La Bible



La Bible   et son rôledans le Rétablissement



Robert J. Matthews

Professeur d’Écritures anciennes à l’université Brigham Young


      Les saints des derniers jours ont toujours cru à la Bible ; pour eux, la Bible contient la parole de Dieu donnée aux anciens prophètes. Le prophète Joseph Smith a déclaré que l'on peut « voir la propre écriture de Dieu dans le livre sacré ; et celui qui le lit le plus souvent sera celui qui l'aimera le mieux ; et celui qui le connaît reconnaîtra l'écriture chaque fois qu'il pourra la voir » (Enseignements du prophète Joseph Smith,p. 42 de l'édition de 1981, pp. 72-73 de l'édition précédente).

      Bien sûr, Joseph Smith a aussi déclaré que la Bible n'avait pas été conservée dans sa pureté originelle : « Nous croyons que la Bible est la parole de Dieu dans la mesure où elle est traduite correctement » (Article de Foi n° 8). Le mot traduite, dans son acception présente, doit inclure, comprenons-Ie bien, la notion de transmission. C'est-à-dire que l'erreur s'est glissée non seulement dans la traduction d'une langue vers une autre, mais aussi dans la transcription du texte d'un manuscrit à l'autre, même en la même langue. La Bible a apparemment souffert principalement d'omissions ; ce ne sont pas principalement les erreurs, mais les importantes lacunes qu'elle contient qui rendent obscures certaines parties.

      Joseph Smith expliqua plus profondément cela en disant : « Je crois en la Bible telle... qu'elle est sortie de la plume des auteurs originels. Des traducteurs ignorants, des copistes négligents ou des prêtres conspirateurs et corrompus ont commis beaucoup d'erreurs (Enseignements du prophète Joseph Smith, pp. 264-65 de l'édition de 1981,  p. 460 de l'édition précédente).

      Le Livre de Mormon définit la Bible comme les annales des Juifs et fait plusieurs commentaires sur elle : Les prophètes l'ont écrite sous inspiration ; à l'origine, elle était facile a comprendre ; tout au long des siècles de nombreuses choses claires et précieuses ont été perdues. Le Livre de Mormon rapporte aussi la prophétie que les parties perdues de la Bible seraient rétablies. En réalité, beaucoup de ces « choses claires et précieuses » ont de nouveau été manifestées par le ciel à Joseph Smith ; par l'avènement du Livre de Mormon, des Doctrine et Alliances et de la Perle de Grand Prix, ainsi que par la traduction de la Bible par Joseph Smith.

      Il est clair que le Rétablissement contribua beaucoup à rendre la Bible compréhensible et complète, mais le contraire est vrai également. La Bible joua un rôle unique et indispensable dans le Rétablissement. C'est particulièrement visible dans le rétablissement de nombreuses doctrines fondamentales de l'Évangile.


La Bible et la Première Vision

      L'histoire du Rétablissement en lui-même commence par une référence importante à la Bible :

      « Je lus, un jour, l'épître de Jacques, chapitre 1, verset 5, qui dit : Si quelqu'un d'entre vous manque de sagesse, qu'il la demande a Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée. Jamais aucun passage de l'Écriture ne toucha le cœur de l'homme avec plus de puissance que celui-ci ne toucha alors le mien. Il me sembla qu'il pénétrait avec une grande force dans toutes les fibres de mon cœur. J'y pensais constamment… et… j'en vins à la conclusion que je devais… demander a Dieu » (Joseph Smith, Histoire, 11-13).

     En réponse a sa prière, Joseph connut l'une des plus grandes manifestations spirituelles de tous les temps dans laquelle il vit le Père et le Fils et parla avec eux. Entre autres choses, la Première Vision enseigna à Joseph qu'il y a un Dieu qui entend et exauce les prières, que le Père et le Fils sont des êtres distincts et qu'ils ont la forme d'un homme. Il apprit aussi que la véritable Église de Jésus Christ n'était pas sur terre a l'époque. Tous ces principes fondamentaux de l'Évangile rétabli sont liés historiquement et théologiquement à la Bible par Jacques 1:5 et par la Première Vision.


La Bible et l'ange Moroni

      Environ trois ans après la Première Vision, le prophète reçut plusieurs visites de l'ange Moroni. Bien que le thème central du message de Moroni a Joseph Smith semblait être la venue du Livre de Mormon, Moroni cita et expliqua aussi de nombreux passages tirés de la Bible. Il semble qu'il en ait été ainsi d'abord pour guider le jeune prophète dans le plan du Seigneur pour les derniers jours.

      Certains des passages cités par Moroni furent identifiés par le prophète comme provenant du troisième et du quatrième chapitre de Malachie, du onzième chapitre d'Ésaïe, du troisième chapitre des Actes et du troisième chapitre de Joël. Cependant, Joseph Smith a aussi dit que Moroni cita et expliqua de nombreux autres passages (voir Joseph Smith, Histoire, 41). Bien que ces « autres passages » ne soient pas identifiés dans le récit du prophète, ils constituent tous le sujet d'une série de lettres que frère Cowdery écrivit et publia dans le Latter-day Saints Messenger and Advocate au cours des mois de février et d'avril 1835. Dans ces lettres, frère Cowdery déclara qu'un objectif important des instructions de l'ange Moroni consistait à informer le jeune prophète de l'œuvre de Dieu sur la terre dans les derniers jours et à lui donner une perspective de la grandeur de son appel de manière à le préparer pour l’œuvre. Les Écritures de l'Ancien Testament jouèrent une partie importante dans les enseignements de Moroni. Oliver Cowdery cita les Psaumes 100, 107 et 144, Ésaïe 1 et 2 et Jérémie 31 comme figurant parmi les passages cités et expliqués par Moroni à Joseph Smith (voir Latter-day Saints Messenger and Advocate, volume 1, n° 7, avril 1835, pp. 109-112). Dans son récit, Joseph Smith déclara que Moroni cita certains passages d'une manière différente que celle de la version du roi Jacques (voir Joseph Smith, Histoire, 36,39). 

      La Première Vision et les instructions de Moroni développèrent ainsi beaucoup la compréhension que Joseph Smith avait de la Bible : il savait qu'elle était d'inspiration divine mais il savait aussi que certains passages devaient être rendus différemment afin de transmettre le message originel.


La Bible et la traduction du Livre de Mormon

      En traduisant le Livre de Mormon, le prophète fit en premier lieu l'expérience de la difficulté de rendre précisément un passage d'une langue dans une autre. Ce n'est que sous l'influence du Saint-Esprit et par « le don et le pouvoir de Dieu » qu'une traduction correcte fut possible ; et un travail et une concentration considérables furent néanmoins requis du traducteur.

      La difficulté qui consiste à transmettre le sens véritable de l'Écriture peut expliquer, au moins en partie, l'utilisation fréquente du style de la version du roi Jacques dans la traduction du Livre de Mormon.

      La Bible ne fut pas la source de renseignements du Livre de Mormon, mais le style littéraire de la Bible servit, semble-t-il, de moyen de transmettre de nombreux concepts du Livre de Mormon. Les centaines de versets du Livre de Mormon qui se rapprochent par leur phraséologie et par leur style de la version du roi Jacques illustrent bien l'influence de la Bible dans cette phase du Rétablissement.


La Bible et les Doctrine et Alliances

  Le mot Bible n'apparaît qu'une fois dans les Doctrine et Alliances (42:12) ; cependant, elles contiennent de nombreuses allusions et références à la Bible et beaucoup de ce qui y figure est étroitement lié à la Bible.

      Les Doctrine et Alliances contiennent certaines instructions sur la traduction de la Bible par Joseph Smith, par exemple, quand commencer, quand arrêter, qui doit être le secrétaire, comment imprimer. Elles contiennent aussi des révélations qui ne devaient pas faire partie du texte de la Bible mais qui ressortent de l'expérience de la traduction comme les sections 76, 77, 86, 91 et probablement 132.

      De nombreux versets des Doctrine et Alliances sont inintelligibles pour le lecteur à moins qu'il ne sache que le sujet est la traduction de la Bible. Tout comme certaines des premières sections de Doctrine et Alliances sont axées sur la traduction du Livre de Mormon (sections 3, 5, 8, 9, 10, 17), certaines des dernières sections sont axées sur la traduction et l'impression prévue de la Bible : des parties des sections 35, 37, 41, 42, 45, 47, 73, 74, 93, 94, 104, 124 et la totalité des sections 76, 77, 86 et 91.

      Les Doctrine et Alliances sont aussi remplies d'expressions bibliques ; par exemple, la section 133 a un contenu et un style semblables à ceux d'Ésaïe 63 et 64. On ne peut bien connaître Doctrine et Alliances et la Bible sans être conscient que les deux livres se soutiennent réciproquement et sont liés à des points clefs par les sujets et la phraséologie. En vérité, les révélations que renferment Doctrine et Alliances témoignent puissamment de la véracité et de la valeur de la Bible.


La Bible et la Perle de Grand Prix

      Deux parties importantes de la Perle de Grand Prix, le livre de Moïse et le vingt-quatrième chapitre de Matthieu, sont en fait des extraits de la traduction de la Bible par Joseph Smith. Ainsi, des portions importantes de cet ouvrage canonique sont aussi étroitement liées à la Bible.


La nouvelle traduction et le développement de la doctrine

      Au début du ministère du prophète, le Seigneur lui donna l'instruction de faire une révision ou, comme il l'a déclaré, une « traduction » de la Bible. Ce ne devait pas être une traduction dans le sens habituel, impliquant la connaissance des langues bibliques, l'utilisation d'anciens manuscrits et la façon habituelle de procéder de l'érudit, mais plutôt une traduction dans laquelle Joseph Smith discernerait, par révélation, l'intention véritable de la Bible. On la connaît maintenant sous le nom de Traduction de Joseph Smith.

      Un objectif principal de la nouvelle traduction semble avoir été la compréhension spirituelle qui échut au prophète à la suite de ses travaux. Le processus l'amena à une nouvelle connaissance de la doctrine et du principe. C'est peut-être l'un des aspects les plus importants de l'œuvre du prophète avec la Bible et cela semble en accord avec l'objectif de la traduction donné par le Seigneur dans les Doctrine et Alliances 45:60-62 :

      « Et maintenant, voici, je vous le dis, il ne vous sera pas donné d'en savoir plus sur ce chapitre jusqu’à ce que le Nouveau Testament soit traduit, et toutes ces choses y seront révélées.

      « C'est pourquoi, je vous donne maintenant de le traduire, afin que vous soyez préparés pour les choses qui sont à venir. Car, en vérité, je vous dis que de grandes choses vous attendent. »

      D'après le passage qui précède, il est évident que la traduction de la Bible par le prophète ne devait pas se limiter à la correction de passages à partir de la révélation et de la connaissance qu'il avait déjà reçues, mais devait lui permettre de recevoir de nouvelles révélations sur des sujets qui ne lui avaient pas encore été manifestés. Des choses claires et précieuses devaient être rétablies. Cette notion donne de l'importance et de la dignité au travail du prophète sur la Bible. Elle crée un lien inséparable entre la traduction de la Bible et le rétablissement de la doctrine de l'Évangile dans cette dispensation.

      Les sujets suivants sont des éléments fondamentaux de l'Évangile rétabli qui furent révélés au prophète pendant sa traduction de la Bible.

      Les visions de Moise : La date exacte à laquelle le prophète commença sa traduction de la Bible n'est pas connue, mais elle est clairement associée à la révélation reçue en juin 1830 à propos des « Visions de Moïse », imprimées maintenant sous le titre Moïse 1 dans la Perle de Grand Prix. L'importance du contenu doctrinal, philosophique et historique de ce chapitre est connu des étudiants de I'Évangile puisqu'il donne des renseignements considérables sur Moïse, Satan, la Divinité et l'objectif de la Création. Cette révélation atteint un degré de sublimité philosophique quand Moïse, étonné par les créations du Seigneur, demande : « Dis-moi, je te prie, pourquoi ces choses sont ainsi, et par quoi tu les as faites » (Moïse 1:30). Le Seigneur explique ensuite la mission du Fils unique et du premier homme, Adam, et montre que l'œuvre et la gloire du Seigneur, c'est de « réaliser l'immortalité et la vie éternelle de l'homme » (Moise 1:39).

      Cela répond à la question pourquoi. Les premiers chapitres de la Genèse disentcomment. Cette révélation est une introduction à la Genèse et sans elle, la Genèse perd une partie de sa profondeur.

      Adam : Adam détient une place particulière dans la théologie des saints des derniers jours ; une partie importante des renseignements sur Adam, sa famille immédiate et son introduction a I'Évangile se trouve dans la traduction de la Genèse par le prophète. Cela correspond maintenant à Moïse 3 à 7 dans la Perle de Grand Prix et à Genèse 2 à 7 dans la Traduction de Joseph Smith. La fidélité d'Adam à offrir des sacrifices, sa diligence à instruire ses enfants, sa langue pure, son baptême et d'autres points doctrinaux et historiques importants sont révélés dans la traduction de la Bible par Joseph Smith.

Caïn et Satan : Non seulement de grandes choses furent révélées au prophète sur Dieu et sur les patriarches justes des premiers temps, mais la traduction de la Bible donne aussi beaucoup de renseignements sur la révolte de Caïn et sur ses serments secrets avec Satan et beaucoup d'enfants d'Adam. Beaucoup de ce que nous savons actuellement de Caïn nous vient de la traduction par le prophète des premiers chapitres de la Genèse qui sont publiés dans Moïse 5 et dans la Traduction de Joseph Smith, Genèse 4.

Sion et Énoch : Le concept de Sion, tant comme cité ancienne construite par le patriarche Hénoc (Énoch) que comme partie principale de I'œuvre du Seigneur qui attend encore son accomplissement dans cette dispensation, est de première importance dans la théologie des saints des derniers jours. Une grande partie de ce que nous connaissons à propos d'Hénoc et de sa ville nous vient par I'intermédiaire des révélations données à Joseph Smith pendant qu'il traduisait les premiers chapitres de la Genèse en novembre et en décembre 1830. Ils apparaissent dans Moïse 6 et 7 et dans la Traduction de Joseph Smith, Genèse 6 et 7. Ces renseignements sur Hénoc et sur sa cité, reçus en novembre et décembre 1830, forment la base générale pour des instructions plus détaillées sur Sion qui suivent dans les Doctrine et Alliances de février à août 1831 (voir D&A 42 à 59).

L'âge de responsabilité des enfants : L'une des doctrines fondamentales les plus connues de I'Église contemporaine, c'est que les petits enfants ne commencent à être responsables devant Dieu que lorsqu'ils atteignent I'âge de huit ans. Le Livre de Mormon est très clair lorsqu'il précise que les petits enfants sont innocents devant le Seigneur mais il ne spécifie pas à quel âge ils commencent à devenir responsables. L'âge de huit ans comme début de la responsabilité figure dans les Doctrine et Alliances 68:25,27 (qui date de novembre 1831) et c'est le passage auquel on se réfère habituellement pour tout renseignement à ce sujet.

Cependant, la traduction de la Bible par le prophète dans Genèse 17:11 (qui date de février 1831 au 5 avril 1831) fixe aussi I'âge de responsabilité à huit ans. L'occasion est un moment où le Seigneur instruit Abraham et le passage est comme suit :

      (Version du roi Jacques) « J'établirai mon alliance entre moi et toi, et tes descendants après toi, selon leurs générations ; ce sera une alliance perpétuelle, en vertu de laquelle je serai ton Dieu et celui de ta postérité après toi » (Genèse 17:7).

      (Traduction de Joseph Smith) « J'établirai avec toi une alliance de circoncision, et ce sera mon alliance entre moi et toi, et tes descendants après toi, selon leurs générations,afin que tu saches à jamais que les enfants ne sont responsables devant moi que quand ils ont huit ans » (Genèse 17:11).

      La relation entre la circoncision et le baptême n'est pas expliquée, mais la traduction du prophète déclare précisément quel est I'age de responsabilité.

      La date figurant sur les manuscrits du prophète est très importante car ce passage particulier de la Bible montre que le concept de responsabilité à huit ans était déjà connu du prophète au moins dès le 5 avril 1831, c'est-à-dire au moins cinq mois avant qu'il ne figure dans la révélation intitulée maintenant Doctrine et Alliances 68. Cette doctrine très importante de I'Évangile fut apparemment manifestée au prophète pour la première fois quand il traduisit le dix-septième chapitre de la Genèse et c'est un nouvel exemple du rôle important de la Bible dans le rétablissement de I'Évangile à notre époque.

      Les trois degrés de gloire : Une autre révélation très connue donnée par le prophète Joseph Smith décrit les conditions de I'humanité après la résurrection physique ; on I'appelle souvent la vision des trois degrés de gloire, bien qu'elle inclue aussi une condition sans gloire. Le récit écrit de cette vision s'appelle aujourd'hui Doctrine et Alliances 76 et rapporte une grande manifestation spirituelle donnée à Joseph Smith et à Sidney Rigdon le 16 février 1832, alors qu'ils traduisaient la Bible. Les frères avaient avancé dans la traduction jusqu'à ce qu’ils arrivent au cinquième chapitre de Jean, point auquel ils reçurent la vision céleste. Leur compte rendu de I'événement tel qu'il fut donné dans Doctrine et Alliances 76:15-19 est le suivant :

      « Car tandis que nous faisions le travail de traduction que le Seigneur nous avait confié, nous arrivâmes au vingt-neuvième verset du cinquième chapitre de Jean, qui nous fut donné comme suit :

      « Parlant de la résurrection des morts, concernant ceux qui entendront la voix du Fils de I'Homme, et ressusciteront, ceux qui auront fait le bien pour la résurrection des justes et ceux qui auront pratiqué le mal pour la résurrection des injustes. Or, cela causa notre étonnement, car c'était I'Esprit qui nous I'avait donné. Et tandis que nous méditions sur ces choses, le Seigneur toucha les yeux de notre entendement, et ils furent ouverts, et la gloire du Seigneur resplendit alentour ».

      La révélation qui suivit est I'une des plus fréquemment commentées. En fait, on la désigne souvent comme « La vision » dans la littérature de I'Église. Le prophète dit que ce document « est une transcription des registres du monde éternel » (Enseignements du prophète Joseph Smith, pp. 6-7 de l'édition de 1981, p. 9 de l'édition précédente). Il vaut la peine de signaler que c'est dans le cadre de la traduction de la Bible par le prophète que cette révélation fut reçue.

      L'ordre céleste du mariage : Une autre caractéristique importante de l'Évangile rétabli qui semble directement associée à la Bible, c'est la doctrine du mariage céleste. C'est un fait prouvé que le prophète Joseph connaissait ce sujet plusieurs années avant qu'il ne soit consigné par écrit dans Doctrine et Alliances 132. Plusieurs frères parmi les premiers témoignèrent qu'ils entendirent le prophète parler de ce sujet dès les années 1831-32. Comme c'est la période pendant laquelle le prophète traduisit la Genèse et puisque les premiers versets de la révélation sur le mariage parlent de la question que le prophète posa à propos d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, il semble vraisemblable que la révélation sur le mariage céleste fut associée à la traduction de la Bible par Joseph Smith.

      Nous voyons ainsi que plusieurs doctrines importantes révélées dans cette dispensation sont inséparablement liées à la traduction de la Bible par Joseph Smith. Peu de sujets sont aussi importants dans l'Évangile que l'âge de responsabilité, l'édification de Sion, le rôle d'Adam dans le plan de l'Évangile, les degrés de gloire et la doctrine du mariage céleste.

      Il est vraisemblable que d'autres points importants furent aussi révélés au prophète en rapport avec son travail de traduction de la Bible. Il est prouvé que beaucoup de ce que le prophète savait sur les anciens patriarches, les anciens conseils et les organisations de l'Église et sur d'autres sujets lui furent révélés dans le cadre de cette œuvre.

      Le résultat réel de l'œuvre du prophète concernant la Bible n'est donc pas seulement le manuscrit qui constitue la Traduction de Joseph Smith, mais aussi les nombreuses révélations et les expériences spirituelles que connut le prophète (et par lui, l'Église) à la suite de son travail sur la Bible. Le manuscrit de la Traduction de Joseph Smith et les révélations supplémentaires sont importants mais parmi cela, il semblerait que la multitude de révélations spécifiques sur la doctrine soient de la plus grande importance. Ces révélations donnent une connaissance et une clarté accrues sur des points concernant la prêtrise, la résurrection, l'existence prémortelle et des choses de ce genre, et développent aussi notre compréhension des ministères de Jésus, d'Adam, d'Énoch, de Melchisédek, d'Abraham, de Paul, de Pierre et de Jean-Baptiste. C'est à peine si l'on peut avoir une perspective claire des annales bibliques sans ces révélations.

      Sans aucun doute, la Bible a joué un rôle essentiel dans le rétablissement de l'Évangile.


Source : L’Étoile, septembre 1980, pp. 26-34




hibou ecrit Cette petite Emma est autiste mais a une voix merveilleuse

Le symbolisme des fêtesde la loi de Moïse


 La loi de Moïse

      Après leur sortie d'Égypte, les Israélites reçurent une loi qui avait été révélée à Moïse. On l'appela la loi de Moïse. Cette loi comprenait des commandements, comme les dix commandements bien connus ; elle comprenait aussi le devoir de sacrifier des animaux bien spécifiques. Elle comprenait en outre des prescriptions et des règlements de toute sorte à observer scrupuleusement. Elle comprenait enfin des fêtes sacrées.
              
Les fêtes

      C'est de ces fêtes sacrées dont il sera question ici. Elles sont au nombre de sept. Nous examinerons les aspects principaux de chacune de ces fêtes pour voir comment elles se déroulaient. Nous verrons également la signification des symboles que contient chacune d’elles.

      Les fêtes de la loi de Moïse se répartissaient en deux catégories. La première catégorie comprenait les fêtes qui devaient être célébrées au printemps. La deuxième comprenait les fêtes qui se déroulaient en automne. Les fêtes du printemps symbolisaient des événements qui allaient se produire au midi des temps, à l'époque du Christ, c'est-à-dire à peu près 1300 ans plus tard ; les fêtes de l'automne prophétisaient d'une manière symbolique des événements qui allaient se produire dans les derniers jours, à notre époque, c'est-à-dire 3000 ans plus tard.

      Examinons la première catégorie de ces fêtes sacrées.


Les fêtes du printemps

      Les fêtes du printemps sont au nombre de quatre. Il s'agit de la fête de la Pâque, de la fête des pains sans levain, de la fête des prémices de la moisson et de la fête des semaines. Elles symbolisent toutes des événements qui se produisirent au midi des temps.


1. La fête de la Pâque




Lors de la fête de la Pâque, les Israélites devaient prendre un agneau jeune, mâle, premier né, sans défaut et le tuer. 




Lorsqu'ils eurent versé le sang de l'Agneau de la Pâque, les Israélites furent protégés contre la mort. De plus, ils furent délivrés de l'esclavage de l'Égypte car ils s'enfuirent dans le désert.

Lorsque Jean-Baptiste vit arriver à lui Jésus, il dit : « Voici l'Agneau de Dieu ». Plus tard, lors de la crucifixion, Jésus correspondait exactement à la description de l'agneau pascal : il était dans la jeunesse de sa vie, était un homme, le premier né du Père dans l’existence prémortelle, et sans péché. 

Le sang versé par Jésus protège lui aussi de la mort, mais de la mort spirituelle ; il délivre de l'esclavage, non pas celui de l'Égypte mais celui du péché, celui de Satan. 



      Ainsi la fête de Pâques célébrée par les Israélites rendait témoignage de la mise à mort de Jésus-Christ et de son expiation en faveur de l'humanité.


2. La fête des pains sans levain

      Pour célébrer cette fête, les Israélites devaient  enlever de leurs maisons toute miette de levain et manger des pains sans levain lors de la Pâque et pendant sept jours.

      Pour comprendre la signification de cette fête, il faut savoir ce que signifie et représente le levain. Le levain est le principe actif qui permet à une pâte de gonfler et de prendre les dimensions du pain. Le levain est le symbole de la transformation et du développement spirituels. Qui a le pouvoir de changer l’homme, de transformer son cœur et son esprit ? Jésus-Christ. Le levain symbolise le Christ. Examinons à présent la signification de la fête des pains sans levain.

      Pour célébrer cette fête, les Israélites devaient :

Enlever de leurs maisons toute miette de levain.  




Manger lors de la Pâque pendant 7 jours des pains sans levain. Ils sont appelés pains d'affliction.  

Les Juifs ont soustrait Jésus-Christ de la maison de Juda. Les prêtres du Sanhédrin qui voulaient se débarrasser de lui l'ont condamné à mort ; le peuple juif a demandé à Pilate que Jésus soit mis à mort et crucifié.  

Après la mort de Jésus, les Juifs allaient avoir à manger de l'affliction, jusqu'au moment où il viendrait une 2ème fois pour les racheter.


      Ainsi, la fête des pains sans levain, célébrée par les Israélites dans la loi de Moïse, était un témoignage que 1300 ans plus tard, lorsque le Christ viendrait parmi les siens, les Juifs le rejetteraient, et qu'à cause de cela, ils recevraient une période d'affliction et de châtiments.


3. La fête des prémices de la moisson

Cette fête se déroulait ainsi :

Les Israélites devaient couper une des premières gerbes d'orge le soir au moment du coucher du soleil de la Pâque. Puis les gerbes devaient être déposées dans le temple pour y  rester pendant le samedi (jour de sabbat pour les juifs). 

Le lendemain du jour de sabbat (dimanche), le prêtre devait prendre la gerbe d'orge dans ses mains et l'élever devant Dieu.

Selon les évangiles, au coucher du soleil, le corps de Jésus fut descendu de la croix par les disciples. Il fut déposé dans une tombe dans laquelle il resta le samedi.




Les évangiles nous apprennent que Jésus se leva de la tombe et s'éleva devant Dieu dans la résurrection.


     
      Cette fête qui s'appelle fête des prémices de la moisson ou des premiers fruits de la moisson, est accomplie en Jésus-Christ qui représente les prémices d'entre les morts, c'est-à-dire les premiers fruits de la moisson d'entre les morts. Ainsi, cette fête rendait témoignage pour les Israélites qui vivaient la loi de Moïse, que le Messie allait ressusciter le troisième jour.  


4. La fête des semaines (de la récolte)

      Après la fête des prémices de la moisson, Israël devait compter sept semaines de sept jours, c’est-à-dire 49 jours. Le matin suivant, c’est-à-dire le 50ème jour, devait être considéré comme sacré et les Israélites devait apporter de nombreuses offrandes à l'Éternel. En Grec, le chiffre cinquante est désigné par le mot pentecôte. Que se passa t-il le cinquantième jour après la résurrection du Christ, c’est-à-dire le jour de la pentecôte ? Le chapitre 2 du livre des Actes nous renseigne à ce sujet. Les apôtres étaient réunis dans un lieu lorsque le Saint-Esprit descendit sur chacun d'eux. Ils se mirent à parler en d'autres langues que la leur et à prêcher dans la langue des gens qui se pressaient en foule. Il y eut en ce jour 3000 convertis qui se firent baptiser dans l'Église de Jésus-Christ du midi des temps. Ainsi, la fête des prémices de la moisson symbolisait le début de la récolte des âmes par l’oeuvre missionnaire de l'Église du Christ.


L’été

      Les quatre fêtes sacrées que nous venons d'examiner étaient célébrées par les Israélites au printemps. Apparemment, pendant l'été, aucune fête n'était célébrée en Israël. L’été apparaît comme un temps mort qui symbolise la saison morte de l’apostasie qui suivit l'établissement de l’Église de Jésus-Christ au midi des temps.


Les fêtes de l’automne

      Les trois dernières fêtes de la loi de Moïse devaient avoir lieu en automne. Elles symbolisaient des événements qui allaient se produire dans les derniers jours, à notre époque. Elles avaient pour nom : la fête des trompettes, le jour de l'expiation et la fête des tabernacles.


1. La fête des trompettes

      La fête des trompettes devait avoir lieu le premier jour du 7ème mois, ce qui correspond dans notre calendrier à la fin de septembre. Par le son des trompettes, les Israélites devaient publier une sainte convocation au peuple.

      Pour comprendre ce que symbolise cette fête dans les derniers jours, il faut savoir ce qu'elle commémore. Cette fête sacrée commémore l'époque du premier arrêt des Israélites après leur fuite d'Égypte. Cette halte fut prévue pour qu’Israël apprécie sa liberté, après l’esclavage vécu en Égypte, et renouvelle son culte à Dieu, après l'apostasie survenue parmi eux en Égypte.

      La fête des trompettes symbolise un appel lancé à Israël, dans les derniers jours, à sortir de l'apostasie, à renouveler leur culte à Dieu et à se rassembler. C’est le sens de la venue de l'ange Moroni qui apparut à Joseph Smith la première fois le 21 septembre 1823 et qui lui remit les plaques d'or le 22 septembre 1827 après lui avoir rendu visite les trois années précédentes à la même date. La période de l’année à laquelle l'ange Moroni visita Joseph Smith, à savoir vers la fin du mois de septembre, correspond à la période où se tenait la fête des trompettes chez les Israélites, au temps de Moïse. La statue de l'ange Moroni qui orne la flèche de nombreux temples de notre époque le représente avec une trompette. La fête des trompettes symbolisait le rétablissement de l'Évangile dans les derniers jours et le renouvellement du vrai culte à Dieu.


2. Le jour de l’expiation

      Le jour sacré de l'expiation avait lieu 10 jours après le jour sacré de la fête des trompettes. Pour comprendre la portée prophétique de ce jour saint, il faut considérer deux choses : le sacrifice du grand-prêtre et l'attitude du peuple hébreu. Ce jour là, le grand-prêtre entrait dans le tabernacle et allait dans le Saint des Saints pour faire une offrande de sang, qui apportait l'expiation pour les péchés d'Israël. Ceci fut accompli au midi des temps par le Christ lorsqu'il accomplit l'expiation infinie, par la vertu de son sang versé. L'apôtre Paul l’explique en détail dans l’épître aux Hébreux, aux chapitres 8 à10.

      Le deuxième aspect de ce jour sacré à prendre en considération est l'attitude du peuple hébreu. Ce jour-là, le peuple israélite devait humilier son âme, éprouver de la tristesse et de l'affliction (voir Lévitique 23:21). Or, ceci ne fut pas accompli par les Juifs au moment de la crucifixion de Jésus, car ils ne le reconnurent pas comme le Messie et le Rédempteur. Ils ne comprirent pas qu'il venait accomplir l'expiation éternelle. Par conséquent, ils ne s'humilièrent pas devant lui.

      Cependant, les prophéties mentionnent un jour particulier dans l'avenir où cela s'accomplira. Cela aura lieu lors de la bataille d'Harmaguédon, lorsque de nombreuses nations se rassembleront pour attaquer Jérusalem. Quand les Juifs seront sur le point d'être vaincus, Jésus apparaîtra sur le mont des Oliviers. Ce qui se passera alors est décrit dans la révélation moderne :

      « Et alors le Seigneur posera le pied sur cette montagne, et elle se fendra en deux, la terre tremblera et chancellera, et les cieux seront ébranlés aussi.
      « Et alors les Juifs tourneront les regards vers moi et diront : D'où viennent ces blessures que tu as aux mains et aux pieds ?
      « Alors ils sauront que je suis le Seigneur, car je leur dirai : Ces blessures sont celles que j'ai reçues dans la maison de mes amis. Je suis celui qui a été élevé. Je suis Jésus qui a été crucifié. Je suis le Fils de Dieu.
      « Et alors, ils pleureront à cause de leurs iniquités ; alors, ils se lamenteront parce qu'ils ont persécuté leur roi » (Doctrine et Alliances 45:48,51-53).
      Ainsi les Juifs s'humilieront et seront dans un esprit de supplication et de repentance devant le Seigneur et le Rédempteur.


3. La fête des tabernacles

      La fête des Tabernacles, la dernière fête de la loi de Moïse, devait être célébrée cinq jours après le jour de l'expiation et devait durer une semaine. En quoi consistait cette fête ?

Les Israélites se fabriquaient des cabanes de feuillages et vivaient à l'intérieur.

Ils devaient tenir dans leurs mains des fruits des beaux arbres, branches de palmier, rameaux de saule.

Ils devaient continuellement se réjouir devant Dieu.

Cela symbolisait que Dieu leur accorderait le repos et qu'il leur procurerait la tranquillité et l'aisance.

Cela représentait tous les dons et les bénédictions multiples qu'ils avaient reçus de Dieu.

Ce qui signifie que c'est une fête en l'honneur de Jéhovah.



      Quelle sera l'époque future où les hommes vivront en paix, goûteront le repos et la tranquillité et jouiront de bénédictions multiples de la part de Dieu ? Le millénium. Cette idée est confirmée par le troisième aspect de cette fête.

      La fête des tabernacles était une occasion de se réjouir, de rendre témoignage et de louer le Seigneur. Dans un sens plus large, c'est la fête de Jéhovah, la seule fête mosaïque qui sera rétablie lorsque Jéhovah viendra régner personnellement sur terre pendant mille ans. Ainsi, la fête des tabernacles représente figurativement l'époque future où le Christ sera honoré, loué et vénéré.


Conclusion

      Lorsque l'Éternel donna à Moïse un ensemble de révélations qui formaient la loi, il donna en même temps, d'une manière figurée, le témoignage des plus grands événements qui allaient se produire sur la surface de la terre. En effet, les sept fêtes sacrées qui font partie de la loi de Moïse portent témoignage de l'expiation du Christ, du rejet du Christ par les Juifs, de sa résurrection, de la moisson des âmes au midi des temps, de l’apostasie, du rétablissement de l’Évangile dans les derniers jours, de la rédemption des Juifs, et enfin du millénium.

      L'intelligence humaine est confondue par tout ce que ces fêtes sacrées de l'Ancien Testament contiennent de prophéties, de symboles et de promesses, en harmonie avec les Écritures. En y pensant, le désir monte d'adresser à Dieu cette louange : « Et ils chantent le cantique de Moïse, le serviteur de Dieu, et le cantique de l’agneau, en disant : Tes oeuvres sont grandes et admirables, Seigneur Dieu tout-puissant ! Tes voies sont justes et véritables, rois des nations ! » (Apocalypse 15:3)




hibou ecrit Cette petite Emma est autiste mais a une voix merveilleuse

Le miracle de la sainte Bible

M. Russell Ballard
du Collège des Douze
Nous croyons vraiment et pleinement au Seigneur et Sauveur Jésus-Christ et en sa parole révélée par la sainte Bible
Mes frères et soeurs, la sainte Bible est un miracle ! C’est un miracle que les 4000 années d’histoire sacrée et profane de la Bible aient été mises par écrit et préservées par des prophètes, des apôtres et des hommes d’Église inspirés.
C’est un miracle que nous ayons la doctrine, les principes, la poésie et les histoires formidables de la Bible. Mais c’est surtout un miracle merveilleux que nous ayons un récit de la vie, du ministère et des paroles de Jésus qui a été protégé au cours de l’âge des ténèbres et à travers les conflits d’innombrables générations, pour que nous puissions l’avoir aujourd’hui.
C’est un miracle que la Bible contienne littéralement dans ses pages l’Esprit convertisseur et guérisseur du Christ, qui a changé le cœur des hommes pendant des siècles, les amenant à prier, à choisir le bon chemin et à chercher à trouver leur Sauveur.
La sainte Bible est bien nommée. Elle est sainte parce qu’elle enseigne la vérité, sainte parce qu’elle nous réchauffe de son esprit, sainte parce qu’elle nous apprend à connaître Dieu et à comprendre ses relations avec les hommes, sainte parce qu’elle témoigne dans toutes ses pages du Seigneur Jésus-Christ.
Abraham Lincoln a dit de la Bible : « Ce grand livre… est le meilleur don que Dieu ait fait à l’homme. Tout le bien que le Sauveur a donné au monde a été communiqué par ce livre. Sans lui nous ne distinguerions pas le bien du mal » (août 1864, cité par Alma Sonne, Conference Report, octobre 1964, réunion de l’après-midi, p. 71).
Ce n’est pas par hasard ni par coïncidence que nous avons la Bible aujourd’hui. Des justes ont été poussés par l’Esprit à mettre par écrit les choses sacrées qu’ils ont vues et les paroles inspirées qu’ils ont entendues et dites. D’autres hommes dévoués ont été poussés à protéger et à préserver ces documents. Des hommes comme John Wycliffe, le courageux William Tyndale et Johannes Gutenberg ont été poussés, en dépit de beaucoup d’opposition, à traduire la Bible en une langue que le peuple pouvait comprendre et à la publier dans des livres que le peuple pouvait lire. Je crois que même les savants du roi Jacques ont été animés par l’Esprit dans leur travail de traduction.
L’âge des ténèbres doit son nom au fait que la lumière de l’Évangile a été cachée aux hommes. Les gens d’alors n’avaient ni apôtre ni prophète et ils n’avaient pas non plus accès à la Bible. Le clergé veillait à ce que les Écritures restent secrètes et ne soient pas accessibles au peuple. Nous devons beaucoup aux nombreux martyrs et réformateurs courageux comme Martin Luther, Jean Calvin et Jean Hus, qui ont exigé la liberté de culte et l’accès de tous aux livres saints.
William Tyndale a donné sa vie du fait de sa profonde croyance au pouvoir de la Bible. Il a dit : « La nature de la parole de Dieu est que quiconque la lit ou entend qu’on la raisonne et la conteste commence immédiatement à devenir quotidiennement meilleur, jusqu’à atteindre la perfection » (dans S. Michael Wilcox, Fire in the Bones: William Tyndale—Martyr, Father of the English Bible, 2004, xv).
L’étude honnête et diligente de la Bible nous rend effectivement meilleurs et nous devons toujours nous rappeler les martyrs innombrables qui ont connu son pouvoir et qui ont donné leur vie pour que nous puissions trouver dans ses paroles le chemin du bonheur et de la paix éternels du royaume de notre Père céleste.
Bien que ces anciens réformateurs chrétiens aient été d’accord sur beaucoup de choses, ils étaient finalement en désaccord sur beaucoup de points de doctrine. Cela a eu comme conséquence l’organisation de nombreuses confessions chrétiennes. Roger Williams, en son temps champion de la liberté religieuse, a conclu qu’il n’y avait aucune Église régulièrement constituée sur la terre, ni aucune personne autorisée pour administrer une ordonnance quelconque de l’Église et qu’il ne pourrait y en avoir que lorsque de nouveaux apôtres seraient envoyés par le grand Chef de l’Église dont il attendait la venue (voir William Cullen Bryant, Picturesque America: or, the Land We Live in, 2 vol., 1872-74, 1:502).
Des dizaines de millions de personnes ont acquis la foi en Dieu et en Jésus-Christ en cherchant la vérité dans la sainte Bible. Innombrables ont été ceux parmi eux qui n’avaient que la Bible pour alimenter et guider leur foi.
Grâce aux efforts des réformateurs, la Bible est devenue accessible à tous. « La parole de Dieu était lue autour de l’âtre familial des humbles aussi bien que dans le salon des puissants » (John A. Widtsoe, Conference Report, avril 1939, p. 20).
Des millions de familles se sont réunies pour essayer de trouver l’Église de Jésus-Christ par leur étude de la Bible. Une de ces familles, au début des années 1800, dans le nord de l’État de New York, était la famille de Joseph Smith, père. Un de ses fils était Joseph Smith, fils, qui a sondé la Bible, cherchant à savoir laquelle des nombreuses confessions était la même que l’Église que Jésus-Christ avait organisée. Il a été poussé par les paroles de la Bible à prier pour avoir davantage de lumière et de connaissance spirituelles de la part de Dieu. Bien décidé à chercher la sagesse promise dans l’Écriture sainte, Joseph s’est mis à genoux pour prier humblement au début du printemps de 1820. Ah, quelle lumière et quelle vérité merveilleuses se sont déversées sur lui ce jour-là quand il a vu la manifestation glorieuse de Dieu le Père et du Seigneur Jésus-Christ ! Dieu avait une fois de plus appelé un prophète, comme du temps de Noé, d’Abraham et de Moïse.
Comme nous devrions être reconnaissants d’avoir la sainte Bible ! Nous y apprenons non seulement la vie, les enseignements et la doctrine du Christ, mais nous apprenons aussi ce qui concerne son Église, sa prêtrise et l’organisation qu’il a établie et qu’il a appelée l’Église de Jésus-Christ des anciens jours. Nous croyons en cette Église et nous croyons que l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours est cette même Église, rétablie sur la terre, complète et avec cette même organisation et cette même prêtrise.
Sans la Bible, nous ne saurions rien de son Église d’alors et nous n’aurions pas la plénitude de son Évangile maintenant.
J’aime la Bible., ses enseignements, ses leçons et son esprit. J’aime les histoires fascinantes et profondes de l’Ancien Testament et le témoignage de ses grands prophètes concernant l’avènement du Christ. J’aime les voyages et les miracles apostoliques du Nouveau Testament et les lettres de Paul. Ce que j’aime surtout, ce sont ses récits de témoins au premier degré des paroles, de l’exemple et de l’expiation de notre Sauveur Jésus-Christ. J’aime la vision et la paix que l’on reçoit en lisant la Bible.
Mes frères et sœurs, je suis sûr que beaucoup parmi vous ont eu l’occasion d’entendre des gens dire que « les mormons ne sont pas chrétiens parce qu’ils ont leur propre Bible, le Livre de Mormon ». Nous disons à ceux qui entretiennent cette idée fausse que nous croyons que le Seigneur Jésus-Christ est notre Sauveur et l’auteur de notre salut et que nous croyons, vénérons et aimons la sainte Bible. Nous avons effectivement d’autres écrits sacrés, notamment le Livre de Mormon, mais il soutient la Bible et ne s’y substitue jamais.
Jésus a enseigné que nous devions « sonder les Écritures ». Il a ajouté que ce sont elles qui rendent témoignage de lui (voir Jean 5:39). Ces paroles inspirent tous les gens qui cherchent sincèrement à connaître et à comprendre la vérité sur Jésus-Christ. Les Écritures sont riches en histoire, en doctrine, en récits, en sermons et en témoignages, qui tournent tous en fin de compte autour du Christ éternel et de sa mission physique et spirituelle auprès des enfants de notre Père céleste.
Les membres de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours croient que « Toute Écriture est inspirée de Dieu, et utile » (2 Timothée 3:16). Nous aimons la Bible et les autres Écritures. Cela peut étonner certains, qui ne sont pas au courant que nous croyons que la Bible est la parole de Dieu révélée. Elle est l’un des piliers de notre foi, un témoin puissant du Sauveur et de l’influence continuelle du Christ dans la vie des gens qui l’adorent et le suivent. Plus nous lisons et étudions la Bible et ses enseignements, plus claire est notre vision des bases doctrinales de l’Évangile rétabli de Jésus-Christ. Nous avons tendance à aimer les Écritures avec lesquelles nous passons du temps. Il se peut que nous devions équilibrer notre étude afin d’aimer et de comprendre toute l’Écriture.
Vous, les jeunes en particulier, ne négligez ni ne dévaluez la sainte Bible. C’est le livre sacré de la vie du Seigneur. La Bible contient des centaines de pages de plus que toutes nos autres Écritures réunies. C’est la base de tout le christianisme. Nous ne critiquons ni ne déprécions les croyances de qui que ce soit. Notre grande responsabilité de chrétiens est de dire à tous ses fils et filles tout ce que Dieu a révélé.
Les gens qui deviennent membres de l’Église n’abandonnent pas leur foi en la Bible – ils la renforcent. Le Livre de Mormon ne dilue, ne diminue ni ne relègue la Bible. Au contraire, il l’étend, la prolonge et l’exalte. Le Livre de Mormon témoigne de la Bible et tous deux témoignent du Christ.
Le premier testament du Christ est l’Ancien Testament de la Bible, qui a prédit et prophétisé l’avènement du Sauveur, sa vie transcendante et son expiation libératrice.
Le deuxième testament de la Bible concernant le Christ est le Nouveau Testament, qui rapporte sa naissance, sa vie, son ministère, son Évangile, son Église, son expiation et sa résurrection ainsi que les témoignages de ses apôtres.
Le troisième testament du Christ est le Livre de Mormon, qui prédit également la venue du Christ, confirme le récit biblique de son expiation salvatrice, puis révèle la visite du Seigneur ressuscité à l’autre hémisphère de la terre. Le sous-titre du Livre de Mormon, la déclaration qui en explique le but, imprimée sur la couverture de chaque exemplaire est « un témoignage de Jésus-Christ ».
Chacun de ces trois testaments fait partie du grand tout indivisible de la parole révélée du Seigneur à ses enfants. Ils contiennent les paroles du Christ dont il nous est recommandé de nous faire un festin pour nous qualifier pour la vie éternelle (voir 2 Néphi 31:20). Ceux qui pensent qu’une partie est plus importante ou plus vraie que les autres perdent une partie de la beauté et de la perfection du canon de l’Écriture antique.
Et ceux qui pensent que les membres de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours ne croient pas en Jésus-Christ ou en la Bible devraient prendre le temps de comprendre l’Église, l’importance de son nom et la force de son message.
Je suis perplexe quand il y en a qui mettent en doute la croyance de l’Église en la Bible et notre statut de chrétiens. Le nom de l’Église est l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. À notre dernière conférence générale, ici, dans ce bâtiment, les dirigeants de l’Église ont cité la Bible près de deux cents fois. L’Église est organisée et fonctionne comme l’Église que le Christ et ses apôtres ont établie dans le Nouveau Testament. Sur l’estrade sont assis aujourd’hui le prophète et les apôtres du Seigneur Jésus-Christ.
Je rends solennellement témoignage que nous croyons vraiment et pleinement au Seigneur et Sauveur Jésus-Christ et en sa parole révélée par la sainte Bible. Non seulement nous croyons en la Bible, mais nous nous efforçons de suivre ses préceptes et d’enseigner son message. Le message de nos missionnaires est le Christ et son Évangile et son expiation, et les Écritures sont le texte de ce message. Nous disons à tous les hommes : « Nous vous apportons notre amour et nous vous invitons à venir partager tout ce que Dieu a révélé. »
Mes frères et sœurs, nous devons aider tout le monde, y compris nos membres, à comprendre l’importance et le pouvoir de la sainte Bible. La Bible est une Écriture qui nous conduit, nous et toute l’humanité, à accepter Jésus-Christ comme notre Sauveur. Que Dieu nous donne le désir et la capacité d’accepter et de vivre ses enseignements. C’est là mon humble prière, au nom du Seigneur, Jésus-Christ. Amen.


hibou ecrit Cette petite Emma est autiste mais a une voix merveilleuse

Prophétiesdéjà accomplies



 Parley P. Pratt (1807-1857)

Membre du collège des Douze de 1835 à 1857
Assassiné à l'âge de 50 ans


    
Les mentions entre crochets sont des commentaires de la rédaction



« Et nous tenons pour d'autant plus certaine la parole prophétique, à laquelle vous faites bien de prêter attention, comme à une lampe qui brille dans un lieu obscur, jusqu'à ce que le jour vienne à paraître et que l'étoile du matin se lève dans vos coeurs ; sachant, tout d'abord, vous-mêmes, qu'aucune prophétie de l'Ecriture ne peut être un objet d'interprétation particulière, car ce n'est pas par une volonté d'homme qu'une prophétie a jamais été apportée, mais c'est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu » (2 Pierre 1:19-21).

Grandes divisions de la prophétie

      Il y a une grande distinction qu'il ne faut jamais perdre de vue dans l'étude des prophéties c'est celle entre l'avenir et le passé. Le lecteur doit mettre toute son attention à reconnaître quelle partie en a été accomplie, et quelle partie attend encore son accomplissement, sans jamais oublier que la règle d'interprétation fixée par Pierre s'applique à l'une et à l'autre. Or, Si nous trouvons dans toutes nos recherches que toutes les prophéties accomplies jusqu'à ce jour l'ont été « littéralement », il s'ensuivra nécessairement que toutes les prophéties qui attendent leur accomplissement le recevront aussi d'une manière « littérale ».
 
      Cela posé, commençons à l'époque reculée du patriarche Noé.
 
      « Et moi, je vais faire venir le déluge d'eaux sur la terre, pour détruire toute chair ayant souffle de vie sous le ciel ; tout ce qui est sur la terre périra » (Genèse 6:1). Dans les versets qui suivent, le Seigneur ordonne à Noé d'entrer dans l'arche, et de prendre avec lui des animaux de toute espèce, etc. Et le 22e verset nous apprend que « C'est ce que fit Noé : il exécuta tout ce que Dieu lui avait ordonné ». Quel bonheur pour lui de ne pas être versé dans les systèmes spiritualistes de nos grands théologiens modernes ; car, sous leur influence somnifère, il n'aurait jamais pu croire qu'une prophétie si merveilleuse avait une signification littérale et s'accomplirait littéralement. De nos jours, on lui aurait objecté que ce déluge d'eaux ne signifiait qu'un déluge spirituel et que l'Arche n'était qu'une Arche spirituelle ; et s'il s'était avisé de penser autrement, nos scribes l'auraient traité dans leurs journaux d'imposteur, de fanatique ou de fou. Mais Noé eut la simplicité de croire que la prophétie devait s'accomplir littéralement. Voilà un exemple frappant de prescience. En effet, tous ceux qui n'avaient pas ce don périrent misérablement dans ce grand cataclysme.


Prophétie accomplie littéralement

      Prenons un autre exemple dans la Genèse : « Et l'Éternel dit à Abram : Sache que tes descendants seront étrangers dans un pays qui ne sera point à eux ; ils y seront asservis et on les opprimera pendant quatre cents ans. Mais je jugerai la nation à laquelle ils seront asservis, et ils sortiront, ensuite, avec de grandes richesses. Toi, tu iras en paix vers tes pères, tu seras enterré après une heureuse vieillesse. À la quatrième génération, ils reviendront ici ; car l'iniquité des Amoréens n'est pas encore à son comble » (Genèse 15:13-16).

      Les rigoureux traitements que les enfants d'Israël subirent en Égypte durant quatre cents ans, leur délivrance de ce pays avec de grandes richesses, les terribles châtiments qui furent infligés à leurs persécuteurs, ainsi que la mort d'Abraham, à un âge très avancé, sont des faits trop connus pour avoir, ici, besoin de commentaires. Nous nous bornerons à observer que c'est là un exemple frappant de l'accomplissement rigoureux d'une prophétie donnée quatre cents ans à l'avance ; d'où nous apprenons que ces hommes des temps primitifs étaient tous exempts de notre manie moderne de tout spiritualiser.

      Mentionnons l'exemple de Lot : « Qui as-tu encore ici ? Gendres, fils et filles, et tout ce qui t'appartient dans la ville, fais-les sortir de ce lieu. Car nous allons détruire ce lieu, parce que le cri contre ses habitants est grand devant l'Éternel. L'Éternel nous a envoyés pour le détruire » (Genèse 19:12-13). Assez simple pour prendre à la lettre cet avertissement céleste, Lot prit avec lui autant de membres de sa famille qui voulurent consentir à le suivre, et il s'enfuit de Sodome au grand amusement de ses habitants qui, en le voyant passer, criaient sans doute « Illusion, fourberie, imposture !!! » dans leur persuasion que cette prophétie n'était qu'une figure. Voilà l'exemple d'un homme sauvant sa vie par une « prescience » qui lui fut communiquée, tandis qu'une ville tout entière périt dans les flammes. Quel bonheur pour Lot de ne pas connaître notre manière moderne d'interpréter les prophéties ! S'il était entré dans sa tête qu'il devait sortir spirituellement de Sodome, au lieu de le faire littéralement, il aurait péri comme les autres.


Le pouvoir de prescience

      Examinons maintenant une prophétie de Joseph dans le pays d'Égypte : « Voici, il y aura sept années de grande abondance dans tout le pays d'Égypte. Sept années de famine viendront après elles ; et l'on oubliera toute cette abondance au pays d'Égypte, et la famine consumera le pays. Cette famine qui suivra sera si forte qu'on ne s'apercevra plus de l'abondance dans le pays » (Genèse 41:29-31). Alors Joseph donna des instructions pour faire remplir les greniers de blé durant les sept années d'abondance, afin de se prémunir contre la famine. Et Pharaon, aussi peu versé que ses prédécesseurs dans nos systèmes modernes de théologie, n'eut jamais la pensée d'interpréter cette prophétie autrement que dans le sens le plus littéral. Il fut ainsi, conjointement avec Joseph, un instrument dans les mains du Seigneur, pour sauver de la famine non seulement son peuple, mais aussi la maison d'lsraël. Exemple non moins frappant du pouvoir de la prescience, il préserva l'Égypte de la famine, et fit passer Joseph d'un cachot dans un palais, en l'élevant du dernier degré d'abaissement jusqu'au faîte des honneurs, au point qu'on cria devant lui : « À genoux ! » Mais que de victimes, quelles lamentations s'il n'avait été question que d'une famine spirituelle et de blé spirituel !

      Après ces exemples empruntés aux temps primitifs, nous allons effleurer en passant quelques-uns des principaux faits prophétiques qui ont déjà reçu leur accomplissement, jusqu'à ce que nous arrivions aux grands prophètes de la maison d'Israël. Alors un vaste champ s'ouvrira devant nous, présentant successivement les plus remarquables événements de l'histoire, et nous amenant au commencement de la glorieuse dispensation des derniers temps.


Accomplissement des prophéties en lsraël

      Le prophète Élie nous offre un trait digne de figurer dans cette étude. C'est la prédiction qu'il fit à Achab qu'il ne pleuvrait pas durant trois ans et plus, ce qui s'accomplit effectivement (1 Rois 17:1 ; 18:41-45). Élisée nous offre un trait non moins remarquable. Le Syrien Hazaël vint le voir pour qu'il s'enquît auprès du Seigneur touchant le roi de Syrie, son maître, qui était malade. Le prophète, en le considérant attentivement, se mit à fondre en larmes. Hazaël lui ayant demandé quel était le sujet de ses pleurs, Élisée lui répondit : « L'Éternel m'a révélé que tu seras roi de Syrie ». Alors il se mit à lui dévoiler les cruautés qu'il exercerait un jour envers Israël, cruautés tellement horribles que nous les passerons sous silence pour ne pas offenser les oreilles délicates. Humilié d'entendre prophétiser qu'il commettrait de telles infamies, Hazaël s'écria, plein d'étonnement : « Mais qu'est-ce que ton serviteur, ce chien, pour faire de si grandes choses ? » Mais, chose surprenante à dire, cette prédiction s'accomplit rigoureusement à la lettre (2 Rois 8:7-15 ; 9:14 ; 10:32 ; 12:17 ; 13:22).

      Nous lisons dans le 21e chapitre des 2 Chroniques, versets 14-15, qu'un écrit fut apporté à Joram de la part du prophète Élie, qui, après lui avoir reproché le crime de son apostasie et celui d'avoir massacré ses frères, de la maison de son père, qui étaient meilleurs que lui, se termine ainsi « Voici, l'Éternel frappera ton peuple d'une grande plaie, tes fils, tes femmes, et tout ce qui t'appartient ; et toi, il te frappera d'une maladie violente, d'une maladie d'entrailles, qui augmentera de jour en jour jusqu'à ce que tes entrailles sortent par la force du mal ». Nous voyons dans ce même chapitre que les Arabes et les Philistins pillèrent toutes ses richesses et lui enlevèrent ses femmes et ses enfants. Et, après cela, le Seigneur le frappa dans ses entrailles d'une maladie incurable, ses entrailles sortirent par la force de sa maladie, et il expira dans d'affreux tourments.


Josué prophétise au sujet de Jéricho

      Le 26e verset du 6e chapitre du livre de Josué contient cette étonnante prédiction sur la ville de Jéricho : « Maudit soit devant l'Éternel l'homme qui se lèvera pour rebâtir cette ville de Jéricho. Il en jettera les fondements au prix de son premier-né et il en posera les portes au prix de son plus jeune fils ». Après cette malédiction, Jéricho resta déserte pendant des siècles, personne n'osant s'exposer à de telles éventualités, en rebâtissant la ville. Après une longue suite de juges et de rois, après des centaines d'années, Hiel de Béthel, qui vivait sous le règne d'Achab, supposant probablement que le Seigneur avait oublié la malédiction prononcée par Josué contre Jéricho, osa rebâtir cette ville. Mais à peine en eût-il jeté les fondements qu'Abiram, son premier-né, mourut ; puis, persévérant dans son endurcissement, il en construisit les portes, et perdit Segub, le plus jeune de ses enfants, conformément aux paroles de Josué (1 Rois 16:34). Nous pourrions remplir un volume de traits semblables disséminés dans la partie historique des Écritures ; mais, voulant aborder promptement et plus en détail l'examen des livres des prophètes, et de leurs prédictions contre Jérusalem, Babylone, Tyr, l'Égypte et diverses autres nations, nous bornerons là nos citations.


Le rêve de Nébucadnetsar

      Babylone, ville la plus ancienne et la plus célèbre du monde, était agréablement située sur les bords d'une importante rivière qui serpentait majestueusement à travers les plaines de Shinar, non loin de l'endroit où s'élevait jadis la tour de Babel. Divisée en quatre parties principales, entourée d'une muraille de plus de trois cents pieds de haut et d'une circonférence de vingt lieues, et décorée de cent portes d'airain bardées de fer, dont vingt-cinq situées dans chaque division qui donnaient naissance à autant de rues longues de cinq lieues dans l'intérieur de la ville, cette immense capitale était ainsi disposée en vastes carrés réguliers d'une même étendue. Au centre de ces places, on voyait de splendides jardins ornés d'arbustes et de fleurs, et des promenades couvertes d'arbres, et les maisons, donnant directement sur les rues, étaient bâties aux extrémités des carrés. Au centre de la cité s'élevait le magnifique palais du roi Nébucadnetsar, qui dictait ses lois à tout l'univers. Ce puissant monarque était, une nuit, plongé dans le sommeil, quand il plut au Seigneur de soulever devant lui le sombre voile de l'avenir et de lui présenter en vision l'histoire du monde, dans tout son ensemble, jusqu'à la consommation de toutes choses.

      « Il voyait une grande statue, dont la tête était d'or très pur ; sa poitrine et ses bras étaient d'argent ; son ventre et ses cuisses étaient d'airain ; ses jambes de fer ; ses pieds, en partie de fer et en partie d'argile. Il regardait, lorsqu'une pierre se détacha sans le secours d'aucune main, frappa les pieds de fer et d'argile de la statue, et les mit en pièces. Alors, le fer, l'argile, l'airain, l'argent et l'or furent brisés ensemble, et devinrent comme la balle qui s'échappe d'une aire en été ; le vent les emporta, et nulle trace n'en fut retrouvée. Mais la pierre qui avait frappé la statue devint une grande montagne et remplit toute la terre ».

      Lorsque Daniel fut amené devant le roi pour lui dire quel songe il avait eu et lui en donner l'interprétation, il s'écria : « Il y a dans les cieux un Dieu qui révèle les secrets et qui a fait connaître au roi Nébucadnetsar ce qui arrivera dans la suite des temps ».


Daniel interprète le songe de Nébucadnetsar

      Puis, après avoir dit au roi quel songe il avait eu, il poursuivit en ce termes : « O roi, tu es le roi des rois car le Dieu des cieux t'a donné l'empire, la puissance, la force et la gloire ; il a remis entre tes mains, en quelque lieu qu'ils habitent, les enfants des hommes, les bêtes des champs et les oiseaux du ciel, et il t'a fait dominer sur eux tous : c'est toi qui es la tête d'or. Après toi, il s'élèvera un autre royaume, moindre que le tien ; puis, un troisième royaume, qui sera d'airain, et qui dominera sur toute la terre. Il y aura un quatrième royaume, fort comme du fer ; de même que le fer brise et rompt tout, il brisera et rompra tout, comme le fer qui met tout en pièces. Et, comme tu as vu les pieds et les orteils en partie d'argile de potier et en partie de fer, ce royaume sera divisé ; mais il y aura en lui quelque chose de la force du fer, parce que tu as vu le fer mêlé avec l'argile. Et comme les doigts des pieds étaient en partie de fer et en partie d'argile, ce royaume sera en partie fort et en partie fragile. Tu as vu le fer mêlé avec l'argile, parce qu'ils se mêleront par des alliances humaines ; mais ils ne seront point unis l'un à l'autre, de même que le fer ne s'allie point avec l'argile. Dans le temps de ces rois, le Dieu des cieux suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit, et qui ne passera point sous la domination d'un autre peuple : il brisera et anéantira tous ces royaumes-là, et lui-même, subsistera éternellement. C'est ce qu'indique la pierre que tu as vue se détacher de la montagne sans le secours d'aucune main et qui a brisé le fer, l'airain, l'argile, l'argent et l'or. Le grand Dieu a fait connaître au roi ce qui doit arriver après cela. Le songe est véritable et son explication est certaine » (Daniel 2:28,37-45).


Réalisation du songe de Nébucadnetsar

      Nous venons de voir se dérouler successivement devant nous, d'abord le royaume de Nébucadnetsar, première monarchie universelle ; puis l'empire des Perses et des Mèdes qui conquirent Babylone sur le roi Belsçatsar, et régnèrent sur toute la terre ; ensuite celui des Grecs sous l'empereur Alexandre, qui fit la conquête de l'univers et lui dicta des lois du milieu de Babylone ; quatrièmement, l'empire Romain qui subjugua toutes les nations ; cinquièmement, sa division en empire d'Orient et en empire d'Occident, et puis sa dissolution ou subdivision en divers royaumes, tels qu'ils existent dans l'état actuel de l'Europe, royaumes représentés par les pieds et les orteils de la statue, en partie de fer et en partie d'argile. En dernier lieu, nous avons vu qu'il s'élèverait un royaume entièrement nouveau, suscité et organisé par le Dieu du ciel aux derniers jours, ou durant le règne de ces rois figurés par les pieds et les orteils. Ce dernier royaume ne doit jamais changer de maître ni passer à un autre peuple, comme tous ceux qui l'ont précédé, mais il doit mettre en pièces tous les autres royaumes et subsister à jamais.

      Certains docteurs prétendent que ce dernier royaume n'est autre que le royaume de Dieu, qui fut organisé du temps de Jésus-Christ ou des apôtres. Mais il est impossible de faire une plus grossière bévue. Le royaume de Dieu établi du temps de Jésus-Christ ou des apôtres ne mit en pièces aucun des royaumes de la terre. Au contraire, on lui fit la guerre et il fut subjugué, en accomplissement de ces paroles du prophète Daniel : « Je vis cette corne faire la guerre aux saints et l'emporter sur eux... Jusqu'au moment où l'ancien des jours vint donner droit aux saints du Très-Haut, et le temps arriva où les saints furent en possession du royaume... Le règne, la domination et la grandeur de tous les royaumes qui sont sous les cieux, seront donnés au peuple des saints du Très-Haut. Son règne est un règne éternel, et tous les dominateurs le serviront et lui obéiront » (Daniel 7:21,22,27).


Le royaume de Dieu sera établi

      Jean, dans son apocalypse, nous apprend qu'il « fut donné à la bête de faire la guerre aux saints, et de les vaincre. Et il lui fut donné autorité sur toute tribu, tout peuple, toute langue et toute nation » (Apocalypse 13:7). En accomplissement de ces paroles, le pouvoir fut donné aux autorités de la terre de tuer les apôtres et les hommes inspirés ; et s'il en resta quelques-uns, ils furent bannis de toute société humaine ou forcés de se réfugier dans des îles désertes ou dans des cavernes. C'étaient des hommes dont le monde n'était pas digne. Et, en même temps, de faux docteurs et de faux prophètes furent introduits à leur place, que les hommes se choisirent eux-mêmes, parce qu'ils ne voulaient point supporter la saine doctrine. C'est ainsi que le royaume de Dieu « se désorganisa et disparut » de la terre, c'est ainsi qu'il fut remplacé par des préceptes et par des Églises à caractère purement humain. Mais nous nous réservons de traiter plus amplement ce sujet ailleurs. Remarquons simplement que le royaume dont parle Daniel est un royaume que le Dieu du ciel doit susciter et organiser lui-même aux derniers jours, sans rien emprunter aux institutions et aux préceptes des hommes. Une fois organisé, il ne cessera jamais de s'accroître ; toutes les puissances de la terre et de l'enfer ne sauraient entraver ses progrès, jusqu'à ce qu'enfin l'Ancien des jours se soit assis sur son trône, et que le Seigneur Jésus vienne dans les nuées du ciel, revêtu d'une grande gloire et d'une grande puissance, en Roi des rois et en Seigneur des Seigneurs, détruire tous les royaumes et donner « aux saints » l'empire de l'univers. Alors il n'y aura plus qu'un Dieu et qu'un Seigneur, et il sera l'unique Roi de toute la terre.

      Revenons à Nébucadnetsar, que Dieu, par la bouche de Jérémie, appelle « mon serviteur pour exécuter ses jugements contre les nations ». Il paraît que le Seigneur n'avait exalté ce grand monarque, en l'armant de son propre glaive et en lui donnant une grande puissance, que dans le but formel d'exécuter ses jugements et de châtier toutes les nations de la terre. Jérémie nous apprend (Jérémie 25) que le Seigneur avait résolu de faire marcher Nébucadnetsar et ses armées contre Jérusalem et contre toutes les nations voisines, pour les mettre sous le joug et dans la désolation durant soixante-dix ans, et qu'après ces soixante-dix ans il tournerait sa colère contre le roi de Babylone et sa nation, et les châtierait à cause de leurs iniquités. Or, qui pourrait parcourir l'histoire donnant le récit de ces grands événements, indiqués avec tant d'exactitude dans Jérémie, Ésaie et Ézéchiel, sans être frappé d'étonnement et d'admiration à la vue de ce merveilleux don de prophétie qui mettait alors ces hommes en état de faire l'histoire de l'avenir, comme on lit de nos jours celle du passé. En effet, un lecteur du XXe siècle, tenant en ses mains l'histoire de Babylone, l'histoire des Mèdes et des Perses, des Grecs, des Romains et des Égyptiens, ainsi que celle des Juifs, pourrait à peine se mettre mieux au courant des événements qui se sont passés parmi ces nations, que ne l'étaient les prophètes soixante-dix ans avant leur accomplissement.

      Les Juifs furent asservis par Nébucadnetsar ; Jérusalem et le temple furent réduits en cendres ; leurs princes, leurs nobles et le peuple furent transportés à Babylone, ainsi que tous les objets sacrés. Toutes les particularités qui marquèrent ce grand désastre furent clairement prédites par Jérémie, aussi bien que le temps de la captivité, à savoir, soixante-dix ans. Après avoir soumis les Juifs, le roi de Babylone fit marcher son armée contre Tyr, la capitale du monde commercial de cette époque, ville située sur la mer et entourée non seulement par la mer, mais d'une forte muraille, une place si bien fortifiée exigea des efforts inouïs ; il fallut la persévérance et toute l'habileté de Nébucadnetsar et de son armée, pour en venir à bout ; enfin, après des travaux longtemps prolongés, ils parvinrent à s'emparer de Tyr et réduisirent ses habitants en servitude pendant soixante-dix ans. Puis, ils revinrent et rebâtirent leur ville, car Jérémie avait prédit la prise de Tyr, sa captivité durant soixante-dix ans et sa restauration après ce laps de temps. Après son rétablissement, la ville de Tyr redevint florissante, mais elle fut ensuite réduite à une extrême désolation. On voit encore de nos jours quelques-unes de ses ruines au fond de la mer ; l'emplacement qu'elle occupait n'est plus qu'un rocher stérile habité par de pauvres pêcheurs. Cette désolation perpétuelle, et même ces débris misérables, avaient été clairement prédits par les prophètes.


Nébucadnetsar accomplit les buts de Dieu

      Après la conquête de Tyr par le roi de Babylone, pour dédommager ses soldats des souffrances extrêmes qu'ils avaient endurées pendant le siège, le Seigneur lui promit par la bouche d'Ézéchiel de lui donner les dépouilles de l'Égypte, comme salaire à son armée et récompense de ses services. Ce que Nébucadnetsar effectua, en faisant la conquête de l'Égypte et en réduisant ses habitants en servitude durant soixante-dix ans.
 
      Puis, il faut le suivre, exécutant les décrets vengeurs du Seigneur contre Uz, sur les rois des Philistins, sur Askelon et Azaah ; sur Ékron, Édom, Moab, Ammon, Dedan, Buz et Tema ; sur les rois de l'Arabie, Zimri et Élam ; sur tous les rois des Mèdes ; sur tous les princes du Nord, voisins ou éloignés ; enfin contre toutes les nations de la terre qui étaient ivres jusqu'au vomissement, et qui devaient disparaître à jamais sous les coups de son épée. Mais lorsque Dieu eut accompli ces desseins contre ces peuples et ces rois, il résolut de châtier à son tour ce grand monarque et ses successeurs, ainsi que la superbe Babylone, et toute la nation. Il voulut les frapper d'une éternelle désolation ; et, cela, à cause de leur extrême arrogance. Le Seigneur s'écria : « La hache se glorifie-t-elle envers celui qui s'en sert ? Ou la scie est-elle arrogante envers celui qui la manie ?… » (Ésaïe 10:15).

      Mais pour retracer les événements qui amenèrent le retour des Juifs, et des autres nations, de leur captivité de soixante-dix ans, ainsi que le châtiment de Babylone, les prophètes introduisent un homme bien différent de Nébucadnetsar. Appelé dans les Écritures l'Oint du Seigneur, on peut le considérer comme l'un des caractères les plus extraordinaires que le paganisme ait jamais produits. Sa douceur, sa persévérance, son courage, ses succès, mais par-dessus tout sa stricte obéissance aux commandements de ce Dieu que ni lui ni ses pères n'avaient jamais connu, tout tend à démontrer qu'Ésaïe ne se trompait point, quand il l'appelait par son nom comme l'Oint du Seigneur, pour délivrer les nations de la servitude, pour dompter et châtier la plus grande ville et la plus vaste monarchie qui aient jamais existé sur la terre, pour opérer la restauration des Juifs, et rebâtir Jérusalem et le temple. Il était réellement un de ces hommes rares, qui n'apparaissent dans le monde que pour réaliser de grandes choses. Mais voyons en quels termes le prophète lui-même en parle : « Ainsi parle l'Éternel à son oint, à Cyrus, qu'il tient par la main, pour terrasser les nations devant lui et pour relâcher la ceinture des rois, pour lui ouvrir les portes afin qu'elles ne soient plus fermées. Je marcherai devant toi, j'aplanirai les chemins montueux, je romprai les portes d'airain et je briserai les verrous de fer. Je te donnerai des trésors cachés, des richesses enfouies afin que tu saches que je suis l'Éternel qui t'appelle par ton nom, le Dieu d'Israël. Pour l'amour de mon serviteur Jacob, et d'Israël, mon élu, je t'ai appelé par ton nom, je t'ai parlé avec bienveillance, avant que tu me connusses. Je suis l'Éternel, et il n'y en a point d'autre, hors moi, il n'y a point de Dieu ; je t'ai ceint, avant que tu me connusses. C'est afin que l'on sache, du soleil levant au soleil couchant, que hors moi, il n'y a point de Dieu » (Ésaïe 45:1-6).

      Il dit dans le 13e verset : « C'est moi qui ai suscité Cyrus dans ma justice et j'aplanirai toutes ses voies ; il rebâtira ma ville, et libérera mes captifs, sans rançon ni présents, dit l'Eternel des armées ». Le lecteur ne doit pas perdre de vue qu'Ésaïe vivait environ cent ans avant la captivité des Juifs à Babylone, et cent soixante-dix ans avant que Cyrus n'effectuât leur restauration.


Les grandes conquêtes de Cyrus

      Ici je m'arrête, et je demande quel pouvoir, autre que le pouvoir de Dieu, eût été capable de mettre un homme en état d'en appeler un autre par son nom, un siècle avant sa naissance, et de prédire correctement l'histoire de sa vie ? Quelles ne durent pas être sa surprise et son admiration, lorsque, après plusieurs années de guerres et de commotions, durant lesquelles il marcha de conquêtes en conquêtes, et il dépouilla de leurs trésors maintes nations, il vint camper enfin auprès des murs de la plus forte place de l'univers ! Il avait là devant lui une muraille qui avait plus de 300 pieds d'élévation, avec ses portes d'airain bardées de fer. Muni de vivres pour plusieurs années, le peuple renfermé dans son enceinte se croyait à l'abri de toute atteinte. Comment songer à s'emparer d'une aussi forte place ? Qui, à moins d'être inspiré du grand Jéhovah, n'aurait pas reculé devant une pareille entreprise ?

      Mais Cyrus, ayant détourné le cours de l'Euphrate, et étant passé sous la muraille même de la ville dans le lit sec de la rivière, se trouva maître de Babylone, sans coup férir ; alors même que le roi Belsçatsar se livrait à une orgie avec ses nobles et ses concubines, au cours de laquelle il avait fait apporter les vases d'or et d'argent que son père avait tirés du temple de Jérusalem. Déjà ses genoux s'étaient entrechoqués d'horreur, en voyant les doigts d'une main d'homme qui écrivait sa sentence sur l'enduit de la muraille, sentence que Daniel venait de lui interpréter, en lui apprenant que son royaume était donné aux Mèdes et aux Perses.

      Après la conquête de cette grande monarchie, Cyrus, devenu l'arbitre de l'univers, dut admettre Daniel au nombre de ses amis. Le prophète l'initia sans doute à la connaissance des annales juives, et alors tout le mystère lui fut dévoilé : il put voir que Dieu l'avait appelé par son nom, que sa puissante main l'avait ceint pour la bataille et avait dirigé toutes ses entreprises ; il put alors comprendre pourquoi les trésors de la terre avaient afflué dans ses mains, pourquoi les rois avaient tremblé en sa présence, et pourquoi les portes d'airain s'étaient ouvertes, et leurs barres de fer s'étaient brisées. Tout cela s'était fait pour qu'il sût qu'il y avait un Dieu en Israël, qu'il n'y en avait pas d'autre, et que toutes les idoles n'étaient que pur néant ; afin, aussi, qu'il opérât la restauration des Juifs, qu'il rebâtît Jérusalem et le temple, et qu'il accomplît les desseins de Dieu concernant Babylone.


Cyrus décrète la reconstruction du temple

      En conséquence, il fit publier une proclamation pour inviter les Juifs à retourner dans leur patrie, et les peuples de son empire à les aider à rebâtir leur ville. On lit dans Esdras : « Ainsi parle Cyrus, roi des Perses : L'Éternel, le Dieu des cieux, m'a donné tous les royaumes de la terre, et il m'a commandé de lui bâtir une maison à Jérusalem en Juda. Qui d'entre vous est de son peuple ? Que son Dieu soit avec lui et qu'il monte à Jérusalem, en Juda, et bâtisse la maison de l'Éternel, le Dieu d'Israël. C'est le Dieu qui est à Jérusalem » (Esdras 1:2-3).
 
      Quels puissants arguments, quelle irrésistible influence purent convaincre Cyrus que le Dieu du ciel habitait Jérusalem, qu'il était le seul vrai Dieu, et que c'était lui qui avait fait toutes ces choses ? Il n'avait pourtant pas été élevé dans la foi de ce Dieu, ni dans les Saintes Écritures. Il avait été jusqu'alors un adorateur zélé des idoles, et c'étaient elles seules qu'il invoquait dans sa jeunesse. À cela, je réponds : c'était le pouvoir de Dieu rendu manifeste par les prophéties et leur accomplissement, non point dans un sens spiritualisé, non point d'une manière obscure, incertaine et difficile à comprendre, mais par une démonstration positive, simple et littérale, que nul ne pouvait rejeter ou nier. Ésaïe nous apprend que tel était le but du Seigneur, en révélant ses desseins avec tant de clarté. Et Cyrus fit voir par sa conduite qu'il l'avait ainsi compris.
 
      Remarquons ici que, lorsque nous aborderons cette partie des prophéties qui n'ont pas encore été accomplies, nous apporterons des preuves positives que les nations païennes des derniers jours seront également convaincues de la même manière que le fut Cyrus ; c'est à dire qu'il y a certains événements clairement prédits par les prophètes, pas encore accomplis, qui, après avoir reçu leur accomplissement, prouveront à ces nations l'existence du vrai Dieu ; et elles reconnaîtront qu'il avait annoncé ces événements et qu'il les a accomplis. Et alors les grands docteurs et les savants théologiens de la chrétienté, comme toutes les sectes, qui donnent aux prophéties une autre interprétation que l'interprétation « littérale », resteront confondus et seront forcés de reconnaître que tout s'est accompli, comme il était écrit.


Désolation éternelle de Babylone

      Mais revenons à nos recherches sur les prophéties et leur accomplissement. Les prophètes avaient non seulement prédit la conquête de Babylone par Cyrus, mais ils avaient proclamé la destinée de cette ville jusqu'à la fin des temps. Ils avaient annoncé qu'elle serait frappée d'une complète désolation, et ne serait plus jamais habitée, même par les Arabes errants. « L'Arabe n'y dressera point sa tente », avait dit le prophète Ésaïe (Ésaïe 13:19-22).
 
      Joseph Wolfe, le célèbre missionnaire juif, durant son voyage en Chaldée, s'informa auprès des Arabes s'ils dressaient leurs tentes parmi les ruines de Babylone. Ils répondirent négativement, déclarant qu'ils craindraient en le faisant d'être visités par l'esprit de Nimrod, le fameux chasseur. Ainsi toutes les prédictions des prophètes sur cette puissante ville ont été accomplies.

      L'ancien pays d'Édom nous offre un autre exemple frappant de l'accomplissement des prophéties. Ces prédictions sur Édom furent faites à une époque où le sol de ce pays était fort productif, bien cultivé, et couvert de villes et de villages florissants. Il ne reste maintenant de ces villes que des monceaux de ruines désolées, repaire des cormorans, des butors, des serpents, et des bêtes fauves. Le Seigneur a frappé le sol de stérilité et en a fait un désert depuis des siècles, en accomplissement formel des prophéties.


Daniel reçoit une vision des royaumes

      Arrêtons-nous un instant à la vision de Daniel sur le bouc et le bélier, rapportée dans le huitième chapitre de son livre. Nous engageons le lecteur à lire le chapitre tout entier. Pour nous, nous allons plus particulièrement nous attacher à l'interprétation de cette vision, telle qu'elle fut donnée par l'ange Gabriel à ce prophète. « Puis il me dit : Je vais t'apprendre ce qui arrivera au terme de la colère, car il y a un temps marqué pour la fin. Le bélier que tu as vu, et qui avait des cornes, ce sont les rois des Mèdes et des Perses. Le bouc, c'est le roi de Javan. La grande corne entre ses yeux, c'est le premier roi. Les quatre cornes qui se sont élevées pour remplacer cette corne brisée, ce sont quatre royaumes qui s'élèveront de cette nation, mais qui n'auront pas autant de force. À la fin de leur domination, lorsque les pécheurs seront consumés, il s'élèvera un roi impudent et artificieux. Sa puissance s'accroîtra, mais non par sa propre force ; il fera d'incroyables ravages, il réussira dans ses entreprises, il détruira les puissants et le peuple des saints. À cause de sa prospérité et du succès de ses ruses, il aura de l'arrogance dans le coeur, il fera périr beaucoup d'hommes qui vivaient paisiblement, et il s'élèvera contre le chef des chefs ; mais il sera brisé, sans l'effort d'aucune main ».


Interprétation de la vision de Daniel

      Dans cette vision, il est d'abord question de l'empire des Mèdes et des Perses, tel qu'il exista jusqu'à ce qu'il fût conquis par Alexandre le Grand. Or, c'est un fait bien connu que cet empire s'étendit de façon extraordinaire, un peu après la mort de Daniel, et qu'il poussa ses conquêtes vers le nord, le sud et l'ouest, au point de tout faire plier devant lui. Mais Alexandre, roi de Macédoine, arrivant de l'ouest, à la tête d'une petite armée d'hommes d'élite, vint attaquer les Perses sur les bords du Granique. Ayant lancé son cheval dans ses eaux, et suivi de son armée, il traversa la rivière et fondit impétueusement sur les Perses qui, rangés pour la bataille sur le rivage, étaient dix fois plus nombreux ; mais, en dépit de leur nombre et quoiqu'ils eussent l'avantage du terrain, les Perses furent mis en pleine déroute. Alors les Grecs s'avancèrent dans l'intérieur du pays et, après avoir vaincu maintes fois les Perses en bataille rangée, ils les asservirent complètement. On sait qu'Alexandre le Grand subjugua toutes les nations les unes après les autres, et qu'après avoir fait la conquête de l'univers, il vint mourir à Babylone, à l'âge de trente-deux ans. Ainsi, après s'être accrue considérablement, la grande « corne » fut rompue, et à sa place il en surgit quatre autres vers les quatre vents des cieux. L'empire d'Alexandre fut divisé entre quatre de ses généraux, qui n'obtinrent jamais sa puissance. Et vers le déclin de ces royaumes, quand la transgression des Juifs fut arrivée à son comble, ces derniers furent rudement châtiés par les Romains, qui prirent Jérusalem, et firent cesser le sacrifice perpétuel. Les Romains ne s'arrêtèrent pas là, ils exterminèrent les hommes puissants et saints, c'est-à-dire les apôtres et les premiers chrétiens, qui furent mis à mort par les autorités de Rome.


La science prophétique vient de Dieu

      Nous vous le demandons : est-ce que l'histoire de notre pays nous rapporte plus clairement les événements passés, que la sagesse du prophète Daniel ne décrivit les événements de l'avenir, dont quelques-uns ne devaient s'accomplir qu'après de longs siècles, et que nulle sagacité humaine n'aurait jamais pu prévoir ? De nos jours, l'homme, par son intelligence, est parvenu à faire bien des prodiges. Il peut parcourir les immenses solitudes de l'océan sans vent ni marée ; il peut s'élancer dans les nues sans le secours des ailes ; sans l'aide des animaux, il franchit les distances avec une surprenante vélocité, et il fait circuler sa pensée avec la rapidité de la foudre. Mais il est un principe qu'il ne pourra jamais atteindre ; non, pas même par la sagesse combinée des siècles ; l'argent ne saurait l'acheter ; il ne vient que de Dieu seul, et il est donné gratuitement à l'homme. Le prophète disait aux idoles : « Dites-nous ce qui arrivera, pour que nous sachions que vous êtes des dieux ».


Les prophéties messianiques

      Maintenant nous allons démontrer avec quelle exactitude les prophéties furent littéralement accomplies en la personne de Jésus-Christ. « Voici, avait dit le prophète, la jeune fille deviendra enceinte et elle enfantera un fils » (Ésaïe 7:14).

      Bethléhem devait être le lieu de sa naissance (Michée 5:1), et l'Égypte, où il séjourna avec ses parents, l'endroit d'où il devait être appelé (Osée 11:1). Il vint habiter la ville de Nazareth, car il était écrit : « Il sera appelé Nazaréen » (Matthieu 2:23). Il fit son entrée à Jérusalem sur un ânon, parce que le prophète avait dit : « Voici, ton Roi vient, doux et humble, monté sur un âne » (Zacharie 9:9).

      Le prophète avait encore dit : « Méprisé et abandonné des hommes, homme de douleur et habitué à la souffrance... semblable à un agneau qu'on mène à la boucherie, à une brebis muette devant ceux qui la tondent ; il n'a point ouvert la bouche. Il a été enlevé par l'angoisse et le châtiment ; et parmi ceux de sa génération, qui a cru qu'il était retranché de la terre des vivants... Mais il était blessé pour nos péchés... et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris... On a mis son sépulcre parmi les méchants, son tombeau avec le riche » (Ésaïe 53:3,7,8,5,9).

      Aucun de ses membres n'est brisé (Exode 12:46) ; ses vêtements sont tirés au sort (Psaumes 22:18) ; on lui donne du vinaigre et du fiel à boire (Psaumes 69:22) ; il est trahi pour trente pièces d'argent (Zacharie 11:13) ; enfin, après sa mort, ayant été mis au sépulcre, il ressuscite triomphant le troisième jour, sans avoir subi la corruption (Ésaïe 26:19 ; Psaumes 16:10).


Accomplissement littéral des prophéties messianiques

      Maintenant, cher lecteur, Si vous eussiez accompagné le Rédempteur durant son séjour sur la terre, et que vous eussiez mis par écrit les circonstances particulières de sa vie et de sa mort, votre histoire ne serait pas plus clairement rédigée que celle que les prophètes écrivirent des centaines d'années avant sa naissance. Une remarque importante à faire sur la manière dont les apôtres interprétaient les prophéties, c'est qu'ils se bornaient à les citer, et signalaient ensuite leur accomplissement. Par cette méthode, ils étaient à même de produire, dans les synagogues, des preuves si convaincantes aux yeux des Juifs, que ceux-ci se trouvaient forcés de croire que le prétendu imposteur qu'ils avaient crucifié, était bien réellement le Messie. Mais si, à l'exemple des grands docteurs du jour, ils se fussent avisés de vouloir donner aux prophéties un sens spiritualiste ou une application incertaine, tout serait resté dans le doute et le vague, et la certitude aurait disparu de la terre.


Prophétie concernant Jérusalem

      Après avoir examiné les prophètes de l'Ancien Testament, et avoir clairement démontré que l'accomplissement de leurs prédictions ne pouvait s'entendre que dans un sens littéral, on demandera peut-être si cela s'applique également aux prophéties du Nouveau Testament. Nous allons donc rapporter quelques exemples importants, puisés dans le Nouveau Testament.

      L'une des prophéties les plus remarquables de la Bible nous a été donnée par Luc. La voici : « Lorsque vous verrez Jérusalem investie par des armées, sachez alors que la désolation est proche. Alors, que ceux qui seront en Judée fuient dans les montagnes, que ceux qui seront au milieu de Jérusalem en sortent, et que ceux qui seront dans les champs n'entrent pas dans la ville. Car ce seront des jours de vengeance, pour l'accomplissement de tout ce qui est écrit. Malheur aux femmes qui seront enceintes et à celles qui allaiteront en ces jours-là ! Car il y aura une grande détresse dans le pays et de la colère contre ce peuple. Ils tomberont sous le tranchant de l'épée, ils seront emmenés captifs parmi toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations, jusqu'à ce que les temps des nations soient accomplis » (Luc 21:20-24).


Jérusalem foulée aux pieds par les Gentils

      Cette prophétie comprend la destinée de Jérusalem, de son temple, et de toute la nation juive depuis dix-huit siècles. Vers l'an soixante-dix, l'armée romaine vint assiéger Jérusalem. Les disciples de Jésus, se souvenant des avertissements qui leur avaient été donnés, quarante ans auparavant, par leur divin Maître, se réfugièrent dans les montagnes. La ville de Jérusalem fut prise après un long siège, au cours duquel les Juifs éprouvèrent les horreurs les plus extrêmes de la famine, de la peste et de l'épée. Ils remplirent des maisons de leurs morts, faute de place pour les enterrer, tandis que des femmes dévorèrent leurs propres enfants. Dans cette guerre, il périt, en Judée, près d'un million cinq cent mille Juifs, sans compter les prisonniers. Le pays fut ravagé, le temple détruit, la ville brûlée, et les misérables restes de ses habitants furent dispersés parmi toutes les nations de la terre. Depuis cette époque, leur situation n'a jamais varié ; ils ont été chassés de ville en ville, de contrée en contrée, sous la fréquente et fausse accusation d'avoir commis les plus grands crimes, pour lesquels ils étaient exilés, et leurs biens confisqués. En effet, considérés le plus souvent comme des proscrits parmi les nations, la plante de leurs pieds ne pouvait nulle part trouver de repos ; ils étaient partout un objet de mépris et de dérision, et on disait en les voyant : « Voilà le peuple de Dieu, il a été banni de sa patrie ».

      Depuis lors, les Gentils ont possédé le pays de Canaan, et foulé aux pieds la cité sainte, où leurs pères avaient adoré le Seigneur. Or, au cours de cette longue captivité, les Juifs n'ont jamais perdu de vue leur patrie absente. Leurs yeux ont veillé, et leurs coeurs ont attendu en soupirant le jour où il leur sera permis de reprendre possession de ce riche héritage, légué à leurs pères, de rebâtir Jérusalem et le temple, de rétablir leur prêtrise et leur ancien culte. Ils ont fait plusieurs tentatives de retour, mais ils y ont constamment échoué, car le Seigneur avait inaltérablement décrété que Jérusalem serait foulée aux pieds des Gentils jusqu'à ce que les temps des Gentils fussent accomplis. Moïse et les prophètes s'étaient clairement exprimés dans leurs écrits, sur cette longue dispersion. Moïse avait même mentionné cette particularité que des enfants seraient secrètement mangés durant le siège, tant seraient affreuses les extrémités auxquelles ils seraient réduits. Quiconque lira le 28e chapitre du Deutéronome, lira l'histoire des calamités subies par les Juifs, prédites par Moïse avec toute la clarté qui caractérise l'histoire des événements du passé, et cela des milliers d'années avant leur accomplissement.


Accomplissement littéral de prophéties du Nouveau Testament

      Nous citerons ensuite une prédiction qui se trouve dans les Actes, faite par le prophète Agabus qui, ayant pris la ceinture de Paul et s'en étant lié les mains et les pieds, s'écria : « Voici ce que déclare le Saint-Esprit : l'homme à qui appartient cette ceinture, les Juifs le lieront de la même manière à Jérusalem et le livreront entre les mains des païens » (Actes 21:10-11). L'accomplissement de cette prophétie est trop connu pour qu'il soit nécessaire de s'y arrêter. Nous allons donc passer à une prédiction de Paul : « Car il viendra un temps où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine ; mais, ayant la démangeaison d'entendre des choses agréables, ils se donneront une foule de docteurs selon leurs propres désirs, détourneront l'oreille de la vérité et se tourneront vers les fables » (2 Timothée 4:3-4).

      Cette prophétie a été accomplie à la lettre, car elle s'applique à tous les docteurs qui ont paru depuis Paul jusqu'à nos jours, à l'exception de ceux appelés par révélation directe et inspirés du Saint-Esprit. Mais pour convaincre le lecteur qu'elle a été rigoureusement accomplie, nous n'avons qu'à lui faire jeter les yeux sur les innombrables prêtres qui, de nos jours [1837], prêchent pour de l'argent, qui ne remplissent leurs fonctions que pour un salaire, et n'ont reçu leur autorité que des hommes. Quant aux fables [op. cit.] qu'ils prononcent, nous n'avons besoin que de mentionner les interprétations spiritualistes et privées des Écritures, qui se font entendre de presque toutes les chaires ou qu'on lit dans toutes les publications religieuses.

      Mais il y a une autre prophétie de Paul bien digne de fixer notre attention, car elle dépeint parfaitement l'époque actuelle. En voici le texte : « Sache que, dans les derniers jours, il y aura des temps difficiles. Car les hommes seront égoïstes, amis de l'argent, fanfarons, hautains, blasphémateurs, rebelles à leurs parents, ingrats, irréligieux, insensibles, déloyaux, calomniateurs, intempérants, cruels, ennemis des gens de bien, traîtres, emportés, enflés d'orgueil, aimant le plaisir plus que Dieu, ayant l'apparence de la piété, mais reniant ce qui en fait la force. Éloigne-toi de ces hommes-là » (2 Timothée 3:1-5).


Condition prédite du christianisme moderne

      Par le dernier verset, nous apprenons à notre grand étonnement que ce total d'affreuse perversité s'applique à ceux qui font profession de religion, c'est-à-dire que Paul a prédit que ce serait là le caractère des hommes des derniers jours, se parant du titre de chrétiens. S'il vous reste encore quelque doute sur le témoignage de Paul à cet égard, jetez un coup d'oeil autour de vous, et jugez par vous-mêmes. « Vous les connaîtrez à leurs fruits ».

      En sommes-nous arrivés là ? L'esprit de vérité n'a-t-il soulevé le voile de l'obscurité de dessus les derniers jours, que pour nous montrer un peuple d'apostats, une Église qui n'a qu'une vaine forme de sainteté et qui nie le pouvoir du Seigneur ? c'est-à-dire qu'elle rejette l'inspiration directe et les dons surnaturels du Saint-Esprit, qui constituent toujours l'Église du Christ. Était-ce seulement pour cela que le Saint-Esprit, dévoilant à quelques élus les événements futurs, leur fit contempler l'aurore radieuse des derniers jours ? Ô vous, prophètes et apôtres, saints hommes des temps passés, qu'avez-vous fait, si vous vous arrêtez là ? Et que deviendrions-nous, si vos visions prophétiques, en remontant le cours des siècles, n'avaient pas dépassé les temps actuels [1837] ? Hélas ! vous avez rempli nos coeurs de chagrin et de désespoir ; vous avez laissé les Juifs errants dans la tristesse et dans les ténèbres, loin de tout ce qu'ils estiment le plus au monde ; la terre de leur héritage est dans la désolation. Jérusalem est encore au pouvoir des Gentils, le temple n'est plus et eux-mêmes méconnaissent le vrai Messie. Après avoir été greffés sur l'olivier franc et avoir largement puisé de sa sève, les Gentils, à l'exemple des Juifs, ont apostasié et, à cause de leur incrédulité, ils sont comme des arbres ne portant plus de fruits, morts et déracinés ; ils n'ont qu'une vaine forme de sainteté ; et les dons et les pouvoirs qui caractérisaient l'Église primitive ont disparu de la terre.


 
Source :

Parley P. Pratt, A Voice of Warning, 1837



hibou ecrit Cette petite Emma est autiste mais a une voix merveilleuse

La  Sainte Bible


James E. Talmage (1862-1933)

Président de l'université d'Utah de 1894 à 1897
Membre du collège des Douze de 1911 à 1933
  
      Comment nous acceptons la Bible. - L'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours accepte la Sainte Bible comme le premier de ses livres canoniques, le premier des livres qui ont été proclamés être ses guides écrits en foi et en doctrine. Dans le respect sacré que les saints des derniers jours ont pour la Bible, ils ont la même position que les confessions chrétiennes en général ; mais là où ils diffèrent d'elles c'est lorsqu'ils reconnaissent, en outre, certaines autres Écritures comme authentiques et sacrées, Écritures qui concordent avec la Bible et servent à soutenir et à souligner ses faits et ses doctrines.

      Les données historiques et autres sur lesquelles repose la foi chrétienne actuelle, quant à l'authenticité des écrits bibliques, sont acceptées sans réserve par les saints des derniers jours, comme elles le sont par les membres de n'importe quelle confession, et en interprétation littérale, il est probable que cette Église excelle.

      Néanmoins, l'Église fait des réserves en cas de traduction erronée, celle-ci pouvant résulter de l'incapacité humaine, et même dans cette mesure de précaution, nous ne sommes pas seuls car les érudits bibliques admettent généralement la présence d'erreurs de ce genre à la fois de traduction et de transcription du texte. Les saints des derniers jours croient que les textes originaux sont la parole de Dieu à l'homme, et que, pour autant que ces textes ont été traduits correctement, les traductions en sont considérées comme d'authenticité égale. La Bible anglaise professe être une traduction faite par la sagesse de l'homme ; les hommes les plus savants ont été enrôlés pour la préparer et cependant pas une seule version n'a été publiée sans que des erreurs aient été admises. Cependant, un chercheur impartial trouvera plus de raisons de s'étonner du petit nombre d'erreurs qui ont été commises que du fait qu'on y trouve des erreurs.

      Il n'y a pas et il ne peut y avoir de traduction absolument exacte et sûre de ces Écritures ou d'autres Écritures à moins qu'elle ne soit faite grâce au don de traduction, l'un des dons du Saint-Esprit. Le traducteur doit avoir l'esprit du prophète s'il veut rendre dans une autre langue, les paroles du prophète ; et la sagesse humaine seule ne suffit pas pour posséder cet esprit. Que la Bible soit donc lue avec révérence et un soin pieux, le lecteur recherchant toujours, par la prière, la lumière de l'Esprit afin de pouvoir discerner les erreurs des hommes.

      Le nom « Bible ». - Selon l'usage actuel, le terme Sainte Bible désigne la collection d'écrits sacrés connus encore sous le nom d'Écritures hébraïques, qui contiennent un récit des relations de Dieu avec la famille humaine ; récit qui est entièrement limité - à l'exception du récit des événements antédiluviens - au Proche-Orient. Le mot Bible, quoique de nombre singulier, est la forme française d'un pluriel grec, Biblia, qui signifie littéralement livres. L'emploi de ce mot remonte probablement au quatrième siècle, époque à laquelle nous trouvons Chrysostome employant ce terme pour désigner les livres scripturaux reconnus alors comme canoniques par les chrétiens grecs. Il faut noter que l'idée d'une collection de livres prédomine dans tous les usages anciens du mot Bible ; les Écritures étaient alors, comme maintenant, composées des écrits de nombreux auteurs, séparés les uns des autres par de longues périodes de temps. On peut trouver, dans l'harmonie et l'unité qui règnent dans toutes ces productions diverses, une preuve importante de leur authenticité.

      Le mot Biblia fut ainsi doté d'un sens particulier en grec, signifiant les livres saints, pour distinguer les Écritures sacrées des autres écrits. Le terme devint bientôt courant en latin, langue dans laquelle il fut employé, dès le début, dans son sens particulier. Par l'usage du latin - peut-être au cours du treizième siècle - le mot finit par être considéré comme nom singulier signifiant le livre ; cette déviation du sens pluriel, invariablement associé au terme dans le grec original, tend à obscurcir les faits. Il semble peut-être que la dérivation d'un mot soit de peu d'importance ; cependant, dans ce cas, la forme originale et l'usage premier du titre maintenant courant de ce volume sacré présentent un intérêt instructif, étant donné qu'ils projettent une certaine lumière sur la compilation du livre dans sa forme actuelle.

      Il est évident que le nom Bible, avec sa signification courante, ne peut pas être de lui-même un terme biblique ; son emploi pour désigner les Écritures hébraïques est tout à fait extérieur à ces Écritures elles-mêmes. Dans sa première application, qui date des temps post-apostoliques, il embrassait la plupart sinon tous les livres de l'Ancien et du Nouveau Testament. Antérieurement à l'époque du Christ, les livres de l'Ancien Testament n'étaient pas connus sous un seul nom collectif, mais étaient désignés par groupe : (1) le Pentateuque, ou les cinq livres de la Loi ; (2) les Prophètes ; et (3) les Hagiographes, qui comprennent tous les livres sacrés non inclus dans les autres groupes. Mais nous pouvons le mieux considérer les différentes parties de la Bible en prenant les divisions principales séparément. La Bible est divisée tout naturellement par le ministère terrestre de Jésus-Christ ; les écrits des temps pré-chrétiens prirent le nom d'Ancienne Alliance ; ceux qui datent de l'époque du Sauveur et des années qui suivirent immédiatement, prirent le nom de Nouvelle Alliance (voir 1 Corinthiens 11:25 ; comparer avec Jérémie 31:31-33). Le terme Testament fut de plus en plus employé et les termes Ancien Testament etNouveau Testament devinrent communs.


L'ANCIEN TESTAMENT

      Son origine et son développement. - À l'époque du ministère de notre Seigneur dans la chair, les Juifs étaient en possession de certaines Écritures qu'ils considéraient comme canoniques ou faisant autorité. Il ne peut guère y avoir de doute quant à l'authenticité de ces ouvrages, car ils furent fréquemment cités par le Christ et ses apôtres, qui les appelaient « les Écritures » (Jean 5:39 Actes 17:11). Le Seigneur les mentionne expressément sous les termes acceptés pour les classifier : la loi de Moïse, les prophètes et les Psaumes (voir Luc 24:24). Les livres ainsi acceptés par le peuple à l'époque du Christ sont parfois désignés sous le nom de « canon juif des Écritures ». Le terme canon, employé couramment aujourd'hui, suggère non pas des livres qui sont simplement dignes de foi, authentiques ou même inspirés, mais les livres qui sont reconnus comme des guides faisant autorité en foi et en pratique. Le terme a une dérivation instructive. Son original grec, kanôn, signifiait règle droite à mesurer et, de là, il prit le sens de critère de comparaison, loi, épreuve, s'appliquant aux sujets moraux aussi bien qu'aux objets matériels.

      Quant à la formation du canon juif, ou Ancien Testament, nous lisons que Moïse en écrivit la première partie, c'est-à-dire la Loi, et qu'il la confia aux soins des prêtres ou Lévites, en leur donnant l'ordre de la conserver dans l'arche de l'alliance (voir Deutéronome 31:9,24-26) pour être témoin contre Israël dans ses transgressions. Prévoyant qu'Israël serait un jour gouverné par un roi, Moïse donna le commandement que le monarque fit une copie de la Loi pour lui servir de guide (voir Deutéronome 17:18). Josué, qui succéda à Moïse dans certaines des fonctions de conducteur du peuple d'Israël, écrivit davantage sur les relations de Dieu avec le peuple, et les préceptes divins ; et, selon toute évidence, il ajouta cet écrit à la loi telle qu'elle avait été écrite par Moïse (voir Josué 24:26). Trois siècles et demi après l'époque de Moïse, pendant lesquels la théocratie fut remplacée par une monarchie, Samuel, le prophète approuvé du Seigneur, écrivit au sujet de ce changement, « dans un livre, qu'il déposa devant l'Éternel » (Samuel 10:25). Ainsi la loi de Moïse s'augmenta d'écrits ultérieurs faisant aussi autorité. D'après les écrits d'Ésaïe, nous apprenons que le peuple avait accès au Livre du Seigneur ; car le prophète exhorta à le chercher et à le lire (voir Ésaïe 34:16). Il est évident, alors, qu'à l'époque d'Ésaïe le peuple disposait d'une autorité écrite en doctrine et en pratique.

      Près de quatre siècles plus tard, vers 640-630 av. J.-C., alors que l'intègre roi Josias occupait le trône de Juda, après la division d'Israël, Hilkijah, grand-prêtre et père du prophète Jérémie, découvrit, dans le temple, « un livre de la loi du Seigneur » (2 Chroniques 34:14,15 ; voir aussi Deutéronome 31:26), qui fut lu devant les rois (voir 2 Rois 22:8-10). Ensuite, au cours du cinquième siècle av. J.-C., à l'époque d'Esdras, l'édit du Cyrus permit au peuple captif de Juda, reste du peuple d'Israël autrefois uni, de retourner à Jérusalem (voir Esdras 1:1-3) pour y rebâtir le temple du Seigneur, selon la loi (voir Esdras 7:12-14) de Dieu qui se trouvait alors entre les mains d'Esdras. Nous pouvons en déduire que la loi écrite était connue alors ; et c'est à Esdras qu'est généralement attribué le mérite d'avoir compilé les livres de l'Ancien Testament tel qu'il pouvait se présenter à son époque ; il y ajouta ses propres écrits (voir le livre d'Esdras). Il fut probablement assisté dans ce travail de compilation par Néhémie et les membres de la grande synagogue, collège juif composé de cent vingt savants (cette information historique est donnée dans certains ouvrages apocryphes ; voir Esdras). Le livre de Néhémie, qui continue les annales historiques commencées par Esdras, est supposé avoir été écrit par le prophète dont il porte le nom et, en partie du moins, du vivant d'Esdras. Ensuite, un siècle plus tard, Malachie (Malachie, chapitres 3, 4), le dernier de cette lignée de grands prophètes qui fleurirent avant la dispensation du Christ 
(ndlr : une dispensation de l'Évangile est une époque au cours de laquelle se trouve sur la terre au moins un serviteur de Dieu qui détient les clefs de la Sainte Prêtrise), ajouta ses écrits, complétant et fermant virtuellement le canon pré-chrétien, par une promesse prophétique sur le Messie et sur le messager dont la tâche serait de préparer les voies du Seigneur, surtout en ce qui concerne les derniers jours, notre époque actuelle.

      Ainsi, il est évident que l'Ancien Testament se développa par l'apport des écrits successifs d'auteurs autorisés et inspirés, de Moïse à Malachie, et que sa compilation fut un procédé naturel et graduel, chaque addition étant « déposée devant le Seigneur », comme le disent les Écritures sacrées, en compagnie des écrits précédents. Sans aucun doute les Juifs connaissaient beaucoup d'autres livres qui ne sont pas inclus dans l'Ancien Testament tel que nous le connaissons à présent ; nous trouvons d'abondantes allusions à ces livres dans les Écritures elles-mêmes, allusions qui prouvent que beaucoup de ces livres extra-canoniques étaient considérés comme ayant une autorité considérable. Mais nous étudierons cette question plus loin à propos des Apocryphes. La canonicité reconnue des livres de l'Ancien Testament est attestée par les nombreuses mentions que l'on trouve dans les derniers livres au sujet des premiers, et par les nombreuses citations de l'Ancien Testament que l’on trouve dans le Nouveau. On a relevé environ deux cent trente citations ou mentions directes, et, en plus de cela, on y rencontre des centaines d'allusions moins directes.

      Le langage de l’Ancien Testament. - Presque tous les livres de l'Ancien Testament ont été écrits à l'origine en hébreu. Des savants affirment avoir trouvé des preuves que des petites parties des livres d'Esdras et de Daniel ont été écrites en chaldéen ; mais le fait que l'hébreu prévaut comme langue des Écritures originales a valu à l'Ancien Testament l'appellation commune de Canon Juif ou Hébreu. Du Pentateuque, deux versions ont été reconnues - la version hébraïque, propre, et la samaritaine, qui fut conservée dans les caractères hébreux les plus anciens par les Samaritains, qui étaient méprisés des Juifs.

      La version des Septante et le Peshito. - Nous reconnaissons d'abord la traduction importante du canon hébreu connue sous le nom de Version des Septante. C'est une version grecque de l'Ancien Testament, traduite de l'hébreu sur les instances d'un monarque égyptien, probablement Ptolémée Philadelphe, vers l'an 286 av. J.-C. Le nom Version des Septante a été donné, dit-on, parce que la traduction fut l’œuvre de soixante-douze anciens, soixante-dix ou septante en chiffres ronds ; ou, selon d'autres traditions, parce que le travail fut accompli en soixante-dix ou soixante-douze jours ; ou bien encore, selon d'autres histoires, parce que la version reçut la sanction du conseil ecclésiastique juif, le Sanhédrin, qui comprend soixante-douze membres. Ce qui est certain, c'est que la version des Septante, parfois désignée par les chiffres romains LXX, était la version courante parmi les Juifs à l'époque du ministère terrestre du Christ, et fut citée par le Sauveur et ses apôtres dans leurs allusions à l'ancien canon. Elle est considérée comme la plus authentique des versions anciennes, et elle est en usage de nos jours parmi les catholiques grecs et les autres églises orientales. Il est ainsi évident que depuis environ trois cents ans avant Jésus-Christ, l'Ancien Testament a été d'usage courant, à la fois en hébreu et en grec ; et cette duplication a été un moyen de protection efficace contre les altérations.

      Une autre compilation, le Peshito, fut faite, selon la tradition, à une date assez ancienne mais indéterminée et est appelée « la plus ancienne version syriaque de là Bible ». Elle contient les livres canoniques de l'Ancien Testament et un grand nombre de livres du Nouveau Testament, omettant toutefois 2 Pierre, 2 et 3 Jean, Jude et l'Apocalypse. Le Peshito est considéré par les érudits comme un ouvrage d'une grande valeur critique.

      La compilation actuelle reconnaît trente-neuf livres dans l'Ancien Testament ; ceux-ci furent originellement combinés en vingt-deux livres, correspondant aux lettres de l'alphabet hébreu. Les trente-neuf livres, tels qu'ils sont constitués à présent, peuvent être classés de façon commode comme suit :

Le Pentateuque ou les Livres de la Loi : 5
Les Livres Historiques : 12
Les Livres Poétiques : 5
Les Livres des Prophètes : 17

      Les livres de la loi. - Les cinq premiers livres de la Bible portent collectivement le nom de Pentateuque (pente - cinq, teukhos - volume) et s'appelaient, parmi les anciens Juifs, la Torah, ou la loi. Moïse est traditionnellement considéré comme leur auteur (voir Esdras 6:18 ; 7:6  Néhémie 8:1  Jean 7:10) et, par conséquent, « Les Cinq Livres de Moïse » est une autre appellation communément employée. Ils donnent l'histoire, aussi brève qu'elle soit, du genre humain de la création au déluge, et de Noé à Israël ; ensuite un récit plus détaillé de la vie des Israélites lors de leur esclavage en Égypte ; et de là, des quarante années de voyage dans le désert jusqu'au moment où les Israélites campèrent du côté le plus éloigné de la Jordanie.

      Les livres historiques, au nombre de douze, comprennent: Josué, les Juges, Ruth, les deux livres de Samuel, les deux livres des Rois, les deux livres des Chroniques, Esdras, Néhémie, Esther. Ils racontent l'histoire de l'entrée des Israélites dans la terre promise et du chemin qu'ils parcoururent ensuite à travers trois périodes distinctes de leur existence de peuple (1) en tant que nation théocratique, organisée en tribus unies par les liens de la religion et du sang ; (2) en tant que monarchie, d'abord royaume uni, ensuite nation divisée contre elle-même ; (3) en tant que peuple partiellement conquis dont les vainqueurs devaient restreindre l'indépendance.

      Les livres poétiques, sont au nombre de cinq : Job, les Psaumes, les Proverbes, l'Ecclésiaste et le Cantique des Cantiques. On les appelle fréquemment ouvrages doctrinaux ou didactiques et le terme désignatif grec Hagiographes (hagios - saint etgraphe - écrit) est encore appliqué (comme il a été dit, on entend généralement par « Hagiographes » ou écrits sacrés, les cinq ouvrages poétiques de l'Ancien Testament. Certaines autorités étendent la liste pour lui faire inclure tous les livres, mentionnés dans le Talmud comme hagiographes, à savoir : les Proverbes, l'Ecclésiaste, le Cantique des Cantiques, les Lamentations et Daniel). Ils proviennent d'époques très différentes et le fait qu'ils sont associés dans la Bible est probablement dû au fait que les Églises juives les ont employés comme règles à suivre dans leurs dévotions.

      Les livres des prophètes comprennent les ouvrages plus volumineux : Ésaïe, Jérémie, y compris ses Lamentations, Ézéchiel et Daniel, communément appelés les écrits des quatre grands prophètes ; et les douze livres suivants, plus petits - Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahum, Habakuk, Sophonie, Aggée, Zacharie, et Malachie, appelés les livres des petits prophètes. Ils donnent la teneur de la parole du Seigneur à son peuple, de l'encouragement, des avertissements et des reproches, selon leur condition, avant, pendant et après leur captivité.

      Les Apocryphes comprennent un certain nombre de livres d'authenticité douteuse, bien qu'ayant été, à certaines époques, tenus en grande estime. C'est ainsi qu'ils furent ajoutés à la version des Septante, et, pendant un certain temps, ils furent acceptés par les Juifs d'Alexandrie. Cependant, leur origine étant trop douteuse, ils n'ont jamais été généralement admis. Ils ne sont pas cités dans le Nouveau Testament. Le qualificatif apocryphe signifiant caché ou secret, fut appliqué pour la première fois à ces livres par Jérôme. L'Église romaine professe les reconnaître comme Écritures, cette décision ayant été prise par le Concile de Trente (1546), quoique un certain doute sur l'authenticité de ces ouvrages semble exister toujours, même parmi les autorités de l'Église catholique romaine. Le sixième article de la Liturgie de l'Église anglicane définit les vues orthodoxes de l'Église quant au but et à la signification des Saintes Ecritures ; et, après avoir spécifié les livres de l'Ancien  Testament qui sont considérés comme canoniques, poursuit ainsi : « Et les autres livres (comme le dit Hiérome [Jérôme]), l'Église les lit en tant qu'exemple pour la vie et instruction pour la conduite ; mais, cependant, elle ne les applique pas pour établir de doctrine ; et voici ces livres : Le Troisième Livre d'Esdras ; Le Quatrième Livre d'Esdras ; Le Livre de Tobie ; Le Livre de Judith ; Le reste du Livre d'Esther ; Le Livre de la Sagesse ; Jésus, le Fils de Sirach ; Baruch le Prophète ; Le Cantique des Trois Enfants ; L'Histoire de Suzanne ; de Bel et le Dragon ; La Prière de Manassé ; Le Premier Livre des Machabées ; Le Second Livre des Machabées ».


LE NOUVEAU TESTAMENT

      Son origine et son authenticité. - Depuis la dernière partie du quatrième siècle de notre ère, il ne s'est guère élevé de question importante au sujet de l'authenticité des livres du Nouveau Testament, tel qu'il est constitué à présent. Pendant des siècles, le Nouveau Testament a été accepté comme canon des Écritures par ceux qui professent la foi chrétienne. On trouve couramment, au quatrième siècle, des listes des livres du Nouveau Testament tels que nous les possédons maintenant ; nous pouvons mentionner, parmi ces listes, les catalogues d'Athanase, d'Épiphane, de Jérôme, de Rufin, d'Augustin d'Hippone, et la liste publiée par le troisième Concile de Carthage. À ces catalogues on peut en ajouter quatre autres qui diffèrent des précédents en ce qu'ils omettent l'Apocalypse de Jean dans trois cas, et l'Épître aux Hébreux dans un.

      Cette abondance de preuves au sujet de la constitution du Nouveau Testament au quatrième siècle est un résultat des persécutions anti-chrétiennes de cette époque. Au début du siècle en question, les mesures d'oppression de Dioclétien, empereur de Rome, étaient dirigées non seulement contre les chrétiens individuellement et collectivement, mais aussi contre leurs écrits sacrés, que le monarque fanatique essaya de détruire (voir The Great Apostasy, du même auteur, p. 73). Certaines mesures de clémence étaient prévues à l'intention de ceux qui livraient les livres saints confiés à leur garde ; et pas mal de gens saisirent cette occasion de sauver leur vie. Lorsque les rigueurs de la persécution se relâchèrent, les Églises essayèrent de juger ceux de leurs membres qui avaient faibli dans leur fidélité à la foi, en livrant les Écritures, et tous furent frappés d'anathème pour trahison. Étant donné qu'un grand nombre de livres ainsi livrés sous menace de mort n'étaient pas, à cette époque, acceptés généralement comme sacrés, ce devint une question de première importance de décider quels livres au juste étaient reconnus à ce point sacrés que leur abandon ferait d'un homme un traître (voir Hisforic Evidence of the Origin... of the Books of the New Testament 12, par Tregelles). C'est de là que nous trouvons Eusèbe répartissant les livres de l'époque messianique et apostolique en deux classes : (1) ceux dont la canonicité était reconnue ; les Évangiles, les Épîtres de Paul, les Actes, 1 Jean, 1 Pierre et probablement l'Apocalypse ; (2) ceux dont l'authenticité était discutée : les Épîtres de Jacques, 2 Pierre, 2 et 3 Jean, et Jude. À ces deux catégories il en ajouta une troisième comprenant les livres qui étaient reconnus comme faux (voir Eusèbe, Ecclesiastical History, 3:25).

      La liste publiée par Athanase, qui date approximativement du milieu du quatrième siècle, donne la constitution du Nouveau Testament, tel que nous le possédons maintenant; et, à cette époque, tout doute sur l'exactitude de l'énumération semble avoir été écarté ; et nous trouvons le Nouveau Testament, accepté communément par les chrétiens de Rome, d'Égypte, d'Afrique, de Syrie, d'Asie Mineure et de la Gaule. Le témoignage d'Origène, qui écrivit au troisième siècle, et celui de Tertullien, qui vécut au deuxième furent examinés et prononcés concluants, par les auteurs qui vinrent après, en faveur de la canonicité des Évangiles et des écrits apostoliques. Chaque livre fut jugé d'après ses propres mérites, et tous furent déclarés, par consentement commun, faisant autorité et obligatoires dans les églises.

      S'il faut remonter plus haut, nous pouvons noter le témoignage d'Irénée, connu dans l'histoire ecclésiastique comme Évêque de Lyon ; il vécut dans la seconde moitié du deuxième siècle et fut, dit-on, disciple de Polycarpe, qui fut personnellement associé avec Jean le Révélateur. Ses écrits volumineux affirment l'authenticité de la plupart des livres du Nouveau Testament et déterminent les auteurs de ces livres tels qu'ils sont admis à présent. À ces témoignages peuvent être ajoutés ceux des saints de Gaule, qui écrivirent à leurs compagnons de souffrance en Asie, citant à profusion les Évangiles, les épîtres et l'Apocalypse (voir Eusèbe, livre 4) ; les déclarations de Méliton, évêque de Sardes, qui fit un voyage dans l'Est pour déterminer quels étaient les livres canoniques, particulièrement de l'Ancien Testament (Eusèbe 4:26) ; et les attestations solennelles de Justin Martyr, qui embrassa le christianisme après l'avoir étudié sérieusement et savamment et qui subit la mort pour ses convictions. En plus des témoignages individuels nous avons ceux des conciles ecclésiastiques et des collèges officiels par lesquels les questions d'authenticité furent jugées et tranchées. À cet égard, on peut mentionner le Concile de Nicée, en 325 ap. J.-C. ; le Concile de Laodicée, en 363 ap. J-C. ; le Concile d'Hippone, en 393 ap. J.-C. ; les troisième et sixième Conciles de Carthage, en 397 et 419 ap. J.-C.

      Depuis cette dernière date, aucune dispute au sujet de l'authenticité du Nouveau Testament n'a réclamé beaucoup d'attention. Il est maintenant trop tard et la distance qui nous sépare de son origine est trop grande pour qu'il soit sage de remettre la question sur le tapis. Le Nouveau Testament doit être accepté pour ce qu'il affirme être ; et bien que beaucoup de parties précieuses en aient peut-être été supprimées ou perdues, tandis que certaines corruptions ont pu se glisser dans les textes et des erreurs s'introduire par inadvertance, suite à l'incapacité des traducteurs, dans l'ensemble, le volume doit être accepté comme authentique et digne de foi, et comme partie essentielle des Sainte Écritures (comparez avec Jean 5:39).

      Classification du Nouveau Testament. - Le Nouveau Testament comprend vingt-sept livres, classés commodément comme suit :
 
Historiques : 5
Didactiques : 21
Prophétiques : 1

      Les livres historiques comprennent les quatre Évangiles et les Actes des Apôtres. Les auteurs de ces ouvrages sont appelés évangélistes et sont Matthieu, Marc, Luc et Jean ; c'est à Luc que sont attribués les Actes des Apôtres.

      Les livres didactiques comprennent les épîtres ; et celles-ci peuvent être rangées en trois groupes : (1) Les Épîtres de Paul comprenant (a) ses lettres doctrinales adressées aux Romains, aux Corinthiens, aux Galates, aux Éphésiens, aux Philippiens, aux Colossiens, aux Thessaloniciens et aux Hébreux ; (b) ses communications pastorales à Timothée, à Tite et à Philémon ; (2) Les Épîtres Générales de Jacques, Pierre, Jean et Jude.

      Les ouvrages prophétiques, qui consistent en la Révélation de Jean, connue aussi sous le nom d'Apocalypse.


LA BIBLE DANS L'ENSEMBLE

      Premières versions de la Bible. - De nombreuses versions de l'Ancien Testament et des Testaments combinés ont paru à différentes époques. Nous avons déjà noté le texte hébreu et le double samaritain du Pentateuque, et la version grecque des Septante avec une mention sur le Peshito. Des révisions et des traductions modifiées rivalisèrent avec la version des Septante aux premiers siècles de l'ère chrétienne ; Théodose, Aquila et Symmaque publièrent chacun une nouvelle version. Une des premières traductions latines fut la Version Italique, probablement préparée au cours du deuxième siècle ; cette version fut, plus tard, corrigée et amendée, et reçut le nom de Vulgate, que l'Église catholique romaine considère encore aujourd'hui comme la version authentique. Cette version comprend l'Ancien et le Nouveau Testament.

      Versions modernes de la Bible. - Jean des Vignes fut le premier à traduire une partie des Saintes Écritures, les Épîtres et les Évangiles, en langue française. La première version française protestante du Nouveau et de l'Ancien Testament fut publiée par Olivétan, avec l'aide de Jean Calvin, à Neuchâtel, en Suisse, en 1535, et à Genève en 1540. Une autre édition de cette Bible parut en 1588 et fut appelée Bible de Genève parce qu'elle avait été revue par le Collège des Docteurs de Genève. David Martin publia en 1707, à Amsterdam, une révision de cette Bible, édition qui fut revue et corrigée dans la suite par l'évêque Luscombe. D'autre part, Pierre de Vaux fit publier, à Lyon, vers 1160, une version du Nouveau Testament en langue populaire.

      Quant aux versions françaises catholiques, nous citerons celle de Lemaistre de Sacy, du dix-septième siècle, celle de Glaire et la version moderne de Crampon.

      En 1611, fut publiée la version anglaise autorisée, ou traduction du roi Jacques ; c'était une nouvelle traduction de l'Ancien et du Nouveau Testament, faite d'après les textes hébreux et grecs, par quarante-sept savants, sur l'ordre du roi Jacques 1er, d'Angleterre. Cette version remplaça toutes les versions précédentes et est restée, jusqu'à présent, en dépit des défauts nombreux et graves qu'elle contient, la version la plus populaire et la plus couramment employée par les protestants dans les pays de langue anglaise. En 1885, une Version Revisée fut publiée ; - cependant celle-ci n'a pas encore été acceptée généralement.

      Authenticité de la Bible. - Aussi intéressantes et instructives que puissent être ces données historiques et littéraires sur les Écritures hébraïques, l'examen de celles-ci est subordonné à celui de l'authenticité des livres. Car puisque, en commun avec le reste du monde chrétien, nous les avons acceptés comme la parole de Dieu, il convient particulièrement que nous examinions l'authenticité des écrits sur lesquels notre foi se base dans une si grande mesure. Toutes les preuves présentées par la Bible elle-même, tels sa langue, les détails historiques et la cohérence de son contenu, s'unissent pour confirmer la prétention de la Bible que les différents livres ont bien été écrits par les auteurs auxquels ils sont attribués. Dans une multitude de cas, la comparaison est aisée entre le récit de la Bible et l'histoire séculière, surtout en ce qui concerne les biographies et les généalogies ; et, dans de tels cas, il a été découvert que les deux concordaient généralement. Nous trouvons une autre preuve dans l'individualité dont fait preuve chaque écrivain, ce qui a pour résultat une diversité bien marquée de styles ; tandis que l'unité qui règne dans l'ensemble de l'ouvrage proclame l'opération d'une influence directrice à travers tous les âges du développement du livre ; et celle-ci ne peut être rien moins que le pouvoir d'inspiration, qui influença tous ceux qui furent acceptés comme instruments de la volonté divine pour préparer ce livre des livres. La tradition, l'histoire, l'analyse littéraire, et par-dessus tout cela, l'épreuve de la recherche par la prière et de l'étude tournée vers la découverte de la vérité, s'unissent pour prouver l'authenticité de ce volume d'Écritures et pour montrer la voie, définie dans ses pages, qui ramène les hommes dans la Présence Éternelle.

      Témoignage du Livre de Mormon concernant la Bible. - Les saints des derniers jours acceptent le Livre de Mormon comme volume d'Écritures sacrées qui, de même que la Bible, contient la parole de Dieu. Il peut être utile de mentionner les preuves collatérales fournies par cet ouvrage en faveur de l'authenticité des Écritures juives ; et de l'intégrité générale de ces dernières dans leur forme actuelle. Selon le Livre de Mormon, le prophète Léhi et sa famille, en compagnie de quelques autres personnes, quittèrent Jérusalem, sur l'ordre de Dieu, en 600 av. J.-C., au cours de la première année du règne de Sédécias. Avant de quitter leur pays natal, les voyageurs se procurèrent certaines annales, gravées sur des plaques d'airain. Parmi ces écrits, se trouvaient une histoire des Juifs et certaines Écritures considérées à l'époque comme authentiques.

      Léhi examina les annales : « Et il vit qu'elles contenaient les cinq livres de Moïse, qui donnaient l'histoire de la création du monde, et aussi d'Adam et d'Ève, qui furent nos premiers parents ; et aussi une histoire des Juifs depuis le début jusqu'au commencement du règne de Sédécias, roi de Juda ; et aussi les prophéties des saints prophètes, depuis le début jusqu'au commencement du règne de Sédécias ; et aussi, beaucoup de prophéties qui ont été dites de la bouche de Jérémie » (1 Néphi 5:10-13). Cette allusion directe au Pentateuque et à certains prophètes juifs est une preuve externe précieuse de l'authenticité de ces parties des annales bibliques.

      Néphi, fils de Léhi, apprit dans une vision de l'avenir, les desseins de Dieu concernant la famille humaine et vit qu'un livre de grande valeur, contenant la parole de Dieu et les alliances du Seigneur avec Israël, parviendrait des Juifs aux Gentils (voir 1 Néphi 13:21-23). Nous apprenons, plus loin, que la compagnie de Léhi, qui, comme nous le verrons, fut conduite à travers les eaux sur le continent occidental, où elle s'établit et devint, par la suite, un peuple nombreux et puissant, avait l'habitude d'étudier les Écritures gravées sur les plaques d'airain ; et, de plus, leurs écrivains en incorporèrent de longues citations dans leurs propres annales grandissantes (voir 1 Néphi chapitres 20-21 ; 2 Néphi chapitres 7-8, 12-24). Voilà pour le témoignage du Livre de Mormon sur l'authenticité de l'Ancien Testament ou du moins de ces parties du canon juif qui étaient complètes lorsque la petite colonie d'émigrants de Léhi quitta Jérusalem, pendant le ministère du prophète Jérémie.

      Mais, en outre, cette voix de l'Ouest n'est pas muette au sujet des Écritures du Nouveau Testament. Dans des visions prophétiques, de nombreux prophètes néphites virent et ensuite prédirent le ministère du Christ au midi des temps, et écrivirent des prédictions concernant les événements principaux de la vie et de la mort du Sauveur, le tout avec une fidélité et des détails frappants. Ce témoignage est rapporté de Néphi (voir 1 Néphi 10:4,5 ; chapitres 11-14 ; 2 Néphi 25:26 ; 26:24), de Benjamin (Mosiah, chapitre 3 ; 4:3), qui était à la fois prophète et roi, d'Abinadi (Mosiah, chapitres 13-16), de Samuel, le Lamanite converti (voir Hélaman 14:12) et d'autres. En plus de ces prophéties et de beaucoup d'autres concernant la mission de Jésus-Christ, qui concordent toutes avec le récit de leur accomplissement rapporté par le Nouveau Testament, nous trouvons dans le Livre de Mormon, le récit de la mission du Sauveur ressuscité parmi les Néphites, au cours de laquelle il établit son Église parmi eux, selon le modèle que nous trouvons dans le Nouveau Testament; et, de plus, il leur donna ses instructions en employant des paroles presque identiques à celles de ses enseignements parmi les Juifs, en Orient (voir 3 Néphi, chapitres 9-26 ; comparer, pour les références du Nouveau Testament, avec Matthieu, chapitres 5-7, etc. ; et pour les mentions de l'Ancien Testament, avec Ésaïe, chapitre 54 ; Malachie, chapitres 3, 4).


 
Source : James E. Talmage, Articles of Faith, Salt Lake City, 1890


hibou ecrit Cette petite Emma est autiste mais a une voix merveilleuse

Sola Scriptura ?

  
Marc-Olivier Ritzi
   
      Sola Scriptura. L'Écriture seule. Ces deux mots expriment un dogme chrétien protestant vieux de près de cinq siècles, selon lequel la parole toute puissante de Dieu ne s'exprime que dans la Bible, par l'Écriture contenue dans cet ouvrage sacré. Selon cette doctrine, aucune parole ne pourrait égaler celle de la Bible. Et même si aujourd'hui certains chrétiens en considèrent d’autres comme prophètes et apôtres, apportant paroles et interprétations inspirées, rien de ce qu'ils diraient n’égalerait, selon cette doctrine, l’autorité de la Bible. C’est ce qu’on appelle la doctrine de la SolaScriptura.

      Un tel dogme pose certains problèmes. Le premier est scripturaire. La doctrine de la Sola Scriptura n’est pas confortée par l'Écriture. Le deuxième problème relève de la logique, ce que nous verrons ci-après.

      Ma motivation devant cette question est double : Premièrement, certaines Églises chrétiennes considèrent qu'une secte se distingue d'une Église en ce qu'elle ajoute de nouvelles Écritures ou révélations à la Bible. Deuxièmement, je suis souvent surpris de la difficulté de certains de mes interlocuteurs à comprendre le principe de la révélation continue telle que l'énonce l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Comme s’ils ne pouvaient se distancer d’une logique transmise par tradition religieuse.

      Commençons par examiner cette doctrine audacieuse - la SolaScritura, selon laquelle aucune parole n’égale celle de la Bible - à la lumière de la Bible elle-même.


Ce qu'en dit la Bible...

      Que dit la Bible de la doctrine de la Sola Scriptura ? En fait, elle n'en dit rien. La Bible n’apporte aucun argument pour la doctrine selon laquelle seule la Bible vaut comme parole de Dieu. La Bible se réfère souvent aux texte écrit, comme lorsque Jésus, pour résister au diable après quarante jours de jeûne dans le désert, cite ce qu’il avait lui-même révélé à ses prophètes (Jésus-Christ ayant été, avant son incarnation, le Jéhovah de l'Ancien Testament). Mais aucun passage n'affirme que la Bible est la parole définitive et unique de Dieu. Aucune Écriture ne ferme le canon biblique dans un passage du genre : « Ce livre est la seule parole de Dieu pour tous et pour toujours, et aucune autre parole ne sera révélée à quiconque ». Les chrétiens de tous bords ont cherché un verset qui fermerait définitivement le canon biblique, un verset qui affirmerait que seule la Bible est la parole toute puissante de Dieu, et qu'aucune autre parole n'est à attendre de sa part. Mais aucun verset n'est venu appuyer cette thèse, et les interprétations que l'on a fait de certains passages dans ce sens n’ont pas résisté à l’analyse.

      Par exemple, on a souvent cité les verset d'Apocalypse 22:18-19 qui disent, en substance, que toute personne ajoutant ou retranchant quoi que ce soit à « ce livre » serait frappée des fléaux décrits dans « ce livre », et qu'elle serait retranchée de « l'arbre de la vie et de la ville sainte, décrits dans ce livre ». Les défenseurs de la Sola Sciptura ont avancé que « ce livre » signifiait la Bible, et que ce verset est une déclaration de l’unicité de la Bible en tant que parole de Dieu. Pourtant, « ce livre » ne peut pas faire référence à la Bible pour la simple raison qu'elle n'existait pas à l’époque où l'Apocalypse a été rédigée. De plus, la malédiction prononcée dans ce passage fait référence à des fléaux mentionnés dans l'Apocalypse elle-même. La Bible (du latin « Biblia », « livres ») est composée, comme son nom l’indique, de plusieurs livres. L'Apocalypse de Jean n'est qu'un livre parmi de nombreux autres, et la mention « ce livre » dans les verset 18 et 19 du vingt-deuxième chapitre fait référence à l’Apocalypse, et non à la Bible dans son ensemble.

      Un autre passage fréquemment cité est celui de Jude 1:3 :

Bien aimés, comme je désirais vivement vous écrire au sujet de notre salut commun, je me suis senti obligé de le faire afin de vous exhorter à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes.

      Ce passage serait, selon certains, un aveu qu'après les écrits des apôtres, nulle autre révélation ne devait être attendue. Peut-être qu'en extrapolant démesurément et en modifiant légèrement le sens premier de l'Écriture, on peut arriver à une telle conclusion, mais si on s'intéresse au contexte, on remarque rapidement que cette interprétation n’est pas acceptable. Dans le verset 4 du premier chapitre, Jude fait remarquer aux destinataires de son épître qu'il s'est glissé parmi eux de faux docteurs, des hommes qui renient le Christ. Que veut dire Jude au sujet de cette foi « transmise une fois pour toutes » ? D'abord, chose intéressante, il utilise le terme « foi » plutôt que « doctrine », « révélation » ou « enseignement ». En utilisant le terme « foi » il ne parle pas des révélations du Seigneur, de ses enseignements, pour dire qu’ils ont été transmis une bonne fois pour toute. Cette interprétation serait en désaccord avec le reste de la Bible. Il parle de la foi en Jésus-Christ pour dire aux saints - les membres de l'Église – de ne pas attendre d'autre Sauveur en qui placer leur foi, mais de rester fermes dans leur témoignage et dans leur foi.

   
La logique

      Puisqu'il n'existe aucun passage biblique qui vienne soutenir l'idée d'un canon fermé, sur quels fondements repose la doctrine de la SolaScriptura ? Puisque cette doctrine ne repose pas sur l'Écriture elle-même, quelle logique y a-t-il à la soutenir ?

      Selon les mouvements chrétiens traditionnels, particulièrement les mouvements protestants, rien n'est au-dessus de l'Écriture biblique, dont le canon est clos. Or, pour que cette affirmation puisse avoir une valeur doctrinale, la moindre des choses est qu'elle ait un degré d'autorité égal au reste de la parole de Dieu contenue dans la Bible. Si l'on affirme : « La Bible, et rien d'autre ! », et que l'on fait de ce propos non pas une spéculation mais une puissante déclaration de foi, alors elle doit nécessairement être inscrite dans un registre considéré comme inspiré de Dieu. Comme nous avons vu qu'un tel enseignement n'est pas biblique, il aurait au moins fallu qu’un un prophète du Seigneur, dûment autorisé, déclare la fermeture du canon biblique, après que celui-ci ait été défini. Pour que la fermeture du canon puisse être prononcée, et que l'on puisse affirmer qu'il s'agit là de la volonté divine, seule une parole venant d'un serviteur autorisé et inspiré de Dieu pourrait avoir l'accord divin et l'autorité nécessaire – autorité égale au reste de la parole de Dieu contenue dans la Bible -. Or, dans les courants protestants, on affirme qu'il n'y a plus de prophète après les apôtres du temps du ministère terrestre du Christ et on admet qu'il n'y a plus de révélation après les évangiles, les épîtres et l'Apocalypse de Jean. Si on ferme les cieux, que l'on proclame la fin des révélations de Dieu, sans qu'un prophète du Seigneur l'ait clairement révélé, cette affirmation n'a que la force de la conviction des hommes et n'apas l’approbation divine. En toute logique, on ne peut pas dire d'un côté : « La Bible ! », et d’un autre côté placer sa foi en un principe religieux non biblique. Si aucune Écriture ne clôt le canon après l'avoir désigné, si aucun prophète n'est appelé pour le faire – puisque, selon la tradition chrétienne traditionnelle, il n'y en eut aucun autre après les apôtres d'antan, au nom de quoi affirme-t-on que Dieu a cessé toute révélation ? Au nom de quoi affirme-t-on que seule la Bible contient la parole de Dieu ?

      En réalité, est-ce Dieu qui a clos le canon biblique, ou les hommes ? Si Dieu n'a pas décrété qu'il mettrait fin à ses révélations, s'il n'a jamais affirmé qu'il n'appellerait plus de prophète, qui est-ce qui a conçu et répandu cette idée, et en vertu de quelle autorité ? Si ce sont les hommes qui ont établi la doctrine de la Sola Scriptura, alors elle s'annule d’elle-même et n’a pas de valeur, puisque selon les principes qu'elle dicte, seule la parole de Dieu vaut comme doctrine de l'Église. Si la Sola Scriptura est inexistante dans la Bible, si elle n'est pas fondée sur l'Écriture, elle s'abroge d’elle-même.


Transmission d'une tradition au fil des générations

      Pourquoi est-il si difficile d'admettre que le Seigneur aurait pu appeler des prophètes à notre époque, dont certaines paroles inspirées auraient la même force que les Écritures anciennes, bibliques ? Ne serait-ce pas parce que nul n'est prophète en son pays, et que nul ne l'est non plus à son époque ? Il est toujours plus aisé de croire aux révélations des hommes du passé que d'écouter les paroles inspirées d'hommes vivants que nous voyons tantôt sublimes et touchants, tantôt faibles, écrasés par les années et la condition humaine.

      À cela s’ajoute le poids de la tradition. De façon naturelle, nous avons confiance en ceux et celles qui nous ont précédés. Nous avons dans une grande mesure confiance en nos parents et en nos ancêtres, et il nous semble peu envisageable qu'ils se soient trompés à ce sujet. Pour comprendre comment ce dogme s'est enraciné dans l’opinion collective, tournons-nous vers le passé.

      Les apôtres originels sont morts vraisemblablement au cours du premier siècle après Jésus-Christ, sans laisser de successeurs qui puissent sérieusement se réclamer du saint apostolat. Dans leur tombe, ils ont également emmené leur autorité divine, c'est-à-dire la plénitude révélée de la prêtrise, et ce qui y était rattaché, à savoir le droit et le pouvoir de diriger l'Église selon l'inspiration et les révélations du Seigneur. À partir de leur mort, la voie royale de la révélation s'est refermée par l’absence de direction autorisée à la tête de l'Église. De nombreux dirigeants de l'Église primitive ont certainement encore bénéficié de l’inspiration dans leur tâche, comme cela peut encore être le cas aujourd’hui, mais les révélations directes se sont arrêtées à cette époque-là. À la mort des apôtres, la Bible n’avait pas encore été compilée. Certains avaient la loi et les prophètes, et la plupart des congrégations possédaient les lettres et des copies de lettres que les apôtres et leurs adjoints leur faisaient parvenir. Tout cela de manière non uniforme. L'Église primitive se conduisait-elle selon le principe de la Sola Scriptura ? La Bible était-elle à la base du christianisme ? Non, mais la révélation était le fondement du christianisme primitif : la révélation de Dieu aux prophètes d'antan, les enseignements du Christ qui avaient été rédigés, et la révélation de Dieu aux apôtres - des apôtres vivants, en chair et en os. Voilà le réel fondement de la doctrine chrétienne primitive.

      Mais les apôtres sont décédés en un bref laps de temps, et l'Église fut plus ou moins laissée à elle-même. Où étaient les solutions inspirées, où étaient les serviteurs du Seigneur, alors que le dragon faisait la guerre aux saints (voir Apocalypse 13:7), et que l'empire romain devenait de moins en moins tolérant vis-à-vis de cette nouvelle doctrine ? Les membres du corps du Christ de l'époque et leurs dirigeants faisaient au mieux : à défaut d'avoir accès directement à la révélation, ils se référaient à leurs croyances d’origine, à la logique et aux philosophies. Les décennies suivantes ont vu des tentatives de compilation des nombreux livres, épîtres et autres fragments doctrinaux contenus dans divers catalogues, ce qui a débouché sur l'apparition de la première Bible, au crépuscule du IVe siècle ap. J.-C. Jusqu'à la Réforme du XVIe siècle, la Bible, en tant qu'ouvrage contenant la parole de Dieu, était accompagnée des traditions de l'Église et des interprétations papales des Écritures. C’est contre elles, par ailleurs, que s’est organisé la Réforme qui s’est démarquée du catholicisme en rejetant les doctrines issues de la tradition. C'est dans ce contexte précis qu'est née la doctrine de la Sola Scriptura, suscitée par le rejet des abus de l'Église dominante dans l’assimilation de la parole de Rome à la parole de la Bible.

      On peut comprendre que le principe de l'Écriture Seule ait très rapidement été accepté dans les milieux réformés, puisque cela permettait de couper avec l'autorité papale et ses doctrines ad hoc.

      Cependant, ce principe est tout autant fondé sur la tradition que certains dogmes catholiques. En réalité, le protestantisme a combattu certaines traditions en en suscitant une autre, aussi absente de la Bible que celles combattues : une tradition humaine décrétant la fermeture du canon divin, pour contrer d'autres traditions humaines. De génération en génération, alors que le protestantisme s'élargissait à de nouvelles nations (à commencer par le Nouveau Monde), cette doctrine s'est renforcée en étant transmise de père en fils et de mère à fille, jusqu’au point de n'être pas ou peu remise en question dans les milieux protestants aujourd'hui, malgré l’absence de fondement biblique.


« Ajouter à la Bible » ?

      « Ajoute-t-on quelque chose à la Bible ? », demande un site anti-sectes qui considère que tout mouvement se montrant coupable d'un tel acte doit être considéré comme sectaire. Étant donné ce qui précède, on a de la peine à comprendre ce que veut dire exactement « ajouter à la Bible ». Si cela signifie ajouter quelque chose au livre même, alors les saints des derniers jours - et tous les mouvements religieux que je connais – ne sont pas concernés, car les versions de la Bible sont plus ou moins identiques les unes aux autres. S’il s’agit d’ajouter quelque chose à la parole de Dieu, cela n'a pas davantage de sens : ce qui est doctrinalement « ajouté » dans le mormonisme est considéré comme inspiré de Dieu. La parole de Dieu s'ajoute-t-elle à elle-même ? S'il y a ajout, c’est qu’il y a eu une limite, une fin. Or, pour les saints des derniers jours, Dieu n'a pas fermé le canon de ses révélations qui se poursuivent de nos jours.

      En prétendant que Dieu a fermé le canon de ses révélations et que tout mouvement se réclamant de nouvelles révélations ne peut être considéré comme chrétien, on avance une proposition qui n’est ni fondée bibliquement ni logique, et qui par-dessus le marché représente une infraction au principe de la Sola Scriptura, puisque aucune Écriture ne conforte cette position.

      Récemment, j'ai eu l'occasion d'aborder ce sujet précis avec deux Évangéliques, tous les deux très sympathiques. J’ai rencontré le premier à l'occasion d'un cours de répétition dans l'armée suisse. Nos conversations étaient amicales, et il n'y avait aucune envie d'entrer sur un débat théologique ; c'était l'échange qui prédominait, ce qui était agréable. Un seul soir a été l'exception à la règle : nous allions nous quitter le lendemain, et un autre ami, agnostique celui-ci, nous a demandé de présenter nos croyances respectives. J'ai senti mon ami évangélique se crisper un peu (et peut-être moi aussi) quand j'ai insisté sur l'importance de la révélation moderne et de l'appel d'apôtres et de prophètes à notre époque. Malgré la rationalité des arguments présentés - et malgré le fait que l'agnostique soutenait mon point de vue qu'il considérait comme logique - mon ami évangélique hochait la tête en répétant : « Non, pour moi, rien ne peut égaler la Bible. Aucune autre parole, tout inspirée qu'elle soit, ne peut être à la hauteur de la Bible ». J'ai alors réalisé combien cette tradition - le principe de l'Écriture Seule - était profondément ancrée dans les milieux protestants, et combien il était difficile pour ceux qui s'en réclament de s'en détacher.

      J'ai de nouveau fait ce constat lorsque, plus récemment, j'ai abordé le même sujet lors d'une conversation privée avec un pasteur évangélique, à l'occasion d'un mariage. C'était une personne très sympathique, très ouverte, et notre longue discussion a été enrichissante - en tous cas, elle l'était pour moi. La doctrine mormone de la révélation continue ou moderne, selon laquelle Dieu continue à révéler sa parole à notre époque, n'a d'abord pas suscité chez lui d'autre réaction que l'étonnement. Mais avec du recul, en me remémorant son insistance à parler de ce sujet, je me suis rendu compte que ce devait être pour lui un principe difficile à accepter.

      Pourtant, le principe de la révélation moderne et continue est très simple, et bibliquement défendable. Son seul grief, c'est d'être en opposition avec celui de la Sola Scriptura, une tradition chrétienne de longue date, qui s’est enracinée au fil des générations. La Bible est la parole de Dieu, mais à aucun moment elle ne prétend être la seule.

      Puissions-nous comprendre l'importance de la révélation de Dieu aux hommes du passé, du présent et de l'avenir. Puissions-nous faire preuve de cette ouverture d'esprit qui nous préparera à recevoir encore davantage de la part du Seigneur jusqu'à ce que « la terre [soit] remplie de la connaissance de l'Éternel » (Ésaïe 11:9). 


Première publication : 8 septembre 2004
Mise à jour : 28 février 2005

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Témoignages scripturaires

Russell M. Nelson
du Collège des douze apôtres
Les Écritures du Rétablissement ne rivalisent pas avec la Bible ; elles complètent la Bible.
Nous exprimons notre amour et notre admiration à Henry B. Eyring, à Quentin L. Cook et à Walter F. González, et nous prions le Seigneur de les bénir dans leur nouvel appel.
Nous remercions chacun de vous du fond du cœur, frères et sœurs. Partout dans le monde, votre exemple de service et de compassion est très remarqué. En même temps, beaucoup de gens se posent des questions sur l’histoire et la doctrine de l’Église. Certains de ces interrogateurs ont choisi de dénigrer le Livre de Mormon1.
Le manque de considération pour le Livre de Mormon ou pour tout autre écrit sacré me touche profondément. Pour parler de ce sujet, j’ai intitulé mon discours « Témoignages scripturaires ».

Définitions

J’emploierai le mot scripturaire pour parler de ce qui se rapporte à la Bible et aux Écritures du Rétablissement2. Les membres de l’Église croient « que la Bible est la parole de Dieu dans la mesure où elle est traduite correctement ; [ils croient] aussi que le Livre de Mormon est la parole de Dieu3 ». Les Écritures du Rétablissement comprennent aussi les Doctrine et Alliances et la Perle de Grand Prix.
Le dictionnaire définit le témoignage comme l’attestation d’un fait ou d’un événement4. Le mot témoignage a une signification spéciale quand il s’applique à la parole de Dieu. Dans la Bible nous lisons la déclaration importante suivante : « Toute affaire se réglera sur la déclaration de deux ou de trois témoins5. » Cela assure aux enfants de Dieu que la doctrine divine est confirmée par plus d’un témoignage scripturaire.

Les Écritures témoignent de Jésus-Christ

La Bible et le Livre de Mormon sont tous deux des témoins de Jésus-Christ. Ils enseignent qu’il est le Fils de Dieu, qu’il a mené une vie exemplaire, qu’il a expié pour tout le genre humain, qu’il est mort sur la croix et qu’il est sorti du tombeau en Seigneur ressuscité. Ils enseignent qu’il est le Sauveur du monde.
Les témoignages scripturaires s’authentifient réciproquement. Ce concept a été expliqué il y a longtemps quand un prophète a noté : « [le Livre de Mormon a été] écrit dans l’intention que vous croyiez [la Bible] ; et si vous croyez [la Bible], vous croirez [le Livre de Mormon] aussi6 ». Chaque livre se réfère à l’autre. Chaque livre est une preuve que Dieu vit et qu’il parle à ses enfants par révélation à ses prophètes7.
L’amour du Livre de Mormon fait grandir l’amour de la Bible et vice versa. Les Écritures du Rétablissement ne rivalisent pas avec la Bible ; elles complètent la Bible. Nous devons beaucoup aux martyrs qui ont donné leur vie pour que nous puissions avoir la Bible. Elle établit la nature éternelle de l’Évangile et du plan du bonheur. Le Livre de Mormon rétablit et souligne des points de doctrine bibliques comme la dîme8, le temple9, le jour du sabbat10 et la prêtrise11.
Un ange a proclamé que le Livre de Mormon12 établira la véracité de la Bible13. Il a aussi révélé que les écrits de la Bible disponibles à notre époque ne sont pas aussi complets qu’ils l’étaient quand ils ont été écrits par des prophètes et des apôtres14. Il déclare que le Livre de Mormon rétablira des choses claires et précieuses qui ont été ôtées de la Bible15.
Une prophétie du Livre de Mormon avertit que des gens objecteraient à la notion d’Écritures supplémentaires. Si vous pensez que vous n’avez « pas besoin de davantage de Bible16 », réfléchissez à ce conseil de Dieu :
« Ne savez-vous pas qu’il y a plus d’une nation ? Ne savez-vous pas que moi, le Seigneur, votre Dieu, j’ai créé tous les hommes… et que je règne dans les cieux en haut et sur la terre en bas, et que je fais parvenir ma parole aux enfants des hommes, oui, à toutes les nations de la terre ?
« … Ne savez-vous pas que le témoignage de deux nations est le témoignage pour vous que je suis Dieu, que je me souviens d’une nation comme d’une autre ? C’est pourquoi, je dis les mêmes paroles à une nation qu’à l’autre. Et… les témoignages des deux nations s’uniront aussi17. »
L’histoire scripturaire de Jésus-Christ se rapporte effectivement aux deux hémisphères18. Tandis qu’à l’Est, Marie et Joseph faisaient des préparatifs pour la naissance du saint enfant à Bethléhem19, à l’Ouest, Néphi était instruit par le Messie prémortel qui lui disait : « Lève la tête et prends courage… demain je viens au monde, pour montrer au monde que j’accomplirai tout ce que j’ai fait dire par la bouche de mes saints prophètes20. »
À ceux qui doutent de ce deuxième témoignage, le Livre de Mormon, le Seigneur a lancé un avertissement : « Parce que vous avez traité à la légère les choses que vous avez reçues… [vous resterez] sous cette condamnation jusqu’à ce [que vous vous repentiez, vous souveniez] de la nouvelle alliance, c’est-à-dire le Livre de Mormon et les précédents commandements que je [vous] ai donnés [la Bible], non seulement à prêcher, mais à pratiquer selon ce que j’ai écrit21. »
Le Seigneur a donné d’autres Écritures du Rétablissement22 et a déclaré que ces paroles s’accompliront aussi23. Par ces témoignages scripturaires, de fausses doctrines seront confondues24. Par ces témoignages scripturaires, les points de doctrine de la Bible sont non seulement réaffirmés mais aussi clarifiés.

Les Écritures du Rétablissement clarifient la Bible

Comment les Écritures du Rétablissement clarifient-elles la Bible ? Il existe de nombreux exemples. Je n’en citerai que quelques-uns, en commençant par l’Ancien Testament.
Ésaïe a écrit : « Ta parole viendra de terre, et les sons en seront étouffés par la poussière ; ta voix sortira de terre comme celle d’un spectre, et c’est de la poussière que tu murmureras tes discours25. » Pourrait-il y avoir une meilleure description du Livre de Mormon, venant comme il l’a fait « de la terre » pour murmurer depuis « la poussière » aux gens de notre époque26 ?
Mais Ésaïe n’a pas été le seul prophète de l’Ancien Testament à prédire le Livre de Mormon. Ézéchiel a écrit :
« Prends une pièce de bois, et écris dessus : Pour Juda et pour les enfants d’Israël… Prends une autre pièce de bois, et écris dessus : Pour Joseph, bois d’Éphraïm et de toute la maison d’Israël…
« Rapproche-les l’une et l’autre pour en former une seule pièce, en sorte qu’elles soient unies dans ta main27. »
Aujourd’hui, les saints de nombreux pays tiennent avec reconnaissance la Bible (le bois de Juda) et le Livre de mormon (le bois d’Éphraïm) ensemble dans leurs mains.
Qu’en est-il du Nouveau Testament ? Le Livre de Mormon est aussi un témoin scripturaire de ses enseignements. Il y a par exemple la naissance miraculeuse de l’enfant à Bethléhem28, son sermon sur la montagne29 et les souffrances intenses du Sauveur30. La doctrine de la résurrection est mentionnée plus souvent dans le Livre de Mormon que dans la Bible31.
Le besoin du Saint-Esprit a été mentionné par Paul. Il a demandé : « Avez-vous reçu le Saint-Esprit… ? Ils lui répondirent : Nous n’avons pas même entendu dire qu’il y ait un Saint-Esprit32. » Ce point de doctrine est clarifié par un autre témoignage scripturaire, transmis par le prophète du Rétablissement suscité par le Seigneur. Il nous a enseigné qu’il faut croire au don du Saint-Esprit par l’imposition des mains33. Ce don précieux et puissant est de nouveau à la disposition des enfants de Dieu.
Paul s’est référé aux trois degrés de gloire qui viendront après la condition mortelle, quand il a enseigné : « Autre est l’éclat du soleil, autre l’éclat de la lune, et autre l’éclat des étoiles34. » Cet aperçu des gloires après la mort a été clarifié par un autre témoignage scripturaire. Le Seigneur a révélé que « la gloire des célestes est une, tout comme la gloire du soleil est une.
« Et la gloire des terrestres est une, tout comme la gloire de la lune est une.
« Et la gloire des télestes est une, tout comme la gloire des étoiles35. »
Le plus haut de ces royaumes, le royaume céleste, est réservé à ceux qui ont obéi à la loi de ce royaume :
« Et ceux qui ne sont pas sanctifiés par la loi… du Christ, doivent hériter un autre royaume, un royaume terrestre ou un royaume téleste.
« Car celui qui n’est pas capable de se conformer à la loi d’un royaume céleste ne peut pas supporter une gloire céleste36. »
Ces trois degrés de gloire se rapportent à la vie après la mort. Ils concernent l’immortalité de l’âme humaine. Ce don d’immortalité est devenu réel grâce à l’Expiation de Jésus-Christ37. Ce mot important : expiation, sous toutes ses formes, n’est mentionné qu’une fois dans la version du roi Jacques du Nouveau Testament38 ! Dans le Livre de Mormon, il figure trente-neuf fois39 !
Jean a écrit dans l’Apocalypse du Nouveau Testament qu’il a vu « un autre ange qui volait par le milieu du ciel, ayant un Évangile éternel, pour l’annoncer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue, et à tout peuple40 ». Un ange bien précis détenait les clés de la responsabilité du Livre de Mormon41. C’est l’ange Moroni ! Ces exemples ne sont que quelques-uns des nombreux points de doctrine de la Bible qui sont clarifiés par des Écritures du Rétablissement42.

Le Livre de Mormon, un autre témoignage de Jésus-Christ

Nous faisons connaître bien volontiers les Écritures du Rétablissement aux gens dans le monde entier. Le Livre de Mormon rapporte le ministère du Seigneur ressuscité auprès d’habitants de l’Amérique ancienne. Méditez sur les vérités éternelles qu’il a proclamées :
« Voici, je suis Jésus-Christ, le Fils de Dieu. J’ai créé les cieux et la terre, et tout ce qui s’y trouve. J’étais avec le Père dès le commencement…
« … Les Écritures concernant ma venue se sont accomplies…
« Je suis la lumière et la vie du monde. »
Le Sauveur a dit aussi :
« Et quiconque vient à moi, le cœur brisé et l’esprit contrit, je le baptiserai de feu et du Saint-Esprit…
« Voici, je suis venu au monde pour apporter la rédemption au monde, pour sauver le monde du péché.
« C’est pourquoi, quiconque se repent et vient à moi comme un petit enfant, je le recevrai, car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent… J’ai donné ma vie et l’ai reprise ; c’est pourquoi, repentez-vous, et venez à moi… et soyez sauvées43. »
Ces déclarations du Seigneur résument qui il est réellement et qui il veut réellement que nous soyons. Il veut que nous allions à lui et, le moment venu, que nous soyons enserrés en gloire dans ses bras aimants.
Je suis extrêmement reconnaissant des témoignages scripturaires. J’ai vu les changements profonds qui s’opèrent chez les gens qui appliquent les enseignements du Seigneur. Ces transformations conduisent à la bénédiction de la vie éternelle44.
Je sais que Dieu vit. Jésus est le Christ. Son Évangile a été rétabli dans ces derniers jours. Gordon B. Hinckley est actuellement son prophète. J’en témoigne, au nom de Jésus-Christ. Amen.

Notes

1. Le titre complet est : Le Livre de Mormon, un autre témoignage de Jésus-Christ.
2. Le Rétablissement a été vu par Pierre (voir Actes 3:19-21), Jean (voir Apocalypse 14:6-8) et Paul (voir Éphésiens 1:10). Il a été dit à Joseph Smith, le prophète, que dans cette dernière dispensation il y aurait un « rétablissement de toutes les choses… dont tous les saints prophètes ont parlé depuis le commencement du monde » (D&A 27:6).
3. 8e article de foi.
4. Merriam-Webster’s Collegiate Dictionary, 11e éd., 2003, « witness », p. 1439.
5. 2 Corinthiens 13:1. Déclaration similaire dans Matthieu 18:16 et Éther 5:4.
6. Mormon 7:9.
7. Au prophète de notre dispensation, le Seigneur a déclaré : « Cette génération aura ma parole par ton intermédiaire » (D&A 5:10).
8. Voir Alma 13:15 ; 3 Néphi 24:8-10.
9. Voir 2 Néphi 5:16 ; Jacob 1:17 ; 2:2, 11 ; Mosiah 2:5-7.
10. Voir Mosiah 13:16-19 ; 18:23.
11. Voir 2 Néphi 6:2 ; Mosiah 18:18 ; Alma 6:1 ; 13:1-3, 6-11 ; 3 Néphi 18:5 ; Moroni 3:1-4.
12. Le Livre de Mormon est destiné à faire « connaître à toutes les tribus, langues et peuples que l’Agneau de Dieu est le Fils du Père éternel et le Sauveur du monde, et que tous les hommes doivent venir à lui, sinon ils ne peuvent être sauvés » (1 Néphi 13:40).
13. Voir 1 Néphi 13:40.
14. Voir 1 Néphi 13:28-29.
15. Voir 1 Néphi 13:40.
16. 2 Néphi 29:6.
17. 2 Néphi 29:7-8.
18. Comme il est le Créateur de « mondes sans nombre » (Moïse 1:33), d’autres Écritures venant d’autres endroits sont tout à fait possibles.
19. Voir Luc 2:4-6.
20. 3 Néphi 1:13.
21. D&A 84:54, 57.
22. Voir D&A 135:3.
23. Voir Joseph Smith, Matthieu 1:31-35.
24. Voir 2 Néphi 3:12 ; Ezra Taft Benson, « A New Witness for Christ », Ensign, novembre 1984, p. 8.
25. Ésaïe 29:4.
26. Ésaïe a vu que Dieu ferait « des prodiges et des miracles » dans les derniers jours (Ésaïe 29:14). Les habitants de l’Amérique ancienne ont aussi entendu ces paroles d’Ésaïe : « Et le Seigneur étendra une seconde fois sa main pour ramener son peuple de son état perdu et déchu. C’est pourquoi, il se mettra à faire une œuvre merveilleuse et un prodige parmi les enfants des hommes » (2 Néphi 25:17). Cette œuvre merveilleuse allait être notamment l’avènement du Livre de Mormon et le rétablissement de l’Évangile. Ésaïe est souvent cité dans le Livre de Mormon. Une étude de ces citations peut être fastidieuse, mais ce n’est pas une répétition. Des 433 versets d’Ésaïe dans le Livre de Mormon, 234 diffèrent de leur correspondant dans la Bible.
27. Ézéchiel 37:16-17.
28. Voir Néphi 11:13-20 ; Alma 7:10.
29. Voir 3 Néphi 12-14.
30. Voir Mosiah 3:7. Le Seigneur a donné le récit personnel de ses souffrances à son prophète des derniers jours (voir D&A 19:16-19).
31. Le mot résurrection figure dans 40 versets de la version du roi Jacques de la Bible ; il figure dans 56 versets du Livre de Mormon. Voir aussi Jeffrey R. Holland, Christ and the New Covenant : The Messianic Message of the Book of Mormon, 1997, p. 238-241.
32. Actes 19:2. Voir dans Actes 2:38 l’enseignement de Pierre concernant la nécessité du don du Saint-Esprit.
33. History of the Church, 5:499.
34. 1 Corinthiens 15:41.
35. D&A 76:96-98 ; voir aussi 131:1.
36. D&A 88:21-22.
37. Voir Mosiah 16:10 ; Alma 42:23 ; Mormon 6:21.
38. Voir Romains 5:11.
39. NdT : Frère Nelson fait référence à différentes formes du mot expiation. Atonement (expiation) : 28 fois ; atone ou atoning (expier) : 8 fois ;atoneth (expié) : 3 fois. Dans certains versets, le mot expiation figure plusieurs fois (voir 2 Néphi 9:7 ; Alma 34:9 ; 42:23).
40. Apocalypse 14:6.
41. Voir D&A 27:5 ; 128:20.
42. On peut lire dans le Nouveau Testament : « J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie ; celles-là, il faut que je les amène ; elles entendront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger » (Jean 10:16). Ce point de doctrine est clarifié dans le Livre de Mormon. Il rapporte que le Seigneur ressuscité a parlé à un peuple de l’Amérique ancienne. Le Seigneur leur a dit : « Vous êtes ceux de qui j’ai dit : J’ai d’autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie ; celles-là, il faut aussi que je les amène ; elles entendront ma voix ; et il y aura un seul troupeau, un seul berger » (3 Néphi 15:21).
La connaissance que Paul avait du baptême pour les morts figure peu dans le Nouveau Testament (voir 1 Corinthiens 15:29). Ce point de la doctrine divine n’est clarifié que dans les Écritures du Rétablissement (voir D&A 124:29-30, 41 ; 128:1, 11-12, 16-18 ; 138:47-48).
43. 3 Néphi 9:15-16, 18, 20-22.
44. Voir 3 Néphi 9:14 ; D&C 30:8.



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Vous n'y ajouterez rien, et vous n'en retrancherez rien


Howard W. Hunter (1907-1995)

Membre du collège des Douze de 1959 à 1994
Président suppléant du collège des Douze de 1985 à 1988
Président de collège des Douze de 1988 à 1994
Président de l’Église de 1994 à 1995

      Récemment un de mes jeunes amis du champ de la mission m'a écrit une lettre concernant une question qu'on lui avait posée sur les derniers versets de la Bible et leur application au Livre de Mormon. Vous vous souviendrez qu'à la fin de l'Apocalypse, le dernier livre de la Bible, I'auteur, Jean, donne un avertissement et jette I'anathème à quiconque ajoute quelque chose au livre ou en retranche quelque chose. Voici très exactement ce qu'il écrit :

      « Je le déclare à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre : Si quelqu'un y ajoute quelque chose, Dieu le frappera des fléaux décrits dans ce livre ; et si quelqu'un retranche quelque chose des paroles du livre de cette prophétie, Dieu retranchera sa part de I'arbre de la vie et de la ville sainte, décrits dans ce livre » (Apocalypse 22:18,19).

      Ces versets d'Écriture ont été cités maintes et maintes fois par ceux qui essaient de discréditer le Livre de Mormon, prétendant que la révélation de Dieu aux hommes a pris fin. On ne doit plus rien y ajouter et on ne peut rien en retrancher. Ils affirment que le Livre de Mormon est une tentative d'ajouter aux paroles de la Bible. On a avancé cet argument lorsque le Livre de Mormon fut publié et on a continué à I'avancer depuis lors et on l'avance toujours aujourd'hui. Y a-t-il quelque chose de valable dans de telles affirmations ?

      La réponse à cette question est en fait très simple. L'étude soigneuse des paroles montre bien que la mise en garde contre le fait d'ajouter ou de retrancher ne concerne pas la Bible tout entière ni même le Nouveau Testament, mais, pour utiliser les paroles de Jean, uniquement les paroles du « livre de cette prophétie », c'est-à-dire la prophétie contenue dans l'Apocalypse. Ceci est confirmé par le fait que certains livres du Nouveau Testament n'avaient pas encore été écrits quand Jean écrivit l'Apocalypse ; et même ceux qui avaient été écrits et existaient à I'époque n'avaient pas encore été rassemblés en une seule compilation.

      Le recueil d'écrits composé des soixante-six livres que nous appelons la Bible fut constitué et compilé en un seul volume longtemps après que Jean eut écrit le livre prophétique qui a été placé à la fin de l'ensemble. II est donc clair que les châtiments terribles décrétés contre ceux qui ajoutent au livre ne pouvaient absolument pas s'appliquer à I'intégralité de la Bible ni même au Nouveau Testament, mais uniquement à l'Apocalypse.

      Deuxièmement la mise en garde utilise les mots « la prophétie de ce livre » et aussi les « paroles du livre de cette prophétie ». Le mot livre est dans les deux cas au singulier et ne pouvait désigner que le livre de prophétie écrit par Jean qui est intitulé « Apocalypse de Jean », mot grec qui signifie révélé. Le mot livre devait nécessairement se trouver au singulier parce que lorsqu'il fut écrit, il n'était associé à aucun autre livre et que ce ne fut qu'après beaucoup d'années et bien des débats ecclésiastiques qu'il fut ajouté à la collection qui prit le nom de nouveau canon d'Écritures ou Nouveau Testament.

      II est intéressant aussi de remarquer que Jean lui-même ajouta aux Écritures après avoir écrit I'Apocalypse que I'on pense généralement avoir été rédigé pendant qu'il était dans l’île de Patmos. Ce ne fut que longtemps après avoir quitté Patmos que Jean écrivit sa première épître. Ce fait à lui seul suffirait pour réduire à néant I'affirmation que la révélation était terminée et qu'il était interdit à I'homme d'ajouter aux Écritures. Ceci ajoute une preuve supplémentaire au fait que Jean ne parlait que du livre de l'Apocalypse.

      Dans l' Ancien Testament on trouve aussi des dénonciations vigoureuses et des commandements du même genre interdisant d'enlever ou d'ajouter aux paroles qui étaient écrites. La première se trouve dans le Deutéronome, écrit au moment où Moïse exhortait Israël à vivre la loi du Seigneur. La Torah était une loi orale et elle n'avait pas été mise par écrit avant I'époque de la codification de la loi dans le Deutéronome. Maintenant qu'elle était mise par écrit par Moïse avant sa mort et était censée être complète, Moïse écrivit :

      « Vous n'ajouterez rien à ce que je vous prescris, et vous n'en retrancherez rien ; mais vous observerez les commandements de I'Éternel, votre Dieu, tels que je vous les prescris » (Deutéronome 4:2).

      Plus loin dans le même livre de la loi, Moïse répète l'ordre dans des termes semblables. II dit : « vous observerez et vous mettrez en pratique toutes les choses que je vous ordonne ; vous n'y ajouterez rien, et vous n'en retrancherez rien » (Deutéronome 12:32).

      Dans I'esprit de certains, ces recommandations de l'Ancien Testament soulèvent la même question que I'injonction et la mise en garde à la fin de l'Apocalypse, à propos du Livre de Mormon comme tentative d'ajouter à I'Écriture. En fait ces passages contiennent le même commandement que celui qui apparaît à la fin de l'Apocalypse, et si on leur appliquait la même interprétation et le même argument qu'au dernier verset du livre de l'Apocalypse, il n'y aurait pas d'écrits après les écrits de Moïse. Pareille absurdité aurait pour résultat I'abandon de la majeure partie de I'Ancien Testament et tous les livres du Nouveau Testament.

      La lecture soigneuse de chacune de ces exhortations montre bien quel'homme ne doit apporter aucun changement aux révélations du Seigneur :l'homme ne doit ni ajouter ni retrancher aux paroles de Dieu. Rien n'indique, rien ne laisse penser que Dieu ne pourrait pas ou ne voudrait pas ajouter ou retrancher ; et personne de raisonnable croyant aux pouvoirs divins de Dieu ne croira volontairement que Dieu se limiterait à ce point. Il ne fait pas de doute qu'il a le droit et le pouvoir d'apporter des révélations supplémentaires pour guider ses enfants à n'importe quelle époque et pour ajouter des Écritures.

      L'étude des révélations du Seigneur dans I'Écriture sainte confirme le fait que c'est la révélation continue qui guide les prophètes et I'Église à toute époque. S'il n'y avait pas la révélation continue, Noé n'aurait pas été préparé pour le déluge qui enveloppa la terre. Abraham n'aurait pas été guidé de Charan à Hébron, la terre de promission. La révélation continue fut ce qui amena les enfants d'Israël de l'esclavage à leur Terre Promise. C'est la révélation donnée par les prophètes qui guida l’œuvre des missionnaires, dirigea la reconstruction du temple de Salomon et dénonça I'infiltration des pratiques païennes parmi les Israélites.

      Avant son ascension, le Christ promit aux onze apôtres restants : « Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde » (Matthieu 28:20). Après son ascension il guida I'Église par révélation jusqu'à la mort des apôtres et I'apostasie de I'Église de Jésus-Christ qui la suivit.

      Le même apôtre qui rédigea I'Apocalypse vit aussi un signe distinctif des derniers jours qui précéderait la seconde venue finale du Seigneur. II dit :
      « Je vis un autre ange qui volait par le milieu du ciel, ayant un Évangile éternel, pour I'annoncer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue, et à tout peuple » (Apocalypse 14:6).

      Le fait que Jean vit qu'à une époque future un messager de Dieu révélerait à nouveau un Évangile perdu réfute I'argument qu'il ne serait pas nécessaire d'ajouter des révélations à la Bible.

      Nous témoignons au monde entier que des anges du ciel sont déjà apparus à notre époque, apportant I'autorité du ciel et rendant les vérités perdues par les enseignements et les pratiques corrompus. Dieu a de nouveau parlé et continue à guider aujourd'hui tous ses enfants par un prophète vivant. Nous déclarons que, comme promis, il est toujours avec ses serviteurs et dirige les affaires de son Église dans le monde entier. Comme dans les temps passés, c'est la révélation qui dirige l’œuvre des missionnaires, la construction de temples, l'appel d'officiers dans la prêtrise et met en garde contre les maux de la société qui risquent d'interdire le salut aux enfants de notre Père.

      Dans une révélation donnée à un oracle moderne, Joseph Smith, le Seigneur dit :

      « Car je ne fais pas acception de personnes, et je veux que tous les hommes sachent que le jour vient rapidement ; I'heure où la paix sera enlevée de la terre et où le diable aura pouvoir sur ses possessions n'est pas encore arrivée, mais elle est proche. Le Seigneur aura, lui aussi, pouvoir sur ses saints, et règnera au milieu d'eux » (D&A 1:35,36).

      Le Sauveur règne aujourd'hui au milieu de ses saints grâce à la révélation continue. Je témoigne qu'il est de nos jours avec ses serviteurs et le sera jusqu'à la fin de la terre.

      Ne soyons pas limités dans notre intelligence au point de reléguer la révélation aux seuls hommes d'autrefois. Dieu est miséricordieux et aime ses enfants à toutes les époques et s'est révélé à eux à notre époque de l'histoire. J'en témoigne solennellement au nom de Jésus-Christ. Amen.


Source : L'Étoile, octobre 1981, pp. 115-118



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Écritures et doctrine


 Marc-Olivier Ritzi
  
      On entend parfois dire que telle ou telle doctrine mormone n'est pas biblique, avec l’a priori que tout ce qui n'est pas biblique n'est pas chrétien non plus. Le but de cet article est de présenter la conception mormone des Écritures et du lien entre les Écritures la doctrine. Cette conception diffère sensiblement du reste du monde chrétien.

Les Écritures dans la tradition chrétienne  

      D'une manière générale, la communauté des croyants chrétiens considère que Dieu s'est révélé par des prophètes, puis par le Christ. Ce dernier, appelé « le verbe » ou « la parole » (« logos ») dans l'évangile de Jean (voir Jean 1:1-18), est le Fils de Dieu, celui par qui la révélation ultime parvient aux hommes. En effet, pour autant que je sache, les chrétiens traditionnels considèrent que Jésus est en quelque sorte le dernier messager, celui par qui toute la doctrine est révélée ; ce qui implique que plus aucun prophète ou révélateur n’est attendu. À l’appui de cela sont cités quelques passages de l’Écriture, comme Hébreux 1:1-2 :

Après avoir à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils...

      Le Christ étant la parole incarnée et révélée de Dieu, elle est également l'ultime, la dernière. La Sainte Bible est la retranscription des paroles du Christ et des prophètes qui ont parlé au nom de Dieu ; elle est parfaite et transcendante. C'est en la lisant et en croyant aux paroles qu'elle contient que naît la foi et qu’elle se développe ; une foi salvatrice, dont les oeuvres sont un sceau d'authenticité, validés par la grâce du Christ.

      Dieu a créé l'homme, Adam, qui a péché et s'est éloigné à tout jamais de Dieu. Le Père a par conséquent envoyé son Fils qui, par son sacrifice, réconcilie les hommes avec Dieu en prenant sur lui leurs péchés.

      Si dans l’Église catholique la Bible n’est pas la seule et unique source de la doctrine, les écrits et commentaires de nombreux Pères ainsi que les conciles ayant valeur de doctrine, dans le protestantisme, la Bible est la seule autorité, au point que les sacrements ne sont pas accomplis par l’autorité d'un sacerdoce quelconque (si ce n'est celui détenu par le Christ), mais par celle transmise par la Bible elle-même, en ce qu'elle est la parole du Dieu vivant.

Les Écritures chez les saints des derniers jours

      Bien que pour les saints des derniers jours la Bible contient les paroles des prophètes, des apôtres et du Christ, la parole contenue dans nos Bibles actuelles, parole qui a été rapportée, mainte fois recopiée au fil des siècles et traduite, a subi des altérations. Pour les saints des derniers jours, ce qui prime, c'est la révélation que le livre contient, et non le livre lui-même. La Bible n'est qu'un support matériel, physique, de la révélation de Dieu à l'homme.

      D’autre part, pour les saints des derniers jours, la révélation de Dieu à l'homme par des prophètes et des apôtres se poursuit aujourd'hui, à notre époque, même si elle a été interrompue à certaines époques de l’histoire de l’humanité. Dieu se révèle aux humains selon qu'il le juge opportun, que ce soit pour le bénéfice d’un homme, d’un peuple ou de toute l'humanité. Il n'y a pas de limite quantitative à la révélation et à la doctrine, ni de limite dans le temps aux manifestations de Dieu. Il n'a pas décidé d'un moment où la révélation cesserait définitivement. C’est ainsi que la révélation de Dieu à l'homme ne se limite pas à la Bible, et encore moins aux seules paroles du Christ données à ses apôtres durant son ministère mortel en Palestine.

      Puisque la Bible contient la Parole de Dieu, et que Dieu se révèle encore à notre époque, les Écritures Saintes ne sont pas contenues dans la seule Bible. C’est ainsi que d’autres ouvrages canoniques font partie du canon des Écritures, à savoir : le Livre de Mormon, Doctrine et Alliances et la Perle de Grand Prix.

      Le canon entier des Écritures, ainsi que les enseignements des prophètes et apôtres actuels, sont la base doctrinale du mormonisme. La Bible et les autres ouvrages se complètent mutuellement et permettent une compréhension à la fois plus large et plus profonde des principes de l’Évangile. Les enseignements uniques et originaux issus de la révélation moderne apparaissent également dans la Bible, mais de façon parcellaire. Touts ces textes se confirment réciproquement. Le Livre de Mormon confirme la Bible, Doctrine et Alliances confirme le Livre de Mormon, la Perle de Grand Prix précise la Bible, etc.  

      D'autre part, étant donné que ces textes, en dehors de la Bible, sont exclusifs à l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, ils sont un facteur clé pour en déterminer le caractère divin. En effet, quiconque reçoit la conviction par le Saint-Esprit que le Livre de Mormon est inspiré de Dieu et est sa parole au même titre que la Bible, peut savoir par la même occasion que Dieu parle aujourd’hui par la bouche de prophètes et d’apôtres, comme dans l’antiquité.

      Revenons brièvement sur l'aspect convergent des Écritures. Comme expliqué ci-dessus, le fait qu'elles émanent d’une même source crée une unité doctrinale, ce qui a pour avantage de confirmer une parole par une autre et d'éclaircir certaines doctrines. Les interactions entre les livres et leurs enseignements renforcent de manière significative la doctrine ; Lorsqu'une doctrine est définie avec une tournure et un vocabulaire différents dans les différents ouvrages, le risque d'une compréhension erronée s'en trouve nécessairement réduite. C'est là une des grandes valeurs de la pluralité des Écritures : pouvoir fixer de manière sûre, telle une ancre, la doctrine pure du Christ.

La doctrine

      De même que les livres de la Bible rendent témoignage mutuellement de la véracité de leur contenu, de même le Livre de Mormon, la Perle de Grand Prix et Doctrine et Alliances appuient la Bible et ses enseignements.

      L’affirmation que telle ou telle doctrine mormone n'est pas biblique n’a aucune signification pour un saint des derniers jours. Telle doctrine ne doit pas être nécessairement biblique pour être la parole de Dieu ; elle peut être contenue dans l’un ou l’ensemble des autres ouvrages canoniques. La véritable question est : le mormonisme est-il en contradiction avec la Bible ?  
      Cette question est pertinente malgré les très nombreuses interprétations différentes de la Bible. En effet, plusieurs dizaines de milliers d'Églises chrétiennes différentes, chacune ayant sa propre doctrine, ses propres enseignements et sa propre interprétation de la Bible, verront d'une manière différente tel passage de la Bible. Il est difficile, par la Bible seule, de définir un système doctrinal uniforme qui mette tout le monde d'accord. Et personnellement, je ne suis pas de ceux qui croient que « tout le monde a raison », que « tout le monde a la vérité », ce qui va à l'encontre du bon sens et de mon esprit cartésien.

      À la question de savoir si le mormonisme est en contradiction avec la Bible, je réponds que certaines contradictions apparentes peuvent aisément être expliquées simplement soit en considérant le contexte, soit en l'élargissant, de toute façon en se refusant toute vision étriquée ou dictée.

      Il convient d'abord de considérer la place que tiennent les Écritures dans le mormonisme. Comme nous l'avons vu, certains courants du christianisme non mormon placent la Bible au-dessus de tout et de tous ; elle est l'autorité par laquelle les pasteurs agissent. Il n'en est pas de même dans l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours où les Écritures remplissent le rôle à la fois de base doctrinale et de source d’édification.

      La Bible ne remplace pas l’autorité sacerdotale de la prêtrise et n’a pas la valeur de parole définitive de Dieu, pas plus que les autres ouvrages canoniques de l’Église. Si tous les ouvrages canoniques devaient un jour être perdus ou détruits, la révélation continue suffirait à nous guider vers la vie éternelle. Il n'est bien sûr pas question de mettre de côté les sources uniques de force spirituelle et d'enseignement que sont les Écritures. Bien que rédigées pour la plupart à des époques reculées, elles restent particulièrement pertinentes au XXIème siècle.

      Les saints des derniers jours ont un profond respect tant pour la Bible que pour les autres ouvrages canoniques. Leur culte, fondé sur les enseignements du Christ, ne s’étend cependant pas au livre lui-même. Celui-ci n'a de valeur qu'en ce qu'il renferme la parole divine. Les saints des derniers jours n’adorent pas les Écritures, ni ne leur accordent une autorité sacerdotale quelconque.

      Au vu ce qui précède, on ne peut aborder le mormonisme comme on aborde le protestantisme. Sous un certain angle, on peut considérer l'enseignement de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours comme plus proche du catholicisme pour ce qui est des sources, de la structure et des champs d’application. Le mormonisme ne découle pas d'une source unique, la Bible, et des interactions de ses composantes, mais d'un ensemble composé de livres anciens (Bible, Livre de Mormon et en partie Perle de Grand Prix) et modernes (Doctrine et Alliances et en partie Perle de Grand Prix) et de révélations actuelles. On peut s'étonner de ce que malgré la diversité de ses recueils scripturaires, le mormonisme conserve une cohésion interne. La grande majorité des critiques envers le mormonisme ne portent pas sur d'éventuelles contradictions internes à ses sources uniques, mais mettent sa doctrine en confrontation avec une vision dite traditionnelle de la Bible et du christianisme en général.

      La connaissance que le Livre de Mormon, Doctrine et Alliance et la Perle de Grand Prix, comme la Bible, sont la parole de Dieu, relève d’une démarche personnelle. Cette question est de la plus haute importance. Elle constitue un point de départ pour connaître Dieu et son plan pour ses enfants. Ceux qui recherchent dans un esprit de prière, de sincérité et de foi recevront, par le pouvoir du Saint-Esprit, le témoignage de la véracité et de la divinité de ces ouvrages. Car par le pouvoir Saint-Esprit ils peuvent connaître la vérité de toute chose (voir Moroni 10:5).


Copyright © 2003 M.-O. Ritzi, tous droits réservés

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