construit . . . Vous savez quel esprit on y trouve. Nous y avons eu des gouverneurs, des juges, des médecins, des hommes de loi, des commerçants, des passants, etc., qui n’appartenaient pas à notre Église et qu’ont-ils déclaré, tous autant qu’ils étaient ? ‹ Je ne me suis encore jamais aussi bien senti de toute ma vie à une fête qu’ici › ; et les saints ne se sentent pas aussi bien dans aucun autre lieu d’amusement . . . Chaque chose en son temps et chaque chose à sa place » (Deseret News, 26 mars 1862, p. 1).
Brigham Young savait que le vrai bonheur n’est possible que par une vie de droiture, et il savait aussi que l’on peut trouver beaucoup de plaisir dans la vie par des distractions et des divertissements sains. Il aimait le théâtre, la danse et les autres amusements de société et donna aux saints des occasions de se livrer à ces passe-temps, convaincu qu’ils étaient importants pour le bien-être du peuple. À Salt Lake City, il dirigea la construction du Social Hall où l’on organisa des bals et des représentations théâtrales. Il dit à propos du Social Hall : « C’est notre salle d’amusement, pas une salle pour y bénir la Sainte-Cène. Nous l’avons consacré pour le but dans lequel il a été construit . . . Vous savez quel esprit on y trouve. Nous y avons eu des gouverneurs, des juges, des médecins, des hommes de loi, des commerçants, des passants, etc., qui n’appartenaient pas à notre Église et qu’ont-ils déclaré, tous autant qu’ils étaient ? ‹ Je ne me suis encore jamais aussi bien senti de toute ma vie à une fête qu’ici › ; et les saints ne se sentent pas aussi bien dans aucun autre lieu d’amusement . . . Chaque chose en son temps et chaque chose à sa place » (Deseret News, 26 mars 1862, p. 1).
Communication entre Dieu et l'homme
Brigham Young a enseigné que le « tout premier devoir est de rechercher le Seigneur jusqu’à ce que nous ouvrions les voies de communication entre Dieu et notre âme ». Peu après la mort de Joseph Smith, le prophète, Brigham Young raconta un songe dans lequel Joseph lui avait rendu visite et lui avait donné des instructions : « Joseph s’avança vers nous et, avec une expression très fervente et cependant plaisante, dit : ‹ Dites au peuple d’être humble et fidèle et de veiller à garder l’Esprit du Seigneur, et il le conduira sur la bonne voie. Faites attention et ne rejetez pas la petite voix douce ; elle leur enseignera ce qu’ils doivent faire et où ils doivent aller ; elle donnera les fruits du royaume . . . Dites aux frères que s’ils suivent l’Esprit du Seigneur, ils iront sur le bon chemin › » (Journal History of The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, 23 février 1847. Archives du département d'histoire de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours). Tous les enfants de Dieu ont le droit d’être éclairés par l’Esprit du Christ et de recevoir des révélations personnelles par le Saint-Esprit en invoquant le Seigneur avec ferveur.
Brigham Young a enseigné que le « tout premier devoir est de rechercher le Seigneur jusqu’à ce que nous ouvrions les voies de communication entre Dieu et notre âme ». Peu après la mort de Joseph Smith, le prophète, Brigham Young raconta un songe dans lequel Joseph lui avait rendu visite et lui avait donné des instructions : « Joseph s’avança vers nous et, avec une expression très fervente et cependant plaisante, dit : ‹ Dites au peuple d’être humble et fidèle et de veiller à garder l’Esprit du Seigneur, et il le conduira sur la bonne voie. Faites attention et ne rejetez pas la petite voix douce ; elle leur enseignera ce qu’ils doivent faire et où ils doivent aller ; elle donnera les fruits du royaume . . . Dites aux frères que s’ils suivent l’Esprit du Seigneur, ils iront sur le bon chemin › » (Journal History of The Church of Jesus Christ of Latter-day Saints, 23 février 1847. Archives du département d'histoire de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours). Tous les enfants de Dieu ont le droit d’être éclairés par l’Esprit du Christ et de recevoir des révélations personnelles par le Saint-Esprit en invoquant le Seigneur avec ferveur.
Derniers jours
Quand il fut ordonné apôtre, Brigham Young reçut la tâche « d’aller rassembler les élus en vue du grand jour de la venue du Seigneur » (History of the Church, 2 : 188). Il fit une mission en Angleterre où, avec les autres apôtres, il lança un programme complet de prosélytisme, de publications et de préparation des convertis à l’émigration vers le siège de la jeune Église en Amérique. Dans un rapport fait à Joseph Smith, le prophète, où il donne les détails de leur travail, Brigham Young dit : « L’Évangile se répand, les démons rugissent; à ce que je crois savoir . . . on rassemble l’ivraie, on rentre le blé, les nations tremblent et les royaumes chancellent : ‹ les hommes rendent l’âme de terreur dans l’attente que ce qui va se passer sur la terre › » (op. cit., 4 : 114). Dirigeant de l’Église pendant presque quarante ans, le président Young apprit aux saints à continuer l’œuvre rédemptrice du Seigneur et à ne pas craindre les remous prophétisés pour les derniers jours.
Quand il fut ordonné apôtre, Brigham Young reçut la tâche « d’aller rassembler les élus en vue du grand jour de la venue du Seigneur » (History of the Church, 2 : 188). Il fit une mission en Angleterre où, avec les autres apôtres, il lança un programme complet de prosélytisme, de publications et de préparation des convertis à l’émigration vers le siège de la jeune Église en Amérique. Dans un rapport fait à Joseph Smith, le prophète, où il donne les détails de leur travail, Brigham Young dit : « L’Évangile se répand, les démons rugissent; à ce que je crois savoir . . . on rassemble l’ivraie, on rentre le blé, les nations tremblent et les royaumes chancellent : ‹ les hommes rendent l’âme de terreur dans l’attente que ce qui va se passer sur la terre › » (op. cit., 4 : 114). Dirigeant de l’Église pendant presque quarante ans, le président Young apprit aux saints à continuer l’œuvre rédemptrice du Seigneur et à ne pas craindre les remous prophétisés pour les derniers jours.
Dîme et consécration
Malgré toutes les difficultés qu’il rencontrait, le président Young considérait que le sacrifice, « cela n’existait pas » (Deseret News, 24 août 1854, p. 1), parce que tout appartient déjà à Dieu et que le fait de renoncer à quelque chose est une bénédiction pour nous et nous prépare à l’exaltation. Ce que nous appellerions sacrifice, lui le considérait comme l’échange « d’une situation pire contre une meilleure » (op. cit.). Il enseignait la possibilité de participer à l’œuvre du Seigneur en obéissant aux lois de la dîme et de la consécration, en reconnaissant que toute possession appartient au Père et en lui rendant une partie de ses biens.
Malgré toutes les difficultés qu’il rencontrait, le président Young considérait que le sacrifice, « cela n’existait pas » (Deseret News, 24 août 1854, p. 1), parce que tout appartient déjà à Dieu et que le fait de renoncer à quelque chose est une bénédiction pour nous et nous prépare à l’exaltation. Ce que nous appellerions sacrifice, lui le considérait comme l’échange « d’une situation pire contre une meilleure » (op. cit.). Il enseignait la possibilité de participer à l’œuvre du Seigneur en obéissant aux lois de la dîme et de la consécration, en reconnaissant que toute possession appartient au Père et en lui rendant une partie de ses biens.
Dispensations de l'Évangile
Brigham Young enseignait que Dieu a établi et enseigné l’Évangile au commencement, l’a de nouveau révélé lors de diverses dispensations au milieu de périodes d’apostasie et l’a maintenant rétabli en cette dernière période. Il se réjouissait de cette dispensation finale, la « dispensation de toutes les dispensations » qui, disait-il, « dépassera en splendeur et en gloire toutes les dispensations qui aient jamais été confiées aux enfants des hommes sur la terre » (Brigham Young, Discourses of Brigham Young, sélectionnés par John A. Widtsoe, 1941, p. 442).
Brigham Young enseignait que Dieu a établi et enseigné l’Évangile au commencement, l’a de nouveau révélé lors de diverses dispensations au milieu de périodes d’apostasie et l’a maintenant rétabli en cette dernière période. Il se réjouissait de cette dispensation finale, la « dispensation de toutes les dispensations » qui, disait-il, « dépassera en splendeur et en gloire toutes les dispensations qui aient jamais été confiées aux enfants des hommes sur la terre » (Brigham Young, Discourses of Brigham Young, sélectionnés par John A. Widtsoe, 1941, p. 442).
Divinité
Brigham Young a enseigné aux saints des derniers jours à adorer Dieu le Père et à le prier au nom de Jésus-Christ. Il a enseigné, en outre, que Dieu le Père était jadis un homme sur une autre planète qui « a passé par les épreuves que nous traversons maintenant ; il a reçu une expérience, a souffert et a eu du plaisir, et sait tout ce que nous savons concernant les travaux pénibles, les souffrances, la vie et la mort de notre existence ici-bas » (Discourses of Brigham Young, p. 22).
Brigham Young a enseigné aux saints des derniers jours à adorer Dieu le Père et à le prier au nom de Jésus-Christ. Il a enseigné, en outre, que Dieu le Père était jadis un homme sur une autre planète qui « a passé par les épreuves que nous traversons maintenant ; il a reçu une expérience, a souffert et a eu du plaisir, et sait tout ce que nous savons concernant les travaux pénibles, les souffrances, la vie et la mort de notre existence ici-bas » (Discourses of Brigham Young, p. 22).
Dons de l'Esprit
Dans sa jeunesse, Brigham Young rechercha avec ferveur une religion où se manifestaient tous les dons de l’Évangile, comme cité dans le Nouveau Testament. Avant son baptême, il reçut un grand témoignage de l’Église lorsque le Saint-Esprit illumina son intelligence (voir Deseret News, 9 fév. 1854, p. 4). Lors de sa première rencontre avec Joseph Smith à Kirtland, Brigham Young eut la bénédiction de jouir du don des langues (voir Manuscript History of Brigham Young, 1801-1844, pp. 4–5). Ce fut là une occasion rare dans sa vie, mais il se réjouissait toujours de la diversité des dons spirituels déversés sur lui et sur les saints des derniers jours. « Si nous avons la religion du Sauveur, nous avons exactement le même droit aux bénédictions que ceux d’autrefois. Ce n’est pas que tous eussent des visions, des songes ou le don des langues ou d’interprétation des langues, mais chacun recevait selon ses capacités et la bénédiction du Donateur » (Deseret News, 27 fév. 1856, p. 3).
Dans sa jeunesse, Brigham Young rechercha avec ferveur une religion où se manifestaient tous les dons de l’Évangile, comme cité dans le Nouveau Testament. Avant son baptême, il reçut un grand témoignage de l’Église lorsque le Saint-Esprit illumina son intelligence (voir Deseret News, 9 fév. 1854, p. 4). Lors de sa première rencontre avec Joseph Smith à Kirtland, Brigham Young eut la bénédiction de jouir du don des langues (voir Manuscript History of Brigham Young, 1801-1844, pp. 4–5). Ce fut là une occasion rare dans sa vie, mais il se réjouissait toujours de la diversité des dons spirituels déversés sur lui et sur les saints des derniers jours. « Si nous avons la religion du Sauveur, nous avons exactement le même droit aux bénédictions que ceux d’autrefois. Ce n’est pas que tous eussent des visions, des songes ou le don des langues ou d’interprétation des langues, mais chacun recevait selon ses capacités et la bénédiction du Donateur » (Deseret News, 27 fév. 1856, p. 3).
Économie, industrie et autonomie
Brigham Young savait qu’en travaillant dur les saints se prépareraient à édifier le royaume de Dieu. Il conseilla aux pionniers : « Au lieu de chercher à savoir ce que le Seigneur va faire pour nous, demandons ce que nous pouvons faire pour nous-mêmes » (DBY, p. 293). Heber C. Kimball, ami et conseiller du président Young dans la Première Présidence, avait travaillé de nombreux jours dans les champs avec lui et parla plus tard de cette époque comme suit : « Frère Brigham et moi-même travaillions dur côte à côte, pour 50 cents par jour et nous payions notre pension ; nous avions 75 cents par jour lorsque nous faisions la fenaison ; nous travaillions de l’aube au crépuscule et jusqu’à neuf heures du soir s’il risquait de pleuvoir. Nous faisions les gerbes derrière les faucheurs pour un boisseau de blé par jour et nous coupions du bois avec de la neige jusqu’à la taille pour 18 cents pour trois stères et demi, et nous recevions notre paie en maïs à 75 cents le boisseau » (Deseret News, 30 juillet 1862). Le président Young mettait l’accent sur l’importance de l’économie, de l’industrie et de l’autonomie en disant : « Ceux qui s’assurent la vie éternelle sont ceux qui accomplissent la parole aussi bien qu’ils l’écoutent » (Discourses of Brigham Young, p. 290).
Brigham Young savait qu’en travaillant dur les saints se prépareraient à édifier le royaume de Dieu. Il conseilla aux pionniers : « Au lieu de chercher à savoir ce que le Seigneur va faire pour nous, demandons ce que nous pouvons faire pour nous-mêmes » (DBY, p. 293). Heber C. Kimball, ami et conseiller du président Young dans la Première Présidence, avait travaillé de nombreux jours dans les champs avec lui et parla plus tard de cette époque comme suit : « Frère Brigham et moi-même travaillions dur côte à côte, pour 50 cents par jour et nous payions notre pension ; nous avions 75 cents par jour lorsque nous faisions la fenaison ; nous travaillions de l’aube au crépuscule et jusqu’à neuf heures du soir s’il risquait de pleuvoir. Nous faisions les gerbes derrière les faucheurs pour un boisseau de blé par jour et nous coupions du bois avec de la neige jusqu’à la taille pour 18 cents pour trois stères et demi, et nous recevions notre paie en maïs à 75 cents le boisseau » (Deseret News, 30 juillet 1862). Le président Young mettait l’accent sur l’importance de l’économie, de l’industrie et de l’autonomie en disant : « Ceux qui s’assurent la vie éternelle sont ceux qui accomplissent la parole aussi bien qu’ils l’écoutent » (Discourses of Brigham Young, p. 290).
Écritures
Chaque soir, Brigham Young faisait retentir la cloche de la prière et rassemblait autour de lui sa famille pour chanter et entendre des instructions, étudier la parole de Dieu et prier en famille. Il croyait en l’étude des Écritures et les comparait à « un panneau indicateur montrant le chemin à suivre. Dans quelle direction sont-ils tournés ? Vers la Source de la lumière » (Discourses of Brigham Young, p. 127). Il exhorta les saints : « Lisez-vous les Écritures, mes frères et sœurs, comme si vous les écriviez il y a mille, deux mille ou cinq mille ans ? Les lisez-vous comme si vous étiez à la place des hommes qui les ont écrites ? Si vous n’avez pas ce sentiment-là, vous avez la possibilité de l’obtenir, afin de connaître l’esprit et le sens de la parole écrite de Dieu aussi bien que votre comportement quotidien, ou vos ouvriers, ou votre ménage » (Discourses of Brigham Young, p. 128).
Chaque soir, Brigham Young faisait retentir la cloche de la prière et rassemblait autour de lui sa famille pour chanter et entendre des instructions, étudier la parole de Dieu et prier en famille. Il croyait en l’étude des Écritures et les comparait à « un panneau indicateur montrant le chemin à suivre. Dans quelle direction sont-ils tournés ? Vers la Source de la lumière » (Discourses of Brigham Young, p. 127). Il exhorta les saints : « Lisez-vous les Écritures, mes frères et sœurs, comme si vous les écriviez il y a mille, deux mille ou cinq mille ans ? Les lisez-vous comme si vous étiez à la place des hommes qui les ont écrites ? Si vous n’avez pas ce sentiment-là, vous avez la possibilité de l’obtenir, afin de connaître l’esprit et le sens de la parole écrite de Dieu aussi bien que votre comportement quotidien, ou vos ouvriers, ou votre ménage » (Discourses of Brigham Young, p. 128).
Éducation des enfants
Brigham Young aimait les enfants et croyait en leur pureté devant Dieu. Beaucoup de ses sermons contenaient des conseils aux saints sur la façon dont ils devaient s’occuper de leurs enfants. Par exemple, l’un de ses jeunes fils avait l’habitude de jeter à terre sa cuiller et son bol de pain et de lait chaque fois qu’on les mettait devant lui. La mère de l’enfant ne savait que faire. Brigham lui conseilla : « La prochaine fois qu’il te fait tomber le bol de la main, appuie-le contre la chaise, ne lui dis pas un mot, et va à ton travail ». La mère s’exécuta. L’enfant se tint tout d’abord à côté de la chaise et regarda sa mère, ensuite ce qu’il avait fait tomber à terre. Il finit par s’approcher à quatre pattes de la cuiller et du bol et les replaça sur la table. Il ne les fit plus jamais tomber. Le président Young dit à propos de ce que sa femme avait fait : « Elle aurait pu le fouetter et lui faire du mal, comme beaucoup d’autres l’auraient fait ; mais quand on sait ce qu’il faut faire, on peut corriger l’enfant sans violence » (Letters of Brigham Young to His Sons, édité par Dean C. Jesse, 1974, p. xxv). Le président Young mettait en pratique les principes qu’il enseignait, comme le montre la description que fait de lui sa fille Susa en parlant de lui comme d'« un père idéal. Bon comme le pain, tendre, prévenant, juste et ferme . . . Aucun d’entre nous ne le craignait, tous nous l’adorions » (The Life Story of Brigham Young, p. 356).
Brigham Young aimait les enfants et croyait en leur pureté devant Dieu. Beaucoup de ses sermons contenaient des conseils aux saints sur la façon dont ils devaient s’occuper de leurs enfants. Par exemple, l’un de ses jeunes fils avait l’habitude de jeter à terre sa cuiller et son bol de pain et de lait chaque fois qu’on les mettait devant lui. La mère de l’enfant ne savait que faire. Brigham lui conseilla : « La prochaine fois qu’il te fait tomber le bol de la main, appuie-le contre la chaise, ne lui dis pas un mot, et va à ton travail ». La mère s’exécuta. L’enfant se tint tout d’abord à côté de la chaise et regarda sa mère, ensuite ce qu’il avait fait tomber à terre. Il finit par s’approcher à quatre pattes de la cuiller et du bol et les replaça sur la table. Il ne les fit plus jamais tomber. Le président Young dit à propos de ce que sa femme avait fait : « Elle aurait pu le fouetter et lui faire du mal, comme beaucoup d’autres l’auraient fait ; mais quand on sait ce qu’il faut faire, on peut corriger l’enfant sans violence » (Letters of Brigham Young to His Sons, édité par Dean C. Jesse, 1974, p. xxv). Le président Young mettait en pratique les principes qu’il enseignait, comme le montre la description que fait de lui sa fille Susa en parlant de lui comme d'« un père idéal. Bon comme le pain, tendre, prévenant, juste et ferme . . . Aucun d’entre nous ne le craignait, tous nous l’adorions » (The Life Story of Brigham Young, p. 356).
Église : organisation et gouvernement
Dans sa 77e année, Brigham Young organisa la prêtrise de manière à donner une direction plus claire à ses travaux, pour unir les saints et pour rassembler les brebis d’Israël et en prendre soin. L’effet du dernier grand projet du président Young fit l’objet d’un éloge de son conseiller, George Q. Cannon. Il dit que le président Young « a mis la prêtrise en ordre comme elle ne l’a jamais été depuis l’organisation de l’Église sur la terre. Il a défini les devoirs des apôtres . . . des soixante-dix . . . des grands prêtres . . . des anciens . . . de la moindre prêtrise, avec clarté, distinction et pouvoir – le pouvoir de Dieu – d’une manière inscrite en des termes tellement clairs que ceux sur qui repose l’Esprit de Dieu ne peuvent pas s’y tromper » (B. H. Roberts, A Comprehensive History of the Church, 5 : 507).
Dans sa 77e année, Brigham Young organisa la prêtrise de manière à donner une direction plus claire à ses travaux, pour unir les saints et pour rassembler les brebis d’Israël et en prendre soin. L’effet du dernier grand projet du président Young fit l’objet d’un éloge de son conseiller, George Q. Cannon. Il dit que le président Young « a mis la prêtrise en ordre comme elle ne l’a jamais été depuis l’organisation de l’Église sur la terre. Il a défini les devoirs des apôtres . . . des soixante-dix . . . des grands prêtres . . . des anciens . . . de la moindre prêtrise, avec clarté, distinction et pouvoir – le pouvoir de Dieu – d’une manière inscrite en des termes tellement clairs que ceux sur qui repose l’Esprit de Dieu ne peuvent pas s’y tromper » (B. H. Roberts, A Comprehensive History of the Church, 5 : 507).
Épreuves, châtiment et persécutions
Brigham Young comprenait les desseins éternels de Dieu et appliquait cette compréhension aux tribulations que lui et les autres saints subissaient. Il dit : « J’ai entendu beaucoup de personnes parler de ce qu’elles avaient souffert pour l’amour du Christ. Je suis heureux de dire que je n’en ai jamais eu l’occasion. J’ai eu beaucoup de plaisir, mais pour ce qui est des souffrances, je les ai comparées très souvent, dans mes réflexions et devant les assemblées, à un homme qui porte un vieux manteau usé, sale et en guenilles, quand quelqu’un passe et lui en donne un qui est neuf, entier et beau. Telle est la comparaison que je fais lorsque je pense à ce que j’ai souffert pour l’Évangile. J’ai jeté un vieux manteau et j’en ai mis un neuf » (Discourses of Brigham Young, p. 348).
Brigham Young comprenait les desseins éternels de Dieu et appliquait cette compréhension aux tribulations que lui et les autres saints subissaient. Il dit : « J’ai entendu beaucoup de personnes parler de ce qu’elles avaient souffert pour l’amour du Christ. Je suis heureux de dire que je n’en ai jamais eu l’occasion. J’ai eu beaucoup de plaisir, mais pour ce qui est des souffrances, je les ai comparées très souvent, dans mes réflexions et devant les assemblées, à un homme qui porte un vieux manteau usé, sale et en guenilles, quand quelqu’un passe et lui en donne un qui est neuf, entier et beau. Telle est la comparaison que je fais lorsque je pense à ce que j’ai souffert pour l’Évangile. J’ai jeté un vieux manteau et j’en ai mis un neuf » (Discourses of Brigham Young, p. 348).
Étude
Brigham Young n’eut que onze jours d’instruction scolaire, mais il était conscient de la nécessité de s’informer aussi bien des choses du monde que de la sagesse de Dieu. Il ne cessa jamais d’étudier dans les livres, les Écritures et les révélations du Seigneur et il apprit aux saints à fonder des écoles et à se réjouir de l’instruction. En 1850 il fonda l’université de Deseret, qui devint plus tard l’université d’Utah ; en 1875 il fonda une académie à Provo (Utah) qui devint plus tard l’université Brigham Young. Le Brigham Young College fut fondé à Logan (Utah) en 1877 pour former des enseignants pour les écoles de toutes les colonies des saints des derniers jours. Toujours engagé vis-à-vis de l’enseignement, il entretint également une école familiale près de chez lui pendant les douze dernières années de sa vie. Fondateur d’universités, instructeur dispensant un enseignement profond, le président Young enseignait que pour devenir semblable au Père, il fallait continuellement progresser dans la connaissance et la sagesse.
Brigham Young n’eut que onze jours d’instruction scolaire, mais il était conscient de la nécessité de s’informer aussi bien des choses du monde que de la sagesse de Dieu. Il ne cessa jamais d’étudier dans les livres, les Écritures et les révélations du Seigneur et il apprit aux saints à fonder des écoles et à se réjouir de l’instruction. En 1850 il fonda l’université de Deseret, qui devint plus tard l’université d’Utah ; en 1875 il fonda une académie à Provo (Utah) qui devint plus tard l’université Brigham Young. Le Brigham Young College fut fondé à Logan (Utah) en 1877 pour former des enseignants pour les écoles de toutes les colonies des saints des derniers jours. Toujours engagé vis-à-vis de l’enseignement, il entretint également une école familiale près de chez lui pendant les douze dernières années de sa vie. Fondateur d’universités, instructeur dispensant un enseignement profond, le président Young enseignait que pour devenir semblable au Père, il fallait continuellement progresser dans la connaissance et la sagesse.
Évangile : définition et mise en pratique
Le monde connaît Brigham Young comme un grand colonisateur qui a dirigé la transformation d’une région désertique en un merveilleux habitat. Chose plus importante, il a enseigné avec une grande profondeur l’Évangile rétabli de Jésus-Christ et a inspiré les premiers saints à mettre en pratique la doctrine bien définie d’une religion qui garantit à tout le monde la possibilité de rentrer en la présence de Dieu. Grand colonisateur, dirigeant civil et religieux, soutien de famille, Brigham Young donnait l’exemple d’un Évangile vivant et pratique. Il soulignait dans ses enseignements et dans sa vie que l’Évangile de Jésus-Christ est le chemin du salut pour l’humanité et est aussi « une religion pratique qui s’empare des réalités et des devoirs quotidiens de cette vie » (Discourses of Brigham Young, p. 12).
Expiation de Jésus-Christ
À propos de l’Expiation, Brigham Young a écrit ce qui suit à l’un de ses fils : « Le bénéfice intégral de cette expiation infinie faite par notre Seigneur et Sauveur est à notre portée, est à nous, entièrement et complètement, mais uniquement à condition d’observer fidèlement nos alliances et notre obligation de garder les commandements divins qui nous ont été donnés » (Letters of Brigham Young to His Sons, p. 259). Le président Young enseignait que tous les espoirs de salut sont fondés sur l’expiation du Sauveur, Jésus-Christ.
À propos de l’Expiation, Brigham Young a écrit ce qui suit à l’un de ses fils : « Le bénéfice intégral de cette expiation infinie faite par notre Seigneur et Sauveur est à notre portée, est à nous, entièrement et complètement, mais uniquement à condition d’observer fidèlement nos alliances et notre obligation de garder les commandements divins qui nous ont été donnés » (Letters of Brigham Young to His Sons, p. 259). Le président Young enseignait que tous les espoirs de salut sont fondés sur l’expiation du Sauveur, Jésus-Christ.
Famille
Brigham Young enseignait : « Vivons de telle manière que l’esprit de notre religion vive au-dedans de nous ; alors nous aurons la paix, la joie, le bonheur et le contentement, ce qui produit des pères si agréables, des mères si agréables, des enfants si agréables, des foyers, des voisins, des communautés et des villes si agréables. Il vaut la peine de vivre pour avoir cela, et je pense que les saints des derniers jours doivent s’efforcer de l’obtenir » (Discourses of Brigham Young, p. 204).
Brigham Young enseignait : « Vivons de telle manière que l’esprit de notre religion vive au-dedans de nous ; alors nous aurons la paix, la joie, le bonheur et le contentement, ce qui produit des pères si agréables, des mères si agréables, des enfants si agréables, des foyers, des voisins, des communautés et des villes si agréables. Il vaut la peine de vivre pour avoir cela, et je pense que les saints des derniers jours doivent s’efforcer de l’obtenir » (Discourses of Brigham Young, p. 204).
Foi au Seigneur Jésus-Christ
La foi en Jésus-Christ fut une grande force motivante dans la vie de Brigham Young. Sa foi au Sauveur et en l’Évangile de Jésus-Christ rétabli lui permit de supporter de grandes épreuves. Soutenu par sa foi, il entreprit de nombreuses missions ; il endura les tribulations du camp de Sion. Il resta ferme et loyal à l’Évangile et à Joseph Smith, le prophète, pendant la période difficile de Kirtland où tant de saints quittèrent l’Église. Par sa foi, il guida les saints jusqu’à la vallée du lac Salé et y établit le royaume de Dieu. Il déclara : « Quiconque vit dans cette Église doit être fidèle. Il ne peut marcher par la vue, mais doit effectivement exercer la foi au Seigneur Jésus-Christ, afin de recevoir la lumière du Saint-Esprit. S’il néglige cela, l’esprit du monde s’empare de lui, et il devient froid et infertile, et tombe dans les ténèbres et la mort spirituelle » (Deseret News, 25 avril 1855, p. 2).
La foi en Jésus-Christ fut une grande force motivante dans la vie de Brigham Young. Sa foi au Sauveur et en l’Évangile de Jésus-Christ rétabli lui permit de supporter de grandes épreuves. Soutenu par sa foi, il entreprit de nombreuses missions ; il endura les tribulations du camp de Sion. Il resta ferme et loyal à l’Évangile et à Joseph Smith, le prophète, pendant la période difficile de Kirtland où tant de saints quittèrent l’Église. Par sa foi, il guida les saints jusqu’à la vallée du lac Salé et y établit le royaume de Dieu. Il déclara : « Quiconque vit dans cette Église doit être fidèle. Il ne peut marcher par la vue, mais doit effectivement exercer la foi au Seigneur Jésus-Christ, afin de recevoir la lumière du Saint-Esprit. S’il néglige cela, l’esprit du monde s’empare de lui, et il devient froid et infertile, et tombe dans les ténèbres et la mort spirituelle » (Deseret News, 25 avril 1855, p. 2).
Gouvernements terrestres
Brigham Young, colonisateur, homme d’État et premier gouverneur de l’Utah, honora et servit son pays. En juillet 1846, tandis que les saints se préparaient pour le voyage de l’Iowa à la vallée du lac Salé, il reçut du gouvernement des États-Unis une demande d’aide dans la guerre contre le Mexique. Bien que le gouvernement n’ait pas soutenu les saints pendant leurs épreuves au Missouri et en Illinois, le président Young commanda que l’on recrute le bataillon mormon pour aider à la guerre et promit aux hommes qu’ils n’auraient pas à combattre s’ils se conduisaient convenablement. Cette promesse s’accomplit. L’enrôlement du bataillon mormon fournit aussi de l’argent pour aider les saints à partir vers l’Ouest. Cinq cents hommes quittèrent les camps d’Israël pour faire une marche pénible de 3200 kilomètres jusqu’en Californie et jusqu’à l’océan Pacifique. Le président Young dit à propos des volontaires : « Je ne pense jamais à cette petite compagnie sans souhaiter : ‹ Que Dieu les bénisse pour toujours et à jamais ›. Tout cela, nous l’avons fait pour prouver au gouvernement que nous étions loyaux » (Discourses of Brigham Young, p. 476). Le président Young ne cessait d’encourager les saints à être loyaux au gouvernement, à obéir à ses lois et à élire aux fonctions publiques des gens vertueux et intègres.
Brigham Young, colonisateur, homme d’État et premier gouverneur de l’Utah, honora et servit son pays. En juillet 1846, tandis que les saints se préparaient pour le voyage de l’Iowa à la vallée du lac Salé, il reçut du gouvernement des États-Unis une demande d’aide dans la guerre contre le Mexique. Bien que le gouvernement n’ait pas soutenu les saints pendant leurs épreuves au Missouri et en Illinois, le président Young commanda que l’on recrute le bataillon mormon pour aider à la guerre et promit aux hommes qu’ils n’auraient pas à combattre s’ils se conduisaient convenablement. Cette promesse s’accomplit. L’enrôlement du bataillon mormon fournit aussi de l’argent pour aider les saints à partir vers l’Ouest. Cinq cents hommes quittèrent les camps d’Israël pour faire une marche pénible de 3200 kilomètres jusqu’en Californie et jusqu’à l’océan Pacifique. Le président Young dit à propos des volontaires : « Je ne pense jamais à cette petite compagnie sans souhaiter : ‹ Que Dieu les bénisse pour toujours et à jamais ›. Tout cela, nous l’avons fait pour prouver au gouvernement que nous étions loyaux » (Discourses of Brigham Young, p. 476). Le président Young ne cessait d’encourager les saints à être loyaux au gouvernement, à obéir à ses lois et à élire aux fonctions publiques des gens vertueux et intègres.
Joseph Smith, le prophète
Dans l’un des nombreux sermons adressés aux saints concernant l’œuvre et la mission de Joseph, Brigham Young témoigna : « J’ai envie de crier alléluia tout le temps, lorsque je pense que j’ai connu Joseph Smith, le prophète que le Seigneur a suscité et ordonné, et à qui il a donné les clefs et le pouvoir d’édifier et de soutenir le royaume de Dieu sur la terre » (Discourses of Brigham Young, p. 458). Pendant toute sa vie de dirigeant de l’Église, il exprima son amour et son admiration pour Joseph Smith : « Je peux dire à juste titre que je l’ai invariablement trouvé être ce que l’on pouvait attendre d’un prophète et qu’il ne pourrait y avoir d’homme meilleur, bien qu’il eût ses faiblesses ; et quel homme a jamais vécu sur terre qui n’en a jamais eu ? » (Brigham Young à David P. Smith, 1er juin 1853, Brigham Young Papers : 1832-1878). La conviction qu’entretint toute sa vie le président Young à l’égard du Voyant et de son œuvre se confirma quand, sur son lit de mort, ses dernières paroles furent : « Joseph, Joseph, Joseph » (The Life Story of Brigham Young, p. 362).
Dans l’un des nombreux sermons adressés aux saints concernant l’œuvre et la mission de Joseph, Brigham Young témoigna : « J’ai envie de crier alléluia tout le temps, lorsque je pense que j’ai connu Joseph Smith, le prophète que le Seigneur a suscité et ordonné, et à qui il a donné les clefs et le pouvoir d’édifier et de soutenir le royaume de Dieu sur la terre » (Discourses of Brigham Young, p. 458). Pendant toute sa vie de dirigeant de l’Église, il exprima son amour et son admiration pour Joseph Smith : « Je peux dire à juste titre que je l’ai invariablement trouvé être ce que l’on pouvait attendre d’un prophète et qu’il ne pourrait y avoir d’homme meilleur, bien qu’il eût ses faiblesses ; et quel homme a jamais vécu sur terre qui n’en a jamais eu ? » (Brigham Young à David P. Smith, 1er juin 1853, Brigham Young Papers : 1832-1878). La conviction qu’entretint toute sa vie le président Young à l’égard du Voyant et de son œuvre se confirma quand, sur son lit de mort, ses dernières paroles furent : « Joseph, Joseph, Joseph » (The Life Story of Brigham Young, p. 362).
Jugement éternel
« Je suis arrivé à la conclusion, a dit Brigham Young, que nous serons jugés selon les actions accomplies dans le corps et selon les pensées et les intentions du cœur » (Deseret News, 17 août 1869, p. 2). Il a enseigné clairement que tout homme, toute femme connaîtra ce jugement : « Tout être intelligent sera jugé selon ses œuvres, sa foi, ses désirs et son honnêteté ou sa malhonnêteté devant Dieu ; tous les traits de son caractère recevront ce qu’ils méritent en bien ou en mal et il sera jugé selon la loi du ciel » (Deseret News, 12 sept. 1860, p. 2).
« Je suis arrivé à la conclusion, a dit Brigham Young, que nous serons jugés selon les actions accomplies dans le corps et selon les pensées et les intentions du cœur » (Deseret News, 17 août 1869, p. 2). Il a enseigné clairement que tout homme, toute femme connaîtra ce jugement : « Tout être intelligent sera jugé selon ses œuvres, sa foi, ses désirs et son honnêteté ou sa malhonnêteté devant Dieu ; tous les traits de son caractère recevront ce qu’ils méritent en bien ou en mal et il sera jugé selon la loi du ciel » (Deseret News, 12 sept. 1860, p. 2).
Maîtrise de soi
Brigham Young apprit par expérience que le fait de conduire en Sion des gens dotés d’une personnalité forte et souvent indépendante produisait des moments de triomphe et des moments d’exaspération. En 1848, le convoi de chariots de 2000 saints qu’il conduisait rencontra un troupeau de bisons. Il avait désigné des chasseurs chargés de tuer juste assez de bisons pour assurer la nourriture des voyageurs ; mais d’autres hommes quittaient leurs attelages toute la journée et poursuivaient les animaux, les tuaient en grand nombre et laissaient des bisons morts se décomposer sur la plaine. Il réprimanda le peuple pour cette façon de faire. Il dit plus tard : « Apprenez à vous dominer » (Deseret News, 15 août 1860, p. 1). « Soyez une bénédiction pour vous-mêmes et pour vos amis en vous dominant et en vous maîtrisant ; si vous ne contenez les passions, ne soumettez pas toutes vos facultés aux principes que Dieu a révélés, vous n’arriverez jamais à cet état de bonheur, de gloire, de joie, de paix et de félicité éternelle que vous espérez » (Deseret News, 15 août 1860, p. 1).
Brigham Young apprit par expérience que le fait de conduire en Sion des gens dotés d’une personnalité forte et souvent indépendante produisait des moments de triomphe et des moments d’exaspération. En 1848, le convoi de chariots de 2000 saints qu’il conduisait rencontra un troupeau de bisons. Il avait désigné des chasseurs chargés de tuer juste assez de bisons pour assurer la nourriture des voyageurs ; mais d’autres hommes quittaient leurs attelages toute la journée et poursuivaient les animaux, les tuaient en grand nombre et laissaient des bisons morts se décomposer sur la plaine. Il réprimanda le peuple pour cette façon de faire. Il dit plus tard : « Apprenez à vous dominer » (Deseret News, 15 août 1860, p. 1). « Soyez une bénédiction pour vous-mêmes et pour vos amis en vous dominant et en vous maîtrisant ; si vous ne contenez les passions, ne soumettez pas toutes vos facultés aux principes que Dieu a révélés, vous n’arriverez jamais à cet état de bonheur, de gloire, de joie, de paix et de félicité éternelle que vous espérez » (Deseret News, 15 août 1860, p. 1).
Mariage
Au printemps 1847, Brigham Young laissa sa famille à Winter Quarters et conduisit le premier convoi de saints vers l’ouest. Dans une lettre à sa femme Mary Ann, où il décrivait les travaux du convoi pour « se préparer à partir », il dit : « Ma chère compagne de tribulation . . . Je te remercie mille fois de tes gentilles lettres, plus particulièrement de tes gentillesses et encore plus de la bonté de ton cœur. Je prie continuellement pour toi et pour les enfants, et pour tous ceux de notre famille. Je pense vraiment que le Seigneur m’a donné en bénédiction une des meilleures familles qu’un homme ait jamais eues sur la terre » (Lettre de Brigham Young à Mary Ann Angel Young, 20 avril 1847. Archives du département d'histoire de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours). Pour le président Young, l’Évangile devait préparer les saints à la vie éternelle, une vie qui a pour but suprême le mariage et la famille. Pour lui, la nouvelle alliance éternelle du mariage posait les fondements « des mondes, des anges et des Dieux » (Discourses of Brigham Young, p. 195).
Au printemps 1847, Brigham Young laissa sa famille à Winter Quarters et conduisit le premier convoi de saints vers l’ouest. Dans une lettre à sa femme Mary Ann, où il décrivait les travaux du convoi pour « se préparer à partir », il dit : « Ma chère compagne de tribulation . . . Je te remercie mille fois de tes gentilles lettres, plus particulièrement de tes gentillesses et encore plus de la bonté de ton cœur. Je prie continuellement pour toi et pour les enfants, et pour tous ceux de notre famille. Je pense vraiment que le Seigneur m’a donné en bénédiction une des meilleures familles qu’un homme ait jamais eues sur la terre » (Lettre de Brigham Young à Mary Ann Angel Young, 20 avril 1847. Archives du département d'histoire de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours). Pour le président Young, l’Évangile devait préparer les saints à la vie éternelle, une vie qui a pour but suprême le mariage et la famille. Pour lui, la nouvelle alliance éternelle du mariage posait les fondements « des mondes, des anges et des Dieux » (Discourses of Brigham Young, p. 195).
Monde des esprits
Lors d’un discours aux obsèques de Thomas Williams, Brigham Young parla comme suit du monde des esprits : « Combien de fois la question ne se pose-t- elle pas à l’esprit des gens : ‹ Si au moins je savais où je vais ? › Pouvez-vous le découvrir ? Eh bien, vous irez dans le monde des esprits, où frère Thomas se trouve maintenant. Il est passé, du moins son esprit, dans un état d’existence supérieur à celui dans lequel il se trouvait lorsqu’il était dans le corps. ‹ Pourquoi ne puis-je le voir ? Pourquoi ne puis-je converser avec son esprit ? Je voudrais pouvoir voir mon mari ou mon père et converser avec lui ! › Ce n’est pas là quelque chose de raisonnable, ce n’est pas là quelque chose de correct ; vous manqueriez peut-être le but même de l’existence si vous aviez cette possibilité, et il y aurait la même épreuve de la foi à traverser, le chemin de l’affliction que vous devriez parcourir ne serait pas aussi pénible, la bataille à mener ne serait pas aussi grande, la victoire à remporter ne serait pas aussi éclatante et vous manqueriez le but même que vous cherchez à atteindre. Tout est bien tel que c’est, que le voile soit fermé ; que nous ne voyions pas Dieu, que nous ne voyions pas les anges, que nous ne conversions pas avec eux si ce n’est par l’obéissance stricte à ses exigences et par la foi en Jésus-Christ (Deseret News, 28 juil. 1874, p. 1).
Mort et résurrection
Le 13 juillet 1874, lors des obsèques de Thomas Williams, Brigham Young traita du thème de la mort : « Quelle vallée sombre, quelle ombre que cette chose que nous appelons la mort ! Comme c’est étrange de passer de cet état d’existence en ce qui concerne le corps mortel, à un état de vide ! Comme elle est sombre cette vallée ! Comme cette route est mystérieuse, et il nous faut la parcourir seuls. J’aimerais vous dire, mes amis et mes frères, que si nous pouvions voir les choses telles qu’elles sont et telles que nous les verrons et les comprendrons, cette ombre et cette vallée sombre sont si insignifiantes que nous nous retournerions, les contemplerions et nous dirions, lorsque nous les aurions traversées : Mais c’est le plus grand avantage de toute mon existence, car je suis passé d’un état de tristesse, de chagrin, de deuil, de malheur, de misère, de souffrance, d’anxiété et de déceptions à un état d’existence où je peux jouir de la vie de la manière la plus complète que l’on puisse connaître sans corps. Mon esprit est libre, je n’ai plus soif, je n’ai plus besoin de dormir, je n’ai plus faim, je ne suis plus fatigué, je cours, je marche, je travaille, je vais, je viens, je fais ceci, je fais cela, ce qui est requis de moi, rien qui ressemble à la souffrance ou à la lassitude, je suis plein de vie, plein de vigueur et je jouis de la présence de mon Père céleste, par le pouvoir de son Esprit. Je tiens à dire à mes amis : Si vous vivez votre religion, vivez de manière à être remplis de la foi de Dieu, afin que la lumière de l’éternité brille sur vous, et vous pourrez voir et comprendre ces choses vous-mêmes » (Deseret News, 28 juillet 1874, p. 1).
Le 13 juillet 1874, lors des obsèques de Thomas Williams, Brigham Young traita du thème de la mort : « Quelle vallée sombre, quelle ombre que cette chose que nous appelons la mort ! Comme c’est étrange de passer de cet état d’existence en ce qui concerne le corps mortel, à un état de vide ! Comme elle est sombre cette vallée ! Comme cette route est mystérieuse, et il nous faut la parcourir seuls. J’aimerais vous dire, mes amis et mes frères, que si nous pouvions voir les choses telles qu’elles sont et telles que nous les verrons et les comprendrons, cette ombre et cette vallée sombre sont si insignifiantes que nous nous retournerions, les contemplerions et nous dirions, lorsque nous les aurions traversées : Mais c’est le plus grand avantage de toute mon existence, car je suis passé d’un état de tristesse, de chagrin, de deuil, de malheur, de misère, de souffrance, d’anxiété et de déceptions à un état d’existence où je peux jouir de la vie de la manière la plus complète que l’on puisse connaître sans corps. Mon esprit est libre, je n’ai plus soif, je n’ai plus besoin de dormir, je n’ai plus faim, je ne suis plus fatigué, je cours, je marche, je travaille, je vais, je viens, je fais ceci, je fais cela, ce qui est requis de moi, rien qui ressemble à la souffrance ou à la lassitude, je suis plein de vie, plein de vigueur et je jouis de la présence de mon Père céleste, par le pouvoir de son Esprit. Je tiens à dire à mes amis : Si vous vivez votre religion, vivez de manière à être remplis de la foi de Dieu, afin que la lumière de l’éternité brille sur vous, et vous pourrez voir et comprendre ces choses vous-mêmes » (Deseret News, 28 juillet 1874, p. 1).
Obéissance
Brigham Young, en dirigeant l’émigration de milliers de saints vers Sion, donna souvent des directives dans des détails aussi minimes que de ne pas atteler des animaux fatigués avec des animaux frais. Néanmoins, il encouragea aussi les saints à faire preuve d’une autonomie énergique et à faire des choix intelligents. Il dit : « Il est absolument nécessaire que tout homme, femme et enfant qui adopte cette œuvre et se rassemble en Sion, fasse tout son possible pour promouvoir l’œuvre de Dieu pour édifier Sion et aider à sa rédemption . . . Notre zèle dans ce travail . . . a tendance à développer chez les saints une énergie et une autonomie qu’ils ne pourraient avoir s’ils n’étaient pas brusquement obligés de se débrouiller » (The Lion of the Lord, pp. 220–21). Le président Young a enseigné que « tout le sacrifice que le Seigneur demande de son peuple, c’est d’obéir strictement aux alliances que nous avons conclues » (Discourses of Brigham Young, p. 225).
Brigham Young, en dirigeant l’émigration de milliers de saints vers Sion, donna souvent des directives dans des détails aussi minimes que de ne pas atteler des animaux fatigués avec des animaux frais. Néanmoins, il encouragea aussi les saints à faire preuve d’une autonomie énergique et à faire des choix intelligents. Il dit : « Il est absolument nécessaire que tout homme, femme et enfant qui adopte cette œuvre et se rassemble en Sion, fasse tout son possible pour promouvoir l’œuvre de Dieu pour édifier Sion et aider à sa rédemption . . . Notre zèle dans ce travail . . . a tendance à développer chez les saints une énergie et une autonomie qu’ils ne pourraient avoir s’ils n’étaient pas brusquement obligés de se débrouiller » (The Lion of the Lord, pp. 220–21). Le président Young a enseigné que « tout le sacrifice que le Seigneur demande de son peuple, c’est d’obéir strictement aux alliances que nous avons conclues » (Discourses of Brigham Young, p. 225).
Oeuvre missionnaire
Peu de gens ont donné à la cause de l’œuvre missionnaire comme Brigham Young. La description de son arrivée, en septembre 1833, à Kirtland en Ohio – après avoir été environ un an en mission – est un récit touchant du sacrifice qu’il avait fait pour cette œuvre : « Quand nous arrivâmes à Kirtland, s’il y avait quelqu’un parmi ceux qui s’étaient rassemblés avec les saints qui fût plus pauvre que moi, c’est parce qu’il n’avait rien . . . J’avais deux enfants dont je devais prendre soin, c’était tout. J’étais veuf. ‹ Frère Brigham, aviez-vous des souliers ? › Non ; pas de chaussures à me mettre aux pieds, si ce n’est une paire de bottes empruntées. Je n’avais pas de vêtements d’hiver à part un manteau fait maison que j’avais depuis trois ou quatre ans. ‹ Un pantalon ? › Non. ‹ Qu’est-ce que vous faisiez ? Vous vous en passiez ? › Non ; j’en avais emprunté un jusqu’à ce que je puisse en obtenir un. J’avais voyagé et prêché et dépensé jusqu’au dernier dollar de mes biens. Quand je m’étais mis à prêcher, j’avais quelques biens . . . J’avais voyagé et prêché jusqu’à ce qu’il ne me reste plus rien à emporter ; mais Joseph avait dit : ‹ Viens › et je suis venu du mieux que je pouvais » (Deseret News, 9 mars 1867, p. 2).
Parole de Sagesse
Pour Brigham Young, l’Évangile de Jésus-Christ était une religion pratique. Dans une lettre adressée en 1867 à deux de ses fils qui étaient en mission, il fit l’éloge des saints de Salt Lake City parce qu’ils observaient la Parole de Sagesse : « Les commerçants de Whiskey Street gagnent à peine assez, chaque jour, pour payer leur loyer. Le peuple manifeste la disposition la plus ferme que nous ayons jamais vue de mettre en application les conseils qui ont été donnés à l’égard du respect de la Parole de Sagesse et de l’obéissance dans le domaine temporel aussi bien que dans les domaines spirituels. Ni contrainte, ni alliance n’ont été nécessaire. Le principe a été exposé et le peuple paraissait prêt à le recevoir et à l’appliquer de bon cœur. La paix et la santé règnent dans tout le territoire » (Letters of Brigham Young to His Sons, p. 88). Il enseigna que le Seigneur avait révélé la Parole de Sagesse pour améliorer la qualité de notre existence ici-bas, pour faire de nous des ouvriers plus efficaces dans le royaume terrestre de Dieu et pour nous aider à remplir toute la mesure de notre création.
Pour Brigham Young, l’Évangile de Jésus-Christ était une religion pratique. Dans une lettre adressée en 1867 à deux de ses fils qui étaient en mission, il fit l’éloge des saints de Salt Lake City parce qu’ils observaient la Parole de Sagesse : « Les commerçants de Whiskey Street gagnent à peine assez, chaque jour, pour payer leur loyer. Le peuple manifeste la disposition la plus ferme que nous ayons jamais vue de mettre en application les conseils qui ont été donnés à l’égard du respect de la Parole de Sagesse et de l’obéissance dans le domaine temporel aussi bien que dans les domaines spirituels. Ni contrainte, ni alliance n’ont été nécessaire. Le principe a été exposé et le peuple paraissait prêt à le recevoir et à l’appliquer de bon cœur. La paix et la santé règnent dans tout le territoire » (Letters of Brigham Young to His Sons, p. 88). Il enseigna que le Seigneur avait révélé la Parole de Sagesse pour améliorer la qualité de notre existence ici-bas, pour faire de nous des ouvriers plus efficaces dans le royaume terrestre de Dieu et pour nous aider à remplir toute la mesure de notre création.
Plan de salut
En qualité de prophète, Brigham Young a enseigné le plan de salut. Il a enseigné que « le dessein du Gouverneur Suprême» (Discourses of Brigham Young, p. 49) est de permettre à ses enfants de connaître le bonheur éternel. Selon ce grand « plan de bonheur » (Alma 42:16), chaque homme a vécu en présence de Dieu avant d’entrer dans la mortalité, où il a la possibilité d’obtenir un tabernacle mortel et de décider d’obéir aux commandements de Dieu. Selon sa fidélité, Jésus-Christ l'amènera à un royaume de gloire.
En qualité de prophète, Brigham Young a enseigné le plan de salut. Il a enseigné que « le dessein du Gouverneur Suprême» (Discourses of Brigham Young, p. 49) est de permettre à ses enfants de connaître le bonheur éternel. Selon ce grand « plan de bonheur » (Alma 42:16), chaque homme a vécu en présence de Dieu avant d’entrer dans la mortalité, où il a la possibilité d’obtenir un tabernacle mortel et de décider d’obéir aux commandements de Dieu. Selon sa fidélité, Jésus-Christ l'amènera à un royaume de gloire.
Prêtrise
Brigham Young fut ordonné pour être l’un des douze apôtres originels de la dispensation actuelle. Dans le cadre de la bénédiction qui lui fut donnée dans son ordination, il lui fut dit : « La Sainte Prêtrise t'a été conférée afin que tu accomplisses des prodiges au nom de Jésus ; afin que tu chasses les démons, guérisses les malades, ressuscites les morts, ouvres les yeux des aveugles, ailles d’un pays à l’autre et d’une mer à l’autre » (History of the Church, 2 : 188–89). Il déclara que la prêtrise qui lui avait été conférée était un « système parfait de gouvernement, de lois et d’ordonnances » qui, « lorsqu’on les comprend bien », donne aux justes le pouvoir de « véritablement ouvrir le trésor du Seigneur » (Discourses of Brigham Young, pp. 130, 131).
Brigham Young fut ordonné pour être l’un des douze apôtres originels de la dispensation actuelle. Dans le cadre de la bénédiction qui lui fut donnée dans son ordination, il lui fut dit : « La Sainte Prêtrise t'a été conférée afin que tu accomplisses des prodiges au nom de Jésus ; afin que tu chasses les démons, guérisses les malades, ressuscites les morts, ouvres les yeux des aveugles, ailles d’un pays à l’autre et d’une mer à l’autre » (History of the Church, 2 : 188–89). Il déclara que la prêtrise qui lui avait été conférée était un « système parfait de gouvernement, de lois et d’ordonnances » qui, « lorsqu’on les comprend bien », donne aux justes le pouvoir de « véritablement ouvrir le trésor du Seigneur » (Discourses of Brigham Young, pp. 130, 131).
Progression éternelle
Le président Young était quelqu’un qui aimait apprendre. Il commença comme ébéniste et acquit plus tard les aptitudes nécessaires pour devenir missionnaire, colonisateur, gouverneur et prophète. Il considérait cette vie comme un temps où vivre pleinement, progresser et se préparer pour l’éternité, pas comme un temps pour se préparer à mourir. Il encouragea les saints à se livrer à des activités de valeur, à élargir et à approfondir leur compréhension des choses et à amasser la vérité, pour s'efforcer d'atteindre la perfection. Ce faisant, ils finiraient par avancer pour entrer dans le monde des esprits et continuer sur le chemin glorieux de la progression éternelle.
Le président Young était quelqu’un qui aimait apprendre. Il commença comme ébéniste et acquit plus tard les aptitudes nécessaires pour devenir missionnaire, colonisateur, gouverneur et prophète. Il considérait cette vie comme un temps où vivre pleinement, progresser et se préparer pour l’éternité, pas comme un temps pour se préparer à mourir. Il encouragea les saints à se livrer à des activités de valeur, à élargir et à approfondir leur compréhension des choses et à amasser la vérité, pour s'efforcer d'atteindre la perfection. Ce faisant, ils finiraient par avancer pour entrer dans le monde des esprits et continuer sur le chemin glorieux de la progression éternelle.
Reconnaissance, humilité et honnêteté
Brigham Young croyait en des principes simples et vrais qu’il mettait en pratique. Son expérience de menuisier et d’entrepreneur lui avait appris à apprécier les travailleurs honnêtes comme ceux qui construisaient des murs durables, plaçaient des portes qu’on ne devait pas réparer et ne quittaient pas leur lieu de travail, les poches pleines des outils ou des clous du propriétaire. Il recommandait aux gens de tout bord d’avoir « les yeux ouverts pour voir et comprendre où se trouvent l’honnêteté et la droiture » (Deseret News, 2 déc. 1857, p. 4). Le président Young encouragea aussi les premiers saints qui connurent des épreuves telles que les persécutions, la pauvreté et la famine, à accepter leurs afflictions avec reconnaissance et humilité, car le Seigneur les fortifiait vraiment dans leurs souffrances. Ses paroles et sa vie ont souligné le devoir de faire preuve d’intégrité et de reconnaissance en faisant fructifier tout ce qui vient du Seigneur.
Brigham Young croyait en des principes simples et vrais qu’il mettait en pratique. Son expérience de menuisier et d’entrepreneur lui avait appris à apprécier les travailleurs honnêtes comme ceux qui construisaient des murs durables, plaçaient des portes qu’on ne devait pas réparer et ne quittaient pas leur lieu de travail, les poches pleines des outils ou des clous du propriétaire. Il recommandait aux gens de tout bord d’avoir « les yeux ouverts pour voir et comprendre où se trouvent l’honnêteté et la droiture » (Deseret News, 2 déc. 1857, p. 4). Le président Young encouragea aussi les premiers saints qui connurent des épreuves telles que les persécutions, la pauvreté et la famine, à accepter leurs afflictions avec reconnaissance et humilité, car le Seigneur les fortifiait vraiment dans leurs souffrances. Ses paroles et sa vie ont souligné le devoir de faire preuve d’intégrité et de reconnaissance en faisant fructifier tout ce qui vient du Seigneur.
Repentance et baptême
Par une journée froide et enneigée d’avril 1832, Brigham Young fut baptisé dans les eaux glacées de son bief par Eleazar Miller, converti à l’Église depuis quatre mois. Il dit à ce sujet : « Je ressentis un esprit humble et enfantin me témoigner que mes péchés m’étaient pardonnés » (Manuscript History of Brigham Young, 1801-1844, pp. 2–3). Il enseigna que l’eau elle-même n’a pas « la vertu de laver le péché » (Discourses of Brigham Young, p. 159), mais que le baptême purifie efficacement du péché lorsqu’il est administré par ceux qui ont l’autorité à ceux qui sont responsables et quand il est précédé par le repentir et suivi d’un effort sincère pour honorer les alliances du baptême.
Par une journée froide et enneigée d’avril 1832, Brigham Young fut baptisé dans les eaux glacées de son bief par Eleazar Miller, converti à l’Église depuis quatre mois. Il dit à ce sujet : « Je ressentis un esprit humble et enfantin me témoigner que mes péchés m’étaient pardonnés » (Manuscript History of Brigham Young, 1801-1844, pp. 2–3). Il enseigna que l’eau elle-même n’a pas « la vertu de laver le péché » (Discourses of Brigham Young, p. 159), mais que le baptême purifie efficacement du péché lorsqu’il est administré par ceux qui ont l’autorité à ceux qui sont responsables et quand il est précédé par le repentir et suivi d’un effort sincère pour honorer les alliances du baptême.
Richesse temporelle
Brigham Young était un homme pratique qui ne gaspillait pas et qui travailla dur pour assurer le confort matériel à sa famille et aux autres. Il construisit des maisons, des entreprises et des fermes. Mais il ne mit pas son cœur dans les choses du monde, et déclara : « Nous mettons souvent beaucoup trop notre cœur dans des objets insignifiants et périssables » (Deseret News, 16 juillet 1856, p. 2). « Je sais que les choses de ce monde, du début à la fin . . . ne font guère de différence dans le bonheur d’une personne » (Deseret News, 11 jan. 1860, p. 1). Il a enseigné que la richesse temporelle doit être consacrée à l’édification du royaume de Dieu.
Brigham Young était un homme pratique qui ne gaspillait pas et qui travailla dur pour assurer le confort matériel à sa famille et aux autres. Il construisit des maisons, des entreprises et des fermes. Mais il ne mit pas son cœur dans les choses du monde, et déclara : « Nous mettons souvent beaucoup trop notre cœur dans des objets insignifiants et périssables » (Deseret News, 16 juillet 1856, p. 2). « Je sais que les choses de ce monde, du début à la fin . . . ne font guère de différence dans le bonheur d’une personne » (Deseret News, 11 jan. 1860, p. 1). Il a enseigné que la richesse temporelle doit être consacrée à l’édification du royaume de Dieu.
Royaume de Dieu et rassemblement d'Israël
Le 26 juillet 1847, quelques jours à peine après l’arrivée des premiers pionniers dans la vallée du lac Salé, Brigham Young et un petit groupe de dirigeants de la prêtrise montèrent sur une colline située au nord de l’endroit qui allait devenir plus tard Salt Lake City. Ils appelèrent la colline Ensign Peak en référence à la prophétie d’Ésaïe : « Il élève une bannière pour les peuples lointains, et il en siffle un des extrémités de la terre : et voici il arrive avec promptitude et légèreté » (Ésaïe 5:26). Le président Young dit plus tard que cette colline était l’endroit dont il avait eu la vision, l’endroit où les saints prospéreraient, où le royaume de Dieu pourrait être édifié et l’Israël moderne rassemblé. Dans les années qui suivirent, les missionnaires portèrent le message de l’Évangile dans le monde entier et des milliers de saints nouveaux convertis allèrent s’installer dans la vallée du lac Salé. Aujourd’hui l’édification du royaume et le rassemblement d’Israël se poursuivent dans des centaines de pays. Le président Young a dit : « Le rassemblement d’Israël constitue une partie si importante de la grande œuvre dans laquelle nous sommes engagés qu’il occupe une grande partie de nos pensées et que nous sommes vivement désireux de lui accorder toutes les ressources et toute l’influence utiles » (Brigham Young Letterbook, 6:33-36. Archives du département d'histoire de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours).
Le 26 juillet 1847, quelques jours à peine après l’arrivée des premiers pionniers dans la vallée du lac Salé, Brigham Young et un petit groupe de dirigeants de la prêtrise montèrent sur une colline située au nord de l’endroit qui allait devenir plus tard Salt Lake City. Ils appelèrent la colline Ensign Peak en référence à la prophétie d’Ésaïe : « Il élève une bannière pour les peuples lointains, et il en siffle un des extrémités de la terre : et voici il arrive avec promptitude et légèreté » (Ésaïe 5:26). Le président Young dit plus tard que cette colline était l’endroit dont il avait eu la vision, l’endroit où les saints prospéreraient, où le royaume de Dieu pourrait être édifié et l’Israël moderne rassemblé. Dans les années qui suivirent, les missionnaires portèrent le message de l’Évangile dans le monde entier et des milliers de saints nouveaux convertis allèrent s’installer dans la vallée du lac Salé. Aujourd’hui l’édification du royaume et le rassemblement d’Israël se poursuivent dans des centaines de pays. Le président Young a dit : « Le rassemblement d’Israël constitue une partie si importante de la grande œuvre dans laquelle nous sommes engagés qu’il occupe une grande partie de nos pensées et que nous sommes vivement désireux de lui accorder toutes les ressources et toute l’influence utiles » (Brigham Young Letterbook, 6:33-36. Archives du département d'histoire de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours).
Sabbat et Sainte-Cène
Le lendemain de son arrivée dans la vallée du lac Salé, Brigham Young parla brièvement au camp pionnier de l’observance du sabbat. Malgré un désert à apprivoiser, des cultures à semer et les autres travaux urgents du moment, il « informa les frères. . . qu’ils ne devaient pas travailler le dimanche, que s’ils le faisaient ils perdraient cinq fois plus que ce que cela leur ferait gagner, et qu’ils ne devaient ni chasser ni pêcher ce jour-là ». Il ajouta qu’il « y aurait une réunion tout le sabbat en ce lieu et partout où ils s’arrêtaient » (Wilford Woodruff's Journal, édité par Scott G. Kenney, 1938. Volume 3, 25 juillet 1847). Le président Young exhortait continuellement les saints à garder le sabbat « en souvenir de Dieu et de notre sainte religion » (Discourses of Brigham Young, p. 165).
Le lendemain de son arrivée dans la vallée du lac Salé, Brigham Young parla brièvement au camp pionnier de l’observance du sabbat. Malgré un désert à apprivoiser, des cultures à semer et les autres travaux urgents du moment, il « informa les frères. . . qu’ils ne devaient pas travailler le dimanche, que s’ils le faisaient ils perdraient cinq fois plus que ce que cela leur ferait gagner, et qu’ils ne devaient ni chasser ni pêcher ce jour-là ». Il ajouta qu’il « y aurait une réunion tout le sabbat en ce lieu et partout où ils s’arrêtaient » (Wilford Woodruff's Journal, édité par Scott G. Kenney, 1938. Volume 3, 25 juillet 1847). Le président Young exhortait continuellement les saints à garder le sabbat « en souvenir de Dieu et de notre sainte religion » (Discourses of Brigham Young, p. 165).
Saint-Esprit
Brigham Young a dit : « Quand j’ai vu un homme sans éloquence ni talent pour prendre la parole en public, qui pouvait seulement dire : ‹ Je sais, par le pouvoir du Saint-Esprit, que le Livre de Mormon est vrai, que Joseph Smith est un prophète du Seigneur ›, le Saint-Esprit se dégageant de cette personne a illuminé mon intelligence, et j’ai eu la lumière, la gloire et l’immortalité devant moi ». Il dit qu’il en était entouré et rempli, et il sut par lui-même que le témoignage de l’homme était vrai (Deseret News, 9 février 1854, p. 4). Le président Young a enseigné que le Saint-Esprit est « le don spécial du Père » (Discourses of Brigham Young, p. 160), accordé selon la fidélité, et peut tout enseigner et conduire à la perfection.
Salut
Brigham Young a demandé : « N’y aura-t-il personne de perdu ? Personne ne subira-t-il la colère du Tout-Puissant ? Je peux dire tout d’abord, comme je l’ai dit toute ma vie, toutes les fois que j’ai prêché, que je n’ai jamais eu le goût de prêcher l’enfer et la damnation au peuple. J’ai essayé un très grand nombre de fois, je l’ai essayé le sabbat dernier, et j’ai essayé aujourd’hui d’en arriver à ce point, de décrire les souffrances des méchants. Ils souffriront, semble-t-il ; mais je ne peux m’intéresser à autre chose qu’au salut du peuple » (Discourses of Brigham Young, p. 388). Il enseignait : « Tous ressusciteront » (Discourses of Brigham Young, p. 391). Il parlait d’un salut qui toucherait « la famille humaine tout entière » (Discourses of Brigham Young, p. 389). Et il parlait de vie éternelle pour ceux qui obéissaient strictement aux exigences des lois de Dieu et persévéraient fidèlement (voir Discourses of Brigham Young, p. 387).
Sion
L’âme tout entière de Brigham Young était consacrée à l’établissement de Sion. Il supervisa le rassemblement de près de cent mille saints des derniers jours dans les vallées des montagnes Rocheuses et fonda quelque quatre cents villes et villages. Il construisit des temples et des tabernacles, organisa des pieux et des paroisses dans tout l’Ouest des États-Unis et envoya des missionnaires dans presque tous les coins de la terre. Nul ne comprenait mieux les sacrifices et les efforts requis, mais, comme il le dit : « Nous n’allons pas attendre les anges . . . nous allons bâtir Sion nous-mêmes » (Discourses of Brigham Young, p. 443).
L’âme tout entière de Brigham Young était consacrée à l’établissement de Sion. Il supervisa le rassemblement de près de cent mille saints des derniers jours dans les vallées des montagnes Rocheuses et fonda quelque quatre cents villes et villages. Il construisit des temples et des tabernacles, organisa des pieux et des paroisses dans tout l’Ouest des États-Unis et envoya des missionnaires dans presque tous les coins de la terre. Nul ne comprenait mieux les sacrifices et les efforts requis, mais, comme il le dit : « Nous n’allons pas attendre les anges . . . nous allons bâtir Sion nous-mêmes » (Discourses of Brigham Young, p. 443).
Société de Secours
La Société de Secours des femmes de Nauvoo, organisée par Joseph Smith, le prophète, fut un moyen important d’aider les pauvres et de fortifier les sœurs de Nauvoo de 1842 à 1844. Après le martyre de Joseph, la Société de Secours fut suspendue pendant plusieurs années. En 1854, sous l’impulsion de l’œuvre des sœurs en faveur des pauvres, Brigham Young créa des Sociétés de Secours dans certaines paroisses d’Utah. Mais lorsque les États-Unis envoyèrent l’armée de Johnston en Utah en 1857, les organisations de paroisse, y compris la Société de Secours, furent de nouveau suspendues. Vers la fin de 1867, le président Young décida qu’on ne pourrait pourvoir efficacement aux besoins des pauvres si les sœurs n’étaient pas organisées. Il invita les évêques à rétablir des Sociétés de Secours : « Évêques, vous avez des femmes intelligentes pour épouses . . . qu’elles organisent des Société de Secours des femmes dans les diverses paroisses. Nous avons parmi nous beaucoup de femmes de talent, et nous souhaitons avoir leur aide dans ce domaine. Certains penseront peut-être que c’est là une vétille, mais cela ne l’est pas, et vous verrez que les sœurs seront la cheville ouvrière du mouvement. Faites-les bénéficier de votre sagesse et de votre expérience, accordez-leur votre influence, guidez-les bien et avec sagesse, et elles trouveront des chambres pour les pauvres et se procureront les moyens pour les entretenir dix fois plus vite que ne le pourraient même les évêques » (Deseret Evening News, 14 décembre 1867, p. 2). Aujourd’hui les sœurs de la Société de Secours travaillent ensemble pour améliorer leur famille et leur collectivité et pour édifier le royaume de Dieu.
Témoignage du Saint-Esprit
Dans sa jeunesse, Brigham Young chercha une religion qui satisferait ses aspirations spirituelles, mais ne put en trouver. Après sa rencontre avec le Livre de Mormon en 1830 et avoir ensuite étudié l’Évangile rétabli pendant presque deux ans, il sut qu’il avait trouvé la vérité. Il se fit baptiser et, à partir de ce moment-là, il fut inébranlable dans son témoignage de l’Évangile, qui, disait-il, « englobe toute vérité dans le ciel et sur la terre . . . Partout où l’on trouve ces principes, parmi toutes les créations de Dieu, l’Évangile de Jésus-Christ, son ordre et sa prêtrise les englobent » (Deseret News, 5 mai 1866, p. 2). Son témoignage fort et son dévouement total à l’Église inspirèrent les premiers saints à relever le défi de fonder leur foyer dans le désert et de s’unir pour obéir au commandement du Seigneur d’édifier son Église et de prêcher son Évangile dans le monde entier. Il proclama : « Avec l’aide de Dieu, des anges et des hommes de bien, je ne cesserai jamais de lutter, pouce par pouce, jusqu’à ce que nous remportions la victoire et possédions le royaume. Tel est mon sentiment, telle est ma foi, et nous y parviendrons. Je prophétise, au nom du Seigneur Jésus-Christ, que nous posséderons le royaume de Dieu sur toute la terre » (Discourses of Brigham Young, p. 453). Le témoignage de Brigham Young continue aujourd’hui à inspirer les saints dans leurs travaux pour édifier le royaume de Dieu.
Dans sa jeunesse, Brigham Young chercha une religion qui satisferait ses aspirations spirituelles, mais ne put en trouver. Après sa rencontre avec le Livre de Mormon en 1830 et avoir ensuite étudié l’Évangile rétabli pendant presque deux ans, il sut qu’il avait trouvé la vérité. Il se fit baptiser et, à partir de ce moment-là, il fut inébranlable dans son témoignage de l’Évangile, qui, disait-il, « englobe toute vérité dans le ciel et sur la terre . . . Partout où l’on trouve ces principes, parmi toutes les créations de Dieu, l’Évangile de Jésus-Christ, son ordre et sa prêtrise les englobent » (Deseret News, 5 mai 1866, p. 2). Son témoignage fort et son dévouement total à l’Église inspirèrent les premiers saints à relever le défi de fonder leur foyer dans le désert et de s’unir pour obéir au commandement du Seigneur d’édifier son Église et de prêcher son Évangile dans le monde entier. Il proclama : « Avec l’aide de Dieu, des anges et des hommes de bien, je ne cesserai jamais de lutter, pouce par pouce, jusqu’à ce que nous remportions la victoire et possédions le royaume. Tel est mon sentiment, telle est ma foi, et nous y parviendrons. Je prophétise, au nom du Seigneur Jésus-Christ, que nous posséderons le royaume de Dieu sur toute la terre » (Discourses of Brigham Young, p. 453). Le témoignage de Brigham Young continue aujourd’hui à inspirer les saints dans leurs travaux pour édifier le royaume de Dieu.
Temple
Comme les persécutions s’intensifiaient et qu’il devenait de plus en plus pressant pour les saints de quitter Nauvoo, Brigham Young travailla dans le temple pour donner aux saints la bénédiction de recevoir les ordonnances sacrées avant leur départ. Il écrit qu’un jour «143 personnes ont reçu leur dotation dans le temple ... Si grand a été l’empressement manifesté par les saints de recevoir les ordonnances du temple, et si grand a été notre empressement de les leur accorder, que je me suis consacré entièrement, nuit et jour, à l’œuvre du Seigneur dans le temple, ne prenant pas plus de quatre heures de sommeil en moyenne par nuit et ne rentrant chez moi qu’une fois par semaine » (History of the Church, 7 : 567). Quand il arriva dans l’Ouest, le président Young choisit immédiatement l’emplacement d’un nouveau temple. Il commanda la construction de quatre temples en Utah : à Salt Lake City, à St-George, à Manti et à Logan ; mais seul le temple de St-George fut terminé de son vivant. Le 1er janvier 1877, les jambes à ce point faibles qu’il fallut le porter dans la salle dans un fauteuil, il prit la parole devant l’assemblée qui s’était réunie pour consacrer l’étage inférieur du temple de St-George et déclara : « Nous jouissons de bénédictions que ne connaît personne d’autre sur la face de la terre ... Quand j’y pense, je voudrais que les langues de sept tonnerres éveillent le peuple » (Deseret News, 16 janvier 1877, p. 1). Lorsque le temple de St-George fut consacré en avril 1877, Brigham Young se réjouit que les saints pussent enfin commencer à accomplir les dotations du temple pour les morts. Il signala que les saints qui commençaient à travailler là-bas connaissaient des moments merveilleux, des moments comme aucun autre peuple de la terre, à sa connaissance, n’en avait connus pendant de nombreux siècles (Discourses of Brigham Young, p. 419). « Depuis l’achèvement du temple de St-George, écrivit-il à son fils Lorenzo, la volonté de rechercher les morts et d’officier pour eux et aussi de vaquer aux ordonnances nécessaires pour les vivants s’est emparée des membres fidèles de l’Église dans toutes ces vallées. Les saints n’ont probablement jamais ressenti autant d’intérêt pour ces sujets depuis l’organisation de l’Église. Cela va donner de bons résultats et comme la construction des temples avance, l’Esprit va se faire sentir avec une plus grande puissance dans toutes les branches de l’Église » (Letters of Brigham Young to His Sons, p. 288–89).
Comme les persécutions s’intensifiaient et qu’il devenait de plus en plus pressant pour les saints de quitter Nauvoo, Brigham Young travailla dans le temple pour donner aux saints la bénédiction de recevoir les ordonnances sacrées avant leur départ. Il écrit qu’un jour «143 personnes ont reçu leur dotation dans le temple ... Si grand a été l’empressement manifesté par les saints de recevoir les ordonnances du temple, et si grand a été notre empressement de les leur accorder, que je me suis consacré entièrement, nuit et jour, à l’œuvre du Seigneur dans le temple, ne prenant pas plus de quatre heures de sommeil en moyenne par nuit et ne rentrant chez moi qu’une fois par semaine » (History of the Church, 7 : 567). Quand il arriva dans l’Ouest, le président Young choisit immédiatement l’emplacement d’un nouveau temple. Il commanda la construction de quatre temples en Utah : à Salt Lake City, à St-George, à Manti et à Logan ; mais seul le temple de St-George fut terminé de son vivant. Le 1er janvier 1877, les jambes à ce point faibles qu’il fallut le porter dans la salle dans un fauteuil, il prit la parole devant l’assemblée qui s’était réunie pour consacrer l’étage inférieur du temple de St-George et déclara : « Nous jouissons de bénédictions que ne connaît personne d’autre sur la face de la terre ... Quand j’y pense, je voudrais que les langues de sept tonnerres éveillent le peuple » (Deseret News, 16 janvier 1877, p. 1). Lorsque le temple de St-George fut consacré en avril 1877, Brigham Young se réjouit que les saints pussent enfin commencer à accomplir les dotations du temple pour les morts. Il signala que les saints qui commençaient à travailler là-bas connaissaient des moments merveilleux, des moments comme aucun autre peuple de la terre, à sa connaissance, n’en avait connus pendant de nombreux siècles (Discourses of Brigham Young, p. 419). « Depuis l’achèvement du temple de St-George, écrivit-il à son fils Lorenzo, la volonté de rechercher les morts et d’officier pour eux et aussi de vaquer aux ordonnances nécessaires pour les vivants s’est emparée des membres fidèles de l’Église dans toutes ces vallées. Les saints n’ont probablement jamais ressenti autant d’intérêt pour ces sujets depuis l’organisation de l’Église. Cela va donner de bons résultats et comme la construction des temples avance, l’Esprit va se faire sentir avec une plus grande puissance dans toutes les branches de l’Église » (Letters of Brigham Young to His Sons, p. 288–89).
Vérité
La recherche de la vérité de Dieu fut finalement résolue pour Brigham Young par le témoignage sincère et simple d’un « homme sans éloquence » qui ne pouvait dire que : « Je sais, par le pouvoir du Saint-Esprit, que le Livre de Mormon est vrai, que Joseph Smith est un prophète du Seigneur ». Le président Young dit : « Le Saint-Esprit émanant de cette personne a illuminé mon intelligence, et j’ai eu la lumière, la gloire et l’immortalité devant moi » (Deseret News, 9 février 1854, p. 4). Sa vie durant il chercha à vivre les vérités de l’Évangile. Il déclara : « J’espère qu’en avançant en âge, j’avancerai dans la vraie connaissance de Dieu et du divin. J’espère progresser dans le pouvoir du Tout-Puissant et dans mon influence pour établir la paix et la justice sur la terre et amener . . . tous ceux qui veulent écouter les principes de la justice au vrai sens de la connaissance de Dieu et du divin, d’eux-mêmes et des relations qu’ils ont avec le ciel et les êtres célestes . . . Je prie que cela soit le cas non seulement pour moi-même mais pour tous les saints, afin que nous progressions en grâce et dans la connaissance de la vérité et que nous soyons rendus parfaits en Dieu » (Deseret News, 10 juin 1857, p. 3).
La recherche de la vérité de Dieu fut finalement résolue pour Brigham Young par le témoignage sincère et simple d’un « homme sans éloquence » qui ne pouvait dire que : « Je sais, par le pouvoir du Saint-Esprit, que le Livre de Mormon est vrai, que Joseph Smith est un prophète du Seigneur ». Le président Young dit : « Le Saint-Esprit émanant de cette personne a illuminé mon intelligence, et j’ai eu la lumière, la gloire et l’immortalité devant moi » (Deseret News, 9 février 1854, p. 4). Sa vie durant il chercha à vivre les vérités de l’Évangile. Il déclara : « J’espère qu’en avançant en âge, j’avancerai dans la vraie connaissance de Dieu et du divin. J’espère progresser dans le pouvoir du Tout-Puissant et dans mon influence pour établir la paix et la justice sur la terre et amener . . . tous ceux qui veulent écouter les principes de la justice au vrai sens de la connaissance de Dieu et du divin, d’eux-mêmes et des relations qu’ils ont avec le ciel et les êtres célestes . . . Je prie que cela soit le cas non seulement pour moi-même mais pour tous les saints, afin que nous progressions en grâce et dans la connaissance de la vérité et que nous soyons rendus parfaits en Dieu » (Deseret News, 10 juin 1857, p. 3).
Source : Enseignements des présidents de l'Église : Brigham Young (Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, 1997)

John Taylor (1808-1887)
Membre du collège des Douze de 1838 à 1877
Président du collège des Douze de 1877 à 1880
Président de l'Église de 1880 à 1887
Résumé historique
La chronologie suivante est un résumé qui permet de situer le contexte historique du ministère de John Taylor
1 novembre 1808 : Naissance de John Taylor, deuxième des 10 enfants de James et Agnes Taylor, à West moreland (Angleterre).
1819 : (11 ans) Déménage avec sa famille à Hale (près de Milnthorpe), où il aide aux travaux de la petite ferme que son père a héritée d'un oncle.
1822 : (14 ans) Entre en apprentissage comme tonnelier à Liverpool. Au bout d'un an, son maître fait faillite et John Taylor retourne chez lui.
1824 : (16 ans) Quitte l'Église anglicane et devient méthodiste. Passe la plupart de son temps libre à étudier la Bible, à lire des ouvrages théologiques et à prier.
1825 : (17 ans) Devient « exhortateur » méthodiste, c'est-à-dire prédicateur laïque. Reçoit la forte impression qu'il ira en Amérique pour prêcher l'Évangile.
1830 : (21-22 ans) Ses parents et le reste de la famille émigrent à Toronto (Canada), le laissant en Angleterre pour régler des affaires de famille.
1832 : (23-24 ans) Quitte l'Angleterre pour New York. Commence à prêcher au Canada.
1833-1836 : (24-27 ans) Prédicateur dans l'Église méthodiste à Toronto. Continue à étudier et à sonder les Écritures.
9 mai 1836 : (27 ans) Baptisé par Parley P. Pratt à Toronto.
1836-1837 : (27-28 ans) Est officier président de l'Église au Canada.
Mars 1837 : (28 ans) Se rend à Kirtland pour rencontrer le prophète Joseph.
1838 : (30 ans) Ordonné apôtre à Far West (Missouri), le 19 décembre, par Brigham Young et Heber C. Kimball, sous la direction de Joseph Smith, qui est emprisonné à la prison de Liberty.
1840 : (31 ans) Missionnaire en Grande Bretagne. Il est le premier missionnaire à prêcher l'Évangile rétabli en Irlande et dans l'île de Man. Supervise la préparation et l'impression de la première édition du Livre de Mormon publiée en dehors des États-Unis. Assiste aussi à la préparation d'un livre de cantiques et publie plusieurs brochures missionnaires.
1841 : (32 ans) Retourne aux États-Unis avec plusieurs autres apôtres.
1842 : (32-33 ans) Nommé par Joseph Smith pour diriger le Times and Seasons, publication de l'Église. Dirige aussi un journal de Nauvoo, le Wasp (1842-1843) qui devient ensuite le Nauvoo Neighbor (1843-1845).
1842 : (33 ans) Devient membre du conseil municipal de Nauvoo, membre du conseil d'administration de l'université de Nauvoo, et juge-avocat dans la légion de Nauvoo.
27 juin 1844 : (35 ans) Est témoin du martyre de Joseph et Hyrum Smith dans la prison de Carthage et est gravement blessé pendant l'attaque.
1846 : (37 ans) Aide à organiser le bataillon mormon à Council Bluffs. Part pour une deuxième mission en Grande Bretagne avec Parley P. Pratt et Orson Hyde.
1847 : (38 ans) Retourne d'Angleterre à Winter Quarters. Dirige un grand convoi de saints se rendant en Utah ; arrivée en octobre.
1850-1851 : (41-42 ans) Missionnaire en France. Près de Boulogne, fait uneprière dans laquelle il consacre le pays à la prédication de l'Évangile. Reçoit la visite du philosophe Louis Krolikowski. Fonde et dirige le premier périodique de l'Église en France, L'Étoile du Deseret. Aide à traduire le Livre de Mormon en français. Publie le premier périodique de l'Église en Allemagne, le mensuel Zion's Panier (Bannière de Sion). Sous sa direction, le Livre de Mormon est publié pour la première fois en allemand. En France, fait la connaissance du procédé de la manufacture du sucre. Sous sa direction, les machines nécessaires sont achetées et envoyées en Utah. Écrit The Government of God.
1854 : (45 ans) Élu législateur du Territoire d'Utah.
1854-1856 : (46-48 ans) Mission à New York, où il supervise les affaires de l'Église dans les États de l'Est. Publie un journal appelé The Mormon.
1857 : (49 ans) Retourne en Utah. Est élu président du corps législatif territorial d'Utah, fonction qu'il assuma pendant plusieurs années, en plus de ses appels dans l'Église.
1868-1870 : (59-61 ans) Occupe la fonction de juge des successions et des tutelles du comté d'Utah.
29 août 1877 : Mort de Brigham Young. Pendant les trois années suivantes, John Taylor dirige l'Église au titre de président du collège des Douze (68-71 ans).
1878 : (69 ans) Organisation de la Primaire.
Octobre 1880 : (71 ans) Soutenu président de Église, avec George Q. Cannon et Joseph F. Smith pour conseillers.
1882 : (73 ans) Le Congrès des États-Unis adopte le projet de loi Edmunds qui proscrit le mariage plural et qui interdit aux polygames de voter, de détenir une fonction publique ou d'être membres d'un jury.
1882 : (73 ans) Publie The Meditation and the Atonement.
Mai 1884 : (75 ans) Consacre le temple de Logan (Utah).
1885 : (76 ans) Pendant une visite en Californie, reçoit le message que des officiers fédéraux ont ordonné son arrestation pour polygamie. Le 27 janvier retourne à Salt Lake City. Le 1er février prêche son dernier sermon public et se cache, dans l'espoir que ceci limitera la persécution de l'Église par les autorités fédérales.
25 juillet 1887 : Meurt à l'âge de 78 ans, dans la maison de Thomas Roueché, à Kaysville (Utah). Pendant son ministère, le nombre des membres de l'Église a dépassé 150 000.
Vie et ministère de John Taylor
John Taylor avait 68 ans au moment de la mort de Brigham Young le 29 août 1877. Pendant les trois années suivantes, le président Taylor dirigea l'Église en tant que président du collège des douze apôtres. À la conférence générale du 10 octobre 1880, il fut soutenu comme prophète, voyant et révélateur et président de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Il occupa cette fonction jusqu'à sa mort le 25 juillet 1887. Quand il était président, aussi bien que pendant les décennies précédentes où il était apôtre, John Taylor était toujours prêt à enseigner et à défendre la vérité. Il fut la source d'une grande force et de direction pour les saints au cours de l'une des époques les plus éprouvantes de l'histoire de l'Église.
Description du président Taylor
On dit que le président Taylor était bel homme, mesurait un mètre quatre-vingt environ et avait une expression angélique. Ses cheveux étaient d'un blanc éclatant et son teint était mat. Il avait des manières nobles et dignes, « il n'était pas le genre d'homme qu'un ami, même très proche, taperait amicalement sur le dos ou à qui on secouerait et tournerait le bras de tous côtés en lui serrant la main. Un tel comportement envers lui aurait été aussi déplacé qu'envers le plus fier des monarques couronnés » (The Life of John Taylor, B. H. Roberts, 1963, pp. 419-420). Et pourtant il n'avait rien de hautain ; il était bienveillant, courtois et amical envers tous. « Tous ceux qui le rencontraient, en privé ou en public, sentaient qu'ils étaient en présence d'un grand homme, un homme honorable et de valeur » (Latter-day Saint Biographical Encyclopedia, Andrew Jenson, 4 volumes, 1901-1936, 1:18-19).
Sir Richard Burton, écrivain et voyageur britannique qui rencontra le président Taylor, le décrivit comme « un homme un peu âgé, beau et vigoureux aux yeux gris et au regard aimable, à l'expression agréable et au front noble » (History of Utah, Hubert Howe Bancroft, 1980, p.682). Un autre historien écrivit : « Quand on me présenta à lui en 1884, M. Taylor, qui avait alors soixante-dix-sept ans, s'avança... un homme à l'air bienveillant, aux cheveux blancs, de taille moyenne et bien proportionné, au long visage ovale, aux yeux gris profonds et pénétrants, au front large et carré, aux lèvres serrées. Il laissait paraître une ferme détermination, légèrement teintée de mélancolie, comme on pouvait s'y attendre chez un homme qui avait traversé tant d'épreuves (History of Utah, p. 682).
Ses jeunes années
Né en 1808 dans la région de Westmoreland dans le Nord-Est de l'Angleterre, il eut la bénédiction d'avoir des parents aimants, gentils et humbles qui lui apprirent à lire la Bible et à y croire, à s'abandonner à Dieu et à avoir l'espérance dans le Christ. Ses parents, James et Agnes Taylor le firent baptiser dans l'Église anglicane peu après sa naissance. L'éducation qu'il reçut dans l'Église anglicane lui fit aimer la musique et les chants sacrés, l'enseignement formel de la Bible et la prière privée et publique. Pendant son enfance, John Taylor conçut une dévotion et un amour profond et immuable pour Dieu. Devenu président de l'Église, il dit aux saints : « Dès mon jeune âge, j'ai appris à m'adresser à Dieu. Souvent, j'allais dans les bois, je me cachais derrière un buisson, je m'inclinais devant le Seigneur et je lui demandais de me guider et de me diriger. Et il entendait ma prière... C'était là l'esprit qui m'animait quand j'étais petit garçon... Mon esprit était tourné vers le Seigneur à cette époque, et je suis toujours le même (Deseret News, 3 janvier 1882, p. 1).
Petit garçon, il avait eu la « vision, d'un ange dans les cieux qui sonnait de la trompette et annonçait un message aux nations ». Bien qu'il n'ait compris le caractère prophétique de cette vision que plus tard dans sa vie, il se sentit proche de Dieu tout au long de son adolescence. Il écrivit : « J'entendais souvent, quand j'étais seul et parfois en compagnie d'autres personnes, de la musique douce, mélodieuse, qui semblait être jouée par des anges ou par des êtres surnaturels » (The Life of John Taylor, pp. 27-28).
À l'âge de 16 ans environ, il quitta l'Église anglicane pour devenir méthodiste. L'année suivante, il fut nommé exhortateur, c'est-à-dire prédicateur laïque, dans cette Église, une responsabilité rare pour un homme si jeune. Sa vie était déjà caractérisée par le courage fondé sur la certitude de sa conviction, conviction basée sur l'expérience personnelle. À la même époque il reçut la forte impression que Dieu l'avait appelé pour un jour prêcher l'Évangile aux États-Unis d'Amérique.
Sa recherche du royaume de Dieu
En 1830, les parents de John Taylor, ainsi que d'autres membres de sa famille émigrèrent à Toronto (Canada), le laissant en Angleterre pour vendre la ferme et pour régler d'autres affaires de famille. Quand il eut terminé, il quitta l'Angleterre à bord d'un bateau à destination de New York. Au cours du voyage, le bateau rencontra une forte tempête qui avait déjà endommagé plusieurs bateaux dans ce secteur. Le capitaine et les officiers s'attendaient à ce que le bateau coule, mais la voix de l'Esprit rendit à John Taylor le témoignage suivant : « Tu dois aller en Amérique pour prêcher l'Évangile ». Le président Taylor rappelait : « J'avais une telle confiance en mon destin, que je suis monté sur le pont à minuit et je me sentais aussi calme parmi les éléments qui faisaient rage, que si j'avais été assis chez moi dans le salon. Je croyais que j'atteindrais l'Amérique et que j'accomplirais mon oeuvre » (The Life of John Taylor, pp. 28-29). Il arriva sain et sauf à New York et, au bout de quelques mois, rejoignit ses parents à Toronto, où il continua à être membre de l'Église méthodiste et commença à prêcher. À cette époque, il rencontra Leonora Cannon, elle aussi méthodiste fervente qui avait récemment immigré d'Angleterre au Canada. Comme ils partageaient une profonde conviction religieuse et l'amour de la connaissance, de la culture et s'aimaient, ils se marièrent le 28 janvier 1833 à Toronto.
Pendant son séjour au Canada, John Taylor se joignit à un groupe d'amis pour étudier sérieusement la Bible et pour approfondir sa compréhension de la vérité. Ce fut à cette époque de recherches spirituelles intenses que Parley P. Pratt, membre du collège des douze apôtres, fut envoyé en mission à Toronto.
À son arrivée à Toronto, Parley P. Pratt demanda à de nombreux prêtres et fonctionnaires de la ville un endroit où prêcher, mais ses requêtes furent rejetées. John Taylor, lui-même, qui avait entendu beaucoup de rumeurs à propos de l'Église, ne fut pas réceptif au début. Sans aucun espoir concret de réussir, Parley P. Pratt décida de quitter Toronto, et il s'arrêta chez les Taylor pour faire ses adieux. La voisine de John Taylor, qui sentait que Parley P. Pratt était un homme de Dieu, offrit de le loger, de le nourrir et de lui donner la possibilité de tenir des réunions. Parley P. Pratt accepta son offre et il fut bientôt présenté aux amis de John Taylor qui se réunissaient pour rechercher la vérité.
John Taylor entama une étude minutieuse de la doctrine de l'Église. Il dit : « Je m'y consacrai pendant trois semaines et je me déplaçai avec frère Pratt ». Il nota et étudia les discours de Parley P. Pratt et les compara aux Écritures. Après un certain temps, le Saint-Esprit rendit témoignage de la véracité du message de Parley P. Pratt et John et Leonora Taylor furent baptisés le 9 mai 1836. John Taylor témoigna plus tard n'avoir « jamais, depuis lors, douté d'aucun principe du mormonisme » (The Life of John Taylor, p. 38).
Un nouveau membre et un dirigeant fidèle
Peu de temps après son entrée dans l'Église, John Taylor reçut l'appel d'officier comme président de l'Église au Canada, office qu'il détint pendant un peu plus d'un an. Ses devoirs exigeaient des voyages fréquents, mais il prêcha inlassablement l'Évangile et veilla sur les affaires spirituelles et temporelles de l'Église dans le pays. L'un de ses plus grands désirs à cette époque était de rencontrer Joseph Smith, le prophète. En mars 1837, il se rendit à Kirtland (Ohio), où il fut reçu chez le prophète. Il dit avoir ressenti « comme une décharge électrique » en lui serrant la main (The Lord Needed a Prophet, Susan Arrington Madsen, 1996, p. 49). Le prophète lui enseigna encore de nombreuses vérités concernant l'oeuvre des derniers jours. Rapidement, il se forma entre les deux hommes un lien d'amitié et de confiance qui ne devait jamais se briser.
Pendant son séjour à Kirtland, John Taylor rencontra beaucoup de détracteurs de Joseph Smith, le prophète. Des apostats tenaient fréquemment des réunions dans lesquelles ils critiquaient haut et fort le prophète. Vers la fin d'une de ces réunions dans le temple de Kirtland, John Taylor demanda la parole et défendit courageusement le prophète. Il dit : « C'est Joseph Smith qui, sous la direction du Tout-Puissant, a élaboré les premiers principes, et c'est de lui que nous attendons d'autres instructions. Si l'esprit qu'il manifeste n'apporte pas de bénédictions, je crains fort que celui manifesté par ceux qui ont parlé ne risque guère de les leur assurer. Dans les temps passés, les enfants d'Israël, après avoir vu se manifester le pouvoir de Dieu au milieu d'eux, sont entrés en rébellion et dans l'idolâtrie, et nous courons certainement le très grand danger de faire la même chose » (The Life of John Taylor, pp. 40-41). Beaucoup d'apostats n'abandonnèrent pas leur attitude, mais les saints fidèles furent fortifiés par la loyauté et la conviction de John Taylor.
Son appel et son service d'apôtre
À l'automne 1837, John Taylor fut appelé par Joseph Smith à venir s'installer à Far West (Missouri), pour remplir une place vacante dans le collège des douze apôtres (il fut ordonné de façon officielle en décembre 1838). À propos de la perspective de servir dans l'apostolat, John Taylor dit : « L'oeuvre et la responsabilité semblaient grandes, les devoirs ardus. Je ressentais ma propre faiblesse et ma petitesse, mais j'étais déterminé, avec l'aide du Seigneur, à m'efforcer de magnifier mon appel » (The Life of John Taylor, p. 48). L'humilité devant Dieu et l'engagement à chercher sa direction allaient caractériser le ministère de John Taylor. Devenu président de l'Église, il dit aux saints : « Je n'ai pas d'idées, seulement celles que Dieu me donne ; vous devriez faire de même. Certains s'obstinent à vouloir faire les choses à leur façon et à exécuter leurs propres théories étranges. Je n'ai aucune pensée de cette sorte, mais j'ai le désir, quand les choses se présentent, de connaître la volonté de Dieu et de la faire » (The Gospel Kingdom, sélection de G. Homer Durham, 1941, p. 44).
Témoin du martyre
En tant qu'apôtre, John Taylor fut un compagnon fidèle et digne de confiance de Joseph Smith, le prophète. Franklin D. Richards, du collège des Douze, a dit, à propos de l'amitié qui unissait John Taylor et le prophète : « Très peu d'hommes ont atteint la relation personnelle, chaleureuse, qu'il atteignit et entretint avec le plus grand succès avec Joseph Smith, le prophète, jusqu'à sa mort, et l'histoire de cette affection personnelle fut couronnée par les balles qu'il reçut dans la prison de Carthage avec le prophète » (The Life of John Taylor, p. 449).
Le martyre de Joseph Smith fut l'un des événements les plus éprouvants de la vie de John Taylor. Il se rendit volontairement à la prison de Carthage, où le prophète et son frère Hyrum furent illégalement emprisonnés le 25 juin 1844. Bientôt il fut clair que les émeutiers de Carthage n'avaient pas l'intention de les relâcher et qu'ils étaient en danger. Le 27 juin, d'autres membres de l'Église venus de Nauvoo à Carthage, firent des démarches pour essayer d'obtenir que justice soit faite. L'après-midi, il ne restait que John Taylor et l'apôtre Willard Richards dans la prison avec Joseph et Hyrum. Ayant prévu de rassembler les frères de Nauvoo pour délivrer le prophète Joseph, John Taylor dit : « Frère Joseph, si vous le permettez et donnez votre accord, en cinq heures je vous sortirai de cette prison, même si, pour cela, elle doit tomber » (The Life of John Taylor, pp. 134-135). Joseph refusa cette façon d'agir.
Au cours de l'après-midi du 27 juin, une grande tristesse s'empara des quatre hommes. Comme John Taylor avait une magnifique voix de ténor, on lui demanda à deux reprises de chanter le cantique « Je rencontrais sur mon chemin » pour leur faire reprendre courage. Après qu'il eut fini de chanter pour la deuxième fois le cantique, des émeutiers aux visages noircis envahirent les escaliers de la prison. Hyrum Smith et Willard Richards s'appuyèrent immédiatement contre la porte de toutes leur forces, pour les empêcher de l'ouvrir. Les premiers coups de feu traversèrent la porte, Hyrum fut atteint et tué. Les émeutiers continuèrent à tirer et se mirent bientôt à introduire leurs fusils par la porte entrouverte. John Taylor se mit à côté de la porte et, avec une lourde canne, essaya de faire dévier les canons des fusils qui pointaient dans la pièce. Il écrivit : « Ce fut une scène terrible. Des colonnes de feu grosses comme mon bras passaient à côté de moi quand ces hommes tiraient, et... il semblait que la mort était inévitable. Je me souviens d'avoir senti que mon heure était venue, mais j'étais plus calme, plus imperturbable, plus énergique et j'agissais avec plus de rapidité et de résolution qu'à n'importe quel autre moment, dans une situation critique » (The Gospel Kingdom, p. 360).
Au milieu de cette scène, le prophète Joseph, qui avait lui aussi essayé de résister aux émeutiers, dit à John Taylor : « C'est bien, frère Taylor, faites de votre mieux pour les détourner » (The Gospel Kingdom, p. 360). Ce furent les dernières paroles qu'il devait entendre du prophète ici-bas (voir The Gospel Kingdom, p. 360). Conscient que leur position derrière la porte ne pouvait plus être maintenue, John Taylor s'élança vers la fenêtre. Comme il allait sauter, un coup de feu tiré de l'intérieur de la prison le frappa à la cuisse gauche. Pendant un instant il reposa affaissé sur le rebord de la fenêtre, et il serait tombé, mais un coup de feu tiré de l'extérieur frappa la montre dans la poche sur sa poitrine et le fit retomber dans la pièce. John Taylor essaya de ramper sous un lit qui se trouvait dans la pièce. Pendant ce temps, il fut atteint par trois autres balles. L'une se logea un peu au-dessous de son genou gauche et ne fut jamais enlevée. Une autre pénétra la paume de sa main gauche. Une troisième balle frappa le muscle de sa hanche gauche et arracha plusieurs centimètres de chair. Bien que grièvement blessé et souffrant énormément, il survécut à l'attaque et fut plus tard ramené chez lui à Nauvoo par plusieurs saints.
Quelques instants après que John Taylor fut frappé, le prophète Joseph essaya également de sauter par la fenêtre, mais il fut immédiatement atteint et tomba à l'extérieur. John Taylor écrivit plus tard que quand il apprit la mort du prophète, il ressentit « une impression nauséeuse, d'engourdissement et de solitude » (The Life of John Taylor, p. 140).
La section 135 de Doctrine et Alliances contient le récit du martyre, écrit par John Taylor. Cette section ne fournit pas beaucoup de détails de l'événement, mais elle apporte un témoignage puissant concernant le prophète Joseph : « Joseph Smith, le Prophète et Voyant du Seigneur, a fait plus, avec l'exception unique de Jésus, pour le salut des hommes dans ce monde, que n'importe quel autre homme qui y ait jamais vécu... Il fut grand dans sa vie et dans sa mort aux yeux de Dieu et de son peuple. Et, comme la plupart des oints du Seigneur dans les temps anciens, il a scellé sa mission et ses oeuvres de son sang » (D&A 135:3).
Défenseur de la foi
Lorsqu'il fut membre du Collège des Douze, John Taylor consacra son temps et ses talents à la proclamation et la défense de l'Évangile. Il utilisa son talent pour l'écriture en tant que rédacteur du Times and Seasons, du Wasp et duNauvoo Neighbor, tous des journaux de Nauvoo. Plus tard, lorsqu'il présida l'Église dans l'Est des États-Unis, il fut le rédacteur et l'éditeur du Mormon, hebdomadaire new yorkais, qui présentait la doctrine de l'Église. Ses livres comprennent deux commentaires de doctrine, The Government of God et An Examination into and an Elucidation of the Great Principle of the Mediation and Atonement of Our Lord and Saviour Jesus Christ (Une étude et une élucidation du grand principe de la médiation et de l'expiation de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ), publiés alors qu'il était président de l'Église. Ses talents d'écrivain et de rédacteur lui valurent les titres de « Défenseur de la foi » et de « Champion de la vérité » parmi les membres de l'Église. Brigham Young dit de John Taylor : « Je dirai qu'il possède l'un des plus grands cerveaux que l'on puisse trouver ; c'est un homme puissant... C'est un des rédacteurs les plus talentueux qui aient jamais écrit » (Deseret News, 17 septembre 1856, p. 219).
John Taylor proclama l'Évangile non seulement par l'intermédiaire de la parole écrite, mais il fit aussi quatre missions à plein temps : deux en Grande Bretagne, une en France et en Allemagne et une à New York. En tout, il passa plus de sept ans en mission à plein temps. Bien que ces éloignements prolongés de ses êtres chers aient exigé un grand sacrifice, la conviction de John Taylor concernant l'oeuvre du Seigneur ne fléchit jamais. Dans une lettre écrite à sa famille pendant l'une de ses missions, il dit : « Je m'occupe des affaires de mon Maître ; je suis un serviteur de Jéhovah pour proclamer sa volonté aux nations. Je viens pour ouvrir la porte de la vie à une nation puissante, pour annoncer à des millions les principes de la vie, de la lumière et de la vérité, de l'intelligence et du salut, pour briser leurs chaînes, pour libérer les opprimés, pour ramener les errants, pour corriger leurs opinions, pour améliorer leur moralité, pour les sauver de la dégradation, de la ruine et de la misère et pour les conduire vers la lumière, la vie, la vérité et la gloire céleste. Vos esprits ne ressentent-il pas la même chose que le mien ? je sais que si » (The Life of John Taylor, p. 208).
Mari et père
Son service dans l'Église réclama une grande partie de son temps, cependant John Taylor fut un mari et un père aimant et attentionné. Il chérissait le temps qu'il pouvait passer avec les siens et profita souvent de l'occasion d'apprécier leur compagnie tout en les instruisant. Et de ce fait, sa famille l'aimait beaucoup. Des années plus tard, son fils, Moses W. Taylor écrivit : « Ses enfants l'estimaient tellement, que leur plus grand désir semblait être de lui faire plaisir » (« Stories and Counsel of President Taylor », Young Woman's journal, mai 1905, p. 219).
Dans ses relations avec ses enfants, John Taylor était un exemple de chaleur humaine, de gentillesse et de bonne humeur. Son fils Ezra Oakley Taylor se rappelait l'expérience suivante :
« Quand je devins plus grand, les réunions du dimanche après-midi se tenaient dans le tabernacle. Nous étions tous censés être présents et pouvoir raconter plus tard qui avait fait le discours et à quel sujet, qui avait prié et quels cantiques nous avions chanté. Ce dimanche-là, certains d'entre nous avaient décidé de sauter cette réunion juste une fois et de demander à l'un de nos amis de nous donner les renseignements nécessaires. Ensuite vint le conseil de famille et, bien sûr, mon père m'interrogea sur le discours et me demanda qui l'avait fait. Préparé, mon ami dit qu'il ne se souvenait plus très bien et je répétai ses paroles : ' Oh, c'était un vieux moulin à paroles et je ne me souviens plus de son nom, mais c'était sans intérêt'. Avec un regard amusé, mon père dit : 'Le vieux moulin à paroles était ton père ', puis il continua le conseil » (« An lnterview with Ezra Oakley Taylor, Son of President John Taylor », par Julia Neville Taylor. Archives du Département de la généalogie et de l'histoire de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers jours. Non daté. Microfilm 2).
En tant qu'apôtre et plus tard en tant que président de l'Église, le président Taylor exhorta continuellement les saints à aimer et à fortifier leur famille. Il recommanda aux membres de l'Église de réserver une soirée par semaine pour étudier l'Évangile et pour se distraire en famille. Il leur promit « la paix et l'amour, la pureté et la joie qui rendraient leur vie de famille idéale » s'ils appliquaient fidèlement ce principe (« Home Evening », par Joseph F. Merrill, Improvement Era, janvier 1918, p. 203).
Présidence de l'Église
Pendant les années où John Taylor dirigea l'Église en tant que président du collège des Douze et, ensuite, en tant que président de l'Église, il se consacra avec énergie et avec dévouement à l'édification des saints.
Ordre et justice dans la prêtrise
L'une des oeuvres les plus importantes de sa présidence consista à mettre de l'ordre dans les collèges de la prêtrise et à les exhorter à accomplir leurs devoirs. Il donna l'instruction aux évêques de tenir des réunions hebdomadaires de la prêtrise dans leur paroisse et il conseilla aux présidents de pieu de tenir des réunions mensuelles de la prêtrise de pieu. B. H. Roberts, des Soixante-dix, écrivit : « Qui ne se souvient pas de la puissance et du sérieux avec lequel, lors des conférences et d'autres réunions publiques, il incitait les présidents de pieu et les évêques à mettre en ordre la prêtrise et les institutions qu'ils supervisaient ? » (The Life of John Taylor, p. 347).
Dans une révélation donnée par l'intermédiaire du président Taylor en octobre 1882, le Seigneur donna l'instruction aux saints, particulièrement aux frères de la prêtrise, de s'organiser et de marcher en sainteté devant lui. Les paragraphes suivants sont des extraits de cette révélation :
« Et que les présidents de pieu également se purifient, et les détenteurs de la prêtrise et les membres des pieux qu'ils président, et qu'ils organisent la prêtrise selon ma loi dans leurs différents pieux, dans tous leurs divers départements, dans les grands conseils, dans les collèges des anciens, et dans les épiscopats et leurs conseils, et dans les collèges des prêtres, des instructeurs et des diacres ; que chaque collège soit pleinement organisé selon l'ordre de mon Église...
« Et que ma prêtrise s'humilie devant moi et ne cherche pas sa propre volonté, mais la mienne ; car si les détenteurs de ma prêtrise que j'ai choisis, appelés et dotés de l'esprit et des dons pour leurs appels respectifs, et des pouvoirs qui leur appartiennent, ne me reconnaissent pas, je ne les reconnaîtrai pas, dit le Seigneur ; car je serai honoré et obéi par ma prêtrise.
« De plus, je demande à ma prêtrise et à tout mon peuple de se repentir de leurs péchés et faiblesses, de leurs convoitises, orgueil et désirs personnels, et de toutes leurs iniquités par lesquelles ils pèchent contre moi ; et de chercher en toute humilité à accomplir ma loi, eux qui sont ma prêtrise, mes saints et mon peuple ; et je demande aux chefs de famille de mettre leurs maisons en ordre suivant la loi de Dieu, de remplir les diverses tâches et responsabilités qui y sont associées, de se purifier devant moi et d'extraire l'iniquité de leurs foyers. Et je vous bénirai et serai avec vous, dit le Seigneur ; et vous vous rassemblerez dans vos saints lieux dans lesquels vous vous assemblez pour m'invoquer, vous demanderez des choses qui sont justes, j'entendrai vos prières, mon Esprit et mon pouvoir seront avec vous et mes bénédictions descendront sur vous, sur vos familles, vos demeures et vos foyers, sur votre menu et gros bétail et sur vos champs, sur vos vergers et vos vignes et sur tout ce qui vous appartient ; et vous serez mon peuple et je serai votre Dieu » (The Life of John Taylor, pp. 350-351).
Perfectionnement des saints
Afin de faire grandir la compréhension et le témoignage de l'Évangile parmi les saints, le président Taylor établit des conférences de pieu trimestrielles dans toute l'Église. Il y assistait chaque fois que c'était possible. S'il ne le pouvait pas, il y envoyait un membre du collège des Douze. B. H. Roberts écrivit, à propos de cette habitude : « Les membres de l'Église reçurent de nombreux enseignements de la part des apôtres, probablement plus que jamais auparavant dans l'histoire de l'Église. Cela entraîna un grand éveil spirituel parmi les saints » (The Life of John Taylor, p. 329). Un autre événement important, qui date du début de sa présidence, fut l'organisation officielle de la Primaire en 1878, pour un enseignement plus efficace des enfants dans l'Église. Le président Taylor insista aussi inlassablement sur l'importance de l'oeuvre missionnaire, et le nombre de frères envoyés proclamer l'Évangile augmenta.
Dans ses nombreux discours, le président Taylor ne cessait d'exhorter les saints à s'acquitter de leurs devoirs dans tous les aspects de leur vie, que ce soit en tant que membres de la famille, membres de l'Église, voisins ou citoyens. Il enseigna aux saints que, s'ils étaient obéissants et mettaient leur confiance dans le Seigneur, ils n'auraient rien à craindre. Il enseigna que Dieu serait du côté d'Israël, si Israël était du côté de la justice (Deseret News, 19 septembre 1882, p. 1).
Défense de la liberté
Bien que les convictions de John Taylor fussent fortes, il respecta et défendit toujours la liberté individuelle. Pendant ses années à Nauvoo, lorsqu'il était apôtre, il fut appelé « le champion de la liberté » et il continua à mériter ce titre lorsqu'il fut président de l'Église. À une époque où les saints des derniers jours formaient une majorité écrasante en Utah, le président Taylor ne cessa de prêcher la liberté religieuse et la liberté de conscience pour tous. Il affirma : « Nous avons parfois des sentiments très impétueux envers les gens qui ne pensent pas comme nous. Ils ont le droit de penser comme bon leur semble ; et nous aussi. Donc, si un homme n'a pas les mêmes croyances que moi, cela ne me regarde pas. Et si je n'ai pas les mêmes croyances que lui, cela ne le regarde pas. Protégeriez-vous un homme aux croyances différentes des vôtres ? Oui, jusqu'au bout. Il devrait exercer la même justice envers moi, et alors je m'attendrais à ce que mes droits soient protégés » (The Gospel Kingdom, pp. 328-329).
Pour le président Taylor, la liberté était également importante au sein de l'Église. Lors des conseils, il encourageait toujours les membres à s'exprimer librement. Bien que comprenant pleinement l'importance de l'unité, il croyait que la liberté était le moyen d'atteindre une unité véritable.
Temps d'épreuve
La situation des saints aux États-Unis se révéla être un défi à cet amour de la liberté. Sous la direction du Seigneur, les saints avaient pratiqué le mariage plural dans l'Église, depuis l'époque de Joseph Smith à Nauvoo. Dans les années 1860 et 1870, le gouvernement des États-Unis vota des lois qui interdisaient le mariage plural et refusaient le statut d'État et d'autres droits au Territoire d'Utah et à ses citoyens. Convaincue que ces lois constituaient une violation de la liberté religieuse inscrite dans la Constitution, l'Église usa de son influence pour porter l'affaire devant la Cour suprême des États-Unis. En 1879, juste deux ans après que le président Taylor eut pris la direction de l'Église, la Cour suprême des États-Unis confirma la loi du gouvernement fédéral de 1862 contre la polygamie. En 1882 et de nouveau en 1887, le Congrès des États-Unis vota des lois supplémentaires, qui permettaient au gouvernement fédéral de dissoudre l'Église en tant qu'entité légale et de confisquer tous ses biens excédant une valeur de 50 000 dollars (ce qui comprenait quatre temples en construction, le tabernacle, les églises et beaucoup d'autres biens). La loi avait pour but de priver les membres de l'Église de leurs droits civiques, y compris du droit de vote. Ces mesures donnèrent des moyens légaux permettant la persécution des saints des derniers jours qui pratiquaient le mariage plural. L'Église fit plusieurs appels en justice, mais sans succès.
Durant la dispute grandissante au sujet de la polygamie, John Taylor apprit que des officiers gouvernementaux s'apprêtaient à l'arrêter. Ayant épuisé tous les moyens d'appel légaux, il devait décider d'obéir à Dieu ou à l'homme. Dans son dernier discours public, il dit aux saints : « Je ne peux pas, étant un homme honorable, désobéir à mon Dieu... et fouler sous mes pieds ces obligations saintes et éternelles, que Dieu m'a donné à garder et qui ont une portée éternelle » (Deseret News, 17 février 1885, p. 1). À partir du jour où il prononça ce discours jusqu'au jour de sa mort presque deux ans et demi plus tard, il se cacha dans différents endroits en Utah. Plutôt que de se détourner des instructions du Seigneur concernant le mariage plural, le président Taylor choisit de se cacher pour obéir à Dieu, dans l'espoir que la persécution de l'Église diminuerait. B. H. Roberts écrivit : « Lorsque le président Taylor se retira de la vie publique au soir du 1er février 1885, ce n'était pas par souci de sa sécurité personnelle, de sa tranquillité ou de son confort, mais pour le bien public et dans l'intérêt de la paix » (The Life of John Taylor, p. 400).
Bien qu'absent de la vie publique, il continua à diriger l'Église par le moyen de lettres et d'instructions orales données à des proches en qui il avait confiance. La réclusion, la séparation d'avec sa famille et ses amis et la tension causée par ses responsabilités, commencèrent cependant à lui peser lourdement. Au début de l'année 1887, sa santé commença à se détériorer. Pendant plusieurs mois il résista à la maladie et dit à ses proches qu'il se rétablirait bientôt, mais en juillet il fut manifeste que son état était grave. Le soir du 25 juillet 1887, le président Taylor s'éteignit paisiblement chez Thomas Roueché, à Kaysville (Utah).
Hommages au président Taylor
Les descriptions les plus justes du ministère de John Taylor furent celles données par les personnes qui avaient servi avec lui et qu'il avait instruites. Dans le discours qu'il prononça lors des funérailles de John Taylor, Franklin D. Richards, du collège des Douze, affirma : « Le président Taylor était un courageux défenseur de la vérité. Il ne craignait rien... Quand nous étions en mission en Europe ensemble, il oeuvrait en France. Il y travaillait diligemment, et, à un moment donné, un certain nombre de ministres du culte se mirent ensemble pour dénoncer cette hérésie, comme ils l'appelaient. Le président Taylor, avec sa hardiesse habituelle, consentit à en rencontrer toute une bande... Il leur résista et il défendit la vérité » (The Life of John Taylor, p. 448).
Daniel H. Wells, qui fut conseiller de Brigham Young, dit ceci à propos du président Taylor : « Il vécut une vie noble et sans crainte, agréable à Dieu. Que ceux qui sont encore en vie cherchent à imiter son noble exemple... Il fut défenseur des droits humains, défenseur de la liberté et de la vérité. Il eut une vie noble et utile, remplie d'honneur et de mérite pour lui-même et sa famille, qui apporta de la satisfaction au peuple et de la gloire à Dieu. C'est avec plaisir que je témoigne de la fidélité et du dévouement du président Taylor, de son intégrité devant Dieu et de son amour pour son peuple » (The Life of John Taylor, p. 455).
Angus M. Cannon, président du pieu de Salt Lake, fut le dernier orateur aux obsèques de John Taylor. Il rendit hommage à l'homme qui avait passé tant d'années à oeuvrer à l'établissement du royaume de Dieu : « Il a été soulagé de ses douleurs. Il dort en Dieu ; et je vois en imagination le portail des cieux ouvert, par lequel il est entré... Frère Taylor prit le témoignage que Joseph lui donna, que Jésus transmit à Joseph, que Dieu demanda à Joseph d'écouter de la bouche de son Fils bien-aimé ; et il porta cette nouvelle aux pays étrangers, et fit vibrer notre coeur par les paroles qu'il y annonça. Je proclame que c'est avec une grande joie et une grande allégresse que le président Taylor s'est réuni de l'autre côté du voile avec ceux qui oeuvrèrent avec lui, entourés par les apôtres de Jésus-Christ » (The Life of John Taylor, pp. 459-460).
Anecdotes de la vie de John Taylor liées à des thèmes évangéliques
Amour du prochain
John Taylor a souvent enseigné aux membres de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours qu'il est important non seulement de croire, mais aussi de mettre en application la demande du Seigneur d'aimer son prochain. Il leur lança l'exhortation suivante : « Aimez-vous les uns les autres, faites des oeuvres de justice, ayez à l'esprit le bien-être de tous, et efforcez-vous de contribuer au bonheur de tous. C'est ce que fait Dieu » (The Gospel Kingdom, p. 341). Il était persuadé que l'Esprit fait grandir l'amour pour les autres. Il enseigna : « Lorsque vous recevez l'Esprit de Dieu, vous êtes remplis de bonté, de charité, de longanimité et vous souhaitez, tout au long de la journée, donner à chacun ce que vous désirez pour vous-mêmes. Vous êtes prêts, tout au long de la journée, à faire pour tous les hommes ce que vous voudriez qu'ils fassent pour vous » (Deseret News, 24 décembre 1862, p. 201).
Depuis le moment de son baptême en 1836 jusqu'à sa mort en 1887, John Taylor fut témoin de beaucoup de persécutions et de traitements injustes infligés aux saints. Il vit les émeutiers chasser des membres de l'Église de leur maison, il fut le témoin oculaire du martyre de Joseph et de Hyrum Smith (et fut lui-même grièvement blessé dans l'attaque) ; et il était avec les saints en Utah lorsque la persécution à leur égard continua. Malgré cela, il exhorta toujours les membres de l'Église à aimer tous les hommes. Dans un discours prononcé en Utah lorsqu'il était président du collège des douze apôtres, il déclara :
« David pria pour que Dieu envoyât ses ennemis au séjour des morts rapidement (voir Psaume 55 :16). Jésus, lorsqu'il fut crucifié, souffrant la douleur d'une mort cruelle, dit : ' Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font ' » (Luc 23 :34). J'aime cette prière beaucoup plus que la première... C'est ce que nous devrions éprouver. Nous devrions le ressentir les uns envers les autres et nous devrions nous traiter mutuellement avec bonté et ne pas avoir de sentiments négatifs... J'entends parfois quelqu'un dire : ' Je déteste untel '. Eh bien, je ne connais personne ici-bas que je déteste. Le commandement est de nous aimer les uns les autres ! » (Deseret News, 1 juin 1880, p. 1).
Dîme
John Taylor croyait que Dieu subvenait à ses besoins temporels en plus de ses besoins spirituels. Il encourageait les saints à rechercher et à reconnaître la main de Dieu dans les affaires temporelles : « Nous devons nous comporter de manière à être guidés et inspirés par le Seigneur concernant les choses temporelles comme les choses spirituelles, sinon nous n'obtiendrons jamais la gloire que tant d'entre nous recherchent » (Deseret News, 11 février 1879, p. 1).
Tout en reconnaissant l'importance des choses temporelles pour subvenir aux besoins physiques, le président Taylor avait une perspective correcte des choses du monde. À propos de sa manière de voir les richesses temporelles, B. H. Roberts, des soixante-dix, écrivit : « Il n'a jamais cherché à devenir riche... Cependant les biens qu'il possédait à Nauvoo et auxquels il renonça pour fuir dans le désert avec l'Église du Christ étaient suffisants pour prouver qu'il était financièrement aisé. Il avait cependant le regard et le coeur fixés sur de meilleures richesses que la teigne et la rouille ne pouvaient pas détruire et que les voleurs ne pouvaient ni percer, ni dérober (voir Matthieu 6:19 2). Ces choses emplissaient son âme, accaparaient son attention et ne lui laissaient que peu de temps pour lui permettre de s'intéresser aux biens de ce monde. Son slogan était ' l'argent a peu d'importance au regard de la vérité ' » (The Life of John Taylor, pp. 424-425).
Le président Taylor considérait qu'il était important d'observer la loi de la dîme pour s'acquitter de ses responsabilités temporelles et reconnaître la main de Dieu dans toutes ses bénédictions. À une époque où la plupart des dîmes étaient payées en nature plutôt qu'en argent, il enseigna à ses enfants l'importance de donner ce qu'il y avait de meilleur au Seigneur pour exprimer leur reconnaissance pour tout ce qu'ils avaient reçu. « Lorsque l'on récoltait les fruits en automne », écrivit son fils Moses W. Taylor, « notre père venait inspecter les paniers et, en choisissant les fruits les plus gros et les plus beaux, il disait : ' Prélevez la dîme parmi ceux-ci et veillez à la payer entièrement ' » (Young Woman's journal, mai 1905, p. 218).
Épreuves
John Taylor subit de nombreuses épreuves dans sa vie. L'une de ses plus grandes épreuves fut peut-être celle qu'il vécut dans la prison de Carthage. Pendant l'attaque au cours de laquelle le prophète Joseph et son frère Hyrum furent tués, John Taylor fut touché par plusieurs balles. Grièvement blessé et incapable de voyager jusqu'à Nauvoo, il resta à Carthage plusieurs jours. C'est dans cette période qu'un docteur de la ville vint lui retirer une balle qui s'était logée dans sa jambe. Les blessures de John Taylor étaient si graves que sa femme, qui venait juste d'arriver, « se retira dans une autre pièce afin de prier pour lui, pour qu'il ait la force de supporter cela et qu'il puisse rentrer auprès d'elle et de sa famille ». Quand le docteur demanda à John Taylor s'il désirait être attaché pendant l'opération, celui-ci répondit non. L'opération se fit sans qu'il soit attaché ou anesthésié (The Life of John Taylor, p. 146).
Lorsque plusieurs membres de l'Église arrivèrent à Carthage dans le but de le ramener à Nauvoo, John Taylor était si faible à cause de la perte de son sang qu'il pouvait à peine murmurer. Il était incapable de faire la route en chariot, et c'est sur une civière qu'il fut transporté à Nauvoo. Toutefois, les mouvements des personnes qui le portaient finirent par provoquer une violente douleur. On trouva un traîneau qu'on accrocha à l'arrière d'un chariot. On y fit un lit et la femme de John Taylor se tint aux côtés de son mari pour humecter ses blessures avec de l'eau glacée ; le traîneau glissa doucement sur l'herbe épaisse de la prairie jusqu'à Nauvoo (voir The Life of John Taylor, pp. 148-149).
Les tribulations continuèrent à Nauvoo, où John Taylor et des centaines de saints commencèrent à quitter la ville en février 1848 afin d'échapper à la persécution qui augmentait. Leurs souffrances alors qu'ils campaient en face de Nauvoo, de l'autre côté du fleuve, ont été rapportées comme suit : « Ils étaient là, exposés aux rigueurs du climat, alors qu'à peu de distance, presque visibles, se trouvaient leurs demeures confortables, leur belle ville et leur magnifique temple ! Ces maisons qu'ils avaient quittées et cette ville leur appartenaient toujours car leur départ avait été si précipité qu'ils n'avaient pas eu le temps de vendre leurs propriétés » (The Life of John Taylor, p. 169).
Bien des années plus tard, alors que les saints étaient installés dans la vallée du lac Salé, le président Taylor subit l'épreuve de la solitude et de l'isolement. Il se cachait pour atténuer la persécution que les autorités fédérales faisaient subir à l'Église, et se trouvait dans l'impossibilité de voir ses êtres chers, car ils étaient l'objet de surveillance. Son isolement devint particulièrement pénible pendant la maladie et finalement le décès de son épouse Sophia. Pour des raisons de sécurité, il ne put aller la voir ni même assister à son enterrement. Le coeur brisé, le président Taylor supporta humblement ces moments difficiles avec la force d'âme chrétienne qui l'avait caractérisé toute sa vie (voir The Life of John Taylor, pp. 389-391, 400). Son attitude devant l'épreuve est peut-être le mieux résumée dans l'extrait suivant d'une lettre qu'il écrivit à sa famille alors qu'il était en exil : « Certains pensent que les épreuves et les persécutions sont des afflictions, mais quelquefois, et surtout si nous faisons la volonté du Seigneur et gardons ses commandements, on peut dire qu'elles sont vraiment des bénédictions déguisées » (The Life of John Taylor, pp. 391-392).
Malgré les épreuves qui ponctuèrent sa vie, John Taylor demeura un serviteur du Seigneur et un dirigeant vaillant, un exemple permanent de foi et de persévérance au milieu des afflictions.
Évangile
Au cours de l'année 1836 à Toronto (Canada), John Taylor et d'autres personnes se réunissaient plusieurs fois par semaine pour étudier la Bible et pour s'efforcer de comprendre la vérité. Ils croyaient fermement au rassemblement d'Israël, aux dons de l'Esprit, au règne millénaire du Sauveur, à la nécessité d'avoir des apôtres et des prophètes, et à l'importance que les ordonnances soient accomplies par l'autorité venant de Dieu. À cette époque, cependant, ils ne connaissaient aucune Église qui enseignât ces choses. John Taylor a dit à propos de leur quête de la vérité : « Nous priions le Seigneur et nous jeûnions et priions pour que Dieu nous enseigne les vrais principes, qu'il rétablisse l'Évangile ancien, pur, et que, s'il y avait sur la terre une Église vraie, il nous envoie un messager ».
Leurs prières furent bientôt exaucées par l'arrivée de Parley P. Pratt. Avant le départ en mission de Parley P. Pratt, Heber C. Kimball lui prophétisa : « C'est la volonté du Seigneur que vous alliez au Canada, car il y a là-bas des personnes qui recherchent diligemment la vérité, et beaucoup d'entre elles croiront vos paroles et recevront l'Évangile ».
Parley P. Pratt commença à prêcher à Toronto et, après un certain temps, il rencontra John Taylor et ceux qui étudiaient avec lui. John Taylor écrivit plus tard : « Nous fûmes remplis de joie en écoutant ses prédications mais lorsqu'il rendit témoignage concernant Joseph Smith et le Livre de Mormon, nous ne sûmes pas quoi dire. je notai les huit premiers discours qu'il prêcha et je les comparai aux Écritures. J'examinai aussi les preuves concernant le Livre de Mormon et je lus Doctrine et Alliances. Je m'y consacrai régulièrement pendant trois semaines et je suivis Parley P. Pratt d'un endroit à l'autre » (« History of John Taylor by Himself », Histoires des Douze, Archives du Département de la généalogie et de l'histoire de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, pp. 9-10).
John Taylor fut bientôt convaincu que l'Évangile éternel avait été rétabli. Il se fit baptiser le 9 mai 1836. Dans son appel de missionnaire, d'apôtre et finalement de président de l'Église, il se réjouit d'enseigner les vérités immuables et éternelles de l'Évangile.
Expiation
Lors d'une réunion du dimanche avec des membres de l'Église, John Taylor parla de la joie que lui apportait la méditation sur l'Expiation de Jésus-Christ. « J'aime rencontrer les saints. J'aime rompre le pain avec eux en mémoire du corps rompu de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, et aussi boire la coupe en mémoire de son sang répandu. Et j'aime ensuite réfléchir aux associations que cela comporte. Notre relation avec Dieu par l'intermédiaire de notre Seigneur Jésus-Christ; nos relations entre nous en tant que membres du corps du Christ, et nos espoirs concernant l'avenir ; la seconde venue de notre Seigneur Jésus Christ, lorsque, nous fait-on comprendre, il se ceindra et il nous servira, et nous mangerons du pain et nous boirons du vin avec lui dans le royaume de son Père. J'aime réfléchir à tout cela et à mille autres choses concernant le salut, le bonheur et l'exaltation des saints de Dieu ici-bas et dans le monde à venir » (Deseret News, 15 janvier 1873, p. 760).
John Taylor enseignait souvent les effets de l'expiation de Jésus-Christ pour toute l'humanité. Il parlait aussi de la joie qu'il recevait personnellement lorsqu'il méditait sur la miséricorde manifestée par l'Expiation. Il a dit : « Je me réjouis que nous ayons un Sauveur qui a eu la bonté de venir nous racheter et que nous ayons un Sauveur qui se fait une joie de la rédemption du monde qui se produira » (Deseret News, 4 mars 1863, p. 282).
Peu avant sa mort, le président Taylor écrivit aux membres de sa famille la lettre suivante, dans laquelle il exprimait l'espérance que lui procure l'Expiation : « Je prie Dieu, le Père éternel, pour que, lorsque nous auront terminé notre temps de mise à l'épreuve ici, nous soyons présentés au Seigneur sans défaut et sans tache, comme des représentants purs et honorables de l'Église et du royaume de Dieu sur la terre, puis, pour que nous héritions d'une gloire céleste dans le royaume de notre Dieu et vivre à jamais dans la félicité avec les purs et les justes dans les demeures du jour éternel, grâce aux mérites et à l'expiation du Seigneur Jésus-Christ, notre Sauveur et Rédempteur, aux siècles des siècles » (The Life of John Taylor, p. 398).
Famille
Le 1er février 1885, John Taylor se cacha volontairement pour éviter la persécution des autorités fédérales. Il espérait que cet exil atténuerait l'oppression que subissait l'Église à cette époque, bien qu'il sût que cela le séparerait vraisemblablement de la plus grande partie de sa famille pour le reste de sa vie terrestre. Néanmoins, pendant toute cette période, il continua à se soucier du bien-être des siens. Peu de temps avant sa mort, il dit à son neveu, Angus M. Cannon : « Dis-leur que je me souviendrai toujours d'eux. J'aime chacun d'eux et ne cesse de prier Dieu à leur sujet » (The Life of John Taylor, p.459).
Le président Taylor était un mari et un père aimant et dévoué. Son fils, Moses W. Taylor, a écrit à son sujet : « Il désirait vraiment que ses enfants restent sous l'influence de la famille et il nous trouvait des terrains de jeu. Même âgé de plus de soixante-dix ans, il venait jouer avec nous. Il avait fait venir un gros tas de sable pour les plus jeunes et je ne crois pas avoir passé de meilleurs moments de toute ma vie que ceux passés à creuser ce sable... Je ne l'ai jamais vu se fâcher contre un membre de la famille. Je n'ai jamais entendu mon père et ma mère se quereller ou être en désaccord en présence des enfants. Quand il parlait de nos tâches dans l'Église, c'était toujours sous forme de conseils et il disait souvent : ' Cela me ferait plaisir que tu sois un saint des derniers jours fidèle '. Ses enfants le tenaient en si haute estime que leur plus grand désir était de lui faire plaisir » (Young Woman's journal, Mai 1905, p. 219).
Le président Taylor enseigna aux saints l'importance d'être de bons exemples pour leurs enfants. Son fils, Frank Y. Taylor, a parlé de la grande influence positive que son père a eue sur sa vie : « Quand je pense à l'éducation attentive que j'ai reçue, à l'exemple merveilleux qui m'a été donné dans ma jeunesse, j'aurais été impardonnable de ne pas avoir choisi le bien dans ma vie, parce que je crois avoir eu un exemple parfait. Quand j'étais jeune, j'ai été tenté comme tous les autres garçons ; mais mon père menait une vie si libre, si pure et si propre qu'à chaque tentation, il me semblait qu'il se tenait devant moi, majestueux comme un monument, et je ne pouvais faire le mal qui me tentait. Je sentais que j'attirerais son déplaisir et je savais que rien dans la vie ne pourrait me justifier de choisir un chemin qui ne serait pas acceptable aux yeux de mon Père céleste. En pensant à la vie de mon père, je me disais que je voudrais bien avoir la même afin d'être une lumière dans les ténèbres pour mes fils et mes filles » (Conference Report, octobre 1919, p. 156).
Instruction
En 1877, John Taylor fut élu au poste de directeur des écoles d'un district du territoire d'Utah. À ce poste, il s'efforça de nommer les enseignants les plus qualifiés pour instruire les enfants et les jeunes. Il supervisa aussi des enquêtes statistiques sur le niveau d'instruction de la population, non seulement en Utah mais dans tous les États et les territoires des États-Unis, pour mieux évaluer le niveau d'instruction des saints des derniers jours. Pour sa gestion du système scolaire, il reçut une lettre de félicitations de l'administrateur suppléant de l'Éducation des États-Unis (voir The Life of John Taylor, p. 323). Cette lettre constituait une distinction méritée pour le travail accompli par John Taylor, dont la vie reflétait son amour de l'instruction et de l'enseignement.
De sa scolarité en Angleterre, lorsqu'il était enfant, à son service en tant que président de l'Église, John Taylor a constamment étudié et s'est efforcé de développer l'intelligence que Dieu lui avait donnée. La diligence dont il faisait preuve pour apprendre permit à l'Église de progresser de nombreuses façons. Cela a été le cas par exemple lorsqu'il faisait une mission en France. Bien qu'il ne soit pas resté longtemps dans ce pays, il participa à la traduction du Livre de Mormon en français et en allemand et lança la publication de deux mensuels de l'Église dans ces langues (voir The Life of John Taylor, pp. 228-232).
John Taylor a beaucoup écrit sur l'Évangile : des lettres, des traités, des cantiques, des brochures, des articles de journaux et des livres. Un historien américain célèbre a fait l'éloge de l'un de ses livres, The Government of God. Il a écrit : « Comme dissertation sur un sujet général et abstrait, ce livre n'a probablement pas d'égal dans toute la littérature mormone. Son style est élevé et clair et chaque page dénote la grande érudition de l'auteur. En tant qu'étudiant d'histoire ancienne et contemporaine, théologien et moraliste, le président Taylor a vraiment sa place parmi les plus grands » (Hubert Howe Bancroft, History of Utah, 1890, p. 433).
En plus de ses nombreux écrits, sa maîtrise de la langue ajoutée à son témoignage de l'Évangile permirent à John Taylor de faire d'innombrables sermons inspirants et instructifs. B. H. Roberts a écrit : « Les saints qui l'ont écouté pendant un demi-siècle se souviendront toute leur vie de sa présence de dirigeant, de son charisme, de la vigueur et de la puissance de ses discours et des grands principes dont ils traitaient... Il était d'une éloquence débordante, qui vous touchait jusqu'au tréfonds de l'âme » (voir The Life of John Taylor, pp. 430-433).
Intégrité
John Taylor a mené une vie intègre qui était un exemple pour toutes les personnes qui le connaissaient et qui servaient dans l'Église avec lui. Le lendemain de sa mort, en juillet 1887, ses conseillers, George Q. Cannon et Joseph F. Smith, écrivirent une lettre au Deseret News, pour informer le public de son décès. Cet avis de décès contenait un hommage au président Taylor. Voici un extrait de l'hommage qui décrit la vaillance et l'intégrité de ce prophète bien-aimé :
« Peu d'hommes ont jamais fait preuve d'une aussi grande intégrité, d'une morale aussi indéfectible et d'un aussi grand courage que notre président bien-aimé qui vient de nous quitter. Il n'éprouvait jamais de peur concernant l'oeuvre de Dieu. Lorsqu'il était face à une foule en colère ou dans d'autres occasions où des personnes qui menaçaient sa vie risquaient de s'en prendre à lui physiquement, ou encore lorsqu'un groupe de personnes était en danger, il ne reculait jamais, ses genoux ne tremblaient jamais, ses mains ne montraient aucun signe de peur. Lorsque la fermeté et le courage étaient nécessaires, tous les saints des derniers jours savaient à l'avance, dans quel camp se trouverait John Taylor et avec quel ton il parlerait. Il abordait tous les problèmes hardiment et sans détour, d'une façon qui méritait l'admiration de toutes les personnes qui le voyaient et qui l'entendaient. Le courage et la fermeté à toute épreuve faisaient partie de ses plus grandes qualités... C'était un homme sur lequel tout le monde pouvait compter » (The Life of John Taylor, pp. 410-411).
Joie
Fin juin 1847, un grand groupe de saints dirigé par John Taylor et Parley P. Pratt quitta Winter Quarters pour se rendre dans l'Ouest. En septembre 1847, ils avaient atteint le versant est des Montagnes Rocheuses, à quelque six cents kilomètres de la vallée du lac Salé. La première semaine de septembre, il neigea beaucoup et de nombreux saints commencèrent à perdre courage. Au même moment, Brigham Young et plusieurs autres membres des Douze quittaient la vallée du lac Salé en direction de Winter Quarters pour aller à la rencontre du convoi de John Taylor. Malgré la neige et l'inquiétude croissante des pionniers qui se rendaient dans la vallée du lac Salé, John Taylor encouragea chacun à prendre courage et il tint conseil avec le président Young, les autres membres des Douze qui l'accompagnaient et les autres dirigeants du groupe.
Pendant que les frères étaient en réunion, les nuages se dissipèrent et le soleil fit rapidement fondre la neige. Sans en informer le reste du groupe, plusieurs soeurs se rendirent jusqu'à une prairie retirée entourée de buissons. Elles commencèrent à installer des tables de fortune avec des nappes blanches et de la belle vaisselle. Un récit de l'époque rapporte que « l'on tua le veau gras ; l'on prépara du gibier et du poisson en abondance ; l'on apporta des fruits, des gelées et des achards qui avaient été réservés pour une occasion spéciale afin que le festin soit vraiment royal ».
À la fin de la réunion, on conduisit les frères qui y avaient participé et plus de cent autres membres du groupe à un lieu de rassemblement surprise où ils purent apprécier un bon repas. Le récit poursuit : « Le dîner terminé et débarrassé, on organisa un bal et bientôt, au doux mélange de rires et de conversations enjouées se mêla le son joyeux du violon... L'on dansa, l'on chanta et l'on récita des poèmes. ' Nous nous sentîmes à la fois édifiés et bénis, écrivit John Taylor, nous louâmes le Seigneur et nous nous bénîmes les uns les autres ' » (voir The Life of John Taylor, pp. 186, 188-192 ; voir aussi B. H. Roberts, A Comprehensive History of the Church, 3 : 293-298).
Les saints des derniers jours ont toujours cru qu'il fallait avoir du bonheur dans la vie, que ce soit en profitant de la beauté et de l'abondance de la nature, en se rassemblant pour des activités sociales saines ou en méditant sur les vérités de l'Évangile. John Taylor a enseigné : « La vie et la recherche du bonheur devraient occuper l'attention de tous les êtres intelligents ». Il croyait que l'on peut recevoir beaucoup de joie dans cette vie, cependant il a aussi enseigné : « Pour atteindre le plus grand bonheur, nous devons recevoir l'approbation de notre Père céleste, craindre Dieu, apprendre à connaître ses lois, les principes de vérité éternelle et les choses qui, selon nous, nous apporteront non seulement le bonheur temporel, mais aussi le bonheur éternel » (The Gospel Kingdom, p. 342).
Joseph Smith
En mars 1837, John Taylor se rendit à Kirtland, en Ohio, et eut l'occasion de rencontrer pour la première fois Joseph Smith, le prophète, et d'apprendre les principes de l'Évangile nouvellement rétabli. À l'époque où John Taylor se rendit à Kirtland, beaucoup de membres de l'Église étaient devenus critiques à l'égard de Joseph. Même certains membre du collège des douze apôtres s'étaient laissé prendre par cet esprit de dissension, comme Parley P. Pratt, qui avait été le premier à enseigner l'Évangile à John Taylor. Lorsque Parley P. Pratt lui fit part de ses doutes au sujet du prophète, John Taylor répondit :
« Je suis étonné de vous entendre parler ainsi, frère Parley. Avant de quitter le Canada, vous avez rendu un témoignage puissant que Joseph Smith est un prophète de Dieu et que l'oeuvre qu'il a commencée est vraie. Vous avez dit que vous saviez ces choses par la révélation et par le don du Saint-Esprit. Vous m'avez donné la stricte recommandation de ne pas croire si vous ou un ange du ciel devait déclarer quelque chose d'autre. Frère Parley, ce n'est pas à l'homme que j'obéis mais au Seigneur. Les principes que vous m'avez enseignés m'ont conduit à lui et j'ai maintenant le même témoignage dont vous bénéficiiez alors. Si l'oeuvre était vraie il y a six mois, elle est vraie aujourd'hui, si Joseph Smith était un prophète, il est encore un prophète maintenant » (The Life of John Taylor, pp. 39-40). Parley P. Pratt se repentit bientôt de ses sentiments et continua à être un serviteur vaillant du Seigneur.
John Taylor resta loyal à Joseph Smith depuis le jour où il le rencontra et ils étaient ensemble quand le prophète fut tué en martyr. Dans un discours qu'il fit presque 20 ans après la mort de Joseph, John Taylor dit : « Même si personne d'autre sous les cieux ne sait que Joseph Smith est un prophète de Dieu, moi, je le sais, et j'en témoigne à Dieu, aux anges et aux hommes » (Deseret News, 25 mars 1863, p. 306). Pendant tout son ministère, il enseigna avec joie que « Dieu a remis son Évangile des temps anciens à Joseph Smith, en lui donnant des révélations, en lui ouvrant les cieux et en lui faisant connaître le plan de salut et d'exaltation des enfants des hommes » (The Gospel Kingdom, p. 33).
Libre arbitre et responsabilité
John Taylor a déclaré : « Nous parlons parfois du libre arbitre. Est-ce un principe correct ? Oui et c'est un principe qui a toujours existé et qui vient de Dieu, notre Père céleste » (The Gospel Kingdom, p. 59). Le président Taylor chérissait le principe du libre arbitre, le pouvoir que notre Père céleste a donné à ses enfants de choisir le bien ou le mal et d'agir par eux-mêmes. Il enseigna cependant que les gens sont responsables de leurs actions devant Dieu. Il déclara : « Dieu n'a jamais donné à l'homme un contrôle illimité des affaires de ce monde ; mais il a toujours dit que l'homme reçoit son inspiration de lui et demeure ici-bas et est responsable de ses actes devant lui » (The Government of God, p. 49).
Pour mettre l'accent sur le rapport entre le libre arbitre et la responsabilité, le président Taylor fit l'analogie suivante : « Un homme loue une vigne ou une ferme. Il possède un certain libre arbitre et un pouvoir discrétionnaire, mais il doit toujours respecter certaines conditions imposées par le propriétaire des lieux. De même, Dieu a contracté une alliance avec Noé, Abraham, les enfants d'Israël et les premiers saints. Une alliance signifie qu'il y a deux parties : dans ce cas, Dieu et le peuple. Si le peuple respecte son alliance, le Seigneur est lié et doit respecter son engagement mais, si l'homme transgresse, le Seigneur n'est pas obligé de respecter son engagement... L'homme a donc la capacité de prendre des décisions d'ordre moral afin de recevoir ou non les bénédictions que Dieu lui permet de recevoir » (The Government of God, pp. 49-50).
À l'époque du président Taylor, certaines personnes disaient que l'objectif de l'Évangile et de la prêtrise était « d'asservir les hommes ou de tyranniser l'esprit des hommes ». Il rejeta catégoriquement cette idée en déclarant que l'objectif de l'Évangile est « de rendre tous les hommes aussi libres que Dieu, afin qu'ils puissent boire au ' fleuve dont les courants réjouissent la cité de Dieu ', afin qu'ils soient élevés et non rabaissés, afin qu'ils soient purifiés et non corrompus, afin qu'ils apprennent les lois de la vie et qu'ils les suivent, afin qu'ils évitent les sentiers corrompus et ne descendent vers la mort » (The Gospel Kingdom, p. 123).
Obéissance
John Taylor montra qu'il était disposé à obéir à Dieu tout au long de sa vie. Ce fut particulièrement évident lorsqu'il reçut l'appel de quitter ses êtres chers et de servir le Seigneur comme missionnaire en Angleterre.
L'appel lui fut adressé en juillet 1838 dans une révélation contenue dans la section 118 de Doctrine et Alliances. Cette révélation commandait aux apôtres de partir du site du temple de Far West (Missouri), le 26 avril 1839, pour leur service missionnaire. Il devint extrêmement difficile d'obéir à ce commandement à cause de la persécution et de l'expulsion des saints du Missouri pendant l'hiver 1838-1839. Pourtant, en dépit du danger que présentait leur retour au Missouri, John Taylor et les autres apôtres avaient confiance au Seigneur et furent obéissants. Le 26 avril 1839, peu après minuit, ils retournèrent à Far West et se retrouvèrent sur le site du temple, où ils posèrent la pierre angulaire du temple et partirent pour Nauvoo afin de terminer les préparatifs pour leur mission en Angleterre (voir The Life of John Taylor, pp. 64-65).
John Taylor partit en mission de Montrose (Iowa), où il s'était installé avec sa famille dans une ancienne caserne en rondins sur l'autre rive du fleuve, face à Nauvoo. Bien que lui-même et sa famille souffrissent de malaria, il obéit à l'appel de partir en mission en Angleterre. À propos de la douleur de se séparer de sa famille, il dit : « Le souvenir des épreuves qu'ils venaient de supporter, l'incertitude de savoir s'ils pourraient rester dans la maison qu'ils occupaient alors, et qui consistait en une pièce unique, la fréquence des maladies, la pauvreté des frères, l'insécurité à cause des émeutiers, tout cela mêlé à l'incertitude concernant ce qui pourrait se passer pendant mon absence, suscitèrent en moi des sentiments très forts. Ces soucis, paternels et conjugaux, furent encore augmentés par le temps et la distance qui allaient nous séparer. Mais l'idée de partir pour obéir à l'ordre du Dieu d'Israël de me rendre dans mon pays natal, afin d'enseigner les principes de la vérité éternelle et de faire connaître les choses que Dieu avait révélées pour le salut du monde, domina sur tous les autres sentiments » (The Life of John Taylor, pp. 67-68).
Le président Taylor puisa sa force dans son témoignage profond de l'Évangile. « Lorsque j'entendis l'Évangile pour la première fois, je fus obligé d'admettre qu'il présentait quelque chose de raisonnable. J'espérais presque qu'il n'était pas vrai. S'il est vrai, me suis-je dit, je serai obligé de l'accepter, car je suis un honnête homme. Sinon je ne pourrais pas avoir confiance en moi » (The Gospel Kingdom, p. 359).
Oeuvre missionnaire
John Taylor a été missionnaire aux États-Unis et à l'étranger. Il fit plusieurs missions à plein-temps entre 1839 et 1857. Il montra qu'il avait une grande foi et un grand témoignage lorsqu'il prêchait, souvent dans des circonstances difficiles, parfois sans argent ni nourriture. Il avait confiance que le Seigneur le protégerait, lui et sa famille, et lui donnerait le moyen de prêcher l'Évangile.
Le pouvoir et le soutien du Seigneur se manifestèrent par exemple peu de temps après que John Taylor eût quitté sa famille à Montrose, dans l'Iowa, pour faire une mission en Angleterre. Tandis qu'il traversait l'Indiana, il tomba très malade et fut obligé de passer plusieurs semaines dans un hôtel pour se rétablir. Pendant ce temps, John Taylor enseignait l'Évangile lors de réunions qu'il tenait près de l'hôtel, même s'il devait parfois rester assis pendant qu'il parlait. Les personnes qui l'écoutaient remarquèrent qu'il n'avait jamais demandé d'argent, malgré sa situation difficile. Finalement, l'une de ces personnes s'approcha de lui et dit : « M. Taylor, vous n'agissez pas comme les autres prédicateurs : vous n'avez rien dit sur votre situation ni sur l'argent que vous avez. Pourtant, cela fait un moment que vous êtes malade. Votre note de médecin, d'hôtel et vos autres dépenses doivent être élevées. J'en ai discuté avec des amis et nous voudrions vous aider ». John Taylor accepta cette aide avec reconnaissance. Il put bientôt poursuivre sa route après avoir payé tout ce qu'il devait. John Taylor a dit de cette expérience : « Je préfère placer ma confiance dans le Seigneur que dans n'importe lequel des rois de la terre » (The Life of John Taylor, pp. 69-71).
Origine et destinée de l'humanité
Dans un discours qu'il fit alors qu'il était président du collège des Douze, John Taylor évoqua le désir spirituel qu'il avait dans son enfance de comprendre le but de l'existence et sa relation avec Dieu. Il dit : « Quand j'étais petit, je me demandais souvent : Qui suis-je ? D'où suis-je venu ? Que fais-je ici ? Et pourquoi suis-je ici ? Ces choses-là nous intriguent encore, beaucoup d'entre elles du moins, et pourtant ce sont des choses auxquelles nous sommes obligés de penser. Nous voyons la naissance des enfants, nous voyons le printemps, l'été, l'automne et l'hiver se suivre régulièrement et nous nous demandons : Par quelle puissance ces choses furent-elles créées ? Pourquoi sommes-nous ici et quel est le but de toutes ces choses que nous voyons autour de nous » (Deseret News, 24 juin 1879, p. 1).
Les enseignements de John Taylor reflètent la joie qu'il trouva dans la doctrine de l'Évangile qui l'aida à comprendre son origine divine et sa destinée d'enfant de Dieu. Il déclara : « Quand un saint de Dieu réfléchit et que la vision de l'éternité s'ouvre devant lui et que les desseins immuables de Dieu se révèlent à son esprit, quand il contemple sa vraie position devant Dieu, les anges et les hommes, alors il s'élève au-dessus des choses temporelles et des sens et il brise les liens qui l'attachent aux objets terrestres. Il contemple Dieu et sa propre destinée dans le plan éternel de Dieu et il se réjouit dans l'espérance grandissante d'une gloire immortelle » (The Gospel Kingdom, p. 63).
Prêtrise
John Taylor considérait que la prêtrise, en plus d'être l'autorité d'agir au nom de Dieu, était aussi une grande force permettant d'accomplir de grandes choses. Il enseigna que les détenteurs de la prêtrise devaient l'utiliser activement pour le bien d'autrui et pour accomplir les justes desseins de Dieu. Il recommanda à tous les détenteurs de la prêtrise d'accomplir leurs devoirs et de magnifier leurs appels, en ajoutant que « l'instructeur ou le diacre qui accomplit ses devoirs est beaucoup plus honorable que le président ou le membre des Douze qui ne le fait pas » (The Gospel Kingdom, p. 166).
Le président Taylor respectait également l'autorité des frères qui utilisaient leur prêtrise pour le servir, lui et sa famille. L'humble respect qu'il avait pour l'autorité de la prêtrise est démontré dans l'histoire que son fils Moses W. Taylor relata à propos d'une soirée où la famille recevait la visite de leurs instructeurs au foyer. Le fils du président Taylor raconta : « L'un d'entre eux était âgé de seize ans et, ce soir-là, c'était son tour de diriger. Mon père réunit la famille ; il dit aux instructeurs au foyer que nous étions tous là et ajouta : ' Nous sommes entre vos mains et nous attendons vos instructions ' ».
Le jeune garçon demanda alors au président Taylor si les membres de sa famille et lui priaient ensemble et personnellement, s'ils se comportaient bien envers leurs voisins, s'ils assistaient régulièrement à leurs réunions dominicales et s'ils soutenaient les dirigeants de l'Église. « Mon père répondit à chacune de ces questions avec autant d'humilité que s'il avait été le plus jeune membre de la famille. Après avoir terminé leurs questions, les instructeurs au foyer demandèrent à mon père s'il avait des instructions à leur donner. Il leur répondit qu'il était heureux de leur fidélité et qu'il les remerciait de leur visite, puis il les exhorta à venir rendre visite à sa famille aussi souvent qu'ils le pouvaient parce qu'il comprenait tout le bien qu'un détenteur de la prêtrise qui est le pouvoir de Dieu pouvait apporter à sa famille ; il leur dit qu'aucun office de l'Église ne pouvait accomplir autant de bien que celui d'instructeur. Il leur demanda de veiller particulièrement sur ses enfants et de les conseiller comme un père le ferait. ' Je ne suis pas souvent chez moi ', ajouta-t-il, ' car mes responsabilités dans l'Église m'appellent souvent à m'absenter et je crains que mes enfants ne s'égarent s'ils ne reçoivent pas souvent de bons conseils ' » (Young Woman's journal, mai 1905, p. 219).
Le président Taylor accordait beaucoup d'importance à l'ordre et à l'organisation au sein de la prêtrise, et enseignait que la prêtrise « est un modèle de ce qui se passe dans les cieux » et le moyen « par lequel les habitants de la terre reçoivent les bénédictions de Dieu » (Deseret News, 28 décembre 1859, p. 337). Il organisa la pratique de réunions hebdomadaires de la prêtrise dans les paroisses, ainsi que des réunions mensuelles de la prêtrise au niveau des pieux et des conférences de pieu tous les quatre mois afin d'inciter les détenteurs de la prêtrise à apprendre leurs responsabilités et à s'en acquitter.
Après le décès de Brigham Young en août 1877, la Première Présidence fut dissoute et le collège des douze apôtres, présidé par John Taylor, devint le collège président de l'Église. Le président Taylor savait que dans ce genre de situation le collège des Douze avait la même autorité que la Première Présidence (voir D&A 107:22-24), mais il savait aussi que l'ordre normal de la prêtrise voulait que l'Église soit dirigée par un président et ses deux conseillers. En même temps, il chercha humblement à faire la volonté du Seigneur et il ne voulut pas s'attribuer lui-même une quelconque position.
Un peu plus de trois ans après le décès de Brigham Young, la Première Présidence fut réorganisée. Le 10 octobre 1880, John Taylor fut soutenu comme président de l'Église, avec George Q. Cannon et Joseph F. Smith comme conseillers. Lorsqu'il fut soutenu, le président Taylor dit : « Si nous n'avions pas eu le devoir d'organiser pleinement et complètement l'Église dans tous ces offices, j'aurais de beaucoup préféré rester avec les frères des Douze ; ce sont bien sûr mes sentiments personnels. Mais il y a des questions qui se posent concernant ces sujets et ce n'est pas à nous de décider de la route à prendre ou de la manière d'agir. Lorsque Dieu nous donne un ordre et qu'il décide d'une organisation dans son Église, avec les divers collèges de la prêtrise, tels qu'ils nous ont été révélés par l'intermédiaire de Joseph Smith, le prophète, je ne pense pas que la Première Présidence, les Douze, les grands-prêtres, les soixante-dix, les évêques ou qui que ce soit d'autre ait le droit de changer ou de modifier ce plan que le Seigneur a présenté et établi ».
Il déclara ensuite que, depuis le décès de Brigham Young, la prêtrise avait été pleinement organisée, à l'exception de la Première Présidence, et qu'il était nécessaire que le collège de la Première Présidence, ainsi que tous les autres collèges, occupent la place qui leur avait été assignée par le Tout-Puissant.
Le président Taylor ajouta : « Ce sont les suggestions que m'a données l'Esprit du Seigneur. J'ai fait part de mes sentiments aux Douze, qui ont été d'accord avec moi et, en fait, plusieurs d'entre eux avaient eu les mêmes sentiments que moi. Nous ne considérons pas cela, du moins nous ne devons pas le considérer, comme une question de place, de position ou d'honneur, bien que cela soit un grand honneur de servir Dieu. C'est un grand honneur de détenir la prêtrise de Dieu. Bien que ce soit un honneur d'être au service de Dieu, de détenir la prêtrise, il n'est pas honorable qu'un homme ou qu'un groupe d'hommes cherche à obtenir une position dans la sainte prêtrise. Jésus a dit : ' Ce n'est pas vous qui m'avez choisi ; mais moi, je vous ai choisis ' (Jean 15:16). Comme je l'ai dit auparavant, si j'avais écouté mes sentiments personnels, j'aurais dit : les choses vont très bien comme cela ; tout est facile et agréable et j'ai, au collège des Douze, beaucoup de bons frères que je respecte et que j'estime, et je me réjouis de leur présence. Je préfère que les choses restent comme elles sont. Mais ce n'est pas à moi de décider, ce n'est pas à vous de décider ce que vous préférez, mais nous qui détenons la sainte prêtrise, nous devons veiller à ce que toutes les organisations de cette prêtrise restent intactes et que tout, dans l'Église et dans le royaume de Dieu soit organisé en fonction du plan qu'il a révélé. C'est pourquoi nous avons pris la décision que nous vous demandons de soutenir aujourd'hui » (The Gospel Kingdom, pp. 141-142).
Relation avec Dieu
John Taylor aimait profondément son Père céleste. Il l'appelait « notre Père, notre ami et notre bienfaiteur ». Il disait : « Nous nous appuyons sur son bras et nous savons qu'il nous guidera et nous dirigera, qu'il influencera et contrôlera les affaires de son peuple, c'est pourquoi nous nous appuyons sur lui » (Deseret News, 27 décembre 1871, p 550).
En témoignant de l'amour et de l'intérêt que Dieu porte à ses enfants, le président Taylor déclara : « Je ne connais pas d'homme ici-bas, quel que soit l'endroit où il demeure, qui n'ait pas été délivré après avoir placé sa confiance en Dieu. Je sais sans aucun doute que c'est mon cas. Lorsque je me suis trouvé à l'étranger et que je ne pouvais me tourner vers personne d'autre que lui, je sais que le Tout-Puissant était à mes côtés et qu'il a répondu à mes prières » (The Gospel Kingdom, p. 45).
Sa confiance en Dieu se manifesta en 1839 lorsqu'il partit en mission avec Wilford Woodruff dans les îles Britanniques. Il tomba gravement malade pendant le voyage de Nauvoo à New York, où ils devaient embarquer à bord d'un navire à destination de l'Angleterre. Wilford Woodruff se rendit à New York où il attendit John Taylor, qui avait dû repousser son départ à cause de sa maladie.
Lorsque John Taylor arriva à New York, Wilford Woodruff avait hâte de partir et il paya immédiatement son billet à destination de l'Angleterre. Bien que sans un sou en poche, John Taylor dit à Wilford Woodruff : « Frère Woodruff, si vous pensez que je dois venir, je viens avec vous ». Wilford Woodruff lui demanda comment il allait se procurer l'argent du billet ; il lui répondit : « Oh, il n'y aura pas de difficulté. Réservez-moi une place sur votre bateau et je trouverai l'argent ».
Après avoir entendu la conversation entre John Taylor et Wilford Woodruff, Theodore Turley exprima le désir de les accompagner et il se proposa de cuisiner pour eux, bien qu'il n'ait pas d'argent non plus. Voyant le désir de Theodore Turley de participer à l'oeuvre, John Taylor demanda à Wilford Woodruff de lui réserver aussi une place à bord du navire.
En peu de temps, le Seigneur leur fournit l'argent dont ils avaient besoin pour le voyage. B. H. Roberts, des soixante-dix, écrivit : « Au moment où il prit cette décision, frère Taylor n'avait pas d'argent, mais l'Esprit lui avait chuchoté qu'il trouverait l'argent et cette petite voix douce ne l'avait jamais trahi ! Il avait confiance en elle et ce ne fut pas en vain. Bien qu'il n'ait pas demandé un centime à quiconque, plusieurs personnes lui donnèrent volontairement de l'argent, juste assez pour payer sa traversée et celle de frère Turley » (The Life of John Taylor, pp. 65-74).
Révélation
John Taylor a dit : « Je me souviens bien d'une observation que m'avait faite Joseph Smith... Il avait dit : 'Frère Taylor, vous avez été baptisé, on vous a imposé les mains pour vous donner le Saint-Esprit et vous avez été ordonné à la sainte prêtrise. À présent, si vous continuez à suivre l'inspiration de l'Esprit, il vous guidera toujours dans la justice. Il vous inspirera parfois des choses contraires à ce que vous pensez, mais peu importe ; suivez ses recommandations et si vous obéissez fidèlement à ses murmures, il finira par devenir pour vous un principe de révélation qui vous permettra de connaître toute chose » (Deseret News, 15 janvier 1878, p. 1).
John Taylor suivit la recommandation de Joseph Smith et s'appuya sur le Saint-Esprit pour être dirigé par lui dans sa vie personnelle et dans son appel de prophète, voyant et révélateur. Heber J. Grant, septième président de l'Église, parla de la manière dont le président Taylor obéissait à l'inspiration de l'Esprit : « J'ai été appelé au collège des douze apôtres suite à une révélation que le Seigneur a donnée à John Taylor. De mon arrivée au collège des Douze, deux ans après l'appel de John Taylor comme président de Église, jusqu'à son décès, je l'ai vu, chaque semaine... et je sais qu'il était un serviteur du Dieu vivant. Je sais qu'il recevait l'inspiration du Seigneur ; je sais qu'à chaque fois qu'il a dit : ' C'est ce que le Seigneur désire ' et que ses compagnons du collège des apôtres ont soutenu sa décision, il ne s'est jamais trompé et l'inspiration du Seigneur a montré que la sagesse qu'il recevait par le pouvoir de Dieu était supérieure à celle des autres hommes... Je pourrais citer des exemples où John Taylor, sous l'inspiration du Seigneur, a demandé aux apôtres d'accomplir certaines tâches que ces derniers ne pensaient pas pouvoir accomplir. À leur retour, ils ont témoigné qu'avec l'aide du Seigneur, ils ont pu accomplir la tâche que le président Taylor, le prophète du Seigneur, leur avait confiée » (Gospel Standards, pp. 19-20).
Royaume de Dieu
John Taylor croyait fermement que le royaume de Dieu serait établi sur la terre. Il avait compris que cette entreprise ne dépendait pas de Joseph Smith, le prophète, ni d'aucun homme ; mais que c'était le Seigneur qui la dirigeait. Il était prêt à sacrifier sa vie pour la défendre.
En 1838, peu après son appel au collège des Douze, John Taylor partit pour Far West (Missouri) pour y retrouver les saints. En cours de route, il devait s'arrêter pour s'adresser à un groupe de personnes aux environs de Colombus (Ohio). Peu avant l'heure prévue, certains frères rapportèrent que des hommes s'étaient rassemblés dans la salle de réunion et complotaient d'enduire John Taylor de goudron et de plumes. Les frères lui conseillèrent d'annuler la réunion, parce qu'ils étaient moins nombreux et ne seraient pas en mesure de le protéger. Mais John Taylor insista pour prêcher comme prévu et déclara qu'il le ferait, dût-il y aller seul.
Quand il arriva devant la grande foule assemblée pour l'écouter, il commença par l'informer de son retour récent de pays gouvernés par des monarques. Il parla de l'honneur qu'il avait à se tenir sur un sol libre. À propos de la façon dont cette liberté avait été acquise, il dit : « Messieurs, je me trouve à présent au milieu d'hommes dont les ancêtres ont combattu pour obtenir l'un des plus grands bienfaits conférés à la famille humaine : le droit de penser, de parler, d'écrire ; le droit de dire qui les gouvernera, et le droit d'adorer Dieu selon les inspirations de leur conscience ; tous ces droits sont accordés à l'homme et garantis par la Constitution américaine. Je vois autour de moi les fils de ces hommes nobles qui, plutôt que de céder aux ordres d'un tyran, risquèrent leur vie, leur fortune et leur honneur pour briser ces fers, afin de jouir eux-mêmes de la liberté, de la léguer à leur postérité ou de mourir dans leur tentative ».
John Taylor ajouta alors : « J'ai appris, à propos, que vous avez l'intention de m'enduire de goudron et de plumes, à cause de mes opinions religieuses. Est-ce là l'avantage que vous avez hérité de vos ancêtres ? Est-ce là le bienfait qu'ils ont acquis au prix de leur sang ? Est-ce là votre liberté ? Si c'est le cas, vous avez à présent une victime et nous aurons une offrande à la déesse liberté ».
Après avoir dit cela, il déchira son gilet et s'exclama : « Messieurs, apportez votre goudron et vos plumes, votre victime est prête ; et vous, ombres des vénérables patriotes, contemplez les oeuvres de vos fils dégénérés ! Allons, Messieurs, venez ! Venez, vous dis-je. Je suis prêt ! » John Taylor s'arrêta quelques minutes, mais personne ne fit un geste, ni ne dit un mot. Alors, il reprit son discours et continua à prêcher avec témérité et puissance, pendant trois heures (The Life of John Taylor, pp. 47, 53-55).
De nombreuses années après la mort du président Taylor, Matthias F. Cowley, du collège des Douze, déclara : « Sa devise personnelle ' Le royaume de Dieu ou rien ' exprime sa loyauté à Dieu et à l'Église » (Our Pioneer Heritage, compilation de Kate B. Carter, 20 volumes, 1958-1977, 7 : 218).
Sabbat
À partir de fin juin 1847, John Taylor et Parley P. Pratt conduisirent un groupe de plus de 1500 saints de Winter Quarters à la vallée du lac Salé. À propos du départ de cette expédition, B. H. Roberts écrivit : « Il était déjà bien tard dans l'année pour entreprendre une telle expédition. Il était trop tard pour faire des semailles cette année, même s'ils s'arrêtaient loin de la base à l'est des Montagnes Rocheuses. Ils avaient à peine assez de provisions pour subsister un an et demi et si leur première récolte était un échec, ils mourraient de faim, parce qu'ils seraient à 1600 ou 2400 kilomètres du point de ravitaillement le plus proche... Ils sacrifiaient tout sur l'autel, même leurs femmes et leurs enfants, qui devaient partager leurs épreuves et leur destinée. Ils ne connaissaient pas leur destination, ils risquaient tout dans cette entreprise, d'où ils ne pouvaient pas s'enfuir. S'ils ne trouvaient pas d'endroit convenable pour faire une récolte la première année, on ne pourrait pas leur faire parvenir de provisions et ils ne pourraient pas aller en chercher. Ils devaient réussir ou périr dans le désert, où ils avaient commencé leur expédition ». Malgré cette situation périlleuse et l'importance vitale d'arriver à la vallée du lac Salé avant la venue de l'hiver, ils faisaient halte chaque dimanche pour observer le jour du sabbat. B. H. Roberts ajoute : « Le dimanche était un jour de repos. Chaque camp organisait un service religieux et le silence du grand désert était brisé par les saints qui chantaient les cantiques de Sion ». Le 5 octobre 1847, les convois Taylor et Pratt arrivèrent saints et saufs dans la vallée du lac Salé et commencèrent à se préparer pour l'hiver (voir The Life of John Taylor, pp. 188-192).
Pour John Taylor, le sabbat était un jour de culte, de repos et de méditation. Il incitait les saints à sanctifier le jour du sabbat, à en faire un jour de repos, un jour de rassemblement pour prendre la Sainte-Cène et pour écouter les paroles de vie, pour ainsi observer les commandements et montrer le bon exemple à leurs enfants (The Gospel Kingdom, p. 339).
Service dans l'Église
Dès sa conversion, John Taylor s'engagea à consacrer toutes ses forces à l'oeuvre du Seigneur. À propos de l'appel d'apôtre qu'il reçut en 1837, il fit part de ces pensées : « L'oeuvre semblait grande, les responsabilités ardues et importantes. J'étais conscient de ma faiblesse et de ma petitesse, mais j'étais déterminé et je savais qu'avec l'aide du Seigneur, je réussirais à magnifier mon appel. Quand j'ai découvert le mormonisme, je l'ai fait en pleine connaissance de cause. Je connaissais le prix à payer. Je l'ai considéré comme l'oeuvre d'une vie et je me suis dit que cela allait m'engager non pour le temps, mais aussi pour l'éternité et je n'ai pas eu le désir de me dérober, malgré la conscience que j'avais de mon incompétence » (The Life of John Taylor, p. 48).
Cette « oeuvre de toute une vie » qu'il avait imaginée était devenue réalité. Au cours de ses décennies de service, il avait placé sa confiance dans le Seigneur, sachant que, s'il servait fidèlement, le Seigneur le soutiendrait et lui permettrait d'accomplir sa volonté. Un événement qui montre la façon dont le Seigneur soutient ceux qui le servent se produisit alors que John Taylor prêchait l'Évangile dans l'île de Man, près de l'Angleterre. Il avait passé commande de tracts qu'il avait écrits pour répondre aux fausses accusations à l'encontre de l'Église et de Joseph Smith, le prophète. L'imprimeur refusa cependant de lui remettre les tracts avant d'être payé complètement. Pressé de distribuer les tracts, John Taylor pria le Seigneur de lui apporter de l'aide, ce qui se produisit rapidement.
« Quelques minutes après qu'il eut terminé sa prière, un jeune homme se présenta à la porte et, après avoir été invité à entrer, il remit une enveloppe à frère Taylor et s'en alla. Frère Taylor ne connaissait pas ce jeune homme. L'enveloppe contenait de l'argent et un petit message disant : ' L'ouvrier mérite son salaire ' ; il n'y avait aucune signature. Quelques minutes plus tard, une pauvre vendeuse de poissons se présenta et lui offrit un peu d'argent pour l'aider dans son ministère. Il lui répondit qu'il y avait suffisamment d'argent dans le monde et qu'il ne voulait pas prendre son argent. Elle insista en disant que le Seigneur la bénirait davantage et qu'elle serait heureuse s'il l'acceptait ; il accepta donc son offrande et, à sa surprise, la petite somme de la pauvre femme, ajoutée au don du jeune homme correspondait exactement à la somme dont il avait besoin pour payer l'imprimeur » (Andrew Jenson, Latter-day Saint Biographical Encyclopedia, 4 volumes, 1901-1936, 1 : 16).
Temple
À cause de la persécution croissante qui existait à Nauvoo, Joseph Smith, le prophète, craignait de ne pas vivre suffisamment longtemps pour voir le temple de Nauvoo terminé. Comme il voulait s'assurer qu'il aurait le temps de conférer les clés et la connaissance nécessaires à d'autres personnes, il prépara une pièce au-dessus d'un magasin, à Nauvoo, où il pourrait accomplir les ordonnances du temple pour quelques élus (The Gospel Kingdom, pp. 286-287). Parmi ces personnes se trouvait John Taylor, qui s'était particulièrement intéressé aux ordonnances du temple depuis le jour où ces principes avaient été révélés à l'Église. À partir de ce jour-là, et après avoir eu d'autres expériences, le président Taylor acquit une compréhension et une appréciation particulières du temple et des ordonnances qui s'y déroulent.
Lors de la consécration du terrain du temple de Logan (Utah), le président Taylor fit part à l'assemblée de ce qu'il avait ressenti lorsqu'il avait visité le temple de St. George (Utah), premier temple construit dans le territoire d'Utah.
« Lorsque j'ai visité ce saint temple, accompagné des frères qui étaient avec moi, nous avons éprouvé une joie sacrée et un sentiment de solennité et de respect. En passant la porte sacrée, nous avons eu l'impression de nous tenir en un lieu saint et nous avons pensé, comme quelqu'un il y a longtemps, ' C'est ici la maison de Dieu, c'est ici la porte des cieux ' (Genèse 28:17). Ce n'est pas une simple métaphore, mais une réalité, car c'est dans cette maison et c'est dans la maison qui sera construite à cet emplacement, que les ordonnances de Dieu les plus sacrées seront accomplies et celles-ci concernent l'intérêt et le bonheur de la famille humaine, les vivants comme les morts. Je me réjouis que nous ayons pu construire un temple au nom de notre Père et de notre Dieu » (Deseret News, 19 juin 1877, p. 1).
En plus de comprendre l'importance du temple, le président Taylor savait que le nombre de temples et d'usagers du temple continueraient de grandir au fur et à mesure que le plan de Dieu s'accomplirait. Pendant qu'il montrait l'emplacement du temple de Salt Lake City qui était en construction à un visiteur venu d'un autre pays, il prophétisa que le nombre de temples dans le monde grandirait : « Nous comptons en construire des centaines d'autres et y travailler pour accomplir l'oeuvre de Dieu » (The Gospel Kingdom, p. 294).
Vérité
L'une des qualités les plus admirables de John Taylor était son attachement à la vérité, quelles que soient les opinions d'autrui. B. H. Roberts écrit : « Les louanges ou les critiques du monde avaient peu d'influence sur l'esprit de John Taylor concernant la vérité. Plus les hommes la méprisaient, plus son attachement semblait profond » (The Life of John Taylor, p. 4). Les événements qui entourèrent la conversion de John Taylor à l'Évangile rétabli donnent l'un des exemples les plus précoces de son amour de la vérité.
John Taylor connut l'Évangile au Canada grâce à Parley P. Pratt. Les enseignements de Parley P. Pratt réjouirent John Taylor et ses coreligionnaires qui avaient des croyances similaires concernant les sacrements comme le baptême par immersion et le don du Saint-Esprit par imposition des mains. Toutefois, lorsque Parley P. Pratt leur parla de Joseph Smith et du Livre de Mormon, de nombreux amis de John Taylor hésitèrent à en apprendre davantage et certains refusèrent même d'examiner le Livre de Mormon et ses enseignements. Avec hardiesse, John Taylor s'adressa au groupe en ces termes :
« Nous sommes ouvertement à la recherche de la vérité. Jusqu'à présent, nous avons examiné d'autres croyances et doctrines et en avons démontré la fausseté. Pourquoi craindrions-nous d'examiner le mormonisme ? Monsieur Pratt nous a apporté de nombreux enseignements qui correspondent à nos propres points de vue... Nous avons prié Dieu de nous envoyer un messager, s'il a effectivement une Église sur la terre... Monsieur Pratt est venu à nous... sans bourse, ni sac, comme voyageaient les anciens apôtres, et aucun de nous n'a pu réfuter sa doctrine par les Écritures ou par la logique. Je désire étudier sa doctrine et ses affirmations d'autorité... Si je découvre que sa religion est vraie, je l'accepterai, quelles qu'en soient les conséquences ». Les recherches soigneuses de John Taylor l'amenèrent au baptême le 9 mai 1836. Il déclara plus tard : « Depuis lors, je n'ai jamais mis en doute aucun principe du mormonisme » (The Life of John Taylor, pp. 37-38).
En tant que membre et dirigeant de l'Église, on pouvait toujours compter sur John Taylor pour enseigner et défendre la vérité. « Il proclama la vérité dans de nombreux pays et, en champion de la vérité, il était prêt à rencontrer tous ceux qui la combattaient et, que ce soit en débat public devant une multitude imbue de préjugés contre lui ou dans les colonnes de la presse, il obtenait toujours la victoire par ses déclarations puissantes concernant la vérité » (The Life of John Taylor, p. 20).
Source : Enseignements des présidents de l'Église : John Taylor (Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, 2002)

Wilford Woodruff (1807-1898)
Membre du collège des Douze de 1839 à 1889
Président de l'Église de 1889 à 1898
Résumé historique
La chronologie suivante est un résumé qui permet de situer le contexte historique du ministère de Wilford Woodruff :
1er mars 1807 : Wilford Woodruff, fils de Beulah Thompson et de Aphek Woodruff, naît à Farmington (comté de Hartford, Connecticut).
11 juin 1808 : Sa mère décède à l’âge de 26 ans.
9 novembre 1810 : Son père épouse Azubah Hart.
1821 : Wilford Woodruff débute dans la vie professionnelle comme meunier.
1832 : S’installe, avec son frère Azmon et l’épouse de celui-ci à Richland (comté d’Oswego, New York), où ils achètent une ferme.
29 décembre 1833 : Entend pour la première fois l’Évangile rétabli lors d’une réunion organisée par deux missionnaires de l’Église, Zera Pulsipher et Elijah Cheney.
31 décembre 1833 : Est baptisé et confirmé par Zera Pulsipher.
2 janvier 1834 : Est ordonné instructeur par Zera Pulsipher.
Avril 1834 : Se rend à Kirtland (Ohio) où il rencontre Joseph Smith, le prophète.
Mai à juin 1834 : Accompagne le camp de Sion au Missouri. Séjourne au comté de Clay (Missouri) pour aider les saints de l’endroit.
5 novembre 1834 : Est ordonné prêtre par Simeon Carter dans le comté de Clay (Missouri).
13 janvier 1835 : Quitte le Missouri pour sa première mission à plein temps, pour prêcher l’Évangile en Arkansas et au Tennessee.
28 juin 1835 : Est ordonné ancien par Warren Parrish près de Memphis (Tennessee).
19 avril 1836 : Est appelé au deuxième collège des soixante-dix.
31 mai 1836 : Est ordonné soixante-dix par David Patten.
3 janvier 1837 : Est appelé au premier collège des soixante-dix.
31 mai 1837 : Quitte Kirtland (Ohio) pour faire une mission dans les îles Fox, au large de la côte de l’État du Maine.
8 juillet 1838 : Est appelé au collège des douze apôtres par une révélation donnée à Joseph Smith, le prophète (voir D&A 118).
26 avril 1839 : Est ordonné apôtre par Brigham Young sur le site du temple de Far West (Missouri).
8 août 1839 : Part en mission en Angleterre.
1840 à 1841 : Missionnaire en Grande Bretagne. Amène environ 2000 personnes au baptême et à la confirmation. Obtient le copyright pour le Livre de Mormon à Londres.
6 octobre 1841 : Revient dans sa famille et auprès des autres saints à Nauvoo.
21 novembre 1841 : Assiste aux premiers baptêmes pour les morts accomplis dans le baptistère du temple de Nauvoo.
Juillet à novembre 1843 : Fait une mission dans l’est des États-Unis pour trouver des fonds pour permettre de terminer la construction du temple de Nauvoo.
Mai à août 1844 : Fait une nouvelle mission dans l’est des États-Unis.
9 juillet 1844 : Apprend le martyre de Joseph et de Hyrum Smith, qui s’est produit le 27 juin.
6 août 1844 : Rentre à Nauvoo avec d’autres membres du collège des Douze.
8 août 1844 : Assiste à une conférence dans laquelle les saints des derniers jours soutiennent Brigham Young et le collège des douze apôtres comme dirigeants de l’Église.
12 août 1844 : Accepte l’appel de président de la mission européenne.
Avril à mai 1846 : Rentre à Nauvoo ; rejoint plus tard les saints dans leur exode vers l’Ouest.
7 avril 1847 : Quitte Winter Quarters avec le premier convoi en route pour la vallée du lac Salé.
24 juillet 1847 : Arrive dans la vallée du Grand Lac Salé.
1847 à 1850 : S’acquitte de plusieurs tâches pour aider les saints à partir de Winter Quarters et de l’est des États-Unis pour s’installer à Salt Lake City.
1856 à 1883 : Est historien adjoint de l’Église.
1er janvier 1877 au 26 juin 1884 : Est le premier président du temple de St-George (Utah).
29 août 1877 : Apprend de la mort de Brigham Young et quitte St-George pour Salt Lake City.
10 octobre 1880 : Est soutenu comme président du collège des douze apôtres à la conférence générale au cours de laquelle John Taylor est soutenu comme président de l’Église.
1882 : Le Congrès des États-Unis vote la Loi Edmunds, qui fait du mariage plural un crime et interdit aux polygames de voter, de détenir une fonction publique ou de faire partie d’un jury.
1883 à 1889 : Est historien de l’Église.
19 février 1887 : Le Congrès des États-Unis adopte la Loi Edmunds-Tucker, autre loi contre la polygamie, qui permet au gouvernement fédéral de confisquer une grande partie des biens immeubles de l’Église. Le décret d’application est pris le 3 mars 1887.
25 juillet 1887 : Devient le doyen des apôtres et officier président de l’Église à la mort de John Taylor.
17 mai 1888 : Consacre le temple de Manti (Utah).
7 avril 1889 : Est soutenu comme président de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.
24 septembre 1890 : Sur révélation du Seigneur, publie une proclamation selon laquelle les saints des derniers jours doivent cesser de contracter le mariage plural.
6 octobre 1890 : Les membres de l’Église présents à la conférence générale soutiennent unanimement la révélation reçue par le président Woodruff concernant le mariage plural.
6 avril 1893 : Consacre le temple de Salt Lake City.
13 novembre 1894 : Supervise la création de la Société généalogique d’Utah.
1er mars 1897 : Assiste à la célébration de son 90e anniversaire.
2 septembre 1898 : Décède à San Francisco (Californie) après une brève maladie.
Vie et ministère de Wilford Woodruff
Les mentions entre crochets sont des notes de la rédaction.
« Dieu possède mille moyens d’exécuter ses plans. Au-dessus des mers il se tient et dompte l’ouragan » (Hymnes, n° 72 ; texte de William Cowper). Ainsi commence le cantique préféré du président Woodruff, « Dieu possède mille moyens ».
« Il aimait ce cantique », a dit Heber J. Grant, qui était apôtre quand Wilford Woodruff était président de l’Église. « Nous l’avons chanté, j’en suis sûr, parfois deux fois par mois lors de nos réunions hebdomadaires dans le temple, et il était très rare qu’un mois se passe sans que frère Woodruff demande que l’on chante ce cantique. Il croyait de tout son coeur et de toute son âme en cette oeuvre et a oeuvré pour son avancement avec tout le pouvoir que Dieu lui avait donné » (Conference Report, avril 1937, p. 11).
Matthias F. Cowley, qui a également oeuvré avec le président Woodruff, a observé : « Il n’y a peut-être aucun homme dans l’Église qui ait jamais ressenti plus profondément que Wilford Woodruff la véracité des paroles : ‘ Dieu possède mille moyens d’exécuter ses plans ’. Il était si intensément spirituel, si totalement dévoué au service de Dieu, que, pendant toute sa vie, les manifestations miraculeuses des desseins de Dieu ont été abondamment données. Il n’avait jamais fondé sa foi sur les miracles, ils n’ont que confirmé ce qu’il croyait de tout son coeur et soutenu ses idées sur les enseignements des Écritures saintes » (Wilford Woodruff : History of His Life and Labors As Recorded in His Daily Journals, 1964, p. 37).
Comme le président Grant et Matthias F. Cowley l’ont fait remarquer, le cantique préféré du président Woodruff était un thème qui convenait bien à sa vie. Il décrit aussi les progrès dont il a été témoin dans l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Le cantique continue :
Ô Saints, fortifiez vos coeurs !
Les nuages tant craints
Répandront sur vous des faveurs,
Chasseront vos chagrins.
Il thésaurise à l’infini
D’infaillibles talents,
Et c’est ainsi qu’il accomplit
Ses desseins tout-puissants.
Ne jugez pas le Tout-Puissant !
Le Père est juste et bon.
Il donne après le châtiment,
La bénédiction.
(Hymnes, n° 72).
Wilford Woodruff participa de manière décisive à beaucoup d’événements clefs des débuts de l’histoire de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours et connut des nuées d’adversité qui finirent par apporter des bénédictions pour les fidèles. Il goûta l’amertume de la persécution et de la douleur, mais à travers tout cela, il connut également la douceur d’être conduit par la main de Dieu. Et en voyant le rétablissement de l’Évangile se dérouler, il acquit une compréhension claire de l’oeuvre de Dieu.
L’enfance et la jeunesse de Wilford Woodruff : des fondements solides posés au foyer
Wilford Woodruff naquit le 1er mars 1807, à Farmington (Connecticut). Ses parents étaient Aphek Woodruff et Beulah Thompson. Quand il eut 15 mois, sa mère mourut d’une fièvre éruptive. Trois ans plus tard environ, Aphek se remaria. Wilford et ses deux frères aînés furent élevés par leur père et par leur belle-mère, Azubah Hart. Aphek et Azubah eurent six autres enfants, dont quatre moururent dans leur prime enfance ou leur enfance.
Les écrits de Wilford Woodruff montrent qu’il a grandi tout comme les autres garçons de son temps : Il allait à l’école et travaillait à la ferme familiale. Il travaillaégalement à la scierie de son père alors qu’il était très jeune, acquérant ainsi une expérience qui allait l’aider une fois adulte quand il exploita lui-même un moulin. L’un de ses passe-temps préférés était la pêche, et ses frères et lui pêchaient souvent la truite dans le cours d’eau qui passait devant le moulin de leur père.
Il aimait sa famille et avait un respect profond pour ses parents. Avec admiration et gratitude, il décrit son père comme un homme robuste qui abattait toujours « une grande quantité de travail » et qui était « un homme d’une grande charité, d’une grande honnêteté, d’une grande intégrité et d’une grande sincérité » (« History of Wilford Woodruff From His Own Pen », Millennial Star, 18 mars 1865, pp. 167-168). Il raconte aussi comment les enseignements de l’Évangile donnés par sa belle-mère contribuèrent à l’amener à chercher la vraie Église du Seigneur (voir le journal de Wilford Woodruff, préface de 1838, Archives de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours).
Même quand il devint plus âgé, beaucoup de ses plus grandes joies dans la vie étaient liées à ses parents et à ses frères et soeurs. Il devint membre de l’Église le même jour que son frère Azmon. Il se réjouit quand il put instruire et baptiser son père, sa belle-mère et ceux de leur maison. Plus tard dans sa vie, il veilla à ce que l’oeuvre de temple soit faite pour sa mère, une bénédiction dont il dit qu’elle suffisait à le payer de tous les labeurs de sa vie (voir Deseret Weekly, 24 février 1894, p. 288).
« La protection et la miséricorde de Dieu »
En repensant à son enfance et à sa jeunesse, Wilford Woodruff a reconnu la main du Seigneur qui lui a sauvé la vie bien des fois. Dans un article intitulé « Un chapitre d’accidents », il décrit certains des accidents qu’il a subis, tout en s’émerveillant de ce qu’il était encore là pour en parler. Il raconte, par exemple, quelque chose qui lui arriva à la ferme familiale : « À l’âge de six ans, j’ai failli être tué par un taureau hargneux. Mon père et moi, nous donnions des citrouilles au bétail et un taureau hargneux a chassé ma vache de celle qu’elle mangeait. J’ai pris la citrouille qu’il avait laissée, sur quoi il a foncé sur moi. Mon père m’a dit de lâcher la citrouille et de courir. J’ai dévalé une colline dont la pente était forte, en emportant la citrouille, bien décidé à donner à la vache ce à quoi elle avait droit. Le taureau m’a poursuivi. Il était sur le point de me rattraper quand j’ai marché dans un trou de poteau et je suis tombé ; le taureau a sauté au-dessus de moi, après la citrouille et l’a déchiquetée avec ses cornes et m’aurait réservé le même sort, si je n’étais pas tombé » (« History of Wilford Woodruff From His Own Pen : Chapter of Accidents », Millennial Star, 10 juin 1865, pp. 359-360 ; tiré d’un document que Wilford Woodruff écrivit en 1858).
Il raconte aussi un accident qu’il eut à l’âge de 17 ans : « Je montais un cheval ayant très mauvais caractère que je ne connaissais pas et pendant que nous descendions une colline rocailleuse très raide, le cheval, profitant du terrain, a soudainement sauté hors du chemin et a dévalé à toute vitesse la pente, au milieu des rochers, et s’est mis à ruer et à essayer de me projeter par-dessus de sa tête sur les rochers ; mais j’ai atterri sur sa tête, je lui ai saisi les oreilles et m’y suis accroché de toutes mes forces, m’attendant à être précipité d’un instant à l’autre sur les rochers. Tandis que j’étais dans cette position, à califourchon sur son cou, sans autres rênes pour le guider que ses oreilles, il a plongé à toute vitesse sur la pente, jusqu’à ce qu’il se cogne contre un rocher et soit jeté à terre. Je suis passé par-dessus sa tête et les rochers sur environ cinq mètres et j’ai atterri sur mes pieds, ce qui m’a sauvé la vie ; car si j’avais atterri sur n’importe quelle autre partie de mon corps, j’aurais été tué sur le coup ; déjà ainsi, mes os se sont écrasés en dessous de moi comme s’ils étaient des fétus de paille. Cela m’a brisé la jambe gauche en deux endroits et a vilainement déboîté mes deux chevilles et le cheval a failli rouler sur moi en essayant de se relever. Mon oncle, Titus Woodruff, m’a vu tomber, est allé chercher de l’aide et m’a transporté chez lui. Je suis resté couché de 14 heures jusqu’à 20 heures, sans aide médicale ; puis mon père est arrivé avec le docteur Swift, de Farmington, qui a réduit mes fractures, m’a plâtré et m’a transporté dans son chariot sur treize kilomètres ce soir-là jusque chez mon père. Je souffrais énormément. J’ai cependant été bien soigné et, au bout de huit semaines, j’étais dehors sur mes béquilles » (« History of Wilford Woodruff From His Own Pen : Chapter of Accidents », Millennial Star, 17 juin 1865, pp. 374-375).
La vie de Wilford Woodruff a continué à être protégée en dépit d’accidents fréquents même à l’âge adulte. À 41 ans, il résuma les mésaventures qu’il avait collectionnées, en disant sa reconnaissance pour la protection du Seigneur : « Je me suis cassé les deux jambes, l’une d’elles en deux endroits, les deux bras, les deux chevilles, le sternum et trois côtes et j’ai eu les deux chevilles disloquées. J’ai été noyé, gelé et ébouillanté et mordu par un chien furieux ; je me suis trouvé dans deux roues à aubes au plus profond de l’eau ; j’ai connu plusieurs attaques de la maladie et rencontré le poison sous ses pires formes ; j’ai atterri sur un tas de ruines de chemin de fer ; les balles m’ont sifflé aux oreilles et je suis passé par une vingtaine d’autres situations dont je n’ai réchappé que d’un cheveu. Je trouve miraculeux, qu’avec toutes les blessures et les os cassés que j’ai eus, je n’aie pas un seul membre invalide, mais que j’aie pu supporter les travaux les plus durs, les intempéries et les voyages – j’ai souvent fait à pied soixante, quatre-vingt et, une fois, cent kilomètres en une journée. La protection et la miséricorde de Dieu ont été sur moi, et ma vie jusqu’ici a été préservée ; bénédictions pour lesquelles je tiens à exprimer ma profonde gratitude à mon Père céleste, en priant de pouvoir consacrer le reste de mes jours à son service et à l’édification de son royaume » (« History of Wilford Woodruff From His Own Pen : Chapter of Accidents », Millennial Star, 24 juin 1865, p. 392).
Recherche et découverte de la vraie Église du Seigneur
Wilford Woodruff était dans sa jeunesse quand il désira pour la première fois servir le Seigneur et s’instruire sur lui. Il dit : « Très jeune, je me suis intéressé aux sujets religieux » (« History of Wilford Woodruff From His Own Pen : Chapter of Accidents », Millennial Star, 25 mars 1865, p. 182). Il décida cependant de ne pas se joindre à n’importe quelle Église. Il était au contraire décidé à trouver l’Église véritable de Jésus-Christ. Inspiré par les enseignements de ses parents et d’amis et par les chuchotements de l’Esprit, il acquit la conviction « que l’Église du Christ était dans le désert – qu’il y avait eu une apostasie par rapport à la religion pure et sans tache devant Dieu et qu’un grand changement était proche » (Journal de Wilford Woodruff, préface de 1838). Il était particulièrement motivé par les enseignements d’un homme du nom de Robert Mason, qui avait prédit que Wilford goûterait un jour le fruit de l’Évangile rétabli.
Des années plus tard, pour que d’autres saints des derniers jours pourraient tirer bénéfice de ses expériences personnelles (voir Deseret Weekly, 5 septembre 1891, p. 323), Wilford Woodruff a souvent raconté l’histoire de sa recherche de la vérité. Il raconte : « Je ne pouvais trouver aucune confession dont la doctrine, la foi ou les pratiques étaient conformes à l’Évangile de Jésus-Christ ou aux ordonnances et aux dons que les apôtres ont enseignés. Bien que les ecclésiastiques de l’époque aient enseigné que la foi, les dons, les grâces, les miracles et les ordonnances, dont les saints d’autrefois jouissaient, étaient supprimés et que l’on n’en avait plus besoin, je pensais que ce n’était le cas que parce qu’ils avaient été perdus par l’incrédulité des enfants des hommes. Je croyais que les mêmes dons, grâces, miracles et pouvoirs devaient exister à toute époque du monde quand Dieu avait une Église sur la terre, que l’Église de Dieu serait rétablie sur la terre et que je le verrais de mon vivant. Ces principes avaient été ancrés dans mon esprit par la lecture de l’Ancien et du Nouveau Testament, par la prière fervente pour que le Seigneur me montre ce qui était bien et mal et me conduise sur le chemin du salut, sans tenir compte des opinions des hommes ; et les chuchotements de l’Esprit du Seigneur pendant trois ans m’ont appris qu’il était sur le point d’établir son Église et son royaume sur la terre dans les derniers jours » (Millennial Star, 25 mars 1865, p. 182).
« Mon âme en était obsédée. Jeune homme, je priais jour et nuit pour voir un prophète de mon vivant. J’aurais fait mille kilomètres à pied pour voir un prophète ou un homme qui pourrait m’enseigner les choses dont il était question dans la Bible. Je ne pouvais me joindre à aucune Église, parce que je ne pouvais en trouver aucune à ce moment-là qui enseignât ces principes. J’ai passé bien des heures au milieu de la nuit au bord de la rivière, dans les montagnes et dans mon moulin… à demander à Dieu de pouvoir voir de mon vivant un prophète ou un homme qui m’enseignerait les choses du royaume de Dieu telles que je les lisais » (Millennial Star, 21 novembre 1895, p. 741).
La quête de Wilford Woodruff prit fin quand il eut 26 ans. Le 29 décembre 1833, il entendit un sermon de Zera Pulsipher, missionnaire de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Il rapporte dans son journal sa réaction au sermon de Zera Pulsipher : « Il a débuté la réunion par quelques observations préliminaires, puis il a prié. J’ai senti l’Esprit de Dieu témoigner qu’il était le serviteur de Dieu. Il a alors commencé à prêcher et cela aussi avec autorité et, quand il a eu fini son discours, j’ai vraiment senti que c’était le premier sermon d’Évangile que j’aie jamais entendu. J’ai pensé que c’était ce que je recherchais depuis longtemps. J’ai estimé que je ne pouvais quitter le bâtiment sans témoigner de la vérité devant les gens. J’ai ouvert les yeux pour voir, les oreilles pour entendre, le coeur pour comprendre et ma porte pour recevoir celui qui nous avait instruits » (Journal de Wilford Woodruff, introduction).
Wilford Woodruff invita Zera Pulsipher et son collègue, Elijah Cheney, à loger chez lui. Deux jours plus tard, après avoir passé du temps à lire le Livre de Mormon et à avoir des réunions avec les missionnaires, Wilford Woodruff fut baptisé et confirmé membre de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. À partir de ce jour-là, sa vie changea. Ayant trouvé la vérité, il se consacra à l’apporter aux autres.
Le désir d’aller prêcher l’Évangile
Décidé à respecter les alliances qu’il avait faites au baptême, Wilford Woodruff était un instrument bien disposé dans les mains du Seigneur, toujours prêt à faire sa volonté. Vers la fin de 1834, il eut « le désir d’aller prêcher l’Évangile » (« Leaves from My Journal », Millennial Star, 30 mai 1881, p. 342) et il reçut l’appel à faire une mission dans le sud-est des États-Unis. Il savait que des épreuves l’attendaient et que sa vie pourrait être en danger pendant qu’il voyageait, mais il puisa de la force dans son témoignage et dans sa foi. Il devait dire plus tard : « Je savais que l’Évangile que le Seigneur avait révélé à Joseph Smith était vrai et d’une telle valeur que je voulais le communiquer aux gens qui ne l’avaient pas entendu. Il était si bon et si clair qu’il me semblait que je pouvais inciter les gens à le croire » (Millennial Star, 30 mai 1881, p. 342).
Quand il entreprit sa première mission, Wilford Woodruff venait d’être ordonné prêtre dans la Prêtrise d’Aaron. Son collègue, qui avait été ordonné ancien, resta avec lui pendant les premières épreuves de la mission mais ne tarda pas à se décourager et rentra chez lui à Kirtland. Resté seul en territoire inconnu, Wilford pria pour être aidé et poursuivit sa route à travers les marais et les marécages. Il finit par arriver à Memphis (Tennessee) « las et affamé » (« Leaves from My Journal », Millennial Star, 20 juin 1881, p. 391). Lors de la première expérience de prédication qu’il eut là-bas, il s’adressa à un nombreux auditoire. Il raconte : « Je suis allé à la meilleure auberge de l’endroit, tenue par M. Josiah Jackson. Je lui ai dit que j’étais étranger et que je n’avais pas d’argent. Je lui ai demandé s’il pouvait m’héberger pour la nuit. Il m’a demandé ce que je faisais. Je lui ai dit que je prêchais l’Évangile. Il a ri et a dit que je ne ressemblais pas beaucoup à un prédicateur. Je ne pouvais pas lui en vouloir, car tous les prédicateurs qu’il avait jamais connus montaient de bons chevaux ou roulaient dans de belles carrioles, étaient bien habillés et bien payés, et n’auraient pas pataugé dans deux cent soixante-dix kilomètres de boue pour sauver les gens.
« Le propriétaire voulant s’amuser un peu, a dit qu’il me garderait si je prêchais. Il voulait voir si je savais prêcher. Je dois admettre qu’entre-temps j’étais devenu d’humeur un peu malicieuse et je l’ai supplié de ne pas me forcer à prêcher. Plus je le suppliais de me laisser tranquille, plus M. Jackson était décidé à me faire prêcher…
« Je me suis assis dans une grande salle pour dîner. Je n’avais pas encore fini que la salle commençait à se remplir de gens riches et chic de Memphis, bien habillés de drap fin et de soie, alors que ma tenue était ce que vous pouvez imaginer, après le voyage que j’avais fait dans la boue. Quand j’ai eu fini de manger, on a transporté la table hors de la salle au-dessus de la tête des gens. On m’a mis dans un coin de la salle où il y avait un pupitre avec une Bible, un livre de cantiques surmonté d’une bougie, cerné par une douzaine d’hommes, avec le propriétaire au milieu. Quelque cinq cents personnes étaient présentes, qui s’étaient réunies, non pour entendre un sermon sur l’Évangile mais pour s’amuser… Qu’est-ce que vous diriez d’être dans une telle situation ? Pendant votre première mission, sans collègue ni ami, et d’être invité à prêcher à une telle assemblée ? Pour moi cela a été l’une des heures les plus agréables de ma vie, bien que j’eusse été heureux d’avoir de la compagnie.
« J’ai lu un cantique et je leur ai demandé de chanter. Il ne s’en est pas trouvé un seul qui veuille chanter. Je leur ai dit que je n’avais pas le don du chant mais qu’avec l’aide du Seigneur, j’allais prier et prêcher. Je me suis mis à genoux pour prier et les hommes autour de moi se sont mis à genoux. J’ai prié le Seigneur de me donner son Esprit et de me montrer le coeur des gens. Je lui ai promis dans ma prière de dire à cette assemblée ce qu’il me donnerait. Je me suis levé et j’ai parlé pendant une heure et demie et ç’a été l’un des meilleurs sermons de ma vie.
« La vie des gens assemblés a été ouverte à la vision de mon esprit et je leur ai parlé de leurs mauvaises actions et des conséquences qu’elles entraîneraient. Les hommes qui m’entouraient ont baissé la tête. Trois minutes après la fin de mon discours, j’étais la seule personne dans la pièce.
« On m’a rapidement conduit à un lit dans une chambre contiguë à une grande pièce dans laquelle étaient réunis plusieurs des hommes à qui j’avais prêché. Je pouvais entendre leur conversation. Un homme disait qu’il voudrait savoir comment ce jeune mormon était au courant de leur passé. Au bout d’un moment, ils se sont mis à se disputer sur un point de doctrine. Quelqu’un a proposé que l’on m’appelle pour trancher la question. Le propriétaire a dit : « Non, ça suffit pour cette fois-ci. »
« Le lendemain matin, j’ai pris un bon petit déjeuner. Le propriétaire m’a dit de revenir chez lui s’il m’arrivait de repasser par là et que je pourrais rester aussi longtemps que je voulais » (Millennial Star, 20 juin 1881, p. 391).
En novembre 1836, Wilford Woodruff finit sa mission dans le sud-est des États-Unis. Il écrit dans son journal qu’en 1835 et 1836 il avait parcouru près de 16000 kilomètres, tenu 323 réunions, organisé quatre branches de l’Église, baptisé 70 personnes et confirmé 62, accompli onze ordinations dans la prêtrise et guéri quatre personnes par l’imposition des mains et qu’il avait été délivré des mains de six attroupements hostiles (voir le journal de Wilford Woodruff, sommaires de 1835 et de 1836). Il fut ordonné ancien en juin 1835 et soixante-dix en mai 1836.
Quand il revint à Kirtland, Wilford Woodruff constata que beaucoup de membres de l’Église étaient tombés dans l’apostasie et disaient du mal de Joseph Smith, le prophète. « Pendant la période de l’apostasie à Kirtland, dit-il plus tard, Joseph Smith ne savait pas, quand il rencontrait un homme, s’il était ami ou ennemi, à moins que l’Esprit de Dieu ne le lui révèle. La plupart des dirigeants le combattaient » (Deseret Weekly, 7 novembre 1896, p. 643).
Même « au milieu de ces ténèbres » (Deseret Weekly, 7 novembre 1896, p. 643), Wilford Woodruff resta fidèle au prophète et à sa décision personnelle de prêcher l’Évangile. Il fut appelé au premier collège des soixante-dix et, en cette qualité, continua à témoigner de la vérité en se rendant aux conférences dans la région. Après avoir passé moins d’un an à Kirtland, il suivit une inspiration de faire une mission à plein temps aux îles Fox, juste au large de la côte de l’État du Maine. Il raconta plus tard :
« L’Esprit de Dieu m’a dit : « Choisis un collègue et va directement aux îles Fox ». Je ne savais pas plus ce qu’il y avait aux îles Fox que ce qu’il y avait sur Kolob. Mais le Seigneur m’avait dit d’y aller et j’y suis allé. J’ai choisi Jonathan H. Hale et il m’a accompagné. Nous y avons chassé quelques démons, nous avons prêché l’Évangile et avons fait quelques miracles…. Je suis allé aux îles Fox et j’y ai fait du bon travail » (Deseret Weekly, 7 novembre 1896, p. 643). Quand Wilford Woodruff arriva aux îles Fox, il y trouva « des gens qui souhaitaient l’ordre antique des choses ». Il raconta plus tard : « Sans m’étendre là-dessus, je dirai que j’ai baptisé plus de cent personnes pendant que j’étais là-bas » (Conference Report, octobre 1897, p. 46).
Missionnaire permanent comme apôtre du Seigneur Jésus-Christ
Tandis qu’il faisait sa mission aux îles Fox en 1838, Wilford Woodruff reçut un appel qui prolongea son service missionnaire pour le reste de sa vie. « Le 9 août, j’ai reçu une lettre de Thomas B. Marsh, qui était alors président des douze apôtres, m’informant que Joseph Smith, le prophète, avait reçu une révélation qui, pour remplacer ceux qui avaient apostasié, nommait les personnes suivantes : John E. Page, John Taylor, Wilford Woodruff et Willard Richards.
« Le président Marsh ajoutait, dans sa lettre : ‘ Sachez donc, frère Woodruff, par la présente, que vous êtes désigné pour remplir le poste d’un des douze apôtres, et qu’il est conforme à la parole du Seigneur, donnée tout dernièrement, que vous veniez rapidement à Far West, et que, le 26 avril prochain, vous preniez congé des saints d’ici et partiez pour d’autres cieux de l’autre côté de l’océan ‘ ».
Le président Woodruff devait faire plus tard cette réflexion : « La teneur de cette lettre m’avait été révélée plusieurs semaines plus tôt, mais je n’en avais parlé à personne » (« Leaves from My Journal », Millennial Star, 26 septembre 1881, p. 621).
L’ordre de partir pour « d’autres cieux de l’autre côté de l’océan » avait trait au commandement du Seigneur que les Douze aillent en mission en Grande-Bretagne. Peu après avoir été ordonné apôtre le 26 avril 1839, Wilford Woodruff partit pour la Grande-Bretagne en tant que l’un des « témoins spéciaux du nom du Christ dans le monde entier » (D&A 107:23).
Wilford Woodruff allait faire plus tard d’autres missions aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Il est connu comme l’un des plus grands missionnaires de l’histoire de l’Église.
Aider les saints à se rassembler
Aujourd’hui, il est demandé aux saints des derniers jours d’édifier le royaume de Dieu là où ils vivent, fortifiant ainsi l’Église dans le monde entier. Au début de l’Église, les missionnaires invitaient les nouveaux convertis à émigrer vers le siège de l’Église, que ce fût à Kirtland, au comté de Jackson (Missouri), à Nauvoo ou à Salt Lake City.
Environ deux ans après le martyre de Joseph et de Hyrum Smith, les saints furent forcés de quitter leurs foyers de Nauvoo, pour s’installer provisoirement à Winter Quarters, au Nebraska. Wilford Woodruff, qui était en mission en Angleterre, rejoignit le gros de l’Église. Partant de Winter Quarters, il aida à conduire les saints lors de leur émigration la mieux connue : la traversée des plaines et des montagnes des États-Unis vers leur terre promise dans la vallée du lac Salé. Membre du premier convoi de pionniers, il transporta Brigham Young, qui était malade, pendant la dernière partie du voyage. Il était là lorsque le président Young se leva de son lit dans son chariot, examina la vallée qui s’étendait devant eux et proclama : « Enfin, nous y sommes. Allons-y » (Deseret News, 27 juillet 1880, p. 2).
Wilford Woodruff continua à aider les saints à se rassembler dans leur terre promise. Lors de l’une de ses missions, sa famille et lui passèrent deux ans et demi au Canada et dans le nord-est des États-Unis à aider les membres de l’Église à se rendre dans la vallée du lac Salé. Il était avec le dernier groupe de ces saints quand il eut l’expérience suivante, qui montre à quel point il était sensible aux chuchotements de l’Esprit :
« J’ai vu un vapeur qui se préparait à partir. Je suis allé trouver le capitaine et lui ai demandé combien de passagers il avait. ‘ Trois cent cinquante ’. ‘ Pourriez-vous en prendre encore cent ? ’ ‘ Oui ’. J’étais sur le point de lui dire que nous voulions monter à bord quand l’Esprit m’a dit : ‘ Ne monte pas à bord de ce vapeur, ni toi ni ton convoi ’. D’accord, ai-je dit. J’avais appris à écouter le murmure doux et léger. Je ne suis pas monté à bord de ce vapeur, mais j’ai attendu jusqu’au lendemain matin. Trente minutes après son départ, le vapeur a pris feu. Il était équipé de cordes au lieu de chaînes de guidage et il n’a pas pu rejoindre la rive. C’était une nuit noire et pas une âme n’a été sauvée. Si je n’avais pas obéi à l’influence de ce guide au-dedans de moi, j’aurais été à l’intérieur moi-même avec le reste du convoi » (Conference Report, avril 1898, p. 30).
Service dans la vallée du lac Salé
Une fois les saints installés dans la vallée du lac Salé, les fonctions de Wilford Woodruff changèrent. On ne l’envoya plus à l’étranger pour des missions à plein temps. Ses activités consistèrent à aider plus de saints dans leur migration vers le siège de l’Église, à rencontrer les gens qui visitaient la région, à remplir les fonctions de législateur, à travailler à irriguer et à cultiver la terre et à élaborer des cultures et des procédés d’agriculture. Il visitait fréquemment les colonies des saints des derniers jours en Utah, en Arizona et en Idaho, leur prêchait l’Évangile et encourageait les saints dans leurs devoirs.
Wilford Woodruff fut historien adjoint de l’Église de 1856 à 1883 et historien de l’Église de 1883 à 1889, période qui couvre la plus grande partie de son service au collège des douze apôtres. Bien que cette responsabilité lui prît beaucoup de temps, il la considérait comme une bénédiction, et avait la conviction que « l’histoire de l’Église demeurera pour le temps et pour l’éternité » (Journal de Wilford Woodruff, 6 septembre 1856). Son mandat d’historien était le prolongement d’une oeuvre qu’il accomplissait depuis 1835, quand il commença à tenir un journal personnel, un compte rendu personnel de sa vie et de l’histoire de l’Église.
En oeuvrant constamment pour fortifier l’Église, servir la collectivité et pourvoir aux besoins de sa famille, Wilford Woodruff suivit le principe du travail qu’il avait appris de son père. Franklin D. Richards, du collège des douze apôtres, dit que Wilford Woodruff « était connu pour son activité, son industrie et sa résistance physique. Bien que n’ayant pas une forte carrure, il était capable d’effectuer des travaux qui auraient fait s’effondrer des hommes ayant un physique ordinaire » (« Wilford Woodruff », Improvement Era, octobre 1898, p. 865).
Le journal de Wilford Woodruff est rempli de notes rapportant de longues journées de dur labeur. Il raconte qu’un jour, à l’âge de 67 ans, il était monté sur une échelle de 4 mètres avec son fils Asahel pour cueillir des pêches. Asahel commença à perdre l’équilibre. En se précipitant à la rescousse d’Asahel, Wilford Woodruff lui-même tomba. Il écrit : « J’ai fait une chute de près de quatre mètres jusqu’en bas de l’échelle et je me suis reçu sur l’épaule et la hanche droites et me suis blessé sévèrement. Asahel s’en est tiré sans trop de mal. J’ai été très endolori et raide toute la nuit » (Journal de Wilford Woodruff, 7 septembre 1874). Le lendemain, il écrivait : « J’ai été très endolori et très raide aujourd’hui, pourtant je suis allé aux champs et je suis rentré chez moi le soir » (Journal de Wilford Woodruff, 8 septembre 1874). À propos de cet événement, Matthias Cowley dit : « On se demande naturellement ce qu’un homme de son âge faisait en haut d’un arbre. Tout d’abord, pour frère Woodruff, ce n’était jamais une question d’âge quand il voyait quelque chose qu’il pensait qu’il fallait faire à condition qu’il lui soit possible de le faire. Il était partout… Il était prêt à tout moment pour n’importe quelle urgence. S’il voyait en haut d’un pommier une branche qui devait être coupée, à peine la pensée lui avait-elle traversé l’esprit qu’il était déjà en haut de l’arbre, et il lui était toujours difficile de demander à quelqu’un d’autre de faire quelque chose qu’il pouvait faire lui-même » (Wilford Woodruff : History of His Life and Labors, p. 484).
Construction de temples et oeuvre du temple
Chaque fois qu’ils restaient pendant une période prolongée dans un endroit central, les saints construisaient un temple. C’est ce qu’ils firent à Kirtland, à Nauvoo et finalement à Salt Lake City. En cela, ils étaient fidèles à une révélation du Seigneur donnée par l’intermédiaire de Joseph Smith, le prophète – révélation que Wilford Woodruff nota dans son journal :
« Quel a été le but du rassemblement des Juifs ou du peuple de Dieu à toute époque du monde ? Le but principal était d’édifier au Seigneur une maison par laquelle il révélerait à son peuple les ordonnances de sa maison et les gloires de son royaume et enseignerait au peuple le chemin du salut ; car il y a des ordonnances et des principes qui, quand on les enseigne et les pratique, doivent l’être dans un endroit ou une maison que l’on a construite dans ce but. C’était prévu dans l’esprit de Dieu avant que le monde soit et c’est dans ce but que Dieu a souvent voulu rassembler les Juifs, mais ils ne l’ont pas voulu. C’est dans le même but que Dieu rassemble les gens dans les derniers jours – pour la construction pour le Seigneur d’une maison afin de les préparer aux ordonnances et aux dotations, aux ablutions et aux onctions, etc. » (cité par Wilford Woodruff dans son journal, à la date du 11 juin 1843).
Wilford Woodruff a fréquemment exhorté les saints à profiter des bénédictions accessibles dans le temple. Il a dit : « Je considère que la construction de temples est l’une des choses importantes exigées par le Seigneur de la part des saints des derniers jours dans la dispensation de la plénitude des temps, que nous entrions dans ces temples et que non seulement nous rachetions les vivants mais que nous rachetions nos morts » (Deseret News, 2 mai 1876, p. 4). Avec sa diligence caractéristique, il donna l’exemple de l’œuvre du temple en travaillant personnellement pour des milliers de ses ancêtres.
Comme beaucoup d’autres prophètes de son temps, Wilford Woodruff a prédit que le moment viendrait où il y aurait des temples partout dans le monde (voirDeseret News, 26 mars 1878, p. 1). Il s’est réjoui d’avoir vécu assez longtemps pour voir que la prophétie commençait à s’accomplir avec la construction et la consécration de quatre temples dans le territoire d’Utah pendant les 46 premières années qui suivirent l’arrivée des saints dans la vallée du lac Salé – à St-George, Logan, Manti et Salt Lake City.
C’est le président Woodruff qui fit les prières de consécration des temples de Manti et de Salt Lake City. Dans un message adressé à tous les membres de l’Église, lui et ses conseillers dans la Première Présidence témoignent des bénédictions que reçoivent les membres qui assistent aux consécrations de temples dans un esprit de culte sincère : « Les doux chuchotements du Saint-Esprit leur seront donnés et les trésors du ciel, la communion des anges, s’y ajouteront de temps en temps, parce que la promesse du Seigneur a été faite et elle ne peut pas faillir » (« Address from the First Presidency », Millennial Star, 10 avril 1893, p. 246). Il rapporta par écrit une expérience de ce genre qu’il eu lors de la consécration du temple de Logan :
« Tandis que j’assistais à la consécration de ce temple, j’ai repensé aux nombreuses heures que j’avais passées dans la prière, lorsque j’étais jeune homme, à invoquer Dieu pour qu’il me permette de vivre suffisamment sur la terre pour voir l’Église du Christ établie et un peuple suscité qui recevrait l’Évangile d’autrefois et lutterait pour la foi jadis donnée aux saints. Le Seigneur m’a promis que je trouverais le peuple de Dieu de mon vivant et que j’aurais un nom et un endroit… dans sa maison, un nom meilleur que celui de fils ou de filles, un nom qui ne serait pas retranché. Et aujourd’hui je me réjouis d’avoir un nom avec son peuple et d’aider à la consécration d’un temple de plus à son très saint nom. Louanges soient données à Dieu et à l’Agneau pour toujours » (Journal de Wilford Woodruff, 17 mai 1884).
Wilford Woodruff à la présidence de l’Église
Quand John Taylor décéda le 25 juillet 1887, le collège des douze apôtres devint l’instance dirigeante de l’Église avec le président Woodruff comme officier président. En sentant le fardeau que cela représentait de diriger l’Église entière, le président Woodruff écrivit les pensées suivantes dans son journal : « Ceci me met dans une situation très particulière, un poste que je n’ai jamais recherché de toute ma vie. Mais selon la providence de Dieu, il m’est confié et je prie Dieu, mon Père céleste, de me donner une grâce à la hauteur de ma responsabilité. C’est un poste élevé et lourd de responsabilité pour n’importe quel homme, un poste qui réclame une grande sagesse. Je ne m’attendais absolument pas à survivre au président Taylor… Mais c’est ainsi… Je peux seulement dire : merveilleuses sont tes voies, ô Seigneur Dieu Tout-Puissant, car tu as certainement choisi les choses faibles de ce monde pour accomplir ton oeuvre sur la terre. Puisse ton serviteur Wilford être prêt pour ce qui l’attend sur terre et avoir le pouvoir d’accomplir tout ce qui sera exigé de lui par le Dieu du ciel. Je demande cette bénédiction de mon Père céleste au nom de Jésus-Christ, le Fils du Dieu vivant » (Journal de Wilford Woodruff, 25 juillet 1887). Le président Woodruff fut soutenu comme président de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours le 7 avril 1889. Il était le quatrième président de l’Église dans cette dispensation.
Témoignages sur l’oeuvre du Seigneur dans les derniers jours
Dans ses messages aux membres de l’Église, le président Woodruff a à plusieurs reprises témoigné du rétablissement de l’Évangile, tout comme il l’avait fait pendant tout son ministère. Cependant, il a rendu témoignage avec une urgence accrue pendant ces neuf dernières années de sa vie. Il était le dernier homme vivant à avoir été apôtre du temps de Joseph Smith, et il ressentait la nécessité pressante de laisser un témoignage clair et durable du prophète du Rétablissement. Une année environ avant sa mort, il déclara :
« Il y a beaucoup de choses que je ne comprends pas, et l’une d’elles c’est pourquoi je suis ici à mon âge. Je ne comprends pas pourquoi j’ai été préservé autant que je l’ai été alors que tant d’apôtres et de prophètes ont été rappelés à Dieu… Je suis le seul homme vivant dans la chair à avoir reçu la dotation des mains de Joseph Smith, le prophète. Je suis le seul homme dans la chair à avoir été avec les douze apôtres quand il leur a remis le royaume de Dieu et leur a donné le commandement d’emporter ce royaume. Il est resté trois heures environ dans une salle à nous faire son dernier discours. La salle était remplie comme d’un feu dévorant. Son visage était aussi clair que l’ambre, ses paroles étaient pour nous comme la foudre fulgurante. Elles ont pénétré chaque partie de notre corps du sommet de la tête à la plante des pieds. Il a dit : ‘ Frères, le Seigneur Tout-Puissant a scellé sur ma tête chaque prêtrise, chaque clef, chaque pouvoir, chaque principe qui appartient à la dernière dispensation de la plénitude des temps et à l’édification du royaume de Dieu. J’ai scellé sur votre tête tous ces principes, toute cette prêtrise, tout cet apostolat et toutes ces clefs du royaume de Dieu et maintenant vous devez arrondir les épaules et emporter ce royaume ou bien vous serez damnés ’. Je n’oublie pas ces paroles – Je ne les oublierai jamais tant que je vivrai. C’est le dernier discours qu’il fit dans la chair. Peu après, il subissait le martyre et était rappelé à Dieu dans la gloire » (Deseret Weekly, 4 septembre 1897, p. 356).
En tant que président de l’Église, le président Woodruff exhorta les saints à rechercher et à suivre les directives du Saint-Esprit, à être fidèles à leurs alliances, à prêcher l’Évangile aux États-Unis et à l’étranger, à être honnêtes dans leurs responsabilités temporelles et diligents dans l’oeuvre généalogique et l’œuvre du temple. Sa recommandation fait écho à une déclaration qu’il avait faite quand il était membre du collège des Douze : « Aussi bons que nous soyons, nous devons viser continuellement à progresser et à nous améliorer. Nous avons obéi à une loi et à un Évangile différents de ce à quoi les autres ont obéi et nous avons un royaume différent en vue, et notre but doit être en conséquence plus élevé devant le Seigneur, notre Dieu, et nous devons nous conduire et nous maîtriser en conséquence, et je prie Dieu, mon Père céleste, que son Esprit repose sur nous et nous permette de le faire » (Deseret News, 28 décembre 1875, p. 1).
Publication du Manifeste
Fortifié et guidé par le Seigneur, le président Woodruff dirigea les saints des derniers jours au cours de l’une des périodes les plus turbulentes de cette dispensation. Vers la fin des années 1880, l’Église continuait à pratiquer le mariage plural par obéissance au commandement donné par le Seigneur à Joseph Smith, le prophète. Cependant, le gouvernement des États-Unis avait récemment voté des lois contre cette pratique, avec de lourdes sanctions en cas de violation de ces lois, notamment la confiscation des biens de l’Église et la privation, pour les membres de l’Église, des droits civiques fondamentaux tels que le droit de vote. Ces faits nouveaux permettaient aussi la mise en oeuvre de moyens légaux pour poursuivre les saints des derniers jours qui pratiquaient le mariage plural. L’Église fit appel devant les tribunaux, mais en vain.
Cette situation pesait lourdement sur le président Woodruff. Il chercha à connaître la volonté du Seigneur à ce sujet et finit par recevoir la révélation que les saints des derniers jours devaient cesser la pratique de contracter le mariage plural. Pour obéir au commandement Seigneur, il publia ce qui prit le nom de Manifeste – une déclaration inspirée qui demeure la base de la position de l’Église au sujet du mariage plural. Dans cette déclaration publique, datée du 24 septembre 1890, il affirmait son intention de se soumettre aux lois du pays. Il témoigna aussi que l’Église avait cessé d’enseigner la pratique du mariage plural (voir Doctrine et Alliances, Déclaration officielle n° 1). Le 6 octobre 1890, au cours d’une session de conférence générale, les saints des derniers jours soutinrent la déclaration de leur prophète en soutenant unanimement une déclaration selon laquelle il « était pleinement autorisé, en vertu de sa fonction, à publier le Manifeste » (Lorenzo Snow, texte accompagnant la Déclaration officielle n° 1, dans Doctrine et Alliances).
Réaffirmation de la nature éternelle de la famille
Environ trois mois avant son martyre, Joseph Smith, le prophète, prononça un discours devant une grande assemblée de saints. Wilford Woodruff, qui fit la synthèse du discours, dit que le prophète avait parlé de « l’un des sujets les plus importants et les plus intéressants jamais exposés aux saints » (Journal de Wilford Woodruff, 10 mars 1844). Au cours de ce sermon, Joseph Smith témoigna de la nature éternelle de la famille. Il parla de la nécessité d’être scellé à nos parents et de continuer à pratiquer cette ordonnance de scellement pendant toutes nos générations :
« C’est là l’esprit d’Élie, que nous rachetions nos morts et nous reliions à nos pères qui sont au ciel et scellions nos morts pour qu’ils se lèvent dans la première résurrection ; et c’est ici que nous voulons que le pouvoir d’Élie scelle ceux qui demeurent sur la terre à ceux qui demeurent au ciel… allez sceller à vous sur la terre vos fils et vos filles, et scellez-vous vous-mêmes à vos pères dans la gloire éternelle » (cité par Wilford Woodruff dans son journal, à la date du 10 mars 1844).
Pendant les quelques décennies qui suivirent, les saints des derniers jours surent qu’il devait y avoir « un chaînon d’une sorte ou d’une autre qui rattache les pères et les enfants » (D&A 128:18). Cependant, leur façon de procéder n’était pas complètement ce qu’elle devait être ; comme le fit observer le président Woodruff, le prophète Joseph n’avait pas vécu assez longtemps pour « approfondir davantage le sujet » (« Discourse by President Wilford Woodruff », Millennial Star,28 mai 1894, p. 338). En agissant selon « toute la lumière et la connaissance » dont ils disposaient (Millennial Star, 28 mai 1894, p. 337), ils se faisaient souvent sceller ou « adopter » à Joseph Smith, à Brigham Young ou à d’autres dirigeants de l’Église de leur temps au lieu de l’être à leurs propres père et mère. Devenu président de l’Église, Wilford Woodruff fit allusion à cette pratique en disant : « Nous n’avons pas entièrement appliqué ces principes pour l’accomplissement des révélations que Dieu nous a données, qui étaient de sceller le coeur des pères aux enfants et des enfants aux pères. Je ne me suis pas senti satisfait et le président Taylor non plus, ni aucun de ceux qui, depuis le temps du prophète Joseph, ont vaqué à l’ordonnance de l’adoption dans les temples de notre Dieu. Nous avons senti qu’il y avait plus à révéler sur ce sujet que ce que nous avions reçu » (Millennial Star, 28 mai 1894, p. 337).
Cette révélation supplémentaire fut donnée au président Woodruff le 5 avril 1894 (voir le journal de Wilford Woodruff, 5 avril 1894). Trois jours plus tard, dans un discours de conférence générale, il raconta la révélation : « Quand je suis allé devant le Seigneur pour savoir par qui je devrais être adopté…, l’Esprit de Dieu m’a dit : ‘ N’as-tu pas un père qui t’a engendré ? ’ ‘ Oui ’. ‘ Alors, pourquoi ne pas l’honorer ? Pourquoi ne pas être scellé à lui ? ’ ‘ Oui, ai-je dit, c’est juste ’. J’ai été scellé à mon père et j’aurais dû faire sceller mon père à son père, et ainsi de suite en remontant les générations ; et le devoir que je veux voir quiconque préside un temple accomplir dorénavant et à jamais, à moins que le Seigneur ne le commande autrement, est : que chacun soit scellé à son père… Telle est la volonté de Dieu pour ce peuple. Je veux que tous les hommes qui président ces temples dans ces montagnes d’Israël gardent cela à l’esprit. De quel droit irais-je enlever les droits du lignage à qui que ce soit ? Quel droit un homme a-t-il de faire cela ? Non ; je le dis : Que chacun soit scellé à son père et alors vous ferez exactement ce que Dieu a dit quand il a déclaré qu’il enverrait Élie, le prophète, dans les derniers jours [voir Malachie 4:5-6]…
« Nous voulons que dorénavant les saints des derniers jours remontent leur généalogie aussi loin que possible et soient scellés à leurs pères et mères. Faites sceller les enfants à leurs parents et prolongez cette chaîne aussi loin que vous le pouvez…
« Mes frères et soeurs, prenez ces choses à coeur. Allons de l’avant avec nos registres, remplissons-les en justice devant le Seigneur et appliquons ce principe, et les bénédictions de Dieu seront sur nous et ceux qui sont rachetés nous béniront dans les jours à venir. Je prie Dieu que notre peuple ait les yeux ouverts pour voir, les oreilles pour entendre et le coeur pour comprendre l’oeuvre grandiose qui repose sur nos épaules et que le Dieu du ciel exige de nous » (Millennial Star, 28 mai 1894, pp. 338, 339, 341).
« Nous prions toujours pour toi »
Le 1er mars 1897, les saints des derniers jours remplirent le Tabernacle de Salt Lake City pour fêter le quatre-vingt-dixième anniversaire du président Woodruff. Ils y entendirent un nouveau cantique : « Nous prions toujours pour toi. » Evan Stephens avait adapté la musique d’un cantique existant et avait écrit de nouvelles paroles pour rendre hommage au prophète bien-aimé de l’Église :
Nous prions toujours pour toi, notre cher prophète,
Que Dieu te donne consolation et réconfort ;
Alors que les années creusent ton front,
Que la lumière intérieure garde son éclat d’aujourd’hui,
Que la lumière intérieure garde son éclat d’aujourd’hui.
Nous prions toujours pour toi de tout notre coeur,
Que la force te soit donnée de faire ta part,
Pour nous guider et nous conseiller de jour en jour,
Pour jeter une lumière sainte autour de notre chemin,
Pour jeter une lumière sainte autour de notre chemin.
Nous prions toujours pour toi d’un amour ardent ;
Et comme la prière des enfants est entendue là-haut,
Tu seras à jamais béni et Dieu donnera
Tout ce qui est bon et bien tant que tu vivras,
Tout ce qui est bon et bien tant que tu vivras.
(Hymnes, n° 72).
Dix-huit mois plus tard, le 2 septembre 1898, le président Woodruff décédait, rejoignant enfin les saints qui l’avaient précédé dans la mort. À ses obsèques, qui eurent lieu au Tabernacle de Salt Lake City, un « esprit de paix… planait qui imprégna l’assemblée et demeura pour apaiser les sentiments de tous ». L’intérieur du Tabernacle avait été « artistiquement drapé de blanc » avec des décorations florales « abondantes et magnifiques » et des gerbes de blé et d’avoine. « De chaque côté des orgues il y avait le nombre 1847 et de grands bouquets de sauge et de tournesols et des cimes de sapins » rappelant l’entrée des pionniers dans la vallée du lac Salé en juillet 1847. Au-dessus d’un grand portrait du président Woodruff était illuminée la déclaration : « Quoique mort, il parle » en hommage à un prophète de Dieu dont les enseignements et l’exemple continueraient à inspirer les saints des derniers jours dans leur œuvre d’édification du royaume de Dieu (voir « In Memoriam : President Wilford Woodruff », Woman’s Exponent, 15 septembre 1898, pp. 44-45).
Anecdotes de la vie de Wilford Woodruff liées à des thèmes évangéliques
Les mentions entre crochets sont des notes de la rédaction
Confiance en Dieu
« La seule chose qui m’ait émerveillé toute ma vie, a dit le président Woodruff, a été que le Seigneur m’ait jamais choisi pour quelque chose et en particulier pour être apôtre et président. Mais ce sont ses affaires, pas les miennes » (Millennial Star, 21 novembre 1895, p. 739).
Bien qu’il ait été étonné de ses appels dans l’Église, le président Woodruff savait pourquoi le Seigneur l’avait appelé. Il fit la réflexion : « Pourquoi le Seigneur a-t-il choisi un homme faible tel que Wilford Woodruff pour présider son Église ? Pourquoi a-t-il choisi Joseph Smith, un illettré, comme on le disait de lui ? Pourquoi a-t-il choisi ce type dhommes ? Parce qu’il pouvait les mener. Il a choisi des hommes qui reconnaîtraient la main de Dieu » (Millennial Star, 21 novembre 1895, p. 739).
Le président Woodruff reconnaissait toujours la main de Dieu, dans les succès personnels et dans l’avancement de l’Église. Dans un discours prononcé au Tabernacle de Salt Lake City, il a dit : « Je remercie le Seigneur de ma vie. Je le remercie de ses bénédictions et de ses miséricordes à mon égard. J’ai des raisons de m’en réjouir et je suis obligé d’attribuer à Dieu la gloire de tout ce que j’ai jamais reçu. Si j’ai jamais fait du bien, si j’ai pu prêcher l’Évangile et agir d’une manière qui a édifié mes semblables, au pays ou à l’étranger, cela a été par le pouvoir de Dieu… Ce pouvoir a été avec nous. C’est pour cela que nous sommes ici aujourd’hui. C’est pour cela que ce Tabernacle se trouve ici aujourd’hui en accomplissement des prédictions des prophètes de Dieu dans les temps anciens. C’est pour cela que la Sion de Dieu est implantée ici dans ces vallées des montagnes [voir Ésaïe 2:2,3]. Tout cela s’est fait par le pouvoir de Dieu et non de l’homme » (Deseret Semi-Weekly News, 21 décembre 1897, p. 1).
Dispensation de la plénitude des temps
À différentes époques de l’histoire du monde, le Seigneur a établi des dispensations de l’Évangile. Dans chaque dispensation, il a révélé son Évangile par un ou plusieurs serviteurs autorisés. Joseph Smith, le prophète, a été l’instrument par lequel le Seigneur a ouvert la dispensation actuelle, qui est désignée dans les Écritures sous le nom de « dispensation de la plénitude des temps » (Éphésiens 1:10, traduction littérale de la Bible du roi Jacques ; D&A 128:20).
Au printemps de 1834, Wilford Woodruff assista à une réunion de la prêtrise à Kirtland. C’est au cours de cette réunion qu’il commença à comprendre le destin de l’Église dans cette dispensation. Il devait raconter plus tard :
« Le Prophète a demandé à tous les détenteurs de la prêtrise de se rassembler dans la petite école en rondins qui se trouvait là. C’était un petit bâtiment d’environ quatre mètres carrés. Mais toute la prêtrise de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours qui se trouvait alors à Kirtland y était réunie… C’était la première fois que je voyais Oliver Cowdery et que je l’entendais parler ; la première fois que je voyais Brigham Young et Heber C. Kimball, et les deux Pratt, Orson Hyde et bien d’autres. Il n’y avait pas d’apôtres dans l’Église à ce moment-là, à part Joseph Smith et Oliver Cowdery. Lorsque nous fûmes réunis, le Prophète appela les anciens d’Israël à rendre témoignage avec lui de cette oeuvre. Ceux que j’ai cités prirent la parole et beaucoup d’autres que je n’ai pas mentionnés rendirent témoignage. Quand ils eurent fini, le Prophète dit : ‘ Mes frères, j’ai été très édifié et j’ai beaucoup appris de vos témoignages de ce soir. Cependant, je tiens à vous dire devant le Seigneur que vous n’en savez pas plus sur la destinée de l’Église et du Royaume qu’un nourrisson dans le giron de sa mère. Vous ne les comprenez pas ’. J’étais assez surpris. Il ajouta : ‘ Ce soir, vous ne voyez qu’une petite poignée de détenteurs de la prêtrise, mais cette Église remplira l’Amérique du Nord et du Sud – elle remplira la terre » (Conference Report, avril 1898,
p. 57).
Wilford Woodruff a consacré sa vie à édifier le royaume de Dieu et il continua à recevoir les enseignements de Joseph Smith, même après la mort du prophète. Il raconte une vision qu’il eut, dans laquelle il parla avec Joseph Smith : « Je l’ai vu à la porte du temple dans le ciel. Il est venu à moi et m’a parlé. Il a dit qu’il ne pouvait pas s’arrêter pour parler avec moi parce qu’il était pressé. L’homme que j’ai rencontré ensuite était frère Smith, père ; il ne pouvait pas parler avec moi parce qu’il était pressé. J’ai rencontré une demi-douzaine de frères qui avaient détenu des postes-clefs sur la terre et aucun d’entre eux ne pouvait s’arrêter pour me parler parce qu’ils étaient pressés. J’étais très étonné. J’ai revu plus tard le prophète et l’occasion m’a été donnée de lui poser une question.
« ‘ Je voudrais, ai-je dit, savoir pourquoi vous êtes pressés. J’ai été pressé toute ma vie, mais j’espérais que ce serait fini quand j’arriverais dans le royaume des cieux, si jamais j’y arrivais ’.
« Joseph a dit : ‘Je vais vous dire, frère Woodruff. Toutes les dispensations qui ont eu la prêtrise sur la terre et qui sont passées dans le royaume céleste ont eu une certaine quantité de travail à faire pour se préparer à aller sur la terre avec le Sauveur quand il ira y régner. Chaque dispensation a eu largement le temps d’accomplir cette oeuvre. Nous pas. Nous sommes dans la dernière dispensation, et il y a tant de travail à faire que nous devons nous dépêcher pour l’accomplir ’ » (The Discourses of Wilford Woodruff, choisis par G. Homer Durham, 1946, pp. 288-289).
Écritures
Le 1er mars 1845, Wilford Woodruff, qui était alors l’autorité présidente de l’Église dans les îles Britanniques, reçut une lettre d’un ami aux États-Unis. À cette correspondance était jointe une copie d’une autre lettre, dans laquelle un homme exposait un plan pour imprimer Doctrine et Alliances en Angleterre et pour y obtenir le copyright pour lui-même. L’action de cet homme aurait empêché l’Église d’imprimer le livre en Angleterre. Wilford Woodruff note dans son journal : « C’est certainement un geste audacieux de la part d’un apostat ou d’apostats d’entreprendre d’imprimer les ouvrages de l’Église et de l’en dépouiller. Je considère que ce n’est rien d’autre que la miséricorde de Dieu qui m’a mis au courant de ce projet. J’ai passé la journée à examiner la loi pour voir ce que je pouvais apprendre au sujet de l’obtention du copyright » (Journal de Wilford Woodruff, 1er mars 1845, Archives de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours). Il loua les services d’un imprimeur pour composer et imprimer 3000 exemplaires du livre (voir le journal de Wilford Woodruff, 7 juin 1845). Ensuite, après s’être familiarisé avec les lois britanniques sur le copyright, il acquit les droits en son nom propre le 7 juin 1845, « quarante-huit heures après avoir reçu les dernières feuilles des imprimeurs » (History of the Church, 7:426 ; voir également le journal de Wilford Woodruff, 7 juin 1845). Il préservait ainsi le droit légal de l’Église d’imprimer le livre en Angleterre.
Ce n’était pas la première fois que Wilford Woodruff agissait pour mettre les Écritures entre les mains des saints des derniers jours. Avant même que Doctrine et Alliances soit imprimé, il avait copié plusieurs des révélations à la main et les avait emportées dans ses voyages missionnaires. Pendant sa première mission en Angleterre, de janvier 1840 à avril 1841, il travailla, avec Brigham Young et d’autres, à la publication de la première édition du Livre de Mormon en dehors des États-Unis. Il aida plus tard Joseph Smith, le prophète, à Nauvoo, en faisant la composition du périodique de l’Église intitulé Times and Seasons. Entre le 1er mars 1842 et le 16 janvier 1843, les documents suivants parurent dans le Times and Seasons, bien des années avant qu’ils ne soient publiés dans la Perle de Grand Prix : le Livre d’Abraham, Joseph Smith–Histoire, la Lettre à Wentworth, qui contenait les Articles de Foi, et une partie du Livre de Moïse.
Après avoir aidé les saints à disposer des Écritures, le président Woodruff leur recommanda instamment de les amasser dans leur cœur (voir Millennial Star, 21 novembre 1887, p. 742). Il dit : « Nous devons vivre notre religion. Nous devons pratiquer nous-mêmes ce que nous prêchons. Nous devons amasser les paroles de la vie. Nous devons sonder les annales de la vérité divine. Nous devons chercher à comprendre l’époque à laquelle nous vivons. C’est comme cela que je considère notre situation aujourd’hui. Je ne considère pas les révélations qui se trouvent dans ces livres, concernant la dispensation de la plénitude des temps, comme quelque chose qui disparaîtra sans s’accomplir » (Deseret News, 6 juillet 1880, p. 1).
Enseigner et apprendre par l’Esprit
Tandis qu’il se préparait pour une conférence en octobre 1855, Wilford Woodruff pria pour être guidé, et demanda ce que lui et ses frères du Collège des Douze devaient enseigner. En réponse à sa prière, il reçut la révélation suivante : « Que mes serviteurs obtiennent le Saint-Esprit et gardent mon Esprit avec eux, et il leur apprendra ce qu’ils doivent enseigner continuellement au peuple ; et apprenez au peuple à garder mon Esprit avec eux, et il sera en mesure de comprendre la parole du Seigneur quand on la lui enseignera » (Journal de Wilford Woodruff, 19 octobre 1855, Archives de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours).
Avec un témoignage durable de ce principe, le président Woodruff commençaitfréquemment ses discours de conférence en exprimant le désir d’enseigner par le pouvoir du Saint-Esprit. En outre, il rappelait souvent aux saints leur devoir d’écouter et d’apprendre par ce même pouvoir. Il a dit un jour : « Nous dépendons tous de l’Esprit du Seigneur, de la révélation, de l’inspiration, du Saint-Esprit, pour être qualifiés pour instruire les personnes devant lesquelles nous sommes appelés à parler, et si le Seigneur ne me donne pas l’Esprit Saint cet après-midi, je vous promets à tous que vous ne tirerez pas grand chose de frère Woodruff (Deseret News, 11 septembre 1883, p. 1).
Épreuves et opposition
Wilford Woodruff a enseigné : « Nous sommes en sécurité tant que nous faisons notre devoir. Quelles que soient les épreuves ou les tribulations que nous sommes appelés à traverser, la main de Dieu sera avec nous et nous soutiendra » (The Discourses of Wilford Woodruff, choisis par G. Homer Durham 1946, p.212). En enseignant ce principe, le président Woodruff parlait par expérience. Il subit la persécution religieuse et politique, la violence de la populace, l’opposition à l’oeuvre missionnaire, la maladie, la mort de membres de sa famille et d’amis, et les épreuves quotidiennes de la vie. Mais il réagit à cette adversité avec foi et non avec désespoir, fit confiance aux promesses du Seigneur et puisa de la force dans son témoignage de l’Évangile.
En novembre 1835, lorsque Wilford Woodruff était en mission dans le Sud des États-Unis, ses compagnons de voyage et lui furent guidés par le Seigneur dans un moment d’épreuve. Il écrit : « Pendant que nous voyagions dans la nuit… une terrible tempête de vent et de pluie s’est abattue sur nous. Nous sommes arrivés à un ruisseau qui avait été tellement enflé par la pluie que nous ne pouvions pas le traverser sans faire nager nos chevaux… Nous nous sommes dirigés vers le cours d’eau pour le traverser à gué ; mais lors de cette tentative, dans l’obscurité et au milieu de la rage du vent et de la pluie, nous nous sommes perdus dans les bois épais, au milieu de la pluie, du vent, des petits cours d’eau et des cimes d’arbres tombées au sol. Nous avons traversé des ruisseaux presque vingt fois… Mais, au milieu de nos difficultés, le Seigneur a été miséricordieux envers nous, car, pendant que nous avancions à tâtons, en courant le risque de tuer aussi bien nos animaux que nous-même, en tombant de falaises abruptes, une lumière vive nous a soudain éclairés et nous a révélé notre situation périlleuse au moment même où nous étions au bord d’un gouffre profond. Cette lumière nous a accompagnés jusqu’à ce que nous ayons trouvé une maison, et appris où se trouvait la bonne route » (« History of Wilford Woodruff from His Own Pen », Millennial Star, 15 avril 1865, p. 231).
À propos de cette expérience, le président Woodruff a dit : « Nous avons ensuite poursuivi notre chemin en nous réjouissant, bien que l’obscurité soit revenue et que la pluie ait continué » (« My First Mission Continued », Juvenile Instructor, 15 juin 1867, p. 91). Cette affirmation montre son attitude envers les difficultés de la vie. Il continuait toujours son chemin, quand bien même certaines épreuves persistaient, et se réjouissait des bénédictions du Seigneur.
Expiation de Jésus-Christ
Quand Wilford Woodruff commença son ministère comme apôtre, ses frères des Douze et lui oeuvrèrent aux États-Unis et en Angleterre parmi des gens qui vénéraient Jésus-Christ comme Fils de Dieu et Rédempteur de l’humanité. Sachant que leurs auditeurs avaient déjà fondamentalement une croyance en l’expiation de Jésus-Christ, ils concentraient leur enseignement sur des sujets tels que l’appel de Joseph Smith, la parution du Livre de Mormon et le rétablissement de la prêtrise (voir Dallin H. Oaks, dans Conference Report, octobre 1990, p. 38 ; ou L’Étoile, janvier 1991, p. 30). Cependant, quand les gens contestaient la doctrine de l’Expiation, Wilford Woodruff réfutait leurs arguments avec puissance et clarté. Il témoignait que « l’objet de la mission du Christ sur la terre était de s’offrir en sacrifice pour racheter l’humanité de la mort éternelle » (« Rationality of the Atonement », Millennial Star, 1er octobre 1845, p. 118).
En 1845, un membre de l’Église des îles Britanniques édita une brochure où il essayait de montrer qu’il n’était pas nécessaire que Jésus-Christ souffre et meure pour la rédemption de l’humanité. Wilford Woodruff, qui était alors l’autorité présidente de l’Église dans les îles Britanniques, réfuta publiquement cette affirmation dans un article intitulé « Caractère rationnel de l’Expiation ». En publiant l’article, il espérait s’assurer « que les vues de l’Église sur le sujet seraient bien comprises de tous et que les saints de Dieu seraient prêts à résister aux assauts du grand ennemi du salut de l’homme, aussi bien que régler définitivement le problème dans l’esprit des gens qui croient aux révélations de Dieu » (Millennial Star, 1er octobre 1845, p. 113). Ses paroles, tant en ce qui concerne la condamnation des enseignements faux qu’en ce qui concerne l’éloge du Sauveur, sont révélatrices de son amour durable pour le Seigneur et de sa gratitude profonde pour le plan de la rédemption.
Il dit de l’homme qui avait écrit la brochure : « Il vaudrait bien mieux être totalement dénué de tout talent que de s’en servir pour essayer de prouver l’inefficacité de l’expiation du Christ et de s’attaquer au principe fondamental du salut » (Millennial Star, 1er octobre 1845, p. 113).
Wilford Woodruff consacra la majeure partie de son article à des citations des Écritures pour montrer une « abondance de témoignages » de la part des prophètes anciens et du Seigneur lui-même (op. cit., p. 118). Il dit que la doctrine de l’Expiation était « non seulement un thème sur lequel les prophètes anciens et les serviteurs de Dieu prenaient plaisir à s’étendre, mais la source principale de toutes leurs espérances et celle d’où ils tiraient la force et le soutien » (op. cit., pp. 113-119).
Foi
En novembre 1834, Wilford Woodruff fut ordonné prêtre dans la Prêtrise d’Aaron et reçut son premier appel de missionnaire à plein temps. Il vivait alors dans le comté de Clay (Missouri), puisqu’il y était resté après avoir fait partie du camp de Sion. Avant de commencer sa mission, il parla avec son évêque, qui lui avait donné cette responsabilité. Il demanda par quel chemin il devait se rendre à son champ de mission. Il demanda également si son compagnon et lui devaient voyager sans bourse ni sac, comme le Seigneur l’avait commandé aux missionnaires de son époque (voir D&A 24:18 ; 84:78, 86). Voyager sans bourse ni sac signifie aller sans argent et dépendre de la bonté des membres de l’Église ou d’autres personnes pour être nourri et logé. Le président Woodruff rapporta plus tard sa conversation avec son évêque :
« Il était alors dangereux pour un frère de traverser le comté de Jackson [Missouri]. Il voulait que j’aille en Arkansas et la route passait en plein dans le comté de Jackson. Je lui demandai si nous devions traverser cet État (j’avais un compagnon avec moi, un ancien).
« Il dit : ‘ Si vous avez assez de foi pour le faire, vous pouvez ; moi, je n’en ai pas suffisamment ’.
« Je trouvai que c’était une remarque étrange de la part d’un évêque.
« Je dis : ‘ Le Seigneur dit que nous devons voyager sans bourse ni sac. Devons-nous le faire ? ’
« Il répondit : ‘ C’est la loi de Dieu. Si vous avez assez de foi pour le faire, vous pouvez le faire ’ » (The Discourses of Wilford Woodruff, choisis par G. Homer Durham, 1946, pp. 299-300).
Peu après cette discussion, Wilford Woodruff et son compagnon partirent en mission, en traversant le comté de Jackson, sans bourse ni sac. Le président Woodruff raconta plus tard : « Nous mîmes quelques Livres de Mormon et quelques vêtements dans nos valises, nous les attachâmes sur notre dos et commençâmes notre voyage à pied. Nous prîmes le bac pour arriver dans le comté de Jackson et nous le traversâmes. À plusieurs moments, le Seigneur nous protégea des émeutiers comme par miracle » (« Leaves from My Journal »,Millennial Star, 30 mai 1881, p. 343).
En plus de protéger les deux missionnaires contre les émeutiers du comté de Jackson, le Seigneur les protégea contre d’autres dangers qui se présentèrent en chemin. Le président Woodruff a raconté l’un de ces incidents : Alors que son compagnon et lui s’approchaient d’un bosquet, un grand ours noir en sortit et se dirigea vers eux. « Nous n’eûmes pas peur de lui, raconte-t-il, car nous nous occupions des affaires du Seigneur et nous ne nous étions pas moqués du prophète de Dieu, contrairement aux quarante-deux enfants méchants qui dirent à Élisée : ‘ Monte, chauve ! ’ et qui furent pour cela déchirés par des ours [voir 2 Rois 2:23-24]… Quand l’ours arriva à quarante mètres de nous, il s’assit, nous regarda un instant puis s’enfuit en courant. Nous continuâmes notre chemin en nous réjouissant » (« More of My First Mission », Juvenile
Instructor, 1er mai 1867, p. 69).
Le président Woodruff parlait souvent de sa première mission et se souvenait des bénédictions qu’il avait reçues en servant le Seigneur avec foi : « Jamais de ma vie, en tant qu’apôtre, soixante-dix ou ancien, je ne reçus plus de protection de la part du Seigneur que lorsque je détenais l’office de prêtre. Le Seigneur me révéla par des visions, par des révélations et par le Saint-Esprit, de nombreuses choses qui m’attendaient » (The Discourses of Wilford Woodruff, p. 300).
Joseph Smith
Dès ses premiers jours comme nouveau membre de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, Wilford Woodruff a eu un témoignage de Joseph Smith, le prophète. Il a dit : « J’étais absolument certain que Joseph était un prophète avant même de l’avoir vu. Je n’avais aucun préjugé à son égard dans mon esprit » (Deseret News, 20 janvier 1858, p. 363). En avril 1834, environ quatre mois après son baptême, Wilford Woodruff se rendit à Kirtland (Ohio) où il rencontra le prophète Joseph pour la première fois. Il devait raconter plus tard :
« Ma première rencontre avec lui a été assez singulière. Je l’ai vu dans les champs avec son frère Hyrum ; il portait un très vieux chapeau et était occupé à tirer sur une cible. Je lui ai été présenté et il m’a invité à l’accompagner chez lui.
« J’ai accepté l’invitation et je l’ai observé d’assez près pour voir ce que je pouvais apprendre. Il a fait la réflexion, en arrivant chez lui, que c’était la première heure qu’il consacrait à se délasser depuis bien longtemps.
« Peu après notre arrivée chez lui, il est allé dans une pièce adjacente, a sorti une peau de loup et m’a dit : ‘ Frère Woodruff, je voudrais que vous m’aidiez à tanner ceci ’. J’ai donc retiré mon manteau, je me suis mis au travail et je l’ai aidé, et je me suis senti honoré de le faire… Il voulait cette peau de loup pour la mettre sur le siège de son chariot…
« Telle a été ma première rencontre avec Joseph Smith, le prophète, le grand Voyant de cette dernière dispensation » (Deseret News, 20 janvier 1858, p. 363).
À propos de cette expérience, le président Woodruff dit que certains auraient été offensés de voir un dirigeant ecclésiastique se livrer à de telles activités. Mais ce qu’il put lui-même observer de Joseph Smith, en public et en privé, ne fit que fortifier son témoignage de la mission du prophète. À partir de ces premiers jours à Kirtland jusqu’au martyre du prophète dix ans plus tard, Wilford Woodruff oeuvra fidèlement avec lui, même lorsque des amis et des associés dans l’Église apostasiaient. Il dit :
« Malgré toutes les apostasies que nous avons eues et malgré toutes les difficultés et toutes les afflictions que nous avons été appelés à endurer… je n’ai jamais été tenté de douter de cette oeuvre ou de douter que Joseph Smith était un prophète de Dieu » (The Discourses of Wilford Woodruff, choisis par G. Homer Durham, 1946, p. 29-289).
Le 19 mars 1897, le président Woodruff, âgé de 90 ans, enregistra verbalement son témoignage. Il fut le premier président de l’Église à le faire. Dans son bref message, il passa une grande partie du temps à témoigner de la mission de Joseph, le prophète, en montrant qu’il avait été, sa vie durant, attaché à son ami et dirigeant :
« Je rends mon témoignage que Joseph Smith était un vrai prophète de Dieu, ordonné de Dieu pour poser les fondements de son Église et de son royaume dans la dernière dispensation et la plénitude des temps… Le prophète Joseph a donné sa vie pour la parole de Dieu et le témoignage de Jésus-Christ, et il sera couronné comme martyr en présence de Dieu et de l’Agneau. Dans tous les témoignages qu’il nous a donnés, la puissance de Dieu était manifeste chez le prophète Joseph » (Témoignages des présidents de l’Église de Jésus-Christ des Saints desDerniers Jours (vidéocassette, 1986, article numéro 53242).
Libre arbitre
Wilford Woodruff témoigna que le salut est donné « par le sang de Jésus-Christ » ; il souligna aussi que la plénitude du salut s’obtient par l’obéissance à l’Évangile » (Deseret News: Semi-Weekly, 13 juin 1882, p. 1).Il enseigna que « nous avons tous notre libre arbitre pour choisir le bien et refuser le mal ou pour choisir le mal et refuser le bien » (« Sayings and Writings of President Woodruff »,Contributor, juillet 1894, p. 538) et que Dieu « nous tiendra pour responsables de la manière dont nous l’avons exercé » (Deseret Weekly, 26 octobre 1889, p. 561). Il exhorta les saints à prendre des décisions justes, en leur rappelant la différence entre « quelques brèves années de plaisir terrestre » et « la longue éternité de lumière, de vérité, de bénédictions, et de connaissance que le Seigneur accordera à chaque homme qui observe sa loi » (The Discourses of Wilford Woodruff, choisis par G. Homer Durham, 1946, pp. 278-279).
Comme tout un chacun, président Woodruff eut d’innombrables occasions d’exercer le don du libre arbitre. L’occasion suivante s’est présentée dans le Herefordshire (Angleterre), chez John Benbow. Le président Woodruff a raconté : « John Benbow était comme un noble ». « Il était comme un lord anglais ; je suppose qu’il était l’homme le plus riche qui s’est jamais joint à l’Église. Un mois à peine après son baptême, je crois, il est entré dans un petit salon avec sa femme, et il a dû passer trois quarts d’heure à me raconter qu’il avait lu dans le Nouveau Testament qu’à l’époque des apôtres, les gens vendaient tous leurs biens et déposaient le prix de ce qu’ils avaient vendu aux pieds des apôtres [voir Actes 4:31-37], et il a dit qu’il ressentait que c’était son devoir d’accomplir cette loi et qu’il voulait le faire. Je l’ai écouté patiemment, et lorsqu’il a eu terminé, j’ai passé une demi-heure à lui expliquer la différence entre notre position de nos jours et celle des apôtres à cette époque-là. Je lui ai fait comprendre que Dieu ne m’avait pas envoyé en Angleterre pour m’occuper de son or, de ses chevaux, de ses vaches et de sa propriété ; Il m’y avait envoyé pour proclamer l’Évangile. Cependant, je lui ai dit que le Seigneur accepterait son sacrifice, et qu’il devait faire tout le bien qu’il pouvait ; il devait aider les pauvres, contribuer à la publication du Livre de Mormon, etc. »
À propos de cette expérience, le président Woodruff a parlé de l’influence très importante de sa décision de refuser poliment l’offre de John Benbow :
« Quel aurait été le résultat si j’avais pris l’autre voie et dit : ‘ Oui, donnez-moi votre propriété et je m’en occuperai ’ ? Il aurait probablement apostasié. Et non seulement cela, mais il y aurait eu un apôtre stupide qui aurait été un bon candidat à l’apostasie, lui aussi. Mais était-ce une tentation pour moi ? Non. Et cela n’en aurait pas été une non plus pour tout ancien qui avait une portion suffisante de l’Esprit de Dieu pour connaître la différence entre cent mille livres d’argent et le fait d’avoir part à la première résurrection, avec le pouvoir de passer devant les anges et les dieux vers l’exaltation et la gloire, et de demeurer pour toujours et à jamais dans la présence de Dieu et de l’Agneau » (Millennial Star, 28 novembre 1895, pp. 754-755).
Mariage et famille
Wilford Woodruff et Phoebe Whittemore Carter se marièrent le 13 avril 1837 à Kirtland (Ohio). Tout au long de leur vie commune, ils subirent beaucoup d’épreuves, et leur dévouement mutuel, à leurs enfants et au royaume de Dieu s'accrût. L’une de ces épreuves survint pendant l’hiver 1838, environ cinq mois avant l’appel de Wilford Woodruff à l’apostolat. Wilford Woodruff guidait un groupe de saints qui allaient rejoindre d’autres membres de l’Église, lorsque sa femme tomba gravement malade. Plus tard, il raconta :
« Le 23 novembre, ma femme, Phoebe, a eu très mal à la tête, ce qui a évolué en une fièvre cérébrale. Pendant notre voyage, elle devenait chaque jour de plus en plus affligée. Voyager en chariot sur des routes rudimentaires était une terrible épreuve pour une femme dans son état. Notre fille était gravement malade, elle aussi ».
Dans les jours qui suivirent, l’état de Phoebe Woodruff s’aggrava, bien qu’ils se soient arrêtés en route et aient trouvé des endroits pour se reposer. Wilford Woodruff écrivit : « Le 3 décembre, ma femme se sentait très mal. J’ai passé la journée à m’occuper d’elle et, le lendemain, je suis retourné à Eaton [une ville proche] pour faire des courses pour elle. Son était s’aggravait peu à peu, et, le soir, son esprit avait apparemment quitté son corps et elle était morte.
« Les soeurs, éplorées, se sont rassemblées autour de son corps, pendant que je me tenais là, à la regarder avec chagrin. L’Esprit et le pouvoir de Dieu ont commencé à se poser sur moi, jusqu’à ce que, pour la première fois au cours de sa maladie, la foi remplisse mon âme, bien qu’elle soit allongée devant moi, paraissant morte ».
Fortifié dans sa foi, Wilford Woodruff donna une bénédiction de la prêtrise à sa femme. Il raconte : « J’ai posé mes mains sur elle, et, au nom de Jésus-Christ, j’ai réprimandé le pouvoir de la mort et le destructeur, et leur ai ordonné de la quitter, et j’ai ordonné à l’esprit de la vie d’entrer dans son corps.
« Son esprit est revenu dans son corps, et, à partir de cette heure-là, elle a été guérie ; et nous avons loué le nom de Dieu, nous avons placé notre confiance en lui et avons observé ses commandements.
« Pendant que je faisais tout cela (comme ma femme me l’a raconté plus tard), son esprit avait quitté son corps, et elle le voyait allongé sur le lit, et les soeurs qui pleuraient. Elle les a regardées, ainsi que moi et son bébé, et, pendant qu’elle fixait cette scène, deux personnages sont entrés dans la pièce… L’un de ces messagers l’a informée qu’elle pouvait choisir : elle pouvait aller se reposer dans le monde des esprits, ou, à une condition, elle pouvait retourner dans son corps et continuer ses travaux sur la terre. Cette condition était, si elle s’en sentait la force, de soutenir son mari, et, avec lui, subir tous les soucis, toutes les épreuves, tribulations et afflictions de la vie par lesquels il serait appelé à passer à cause de l’Évangile jusqu’à la fin. Lorsqu’elle a vu la situation de son mari et de son enfant, elle a dit : ‘ Oui, c’est ce que je ferai ! ’
« Au moment où elle a pris cette décision, le pouvoir de la foi s’est posé sur moi, et lorsque je l’ai bénie, son esprit est entré dans son corps…
« Le 6 décembre, au matin, l’Esprit m’a dit : ‘ Lève-toi, et continue ton voyage ! ’ Et, par la miséricorde de Dieu, ma femme a pu se lever et s’habiller et marcher jusqu’au chariot, et nous avons continué notre chemin en nous réjouissant » (« Leaves from My Journal », Millennial Star, 3 octobre 1881, pp. 638-639).
Fidèle à sa promesse, Phoebe Woodruff a soutenu son mari, même lorsque ses devoirs d’apôtre exigeaient de lui de longues absences de son foyer. Le 4 mai 1840, lorsque Wilford Woodruff était en mission en Angleterre, elle lui envoya une lettre qui disait : « Je sais que c’est la volonté de Dieu que tu travailles dans sa vigne ; c’est pourquoi, je me plie à sa volonté dans ces choses. Depuis ton départ, je n’ai pas murmuré, ni ne me suis plainte, mais j’attends avec joie le jour où tu reviendras encore une fois chez toi, au sein de ta famille, ayant accompli ta mission dans l’amour et la crainte de Dieu. Tu es toujours auprès de moi lorsque je m’approche du trône de grâce et, quand je demande la protection et les bénédictions pour moi et pour les enfants, je demande la même chose pour mon cher époux qui est parti loin de moi, dans un pays étranger, pour prêcher la plénitude de l’Évangile de Jésus-Christ » (Millennial Star, août 1840, p. 90).
Dans ces moments de séparation, Wilford Woodruff exprimait aussi la nostalgie de sa famille, conjuguée à la résolution de faire la volonté du Seigneur. Le 3 avril 1847, il s’est préparé à partir avec le premier convoi de pionniers pour la vallée du Lac Salé. Il écrivit dans son journal : « En quittant ma famille pour partir en mission, je n’ai jamais senti un poids plus lourd sur mon esprit que maintenant. Je prie Dieu de me donner ainsi qu’à ma famille la force de nous rencontrer de nouveau ici-bas, comme il l’a fait lors des nombreuses missions que j’ai acceptées ici-bas dans la vigne du Seigneur » (Journal de Wilford Woodruff, 3 avril 1847, Archives de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours). Quatre jours plus tard, sa famille assistait à son départ du campement des saints à Winter Quarters (Nebraska). S’étant arrêté sur une crête, non loin du camp, il prit ses jumelles pour voir sa famille une dernière fois avant longtemps (voir le journal de Wilford Woodruff, 7 avril 1847).
Wilford Woodruff se réjouissait de savoir que sa famille pouvait être éternelle. Cette vérité lui donna la force de supporter les difficultés de la vie. Il a dit : « J’ai souvent pensé que, si je travaillais jusqu’à un âge aussi avancé que Metuschélah et si, par ce moyen, je pouvais faire que ma famille demeure avec moi dans la gloire dans les mondes éternels, cela me récompenserait de toute la douleur et de toutes les souffrances que j’aurais à supporter dans ce monde » (Deseret Weekly,17 août 1889, p. 226). La promesse d’une famille éternelle influençait ses actions envers les membres de sa famille. Dans une lettre à sa fille Blanche, il a écrit : « Nous nous attendons tous à vivre ensemble éternellement après la mort. Je pense que nous, parents et enfants, devrions faire tous les efforts possibles pour nous rendre mutuellement heureux pendant cette vie afin de n’avoir aucun regret » (lettre de Wilford Woodruff datée du 16 septembre 1894, citée dans Encyclopedia of Mormonism, 1992, 4:1582).
Mort et résurrection
Au début août 1839, Wilford Woodruff quitta son foyer de Montrose (Iowa), obéissant ainsi à l’appel du Seigneur de faire une mission dans les îles Britanniques. Il fit ses adieux à sa femme, Phoebe, et à son seul enfant, Sarah Emma, âgée de un an. À l’époque, Phoebe était enceinte de Wilford, fils, qui naquit le 22 mars 1840.
Quelques mois après avoir quitté Montrose, Wilford Woodruff était dans l’Est des États-Unis, où il prêchait l’Évangile et se préparait au voyage en Grande-Bretagne. Pendant ce séjour il parla dans son journal de trois rêves distincts dans lesquels il vit sa femme. Après le premier rêve, il nota : « J’ai vu en rêve Mme Woodruff dans une affliction profonde à Montrose. Je n’ai pas vu Sarah Emma » (Journal de Wilford Woodruff, 8 novembre 1839, Archives de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours). Son compte rendu du deuxième rêve est également court : « J’ai fait un rêve pendant la nuit et j’ai eu un entretien avec Mme Woodruff, mais je n’ai pas vu Sarah Emma » (Journal de Wilford Woodruff, 11 novembre 1839). Le troisième rêve est plus détaillé : « Nous nous sommes beaucoup réjouis de pouvoir avoir un entretien ensemble, pourtant nos effusions étaient mêlées de douleur, car après avoir conversé un moment au sujet de ses soucis domestiques, j’ai demandé où Sarah Emma était… Elle a dit, en pleurant… ‘ Elle est morte ’. Nous avons pleuré un moment et je me suis réveillé… Ce rêve est-il vrai ? Je le saurai plus tard » (Journal de Wilford Woodruff, 28 novembre 1839).
Le 14 juillet 1840, Wilford Woodruff, maintenant en Grande-Bretagne, mit une note dans son journal pour commémorer un jour important pour sa famille : « Sarah Emma a deux ans aujourd’hui. Puisse le Seigneur protéger ma femme et mes enfants de la maladie et de la mort jusqu’à mon retour ». Toujours prompt à accepter la volonté de Seigneur, il ajoute : « Ô Seigneur, je les remets entre tes mains ; nourris-les, habille-les et console-les et que la gloire t’appartienne » (Journal de Wilford Woodruff, 14 juillet 1840). Trois jours plus tard, la petite Sarah Emma mourait.
Wilford Woodruff n’apprit la mort de sa fille que le 22 octobre 1840, par une lettre envoyée à l’un de ses frères du collège des Douze (voir le journal de Wilford Woodruff, 22 octobre 1840). Quatre jours plus tard, il reçut finalement des nouvelles de Phoebe, dans une lettre datée du 18 juillet. Il en copia une partie dans son journal :
« Mon cher Wilford, quels seront tes sentiments quand je dirai qu’hier j’ai été appelée à être témoin du départ de notre petite Sarah Emma hors de ce monde ? Oui, elle s’en est allée. La main implacable de la mort l’a arrachée à mon étreinte… En la regardant, j’ai souvent pensé à l’effet que cela me ferait de me séparer d’elle. Je me suis dit que je ne pourrais pas vivre sans elle, particulièrement en l’absence de mon mari. Mais elle s’en est allée. Le Seigneur l’a reprise auprès de lui dans quelque but sage.
« C’est une épreuve pour moi, mais le Seigneur m’a soutenue d’une façon merveilleuse. Je peux voir et sentir qu’il l’a reprise auprès de lui et qu’il prendra mieux soin d’elle que je le pourrais, le temps que j’aille la retrouver. Oui, Wilford, nous avons un petit ange au ciel et je pense que son esprit t’a probablement déjà rendu visite.
« C’est dur de vivre sans elle… Elle m’a laissé un baiser pour son papa juste avant de mourir… Les anciens lui ont fait l’imposition des mains et l’ont ointe plusieurs fois, mais le lendemain son esprit a pris, sans un gémissement, son envol de ce monde-ci vers un autre.
« Aujourd’hui Wilford [fils] et moi, avec tout un tas d’amis pour nous accompagner, nous sommes allés à Commerce [Illinois] pour rendre les derniers honneurs à notre petite chérie en veillant à ce qu’elle ait un enterrement décent. Elle n’a eu d’autres parents pour la suivre jusqu’à la tombe ou pour verser une larme pour elle que sa maman et le petit Wilford… Je viens de faire une promenade agréable et mélancolique jusqu’à la tombe de Sarah. Elle repose seule et en paix. Je peux dire que le Seigneur a donné et que le Seigneur a ôté, que le nom du Seigneur soit béni [voir Job 1:21] » (Journal de Wilford Woodruff, 26 octobre 1840).
À part copier la lettre de Phoebe, Wilford Woodruff écrivit très peu de choses au sujet du décès de sa fille. Il dit simplement que Sarah Emma avait été « enlevée de cette vie » et qu’elle avait « quitté cette vie pour de bon » (Journal de Wilford Woodruff, sommaire de l’année 1840).
Au cours des 91 années qu’il vécut, Wilford Woodruff connut le décès de beaucoup de proches, dont un certain nombre de membres de sa famille et tous les apôtres avec lesquels il avait oeuvré sous la direction de Joseph Smith, le prophète. En ces moments graves, il trouvait le réconfort dans son témoignage de l’Évangile rétabli et en la « réalité éternelle » de la résurrection (Deseret Weekly, 4 avril 1891, p. 462). Il enseignait souvent que la mort d’un saint des derniers jours juste est un moment d’épreuve et un moment de réjouissance. En fait, vers la fin de sa vie, il écrivit les instructions suivantes au sujet de ses propres obsèques : « Je ne souhaite pas que ma famille ou mes amis portent un quelconque signe du deuil pour moi à mes obsèques ou après, parce que si je suis loyal et fidèle jusqu’à la mort, il n’y aura aucune nécessité que quelqu’un pleure pour moi » (« President Wilford Woodruff », Millennial Star, 22 septembre 1898, p. 604).
Oeuvre missionnaire
Peu de temps après avoir été baptisé et confirmé membre de l’Église, Wilford Woodruff eut « le grand désir de prêcher l’Évangile ». Il dit : « Un dimanche soir, je me suis retiré, seul, dans les bois et j’ai invoqué le Seigneur dans une prière fervente, pour qu’il m’ouvre la voie pour que je puisse aller prêcher l’Évangile aux habitants de la terre. L’Esprit du Seigneur m’a rendu témoignage que ma prière avait été entendue et serait exaucée. Je me suis relevé, heureux, et j’ai fait deux cents mètres à pied et j’ai rencontré Elias Higbee, un grand prêtre chez qui j’avais logé pendant quelques mois. Comme je m’approchais de lui, il m’a dit : ‘ Frère Wilford, l’Esprit du Seigneur me révèle que vous devez être ordonné et partir en mission ’. J’ai répondu : ‘ Je suis prêt ’ » (« History of Wilford Woodruff from His Own Pen », Millennial Star, 25 mars 1865, p. 183).
Sous la direction de son évêque, Wilford Woodruff fut ordonné prêtre le 5 novembre 1834 et appelé pour faire une mission dans le sud des États-Unis. Il la fit avec foi et diligence, commençant ainsi une vie de service missionnaire dans laquelle il allait aider des milliers de personnes à embrasser l’Évangile rétabli. Heber J. Grant a dit à son sujet : « Je ne crois pas qu’aucun autre homme ici-bas ait été un plus grand convertisseur d’âmes à l’Évangile de Jésus-Christ » (Gospel Standards, compilation de G. Homer Durham, 1941, p. 20).
En janvier 1840, peu après avoir été ordonné apôtre, Wilford Woodruff arrivait en Angleterre pour oeuvrer comme missionnaire. Il commença son service dans le comté de Staffordshire où il connut un succès considérable. « Quarante personnes ont été ajoutées à l’Église par le baptême, écrivit-il, et beaucoup de nouvelles portes s’ouvrent ; et au milieu de la prospérité de l’oeuvre, comme je me levais pour parler devant une grande assemblée à Hanly, le premier jour de mars, le Seigneur m’a manifesté que ce serait la dernière fois que j’avertissais les gens pour longtemps et lorsque je me suis levé et ai informé les gens que c’était la dernière fois qu’ils entendaient ma voix pour longtemps, ils se sont étonnés, car ils s’attendaient tout comme moi, quand je suis entré dans la maison, à ce que je passe des mois parmi eux ; mais les voies et les pensées de Dieu ne sont pas comme nos voies et nos pensées à tous points de vue.
Le lendemain, Wilford Woodruff invoqua le Seigneur dans la prière, et demanda où il devait aller. Il raconte : « Pensant que c’était mon droit et mon devoir de connaître la volonté du Seigneur sur le sujet, j’ai donc demandé à mon Père céleste, au nom de Jésus-Christ, de m’enseigner sa volonté à ce propos et, pendant que je demandais, le Seigneur m’a donné et m’a montré que c’était sa volonté que j’aille immédiatement dans le sud de l’Angleterre. J’en ai parlé à frère William Benbow, qui avait habité dans le Herefordshire et y avait encore des amis et il a vivement souhaité que je me rende dans cette région du pays et il a généreusement proposé de m’accompagner chez son frère et de payer ma place, ce que j’ai volontiers accepté » (« Elder Woodruff ’s Letter », Times and Seasons,1er mars 1841, p. 327).
Le 4 mars 1840, Wilford Woodruff et William Benbow arrivaient chez John, frère de William Benbow. « Dans l’heure qui a suivi mon arrivée chez lui, dit le président Woodruff, j’ai appris pourquoi le Seigneur m’avait envoyé là… J’y ai trouvé un groupe d’hommes et de femmes, environ six cents, qui s’étaient associés sous le nom de Frères unis et recherchaient l’ordre antique des choses. Ils voulaient l’Évangile enseigné par les prophètes et les apôtres, comme moi dans ma jeunesse » (Millennial Star, 28 novembre 1895, p. 754).
La famille Benbow accepta rapidement le message du Rétablissement et William retourna au Staffordshire « après avoir eu la joyeuse bénédiction de voir son frère John Benbow et toute sa maison baptisés dans la nouvelle alliance éternelle » (Times and Seasons, 1er mars 1841, p. 328). Wilford Woodruff resta environ huit mois dans la région. Il devait dire plus tard : « Pendant les trente premiers jours après mon arrivée dans le Herefordshire, j’ai baptisé quarante-cinq prédicateurs et plusieurs centaines de fidèles… Nous avons amené deux mille personnes en huit mois de travail environ » (Millennial Star, 28 novembre 1895, p. 754).
À propos de cette expérience, le président Woodruff écrivit : « Toute l’histoire de cette mission au Herefordshire montre l’importance d’écouter le murmure doux et léger de Dieu et les révélations du Saint-Esprit. Le Seigneur avait là un peuple prêt pour l’Évangile. Il priait pour avoir la lumière et la vérité et le Seigneur m’a envoyé auprès de lui » (« Leaves from My Journal », Millennial Star, 28 novembre 1881, p. 767).
Environ deux ans avant que Wilford Woodruff ne fasse sa mission en Angleterre, l’Esprit l’amena à prêcher l’Évangile à un plus petit groupe de gens – sa propre famille. Dans sa bénédiction patriarcale, donnée par Joseph Smith, père, il lui avait été promis qu’il « ferait entrer la maison de son père dans le royaume de Dieu » (« Leaves from My Journal », Millennial Star, 19 septembre 1881, p. 606). En 1838, alors qu’il faisait une mission dans une région proche de sa ville natale, il eut le sentiment que le moment était venu pour que cette prophétie s’accomplisse. Il écrit :
« J’ai passé… dix-huit jours à Farmington et à Avon à visiter la famille de mon père, mes oncles, tantes, cousins, voisins et amis, à leur prêcher l’Évangile de Jésus-Christ et à m’efforçer de les faire entrer dans le royaume de Dieu… Avec l’aide de Dieu, j’ai prêché fidèlement l’Évangile à la maison de mon père et à tous ceux qui étaient avec lui, ainsi qu’à mes autres parents ».
Le 1er juillet 1838, Wilford Woodruff baptisait six personnes, dont tous ceux qui vivaient chez son père, exactement comme cela lui avait été promis dans sa bénédiction patriarcale. « C’était vraiment un jour de joie pour mon âme, dit-il. Mon père, ma belle-mère et ma soeur étaient parmi les baptisés. Par la suite, j’y ai ajouté un certain nombre de parents. J’ai trouvé que l’œuvre de ce jour, à elle seule, m’avait largement récompensé de tous mes efforts dans le ministère.
« Qui peut comprendre la joie, la gloire, le bonheur et la consolation qu’un ancien d’Israël ressent d’être un instrument entre les mains de Dieu pour aider son père, sa mère, sa soeur, son frère ou n’importe qui de la postérité d’Adam à franchir la porte qui mène à la vie et au salut ? Seul le peut celui qui l’a vécu et possède le témoignage de Jésus-Christ et l’inspiration du Dieu Tout-Puissant » (Millennial Star, 19 septembre 1881,
pp. 606-7).
Patrimoine spirituel
Lorsqu’il enseignait les membres de l’Église, Wilford Woodruff faisait souvent le récit d’événements qui montraient la foi et le courage des premiers saints des derniers jours. Il exhortait les personnes de sa génération à persévérer dans la foi et la génération montante à suivre l’exemple de ses aïeux : à « garder à l’esprit les labeurs, le soin et les difficultés que vos pères ont endurés pour poser les fondations de la Sion de notre Dieu » (« A Pioneer Address », Millenial Star, 3 septembre 1888, p. 563). Il a déclaré : « C’est par la miséricorde de Dieu que nous avons été guidés jusqu’à présent. Les bénédictions de Dieu ont été multipliées sur notre tête année après année. Nous avons reçu plus que ce que nous méritons et les recommandations et les instructions qui nous ont été données ont été bénéfiques. J’espère que nous aurons de la sagesse et que nous ne permettrons pas que ces choses disparaissent comme de vaines légendes mais que nous leur donnerons suite et que nous serons disponibles pour tout ce qui est requis de nous » (Journal of Discourses, 9:223).
Prêtrise
Dans sa jeunesse, Wilford Woodruff aspirait à trouver une Église ayant l’autorité véritable de la prêtrise – ayant du « pouvoir devant les cieux et sur la terre » (Deseret Weekly, 6 avril 1889, p. 450). Dans un discours daté de 1889, il raconte :
« Dans mon enfance, j’allais à l’école du sabbat… À cette école du sabbat, je lisais le Nouveau Testament. J’ai appris verset après verset et chapitre après chapitre. Qu’est-ce que le Testament m’a enseigné ? Il m’a enseigné l’Évangile de vie et de salut ; il m’a enseigné un Évangile de pouvoir devant les cieux et sur la terre. Il m’a enseigné que l’organisation de l’Église était composée de prophètes, d’apôtres, de pasteurs et de docteurs, avec des aides et des gouvernements. Pour quoi faire ? ‘ Pour le perfectionnement des saints en vue de l’oeuvre du ministère et de l’édification du corps de Christ, jusqu’à ce que nous soyons tous parvenus à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ ’ » [Voir 1 Corinthiens 12:28 ; Éphésiens 4:11-13].
« Ce sont les choses que j’ai apprises, et elles ont fait une impression sur moi. J’y croyais ; pourtant je ne les avais jamais entendu enseigner par un ecclésiastique quelconque sur la terre. Devenu adulte, j’ai assisté aux réunions de presque toutes les confessions existantes. Une fois, j’ai assisté à l’une de ces grandes réunions que l’on tenait parfois dans le Connecticut, où se rassemblaient quarante ou cinquante ecclésiastiques de diverses confessions. Ils priaient pour qu’il y ait une période de Pentecôte et pour pas mal d’autres choses. À cette réunion, tout le monde avait la permission de prendre la parole. J’étais très jeune alors. Je me suis levé, je me suis avancé dans le couloir et j’ai dit à ce groupe d’ecclésiastiques : ‘ Mes amis, me direz-vous pourquoi vous ne prônez pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes ? Me direz-vous pourquoi vous ne prônez pas cet Évangile que Jésus-Christ a enseigné et que ses apôtres ont enseigné ? Pourquoi ne prônez-vous pas cette religion qui vous donne du pouvoir devant Dieu, le pouvoir de guérir les malades, de donner la vue aux aveugles, de faire marcher les boiteux et qui vous donne le Saint-Esprit et ces dons et grâces qui ont été manifestés depuis la création du monde ? Pourquoi n’enseignez-vous pas aux gens les principes que les patriarches et les prophètes d’autrefois ont enseignés tandis qu’ils étaient revêtus des révélations de Dieu ? Ils avaient le ministère d’anges ; ils avaient des songes et des visions, et la révélation constante pour les guider et les diriger sur le chemin qu’ils devaient suivre ’.
« L’officier président a dit : ‘ Mon garçon, vous seriez quelqu’un de très intelligent et de très utile sur la terre, si vous ne croyiez pas toutes ces choses idiotes. Elles ont été données aux enfants des hommes dans les temps enténébrés du monde, et elles ont été données dans le but même d’éclairer les enfants des hommes à cette époque-là afin qu’ils croient en Jésus-Christ. Aujourd’hui nous vivons dans l’éclat de la lumière glorieuse de l’Évangile et nous n’avons pas besoin de ces choses ’. J’ai dit : ‘ Alors, je préfère l’âge des ténèbres du monde ; je préfère l’époque où les hommes recevaient ces principes ’ » (Deseret Weekly, 6 avril 1889, p. 450).
Le 29 décembre 1833, Wilford Woodruff entendit finalement l’Évangile de la bouche de serviteurs autorisés de Dieu. Il raconte : « Pour la première fois de ma vie, je voyais un ancien de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. C’était Zera Pulsipher. Il m’a dit qu’il avait été inspiré du Seigneur. Il battait le grain dans sa grange quand la voix du Seigneur s’était adressée à lui et lui avait dit de se lever et d’aller au nord, que le Seigneur avait besoin de lui là-bas. Il est allé trouver frère Elijah Cheney, son voisin et membre de l’Église. Ils ont fait cent kilomètres à pied… dans la neige profonde, et le premier endroit où ils se sont sentis poussés à s’adresser était la maison de mon frère et de moi-même. Ils sont entrés dans la maison et ont parlé avec la femme de mon frère, et ils lui ont dit qui ils étaient et pourquoi ils étaient là. Ils lui ont dit qu’ils s’étaient sentis poussés à aller au nord et qu’ils ne s’étaient jamais sentis poussés à s’arrêter avant d’atteindre cette maison. Quand ils lui ont expliqué leurs principes, elle a dit que son mari et son beau-frère étaient tous les deux des hommes qui croyaient en ces principes et qu’il y avait des années qu’ils priaient pour les trouver. Ils ont convoqué une réunion dans l’école sur notre exploitation agricole.
« Je suis rentré le soir et ma belle-soeur m’a parlé de cette réunion. J’avais été occupé à tirer des troncs depuis le rivage du lac Ontario (je faisais le commerce de bois de charpente), et j’ai dételé mes chevaux, je n’ai pas pris le temps de manger et je suis allé à la réunion. J’ai trouvé la maison et le jardin de devant remplis de gens. J’ai entendu pour la première fois de ma vie un sermon sur l’Évangile enseigné par les anciens de l’Église. C’était ce que je recherchais depuis ma prime jeunesse. J’ai invité les hommes à la maison. J’ai emprunté le Livre de Mormon et je suis resté toute la nuit à le lire. Le lendemain matin, j’ai dit à frère Pulsipher que je voulais être baptisé. J’avais le témoignage personnel que ces principes étaient vrais. Mon frère et moi… nous nous sommes fait baptiser, les deux premiers à l’être dans ce comté (Deseret Evening News, 1er mars 1897, p. 1).
Zera Pulsipher baptisa Wilford Woodruff dans un ruisseau le 31 décembre 1833, et le confirma le même jour. Trois jours plus tard, Wilford Woodruff recevait la Prêtrise d’Aaron et était ordonné à l’office d’instructeur. C’était le commencement de toute une vie au service du Seigneur. En y repensant, il dit : « Ma mission a immédiatement commencé » (« The Rights of the Priesthood », Deseret Weekly,17 mars 1894, p. 381).
Prière
En mars 1835, pendant qu’il faisait sa première mission, Wilford Woodruff dut traverser des cours d’eau et des marais dans le sud-est des États-Unis. Pour traverser les marais, son collègue et lui abattirent un arbre et en firent un canoë. Ils ramèrent sans difficulté environ 230 kilomètres avant d’abandonner le canoë et de continuer à pied. Le président Woodruff raconta plus tard qu’ils prirent une route qui « traversait des marais et était couverte, la plupart du temps, d’eau et de boue sur 250 kilomètres. » Il a ajouté : « Nous avons fait quarante milles [environ 72 km] à pied en une journée avec de la boue et de l’eau jusqu’aux genoux. Le 24 mars, après avoir fait une quinzaine de kilomètres dans la boue, j’ai été paralysé par une douleur aiguë dans le genou. Je me suis assis sur un tronc ».
À ce moment du voyage, son compagnon, qui en avait assez de l’oeuvre et avait décidé de rentrer chez lui, le laissa là, assis sur son tronc dans un marais à alligators. Sans se laisser décourager, Wilford Woodruff s’adressa au Seigneur. Il dit : « Je me suis mis à genoux dans la boue et j’ai prié ; le Seigneur m’a guéri et j’ai poursuivi mon chemin en me réjouissant » (voir « Leaves from My Journal »,Millennial Star, 20 juin 1881, pp. 390-391).
Des années plus tard, le président Woodruff montra sa foi pendant qu’avec sa femme et plusieurs autres personnes il se rendait en bateau en mission en Angleterre. « Nous voyagions depuis trois jours et trois nuits au milieu de violentes rafales et nous étions repoussés par le vent. Finalement, j’ai demandé à mes compagnons de me rejoindre dans la cabine et je leur ai dit de prier le Seigneur de modifier la direction du vent. Je ne craignais pas d’être perdu, mais je n’aimais pas l’idée d’être ramené à New York, car je voulais poursuivre mon voyage. Nous avons tous fait la même prière, hommes et femmes, et quand nous avons eu terminé, nous sommes remontés sur le pont et, en moins d’une minute, c’était comme si un homme avait pris un sabre et avait coupé la rafale ; on aurait pu jeter un mouchoir en mousseline, le vent ne l’aurait pas emporté » (The Discourses of Wilford Woodruff, choisis par G. Homer Durham, 1946, p. 288).
Prophètes vivants
Une après-midi, Wilford Woodruff était chez lui lorsqu’on lui dit que Brigham Young voulait le voir au bureau de l’historien de l’Église. Dès qu’il entendit cette demande du président de l’Église, Wilford Woodruff « se rendit tout de suite à son bureau » (Journal of Wilford Woodruff, 26 août 1857, Archives de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours), où il travaillait alors comme historien adjoint de l’Église. Plus tard, il écrivit dans son journal :
« Lorsque je suis entré, le président Young m’a dit : ‘ Avez-vous une paire de chevaux ? Je lui ai dit que j’avais une paire de petits poneys. Il m’a demandé si je pouvais m’en passer. J’ai hésité un instant avant de dire : ‘ Oui, je peux faire tout ce qui est nécessaire ’. Il m’a dit alors : ‘ J’ai une bonne paire de chevaux que je veux vous donner, comme vous travaillez ici ’. J’étais très surpris. Je ne m’y attendais pas du tout. J’ai accepté les chevaux avec reconnaissance, bien que je ne l’aie peut-être pas dit à ce moment-là » (Journal of Wilford Woodruff, 26 août 1857).
Lorsque Wilford Woodruff accepta de renoncer à ses poneys, il choisit simplement d’obéir aux instructions du président Young ; il ne s’attendait pas à une récompense. Cependant, il savait qu’en suivant le prophète vivant, on reçoit des bénédictions. Quelques mois auparavant, il avait déclaré : « Le Seigneur ouvrira l’esprit de frère Brigham et le guidera vers de nombreux principes relatifs au salut de ce peuple, et nous ne pouvons pas fermer notre esprit et dire que nous n’irons que jusqu’à une certaine limite et pas au-delà ; nous ne pouvons pas le faire sans compromettre notre position devant Dieu » (Deseret News, 27 mai 1857, p. 91 ; tiré d’un discours donné le 9 avril 1857).
Cette déclaration était conforme à sa loyauté à toute épreuve envers les présidents de l’Église tandis qu’il était membre du collège des douze apôtres. Lorsqu’il devint président de l’Église, il témoigna de son appel divin et assura les saints qu’ils seraient toujours dirigés par un prophète vivant. Il a dit :
« Lorsque le Seigneur donna les clés du royaume de Dieu, les clés de la Prêtrise de Melchisédek, de l’apostolat, et les scella sur la tête de Joseph Smith, il les scella sur sa tête pour qu’elles restent ici-bas jusqu’à la venue du Fils de l’Homme. C’est à juste titre que Brigham Young a dit : ‘ Les clés du royaume de Dieu sont ici ’. Il les a détenues jusqu’à sa mort. Puis elles ont reposé sur la tête d’un autre homme : John Taylor. Il a détenu ces clés jusqu’à l’heure de sa mort. Puis, à mon tour, ou par la providence de Dieu, c’est moi, Wilford Woodruff, qui les aie reçues.
« Je dis aux saints des derniers jours que les clés du royaume de Dieu sont ici et elles y resteront jusqu’à la venue du Fils de l’Homme. Que tout Israël comprenne cela. Il se peut qu’elles ne reposent sur ma tête que peu de temps, mais elles reposeront alors sur la tête d’un autre apôtre, puis d’un autre après lui et cela continuera jusqu’à la venue du Seigneur Jésus-Christ, dans les nuées des cieux » (Millennial Star, 2 septembre 1889, p. 547).
Rétablissement de l’Évangile
Quand Wilford Woodruff était enfant, sa famille et lui se lièrent d’amitié avec Robert Mason, homme qui était connu pour ses croyances religieuses très personnelles. Le président Woodruff explique :
« Il croyait qu’il était nécessaire d’avoir des prophètes, des apôtres, des songes, des visions et des révélations dans l’Église du Christ, comme ceux qui vivaient dans les temps anciens ; et il croyait que le Seigneur susciterait, dans les derniers jours, un peuple et une Église avec des prophètes, des apôtres et tous les dons, pouvoirs et bénédictions qu’elle avait connus à toutes les époques du monde… Il venait fréquemment chez mon père quand j’étais enfant et nous enseignait ces principes, à mes frères et à moi ; et je le croyais.
« Il priait beaucoup, et il avait des songes et des visions, et le Seigneur lui montrait en vision beaucoup de choses qui devaient se produire dans les derniers jours.
« Je vais rapporter ici une vision qu’il m’a racontée. La dernière fois je l’ai vu, il m’a dit : ‘ Je travaillais aux champs à midi lorsque j’ai été enveloppé dans une vision. J’ai été placé au milieu d’une vaste forêt d’arbres fruitiers : j’avais très faim et j’ai marché longtemps dans le verger, à la recherche de fruits à manger ; mais je n’arrivais pas à en trouver dans tout le verger, et je pleurais parce que je ne trouvais pas de fruits. Tandis que j’étais là à contempler le verger et à me demander pourquoi il n’y avait pas de fruits, les arbres ont commencé à tomber par terre de tous les côtés, jusqu’à ce qu’il n’en reste pas un debout dans tout le verger ; et tandis que je m’étonnais de ce que je voyais, j’ai vu de jeunes pousses sortir des racines des arbres qui étaient tombés et elles se sont épanouies pour devenir de jeunes arbres qui poussaient vigoureusement sous mes yeux. Ils ont bourgeonné, fleuri et ont porté des fruits jusqu’à ce que les arbres soient chargés des plus beaux fruits que j’aie jamais vus, et je me suis réjoui de voir tant de beaux fruits. Je me suis approché d’un arbre et je me suis rempli les mains de fruits et me suis émerveillé de leur beauté, et comme j’étais sur le point d’en goûter, la vision s’est refermée et je me suis retrouvé dans le champ à l’endroit même où j’étais au commencement de la vision.
« ‘ Je me suis alors mis à genoux par terre, et j’ai prié le Seigneur et je lui ai demandé, au nom de Jésus-Christ, de me montrer la signification de la vision. Le Seigneur m’a dit : « Voici l’interprétation de la vision ; les grands arbres de la forêt représentent la génération d’hommes dans laquelle tu vis. Il n’y a pas d’Église du Christ, ni de royaume de Dieu sur la terre dans ta génération. Il n’y a pas de fruits de l’Église du Christ sur la terre. Il n’y a actuellement aucun homme ordonné de Dieu pour administrer les ordonnances de l’Évangile du salut sur la terre dans cette génération. Mais à la prochaine génération, moi, le Seigneur, j’établirai mon royaume et mon Église sur la terre, et les fruits du royaume et de l’Église du Christ, comme ceux qui ont accompagné les prophètes, les apôtres et les saints dans chaque dispensation se trouveront de nouveau dans toute leur plénitude sur la terre. Tu vivras assez longtemps pour voir ce jour et toucher les fruits, mais tu n’en prendras jamais dans la chair ’ ».
Le président Woodruff poursuit : « Quand il a eu fini de relater la vision et son interprétation, il m’a dit : … ‘ Je ne mangerai jamais de ce fruit dans la chair, mais toi oui, et tu deviendras un acteur en vue dans ce royaume ’. Il s’est alors détourné et m’a quitté. Ce sont les dernières paroles qu’il m’ait adressées sur terre…
« Il a eu cette vision vers l’an 1800 et il me l’a rapportée en 1830 – le printemps même où l’Église a été organisée.
« Cette vision, avec les autres enseignements qu’il m’avait donnés, a fait une grande impression sur mon esprit, et j’ai beaucoup prié le Seigneur de me diriger par son Esprit et de me préparer pour son Église quand elle serait là ».
Quand il devint membre de l’Église, Wilford Woodruff écrivit une lettre à son ami Robert Mason. « Je lui ai dit que j’avais trouvé l’Église du Christ dont il m’avait parlé. Je lui ai parlé de son organisation et de la parution du Livre de Mormon ; que l’Église contenait des prophètes, des apôtres et tous les dons et bénédictions et que les vrais fruits du royaume et de l’Église du Christ étaient manifestes parmi les saints, comme le Seigneur le lui avait montré dans sa vision. Il a reçu ma lettre et l’a relue de nombreuses fois, et l’a tenue en mains comme il avait tenu en mains les fruits dans la vision ; mais il était très âgé et est mort peu après. Il n’a pas eu la possibilité de voir un ancien lui administrer les ordonnances de l’Évangile.
« À la première occasion que j’ai eue, après que la doctrine du baptême pour les morts a été révélée, je me suis fait baptiser pour lui » (« Leaves from My Journal »,Millennial Star, 23 mai 1881, p. 334-335).
Saint-Esprit et révélation personnelle
En octobre 1880, le président Woodruff dit aux saints qu’il avait récemment reçu la visite de Brigham Young, qui était mort en 1877, et de Heber C. Kimball, qui était mort en 1868. « Quand nous sommes arrivés à notre destination, raconta-t-il, j’ai demandé au président Young s’il allait nous prêcher. Il a dit : ‘ Non, j’ai fini mon témoignage dans la chair. Je ne parlerai plus à ce peuple. Mais, a-t-il dit, je suis venu pour vous voir ; je suis venu pour veiller sur vous et pour voir ce que le peuple fait ’. Puis, dit-il, ‘ Je veux que vous enseigniez au peuple – et je veux que vous suiviez cette recommandation vous-même – qu’il doit oeuvrer et vivre de manière à obtenir l’Esprit Saint, parce que sans cela vous ne pouvez pas édifier le royaume ; sans l’Esprit de Dieu, vous courez le risque de marcher dans les ténèbres et de ne pas vous acquitter de votre appel d’apôtres et d’anciens de l’Église et du royaume de Dieu ’ » (The Discourses of Wilford Woodruff, choisis par G. Homer Durham, 1946, p. 290).
Cette recommandation n’était pas nouvelle pour le président Woodruff. Les frères de la Première Présidence et du Collège des Douze le connaissaient pour être un « homme sensible aux impressions de l’Esprit du Seigneur, un homme guidé par l’inspiration dans l’exécution de son devoir, bien plus que par un quelconque don de sagesse ou de jugement qu’il aurait lui-même possédé » (Joseph F. Smith, Gospel Doctrine, 5e édition, 1939, p. 171). Il a souvent rapporté une expérience de l’inspiration de l’Esprit qu’il a eue. Elle s’est produite pendant que sa famille et lui voyageaient dans l’Est des États-Unis, où il avait été était appelé pour faire une mission. Il a dit :
« Un soir, j’ai conduit mon chariot dans la cour de frère Williams [un membre local de l’Église]. Orson Hyde [du Collège des Douze] a amené un chariot à côté du mien. J’avais mon épouse et mes enfants dans le chariot. Après avoir mis mes chevaux à la pâture et avoir mangé, je me suis mis au lit dans le chariot. Je n’y étais que depuis quelques minutes que l’Esprit me disait : ‘ Lève-toi et déplace ce chariot ’. J’ai dit à mon épouse que je devais me lever et déplacer le chariot. Elle a dit : ‘ Pour quoi faire ? ’ J’ai dit : ‘ Je ne sais pas ’. Elle ne me demandait rien de plus en de telles occasions ; quand je lui disais que je ne savais pas, cela suffisait. Je me suis levé et j’ai déplacé mon chariot… J’ai alors regardé autour de moi et je me suis mis au lit. Le même Esprit m’a dit : ‘ Éloigne tes animaux de ce chêne ’… Je suis allé déplacer mes chevaux et je les ai mis dans un petit bosquet de noyers blancs. Je me suis de nouveau mis au lit.
« Au bout de trente minutes, une tempête s’est élevée et a cassé le chêne à moins de soixante centimètres du sol. Il est passé au-dessus de trois ou quatre clôtures et est tombé en plein dans cette cour près du chariot d’Orson Hyde et à l’endroit où le mien s’était trouvé. Quelles auraient été les conséquences si je n’avais pas écouté l’Esprit ? Eh bien, ma femme et moi, et les enfants, nous aurions sans aucun doute été tués. C’était le murmure doux et léger qui m’avait parlé – pas un tremblement de terre, pas le tonnerre, pas la foudre, mais le murmure doux et léger de l’Esprit de Dieu [voir 1 Rois 19:11,12]. Il m’a sauvé ma vie. C’était l’esprit de révélation qui s’était adressé à moi » (Deseret Weekly, 5 septembre 1891, p. 323).
Le président Woodruff a insisté sur le fait que tous les membres de l’Église devaient être guidés par le Saint-Esprit – rechercher la révélation personnelle. Il a affirmé : « L’Église de Dieu ne pourrait pas vivre vingt-quatre heures sans révélation » (The Discourses of Wilford Woodruff, p. 61).
Seconde venue de Jésus-Christ
Dans un discours de la conférence générale d’avril 1950, Richard L. Evans, du collège des douze apôtres, a dit : « Je me souviens d’une déclaration attribuée, si ma mémoire est exacte, à Wilford Woodruff. On a dit que certains des frères de son époque étaient allés le voir… et lui avaient demandé quand, selon lui, viendrait la fin ; quand serait la venue du Maître. Il répondit en substance : ‘ Je vis comme si c’était demain, mais je continue de planter des cerisiers ! ’ » (Conference Report, avril 1950, p. 105).
Même si ce ne sont pas les termes exacts de la réponse du président Woodruff, ils reflètent bien ses sentiments au sujet de la seconde venue de Jésus-Christ. Il a dit à ce propos : « Je ne pense pas que quelqu’un puisse dire l’heure de la venue du Fils de l’Homme… Nous n’avons pas besoin de chercher à ce que le moment de cet événement soit connu » (Deseret Weekly, 11 octobre 1890, p. 517). Cependant, il avait hâte que le Sauveur revienne régner sur la terre. Ayant le témoignage que l’Église avait été établie dans les derniers jours, il exhortait les saints, avec une grande insistance, à se préparer pour la seconde venue du Sauveur. Il disait : « Dans les cieux comme sur terre, les signes indiquent tous la venue du Seigneur Jésus-Christ. Lorsque, sous l’influence de l’Esprit de Dieu, mon intelligence est ouverte pour que je comprenne ces choses, je m’étonne souvent que non seulement le monde mais aussi nous, ne soyons pas plus disposés et diligents à nous préparer, notre famille et nous, aux événements qui sont maintenant à notre porte. Car, même si les cieux et la terre passent, pas un seul iota ni un seul trait de lettre de la parole du Seigneur ne passera inaccompli » (Deseret News, 4 février 1873, p. 2).
Temple
Le 27 mars 1836, lors de la consécration du temple de Kirtland, Wilford Woodruff faisait une mission à plein temps au Sud des États-Unis. Trois semaines plus tard, il entendit parler de la consécration et écrivit dans son journal que cette nouvelle était « merveilleuse au plus haut degré » (Journal of Wilford Woodruff, 19 avril 1836, Archives de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours). Après avoir terminé sa mission, il revint à Kirtland où il arriva « à pied dans une forte tempête de neige ». Il a écrit : « Nous sommes arrivés en vue du temple du Seigneur avant d’atteindre le village, et je me réjouissais vraiment en le voyant, car c’était la première fois que mes yeux contemplaient la maison du Seigneur construite par commandement et par révélation » (Journal of Wilford Woodruff, 25 novembre 1836).
L’amour de Wilford Woodruff pour l’oeuvre du temple ne faiblit jamais. Il participa à toutes les phases de cette oeuvre, de la construction à la consécration et des recherches généalogiques aux ordonnances pour les morts. Il se réjouitaussi des ordonnances du temple que les membres de sa famille et lui reçurent.
Le président Woodruff parlait souvent du jour où il reçut sa dotation. Joseph Smith, le prophète, qui sentait que son ministère terrestre allait bientôt prendre fin, administra la dotation au collège des douze apôtres à Nauvoo, avant même que le temple ne soit terminé. Le président Woodruff a témoigné : « Joseph Smith m’a fait connaître les ordonnances mêmes que nous donnons aux saints des derniers jours dans notre dotation. J’ai reçu ma dotation sous sa direction » (The Discourses of Wilford Woodruff, choisis par G. Homer Durham, 1946, p. 148).
En tant que membre du collège des douze apôtres et plus tard président de l’Église, Wilford Woodruff prit part à l’œuvre de construction des temples. Il aida à la construction du temple de Nauvoo (Illinois), et des temples de quatre villes d’Utah : Logan, St. George, Manti et Salt Lake City. Il prononça la prière de consécration des temples de Manti et de Salt Lake City. Le temple de Salt Lake City, terminé au bout de quarante ans de travail dévoué des saints, avait une signification particulière pour le président Woodruff. Il avait vu le temple pour la première fois dans une vision détaillée avant l’arrivée des saints dans la vallée du Lac Salé (voir The Discourses of Wilford Woodruff, p. 162). Quatre jours après l’arrivée dans la vallée, il était présent lorsque Brigham Young, président de l’Église, fut inspiré de choisir l’emplacement du temple (voir le Journal of Wilford Woodruff, 28 juillet 1847). Des années avant l’achèvement du temple, il avait fait un rêve dans lequel il recevait la clé du temple et le président Young lui disait de « laisser entrer dans le temple tous ceux qui cherchent le salut » (Journal of Wilford Woodruff, 12 mars 1887). Il était un avocat infatigable de l’achèvement du temple, même aux temps d‘épreuves et de persécutions. Et, lorsqu’en avril 1893, la construction fut enfin terminée, il suivit les instructions reçues en rêve du président Young et organisa trois semaines de services de consécration pour s’assurer que tous les saints auraient l’occasion d’y participer.
Après la consécration du temple de Salt Lake, le président Woodruff souligna l’importance de la famille dans l’oeuvre du temple. Il dit : « Nous voulons qu’à partir de maintenant, les saints des derniers jours fassent leur généalogie aussi loin que possible, et qu’ils soient scellés à leurs ancêtres. Faites sceller les enfants à leurs parents, et continuez cette chaîne aussi loin que vous pouvez » (The Discourses of Wilford Woodruff, p. 157).
En 1894, le président Woodruff supervisa la fondation de la Société Généalogique d’Utah, qui mena à l’actuelle œuvre mondiale de l’Église pour aider les gens à trouver leurs ancêtres. Cent ans plus tard, Russell M. Nelson du Collège des douze apôtres, remarquait : « Les événements de cette année historique ont établi les recherches généalogiques et le service au temple commeune seule oeuvre dans l’Église » (Conference Report, octobre 1994, p. 114 ; voir aussi L’Étoile, janvier 1995, p. 85). Ces événements faisaient partie de l’accomplissement en cours de la prophétie selon laquelle « le coeur des enfants se tournera vers leurs pères » (D&A 2:2 ; voir aussi Malachie 4:5-6).
En octobre 1841, peu de temps après son retour à Nauvoo d’une mission en Angleterre, Wilford Woodruff assista à une réunion où Joseph Smith, le prophète, enseigna la doctrine de la rédemption des morts. C’était la première fois que Wilford Woodruff entendait dire que des membres vivants de l’Église pouvaient recevoir des ordonnances de salut pour leurs ancêtres qui était décédés. Il dit : « Ce fut comme un rayon de lumière venant du trône de Dieu qui pénétrait dans notre coeur. Il a ouvert à notre esprit une perspective aussi large que l’éternité » (Deseret Weekly, 25 décembre 1897, p. 34). Il dit aussi : « Il m’a semblé que ce Dieu qui a révélé ce principe aux hommes était sage, juste et vrai et qu’il possédait les meilleurs attributs ainsi que le bon sens et la connaissance. Je sentais qu’il était en accord aussi bien avec l’amour, la miséricorde, la justice qu’avec le jugement, et cela me faisait aimer le Seigneur plus que jamais dans ma vie… J’avais envie de m’exclamer alléluia lorsque la révélation concernant le baptême des morts a été donnée. Je sentais que nous avions le droit de nous réjouir des bénédictions des cieux » (Deseret News, 27 mai 1857, p. 91).
En entendant cette doctrine, Wilford Woodruff pensa à sa mère. Il dit : « La première chose qui m’est venue à l’esprit était que ma mère était dans le monde des esprits. Elle est morte lorsque j’avais quatorze mois. Je n’ai jamais connu ma mère. Je me suis demandé : Ai-je le pouvoir de sceller ma mère à mon père ? La réponse était affirmative » (Deseret Weekly, 25 décembre 1897, p. 34). Il parla plus tard du moment où il eut enfin l’occasion de le faire : « Elle aura part à la première résurrection ; et cela en soi me récompenserait de tous les labeurs de ma vie » (Deseret Weekly, 24 février 1894, p. 288). Il témoigna aussi de la joie qu’il ressentit en faisant les ordonnances du temple pour d’autres membres de sa famille décédés. « J’ai eu la bénédiction et le privilège de racheter dans le temple de notre Dieu quelque quatre mille parents de mon père et de ma mère. J’en parle, car c’est l’une de nos bénédictions, dont nous ne connaîtrons pas la plénitude et la gloire avant l’ouverture du voile » (Deseret Weekly, 24 février 1894, p. 288).
Alors qu’il était président de l’Église, Wilford Woodruff consacra le temple de Salt Lake. À cette occasion il implora le Seigneur d’aider les saints dans leur œuvre de rachat des morts : « Veuille… permettre à de saints messagers de nous visiter dans cette enceinte sacrée et de nous faire connaître ce qui concerne l’oeuvre que nous devons faire pour nos morts. Et, comme tu as porté le coeur de nombreuses personnes qui ne sont pas encore entrées dans ton alliance à rechercher leurs ancêtres, et qu’en le faisant, elles ont constitué l’arbre généalogique de beaucoup de tes saints, nous te prions de faire grandir ce désir en leur sein, pour qu’elles puissent ainsi contribuer à l’accomplissement de ton oeuvre. Nous te prions de les bénir dans leur travail, afin qu’elles ne commettent pas d’erreurs en préparant leur généalogie ; et, de plus, nous te demandons d’ouvrir devant eux des voies nouvelles d’information et de placer entre leurs mains les registres du passé, afin que leur travail soit non seulement correct, mais aussi complet » (The Discourses of Wilford Woodruff, choisis par G. Homer Durham 1946, p.341).
Tenue d’annales
En 1835, Wilford Woodruff commença son premier journal en croyant, selon ses termes, « qu’il est bénéfique de passer en revue notre vie passée et que nous avons la bénédiction mais aussi le devoir de faire le récit exact de nos actes ». Il écrivit : « C’est dans ce but que je m’efforcerai dorénavant de faire le récit de mes voyages, afin que, lorsqu’on me le demandera, je puisse rendre compte de mon intendance » (Journal of Wilford Woodruff, pas de date, Archives de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours). Il tint son journal pendant les soixante-trois ans qui suivirent et y écrivit pour la dernière fois le 31 août 1898, deux jours avant sa mort. Ce qu’il a noté dans son journal constitue un compte-rendu exact et fidèle de sa vie personnelle et montre son amour pour sa famille, son intérêt pour ce qui l’entourait, sa diligence à accomplir ses tâches quotidiennes, sa foi pendant les épreuves et son témoignage et sa compréhension de l’Évangile. Ses notes donnent également un aperçu de la vie d’autres membres de l’Église de l’époque.
En plus d’écrire au sujet de sa vie personnelle et de son ministère, Wilford Woodruff a fait un récit précis de l’histoire de l’Église. Il a expliqué : « J’ai été inspiré et poussé à tenir un journal et à noter les affaires de l’Église dans la mesure de mes possibilités. Je ne comprenais pas pourquoi ce sentiment était si fort au début de l’Église mais je le comprends maintenant. Il était rare que j’entende frère Joseph ou les Douze prêcher ou enseigner un principe sans que je ne me sente aussi mal à l’aise qu’un poisson hors de l’eau jusqu’à ce que je l’aie écrit. Ensuite, je me sentais bien. Je pouvais écrire un sermon de Joseph presque mot pour mot une semaine après qu’il l’avait fait. Une fois qu’il était écrit, le sermon me quittait ; je ne l’avais plus à l’esprit. C’est un don que Dieu m’avait accordé » (Journal of Wilford Woodruff, 17 mars 1857).
Dans sa rédaction de l’histoire de l’Église, le président Woodruff a noté des détails importants des réunions auxquelles il assistait. Lors d’une réunion, il enseigna un principe qui peut être appliqué aux journaux intimes comme aux registres officiels de l’Église : « Lorsque nous marchons dans un cours d’eau rapide, nous ne pouvons pas poser le pied deux fois dans la même eau. Nous ne pouvons pas non plus revivre deux fois le même moment. Lorsque nous franchirons cette porte, le travail de cette réunion nous sera inaccessible à jamais. Nous ne revivrons jamais plus cette soirée. Ne devons-nous donc pas faire le compte-rendu de notre oeuvre, de nos enseignements et des recommandations que nous faisons pendant cette réunion ? Assurément, nous devons le faire » (Journal of Wilford Woodruff, 17 mars 1857).
En tenant son journal, le président Woodruff fit un don durable à ses descendants et à tous les membres de l’Église. Matthias F. Cowley, biographe, a fait la remarque suivante : « La vie de Wilford Woodruff est pleine de merveilles. C’est une vie simple dans laquelle il révèle librement son coeur et ses intentions. Ses expressions franches, son souci des détails et son grand respect de la vérité font probablement de lui le meilleur chroniqueur de toute l’histoire de l’Église » (Wilford Woodruff : History of His Life and Labors As Recorded in His Daily Journals, 1964, v). B. H. Roberts, membre du premier collège des soixante-dix et historien de l’Église reconnu, a écrit : « Le président Woodruff a rendu un très grand service à l’Église. Son journal, qu’il a tenu régulièrement et méthodiquement, qu’il a conservé avec soin et dont il a relié les volumes de façon solide… constitue un document historique original d’une valeur inestimable. L’Église doit à son journal un compte-rendu fiable de discours et de déclarations du prophète de la Nouvelle Dispensation, Joseph Smith, qui, sans lui, auraient été perdus à jamais. C’est également vrai des discours et des déclarations de Brigham Young et d’autres anciens qui dirigeaient l’Église, et du procès-verbal des réunions de conseil, des décisions, des politiques et des jugements importants et de nombreuses actions officielles de nature privée, sans lesquels l’historien ne pourrait peut-être pas avoir un point de vue juste sur de nombreux événements. Pour toutes ces raisons, le journal du président Woodruff est d’une valeur inestimable » (A Comprehensive History of the Church, 6:354-355).
Travail temporel et travail spirituel
Au tout début de l’Église, les prophètes et les apôtres exhortaient fréquemment les gens à faire leur part dans l’édification du royaume de Dieu. Cette part relevait du travail spirituel comme du travail temporel. En plus de la prière, de l’étude des Écritures et de la proclamation de l’Évangile, les saints construisaient des maisons et des villes, bâtissaient des écoles publiques, cultivaient et irriguaient la terre et extrayaient du granite des montagnes pour la construction du temple de Salt Lake. En 1857, dix ans après l’arrivée des premiers saints des derniers jours dans la vallée du lac Salé, Wilford Woodruff déclara : « Si nous travaillons et édifions le royaume de Dieu au lieu de nous-mêmes (peu importe la façon dont nous le faisons : cela peut être en construisant un canal, en édifiant un temple, en prêchant l’Évangile, en cultivant la terre ou en faisant toute autre chose), nous nous apercevrons que le Seigneur nous aide et nous soutient, nous revêt de son pouvoir et nous accompagne dans tout ce que nous devons faire » (Deseret News, 4 mars 1857, p. 411).
Les personnes qui connaissaient le président Woodruff savaient qu’il ne se limitait pas à parler de la valeur du travail mais qu’il mettait ce principe en application. En plus de magnifier ses appels dans la prêtrise, il travaillait diligemment sur le plan temporel, même à un âge avancé. Andrew Jenson, historien membre de l’Église, a écrit : « Son zèle au travail faisait tellement partie de lui-même qu’à l’âge de quatre-vingt-dix ans, lorsqu'il s'aperçut que l’un de ses petits-fils sarclait des légumes un peu mieux que lui dans le potager, il déclara, l’air humilié : ‘ C’est bien la première fois de ma vie que l’un de mes enfants sarcle les légumes mieux que moi ’ » (Latter-day Saint Biographical Encyclopedia, 1901-1936, 1:26).
Un contemporain du président Woodruff a déclaré : « Il aimait le travail, non seulement pour le travail lui-même mais aussi parce qu’il est lié à un commandement divin. Ce n’était pas non plus pour lui seulement un moyen d’avancer dans le monde, d’apporter plus de confort aux siens et à lui-même. Pour lui, c’était une bénédiction, un honneur, une occasion qu’il saisissait chaque fois que son appel le lui permettait… Manger son pain à la sueur de son visage était pour lui un commandement divin tout autant que la prière et sa vie illustrait au plus haut degré la vie chrétienne simple qui assure le bien-être physique, mental et moral de l’homme. Il croyait sincèrement à la suprématie morale du travail manuel.Il aimait travailler » (J. M. Tanner, « Character Sketch », dans Matthias F. Cowley,Wilford Woodruff : History of His Life and Labors as Recorded in His Daily Journals, 1964, pp. 644-645).
Unité
Wilford Woodruff appréciait particulièrement la compagnie d’autres membres de l’Église. Il exprima de nombreuses fois dans son journal sa reconnaissance pour « l’esprit d’union et d’amour » présent dans des réunions de l’Église (Journal of Wilford Woodruff, 21 juin 1840, Archives de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours ; voir aussi Journal of Wilford Woodruff, 2 avril 1841 ; 5 avril 1841 ; 16 février 1845 ; 20 juillet 1845 ; 31 août 1845 ; 26 mars 1847). Après l’une de ces réunions, il nota que deux des orateurs devaient partir pour d’autres obligations. Ils eurent du mal à aller à leur rendez-vous. En effet, « ils pouvaient difficilement sortir du bâtiment tant il y avait de personnes qui souhaitaient leur serrer la main ». Il écrivit au sujet de cette même réunion : « L’Esprit du Seigneur était avec nous. L’amour et l’union régnaient dans l’assemblée. Je me réjouis de voir tant de saints unis dans la nouvelle alliance éternelle » (Journal of Wilford Woodruff, 16 février 1845).
Le président Woodruff espérait voir cet esprit d’unité continuer après les réunions de l’Église et être présent dans tous les aspects de la vie. À travers ses sermons publics et son exemple quotidien, il incitait les saints à être unis au foyer, dans leurs responsabilités de l’Église et dans leurs travaux temporels. Matthias F. Cowley a écrit : « Dans son esprit, il n’y avait pas de place dans l’Église pour les querelles, les doutes et l’opposition. L’oeuvre était de Dieu, c’est tout. Les autorités correctement désignées étaient en place. Les responsabilités du royaume reposaient sur eux. Il ne se souciait donc pas de ce que d’autres considéraient comme un manque de sagesse de leur part. Il n’était pas cupide ; dans son esprit, les revers financiers ne pouvaient contrecarrer les desseins de Dieu et il ne s’inquiétait pas de la quantité des biens de ce monde qui entraient en sa possession. Un message glorieux avait été donné à la terre et il voulait que tout le monde connaisse sa valeur pour la famille humaine et comprenne les bénédictions du salut pour ceux qui acceptaient d’obéir.
« Wilford Woodruff ne se sentait jamais à l’aise au milieu des querelles. Il les fuyait et n’appréciait pas la compagnie des personnes qui avaient tendance à trouver des choses à redire, à critiquer et à se plaindre. Il ne voyait jamais la nécessité de le faire. Ce n’était jamais difficile pour lui de se mettre d’accord avec ses frères. Il n’avait jamais d’exigences déraisonnables, ne cherchait jamais son intérêt personnel et n’hésitait jamais lorsqu’il y avait quelque chose d’important à faire. Il était loyal au prophète, fidèle à ses frères » (Wilford Woodruff : History of His Life and Labors As Recorded in His Daily Journals, 1964, p. 70).
Source : Enseignements des Présidents de l’Église : Wilford Woodruff (Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, 2004)
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