jeudi 8 janvier 2015

Point de vue de l’Église sur Mahomet

Point de vue de l’Église sur Mahomet


Si l’on considère Mahomet du point de vue de l’Évangile rétabli, on peut apprécier davantage l’amour de notre Père céleste envers ses enfants de toutes les nations.
Il y a quelques années, j’ai reçu un appel téléphonique de deux membres de l’Église des États-Unis qui avaient fait la connaissance d’un voisin musulman qui venait du Pakistan. Lorsqu’ils lui ont raconté l’histoire de la première vision de Joseph Smith, sa réaction les a surpris. Après leur avoir précisé que les Musulmans ne reconnaissent aucun prophète après Mahomet, il a dit que l’histoire de Joseph Smith présentait des similitudes avec celle de Mahomet. Il a déclaré : « Nous croyons que Mahomet a vu un messager de Dieu qui l’a informé de son nouvel appel de prophète. Il a reçu la révélation de nouvelles Écritures contenant la parole de Dieu pour l’humanité et il a fondé une communauté de croyants qui s’est développée jusqu’à devenir l’une des grandes religions du monde. » Ne connaissant pas grand chose sur les musulmans, sur l’islam* ou sur Mahomet, ces membres ne savaient pas trop comment répondre.
Les questions qui ont été soulevées lors de cette expérience nous amènent à une réflexion plus large, qui est pertinente pour tous les saints des derniers jours, étant donné que l’Église est présente dans le monde entier et que les sociétés dans lesquelles nous vivons tous sont de plus en plus diversifiées : Quelle doit être l’attitude d’un saint des derniers jours vis-à-vis des autres religions qui affirment avoir des prophètes, des Écritures, des visions ou des miracles inspirés par Dieu ? Les renseignements suivants peuvent être utiles, ils sont basés sur une compréhension de l’Évangile que j’ai acquise au fil des ans, en étudiant des sociétés musulmanes et en vivant dans des pays musulmans. Si l’on considère le rôle de Mahomet dans l’Histoire religieuse du point de vue de l’Évangile rétabli, cela permet d’avoir une bonne compréhension de l’un des chefs spirituels qui ont eu le plus d’influence dans l’Histoire. Cela nous permet également d’apprécier l’amour de notre Père céleste envers ses enfants de toutes les nations et cela nous donne des principes qui peuvent nous aider à entretenir des relations positives avec des amis ou des voisins d’autres confessions.

Quelques Réflexions Sur Les Relations Avec Les Personnes de Religions Différentes

Gordon B. Hinckley incite constamment au dialogue et au respect mutuel dans les relations avec les personnes de religions différentes. Il a exhorté les membres de l’Église à « cultiver un esprit de profonde reconnaissance » envers les personnes qui n’ont pas les mêmes convictions religieuses, politiques ou philosophiques. Il a ajouté que cela ne nous oblige, en aucune façon, à renoncer à notre théologie. Il a fait cette recommandation : « Respectez les opinions et les sentiments des autres. Reconnaissez leurs vertus ; ne cherchez pas leurs défauts. Cherchez les points forts et les vertus, et vous trouverez la force et les vertus qui vous aideront dans votre propre vie 1  ».
L’accent que le président Hinckley met sur le développement de la compréhension entre personnes de religions différentes, est basé sur les principes fondamentaux de l’Évangile que Jésus-Christ, les prophètes des temps anciens et les prophètes modernes ont enseignés : l’humilité, la charité, le respect de la vérité éternelle et la conscience que Dieu aime tout le monde. Le Sauveur a affirmé à plusieurs reprises que notre Père céleste se soucie infiniment du bien-être de chacun de ses fils et de chacune de ses filles, comme dans la parabole de la brebis perdue (voir Luc 15). Dans la parabole du bon Samaritain, il a enseigné que l’une des clefs pour être un vrai disciple est de traiter les autres avec gentillesse et compassion, malgré les différences politiques, ethniques ou religieuses (voir Luc 10:25-37). Il a dénoncé l’intolérance et la rivalité entre les groupes religieux et la tendance à se vanter de ses propres vertus et à rabaisser la spiritualité des autres. Dans sa parabole destinée aux « personnes qui se persuadaient d’être justes et qui méprisaient les autres », Jésus a condamné l’orgueil du Pharisien qui priait ainsi : « O Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes » et il a loué l’humilité du péager qui implorait : « O Dieu, sois apaisé envers moi, pécheur » (voir Luc 18:9-14).
Nous apprenons dans le Livre de Mormon que notre Père céleste « se souvient de tous les peuples, dans quelque pays qu’ils soient ; … et ses entrailles de miséricorde sont sur toute la terre » (Alma 26:37 ; voir aussi 1 Néphi 1:14). Parce qu’il aime tous ses enfants, le Seigneur leur donne une lumière spirituelle pour les guider et enrichir leur vie. Orson F. Whitney (1855-1931), du Collège des douze apôtres, a déclaré que Dieu « n’utilise pas seulement son peuple de l’alliance, mais aussi d’autres peuples, pour accomplir une œuvre prodigieuse, magnifique et en même temps trop ardue pour qu’une petite poignée de saints suffisent pour l’accomplir 2  ».
B. H. Roberts (1857-1933), des soixante-dix, a également parlé de ce point de doctrine : « L’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours est établie pour l’instruction des hommes, et c’est l’un des moyens que Dieu utilise pour faire connaître la vérité, mais il ne se limite pas à cette institution pour accomplir ce but, il n’est pas limité en temps ni en lieu. Dieu suscite ici et là, parmi tous les enfants des hommes, des sages et des prophètes qui sont de leur propre langue et de leur propre nationalité et qui parlent aux gens de façon à ce qu’ils comprennent. … Tous les grands maîtres sont des serviteurs de Dieu ; dans tous les pays et à toutes les époques. Ce sont des hommes inspirés, choisis pour instruire les enfants de Dieu, selon les conditions dans lesquelles ils vivent 3 . »
Joseph Smith (1805-1844) a souvent parlé de ce thème de l’amour universel de Dieu et de la nécessité qui en découle de rester ouvert à toutes les sources de la lumière et de la connaissance divine qui nous sont disponibles. Il a déclaré : « L’un des grands principes fondamentaux du ‹mormonisme› c’est de recevoir la vérité d’où qu’elle vienne 4 . » Le prophète a exhorté les membres de l’Église à « rassembler tous les principes bons et vrais qui existent dans le monde et à les chérir 5 . »
Les dirigeants de l’Église incitent continuellement les membres à entretenir des relations positives avec les personnes de religions différentes en reconnaissant la vérité spirituelle que les autres possèdent et en mettant l’accent sur les similarités entre les croyances et les modes de vie. Les dirigeants de l’Église nous enseignent à exprimer notre désaccord aimablement. Bruce R. McConkie (1915-1985), du Collège des douze apôtres, a parlé de ce sujet aux saints des derniers jours et aux membres d’autres Églises lors d’une conférence interrégionale à Tahiti : « Gardez toute la vérité et tout le bien que vous avez déjà. N’abandonnez aucun principe bon ou juste. Ne tournez le dos à aucune norme du passé qui soit bonne, juste et vraie. Nous croyons en toute vérité qui existe dans toute Église dans le monde. Mais nous disons aussi aux hommes : Venez et acceptez la lumière supplémentaire et la vérité que Dieu a rétablie de nos jours. Plus grande est la vérité que nous avons, plus grande sera notre joie dès maintenant ; plus nous recevons de vérité, plus grande est notre récompense dans l’éternité 6 . »
Lors de la conférence générale d’octobre 1991, Howard W. Hunter, alors président du Collège des douze apôtres, a déclaré : « Nous, membres de l’Église de Jésus-Christ, nous cherchons à rassembler toute vérité. Nous cherchons à élargir le cercle de l’amour et de la compréhension parmi tous les peuples de la terre. Ainsi, nous nous efforçons d’établir la paix et le bonheur, non seulement dans la chrétienté mais aussi parmi tous les hommes 7 . »
De même, Russell M. Nelson, du Collège des douze apôtres, a cité une déclaration publique faite par la Première Présidence et le Collège des douze apôtres, en octobre 1992, invitant « tous les habitants de la terre à renouveler leur engagement par rapport aux idéaux traditionnels de la tolérance et du respect réciproque. » Elle ajoutait : « Nous croyons sincèrement que si nous nous traitons mutuellement avec considération et compassion, nous nous apercevrons que nous pouvons tous coexister dans la paix, malgré nos différences les plus grandes. » Puis il a ajouté : « Cette déclaration est la réaffirmation contemporaine de l’invitation à la tolérance lancée par le prophète Joseph au siècle dernier. Si nous sommes unis nous pourrons agir. Ensemble, nous pourrons résister, intolérants envers les transgressions mais tolérants envers notre prochain en ce qui concerne les différences qu’il tient pour sacrées. Nos frères et sœurs bien-aimés dans le monde entier sont tous des enfants de Dieu 8 . »

Intérêt de L’église Pour Mahomet

L’un des exemples notables de l’effort de l’Église pour chérir les principes vrais est l’admiration que les dirigeants de l’Église ont exprimée au fil des ans envers les contributions spirituelles de Mahomet.
Dès 1855, à une époque où la littérature chrétienne tournait généralement en dérision Mahomet, George A. Smith (1817-1875) et Parley P. Pratt (1807-1857), du Collège des douze apôtres, ont fait un long sermon qui manifestait une compréhension exacte et mesurée de l’histoire de l’islam et disait beaucoup de bien des qualités de dirigeants de Mahomet. Frère Smith a fait observer que Mahomet était « descendant d’Abraham et que Dieu l’avait sans aucun doute suscité dans le but » de prêcher contre l’idolâtrie. Il compatissait avec le sort des musulmans, à propos de qui on avait du mal à écrire « un récit correct », comme pour les saints des derniers jours. Frère Pratt a ensuite pris la parole et a exprimé son admiration pour les enseignements de Mahomet, affirmant que « dans l’ensemble… [les musulmans] ont plus de moralité et de meilleures institutions que beaucoup de pays chrétiens 9  ».
L’appréciation de l’Église pour le rôle de Mahomet dans l’Histoire peut se lire dans la déclaration de 1978 de la Première Présidence sur l’amour de Dieu envers toute l’humanité. Cette déclaration compte Mahomet parmi les « grands chefs religieux du monde » qui ont reçu « une portion de la lumière divine » et elle affirme que « des vérités morales… ont été données par Dieu [à ces dirigeants] pour instruire des nations entières et pour apporter un degré supérieur de compréhension à chaque être humain 10  ».
Lors des dernières années, le respect du patrimoine spirituel de Mahomet et des valeurs religieuses de la communauté musulmane a conduit les saints des derniers jours et les musulmans du monde entier à avoir de plus en plus de contacts et à coopérer davantage. Cette coopération est due, en partie, à la présence d’assemblées de saints des derniers jours dans des régions telles que le littoral Est de la Méditerranée, l’Afrique du Nord, le golf Persique et l’Asie du Sud-Est. L’Église respecte les lois et les traditions musulmanes qui interdisent la conversion des musulmans à d’autres religions. Elle a donc adopté une politique de non-prosélytisme dans les pays musulmans du Moyen-Orient.
Cependant, les exemples de dialogue et de coopération sont nombreux, comme les visites de dignitaires musulmans au siège de l’Église à Salt Lake City ; l’utilisation des conserveries de l’Église par des musulmans, pour produire des aliments halal (purifiés par un rituel) ; l’aide humanitaire et l’aide de première urgence de l’Église destinées à des régions majoritairement musulmanes, notamment la Jordanie, le Kosovo et la Turquie ; les accords universitaires entre l’Université Brigham Young et divers établissements universitaires et gouvernementaux du monde musulman ; l’existence de l’Association des Étudiants Musulmans de l’Université Brigham Young ; et le nombre croissant d’exemples de collaboration entre l’Église et des organisations musulmanes pour la sauvegarde des valeurs familiales traditionnelles dans le monde entier 11 . Récemment lancée, la publication de la Islamic Translation Series (collection d’ouvrages islamiques traduits en anglais), est parrainée par l’université Brigham Young et par l’Église, et a engendré d’importants échanges entre des autorités musulmanes et des dirigeants de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Un ambassadeur musulman aux Nations Unis a prédit que cette collection d’ouvrages traduits « jouera un rôle positif dans l’effort de l’Occident pour acquérir une meilleure compréhension de l’Islam 12  ».
Ces exemples d’interaction entre saints des derniers jours et musulmans, en plus de l’installation de deux grands centres d’échanges universitaires et culturels au Moyen-Orient, en 1989 (à Jérusalem et à Amman), reflètent le respect traditionnel pour l’Islam dont les dirigeants de l’Église ont fait preuve dès le début de l’Église. Ces actions sont des preuves tangibles de l’effort que l’Église fait pour promouvoir une meilleure compréhension du monde musulman et témoignent du rôle de plus en plus prépondérant de l’Église dans la volonté de combler le fossé qui existe depuis longtemps entre musulmans et chrétiens. Conscient des points communs entre les musulmans et les saints des derniers jours, un membre du Conseil des ministres égyptien a dit à Howard W. Hunter, du Collège des douze apôtres : « Si on arrive un jour à combler le fossé entre le christianisme et l’islam, cela se fera nécessairement par l’Église mormone 13 . »

Vie de Mahomet

Qui donc était Mahomet et qu’est-ce qui, dans sa vie et dans ses enseignements, a mérité l’intérêt et l’admiration des dirigeants de l’Église ? Quelle force et quelles vertus pouvons-nous retirer de l’expérience musulmane pour notre propre vie spirituelle, comme le suggère le président Hinckley ?
À l’aube du 21èmesiècle, l’islam est l’une des plus grandes religions du monde et l’une de celles qui progressent le plus rapidement. On compte actuellement plus d’un milliard de musulmans (presque un cinquième de la population mondiale). Les musulmans vivent pour la plupart en Asie du sud-est, dans le sous-continent indien, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord, et ils sont également nombreux en Europe et en Amérique du Nord. Certaines prévisions estiment que l’islam sera la religion qui comptera le plus d’adeptes dans le monde pendant la première moitié de ce nouveau siècle. Les origines de cette religion dynamique et méconnue, pour certains, remontent aux modestes débuts et à l’œuvre fondatrice de Mahomet, il y a quatorze siècles. Les musulmans considèrent que Mahomet est le dernier de la longue succession de prophètes que Dieu a envoyés pour enseigner l’islam au monde.
Mahomet (en Arabe « loué ») est né en 570 è.c. 14 à La Mecque, ville prospère qui était un centre de commerce par caravane et de pèlerinage religieux au Nord-Ouest de la péninsule arabique. Devenu orphelin dans sa petite enfance, il a vécu dans la pauvreté pendant sa jeunesse. Il était gardien de troupeau pour sa famille et ses voisins, ce qui lui donnait amplement le temps d’être seul pour méditer sur les grandes questions de la vie. Dans sa communauté, Mahomet a acquis la réputation d’être un arbitre de confiance et un conciliateur, comme le montre le récit suivant :
« À un moment donné, les Quraish [la tribu de Mahomet] ont décidé de reconstruire la Ka`ba [lieu saint] en replaçant les pierres au-dessus des fondations. Ils voulaient placer la pierre noire à l’un des coins mais ils n’arrivaient pas à décider qui aurait l’honneur de le faire. Ils se seraient violemment disputés si le jeune homme [Mahomet], qu’ils admiraient tous et en qui ils avaient confiance, n’était pas passé par là. Ils [lui] ont demandé… de régler le litige. Il leur a dit d’étendre un grand manteau et d’y placer la pierre noire au centre. C’est ce qu’ils ont fait. Puis il a demandé à un homme de chacun des quatre clans qui se disputaient de tenir un coin du manteau. De cette façon, ils ont tous eus l’honneur de porter la pierre 15 . »
À l’âge de 25 ans, Muhammad a épousé une veuve, Khadija, qui avait 15 ans de plus que lui et qui avait fait fortune dans le commerce par caravane. Elle connaissait sa réputation d’homme honnête et travailleur et c’est elle qui l’a demandé en mariage. Ce mariage s’est avéré être un mariage heureux. Quatre filles et deux garçons en sont nés. Pendant les quinze années suivantes, Mahomet s’est employé à gérer l’entreprise familiale avec Khadija et à élever leurs enfants. Au cours de cette période, il se retirait souvent dans le désert pour être seul pour prier, méditer et adorer. Il était mécontent de la corruption, de l’idolâtrie et des injustices sociales qui sévissaient à La Mecque. Il était en quête d’une vérité supérieure qui lui apporterait, à lui et à son peuple, la paix, la justice et le bien-être spirituel.
En 610 è.c., à l’âge de 40 ans, sa quête et sa préparation spirituelles ont atteint leur apogée. Selon l’histoire de l’islam, alors que Mahomet priait et méditait un soir sur le Mont Hira près de La Mecque, l’ange Gabriel lui est apparu pour lui donner un message de Dieu (en Arabe Allah ) 16 . À trois reprises, l’ange a commandé à Mahomet : « Récite : Au nom de ton Seigneur qui a créé, qui a créé l’homme d’un caillot. Récite : Ton Seigneur est le Très Généreux, qui a enseigné par la plume, a enseigné à l’homme ce qu’il ne savait pas » (Le Coran, sourate 96, v.1-5) 17 .
Mahomet a déclaré avoir reçu pendant 22 ans, de 610 è.c. à son décès en 632, des communications venant d’Allah, par l’intermédiaire de l’ange Gabriel, qu’il a mémorisées et récitées à ses disciples. Les musulmans appellent l’ensemble de ces récitations de la pensée et de la volonté d’Allah : al-Qo`ran (« récitation »). Cependant, les enseignements de Mahomet contre l’idolâtrie, le polythéisme, l’infanticide des filles, et d’autres corruptions religieuses et sociales ont rencontré une violente opposition à La Mecque. On a rejeté son message au début de sa période de prédication à La Mecque, et Mahomet et sa jeune communauté de convertis, essentiellement constituée de quelques membres de sa famille et de quelques amis proches, ont été rejetés, persécutés et même torturés.
Puis un groupe d’homme est venu de la ville de Yathrib pour demander à Mahomet de servir d’arbitre pour régler les disputes qui ruinaient leur ville. Mahomet y a vu l’occasion de soulager les souffrances de ses disciples et il a accepté de quitter La Mecque. Il a d’abord envoyé ses disciples puis il s’est lui-même rendu dans cette ville, qui allait dorénavant s’appeler Madinat an-Nabi (« Ville du prophète ») ou simplement Médine. Cette émigration (en Arabe Hijra [hégire]), de La Mecque à Médine, a eu lieu en 622 è.c., année qui marque le début du calendrier de l’hégire musulman. Les musulmans ont vu en l’Hijra une date charnière de la vie du prophète et un tournant dans la nature de la communauté musulmane. De prédicateur rejeté, Mahomet est devenu homme d’État, législateur, juge, éducateur et dirigeant militaire. À Médine, les musulmans étaient libres d’établir leur communauté en sécurité, de développer des institutions de gouvernement et d’éducation, et de devenir une communauté prospère, contrairement à leur situation à La Mecque, où ils étaient une minorité religieuse persécutée.
Quelques années après l’Hijra, Mahomet a pu retourner à La Mecque, où l’on a progressivement adopté ses enseignements. De nos jours, les musulmans considèrent La Mecque comme le grand centre spirituel de l’Islam et la ville la plus sainte, devant Médine et Jérusalem, en troisième position.
En 632, à l’âge de 62 ans, Mahomet est mort de façon inattendue après une courte fièvre. En tous points, Mahomet a eu un succès phénoménal, même si son nom et sa contribution ont été sujets à controverse en occident. Cependant, durant la deuxième moitié du 20èmesiècle, les historiens non-musulmans sont devenus plus objectifs et plus élogieux. Ils ont reconnu que l’œuvre de Mahomet dans les domaines politique et religieux lui fait mériter une place parmi les personnages qui ont eu le plus d’influence dans l’Histoire.
Contrairement au stéréotype du monde occidental qui considère que Mahomet est un ennemi des Chrétiens, les sources musulmanes le décrivent comme un homme qui était toujours humble, bienveillant, doté d’humour, généreux et qui avait des goûts simples. Il souriait souvent, mais on dit qu’il riait rarement. Un hadith (recueil des paroles et des actes de Mahomet) bien connu, raconte en effet : « Si vous saviez ce que je sais, vous pleureriez beaucoup et vous ririez peu. » L’histoire suivante illustre bien son humour : « Un jour une dame avancée en âge est venue le voir pour lui demander si les vieilles femmes misérables allaient aussi au Paradis. ‹Non, a-t-il répondu, il n’y a pas de vieilles femmes au Paradis !› Puis, regardant son visage marqué par le chagrin, il a dit en souriant : ‹Elles seront toutes transformées au Paradis, car il n’y a là que la jeunesse pour tous !› »
Il dispensait des conseils sages et pratiques à ses disciples. Lorsqu’un homme lui demanda s’il fallait qu’il attache son chameau, puisqu’il mettait sa confiance en l’aide et la protection de Dieu, Mahomet répondit : « Attache-le d’abord, et ensuite fais confiance à Dieu. » Certains récits indiquent que la famille de Mahomet était pauvre et avait souvent faim. Elle ne pouvait parfois manger que du pain sec. Sa déclaration faqri fakhri : « Ma pauvreté est ma fierté », montre qu’il tirait du plaisir des choses simples. Par la suite, les ascètes musulmans ont fait de cette expression leur devise. Il avait une tendresse particulière pour les enfants et permettait à ses deux petits-fils de monter sur son dos lorsqu’il faisait sa prière. Un homme l’a un jour critiqué d’avoir embrassé son petit-fils, Hasan, lui disant : « J’ai dix garçons et je ne les ai jamais embrassés. » Mahomet a répondu : « Celui qui ne montre pas de miséricorde ne recevra pas de miséricorde 18 . »
Dans son dernier discours à la mosquée de Médine, le jour de sa mort, Mahomet a fait preuve d’humilité et de magnanimité en faisant ses adieux à sa communauté, après plus de trente ans de sacrifice pour elle : « Si j’ai blessé l’honneur de quelqu’un, je suis prêt à répondre de cela. Si j’ai injustement infligé une souffrance corporelle à quelqu’un, j’accepte de payer le châtiment. Si je dois quelque chose à quelqu’un, voilà mes biens, qu’il se serve… Personne ne devrait dire : ‹J’ai peur de l’inimitié et de la rancœur du messager de Dieu.› Je ne garde rancune à personne. Ces choses sont répugnantes à ma nature et à mon tempérament. Je les abhorre 19 . »
Avec cette vision de Mahomet à l’esprit, nous pouvons comprendre pourquoi les musulmans bénissent fréquemment son nom, l’évoquent dans leurs conversations et célèbrent le jour de sa naissance. Les musulmans pieux s’efforcent de suivre son exemple dans tous les aspects de la vie : la façon de s’habiller, les soins de toilette, les bonnes manières à table, les rituels religieux et la bienveillance envers autrui.

Enseignements de Mahomet

La vie du musulman repose sur cinq principes fondamentaux qui sont présentés en termes généraux dans le Coran et qui sont exposés dans les enseignements et les règles traditionnelles (en Arabe sunna ) de Mahomet. Ces cinq piliers sont la profession de foi, la prière, l’aumône, le jeûne et le pèlerinage à La Mecque. Pour illustrer la façon dont Mahomet enseignait et son rôle capital dans la vie musulmane, voici quelques enseignements qu’il a donnés sur le don charitable et le jeûne.
Le principe de l’aumône est destiné à prendre soin des pauvres et à favoriser la compassion parmi la communauté de croyants. Le Coran indique que ce sont la charité et la compassion, non l’observance machinale des rituels, qui déterminent la dignité aux yeux de Dieu (S. 2, v. 177). Les paroles de Mahomet enseignent clairement la pratique de la charité :
« Aucun d’entre vous ne croit [vraiment] jusqu’à ce qu’il souhaite pour son frère ce qu’il souhaite pour lui-même. »
« Le corps entier de chacun doit pratiquer la charité tous les jours où le soleil se lève : agir équitablement entre deux personnes est un acte de charité ; aider un homme à monter sur sa monture, où hisser ses affaires sur sa monture est un acte de charité ; une bonne parole est un acte de charité ; tous les pas que l’on fait pour aller prier sont des actes de charité ; enlever un objet dangereux de la route est un acte de charité. »
« La charité éteint le péché comme l’eau éteint le feu. »
« Sourire à autrui est un acte de charité. »
« Celui qui dort l’estomac plein en sachant que son voisin a faim [n’est pas croyant] 20 . »
Les musulmans considèrent que le but du jeûne est double : apporter un état d’humilité et livrer son âme à Dieu, et favoriser la compassion envers les pauvres de la communauté et prendre soin d’eux. Ainsi, le jeûne et l’aumône vont de pair : le renoncement à soi ne peut être complet sans le don de soi.
J’ai repensé à ce principe en vigueur parmi les musulmans et à la grande influence de l’exemple de Mahomet dans leur vie, lorsque je vivais au Caire, en Égypte, pendant le mois sacré de jeûne, le mois du Ramadan 21 . Un ami musulman, Nabil, nous a invités, ma famille et moi, à un repas en famille, le soir, à la rupture du jeûne. Lorsque nous sommes entrés dans son modeste appartement, dans l’un des quartiers les plus pauvres du Caire, j’ai remarqué que beaucoup de femmes se trouvaient dans une pièce, avec leurs enfants. Ils étaient tous assis par terre. De la nourriture était disposée devant eux sur une nappe. Ils attendaient calmement l’appel à la prière qui marque, chaque jour, la fin du jeûne. Lorsque j’ai demandé si ces personnes étaient de sa famille, Nabil a répondu : « Non, je ne connais aucun d’entre eux. Nous avons l’habitude d’inviter des inconnus dans la rue qui ne peuvent pas se permettre d’acheter de la bonne nourriture, à manger notre repas du Ramadan avec nous. Nous faisons cela parce que c’était l’une des coutumes de notre prophète, Mahomet. »
La générosité et la compassion de mon ami musulman pour les pauvres m’ont beaucoup touché. Cela m’a beaucoup ému de le voir mettre en pratique un principe que j’avais appris dans la Bible des années auparavant mais dont j’avais rarement été témoin : « Lorsque tu donnes à dîner ou à souper, ne convie pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni des voisins riches… mais lorsque tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles. Et tu seras heureux, puisqu’ils n’ont pas de quoi te rétribuer » (Luc 14:12-14).

Point de Vue Des Saints Des Derniers Jours

Alors comment les saints des derniers jours peuvent-ils considérer les musulmans ? La meilleure attitude consiste à reconnaître les vérités et les valeurs que nous avons en commun avec nos frères et sœurs musulmans, tout en reconnaissant poliment qu’il existe des différences théologiques. Il est certain que les saints des derniers jours n’acceptent pas les enseignements de l’islam qui rejettent la divinité de Jésus-Christ, la nécessité de prophètes modernes ou le principe de la progression éternelle. Mais en étant humbles et réceptifs à la lumière spirituelle, où que nous la trouvions, nous pouvons retirer beaucoup de la perception des musulmans et soutenir les similarités telles que la croyance en la foi, la prière, le jeûne, le repentir, la compassion, la pudeur et la famille, croyances qui sont les pierres angulaires de la spiritualité individuelle et de la vie en collectivité 22 .
Lors d’une réunion avec des dignitaires musulmans, Neal A. Maxwell, du Collège des douze apôtres, a insisté sur l’héritage spirituel commun des mormons et des musulmans. Après avoir cité un verset du Coran, il a déclaré : « Dieu est la source de la lumière dans le ciel et sur la terre. Nous croyons cela tout comme vous. Nous résistons au monde séculier. Nous croyons, comme vous, que la vie a un sens… Nous révérons l’institution de la famille… Nous saluons votre intérêt pour l’institution de la famille… Le respect mutuel, l’amitié, et l’amour sont précieux dans le monde d’aujourd’hui. Nous éprouvons ces sentiments envers nos frères et nos sœurs musulmans. L’amour n’a jamais besoin de visa. Il traverse toutes les frontières et rapproche les générations et les cultures 23 . »
Dans l’une de ces déclarations les plus éloquentes sur la tolérance et la compassion, Joseph Smith a incité les saints à élargir leur vision de la famille humaine, à voir les personnes qui ont une foi et une culture différentes comme notre Père céleste les voit et non selon les « idées étroites et mesquines des hommes ». Il a enseigné que le Père tiendra compte des conditions personnelles, politiques et sociales au jour dernier et qu’il rendra un jugement final selon sa perspective divine miséricordieuse qui dépasse notre compréhension humaine limitée.
Il a ajouté : « Mais tandis qu’une partie du genre humain juge et condamne impitoyablement l’autre, le Père suprême de l’univers contemple la famille humaine tout entière avec un souci et une considération paternels ; il la considère comme sa postérité et sans aucun de ces sentiments mesquins qui influencent les enfants des hommes, ‹fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes›. Il tient en main les rênes du jugement ; c’est un législateur sage et il jugera tous les hommes, non pas selon les idées étroites et mesquines des hommes, mais ‹selon le bien ou le mal qu’ils auront fait, étant dans leur corps›, que ces œuvres aient été accomplies en Angleterre, en Amérique, en Espagne, en Turquie ou en Inde. Il jugera les hommes ‹non pas selon ce qu’ils n’ont pas, mais selon ce qu’ils ont›, ceux qui ont vécu sans loi seront jugés sans loi et ceux qui ont une loi seront jugés par cette loi. Nous ne devons pas douter de la sagesse et de l’intelligence du grand Jéhovah ; il distribuera les jugements ou la miséricorde à toutes les nations selon leur mérite respectif, leurs moyens d’obtenir de la connaissance, les lois par lesquelles elles sont gouvernées, les facilités qui leur sont données d’obtenir des renseignements corrects et ses desseins impénétrables concernant la famille humaine ; et quand les desseins de Dieu seront manifestés et que le voile de l’avenir sera retiré, nous devrons tous finalement confesser que le Juge de toute la terre a bien agi 24 . »
En réponse aux questions sur les relations de l’Église avec les autres religions, je me réjouis de dire que nous appartenons à une Église qui soutient les vérités enseignées par Mahomet et d’autres grands maîtres, réformateurs ou fondateurs religieux. Nous reconnaissons la bonté qui émane de la vie de personnes qui appartiennent à d’autres communautés religieuses. Nous ne renonçons pas aux vérités éternelles révélées de l’Évangile rétabli, mais nous nous efforçons de ne pas être en position d’adversaires vis-à-vis des autres confessions. En accord avec la recommandation moderne d’un prophète, nous cherchons plutôt à chérir ce qui est vertueux et digne de louange et à cultiver une attitude de « profonde reconnaissance » envers eux. Nous, saints des derniers jours, pouvons respecter la lumière spirituelle que possèdent d’autres religions et en retirer beaucoup, tout en cherchant humblement à apporter la part supplémentaire de vérité éternelle qui nous est donnée par la révélation moderne.
*Les Musulmans sont les disciples de l’islam (littéralement « soumission à Dieu »). Les Écritures de l’islam sont contenues dans le Coran.
James A. Toronto est professeur assistant d’études islamiques et de religion comparée à l’Université Brigham Young.

Notes

  1. 1. 
    Cité dans Go Forward with Faith: The Biography of Gordon B. Hinckley, Sheri L. Dew, (1996), p. 536, p. 576.
  2. 2. 
    Dans Conference Report, avril 1921, p. 32-33.
  3. 3. 
    Defense of the Faith and the Saints, 2 volumes (1907), 1:512-513.
  4. 4. 
    Enseignements du prophète Joseph Smith, compilés par Joseph Fielding Smith (1976), p. 253.
  5. 5. 
    Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 256
  6. 6. 
    Cité dans « ‹Enseigne-nous la tolérance et l’amour› », Russell M. NelsonL’Étoile, juillet 1994, p. 75.
  7. 7. 
    « L’Évangile, foi globale », L’Étoile, janvier 1992, p. 19.
  8. 8. 
    L’Étoile, juillet 1994, p. 76 ; italique dans l’original.
  9. 9. 
    Voir Deseret News, 10 octobre 1855, p. 242, 245.
  10. 10. 
    Cité dans « Questions et réponses », L’Étoile, avril 1988, p. 32.
  11. 11. 
    Les activités qui ont trait à la famille sont coordonnées par le World Family Policy Center (Centre mondial pour une politique en faveur de la famille) à l’Université Brigham Young. Ce centre parraine une coalition internationale entre personnes de religions différentes, le World Congress of Families (Congrès mondial de la famille), qui comprend des représentants de nombreux pays musulmans.
  12. 12. 
    Voir « Islamic diplomats hosted in New York », Michael R. Leonard,Church News, 3 avril 1999, p. 6.
  13. 13. 
    « ‹All Are Alike unto God› », Howard W. Hunter, Ensign, June 1979, p. 74.
  14. 14. 
    è.c. signifie l’ère commune et équivaut à l’ère chrétienne.
  15. 15. 
    Muhammad the Beloved Prophet, Iqbal Ahmad Azami, (1990), p. 14-15. La Ka`ba est le lieu saint de La Mecque qui, selon les Musulmans, a été construit par Abraham et son fils Ismaël.
  16. 16. 
    Allah est la contraction de al-ilah, qui signifie : « le Dieu ». C’est le mot qui est utilisé par tous les musulmans et les chrétiens arabes pour désigner Dieu. Les saints des derniers jours arabophones utilisent couramment ce mot et il est employé dans les Écritures et l’Église dans les régions de langue arabe.
  17. 17. 
    The Koran Interpreted, A. J. Arberry, traducteur (1955), p. 344.
  18. 18. 
    On trouve ces anecdotes au sujet de la personnalité de Mahomet dans And Muhammad Is His Messenger : The Veneration of the Prophet in Islamic Piety, de Annemarie Schimmel, (1985), p. 46-49.
  19. 19. 
    « The Life of the Prophet », Ja`far Qasimi, dans Islamic Spirituality, édité par Seyyed Hossein Nasr (1991), p. 92.
  20. 20. 
    Les trois premiers hadiths cités ici sont tirés de al-Arba`in al-Nawawiyya [Nawawi’s Forty Hadith] (1976), p. 56, 88, 98. L’auteur a noté les deux derniers hadiths lors de conversations avec des connaissances ou des amis musulmans.
  21. 21. 
    Pendant le Ramadan, les musulmans jeûnent de l’aube au coucher du soleil pendant 30 jours consécutifs ; ils s’abstiennent de nourriture, de boisson, de tabac et d’autres plaisirs physiques.
  22. 22. 
    Pour plus de renseignements sur le monde musulman ou les similarités et les différences de doctrine, voir Abraham Divided : An LDS Perspective on the Middle East, Daniel C. Peterson (1995) ou « Islam », James A. Toronto, dans Religions of the World : A Latter-day Saint View, Spencer J. Palmer et Roger R. Keller (1997), p. 213-241.
  23. 23. 
    Church News, 3 avril 1999, p. 6, ainsi que les observations et les notes personnelles de l’auteur.
  24. 24. 
    Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 176.
https://www.lds.org/liahona/2002/06/9?lang=fra

vendredi 14 novembre 2014

Informations par thème

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SOURCE 
www.presse-mormons.fr/sujets/

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L’Église explique le contexte au sujet des pages sur l'évangile dont les médias se sont emparées

L’Église explique le contexte au sujet des pages sur l'évangile dont les médias se sont emparées

SOURCE : www.presse-mormons.fr/article/l’église-explique-le-contexte-au-sujet-des-pages-sur-lévangile-dont-les-médias-se-sont-emparées

SALT LAKE CITY —
L’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours a donné l’information suivante en réponse aux questions des médias :

Durant de nombreuses années, l’Église a tenu une section de référence sur son site web le plus important au sujet de nombreux « points de l'évangile » rangés dans un ordre alphabétique.  Au début du mois de novembre 2013, l’Église a commencé à compléter tout cela en publiant des essais détaillés sur les sujets qui suscitaient le plus d'intérêt pour le public, dont la Première Vision de Joseph Smith, le processus de traduction du Livre de Mormon et bien d’autres encore. La page Gospel Topics sur LDS.org a été redessinée pour mieux servir de ressource aux membres qui font des études personnelles.

Il y a trois semaines, l’Église a complété une série sur le mariage plural (la polygamie) qui avait récemment fait l'objet d'un grand nombre d’histoires dans les medias. Voici des éléments qui complètent le contexte de ces essais.

Une grande partie de ce que vous trouvez dans ces essais sur la polygamie a été publiée dans diverses sources et est connue des membres de l’Église adeptes de la lecture, des historiens, et des dirigeants de l'Église depuis de nombreuses années. L’Église a maintenant rassemblé toutes ces informations sur un seul site pour que ce soit d’accès plus facile pour tous les membres.

Le fait que Joseph Smith ait eu plusieurs femmes n’est pas nouveau. En fait, l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours a affirmé la pratique de la polygamie par Joseph Smith, ceci il y a plus d'un siècle, tout particulièrement lors de débats avec d’autres groupes de confession différente dont l'origine remonte à Joseph Smith, et qui prétendaient qu’il n’avait pas pratiqué le mariage plural. Mais bien que la polygamie ait été pratiquée parmi les premiers dirigeants et les membres de l’Église, elle a été officiellement arrêtée voici plus de cent ans.

L’Église reconnait que ces sujets sont d’un grand intérêt. De récentes recherches, comme le projet sur les papiers de Joseph Smith, ont permis de rassembler plus d'informations que jamais concernant la doctrine et les pratiques de l'Église à ses débuts. Les pages Gospel Topics (thèmes sur l'évangile) sont faites dans le but d’être une ressource personnelle pour les membres lors de leurs études sur l'histoire et la doctrine de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Nous vivons dans un monde où il y a énormément d’informations disponibles sur chaque sujet, et surtout maintenant, à l’âge de l’Internet, nous y trouvons à la fois de bonnes et de mauvaises sources d'information. Pour nous, en tant qu’Église, il est important de rechercher et de donner les informations officielles, honorables et historiquement correctes sur notre histoire et notre doctrine.

Vous pouvez consulter ces thèmes sur la salle de presse en cliquant ici

Vous pouvez également en consulter d'autres sur www.eglisedejesuschrist.fr

samedi 26 juillet 2014

L’amour, essence de l’Évangile

L’amour, essence de l’Évangile



L’amour, essence de l’Évangile

Mes frères et sœurs bien-aimés, quand notre Sauveur œuvrait parmi les hommes, le docteur de la loi lui demanda : « Maître, quel est le plus grand commandement de la loi ? »

Matthieu rapporte ce que Jésus répondit :

« Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée.

C’est le premier et le plus grand commandement.

Et voici le second, qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même1. »

Marc termine le récit par la déclaration du Sauveur : « Il n’y a pas d’autre commandement plus grand que ceux-là2. »

Nous ne pouvons pas véritablement aimer Dieu si nous n’aimons pas nos compagnons de route dans ce voyage dans la condition mortelle. De même, nous ne pouvons pas aimer totalement notre prochain si nous n’aimons pas Dieu, notre Père à tous. L’apôtre Jean nous dit : « Et nous avons de lui ce commandement : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère3. » Nous sommes tous enfants d’esprit de notre Père céleste et, en tant que tels, nous sommes frères et sœurs. Si nous gardons cette vérité à l’esprit, aimer tous les enfants de Dieu deviendra plus facile.

En réalité, l’amour est l’essence même de l’Évangile et Jésus-Christ est notre modèle. Sa vie est un legs d’amour. Il a guéri les malades, relevé les opprimés, sauvé les pécheurs. À la fin, la foule en colère lui a ôté la vie. Et pourtant, de la colline du Golgotha résonnent les paroles : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font4  », une expression suprême, dans la condition mortelle, de compassion et d’amour.

Beaucoup de qualités sont des expressions d’amour, telles que la gentillesse, la patience, la générosité, la compréhension et le pardon. Dans tous nos rapports avec les autres, ces qualités et d’autres rendront manifeste l’amour qui est dans notre cœur.

Habituellement, notre amour se manifestera dans nos relations mutuelles de tous les jours. Ce qui sera de toute première importance, ce sera notre capacité de reconnaître les besoins d’une personne et ensuite d’y réagir. J’ai toujours chéri le sentiment exprimé dans le court poème :

La nuit j’ai pleuré
D’avoir été si borné
Que je n’ai pas vu ce dont quelqu’un avait besoin ;
Mais je n’ai encore jamais
Éprouvé le moindre regret
D’avoir été un peu trop gentil5.
J’ai récemment été informé d’un exemple touchant de bonté, un exemple qui a obtenu des résultats inattendus. C’est l’année 1933, quand, du fait de la Grande Dépression, les emplois sont rares. L’histoire se déroule dans la partie est des États-Unis. Arlene Biesecker vient tout juste de terminer ses études secondaires. Après avoir longuement cherché un emploi, elle a finalement réussi à obtenir un poste de couturière dans une usine de textiles. Les ouvrières de l’usine ne sont rémunérées que pour les travaux de couture achevés correctement chaque jour. Plus elles produisent de travaux, plus elles sont payées.

Un jour, peu de temps après ses débuts à l’usine, Arlene se heurte à une technique qui la perturbe et la contrarie. Assise devant sa machine à coudre, elle essaye de défaire ses tentatives infructueuses de terminer le tissu auquel elle travaille. Personne ne semble disposé à l’aider, car toutes les autres couturières sont pressées de terminer autant de travaux que possible. Arlene se sent impuissante et désemparée. Silencieusement, elle commence à pleurer.

Bernice Rock est assise en face d’Arlene. C’est une couturière plus âgée et plus expérimentée. Observant le désarroi d’Arlene, elle quitte son poste et se met à côté d’elle, lui donnant gentiment des instructions et son aide. Elle reste jusqu’à ce qu’Arlene reprenne confiance et réussisse à achever le travail. Elle retourne ensuite à sa machine, ayant perdu l’occasion de terminer autant de travaux qu’elle aurait pu si elle n’avait pas aidé.

Suite à ce geste de bonté, Bernice et Arlene vont devenir amies leur vie durant. Chacune se mariera et aura des enfants. Dans les années cinquante, Bernice, qui est membre de l’Église, va donner un exemplaire du Livre de Mormon à Arlene et à sa famille. En 1960, Arlene, son mari et leurs enfants deviennent membres de l’Église. Plus tard, ils seront scellés dans un saint temple de Dieu.

Grâce à la compassion manifestée par Bernice qui a fait l’effort d’aider une personne qu’elle ne connaissait pas mais qui était en difficulté et avait besoin d’aide, un nombre incalculable de personnes, aussi bien vivantes que décédées, bénéficient maintenant des ordonnances salvatrices de l’Évangile.

Chaque jour de notre vie, nous avons l’occasion de montrer de l’amour et de la gentillesse aux personnes qui nous entourent. Le président Kimball a dit : « Nous devons nous souvenir que les mortels que nous rencontrons sur des parkings, dans des bureaux, dans des ascenseurs et ailleurs sont cette portion de l’humanité que Dieu nous a donnée à aimer et à servir. Cela ne nous sera pas d’un grand profit de parler de la fraternité universelle des hommes si nous ne pouvons pas considérer les personnes qui nous entourent comme nos frères et nos sœurs6. »

Souvent l’occasion de montrer notre amour arrive de façon fortuite. Une telle occasion figurait dans un article de journal d’octobre 1981. J’ai été tellement impressionné par l’amour et la compassion rapportés dans cette coupure que je l’ai conservée dans mes dossiers pendant plus de trente ans.

L’article rapportait qu’un vol direct d’Alaska Airlines allant d’Anchorage (Alaska, États-Unis) à Seattle (Washington, États-Unis), un vol transportant cent cinquante passagers, avait été détourné vers une localité perdue d’Alaska, afin de transporter un enfant gravement blessé. Le garçonnet de deux ans s’était sectionné une artère du bras en tombant sur un morceau de verre tandis qu’il jouait près de chez lui. La localité était située à 725 kilomètres au sud d’Anchorage et n’était certainement pas sur la trajectoire du vol. Cependant, les médecins sur les lieux avaient envoyé un appel à l’aide frénétique et le vol avait été détourné pour prendre l’enfant et l’emmener à Seattle pour qu’on le soigne dans un hôpital.

Quand l’avion a atterri près de cette localité perdue, les médecins ont informé le pilote que le garçon saignait tant qu’il ne survivrait pas au vol jusqu’à Seattle. La décision a été prise de faire un autre détour de 320 kilomètres jusqu’à Juneau (Alaska), la ville où se trouvait l’hôpital le plus proche.

Après avoir transporté le garçon jusqu’à Juneau, le vol s’est dirigé vers Seattle, avec maintenant des heures de retard. Aucun passager ne s’était plaint, bien que la plupart aient manqué des rendez-vous et des correspondances. En fait, au fil des minutes et des heures, une collecte avait été faite et une somme considérable avait été réunie pour le garçon et sa famille.

L’avion était sur le point d’atterrir à Seattle quand le pilote a annoncé qu’il avait reçu la nouvelle par radio que le garçon allait s’en tirer7.

Les paroles de l’Écriture me viennent à l’esprit : « La charité est l’amour pur du Christ […] et tout ira bien pour quiconque sera trouvé la possédant au dernier jour8. »

Frères et sœurs, certaines des plus belles occasions de montrer notre amour se présenteront à l’intérieur de notre maison. L’amour devrait être le cœur même de la vie de famille et pourtant, quelquefois, il n’y est pas. Il peut y avoir trop d’impatience, trop de disputes, trop de luttes, trop de larmes. Le président Hinckley déplorait : « Pourquoi [ceux] que nous aimons deviennent-ils si souvent la cible de nos paroles dures ? Pourquoi [employons-nous parfois] des paroles qui ressemblent à des poignards effilés ?9  » La réponse à ces questions peut être différente pour chacun de nous, et pourtant ce qu’il faut retenir c’est que les raisons sont sans importance. Si nous voulons respecter le commandement d’aimer notre prochain, nous devons nous traiter mutuellement avec gentillesse et respect.

Bien sûr, il y aura des occasions où la discipline devra être infligée. Souvenons-nous cependant du conseil donné dans les Doctrine et Alliances, à savoir que quand nous devons réprimander quelqu’un, nous devons faire preuve ensuite d’un redoublement d’amour10.

J’espère que nous nous efforcerons toujours d’être plein d’égards pour les pensées, les sentiments et les situations des personnes qui nous entourent. Ne rabaissons pas et n’humilions pas. Au contraire, soyons compatissants et encourageants. Nous devons veiller à ne pas détruire la confiance de quelqu’un d’autre par des paroles ou des actes irréfléchis.

Le pardon devrait aller main dans la main avec l’amour. Dans notre famille, aussi bien qu’avec nos amis, il peut y avoir des sentiments blessés et des désaccords. Je le répète, les raisons sont sans importance. On ne doit pas laisser les choses s’envenimer, pourrir et finalement détruire. Les accusations maintiennent la plaie ouverte. Seul le pardon guérit.

Une charmante dame, qui est décédée depuis, est venue me voir un jour et m’a fait part, de façon inattendue, de certains regrets. Elle a parlé d’un incident qui s’était produit bien des années auparavant et qui impliquait un fermier voisin, autrefois un bon ami, mais avec qui son mari et elle avaient eu de fréquents désaccords. Un jour, le fermier a demandé s’il pouvait prendre un raccourci à travers sa propriété pour se rendre sur la sienne. À cet instant, elle a interrompu son histoire et, la voix tremblante, a dit : « Frère Monson, je ne l’ai pas laissé traverser notre propriété ce jour-là ni jamais mais je l’ai obligé à faire tout le tour à pied. J’avais tort et je le regrette. Il est parti maintenant, mais oh, comme j’aimerais pouvoir lui dire : ‘Je suis tellement désolée.’ Comme j’aimerais avoir une deuxième chance d’être aimable. »

En l’écoutant, la lamentation de John Greenleaf Whittier m’est venue à l’esprit : « De tous les mots tristes prononcés ou écrits, les plus désolants sont : ‘Il aurait pu en être autrement ! 11’. » Frères et sœurs, si nous traitons les autres avec amour, considération et gentillesse, nous éviterons de tels regrets.

L’amour s’exprime de beaucoup de manières reconnaissables : un sourire, un signe de la main, une parole gentille, un compliment. D’autres expressions peuvent être plus subtiles, telles que s’intéresser aux activités de quelqu’un d’autre, enseigner un principe avec gentillesse et patience, rendre visite à une personne qui est malade ou confinée chez elle. Ces paroles et ces actions, ainsi que beaucoup d’autres, peuvent communiquer l’amour.

Dale Carnegie, auteur et conférencier américain bien connu, croyait que chacun a en soi « le pouvoir de faire grandir la somme totale de bonheur dans [le] monde […] en adressant quelques paroles d’appréciation sincère à quelqu’un qui est seul ou découragé ». Il a dit : « Peut-être que demain vous aurez oublié les paroles aimables que vous avez prononcées aujourd’hui, mais il se peut que le bénéficiaire les chérisse toute sa vie12. »

Commençons maintenant, aujourd’hui même, à exprimer de l’amour à tous les enfants de Dieu, qu’ils soient membres de notre famille, nos amis, de simples connaissances ou de parfaits inconnus. Chaque matin, quand nous nous levons, prenons la décision de réagir avec amour et avec gentillesse dans toutes les situations qui se présenteront.

Au-delà de la compréhension, mes frères et sœurs, se trouve l’amour de Dieu pour nous. Du fait de cet amour, il a envoyé son Fils, qui nous a suffisamment aimés pour donner sa vie pour nous, afin que nous ayons la vie éternelle. Une fois que nous aurons compris ce don incomparable, notre cœur sera rempli d’amour pour notre Père éternel, pour notre Sauveur et pour toute l’humanité. Puisse-t-il en être ainsi, c’est là ma prière sincère au nom sacré de Jésus-Christ. Amen.

samedi 19 juillet 2014

Film de Joseph Smith




Film de Joseph Smith





BONNE NOUVELLE POUR LES MORMONS DE FRANCE : LE TEMPLE DU CHESNAY AVANCE TRANQUILLEMENT

BONNE NOUVELLE POUR LES MORMONS DE FRANCE : LE TEMPLE DU CHESNAY AVANCE TRANQUILLEMENT

Par Matthieu Bidan 
http://www.vice.com/fr/read/temple-mormon-en-france-philippe-brillault-interview

Le projet du temple mormon au Chesnay. Photo via
Très bientôt, on entendra parler de la petite ville cossue du Chesnay dans les Yvelines pour autre chose que Parly 2, son centre commercial aux 250 boutiques. Un énorme chantier est en cours sur un terrain de 7 000 mètres carrés à deux kilomètres à peine du château de Versailles, celui du premier temple mormon sur le sol hexagonal. Un temple mais pas seulement, puisque vont aussi sortir de terre une résidence hôtelière pour accueillir les fidèles, un parking souterrain et des jardins ouverts au public.
Les membres de la religion fondée en 1830 aux États-Unis ont déjà un temple en France, mais à Tahiti, en plein milieu de l’océan Pacifique. Ça faisait un peu loin pour les quelques 30 à 40 000 mormons de France qui étaient contraints de se rendre dans d’autres villes européennes, comme Londres, Berne ou Madrid. Pour eux, le « temple est un lieu de rencontre entre Dieu et l’Homme », où sont célébrées des cérémonies qui ne peuvent pas l’être dans la centaine d’églises mormones de France. Ils y fêtent par exemple les mariages et les baptêmes des morts, des sacrements essentiels dans la religion mormone.
Les fidèles qui ont établi leur capitale à Salt Lake City, dans l’Utah aux États-Unis, ne sont pas listés en tant que secte en France selon le rapport parlementaire de 1996. Mais certaines associations continuent de les pointer du doigt, notamment pour leur obligation de reverser 10% de leurs revenus à l’Eglise ou leur fâcheuse tendance à vouloir baptiser nos ancêtres morts.
Les responsables de l’Eglise de Jésus-Christ des saints des derniers jours (le vrai nom des mormons) n’ont pas voulu répondre aux questions de VICE au risque de « choquer » les fidèles en étant à côté « d’articles sur le sexe ». Alors on a décidé d’interviewer celui qui a donné le permis de construire le 27 octobre 2011 pour ce premier temple en France métropolitaine, Philippe Brillault, le maire UMP de la ville.
VICE : Vous avez autorisé la construction du temple mormon fin 2011. Mais au départ, vous n’étiez pas favorable au projet. Pourquoi ?
Philippe Brillault :
 Comme tous les Français, pour moi mormons ça voulait dire secte. Avec beaucoup d’a priori, j’imaginais une petite communauté fermée. Ça m’évoquait plutôt des ondes négatives. Et pour être très clair et direct, quand on est maire et qu’on vous parle des mormons, on se dit : « encore un dossier dont je n’ai pas forcément besoin parce qu’il va y avoir de la contestation ».
Qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis ?
C’était ça au départ, mais nous nous sommes rencontrés pour tenter de comprendre qui ils étaient, ce qu’ils voulaient et ce qu’ils faisaient. De toute façon, le seul moyen d’empêcher la réalisation de ce temple sur ce terrain était de l’acheter. C’était hors de question. Donc on a réalisé une enquête et on a appris à voir qui étaient les mormons. On a vu que ce n’était pas une secte, qu’ils étaient comme tout le monde. Ils sont accusés de polygamie, mais c’était à une autre époque. Le prosélytisme, ils n’en font pas plus que tous les autres.
Comme vous le pressentiez, vous avez fait face à beaucoup de contestations. Il y a notamment eu des recours et des pétitions.
La contestation a d’abord été politique avec deux-trois de mes opposants dans le cadre des municipales. Ils ont rameuté toute la France sur les mormons. Mais les seules pétitions qui m’ont semblé intéressantes étaient celles des riverains. On les a réunis pour voir les améliorations possibles sur le projet. En réalité, la contestation est soit d’origine politique, soit liée à l’objet, c’est-à-dire les mormons, soit sur la construction du temple. Pour la construction, on a réglé le problème. Pour la politique, j’ai été élu au premier tour des municipales avec 60% des voix donc j’ai considéré qu’il n’y avait pas de problème.
Et la contestation concernant les mormons ? Certaines associations pointent du doigt des déviances sectaires. Qu’est-ce que vous en pensez ?
Vu les gens qui le disent, je m’interroge aussi sur la qualité de ces personnes. Les associations officielles qui traitent sérieusement des phénomènes de sectes ne se sont jamais positionnées auprès de moi. Les vraies associations internationales ne m’ont jamais écrit. J’ai saisi le préfet, j’ai saisi l’évêque, personne ne m’a répondu qu’il y avait un problème majeur.
Certaines pratiques posent quand même question. Le fait que les mormons doivent reverser 10% de leurs revenus par exemple.
Et le denier du culte ? Je pense que l’évêque serait bien content que les catholiques reversent 10% de leurs ressources. Certains le font obligatoirement, d’autres le font facultativement. Chacun fait ce qu’il veut. Si vous êtes libres et que vous donnez 10% de vos ressources, c’est que vous l’avez accepté.
Vous êtes catholique pratiquant ?
Oui, bien sûr, profondément croyant. On prie peut-être le même Dieu d’ailleurs. Je suis capable d’aller dans une synagogue, d’aller dans une mosquée, je prie Dieu avec tout le monde. On n’a peut-être pas tous la même idée du visage de nos dieux et de sa façon d’être. Mais ça, on le saura quand on passera dans l’au-delà.
Votre religion a-t-elle joué dans votre décision ?
Non, c’est avant tout le fait d’être représentant de la laïcité, de respecter toute personne humaine à partir du moment où ses idées sont compatibles avec les règles de la République. Or, ce dossier respecte complètement les lois de la République. En tant que croyant, je me suis dit que les catholiques n’avaient pas à craindre les mormons dans une ville où il y a trois églises et où les offices sont pleins le dimanche. On n’a jamais peur de la concurrence quand on est sûr de soi.
Quel impact prévoyez-vous pour votre ville ?
Je ne me rends pas compte. Je leur ai d’ailleurs demandé quelles pourraient être les retombées touristiques. En 1970, on venait visiter le centre commercial de Parly 2, après on venait visiter Orly, est-ce qu’on viendra visiter le temple mormon demain ? Je ne sais pas encore. Peut-être que tout le monde sera très content d’avoir un monument intéressant à visiter.
On parle d’un chantier qui pourrait coûter autour de 80 millions d’euros. N’est-ce pas un peu disproportionné pour une ville de 30 000 habitants ?
Chacun fait ce qu’il veut avec son argent. Je considère que c’est un problème privé. Il y a aussi des gens qui achètent des maisons et mettent beaucoup d’argent dedans. En France, on a encore un peu de liberté. Tant que ce n’est pas l’argent des contribuables, il n’y a pas de problème. Les Américains et toutes les personnes qui investissent sur le projet font ce qu’ils veulent. J’aurais même tendance à dire que ça va profiter à l’économie française. Au moins, ce chantier va faire travailler des Français.
Est-ce que votre ville avait besoin d’un temple mormon ?
La réponse est claire, c’est non. Mais il faut relativiser. Est-ce qu’à partir du moment où il va effectivement voir le jour, cela devient un handicap pour la ville ? La réponse est non aussi.
Merci Monsieur le maire.