Doctrine/1



Les principes fondamentaux de l'Évangile
Transcription de huit allocutions radiophoniques faites par Samuel O. Bennion, des soixante-dix, sur l'émetteur radio KSL à Salt Lake City, en Utah, USA, au cours du printemps 1938. Ces allocutions furent diffusées sous l’égide de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours dans le cadre de son programme radiophonique hebdomadaire présenté chaque dimanche soir à radio KSL. Le but de l'orateur était de décrire le besoin de religion dans le monde actuel, et de montrer à ses auditeurs comment la paix et la joie dans ce monde et la vie éternelle dans l'au-delà peuvent être le lot de tous ceux qui vivent selon les principes de l'Évangile de Jésus-Christ. Ces allocutions furent publiées dans la section de l'Église du Deseret News et sous forme de brochure aux fins de distribution sur demande. Plus tard, pour faire face à une demande croissante du public, elles furent publiées sous forme de livret.
 Première allocution : Le besoin de religion aujourd'hui
 Deuxième allocution : La conception mormone de Dieu
 Troisième allocution : Pourquoi sommes-nous ici ? D'où venons-nous ? Où allons-nous ?
 Quatrième allocution : La foi au Seigneur Jésus-Christ
 Cinquième allocution : La repentance qui donne la vie
 Sixième allocution : Le baptême pour la rémission des péchés
 Septième allocution : L'autorité divine dans le ministère
 Huitième allocution : Étroite est la porte, mais comment la  trouver ?




hibou ecrit 04 Livres Canoniques

Le besoin de religion aujourd'hui


Samuel O. Bennion (1874-1945)

Membre du premier conseil des soixante-dix de 1904 à 1933
Membre de la présidence des soixante-dix 1933 à 1945 


      Que considérez-vous comme le plus grand besoin à l'heure actuelle ?

      Passez en revue la situation qui vous entoure - luttes et agitations dans l'industrie chez nous, guerres à l'étranger ; les hommes et les nations font leur proie les uns des autres d'une manière tout à fait inhumaine ; des femmes et des enfants innocents, même des vieillards sans défense sont victimes de bombardements, ou servent de cibles au feu des mitrailleuses ; pratiquement toutes les nations du monde sont engagées dans une course aux armements pour être « prêtes à toute éventualité » comme on dit ; la peur saisit le cœur des hommes, un sentiment d'insécurité et d'incertitude se répand dans le monde entier.

      Quelle est la grande force qui, si on l'appliquait, rendrait la terre à sa condition normale, de la manière la plus efficace ?

      Beaucoup de spécialistes sérieux du problème sont arrivés à la conclusion que la vraie religion est le grand facteur qui peut faire le plus grand bien au monde actuellement.


UNE CITATION DE BABSON

      Roger W. Babson, qui se trouve au premier rang de nos grands économistes modernes, dit à ce propos :

« Vous avez beau faire, vous ne pouvez pas séparer le facteur religieux du développement économique. Dans l'œuvre poursuivie par mon organisation de Wellesley Hills, dans le Massachusetts, nous étudions les tendances de l'intérêt religieux d'aussi près que nous étudions la situation des banques, ou de l'offre et de la demande des denrées. Les statistiques des membres inscrits dans les Églises constituent l'un des plus grands baromètres de la situation commerciale. Toutes les fois que cette ligne d'intérêt religieux baisse et atteint un niveau bas, l'histoire montre qu'il est temps de se préparer à la réaction et à une dépression dans la situation des affaires... La force la plus grande, la plus nécessaire et la plus pratique dans l'édification d'une prospérité permanente est, je le prétends, la religion ; l'esprit de Jésus-Christ dans l'âme des hommes. »

      D'autres grands leaders de la pensée moderne déclarent de même que si l'on veut supprimer les luttes, les conflits, les conquêtes inhumaines et l'insécurité de parmi les hommes, on devra appliquer les principes chrétiens les plus élevés.


SIGNES DU DÉCLIN

      Mais comment ces principes peuvent-ils être appliqués dans les conditions actuelles ?

      Chez nous comme à l'étranger, la foi mène, à de nombreux points de vue, une lutte où elle est la perdante. Les chiffres produits par une enquête menée pour un magazine national par le Dr. Henry C. Link, auteur de « Le Retour à la Religion », montrent un déclin très net dans la foi religieuse. Les statistiques fédérales révèlent que les apports aux entreprises religieuses ont diminué de 30 % au cours des cinq dernières années.

      Albert W. Palmer, écrivant dans « The Christian Century », s'exclame : « L'impiété est le péril le plus grand à l'heure actuelle. »

      Le « New American Church Monthly », une publication religieuse, disait récemment dans un éditorial :
      « N'est-il pas vrai que Dieu est refoulé silencieusement mais sûrement du cœur et de l'esprit des hommes de notre pays ? L'ignorance de Dieu et de la signification que la croyance en Dieu donne à la vie est beaucoup plus grave, parce qu'elle est si répandue et si inconsciente... Partout, les sages proclament que le seul espoir pour le monde est le retour à Dieu. »

      Walter W. Head, ancien président de l'Association Américaine des Banquiers et président actuel du Conseil National des Boy Scouts d'Amérique reconnaît cette situation et est convaincu que seul un retour à Dieu de la part des masses de notre nation arrêtera la vague de destructions à laquelle l'impiété nous mènera. En lançant un mouvement pour faire revivre la foi, il dit : « Si nous ne cherchons pas des relations plus étroites avec le divin, nous ne pourrons pas atteindre la justice sociale ; le gouvernement politique n'atteindra pas le but désiré et le gouvernement économique échouera dans son effort pour établir une mesure complète de prospérité. »


LA RAISON DU SOUCI

      Cette perte universelle de la foi chez le grand public est, à elle seule, une raison de grave souci, mais étant donné la conduite rapace de beaucoup d'hommes et de nations aujourd'hui - conduite qui est l'antithèse même de l'enseignement chrétien - elle devient une source d'inquiétude réelle.

      Dieu, qui est toujours miséricordieux, prévit nos ennuis actuels, et les décrivit par l'entremise de ses anciens prophètes. Il vit le jour où la foi déclinerait, où la religion cesserait d'être une force motrice dans le cœur des hommes. Cette situation se généraliserait tellement, dit-il au prophète Amos, qu'elle serait comme une famine dans le pays. « Voici, les jours viennent, dit le Seigneur, l'Éternel, où j'enverrai la famine dans le pays, non pas la disette de pain et la soif de l'eau, mais la faim et la soif d'entendre les paroles de l'Éternel. Ils seront alors errants d'une mer à l'autre, du septentrion à l'orient, ils iront çà et là pour chercher la parole de l'Éternel, et ils ne la trouveront pas. » (Amos 8:11-12).

      Il nous est dit, en outre, que cette impiété serait reconnue comme un des signes des temps, car le Seigneur a dit : « Ce qui arriva du temps de Noé arrivera de même aux jours du Fils de l'homme. Les hommes mangeaient, buvaient, se mariaient, et mariaient leurs enfants, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche ; le déluge vint et les fit tous périr. » (Luc 17:26-27).


UNE PROMESSE DONNÉE

      Cependant Dieu révéla aussi qu'il ne permettrait pas que cette situation se produise sans étendre la main pour sauver son peuple. Il promit que dans les derniers jours, quand l'amour des hommes se refroidirait et que leur cœur serait éloigné de lui, il se révélerait de nouveau.

      Comment cela devait-il se faire ?

      Les Écritures prédirent la seconde venue de notre Seigneur, mais ajoutèrent que cette venue devait être précédée, tout comme sa première, par un messager envoyé pour préparer la voie devant Lui. Ce messager, mentionné par le prophète Malachie, devait être visité par un ange car d'anciens prophètes devaient remettre entre ses mains l'Évangile éternel qu'il devait, comme agent mortel, envoyer à toute nation, à toute tribu, à toute langue, et à tout peuple. Jean le Révélateur décrivit l'ange en ces termes :

      « Je vis un autre ange qui volait par le milieu du ciel, ayant un Évangile éternel, pour l'annoncer aux habitants de la terre, à toute nation, à toute tribu, à toute langue, et à tout peuple. Il disait d'une voix forte : Craignez Dieu, et donnez-lui gloire, car l'heure de son jugement est venue ; et adorez celui qui a fait le ciel, et la terre, et la mer, et les sources d'eaux. » (Apocalypse 14:6-7).


LE MESSAGER EST VENU

      Pareille révélation dans les derniers jours deviendrait une grande bénédiction pour un monde troublé, si les hommes voulaient simplement écouter le message.
S'il était accepté, il serait en effet suffisant pour améliorer les maux des nations et des individus, redresser leurs torts, établir la paix et la justice, et répandre l'esprit d'amour fraternel d'une mer à l'autre.

      L'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours annonce solennellement, que ce messager est venu, et qu'il a donné au monde la religion qui suffit pour faire face aux exigences de la famille humaine aujourd'hui.

      Qui est ce messager ? C'est Joseph Smith, et son message porte généralement le nom, dans le monde, de mormonisme.

      Qu'est-ce que le mormonisme a pour le monde en ce temps de troubles et de doute ?

      D'abord et avant tout, il offre une connaissance vraie de l'existence et de la personnalité de la Divinité. Joseph Smith, un prophète de notre temps, vit Dieu, établissant le fait et la nature de son existence. Il lui parla face à face, comme un homme parle à son ami.

      C'était un des événements les plus importants depuis le temps du Christ. Il donnait à un monde incertain une idée vraie de l'Être que nous adorons, et dispersa les ténèbres avec lesquelles les âges avaient obscurci cette doctrine.


DIEU EST APPARU

      Dieu apparut à Joseph Smith sous la forme d'un Homme glorifié, et à son côté se tenait son Fils bien-aimé, encore dans la forme humaine qu'il portait lorsqu'il fut aperçu pour la dernière fois par ses disciples en Palestine après la résurrection de son corps de chair et d'os.

      Plus tard, Joseph Smith, et l'un de ses amis, Oliver Cowdery, virent leur Rédempteur glorifié lorsqu'il leur apparut dans le temple construit par l'Église à Kirtland, en Ohio, et la manifestation fut si vive qu'ils laissèrent la description suivante de ce qu'ils virent et entendirent :

      « Nous vîmes le Seigneur debout sur la balustrade de la chaire devant nous. Sous ses pieds, il y avait un pavement d'or pur, d’une couleur semblable à l’ambre. Ses yeux étaient comme une flamme de feu, ses cheveux étaient blancs comme la neige immaculée, son visage était plus brillant que l’éclat du soleil et sa voix était comme le bruit du déferlement de grandes eaux, oui, la voix de Jéhovah, disant :
« Je suis le premier et le dernier ; je suis celui qui vit, je suis celui qui fut immolé ; je suis votre avocat auprès du Père. » (D&A 110:2-4).

      Une autre fois, Joseph Smith vit notre Seigneur, tandis qu'il était accompagné de Sidney Rigdon, un autre de ses associés dans le ministère, et en témoignage de cette expérience, déclara :

      « Et maintenant, après les témoignages qui ont été rendus de lui, voici le témoignage, le dernier de tous, que nous rendons de lui : qu’il vit ! Car nous le vîmes, et ce, à la droite de Dieu ; et nous entendîmes la voix rendre témoignage qu'il est le Fils unique du Père ; que par lui, à travers lui et en lui, les mondes sont et furent créés, et que les habitants en sont des fils et des filles engendrés pour Dieu. » (D&A 76:22-24).


UNE EXHORTATION

      Avec un tel témoignage, que tous les doutes concernant l'existence du Tout-Puissant disparaissent du cœur de l'homme. Que tous sachent que cet Être miséricordieux et infiniment sage s'est de nouveau révélé dans cette génération et que les hommes peuvent maintenant savoir par le témoignage d'aujourd'hui, qu'il vit, se meut, et a son être, et qu'il veille sur la famille humaine jour après jour.

      Non seulement Joseph Smith vit Dieu, et lui parla, mais il apprit aussi que cet Être infini est également le créateur du ciel et de la terre, l'auteur des astres innombrables qui éclairent le ciel, la lune et les étoiles la nuit, le soleil le jour ; que le vaste univers qui se dévoile devant les yeux de l'astronome ne naquit pas par hasard, ni par accident, mais par l'action directe d'un créateur qui accomplit son œuvre puissante dans un but, et que ce but était de fournir des sphères convenables sur lesquelles les êtres intelligents pourraient habiter.

      Voilà donc une religion qui donne à tous les hommes une vraie philosophie de la vie, et explique la signification de notre existence mortelle, comment elle commença, d'où nous sommes venus, et où nous allons. Elle révèle les vrais rapports entre Dieu et l'homme, en déclarant que nous sommes ses enfants, et que, comme tels, nous avons en nous l'étincelle de divinité qui, par une vie juste, peut devenir une flamme céleste qui nous réchauffera l'âme et éclairera notre chemin vers la progression sans fin.


LA PUISSANCE DE LA PRÊTRISE

      Le mormonisme enseigne, dans toute la beauté de sa simplicité, la doctrine que nous avons vécu avant de naître dans la mortalité et que, tandis que nous étions encore dans notre vie préexistentielle, notre Père céleste forma cette terre pour qu'elle soit notre demeure, pour que nous puissions venir ici et obtenir un corps physique, acquérir de l’expérience en tant que mortels afin de progresser, et qu'après la mort, nous passions dans une existence encore plus grande - une existence de progrès éternel.

      Le mormonisme a une réponse très définie à la question des âges - « Si un homme meurt, revivra-t-il ? » (Job 14:14). Il répond que quand la mort se produit, l'esprit de l'homme avance dans un royaume où les esprits de tous les morts attendent la résurrection, et qu'au moment choisi par le Seigneur, le corps physique de chacun de nous sortira de la tombe à l'image de la résurrection du Christ, pour jouir d'une existence éternelle au-delà des atteintes de la mort.

      La doctrine de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours dit que dans la résurrection nous existerons comme entités séparées, comme nous le faisons dans cette vie, que notre corps sera de chair et d'os, comme c'était le cas du Christ lors de sa résurrection ; que nous nous reconnaîtrons mutuellement et que nous jouirons de la compagnie les uns des autres à peu près comme maintenant. Il enseigne, en outre, que tous ceux qui se conforment aux principes de l'Évangile pourront y vivre en groupes familiaux, à peu près comme nous le faisons ici, de sorte que les parents jouiront de la compagnie de leurs enfants, et les enfants, de la direction de leurs parents. Le père et la mère resteront mari et femme et leurs enfants leur appartiendront et le bonheur des rapports de famille continuera dans toutes les éternités à venir pour tous ceux qui choisissent d'accepter la bénédiction offerte par l'obéissance à l'Évangile du Christ.


LA BEAUTÉ DE LA DOCTRINE

      L'Évangile fait encore plus que cela. Il apporte à tous ceux qui acceptent ses vérités, le pouvoir de la prêtrise, qui comptait beaucoup pour les anciens, et qui peut aujourd'hui être employé de nouveau pour nous aider à faire face aux vicissitudes de la vie.

      L'Évangile du Christ a toujours été un Évangile de pouvoir. Ce que l'on appelle le mormonisme possède-t-il ce pouvoir ? Inclut-il cet élément divin qui marque le vrai ministère chrétien dans tous les âges ? Oui. Ceux qui embrassent ses principes en témoignent.

      L'histoire du commerce de Dieu avec les hommes au cours des âges révèle que, toutes les fois qu'il a envoyé l'un de ses serviteurs pour accomplir une œuvre, il l'envoyait avec pouvoir, de sorte qu'il parlait avec l'autorité divine. Jérémie, Ésaïe, Moïse et les autres prophètes anciens ne furent-ils pas envoyés de cette façon ? Jean-Baptiste, Pierre, Jacques, Jean et Paul ne parlèrent-ils pas avec autorité ? Et ne furent-ils pas appelés et commissionnés pour accomplir leur tâche ? Il en a toujours été ainsi, et c'est de cette manière que le prophète de notre époque fut envoyé, car il vint, lui aussi, comme quelqu'un qui avait l'autorité.

      Comment cette autorité - ce pouvoir dans le ministère. - lui fut-elle donnée ?

      Elle lui fut conférée, comme elle l’était sur les hommes autrefois, par des personnes qui détenaient déjà cette autorité.

      Jean-Baptiste prépara la voie du Seigneur lors de sa première venue. Il était le précurseur. N'était-il pas tout à fait logique que sur l'ordre du ciel il vienne et donne l'autorité à un précurseur moderne du Seigneur, qui devait préparer la voie à notre époque comme Jean le fit de son temps ? Qui pouvait mieux commissionner un précurseur que quelqu'un qui avait déjà servi en cette qualité ?


L'AUTORITÉ A ÉTÉ REÇUE

      Jean-Baptiste vint selon les ordres divins et, par son autorité, imposa les mains sur la tête de Joseph Smith et lui donna les clés du pouvoir sacerdotal qu'il détenait. Peu après, Pierre, Jacques et Jean vinrent auprès de ce précurseur moderne et lui donnèrent les clés de la prêtrise de Melchisédek. Puisqu'il avait vu le Seigneur, et qu'il avait été ordonné à son ministère, Joseph Smith devint un témoin spécial de son existence et de sa victoire sur la mort, tout comme les anciens apôtres.

      Ayant ainsi revêtu son prophète de connaissance et de pouvoir, le Seigneur l'instruisit dans ses devoirs, disant : « Allez dans le monde entier, prêchez l'Évangile à toute la création, agissant dans l'autorité que je vous ai donnée, baptisant au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit. Et celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, et celui qui ne croira pas sera damné. Et celui qui croira sera béni, en ce que des signes suivront, comme c’est écrit. » (D&A 68:8-10).

      Ainsi commissionné, Joseph Smith et ses associés s'en allèrent enseigner partout aux hommes les vérités de l'Évangile du Christ, Évangile rétabli dans les temps modernes, baptisant leurs convertis et étant témoins des bénédictions qui suivaient les croyants, tout comme les signes suivaient les croyants autrefois. Sous leur ministère, des hommes et des femmes reçurent non seulement un baptême d'eau, mais le baptême de feu et du Saint-Esprit, et ils jouirent à nouveau des fruits de cet esprit. Son influence toute-puissante remplit leur âme, ils naquirent de nouveau, selon l’expression du Seigneur s’adressant à Nicodème (Jean 3:3,7), renouvelés dans le corps et dans l'esprit par le pouvoir qui accompagnait ces sacrements.

      Ils apprirent que, quand cet esprit leur remplissait le cœur, un sentiment de paix et de fraternité les envahissait - l'esprit de lutte était ôté de leur âme, et à sa place venait un esprit de serviabilité mutuelle comprenant les principes de la règle d'or. Ils se mirent à considérer leur prochain non pas comme un ennemi en puissance, mais comme un frère et un ami, une attitude qui, seule, peut former la base de la paix dans le monde. Voilà ce qui peut venir de l'application sincère de l'Évangile du « Prince de la paix » (Ésaïe 9:6). Venant, comme il le fait « avec puissance, avec l'Esprit-Saint, et avec une pleine persuasion », comme le dit Paul aux Thessaloniciens (1 Thessaloniciens 1:5), le véritable Évangile révolutionne et rend heureuse la vie de l'homme. Comment la guerre et les luttes peuvent-elles exister sous une telle influence ? Qui peut s'empêcher d'admettre que cette influence est ce dont a tellement besoin le monde actuel ?


RÉSUMÉ

      Les principes de l’Évangile s'appliquent de la même façon aux entreprises temporelles de l'homme. En même temps que le plan du salut futur, des principes furent révélés, qui nous aident dans notre vie quotidienne, à nous développer matériellement, à sauvegarder notre santé physique, et à établir la sécurité pour notre foyer et notre famille.

En résumé :

      Le monde actuel a grand besoin d'un facteur puissant pour résoudre ses perplexités. Ce facteur est la vraie religion. Reconnaissant ce besoin, Dieu a envoyé son messager dans le monde pour ramener la foi dans le cœur des hommes. Ce messager vint revêtu de pouvoir divin. Recevant des instructions d'en haut, il organisa l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours, moyen par lequel Dieu enverrait son message à toutes les nations, langues et peuples. L'Évangile enseigné par cette Église aujourd'hui, est l'Évangile de Jésus-Christ, rétabli sur la terre dans sa pureté et sa simplicité, et il est porté dans le monde par des missionnaires qui ont reçu l'autorité divine de le faire. Il contient le plan de salut, temporel et éternel. Qu'est-ce que ce plan ? Comment doit-il être appliqué pour répondre de la manière la plus satisfaisante à nos besoins ? Peut-il être adapté aux exigences des individus comme à celles des nations ?

      Je répondrai à ces questions dans de prochaines émissions, le dimanche soir, sur cet émetteur, à la même heure. Le sujet de dimanche prochain sera « L'idée mormone de Dieu. »



hibou ecrit 04 Livres Canoniques

La conception mormone
de Dieu

Samuel O. Bennion (1874-1945)

Membre du premier conseil des soixante-dix de 1904 à 1933
Membre de la présidence des soixante-dix 1933 à 1945 

      Nous lisons dans la Genèse qu'au commencement, Dieu créa le ciel et la terre. Il rassembla les eaux et les appela mers, et le sec il l'appela terre. Pour embellir la terre qu'il avait formée, il y plaça la vie végétale dans ses innombrables aspects. Il plaça dans la mer la vie marine sous toutes ses espèces, la vie animale sur la terre, et « des oiseaux [qui] volent sur la terre vers l'étendue du ciel. » (Genèse 1:20). Il donna à chaque forme de vie, qu'elle soit végétale ou animale, le commandement de se reproduire, chacune selon son espèce, pour que la vie puisse se perpétuer sur la terre.

      « Dieu vit que cela était bon » (Genèse 1:10,12,17,21,25), dit l'Écriture.

      « Puis Dieu dit : Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme. » (Genèse 1:25-27).

      La formation de l'homme fut l'acte qui couronna la création tout entière, et ressortit comme son trait le plus significatif. Nombreuses sont les leçons qu'on peut en tirer, dont une des plus importantes est qu'elle nous donne la connaissance directe de ce à quoi Dieu ressemble, car Dieu fit l'homme à son image, à sa ressemblance (voir Genèse 1:26,27).

      Cette vérité importante est soulignée à plusieurs reprises dans les Écritures. Au chapitre 5 de la Genèse, nous lisons de nouveau : « Lorsque Dieu créa l'homme, il le fit à la ressemblance de Dieu. Il créa l'homme et la femme, il les bénit et les appela du nom d'homme, lorsqu'ils furent créés. » (Genèse 5:1,2).

      [À cet endroit, l'auteur démontre l'exactitude de ses citations, prises de la Version du Roi Jacques (King James Version), en citant les passages correspondants des 3 versions en langue anglaise suivantes : la Bible Révisée d'Oxford, la Traduction Américaine publiée en 1927 par l'Université de Chicago, et la Bible de Douay, ndt]

      Comme pour ne laisser subsister aucun doute que l'homme, dans sa forme, fut fait à la ressemblance de Dieu, selon son image, l'Écriture donne une autre comparaison qui définit indiscutablement le sens transmis par la parole écrite. Elle parle maintenant de la naissance de Seth, fils d'Adam, et dit :

      « Adam, âgé de cent trente ans, engendra un fils à sa ressemblance, selon son image, et lui donna le nom de Seth. » (Genèse 5:3).

      D'autres versions de l'Écriture donnent la même idée, mais la Traduction Américaine va encore plus loin, si c'est possible, pour clarifier sans possibilité d'erreur, la signification importante qui se trouve dans les mots « à la ressemblance de Dieu, selon son image ».

      Concernant la naissance de Seth, cette version des Écritures dit :

      « Après avoir vécu cent trente ans, Adam eut un enfant à sa propre image, qui lui ressemblait, et il lui donna le nom de Seth. » (traduction aussi littérale que possible - ndt)

      Il n'est pas possible de faire erreur sur l'intention de la parole sacrée quand elle applique cette expression à Seth, qui ressemblait tellement à Adam, qu'il semblait être l'image et la ressemblance mêmes de son père. Ou pour parler comme la Traduction Américaine, Seth ressemblait si fort à Adam dans son apparence personnelle, qu'il était le vrai portrait d'Adam.

      Le fait que l'Écriture, en décrivant Adam et Seth, emploie identiquement la même terminologie que pour expliquer la ressemblance d'Adam avec le Créateur, ne peut vouloir dire qu'une chose : Qu'Adam, dans son apparence physique, était l'image et la ressemblance de la Déité, tout comme Seth, le fils d'Adam, était à l'image et à la ressemblance de son père.


LA CONCLUSION DU DR S. R. DRIVER

      Après une étude soigneuse de l'hébreu originel dans lequel ces passages ont été écrits, le Dr. S. R. Driver, professeur d'hébreu à l'Université d'Oxford, aboutit à la conclusion que non seulement Adam avait la forme du Seigneur et était à sa ressemblance, mais que Seth l'était aussi, puisqu'il était à l'image d'Adam qui était à l'image de Dieu. Dans son œuvre intitulée « Le Livre de la Genèse », ce savant dit :

      « Seth, étant à l'image d'Adam, est aussi à l'image de Dieu. Il s'ensuit que l'image de Dieu est transmise aux descendants d'Adam. »

      Ceci est une déclaration extrêmement importante quand on pense à une autre phase significative de la création.

      Veuillez vous rappeler que toutes les formes de vie, après qu'elles furent placées sur la terre, reçurent le commandement de se reproduire, chacune selon son espèce. C'est là une grande loi naturelle qui n'a trouvé aucune exception, pas même chez l'homme, qui reçut aussi le commandement de se multiplier et de remplir la terre.

      Notre propre existence d'hommes et de femmes, établit l'immuabilité de cette loi. Nous sommes descendants d'Adam ; nous naissons à sa ressemblance, selon sa forme physique. C'est ainsi que nous constituons la race humaine et nous distinguons des autres formes de vie.

      Mais appliquons davantage cette loi.

      Se trouvant un jour face à face avec un groupe de Pharisiens, Jésus posa la question : « Que pensez-vous du Christ ? De qui est-il fils ? » (Matthieu 22:42). « Ils lui répondirent : De David. Et Jésus leur dit : Comment donc David, animé par l'Esprit, l'appelle-t-il Seigneur, lorsqu'il dit : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, jusqu'à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied ? Si donc David l'appelle Seigneur, comment est-il son fils ? Nul ne put lui répondre un mot. Et, depuis ce jour, personne n'osa plus lui proposer des questions. »

      Je vous demande maintenant, à vous qui m'écoutez, Que pensez-vous du Christ ? De qui est-il Fils ?

      Luc, dans sa description de la nativité du Christ, dit :

      « L'ange Gabriel fut envoyé par Dieu dans une ville de Galilée, appelée Nazareth, auprès d'une vierge fiancée à un homme de la maison de David, nommé Joseph. Le nom de la vierge était Marie... L'ange lui dit : ne crains point, Marie ; car tu as trouvé grâce devant Dieu. Et voici, tu deviendras enceinte, et tu enfanteras un fils et tu lui donneras le nom de Jésus. Il sera grand et sera appelé Fils du Très-Haut... La puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre : C'est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu. » (Luc 1:26,27,30-32,35).


ANNONCÉ COMME SAUVEUR

      Quand l'enfant naquit, les anges annoncèrent qu'il était le Sauveur - Christ le Seigneur. Au moment de commencer son ministère, Jésus alla vers Jean et fut baptisé par lui, et lorsqu'il fut sorti de l'eau, « une voix fit entendre des cieux ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection. » (Matthieu 3:17). C'était la voix du Très-Haut reconnaissant son Fils.

      « Jésus, étant arrivé dans le territoire de Césarée de Philippe », dit Matthieu, demanda à ses disciples : Qui dit-on que je suis, moi, le fils de l'homme ? Ils répondirent : Les uns disent que tu es Jean-Baptiste ; les autres, Elie ; les autres, Jérémie, ou l'un des prophètes. Et vous, leur dit-il, qui dites-vous que je suis ? Simon Pierre répondit : Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. Jésus, reprenant la parole lui dit : Tu es heureux, Simon, fils de Jonas ; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t'ont révélé cela, c'est mon Père qui est dans les cieux. » (Matthieu 16:13-17).

      Voici donc Simon Pierre annonçant que Jésus est le Fils du Dieu vivant et Jésus reconnaissant la véracité de la déclaration, et disant en outre que cette connaissance avait été donnée à Pierre, pas par l'homme mortel, mais par la révélation du propre Père du Christ qui était dans les cieux.

      Jésus appela de nombreuses fois Dieu : son Père. Il le pria, dit fréquemment de lui qu'il était son Père, et même sur la croix, dans son dernier souffle, il cria à lui, disant : « Père, je remets mon esprit entre tes mains. » (Luc 23:46).


L'IMAGE PHYSIQUE

      Pour en revenir maintenant au point démontré plus haut dans la discussion, permettez-moi de vous demander : Puisque le Christ est le Fils de Dieu, ressemblait-il, dans son aspect physique, à son Père, comme Seth, le fils d'Adam ressemblait à son père ?

      Paul, dans son épître aux Hébreux, souligne, dans sa déclaration, le fait que Jésus est à l'image expresse du Père. Ecoutez ses paroles :

      « Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu, dans ces derniers temps, nous a parlé par le Fils, qu'il a établi héritier de toutes choses, par lequel il a aussi créé le monde, et qui, étant le reflet de sa gloire, et l'empreinte de sa personne (la King James Version, employée par l'auteur, dit : « étant l'éclat de sa gloire et l'image expresse de sa personne », ndt), et soutenant toutes choses par sa parole puissante, a fait la purification des péchés et s'est assis à la droite de la majesté divine dans les lieux très hauts. » (Hébreux 1:1-3).

      En s’adressant aux Colossiens, Paul réitéra cette doctrine, disant que le Christ « est l'image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création. » (Colossiens 1:15).

      Pourquoi Jésus ressemblerait-il tellement à son Père dans son aspect personnel ? Demandons d'abord, pourquoi Seth ressemblait-il tellement à Adam ? Il ne peut y avoir qu'une seule réponse : parce qu'Adam était le père de Seth.

      On peut expliquer la ressemblance entre le Christ et son Père de la même manière. Il était « l'empreinte » de la personne de Dieu parce qu'il était le Fils du Dieu vivant lui-même. Puisque Jésus avait la forme humaine comme nous, son Père, à l'image duquel il apparut, doit l'avoir aussi.

      Maintenant permettez-moi de vous poser une question, à vous qui m'écoutez. Pourquoi l'homme fut-il formé à la ressemblance de Dieu, selon son image, comme l'enseignent les Saintes Écritures ?

      Nous avons établi le fait que Jésus ressemblait au Tout-Puissant, dans son aspect, à cause de son rapport avec Lui. L'homme fut formé à l'image et à la ressemblance de la Déité pour une raison similaire. Mais comment l'homme est-il apparenté à Dieu, pour que nous, les membres de la famille humaine, portions son image ?

      Combien de fois Jésus parla-t-il aux hommes de leur « Père Céleste » ? Ces allusions se retrouvent dans tous ses enseignements. Ne dit-il pas : « Si vous pardonnez aux hommes leurs offenses, votre Père céleste vous pardonnera aussi » (Matthieu 6:14) ? Et « Regardez les oiseaux du ciel : ils ne sèment ni ne moissonnent, et ils n'amassent rien dans des greniers ; et votre Père céleste les nourrit » (Matthieu 6:26) ? Ne nous enseigna-t-il pas à prier de cette façon : « Notre Père qui es aux cieux » (Matthieu 6:9) ?

      Que voulait-il dire lorsque, après sa résurrection, il dit à Marie dans le jardin : « Ne me touche pas ; car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu » ? (Jean 20:17).

      Il ne pouvait vouloir dire qu'une seule chose : Qu'il est notre Frère Aîné, et que son Père est également notre Père.

      L'homme est un être double. Dans son corps de chair et d'os réside un esprit qui, dans sa forme, ressemble au corps dans lequel il habite. Cet esprit, si on le voit séparément, a l'aspect du corps physique ; c'est là une chose évidente que l'on peut déduire d'un incident qui se produisit peu après la résurrection du Christ. Vous vous rappelez que les apôtres furent témoins de la mort de notre Seigneur sur la croix, et que, bien que Jésus les eût enseignés concernant sa résurrection, ils ne la comprenaient pas pleinement. C'est pourquoi, lorsque le Seigneur leur apparut dans son état ressuscité, « Saisis de frayeur et d'épouvante », dit Luc, « ils croyaient voir un esprit. » Mais le Seigneur calma leurs craintes en disant : « Pourquoi êtes-vous troublés, et pourquoi pareilles pensées s'élèvent-elles dans vos cœurs ? Voyez mes mains et mes pieds, c'est bien moi, touchez-moi et voyez : un esprit n'a ni chair ni os comme vous voyez que j'ai. » (Luc 24:36-43).

      Nos esprits sont nés de Dieu, étant de « sa race », enseigna Paul aux Athéniens. Écoutez ses paroles. « En lui, nous avons la vie, le mouvement et l'être. C'est ce qu'ont dit aussi quelques-uns de vos poètes : Nous sommes de sa race... Ainsi donc, étant la race de Dieu, nous ne devons pas croire que la divinité soit semblable à de l'or, à de l'argent, ou à de la pierre, sculptés par l'art et l'industrie de l'homme. » (Actes 17:28,29).

      Nous avons déjà cité Paul pour montrer que Jésus fut « le premier-né de toute la création » (Colossiens 1:15). En quel sens est-il né le premier ? Beaucoup naquirent avant lui dans la chair. On trouve la réponse dans le fait que Jésus vécut avant de naître dans la chair, et que l'esprit de l'homme vécut avant la mortalité. C'est dans sa vie pré-terrestre que l'esprit de l'homme devint la race de Dieu, et que Jésus devint « le premier-né de toute la création ».

      Quand, dans la création, notre Père Céleste essaya de donner des corps physiques de chair et d'os à ses enfants spirituels, il fit naturellement ces corps de manière à les adapter aux esprits qui allaient y habiter. Et puisque ces esprits étaient, comme l'explique Paul, « la race de Dieu », ils ressemblaient tout naturellement à la Déité par la forme, tout comme Seth ressemblait à son père Adam.

      La raison pour laquelle l'homme fut formé à l'image et à la ressemblance de son Créateur devient donc claire.

      Beaucoup enseignent que la Déité est un esprit sans forme répandu à travers tout l'espace. D'autres croient qu'il est un esprit ou une intelligence universelle, qui n'est pas limitée à une dimension, ou à une forme.

      De la discussion que nous venons d'avoir ce soir, il ressort clairement que notre Père céleste a une forme personnelle définie à la ressemblance de laquelle nous sommes faits.

      Puisque nous sommes à son image et à sa ressemblance, Il est donc inversement à l'image et à la ressemblance de l'homme. De même, puisque Jésus était à l'image expresse de la personne de son Père, comme Paul l'enseigne, inversement, le Père est à l'image expresse de la personne du Christ. Ainsi le Tout-Puissant est un être personnel, séparé et distinct du Sauveur, tout comme un père quelconque est séparé et distinct de son fils.


L’UNITÉ

      Jésus et son Père sont un seulement dans le sens d'une unité de but et d'amour, car Jésus ne pria-t-il pas, comme le rapporte le chapitre 17 de Jean, que ses disciples puissent être un comme son Père et lui étaient un ? Personne ne supposera qu'il pria, à ce moment-là, que ses apôtres pussent fusionner physiquement en une entité dans laquelle chacun perdrait son individualité propre. Il pria pour qu'un esprit d'unité existe parmi eux.

      Il pria de même : « Et maintenant toi, Père, glorifie-moi auprès de toi-même », montrant clairement qu'il considérait le Père comme un être séparé et distinct de lui-même, bien qu'il fût un avec lui en esprit, en but et en amour.

      Il y a trois personnes dans la Divinité - le Père, le Fils, et le Saint-Esprit. De même que le Père et le Fils sont séparés l'un de l'autre, de la même façon ils sont séparés du Saint-Esprit qui est également un individu déterminé, en fait, un troisième membre de la Trinité.

      L'individualité des trois personnes fut illustrée lors du baptême du Christ, lorsque Jésus, l'un des membres, se tint dans l'eau, que le Père parla des cieux, et que le Saint-Esprit, le troisième membre, descendit sous le signe d'une colombe.

      Voilà donc la conception mormone de Dieu : Qu'il est un être personnel, glorifié au-delà de la conception humaine, mais possédant, cependant, un corps physique dont le corps ressuscité du Christ était l'image expresse et la ressemblance, et à l'image duquel nous fûmes aussi créés. Que Jésus-Christ est son Fils, et que le Saint-Esprit, personnage d'esprit, s'unit au Père et au Fils pour former la grande Trinité du ciel ; un en but et en amour, cependant trois personnages séparés et distincts.

      Que Jésus, le représentant de Dieu, fut le Créateur du ciel et de la terre, et cependant qu'il est notre frère aîné, qui vint sur terre nous sauver de nos péchés.

      Que Dieu est notre Père, et que, dans le genre humain, nous sommes tous frères ; que, étant ses enfants, nous avons vécu avant de venir sur cette terre, et que si nous le servons et gardons ses commandements, nous pouvons retourner après la mort dans sa présence.

      Pour expliquer davantage nos rapports avec la Déité, et le but de notre existence terrestre, je répondrai dimanche prochain, à la même heure, à la question : « Pourquoi sommes-nous ici ? D'où venons-nous, et où allons-nous ? »


hibou ecrit 04 Livres Canoniques


Pourquoi sommes-nous ici ?
D'où venons-nous ?
Où allons-nous ?

Samuel O. Bennion (1874-1945)

Membre du premier conseil des soixante-dix de 1904 à 1933
Membre de la présidence des soixante-dix 1933 à 1945 

       Tout le monde s'est demandé un jour ou l'autre « Pourquoi existons-nous ? » Pourquoi cette existence dans un monde de si grands contrastes - joies et craintes, paix et souffrances, abondance et pauvreté ?

      Sommes-nous ici simplement par hasard, et si oui, la lutte en vaut-elle la peine ? Sommes-nous nés à la suite d'une association accidentelle de forces dans un univers sur lequel il n'y avait ni contrôle, ni direction ? Sommes-nous à la dérive sur notre minuscule planète dans l'immensité du ciel, passant indifféremment d'un cycle à l'autre sans but et sans destinée ?

      Ou bien sommes-nous ici selon un dessein bien arrêté, dans le cadre d'un plan éternel, qui révèle que la vie actuelle n'est qu'une étape vers une vie plus grande après la mort, où l'occasion de la joie et de la progression éternelles fera plus que compenser nos efforts ici ?

      Qu'est-ce que cette existence terrestre signifie au juste pour nous ?

      Un poète en fit cette description :

      Cette tache de vie dans le grand désert du temps.
      Cet isthme étroit entre deux mers illimitées,
      Le passé, l'avenir - deux éternités.

                                                           Thomas MOORE


DEUX ÉTERNITÉS

      Notre vie ici est en fait « un isthme entre deux éternités », car derrière nous s'étend une éternité semblable à celle qui s'étend devant nous. Notre vie n'a absolument pas commencé par notre naissance dans la mortalité, et elle ne finira pas non plus quand notre corps sera placé dans la tombe. Nous sommes tous des êtres éternels. Nous avons vécu dans le passé et nous continuerons à vivre dans toutes les éternités de l'avenir.

      En réalité, la carrière de l'homme est divisée en quatre parties :

      Premièrement, sa vie pré-terrestre ; deuxièmement, son existence mortelle, c'est-à-dire la vie dans laquelle nous nous trouvons maintenant ; troisièmement, la période entre la mort et la résurrection, et quatrièmement, la période qui suivra la résurrection de notre corps physique. Mais à aucun moment de ces périodes, ou entre ces périodes, la vie de l'individu ne s'arrête. L'esprit, qui est en réalité l'individu, et dont la forme ressemble à celle de notre corps physique, continue à vivre constamment. Le processus de la naissance dans la mortalité est simplement le passage de cet esprit d'une sphère d'existence à une autre ; de même, la mort n'est qu'une porte du progrès de cette vie à la suivante. Ainsi la résurrection est l'entrée dans la dernière période qui n'a pas de fin.


UN ENSEIGNEMENT NOBLE

      Examinons un instant la première période citée. Est-ce une doctrine étrange que l'homme ait vécu avant de venir dans la vie mortelle ? Est-il possible que nous ayons eu une existence intelligente avant de venir ici ? La doctrine de la vie pré-terrestre est un des enseignements les plus nobles de la Bible, et montre que l'homme est un être qui a une grande destinée et des possibilités illimitées. Elle montre que nous avons vécu, dans le passé reculé, dans la maison de Dieu, étant ses enfants ; que nous fûmes envoyés sur cette terre pour acquérir de l'expérience, pour nous adapter à l'existence qui la suit, et que si nous réussissons à bien vivre ici, nous aurons le privilège de retourner dans la présence de notre Créateur et y vivre avec lui pour toujours.

      Comment savons-nous que l'homme a vécu avant de venir dans la mortalité ?

      Tout d'abord, parce que nous savons que Jésus a eu une vie pré-terrestre, et qu'il est notre grand prototype à nous, ses frères. Nombreuses sont les références scripturales qui montrent que Jésus vécut avant de naître de la vierge Marie. Ne fut-il pas le Créateur lui-même ? Dans le premier verset de son épître aux Hébreux, Paul déclare que le Père parla à l'humanité par l'intermédiaire de son Fils, « par lequel il a aussi créé le monde ». Comme Créateur, Jésus mena une existence intelligente avant de venir dans la mortalité, et au cours de cette période, il fit ce monde sur lequel nous vivons et dans lequel il est venu comme fils de Marie.


LA VIE PRÉ-TERRESTRE DU CHRIST

      Notre Seigneur reconnut franchement qu'il avait une expérience pré-terrestre. Il dit un jour : « Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant je quitte le monde et je vais au Père. » (Jean 16:28).

      Une autre fois, quand les Juifs parlèrent d'Abraham, le Seigneur annonça qu'il vivait avant Abraham (Jean 8:58). Vers le début de son ministère, il dit ceci : « Je suis descendu du ciel, pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé... Et si vous voyez le Fils de l'homme monter où il était auparavant ? » (Jean 6:38,62).

      Pierre dit que le Seigneur fut « prédestiné avant la fondation du monde » pour la mission qu'il remplit (1 Pierre 1:19).

      Les Écritures, aussi clairement qu'elles montrent que Jésus a eu une existence pré-terrestre, enseignent que nous avons eu une vie de ce genre. À quoi l'auteur de l'Ecclésiaste pensait-il quand il dit, en parlant de la mort de l'homme : « ... avant que la poussière retourne à la terre comme elle y était, et que l'esprit retourne à Dieu qui l'a donné » ? (Ecclésiaste 12:7). Nous est-il possible de retourner en un lieu où nous n'avons jamais été ? L'esprit de l'homme peut-il retourner dans la présence de Dieu s'il n'a jamais été avec lui auparavant ? Il est tout à fait clair que l'auteur de cette section de l'Écriture Sainte comprenait que l'esprit de l'homme avait une existence avant sa naissance dans la mortalité, et que quand la mort atteint le corps physique, ce corps retourne à la terre où il était et l'esprit, qui vivait avant la mortalité, retourne auprès de son Créateur.


UN EXEMPLE

      Jérémie apprit par révélation qu'il vécut avant de naître dans la chair. Expliquant ce sujet, le prophète dit : « La parole de l'Éternel me fut adressée en ces mots : Avant que je t'eusse formé dans le ventre de ta mère, je te connaissais ; et avant que tu fusses sorti de son sein, je t'avais consacré, je t'avais établi prophète des nations. » (Jérémie 1:4-5).

      Voilà une déclaration extrêmement significative. Examinons-la brièvement. Non seulement le Tout-Puissant dit à Jérémie qu'il vécut avant sa naissance, mais que Dieu connaissait Jérémie avant sa naissance. Puisque c'était le cas, Jérémie devait être un individu intelligent avant sa naissance dans la mortalité. Et en outre, Jérémie s'était avéré être un individu de valeur et d'une haute intégrité religieuse, autrement il n'aurait jamais été sanctifié et ordonné prophète dans ces temps reculés, de sorte que lorsqu'il naîtrait finalement dans la mortalité et qu'il grandirait pour devenir un homme mûr, il serait autorisé et qualifié à prêcher aux enfants des hommes.

      Jérémie ne fut pas seul à être choisi avant sa naissance pour remplir une mission dans la mortalité. Paul enseigna aux Éphésiens que d'autres furent choisis avant que les fondations de la terre ne fussent posées. Écoutez ses paroles : « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui nous a bénis de toutes sortes de bénédictions spirituelles dans les lieux célestes en Christ ! En lui Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et irrépréhensibles devant lui. (Éphésiens 1:3-4).

      C'est en ces termes que Paul enseigne que lui-même et certains autres furent choisis avant la création de la terre. Si ces individus n'avaient pas existé avant la création, il n'aurait guère été possible de les sanctifier et de les choisir à ce moment-là.


LA DÉCLARATION DE PAUL

      C'est Paul, vous vous en souvenez, qui déclara sur le Champ de Mars que nous sommes de la race de Dieu. Que voulait-il dire par là au juste ? Quand il écrivit aux Hébreux, il expliqua cette doctrine en disant : « Puisque nos pères selon la chair nous ont châtiés et que nous les avons respectés, ne devons-nous pas, à bien plus forte raison, nous soumettre au Père des esprits, pour avoir la vie ? » (Hébreux 12:9).

      Ce passage nous donne à nouveau à comprendre que l'homme est un être double, possédant à la fois un esprit et un corps, et que de même que nous avons un  père dans notre chair dans cette vie, notre esprit a eu un Père avant cette vie. Il est donc indubitable que toute l'humanité a vécu avant de naître dans la mortalité.

      L'Écriture enseigne aussi clairement que nous avions la liberté d'agir au cours de cette période reculée. Certains des esprits furent désobéissants. Jude en parle dans sa courte épître, disant qu'ils « n'ont pas gardé leur dignité [La version anglaise employée par l'auteur dit : « premier état. », ndt], mais... ont abandonné leur propre demeure » et qu'ils ont été « réservés pour le jugement du grand jour, enchaînés éternellement par les ténèbres ». Qui sont ces gens qui n'ont pas gardé leur premier état ?


UNE GUERRE DANS LE CIEL

      Jean le Révélateur nous dit qu'il y eut une guerre dans le ciel au cours de cette période primitive, et que « Michel et ses anges combattirent contre le dragon. Et le dragon et ses anges combattirent, mais ils ne furent pas les plus forts, et leur place ne fut plus trouvée dans le ciel. » (Apocalypse 12:7). En d'autres termes, les désobéissants se rebellèrent et furent chassés de la présence du Seigneur par les forces déployées par Michel. De cette façon, ils ne gardèrent pas leur premier état, c'est-à-dire leur état pré-mortel.

      Si nous consultons davantage les Écritures, le sujet devient plus clair pour nous. L'homme était évidemment destiné à progresser, mais certaines étapes définies étaient requises pour son avancement. Une de ces étapes était l'expérience mortelle qui ne pouvait s'obtenir que sous les circonstances que nous connaissons maintenant. Un autre trait important du plan était que l'homme devait acquérir un corps de chair et d'os comme tabernacle pour son esprit originel.

      Une habitation en rapport avec l'état mortel de l'homme devint une nécessité. Ceci amena la création de la planète sur laquelle nous vivons. La terre fut faite spécialement pour l'homme, et pas l'homme pour la terre.


LA RAISON DE NOTRE PRÉSENCE ICI

      Quand l'homme fut placé ici, son corps fut formé des éléments de la terre, mais il était destiné à lui appartenir en permanence. Comment le savons-nous ? Parce que les Écritures enseignent que notre corps sortira de la tombe et que nous passerons avec lui dans l'éternité après la résurrection.

      Nous comprenons maintenant une raison importante de notre présence ici, qui est d'obtenir un corps de chair et d'os.

      Examinons ensuite une autre raison. Le plan conçu par notre Père céleste était de faire de ce monde un lieu d'épreuve pour nous, ses enfants. Ceci ressort clairement de la manière dans laquelle Adam et Ève furent mis en face de la tentation dans le jardin d'Eden, pour les mettre à l'épreuve, pour voir s'ils obéiraient à l'ordre divin ou à leurs propres inclinations.

      Paul enseigna cette doctrine aux Corinthiens, disant que tous les hommes seront mis à l'épreuve, et seront récompensés en fonction de leur réaction à cette épreuve (voir 1 Corinthiens 3:13). Quand Job fut mis à l'épreuve, il s'écria : « s'il m'éprouvait, je sortirais pur comme l'or. » (Job 23:10).

      Pourquoi devons-nous être mis à l'épreuve de la sorte ?

      Jésus dit un jour à ses disciples : « Il y a plusieurs demeures dans la maison de mon Père. Si cela n'était pas, je vous l'aurais dit. Je vais vous préparer une place. » (Jean 14:2). Ces demeures diffèrent en gloire l'une de l'autre. Paul enseigna aux Corinthiens qu'entre autres, il y a une gloire appelée la céleste, et qu'une autre est appelée la terrestre. Pour établir tout à fait clairement qu'il y a divers endroits qui seront attribués aux hommes dans l'au- delà, il les compare à des objets familiers à leurs yeux : le soleil, la lune et les étoiles. Il leur dit « autre est l'éclat du soleil, autre l'éclat de la lune, et autre l'éclat des étoiles ; même une étoile diffère en éclat d'une autre étoile. Ainsi en est-il de la résurrection des morts. » (1 Corinthiens 15:41-42).

      Avez-vous jamais contemplé le ciel par une nuit claire, et regardé les étoiles diverses dans la vaste étendue du ciel ? Avez-vous remarqué comme certaines sont claires et brillantes, et comme d'autres, moins brillantes, s'estompent jusqu' à être à peine perceptibles ? Et quand la pleine lune monte au-dessus de l'horizon, avez-vous remarqué comme elle semble plus brillante et plus grande que n'importe laquelle des étoiles ? Maintenant comparez cette scène nocturne à celle du jour à midi, quand le soleil brille de tout son éclat. Gardez cette comparaison à l'esprit et vous aurez une bonne idée de ce que Paul essaya d'enseigner aux Corinthiens qui reçurent son épître. Les gloires dans le ciel, où nous serons envoyés, diffèrent en éclat comme les étoiles, la lune et le soleil.


DES RÉCOMPENSES VARIÉES

      Paul conclut sa comparaison par cette déclaration : « Ainsi en est-il de la résurrection des morts » (1 Corinthiens 15:42), montrant que quand les morts sortiront de leurs tombeaux, ils recevront des gloires aussi variées les unes des autres, que le soleil, la lune, et les étoiles diffèrent les uns des autres en éclat.

      Pourquoi y aura-t-il une si grande diversité de gloires dans la résurrection ?

      Parce que lors du jugement nous serons récompensés, chacun, selon nos œuvres, et puisque nos œuvres diffèrent en qualité durant la mortalité, nos récompenses différeront aussi.

      Jésus enseigna que quand il viendra dans la gloire de son Père « il rendra à chacun selon ses œuvres » (Matthieu 16:27). Paul dit : « Car il nous faut tous comparaître devant le tribunal de Christ, afin que chacun reçoive selon le bien ou le mal qu'il aura fait, étant dans son corps. » (2 Corinthiens 5:10).

      Jean le Révélateur, dans sa vision, vit « les morts, les grands et les petits, qui se tenaient devant le trône. Des livres furent ouverts. Et un autre livre fut ouvert, celui qui est le livre de vie. Et les morts furent jugés selon leurs œuvres, d'après ce qui était écrit dans ces livres. » (Apocalypse 20:12).

      Nous avons maintenant ce tableau : quand les morts se lèveront et se tiendront devant le siège du jugement du Christ, ils seront envoyés dans la gloire qu'ils auront méritée par leurs actions sur la terre, que cette gloire soit comparable au soleil, à la lune ou aux étoiles.


LA DEUXIÈME RAISON

      Ceci nous montre la deuxième raison de notre vie terrestre, et révèle comment cette existence est un temps d'épreuve pour nous tous. Son issue déterminera dans quelle classification ou gloire nous serons dignes d'aller dans l'au-delà.

      Jusqu'à présent, nous avons répondu à deux parties de notre question triple. Nous avons appris d'où nous sommes venus, et pourquoi nous sommes ici. Répondons à présent à la question : Où allons-nous ?

      Nous avons déjà établi qu'il y a plusieurs demeures dans le royaume de Dieu, et qu'elles varient en éclat et en gloire. Il est en notre pouvoir de choisir laquelle de ces gloires sera la nôtre pour l'éternité. Choisirons-nous la céleste - la gloire qui est comparée à l'éclat du soleil ? Ou nous contenterons-nous d'accepter une des gloires moindres, comparées à la lune ou à l'une des étoiles ? La réponse à ces questions est aussi la réponse à notre question originelle, où allons-nous ?

      Le poète a dit :

      Un bateau va vers l'est, un va vers l'ouest
      Poussé par le souffle du même vent ;
      C'est la position de la voile et non la brise
      Qui détermine le chemin qu'il prend.

                                               Ella Wheeler WILCOX


      Pour employer une image, la position de la voile déterminera aussi où nous irons dans les éternités à venir. Si nous observons les lois qui gouvernent l'entrée dans la gloire qui est comparée au soleil, nous recevrons en récompense l'admission dans cette gloire. D'autre part, si nous ne nous conformons pas à ces lois, et si nous ne vivons que pour une gloire moindre, nous devons accepter la récompense moindre.

      L'Évangile du Christ est la règle de vie par laquelle nous sommes guidés dans la gloire la plus haute. Si nous voulons rentrer dans la présence de Dieu, et vivre avec lui à jamais, nous devons accepter le plan qu'il a préparé. Ce plan est l'Évangile de son Fils bien-aimé, enseigné par l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Il doit être vécu dans tous les détails, si nous voulons recevoir la récompense la plus haute.

hibou ecrit 04 Livres Canoniques

La foi  au Seigneur Jésus-Christ

Samuel O. Bennion (1874-1945)

Membre du premier conseil des soixante-dix de 1904 à 1933
Membre de la présidence des soixante-dix 1933 à 1945 
   
      « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et suivez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur ; et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger. » (Matthieu 11:28-30).

      Pareille invitation vient dans notre monde troublé comme un phare dans une tempête. C'est une promesse de refuge, de sécurité et de paix, la réalisation de nos espoirs, la fin de nos craintes.

      « Venez à moi, vous tous qui êtes chargés. » Sommes-nous chargés des soucis de la vie ? Sommes-nous affligés par la peur de l'incertitude dans un monde qui est saisi d'agitation, de pauvreté et de guerre ? Je répète les paroles du Sauveur : « Venez à moi, et je vous donnerai du repos. »

      Nous ne devons pas hésiter à accepter son refuge car il est « doux et humble de cœur », et même si « nous étions tous errants comme des brebis » (Ésaïe 53:6), comme le dit Ésaïe, cependant il nous tend la main.

      « Le Fils de l'Homme est venu sauver ce qui était perdu », dit-il. « Que vous en semble ? Si un homme a cent brebis, et que l'une d'elles s'égare, ne laisse-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres sur les montagnes, pour aller chercher celle qui s'est égarée ? Et, s'il la trouve, je vous le dis en vérité, elle lui cause plus de joie que les quatre-vingt-dix-neuf autres qui ne se sont pas égarées. » (Matthieu 18:11-13).


SUIVRE SES INSTRUCTIONS

      Il est l'âme de l'amour et de la miséricorde, et il avait tant de considération pour nous, qu'il plaça sa vie sur l'autel pour que nous pussions vivre. « Prenez mon joug sur vous et suivez mes instructions », dit l'invitation.

      Pourquoi suivre ses instructions ? Parce qu'il est la lumière et la vie du monde. L'application sincère de ses doctrines apportera la solution complète aux maux des hommes et des nations s'ils veulent l'accepter. Il vint sur terre pour nous sauver, et nous donna un plan qui nous permettrait de recevoir le salut, mais ce plan est centré sur lui, notre Sauveur. Voilà pourquoi il dit : « suivez mes instructions » (Matthieu 11:29).

      Il exhorta ceux qui l'entouraient à « sonde[r] les Écritures... ce sont elles qui rendent témoignage de moi » (Jean 5:39). Il leur rappela constamment qu'il était la porte du salut.

      Il exprima cette vérité même dans ses prières, car un jour, s'adressant au Père, il dit : « Or la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. » (Jean 17:3).

      Comparant son royaume à la bergerie, Il souligna de nouveau cette pensée en disant :

      « Celui qui n'entre pas par la porte dans la bergerie, mais qui y monte par ailleurs, est un voleur et un brigand... Je suis la porte. Si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé... Je suis le bon berger... et je donne ma vie pour mes brebis. » (Jean 10:1,8,9,14,15).

      Quand l'humble Nazaréen dit ces paroles, il annonça la fondation même de toute la religion chrétienne. Il - Jésus-Christ - est le Sauveur du monde et le Fils divin de Dieu. Ce n'est qu'en l'acceptant comme tel, et en se conformant à ses doctrines que chacun de nous se verra ouvrir la porte du salut. C'est le grand principe de base de l'Évangile.


L'ACCEPTER

      « Venez à moi », dit-il. « Suivez mes instructions. Prenez mon joug sur vous. » (Matthieu 11:28,29).

      Comment pouvons-nous venir à lui et partager son repos, si nous ne l'acceptons pas tel qu'il est, et ne croyons pas sans réserve qu'il EST le Fils de Dieu, et qu'il EST le Sauveur du monde ? Comment pouvons-nous prendre son joug sur nous, si nous n'acceptons pas et ne vivons pas les principes qu'il recommande ? Le vrai mode de vie est d'accepter complètement le Christ et son message. Il n'en est pas d'autre. Nous ne pouvons pas faire de compromis. Il dit lui-même : « Nul ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l'un et aimera l'autre ; ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. » (Matthieu 6:24).

      Nous aimant comme il le fait, même au point de sacrifier sa vie pour nous, et se représentant comme le bon berger disposé à explorer les montagnes pour trouver la brebis égarée, il enseigne qu'il n'y a qu'un seul troupeau, un seul berger - et qu'il est la porte de la bergerie (voir Jean 10:16).

      Le salut ne vient pas par Pierre ou Paul, pas par les enseignements d'un philosophe moderne quelconque, mais seulement par le Fils du Dieu vivant. « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; mais qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie », enseigna le Seigneur lui-même (Jean 3:36).

      Les apôtres de l'Église enseignèrent aussi spécialement que c'est par Jésus et par lui seul que le salut peut venir. « Il n'y a de salut en aucun autre », dit Pierre aux Juifs, « car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. » (Actes 4:12).

      « Étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie », enseigna le Seigneur dans son Sermon sur la Montagne. À diverses reprises dans son ministère il dit : « Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » (Jean 6:35). « Je suis le pain de vie, celui qui vient à moi n'aura jamais faim, et celui qui croit en moi n'aura jamais soif. » (Jean 6:35). « Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. » (Jean 8:12).


SA GRÂCE SALVATRICE

      Puisque le Christ est la porte de la bergerie, puisque le salut ne vient que par et à travers lui, et puisque nous avons tous besoin de sa grâce salvatrice, que ferons-nous pour être sauvés ?

      Le geôlier d'une certaine prison dans laquelle Paul et Silas étaient gardés et qui fut ébranlée par un tremblement de terre au cours de leur incarcération, leur posa une question similaire. « Le geôlier se réveilla, et, lorsqu'il vit les portes de la prison ouvertes, il tira son épée, et allait se tuer, pensant que les prisonniers s'étaient enfuis. Mais Paul cria d'une voix forte : Ne te fais point de mal, nous sommes tous ici.
Alors le geôlier, ayant demandé de la lumière, entra précipitamment, et se jeta tout tremblant aux pieds de Paul et de Silas ; il les fit sortir et dit : Seigneurs, que faut-il que je fasse pour être sauvé ? Paul et Silas répondirent : Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta famille. » (Actes 16:27-31).

      Ainsi donc, selon Paul, le premier pas par lequel nous venons au Christ, c'est de croire qu'il est le Seigneur. Cette croyance va évidemment de pair avec le fait de l'accepter - et le fait de l'accepter repose sur la connaissance que nous avons acquise à son sujet.

      La connaissance donnée à l'homme au sujet du Sauveur suffit pour justifier une foi permanente en lui. Tous nos espoirs, toutes nos ambitions pures peuvent se réaliser en lui. Nos joies augmentent, nos craintes sont calmées.

      La cause de la plus grande crainte de l'homme est la mort. Le Christ a pouvoir sur la mort. Il la vainquit en lui-même, et réalisa la résurrection, non seulement de son propre corps, mais aussi d'autres qui « entrèrent dans la ville sainte et apparurent à un grand nombre de personnes » (Matthieu 27:53). Ce pouvoir démontré sur la mort est la base de notre foi qu'il vaincra aussi la mort en notre faveur.


SON POUVOIR

      La maladie est le fléau de l'homme au cours de toute sa vie. Cependant le Christ a pouvoir sur elle. Il guérit les malades, quelles qu’aient été leurs afflictions, et donna le pouvoir à d'autres hommes de réprimander la maladie et de rendre la santé et la force. C'est pourquoi, il est un Dieu de miracles, un Dieu de pouvoir, ce qui ajoute à la confiance que nous avons en lui.

      Il est miséricordieux, gracieux et bon ; lent à la colère, longanime, plein d'amour et de bonté. Dans notre condition humaine, possédés des fragilités et des imperfections communes aux mortels, ces attributs de la déité encouragent la confiance en lui de notre part, et nous inspire à mieux faire, sachant qu'il sympathisera avec nous dans nos efforts pour surmonter le mal, et nous donnera le soutien spirituel pour le faire.

      Tout homme qui comprend l'Évangile et qui désire obtenir le salut, se rend naturellement compte que le péché est contraire à la nature divine. Il espère, car c'est un moyen d'arriver au salut, se débarrasser des effets du péché et montre sa dignité pour recevoir les bénédictions de Dieu. Mais comment peut-il se purifier de la sorte ? Il est vrai qu'il peut cesser ses actions pécheresses et se repentir pleinement, mais les taches du péché sont encore sur lui. Celles-ci aussi doivent être enlevées. Mais comment ?

      « Je suis le bon berger, et je donne ma vie pour mes brebis. » (Jean 10:11). Quand le Seigneur dit ces paroles, il avait en tête une pensée bien déterminée : Il mourait pour les hommes, prenant sur lui la punition de tous les péchés du monde. Si les hommes voulaient venir à lui, ils seraient guéris par ses blessures ; leurs péchés seraient lavés par son sang expiatoire.

      Il fut le sacrifice sans péché. Puisque notre Seigneur ne s'abaissa jamais à pécher, il ne devint jamais sujet à Satan. Sa justice l'éleva au-dessus de la domination du malin, car, comme il le dit un jour : « Le prince du monde... n'a rien en moi. » (Jean 14:30). Possédant en lui-même le pouvoir sur le péché et sur le diable, et se soumettant au sacrifice au Calvaire, il devint l'auteur du salut pour tous ceux qui croient en lui et obéissent à son Évangile.

      Sachant cela, l'âme repentante est émue d'un nouvel espoir. Voici un moyen de se purifier des péchés qui l'ont affligée. Voici une occasion de trouver la liberté que seule la foi en Dieu peut apporter. Voici la porte du salut. Ainsi la foi naît dans son cœur.

      Par une doctrine de ce genre, l’âme repentante comprend qu'en vérité le salut vient seulement par Jésus le Christ, car lui seul mourut pour nos péchés, lui seul a le pouvoir de pardonner. Ses bénédictions salvatrices ne sont cependant données qu'à ceux qui ont foi en lui.

      « Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé », dit Paul au geôlier (Actes 16:31) ; et Jésus enseigna : « Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui ne croit pas au Fils ne verra point la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. » (Jean 3:36).


LA FOI EN LUI

      Paul déclara aux Hébreux : « Sans la foi, il est impossible de lui être agréable ; car il faut que celui qui s'approche de Dieu croie que Dieu existe, et qu'il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent. » (Hébreux 11:6).

      Mais, je vous le demande, qu'est-ce que la foi en Dieu ? N'est-elle qu'une reconnaissance passive qu'il vit ? La trouve-t-on dans le cœur de celui qui dans une vague d'émotion professe croire, mais qui ne change pas son mode de vie pour être en harmonie avec celui de l'auteur et objet de sa foi ?

      Le Sauveur dit un jour : « Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur ! n'entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. » (Matthieu 7:21). Il nous donna aussi le grand et premier commandement : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. » (Matthieu 22:37).

      Il est certain que seuls ceux qui ont foi dans le Seigneur l'aiment, car l'amour naît de la foi. Que veut dire aimer le Seigneur, notre Dieu, de tout notre cœur, de toute notre âme, et de toute notre pensée ?

      À ceux qui professaient l'aimer, le Seigneur dit : « Si vous m'aimez, gardez mes commandements. Celui qui a mes commandements et qui les garde, c'est celui qui m'aime. » (Jean 14:15,21).


SON INTERPRÉTATION DE L'AMOUR

      Dans cet exemple, le Seigneur interprète l'amour en termes d'obéissance, ce qui nous rappelle la charge donnée par Samuel au roi Saül : « L'obéissance vaut mieux que les sacrifices, et l'observation de sa parole vaut mieux que la graisse des béliers. » (1 Samuel 15:22).

      Puisque l'amour de Dieu doit être interprété en termes d'obéissance à ses commandements, nous pouvons considérer le grand et premier commandement comme une injonction d'obéir et de servir Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme, de toute notre pensée et de toutes nos forces.

      Servir le Seigneur de tout notre cœur et de toute notre âme signifie le servir sans réserve, donner de bon cœur la préférence à ses intérêts dans notre vie, et mettre littéralement tout notre cœur et toute notre âme à son service. Le servir de tout notre esprit signifie consacrer le meilleur de notre intelligence à son œuvre. Pour le servir de toutes nos forces, nous devons réunir le plein pouvoir de nos ressources pour l'accomplissement de ses buts sur la terre.

      Ayant ceci à l'esprit, nous pouvons voir aisément la philosophie qui sous-tend la déclaration de Jacques, que « la foi sans les œuvres est morte » (Jacques 2:26). Permettez-moi de revoir ses déclarations telles qu'elles sont rapportées dans le deuxième chapitre de son épître :

      Mes frères, que sert-il à quelqu'un de dire qu'il a la foi, s'il n'a pas les œuvres ? La foi peut-elle le sauver ? Si un frère ou une sœur sont nus et manquent de la nourriture de chaque jour, et que l'un d'entre vous leur dise : Allez en paix, chauffez-vous et vous rassasiez ! Et que vous ne leur donniez pas ce qui est nécessaire au corps, à quoi cela sert-il ? Il en est ainsi de la foi : si elle n'a pas les œuvres, elle est morte en elle-même.(Jacques 2:14-17).


L’IMPORTANCE DES OEUVRES

      L'Écriture nous dit à de nombreuses reprises que quand nous nous tiendrons tous, au dernier jour, devant le siège du jugement du Christ, les livres seront ouverts, et un autre livre sera ouvert, qui est le livre de vie, et nous serons jugés d'après les livres, selon nos œuvres. Pourquoi ne sommes-nous pas jugés selon notre foi, plutôt que selon nos œuvres, demanderont certains. La réponse est que les œuvres constituent la mesure de notre foi, car la foi produit en proportion directe de sa propre vigueur.

      À ce propos, Jésus enseigna qu’ « un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits. C'est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. » (Matthieu 7:18,20).

      Les fruits de la foi impliquent plus que marcher droit et agir justement avec nos semblables. Ils embrassent aussi l'observance des sacrements salvateurs et des principes de l'Évangile lui-même – sacrements qui sont étroitement liés à la foi aux enseignements de notre Seigneur. Ne dit-il pas : « Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé » (Marc 16:16) ? Et ne fut-il pas commandé aux disciples du Seigneur de se repentir de leurs péchés, pour que ces péchés soient effacés dans le baptême (Actes 2:38) ? Et de plus, les croyants baptisés ne reçurent-ils pas la promesse du don du Saint-Esprit - le baptême de feu qui suit le baptême dans l'eau (Actes 2:38) ? C'étaient là des sacrements salvateurs accordés à ceux qui croyaient au Seigneur Jésus-Christ, et par ces sacrements les hommes étaient non seulement purifiés des péchés dont ils s'étaient repentis, mais étaient guidés par l'esprit dans toute vérité. Sans ces sacrements ils ne pouvaient pas être sauvés, dit l'Écriture (Jean 3:5). Cependant les sacrements mentionnés étaient accordés à ceux qui avaient la foi.


UN PRINCIPE SALVATEUR

      Comme on le voit, la foi devient un principe sauveur dans notre vie. Tout d'abord, elle nous permet d'accepter que le Seigneur Jésus-Christ est le Fils de Dieu, le Sauveur et Rédempteur du monde. Ensuite, elle nous amène à nous rendre compte que nos péchés doivent être exclus de notre vie si nous voulons profiter des bénédictions qui nous sont offertes. Ceci mène à la repentance. Puis, la foi nous conduit dans les eaux du baptême, dans lesquelles nous recevons la rémission des péchés que nous avons surmontés dans notre repentance. Purifiés du péché, nous sommes conduits par la foi à recevoir le Saint-Esprit, qui guidera notre chemin, notre vie durant, et nous conduira dans une vie de bonnes œuvres au service du Maître.

      Nous voyons que la foi est un principe actif dans notre vie, un principe de pouvoir, de croissance et de liberté. Est-il étonnant que sans la foi il est impossible d'être agréable à Dieu (Hébreux 11:6), comme le dit Paul aux Hébreux ? Cependant, c'est un principe que tous peuvent acquérir. Don du ciel, elle est offerte à tous ceux qui la cherchent humblement.

      Si vous ne la possédez pas maintenant, vous pouvez l'obtenir en priant avec ferveur celui qui donne tous les dons nécessaires. Lorsque vous avez obtenu cette foi, apprenez à la mettre en œuvre en votre propre faveur pour que vous puissiez recevoir le salut que le Seigneur vous tend. Souvenez-vous, cependant, que la foi n'est que la première étape. D'autres étapes doivent suivre pour rendre cette foi efficace : Vous êtes-vous repentis de vos péchés ? Avez-vous reçu un baptême autorisé dans l'eau pour la rémission de vos péchés ? Avez-vous reçu le don du Saint-Esprit ?

      Savez-vous comment obtenir ces bénédictions de l'Évangile ?

      Dans les émissions qui suivront, nous discuterons de ces principes et sacrements salvateurs. Nous expliquerons comment, selon les Écritures, ils doivent être administrés, et auprès de qui on peut les obtenir. Dans ma prochaine allocution je parlerai de « La repentance qui donne la vie. »




hibou ecrit 04 Livres Canoniques

La repentance qui donne la vie

Samuel O. Bennion (1874-1945)

Membre du premier conseil des soixante-dix de 1904 à 1933
Membre de la présidence des soixante-dix 1933 à 1945 

      Avant le début de son ministère public, Jésus fut conduit par l'esprit « dans le désert pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Le tentateur s'étant approché, lui dit : Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. Jésus répondit : Il est écrit : L'homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » (Matthieu 4:1-4).

      Satan le tenta de diverses manières, et lui montra finalement « tous les royaumes du monde et leur gloire, et lui dit : Je te donnerai toutes ces choses si tu te prosternes et m'adores. Jésus lui dit : Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul. Alors le diable le laissa. Et voici, des anges vinrent auprès de Jésus et le servaient... Dès ce moment Jésus commença à prêcher, et à dire : Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche. » (Matthieu 4:9-11,17).

      Ayant été tenté lui-même, Jésus comprenait parfaitement le pouvoir qui attire les hommes dans le péché. Ayant résisté à la tentation, il était prêt à enseigner aux hommes à vivre la bonne vie, et à éviter les pièges et les embûches que l'auteur du péché place sur notre chemin.

      Connaissant le vide des promesses de Satan et l'erreur qu'il y aurait à le suivre, le Seigneur s'en alla persuader les hommes de se repentir, de se détourner du mal et de croître.


LE FONDEMENT DU PROGRÈS

      Browning nous dit que le progrès est la loi de la vie. Nous pourrions ajouter que la repentance est le fondement du progrès. Chaque fois que nous surmontons une faute qui nous affaiblit ou nous retient, nous nous libérons de ses entraves et nous n'en avançons que plus vite.

      Longfellow fit écho à cette pensée quand il écrivit :

      Tu as dit vrai
      Que de nos vices nous pouvons faire
      Une échelle, si nous voulons fouler
      Sous les pieds tous les actes vulgaires.

      Dieu a toujours eu le désir d'élever l'homme à un niveau supérieur, de le guider dans son progrès, de l'aider à grandir « à l'état d'homme fait », comme l'enseigna Paul aux Éphésiens, « à la mesure de la stature parfaite du Christ. » (Éphésiens 4:13). C'est ce qu'expriment amplement les Écritures, et que Jésus lui-même enseigna en commandant : « Soyez donc parfaits, comme votre Père Céleste est parfait. » (Matthieu 5:48).


LA MISSION DU SEIGNEUR

      La mission entière de notre Seigneur consista à élever les hommes à un niveau supérieur, à les délivrer de leurs afflictions, et à les assister à vivre plus abondamment. « L'Esprit du Seigneur est sur moi », dit-il, « parce qu'il m'a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres ; il m'a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés, pour publier une année de grâce du Seigneur. » (Luc 4:18-19).

      En servant le peuple, il le trouva opprimé, politiquement et spirituellement. Il souffrait de la domination de rois pervers et de gouverneurs romains sévères. Il sentait de façon aiguë la main de religieux pharisaïques qui méprisaient les pauvres et se félicitaient de ne pas être comme les autres. Mais le maître le plus dur du peuple était la tentation, ses liens les plus forts étaient ses péchés.

      Examinant la situation, notre Seigneur remarqua d'une manière particulièrement judicieuse : « Quiconque se livre au péché est esclave du péché. » (Jean 8:34).

      Paul aussi enseigna : « Ne savez-vous pas qu'en vous livrant à quelqu'un comme esclaves pour lui obéir, vous êtes esclaves de celui à qui vous obéissez, soit du péché qui conduit à la mort, soit de l'obéissance qui conduit à la justice ? Le salaire du péché c'est la mort. » (Romains 6:16,23). « Que le péché ne règne donc point dans votre corps mortel, et n'obéissez pas à ses convoitises. » (Romains 6:12).


UN MAÎTRE DUR

      Le péché est un maître dur. Il nous prive de notre liberté, il nous charge d'un fardeau pénible à porter, et réclame son dû jusqu'au dernier sou, étendant souvent sa punition jusqu'à la troisième et la quatrième génération. C'est pourquoi, que nul ne suppose qu'il peut violer les lois de la pureté et de la droiture impunément. Chaque acte de péché a son prix.

      James Russell Lowell parla opportunément de ceci quand il dit :

      Dans la boutique du diable, tout se vend au prix fort.
      Chaque gramme d'impureté coûte son gramme d'or.
      Une cape et des sonnettes nous payons de notre vie.
      Nous achetons des bulles au prix d’une âme entière.
      Il n'y a que le ciel qui soit offert en don gratuit.
      Ce n'est que Dieu que l'on peut avoir par la prière.

      Être libre des entraves du péché est une des plus grandes bénédictions que l'homme puisse recevoir, et le Christ vint pour nous donner la liberté. Aux Juifs qui croyaient en lui, il dit : « Si vous demeurez dans ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; vous connaîtrez la vérité et la vérité vous affranchira. » (Jean 8:31-32).

      La vérité, telle que Jésus l'enseignait, établissait tout d'abord une fondation de foi en Dieu et en Jésus notre Sauveur ; deuxièmement, la repentance du péché, et troisièmement, le baptême pour la rémission des péchés.


LA CONSCIENCE DU PÉCHÉ

      L'histoire de la vraie conversion à l'Évangile du Christ a toujours été que quand les hommes acquièrent la foi au Seigneur, et l'acceptent comme leur modèle et leur guide, ils deviennent conscients de leurs propres péchés - de leur propre culpabilité devant lui. Un désir immédiat d'être libres du péché entre dans leur cœur. Portant des fruits, ce désir amène une réforme dans la vie du converti ; pas un changement temporaire, pas une résolution de « commencer une nouvelle page » pendant un certain temps, pour retourner ensuite à des pratiques pécheresses. Un regret pieux du péché, tel que l'Apôtre Paul le décrit, ne peut signifier qu'une transformation dans la vie de l'individu, une vraie réforme, l'abandon des sentiers du péché avec la détermination de ne jamais y retourner ; la résolution de vivre avec droiture et de suivre le grand exemple de Jésus-Christ.

      Cependant, la repentance n'est pas pour le nouveau converti seulement. Nous en avons tous besoin. Chacun de nous possède le droit de choisir. Nous pouvons décider de vivre avec droiture, ou si nous le désirons, nous pouvons pécher et en payer le prix. Le malheur est que quand nous péchons, nos offenses affectent tellement souvent d'une manière pénible la vie des autres. Combien de familles de petits enfants dépendants payent aujourd'hui le prix du péché de leurs parents ? Combien de femmes souffrent aujourd'hui de l'intempérance de leur mari ? Le libre arbitre est un don divin s'il est contrôlé convenablement, mais quand il est mal employé, il devient l'agent de la souffrance et de la mort. Posons-nous la question : Dirigeons-nous notre vie avec sagesse ? Profitons-nous au maximum de nos possibilités ? Choisissons-nous de faire ce qui nous apportera le bonheur ou ce qui nous apportera le remords ? Ce qu'un homme sème, il le récoltera aussi. Si nous semons les semences de la paix et de la joie, nous aurons une récolte joyeuse, mais si nous semons les semences de la destruction, celle-ci sera notre récompense. Chacun de nous a en lui le pouvoir de diriger sa course, comme un pilote sur un bateau. Dans ce sens, nous sommes les maîtres de notre destin, les capitaines de notre âme.

      Pour prendre un autre point de vue, considérons-nous comme des constructeurs. Quel genre de structure faisons-nous de notre vie ? Sera-ce une demeure de joie, un lieu de beauté, une maison qui fera rejaillir l'honneur sur nous et sur notre famille ? Ou est-ce un lieu de ténèbres, de plaisir creux, un lieu de désespoir ? Chaque acte que nous posons, chaque compagnon que nous cherchons, contribue à cette structure.


RÉFORMER NOTRE VIE

      Nous devons changer notre mode de vie pour avoir le bonheur, le progrès et le développement. Nous devons changer pour ôter de notre vie les choses qui retardent le progrès, et adopter un mode de vie qui nous amènera à cette perfection dont Jésus parlait. Cela nous conduit nécessairement à réformer notre vie. Pareille réforme a toujours été recommandée par les dirigeants chrétiens. Brigham Young a dit un jour :

      « La seule chose que j'aie jamais demandée, ou pour laquelle j'aie lutté, c'est une réforme dans la vie de ce peuple ; que le voleur cesse de voler, le jureur de jurer, le menteur de mentir, le trompeur de tromper et que l'homme qui aime le monde plus que son Dieu et sa religion sèvre ses affections et leur donne une juste place... Si vous avez volé le bétail de votre prochain, confessez-le, et rendez-lui sa propriété avec le quadruple si c'est exigé. Si vous avez pris la bêche de votre prochain, confessez-le, et rendez-la, avec le quadruple, s'il l'exige. »


LES ENSEIGNEMENTS DE PAUL

      Ces enseignements font écho aux propos de Saint Paul adressés aux Éphésiens : « Renoncez au mensonge et que chacun de vous parle selon la vérité à son prochain ; ...Si vous vous mettez en colère, ne péchez point ; que le soleil ne se couche pas sur votre colère, et ne donnez pas accès au diable. Que celui qui dérobait ne dérobe plus ; mais plutôt qu'il travaille, en faisant de ses mains ce qui est bien, pour avoir de quoi donner à celui qui est dans le besoin. Qu'il ne sorte de votre bouche aucune parole mauvaise, mais, s'il y a lieu, quelque bonne parole qui serve à l'édification et qui communique une grâce à ceux qui l'entendent... Que toute amertume, toute animosité, toute colère, toute clameur, toute calomnie, et toute espèce de méchanceté, disparaissent du milieu de vous. Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant réciproquement, comme Dieu vous a pardonnés en Christ. » (Éphésiens 4:25-32).

      Dans cette Écriture, Paul touche plusieurs aspects importants du processus de repentance, qui devraient intéresser chacun.

      D'abord, il exhorte ses lecteurs à pardonner tout le monde, comme Dieu leur pardonne. Ceci nous rappelle la prière que Jésus donna comme modèle. Tandis qu'il prononçait son Sermon sur la Montagne, il dit :

      « Voici donc comment vous devez prier : Notre Père qui es aux cieux ! Que ton nom soit sanctifié ; que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien ; pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés… » (Matthieu 6:9-12). Arrêtons-nous ici pour examiner ces paroles : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. »


NOUS DÉPENDONS DU SEIGNEUR

      Nous dépendons du Seigneur en ce qui concerne le pardon de nos péchés, et nous prions pour qu'il nous l'accorde. Mais une limitation y est mise. Il nous est enseigné de ne demander le pardon que dans la mesure où nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. En d'autres termes : « on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurerez. » (Matthieu 7:2). Sommes-nous disposés à pardonner à ceux qui nous font du tort ? Sommes-nous disposés à oublier un dommage qui peut nous avoir été fait, même volontairement ? Lequel de vous, ayant des sentiments contre son prochain, prie pour le pardon de ses péchés, ayant d'abord pardonné ses offenses à son prochain ? Les paroles de Paul reviennent à notre esprit : « Que le soleil ne se couche pas sur votre colère. » (Éphésiens 4:26).

      Ce grand personnage qui nous enseigna à aimer même nos ennemis, nous donna lui-même l’exemple du pardon. Tandis qu'il était encore sur la croix, dans l'humilité de sa grande âme il cria à son Père céleste à propos des soldats qui le crucifiaient, disant : « Pardonne-leur car ils ne savent ce qu'il font. » (Luc 23:34). Bien qu'il fût mis à mort par eux, il ne leur en voulut cependant pas et implora la miséricorde sur eux.

      Un jour que le Seigneur enseignait le pardon, on lui demanda combien de fois un homme devait pardonner à son frère ? Sa réponse fut : « Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à septante fois sept fois. » (Matthieu 18:22).

      Pour illustrer son point de vue, le Seigneur raconta cette histoire :

      « Le royaume des cieux est semblable à un roi qui voulut faire rendre compte à ses serviteurs. Quand il se mit à compter, on lui en amena un qui devait dix mille talents. Comme il n'avait pas de quoi payer, son maître ordonna qu'il fût vendu, lui, sa femme, ses enfants, et tout ce qu'il avait, et que sa dette fût acquittée.

      Le serviteur, se jetant à terre, se prosterna devant lui, et dit : « Seigneur, aie patience envers moi, et je te paierai tout. Ému de compassion, le maître de ce serviteur le laissa aller, et lui remit la dette. Après qu'il fût sorti, ce serviteur rencontra un de ses compagnons qui lui devait cent deniers. Il le saisit, et l'étranglait en disant : Paie ce que tu me dois. Son compagnon, se jetant à terre, le suppliait, disant : Aie patience envers moi, et je te paierai. Mais l'autre ne voulut pas, et il alla le jeter en prison, jusqu'à ce qu'il eût payé ce qu'il devait.

      « Ses compagnons, ayant vu ce qui était arrivé, furent profondément attristés et ils allèrent raconter à leur maître tout ce qui s'était passé. Alors le maître fit appeler ce serviteur, et lui dit : Méchant serviteur, je t'avais remis en entier ta dette, parce que tu m'en avais supplié ; ne devais-tu pas aussi avoir pitié de ton compagnon, comme j'ai eu pitié de toi ? Et son maître irrité le livra aux bourreaux, jusqu'à ce qu'il eût payé tout ce qu'il devait. » (Matthieu 18:23-24).

      Un des vrais éléments de la repentance est que nous reconnaissons notre culpabilité à ceux à qui nous avons fait tort, et payons, comme nous l'avons déjà cité, même le quadruple si c'est nécessaire.


UN ASPECT IMPORTANT

      Il y a un aspect extrêmement important de ce sujet qui exige un examen sérieux, c'est le rapport entre notre repentance et l'expiation faite par le Christ au Calvaire.

      Nous pouvons mener une vie droite, et nous détourner des pratiques impies, mais si nous n'avons pas les qualités spirituelles de la vraie religion, nous pouvons être privés de ce que les anciens apôtres se plaisaient à appeler « la repentance qui mène à la vie. » (Actes 11:18, traduction littérale de la King James Version, ndt). C'est cette repentance que Dieu voudrait que nous cherchions, car elle et elle seule nous mettra en harmonie avec lui par l'obéissance à ses lois et à ses commandements.

      La repentance qui mène à la vie comprend l'abandon de nos péchés personnels, l'entente avec nos voisins, et l'adoption d'une attitude aimable envers tous les hommes. Elle est le fondement d'un rajeunissement spirituel, d'une renaissance d'une condition d'exil spirituel à une condition d'harmonie complète avec Dieu. La repentance qui mène à la vie nous conduit dans cette grande expérience que doivent avoir tous ceux qui entrent dans le royaume des cieux - l'expérience dans laquelle nous naissons de nouveau, comme le dit Jésus à Nicodème (Jean 3:3,4,7). Dans cette renaissance, nous sommes transformés de serviteurs du péché en hommes libres dans le royaume de notre Seigneur. Nous entrons dans un nouveau mode de vie, laissant nos anciennes habitudes peu sages, et commençant une vie de dévotion religieuse. Notre âme elle-même subit un changement. Elle grandit du fait que nous apprécions des valeurs plus élevées. Nos désirs se tournent ce qu’il y a de plus élevé dans la vie, et une conscience spirituelle s'éveille en nous, qui nous met au diapason avec l'infini, et ouvre notre âme à l'écoulement libre de l'esprit saint de Dieu.

      Nous pouvons alors recevoir la rémission de nos péchés et le don du Saint-Esprit qui nous conduit dans toute la vérité et nous annonce les choses à venir (voir Jean 16:13). La rémission des péchés s'obtient par le baptême et signifie que le pouvoir purificateur du sang du Christ nous est appliqué. Mais elle n'est donnée qu'à ceux qui viennent à lui littéralement et librement, prennent son nom sur eux, le servent, et réadaptent leur vie à ses règles.


COMMENT SE REPENTIR

      Comment la rémission des péchés se réalise-t-elle ? Et quelle relation y a-t-il entre la rémission des péchés et la repentance ?

      Le péché est la transgression de la loi, nous est-il dit dans l'épître de Jean (1 Jean 3:4). Un châtiment est prévu pour la transgression de la loi. Nous sommes responsables individuellement des péchés que nous commettons, et dans la suite ordinaire des événements, nous serions de même passibles du châtiment attaché à ces lois violées. Cependant, le Christ mourut sur la croix pour nous sauver de ce châtiment. Il prit sur lui le châtiment des péchés du monde entier, sachant que tous ceux qui se repentent et viennent à lui, se verront pardonner leurs péchés, et libérer du châtiment. Il sera exigé des autres qu'ils souffrent pour leurs péchés, car s'ils n'acceptent pas le Christ, ils ne peuvent bénéficier de l'exemption du châtiment offerte par le Seigneur. La repentance et le baptême sont les moyens d'obtenir le pardon du péché et l’exemption du châtiment qui en découle.

      À ce propos, le Seigneur a dit à Joseph Smith, prophète et premier président de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours :

« Car voici, moi, Dieu, j'ai souffert ces choses pour tous afin qu’ils ne souffrent pas s'ils se repentent. Mais s'ils ne se repentent pas, ils doivent souffrir tout comme moi. Et ces souffrances m'ont fait trembler de douleur, moi, Dieu, le plus grand de tous, et elles m'ont fait saigner à chaque pore et m’ont fait souffrir de corps et d’esprit - et j’ai voulu ne pas devoir boire la coupe amère, mais je n’ai pas non plus voulu me dérober - Néanmoins, gloire soit au Père, j'ai bu et j'ai terminé tout ce que j'avais préparé pour les enfants des hommes. C'est pourquoi, je te commande de nouveau de te repentir, de peur que je ne te réduise à l’humilité par mon pouvoir tout-puissant, et de confesser tes péchés, de peur que tu ne subisses ces châtiments dont j'ai parlé. » (D&A 19:16-20).

      La repentance qui mène à la vie est pour tous les hommes. De même que l'appel à la repentance résonna dans les vallées de Judée il y a des siècles, il revient aujourd'hui : « Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche. Repentez-vous et croyez en l'Évangile. » (Matthieu 3:2 Marc 1:15)

      Le message de Pierre atteint chacun de nous d'une manière particulièrement significative à ce propos, quand il dit dans son épître remarquable :

      « Faites tous vos efforts pour ajouter à votre foi la vertu, à la vertu la science, à la science la tempérance, à la tempérance la patience, à la patience la piété, à la piété l'amour fraternel, à l'amour fraternel la charité. Car si ces choses sont en vous et y sont avec abondance, elles ne vous laisseront point oisifs ni stériles pour la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ. » (2 Pierre 1:5-8).

      Pour faire suite à mes propos sur « la repentance qui mène à la vie », j’aborderai dimanche prochain à la même heure « Le baptême d'eau et d'Esprit. »




hibou ecrit 04 Livres Canoniques

Le baptême  pour la rémission des péchés
Samuel O. Bennion (1874-1945)

Membre du premier conseil des soixante-dix de 1904 à 1933
Membre de la présidence des soixante-dix 1933 à 1945 

       Un des sermons remarquables rapportés dans les Actes des apôtres est celui que Pierre fit à la multitude qui s'assemblait à la suite de l'effusion de l'esprit le jour de la Pentecôte.

      Pierre se leva et prêcha l'Évangile à cette assemblée, témoignant de la divinité de Jésus-Christ, et déclarant que sa venue et son expiation étaient l'accomplissement des prophètes d'autrefois.

      « Après avoir entendu ce discours, ils eurent le cœur vivement touché, et ils dirent à Pierre et aux autres apôtres : Hommes frères, que ferons-nous ? Pierre leur dit : Repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera... Ceux qui acceptèrent sa parole furent baptisés ; et, en ce jour-là, le nombre des disciples s'augmenta d'environ trois mille âmes. » (Actes 2:37-39,41).


DES PRINCIPES TOUJOURS EN VIGUEUR

      Beaucoup de gens sont tout à fait dans le vague quant à la manière par laquelle une personne peut être admise dans l'Église de Jésus-Christ. Nous venons de lire un exemple caractéristique où trois mille personnes furent ajoutées à l'Église du temps de Pierre. Puisque l'Évangile ne peut être changé, et que Dieu lui-même « est le même hier, aujourd'hui, et éternellement. » (Hébreux 13:18), les principes qui gouvernent l'admission à l'Église au temps de Pierre doivent nécessairement continuer à être en vigueur partout où la vraie Église se trouve.

      Il est à noter, dans le cas de ces trois mille convertis, que plusieurs étapes définies et bien déterminées étaient suivies. Tout d'abord, la foi leur était prêchée - la foi au Seigneur ressuscité. Quand la foi entrait dans leur cœur, ils désiraient savoir ce qu'ils devaient faire pour être sauvés. L'idée ne les effleurait pas que la foi seule était nécessaire, car la foi même qu'ils avaient acquise les poussa à demander : « que ferons-nous ? »

      Pierre répliqua, « Repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés ; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. »

      Nous voyons que, comme deuxième étape, Pierre appela à la repentance. Ensuite il commanda le baptême. Ce faisant, il ne faisait que suivre les instructions de son Seigneur qui envoya les apôtres, disant : « Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas, sera condamné. » (Marc 16:15-16).

      Pourquoi le baptême ? Tout d'abord, nous devons l'accepter parce que le Seigneur le commande. Jésus montra l'exemple en s'y soumettant lui-même, disant, tandis qu'il le faisait : « il est convenable que nous accomplissions ainsi tout ce qui est juste. » (Matthieu 3:15). S'il était nécessaire que Jésus, qui était sans péchés, fût baptisé pour accomplir « tout ce qui est juste », combien plus il est nécessaire que nous, qui sommes pécheurs, l'acceptions.


LA PORTE DU ROYAUME

      En outre, le baptême est la porte du royaume de Dieu, et par lui nous prenons sur nous le nom du Christ. Ceci fut enseigné par Paul aux Galates quand il dit : « Vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. » (GaIates 3:27).

      Le baptême est aussi pour la rémission de nos péchés personnels. Jean-Baptiste prêcha cette doctrine, et comme nous l'avons déjà mentionné, Pierre en fit autant le jour de la Pentecôte. Après sa conversion, il fut commandé à Paul : « Lève-toi, sois baptisé, et lavé de tes péchés. » (Actes 22:16).

      Le baptême est le seul moyen révélé dans l'Écriture par lequel nous puissions nous placer sous le pouvoir expiateur du sang du Christ. C'est le sacrement choisi par Dieu comme moyen par lequel cet aspect de l'expiation entre en vigueur pour nous personnellement. C'est pourquoi, son but est d'être pour la rémission des péchés. Le plan de l'Évangile est très clair à ce sujet. Tous les hommes sont pécheurs. Par le péché, la condamnation vient sur nous. C'est pourquoi, aux yeux de Dieu, nous sommes coupables de transgresser ses commandements. Par nos péchés, nous élevons une barrière entre nous et le Tout-Puissant.

      Un moyen doit être donné pour renverser cette barrière, et réaliser la réconciliation avec notre Créateur. De lui-même, l'homme est impuissant à le faire.
Sachant cela, notre Père miséricordieux envoya son Fils bien-aimé dans le monde pour sauver tous ceux qui croiraient en lui.


LE PRIX DU PÉCHÉ

      Pour payer le prix du péché, Jésus mourut sur la croix, et devint, par son sacrifice, le médiateur entre Dieu et l'homme. Comme tel, il décréta que nul ne peut venir au Père que par lui et il prescrivit les lois gouvernant notre rédemption. Ces lois prévoient que si nous gardons ses commandement, ils nous accordera la rémission des péchés, qui, à son tour, enlève la condamnation qui s'abattit sur nous à cause de nos transgressions. Cependant, la rémission des péchés ne se fait que par le baptême. De là l'importance de ce sacrement de grande portée.

      Permettez-moi, maintenant, de demander : « Qui doit être baptisé ? » Quand le Seigneur envoya ses apôtres, il dit : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. » (Matthieu 28:19-20).

      Ici, toutes les nations reçoivent l'occasion de recevoir le baptême. Mais avant qu'un candidat quelconque ne soit baptisé il doit prendre connaissance de l'Évangile, et apprendre à observer toutes les choses que le Seigneur a commandées. En outre, il doit se repentir de ses péchés personnels, et produire « des fruits dignes de la repentance. » (Luc 3:8).

      Seules les personnes capables de faire cela peuvent recevoir ce sacrement ou ordonnance sacrée.


LE MODE DE BAPTÊME

      Déterminons maintenant la manière par laquelle il doit être administré. Quelle est la signification du mot ? Il tire son origine du mot grec « bapto » ou « baptizo », qui signifie littéralement immerger ou ensevelir dans l'eau. C'était un terme commun dans la langue du jour où Jésus vivait. Les historiens de l’époque l'employaient pour décrire les bateaux coulés dans les combats navals, ainsi que d'autres objets submergés. Les exemples suivants peuvent l’illustrer :

      Quand Polybe décrivit un combat naval entre les flottes romaine et carthaginoise au large des côtes de Sicile, il dit :

      « Si l'un d'eux était trop pressé par l'ennemi, il battait en retraite, sain et sauf, à cause de sa course rapide en haute mer et, se retournant et tombant sur les plus proches de ses poursuivants, il leur infligeait des coups fréquents et baptisait beaucoup de leurs vaisseaux. » (Livre 1, Chapitre 51).

      Le même écrivain décrit ainsi le passage des soldats romains à travers la Trébie. « Quand il fallut traverser la Trébie, dont le courant était plus fort que d'habitude à cause des pluies, l'infanterie y parvint très difficilement étant baptisée jusqu'à la poitrine (Livre III, Chapitre 72).

      Strabon, parlant de la portance de certaines eaux salines, écrivit : « Elles ont le goût de l'eau salée, mais sont d'une nature différente, car même les personnes qui ne savent pas nager ne peuvent s'y baptiser, mais elles flottent comme des morceaux de bois à la surface. »

      Jésus et ses disciples utilisèrent naturellement des expressions qui seraient faciles à comprendre par leurs auditeurs. Le peuple de Palestine ne connaissait qu'une seule signification dans le mot baptiser, et c'était l'immersion dans l'eau. C'est pourquoi, quand les apôtres d'autrefois déclaraient que les hommes devaient être baptisés pour recevoir le salut, les croyants comprenaient qu'ils devaient participer à une ordonnance religieuse dans laquelle ils étaient immergés dans l'eau.

      Nous avons dans l'Écriture le récit que Jésus sortit de l'eau à la fin de son baptême (voir Matthieu 3:16 Marc 1:10) et que Philippe descendit avec l'eunuque dans l'eau pour le baptême, puis sortit de l'eau (voir Actes 8:38,39).


LE MODE ET LE BUT DU BAPTÊME

      Le mode et le but du baptême sont tous deux magnifiquement enseignés dans une comparaison double donnée par Paul. Encourageant ses disciples à vivre une vie droite, cet apôtre expliqua que les hommes devaient faire périr le plaisir qu'ils prenaient à transgresser, pour que leur âme puisse jouir de choses meilleures.

      Pour illustrer clairement ce point, il décrivit les personnes repentantes comme « mortes au péché ». Il utilisa une expression semblable aux chapitres cinq et six de son épître aux Romains quand il dit que la grâce de Dieu nous aidait à surmonter les erreurs de nos voies. Puis il demanda : « Que dirons-nous donc ? Demeurerions-nous dans le péché, afin que la grâce abonde ? Loin de là ! Nous qui sommes morts au péché, comment vivrions-nous encore au péché ? » (Romains 6:1,2).

      Paul enseigna dans tous ses écrits que le baptême est là pour nous libérer des effets du péché. Il exprima cette pensée aux membres romains de l'Église, qui avaient été purifiés du péché par le baptême, car il dit que ceux qui avaient été libérés de la sorte du péché, étaient « morts au péché », c'est-à-dire que le péché n'était plus productif en eux. Puis il continue : « Ainsi vous-mêmes, regardez-vous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ. » (Romains 6:11).

      Dans son épître il personnifie le péché et dit qu'il est « le vieil homme du péché » qui, dit-il, meurt à la suite de la repentance du converti à Christ. La mort de ce « vieil homme du péché », Paul la compare à une crucifixion. Notez ses paroles : « sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui [c'est-à-dire avec Christ], afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché. » (Romains 6:6).

      La métaphore continue : ce « vieil homme du péché », étant mort, doit être enseveli, mais comment ? Paul nous dit : « Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c'est en sa mort que nous avons été baptisés. Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort. » (Romains 6:3, 4).

      Alors nos péchés, « mis à mort » par la repentance et les bonnes actions, sont oblitérés quand nous sommes ensevelis dans l'eau pendant le baptême. Nous voyons encore ici comme le baptême est le moyen d'échapper aux effets des péchés dont on s'est repenti. Cependant, la comparaison va plus loin. Notre ensevelissement dans le baptême, est comparé, dans cette épître, à l'ensevelissement du Christ dans le tombeau. Mais Jésus ne fut pas seulement enseveli. Il sortit aussi du tombeau, dans une nouveauté de vie. Paul explique maintenant qu'après avoir été enseveli par le baptême dans l'eau, nous sortons de même dans une nouveauté de vie, car, nos péchés ayant été remis, nous sommes prêts à commencer notre vie dans l'Église de Dieu. Notez encore les paroles de Paul à ce propos.


ENSEVELIS AVEC CHRIST

      « Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. En effet, si nous sommes devenus une nouvelle plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection. » (Romains 6:4, 5).

      Quelle belle comparaison. Le péché meurt par la repentance, et nous le laissons dans la tombe des eaux quand nous sommes ensevelis à l'image de l'ensevelissement du Christ. Alors, purifiés et libres du péché, nous sortons de la tombe des eaux, comme Jésus sortit du tombeau, vainqueur du péché et de la mort.

      Ces expressions : « ensevelis avec lui par le baptême », et « devenus une nouvelle plante avec lui par la conformité à sa mort », indiquent naturellement l'immersion. Baptiser d'une manière différente quelconque serait perdre la signification de la comparaison de Paul entre cette ordonnance et la mort et la résurrection du Sauveur.

      Le Seigneur expliqua encore à Nicodème cette doctrine de la métaphore. À cette occasion, Jésus dit que nous devions naître d'eau et d'esprit (voir Luc 3:1-8). Naître d'eau signifie sortir corporellement de l'eau. Ce faisant, nous naissons d'une condition de péché dans une condition de justice ou, pour employer les paroles de Paul, nous marchons en nouveauté de vie.

      La renaissance, dont il fut parlé à Nicodème, a une autre application. Il nous est dit, dans les Écritures, qu'après le baptême d'eau, nous recevons le baptême du Saint-Esprit. La manière par laquelle cet aspect du baptême est administré est l'imposition des mains par les anciens de l'Église. Ceci est démontré au chapitre dix-neuf des Actes où Paul imposa les maints à ceux qui avaient été baptisés, et ils reçurent le Saint-Esprit. On le voit aussi en lisant le chapitre huit de ce même livre. Vous vous rappelez que Philippe avait fait une tournée missionnaire en Samarie, baptisant tous ses convertis. Mais il ne leur conféra pas le don du Saint-Esprit, probablement parce qu'il n'avait pas reçu l'autorité de le faire. Puisque ces convertis étaient encore privés du Saint-Esprit, il devint nécessaire que l'apôtre les visitât, et leur conférât ce don. « Alors », dit l'Écriture, « Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils reçurent le Saint-Esprit. » (Actes 8:17).


LES DEUX ORDONNANCES SONT EXIGÉES

      Le baptême d'eau n'est pas complet sans le baptême de l'Esprit. Tous deux sont exigés pour le salut. Jésus enseigna à Nicodème : « Si un homme ne naît d'eau et d'Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. » (Jean 3:5).

      Cette déclaration du Seigneur soulève une autre question. Et les multitudes de gens qui sont morts sans avoir reçu cette ordonnance ? Si elles n'ont pas eu l'occasion d'entendre et d'accepter l'Évangile, et par conséquent n'ont pas été baptisées, doivent-elles se voir refuser le royaume ? Ou bien une exception sera-t-elle faite dans leur cas ? Il n'y a pas d'exceptions à la loi, mais un moyen a été mis à leur disposition.

      Quand Jésus mourut sur la croix son esprit immortel alla au royaume des morts, où il prêcha l'Évangile à ceux qui avaient vécu auparavant sur terre. À ce sujet Pierre a écrit :

      « Christ aussi a souffert une fois pour les péchés, lui juste pour les injustes, afin de nous amener à Dieu, ayant été mis à mort quant à la chair, mais ayant été rendu vivant quant à l'esprit, dans lequel aussi il est allé prêcher aux esprits en prison, qui autrefois avaient été incrédules, lorsque la patience de Dieu se prolongeait, aux jours de Noé, pendant la construction de l'arche, dans laquelle un petit nombre de personnes, c'est-à-dire huit, furent sauvées à travers l'eau. » (1 Pierre 3:18-20).

      Pierre explique encore : « Car l'Évangile a été aussi annoncé aux morts, afin que, après avoir été jugés comme les hommes quant à la chair, ils vivent selon Dieu quant à l'esprit. » (1 Pierre 4:6).

      Jésus n'a qu'un Évangile dont il dit : « Étroite est la porte resserré le chemin. » (Matthieu 7:14). Et Paul ajouta : « Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, et parmi tous, et en tous. » (Éphésiens 4:5).

      L'Évangile qu'il prêcha aux morts, comme aux vivants, comprend la doctrine du baptême pour la rémission des péchés. Les morts vécurent autrefois dans la mortalité et passèrent par une expérience semblable à celle par laquelle nous passons maintenant. C'est pourquoi ils ont péché comme nous et ont de même besoin de la rémission des péchés comme nous. Cependant le baptême est le seul moyen qui nous soit donné, par lequel nous puissions être lavés de nos péchés.

      Alors comment cette ordonnance peut-elle être donnée aux morts ?


L'EXPLICATION DE PAUL

      Paul nous donne la réponse à cette question, en mentionnant que de son temps, des vivants étaient baptisés pour et en faveur des morts. Cette doctrine était bien connue des Corinthiens, car Paul s'en servit pour combattre les enseignements erronés de certaines personnes qui prétendaient qu'il n'y aurait pas de résurrection. Paul leur dit : « Autrement, que feraient ceux qui se font baptiser pour les morts ? Si les morts ne ressuscitent absolument pas, pourquoi se font-ils baptiser pour eux ? (1 Corinthiens 15:29).

      L'histoire atteste que le baptême pour les morts était pratiqué parmi les premiers chrétiens, ce qui donne un soutien supplémentaire à ce vrai principe de l'Évangile qui donne aux morts le moyen d'être sauvés suivant les mêmes principes que ceux employés pour le salut des vivants. Sous l'autorité compétente, les vivants peuvent agir par procuration et être baptisés pour et en faveur de leurs ancêtres décédés, et l'ordonnance vicariale, ainsi accomplie, a la sanction divine.

      L'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours est la seule organisation qui affirme par la pratique la nécessité d'administrer le baptême pour les morts, et affirme avoir l'autorité de le faire.

      En résumé : le baptême dans l'eau est essentiel à notre salut, il doit être accompli en immergeant le candidat dans l'eau après qu'il a fait preuve de foi au Seigneur Jésus-Christ et s'est repenti de ses péchés. Le don du Saint-Esprit suit le baptême d'eau et est conféré par l'imposition des mains de ceux qui ont l'autorité.

      Ces ordonnances, ou sacrements, qui affectent d'une manière aussi vitale notre bonheur et notre salut éternel, doivent nécessairement être accomplies par l'autorité compétente, autrement elles seraient sans effet. Qui a le droit d'officier ainsi au nom du Seigneur Jésus-Christ ?

      Cette question sera le sujet de mon allocution à cette même heure dimanche prochain, où je montrerai où se trouve l'autorité d'agir au nom de Dieu.




hibou ecrit 04 Livres Canoniques

L'autorité divine dans le ministère
Samuel O. Bennion (1874-1945)

Membre du premier conseil des soixante-dix de 1904 à 1933
Membre de la présidence des soixante-dix 1933 à 1945 

      Quand Jésus inaugura son ministère terrestre, il nomma des apôtres et d'autres hommes justes pour administrer les affaires de son Église. Il savait qu'il monterait bientôt lui-même auprès de son Père, ce qui l'obligerait à laisser l'œuvre du ministère à ses représentants autorisés et dûment choisis sur la terre.

      Il donna à ces hommes ainsi choisis, le pouvoir et l'autorité d'agir en son nom, après quoi il les envoya prêcher l'Évangile à toutes les nations, baptiser les croyants pour la rémission des péchés, et leur conférer le don du Saint-Esprit.

      Le Seigneur comprenait que, quand il serait parti, son troupeau aurait besoin des services de bergers fidèles, et il souligna soigneusement, auprès de ceux qu'il choisit, la grande importance du soin à donner à son peuple.

      C'est ainsi qu'il se tourna vers Pierre, peu avant l'ascension, et dit : « Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu plus que ne m'aiment ceux-ci ? » Pierre répondit : « Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime ». Alors le Seigneur lui donna cette tâche solennelle :
« Pais mes agneaux. » (Jean 21:15)

      Jésus demanda une deuxième fois à Pierre : « M'aimes-tu ? » à quoi Pierre répondit de nouveau : « Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime. » Une nouvelle fois, la tâche solennelle fut prononcée des lèvres du Maître à cet homme qu'il avait choisi pour surveiller son troupeau : « Pais mes brebis. » (Jean 21:16). Une troisième fois, le Sauveur questionna Pierre : « Simon, fils de Jonas, m'aimes-tu ? » Pierre fut attristé parce que le Seigneur avait posé cette question scrutatrice trois fois en succession rapide, et il dit : « Seigneur, tu sais toutes choses, tu sais que je t'aime. » De nouveau vint l'appel à la responsabilité de la bouche du Seigneur ressuscité, une tâche que Pierre n'aurait jamais pu oublier : « Pais mes brebis. » (Jean 21:17).


LE BESOIN D'UN BERGER

      De ce dialogue, il ressort clairement que les brebis avaient besoin des services d'un berger, mais que le berger devait être commissionné par le Seigneur lui-même pour cette œuvre.

      Paul dit :

      « Et il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints en vue de l'œuvre du ministère et de l'édification du corps de Christ, jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus à l'unité de la foi et de la
connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ, afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction. » (Éphésiens 4:11-14).

      La nécessité de ces officiers est, pour cette raison, bien établie, mais pour remplir leur position de manière efficace, ces hommes doivent être appelés de Dieu et recevoir le pouvoir divin d'agir. Ce n'est pas n'importe qui qui peut exercer cette autorité, et personne ne peut la prendre sur lui. L'autorité, comme la foi, est un don de Dieu, et doit être conférée selon la manière prescrite dans l'Écriture.

      Le modèle par lequel les hommes reçoivent le pouvoir divin d'administrer les ordonnances de l'Évangile, est décrit sans erreur possible dans l'Écriture Sainte.
Paul nous dit que ce modèle était celui selon lequel Aaron fut appelé au ministère. Vous vous souvenez que dans l'épître de Paul aux Hébreux, il parle des devoirs, et de l'appel des souverains sacrificateurs dans l'ancien Israël, et à propos de leur appel, il dit :

      « Nul ne s'attribue cette dignité, s'il n'est appelé de Dieu, comme le fut Aaron » (Hébreux 5:4).


L'APPEL D'AARON

      Comment Aaron fut-il appelé au ministère ?

      En lisant le chapitre vingt-huit de l'Exode nous apprenons que le Seigneur s'adressa à Moïse, son prophète, en ces termes :

      « Fais approcher de toi Aaron, ton frère, et ses fils, et prends-les parmi les enfants d'Israël pour les consacrer à mon service dans le sacerdoce. » (Exode 28:1). Le Seigneur souligna aussi dans le menu détail les devoirs et les responsabilités d'Aaron et de ses fils (Exode 28-40). Puis, l'Écriture dit : « Moïse fit tout ce que l'Éternel lui avait ordonné ; il fit ainsi » (Exode 40:16).

      Examinons soigneusement ce qui se passa ici.

      Dieu, bien qu'il fût dans les cieux, dirigeait les affaires des enfants d'Israël, et ce par un prophète qu'il nomma parmi les Israélites. Ce prophète fut Moïse. Quand Dieu désira appeler Aaron et ses fils au ministère, il parla directement à Moïse, Son prophète, et lui commanda de prendre ces hommes dans le ministère. Toujours en s’adressant à Moïse, le Seigneur exposa les devoirs de ces prêtres qui étaient maintenant appelés à l'œuvre.

      La procédure tout entière fut une procédure par laquelle le Seigneur, dans les cieux, révéla sa volonté à son prophète sur terre, et par ce prophète appela d'autres hommes au ministère. Ce processus comprenait la révélation de Dieu à l'homme. C'était une nouvelle révélation à ces gens ; pas quelque chose qu'ils avaient pris de leurs annales longtemps et précieusement conservées ; pas quelque chose qui était arrivé des années auparavant, mais la révélation courante, du jour.

      Nous voyons maintenant que Paul disait bien qu'aucun homme ne peut servir dans le ministère s'il n'a été appelé par révélation directe de Dieu à son prophète sur terre, et que ce prophète, ainsi inspiré, appelle ceux que le Seigneur lui ordonne de nommer.


L'APPEL DE JOSUÉ

      On suivit exactement la même procédure pour l'appel de Josué. Au chapitre 27 des Nombres nous lisons ceci : « L'Éternel dit à Moïse : Prends Josué, fils de Nun, homme en qui réside l'esprit ; et tu poseras ta main sur lui. Tu le placeras devant le sacrificateur Eléazar et devant toute l'assemblée, et tu lui donneras des ordres sous leurs yeux. Tu le rendras participant de ta dignité, afin que toute l'assemblée des enfants d'Israël l'écoute » (Nombres 27:18-20).

      Nous lisons plus loin dans l'Écriture que « Josué, fils de Nun, était rempli de l'esprit de sagesse, car Moïse avait posé ses mains sur lui. Les enfants d'Israël lui obéirent, et se conformèrent aux ordres que l'Éternel avait donnés à Moïse » (Deutéronome 34:9).

      Nous voyons de nouveau que la révélation courante, directe, par un prophète vivant de Dieu, était employée pour appeler un homme à un poste de direction en Israël. Pour sceller la nomination, dit l'Écriture, Moïse posa les mains sur Josué, et par cette ordonnance de nomination et l'appel par révélation, Josué fut rempli de l'esprit de son appel.

      Tous les hommes doivent reconnaître cette procédure d'appel des ministres de l'Évangile, tout comme ils doivent reconnaître le besoin de la révélation continue par des prophètes dûment nommés. Autrement, comment le Seigneur pourrait-il diriger les affaires de son Église sur la terre ?

      « Car le Seigneur, l'Éternel, ne fait rien », dit le Prophète Amos, « sans révéler son secret à ses serviteurs les prophètes » (Amos 3:7). Par cette déclaration nous pouvons être certains que Dieu ne fera rien concernant le bien-être de son peuple, sans le révéler d'abord à ses serviteurs les prophètes. Ceci inclurait évidemment les nominations des bergers du troupeau, ce qui est en harmonie avec son plan déjà exposé d'appel des hommes au ministère.

      On voit que la révélation continue est un trait vital et nécessaire de l'Église de Jésus-Christ à n'importe quelle époque. Pendant tout le ministère des anciens apôtres, ces hommes jouirent du don de révélation ; des anges les servirent et les dirigèrent, les libérant même de prison.

      Le Saint-Esprit leur parla et parla par eux. C'est le Saint-Esprit, parlant de jour en jour aux dirigeants de l'Église dans les temps apostoliques, qui chargèrent Paul et Barnabas d'un voyage missionnaire, comme nous le lisons au chapitre treize des actes. Ici l'Écriture dit : « Pendant qu'ils servaient le Seigneur dans leur ministère et qu'ils jeûnaient, le Saint-Esprit dit : Mettez-moi à part Barnabas et Saul pour l'œuvre à laquelle je les ai appelés. Alors, après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains et les laissèrent partir. Barnabas et Saul, envoyés par le Saint-Esprit, descendirent... »

      Pierre, expliquant sa visite à Corneille dit : « L'Esprit me dit de partir avec eux sans hésiter », montrant que Pierre eut une révélation à ce moment particulier.

      Après l'arrestation de Paul à Jérusalem, « le Seigneur apparut à Paul et dit : Prends courage ; car, de même que tu as rendu témoignage de moi dans Jérusalem, il faut aussi que tu rendes témoignage dans Rome » (Actes 23:11).

      À Rome, Paul réconforta ses compagnons de voyage au cours de la tempête en disant : « Un ange de Dieu... m'est apparu cette nuit, et m'a dit : Paul, ne crains point ; il faut que tu comparaisses devant César, et voici, Dieu t'a donné tous ceux qui naviguent avec toi » (Actes 27:23-24), ce qui est un autre exemple de révélation courante à Paul.


LA RÉVÉLATION CONTINUE

      Il n'est que naturel que ces hommes et leurs associés qui avaient reçu le Saint-Esprit reçoivent la révélation continue des cieux, car la révélation était un des dons de l'Esprit. Jésus ne dit-il pas que quand le Consolateur viendra il « vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. » (Jean 14:26) ? « Il vous conduira dans toute la vérité ;... il prendra de ce qui est à moi, et vous l'annoncera » (Jean 16:13-14).

      Décrivant les fonctions de cet esprit, Paul dit aux Corinthiens que les dons du Saint-Esprit sont distribués à ceux à qui le Saint-Esprit a été conféré. « À l'un est donnée par l'Esprit une parole de sagesse ; à un autre, une parole de connaissance selon le même Esprit ; à un autre, le don d'opérer des miracles ; à un autre, la prophétie » (1 Corinthiens 12:8,10).

      Jésus nous dit : « Vous les reconnaîtrez à leurs fruits ». Les fruits de l'esprit sont ces dons que nous avons mentionnés, le don de la connaissance accrue, et le don de prophétie, entre autres. Recevoir la connaissance de Dieu, en même temps que le don de prophétie, constitue la révélation. Tous les croyants doivent recevoir le Saint-Esprit. Alors ils doivent de même recevoir les dons de l'esprit. Veuillez vous souvenir que Jésus dit que cet esprit nous montrera les choses à venir. N'est-ce pas là de la révélation ? Paul dit qu'il inspire la prophétie. N'est-ce pas là de la révélation ? Il dit aussi qu'il nous apporte la connaissance. N'est-ce pas là aussi de la révélation ?


UNE CARACTÉRISTIQUE DE L’ÉGLISE DE JÉSUS-CHRIST

      La révélation continue est autant une caractéristique de la vraie Église de Jésus-Christ que le baptême ou la repentance. Et c'est par la révélation et la prophétie que les hommes sont choisis pour le ministère, car c'est là le mode et le plan de Dieu. Si nous disons que la révélation du ciel a cessé, nous devons aussi admettre que Dieu n'a appelé personne au ministère depuis que la révélation a cessé, car quand la révélation ne vient plus, les hommes cessent d'être appelés comme le fut Aaron, c'est-à-dire par révélation par un prophète de Dieu. Si les hommes ne sont plus appelés comme Aaron, alors nous devons nous demander si Dieu a une Église sur la terre, car il ne peut guère y avoir une Église agréée par lui, s'il n'y a des officiers divinement nommés pour administrer les ordonnances du salut.

      Mais Dieu n'a pas cessé de donner la révélation à l'homme. Et il n'a pas non plus cessé d'appeler des hommes au ministère comme Aaron fut appelé. Bien que, pendant des siècles il n'y ait plus eu de révélation du ciel, et que les cieux aient été comme de l'airain au-dessus des hommes, il y a aujourd'hui une organisation de l'Église de Jésus-Christ dans laquelle officient des hommes qui ont été appelés et ordonnés comme le fut Aaron - par la révélation et la prophétie.

      Après des siècles de ténèbres spirituelles, Dieu le Père et son Fils Jésus-Christ rendirent la lumière du ciel en apparaissant à Joseph Smith, le prophète, au printemps de 1820 et annoncèrent le commencement d'une nouvelle période prophétique, d’une nouvelle dispensation de l'Évangile.


APPELÉS DE DIEU

      Plus tard, par le ministère d'un ange, Joseph Smith fut reçut la plénitude de l'Évangile, et fut préparé pour organiser l'Église de Jésus-Christ sur la terre. Mais avant de pouvoir organiser l'Église, il était nécessaire qu'il reçût des pouvoirs divins du ciel. Il devait être « appelé de Dieu comme le fut Aaron ».

      C’est effectivement de cette manière qu’il fut appelé et nommé. Le 15 mai 1829, un être céleste apparut à Joseph Smith et à Oliver Cowdery, son associé dans l'œuvre. Ce personnage céleste se présenta comme étant Jean-Baptiste, envoyé de la présence de Dieu.

      À propos de cette expérience, Joseph Smith, le prophète, a dit :

      « Tandis que nous étions ainsi occupés à prier et à invoquer le Seigneur, un messager céleste descendit dans une nuée de lumière et, ayant posé les mains sur nous, il nous ordonna, disant :

      « À vous, mes compagnons de service, au nom du Messie, je confère la Prêtrise d'Aaron, qui détient les clefs du ministère d’anges, de l'Évangile de repentance et du baptême par immersion pour la rémission des péchés ; et cela ne sera plus jamais enlevé de la terre, jusqu'à ce que les fils de Lévi fassent de nouveau une offrande au Seigneur selon la justice ».

      « Il dit que cette prêtrise d'Aaron n'avait pas le pouvoir d'imposer les mains pour le don du Saint-Esprit, mais que cela nous serait conféré plus tard ; et il nous commanda d'aller nous baptiser, nous prescrivant, à moi de baptiser Oliver Cowdery et à lui de me baptiser ensuite » (Joseph Smith, Histoire 1:68-70).


L'AUTORITÉ REÇUE

      De cette manière, Joseph Smith reçut l'autorité comme celle que possédait Aaron. Il fut ordonné par l'entremise d'un prophète de Dieu qui, quoique mort autrefois, revint sur la terre de notre temps, par ordre du ciel, pour accomplir l'ordination.

      Cet appel remplit, dans les plus petits détails, les exigences exposées par Paul dans son épitre aux Hébreux. En étant appelé de Dieu comme le fut Aaron, Joseph Smith reçut un appel divin ; le prophète, en l’occurrence, était Jean-Baptiste, qui, autrefois, servit comme précurseur du Seigneur. Et l'ordination se fait selon l'Écriture par l'imposition des mains de quelqu'un qui avait déjà l'autorité.

      Peu après, la promesse de Jean se réalisa, à savoir que le pouvoir par lequel le Saint-Esprit est conféré serait donné à Joseph Smith. En l’occurrence, c’est Pierre, Jacques et Jean, dirigeants parmi les douze apôtres d’autrefois, qui vinrent auprès de Joseph Smith, posèrent les mains sur sa tête, l'ordonnèrent à la prêtrise supérieure ou prêtrise de Melchisédek et le nommèrent apôtre de Jésus-Christ et prophète de Dieu.

      Revêtu ainsi de pouvoir, Joseph Smith suivit l'exhortation du Seigneur qu'il recevait par la révélation. Il prêcha l'Évangile du royaume au monde. Il cria repentance aux enfants des hommes. Il baptisa les croyants par immersion pour la rémission de leurs péchés, leur imposa les mains et leur conféra le don du Saint-Esprit. Tout cela, il le fit en tant que serviteur autorisé du Dieu vivant. Il avait reçu l'autorité et l'exerçait.


DIRIGÉ PAR L'ESPRIT

      Comme les anciens prophètes et apôtres, Joseph Smith reçut, lui aussi, la révélation continue des cieux pour diriger l'œuvre de Dieu. Lui aussi fut dirigé par l'esprit qui nous guide dans toute la vérité, et nous annonce les choses à venir (voir Jean 16:13).

      La voix de Dieu lui parvint, comme elle parvint aux anciens apôtres, quand ils furent envoyés prêcher. Le Seigneur dit à Joseph Smith :

      « C'est pourquoi, comme je l'ai dit à mes apôtres, je vous dis de nouveau que toute âme qui croira en vos paroles et sera baptisée d'eau pour la rémission des péchés recevra le Saint-Esprit. Et voici les signes qui suivront ceux qui croiront : en mon nom, ils feront beaucoup d'œuvres merveilleuses ; en mon nom, ils chasseront les démons ; en mon nom, ils guériront les malades ; en mon nom, ils ouvriront les yeux aux aveugles et rendront l'ouïe aux sourds ; et la langue des muets parlera ; et si quelqu'un leur administre du poison, il ne leur fera pas de mal ; et le venin du serpent n'aura pas le pouvoir de leur nuire » (D&A 84:64-72).

      Quand l'œuvre de Joseph Smith se développa, et qu'il rassembla autour de lui des personnes qui croyaient son message, il devint nécessaire qu'il eût des assistants dans le ministère. Cependant ces aides devaient aussi être « appelés de Dieu comme le fut Aaron », selon le plan divin. Pour ce faire, Dieu donna des révélations supplémentaires, nommant les individus de son choix aux positions dans l'Église, et leur commanda d'aider à répandre la bonne nouvelle de l'Évangile rétabli.

      L'Église qui fut ainsi pourvue d'officiers par la révélation est l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. En elle réside le pouvoir de la prêtrise, qui est exercé par les divers officiers qui s'y trouvent, qui furent tous nommés à leur position de la manière prescrite dans l'Écriture. L'Église a de même en elle les dons de l'esprit, car chaque croyant baptisé reçoit le don du Saint-Esprit par l'imposition des mains de représentants autorisés de Dieu sur terre. Le don de révélation continue dans l'Église, de sorte que ses officiers peuvent, de génération en génération, être appelés de Dieu comme le fut Aaron.

      Cette Église offre à tous l'occasion de prendre part aux bénédictions salvatrices de l'Évangile rétabli à notre époque. La promesse est donnée à tous ceux qui croient, sont baptisés et persévèrent jusqu'à la fin, d’être sauvés et de jouir de la compagnie du Consolateur, maintenant comme les saints d’autrefois.

      En examinant ce message, demandez-vous si vous jouissez du ministère d'hommes qui ont été appelés de Dieu comme le fut Aaron, et si vous suivez une Église qui jouit des bénédictions du pouvoir de Dieu et des dons de l'Esprit.

      Avez-vous jamais réfléchi à la façon dont vous pouvez identifier la vraie Église de Jésus-Christ, afin de pouvoir être assurés du salut par ses sacrements ? À cette même heure, dimanche prochain, je parlerai des caractéristiques par lesquelles la vraie Église de Jésus-Christ est connue et identifiée dans les Écritures. Ces mêmes caractéristiques doivent exister aujourd'hui comme autrefois, puisque l'Évangile ne change pas.


hibou ecrit 04 Livres Canoniques

Étroite est la porte, mais comment la trouver ?

Samuel O. Bennion (1874-1945)

Membre du premier conseil des soixante-dix de 1904 à 1933
Membre de la présidence des soixante-dix 1933 à 1945   

  
      Quand Jésus était sur terre, il fut dans l'obligation d'insister constamment auprès de ses auditeurs sur le fait qu'il n'y a qu'un moyen d'entrer dans le royaume de Dieu. En se déplaçant parmi son peuple, il découvrit que diverses sectes religieuses qui étaient nées d’une mauvaise compréhension ou d’une mauvaise application de la parole divine, avaient troublé l'esprit du public à propos du vrai mode de vie. Leurs doctrines étaient en conflit les unes avec les autres, et cependant chacune professait enseigner la vérité.

      Pour clarifier pleinement le sujet dans l'esprit du peuple, notre Seigneur déclara que le salut vient par lui, et par lui seul, et que si quelqu'un veut obtenir la vie éternelle, il doit le faire en suivant ses enseignements. Il est la porte de la bergerie. Il est le berger du troupeau.

      À cause de la confusion due à la diversité des croyances populaires, il exhorta ainsi le peuple : « Entrez par la porte étroite. Car large est la porte, spacieux est le chemin qui mènent à la perdition, et il y en a beaucoup qui entrent par là. Mais étroite est la porte, resserré le chemin qui mènent à la vie, et il y en a peu qui les trouvent. » (Matthieu 7:13).



UN CONSEIL POUR NOTRE ÉPOQUE

      Pour qu'ils puissent connaître et reconnaître la « porte étroite » et y entrer, il conseilla aux gens de sonder les Écritures, « parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle : ce sont elles qui vous rendent témoignage de moi. » (Jean 5:39).

      De même que les hommes autrefois se tournaient vers les Écritures pour être guidés, de même pouvons-nous suivre avec profit la suggestion du Seigneur d’examiner les écrits inspirés afin d’être guidés et de pouvoir entrer « par la porte étroite. »

      À l’époque du Nouveau Testament, l'Église de Jésus-Christ se distinguait de tous les autres corps religieux par des caractéristiques bien définies. Ces caractéristiques furent consignées dans l’Écriture Sainte et y figurent encore. Elles nous permettent de reconnaître la véritable Église aujourd'hui. Quelles sont ces caractéristiques ?

      Selon les Écritures Saintes, l'Église est organisée selon un plan bien défini, avec des offices clairement désignés. Jésus nomma un groupe président appelé les apôtres. Ces hommes étaient considérés et acceptés comme prophètes de Dieu. En outre, le Seigneur nomma un groupe appelé les soixante-dix, qui, comme les apôtres, étaient des ministres voyageurs. Les Écritures mentionnent aussi la nomination de grands-prêtres, d'anciens, de prêtres, d'instructeurs, de diacres, d'évangélistes et de pasteurs (Éphésiens 4:11-14). En diverses villes des évêques furent nommés comme autorités présidentes locales, sujettes à la direction des apôtres.


ÉNUMÉRATION DE PAUL

      À propos de cette organisation, Paul écrit :

      « Il a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints, en vue de l'œuvre du ministère et de l'édification du corps de Christ, jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ, afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine. » (Éphésiens 4:11-14).

      Notons ici que Paul déclare que le but de cette organisation est pour le perfectionnement des saints, pour l'œuvre du ministère, et pour l'édification du corps ou Église de Christ. Il nous dit aussi qu'une telle organisation sera nécessaire « jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus à l'unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ. »

      Il est certain que le monde d'aujourd'hui n'a pas atteint « l'unité de la foi ». Tous les hommes n'ont pas non plus obtenu la « connaissance » correcte « du Fils de Dieu », car beaucoup ne croient même pas qu'il soit le Fils de Dieu, mais qu'il est seulement un grand maître dont l'œuvre nous a été transmise. De même, nous sommes loin d’avoir atteint l'état de « perfection ». Puisque ces buts dans lesquels l'Église fut établie n'ont pas encore été atteints, cette organisation est encore toujours nécessaire.

      Dans sa lettre aux Éphésiens, Paul compare l'Église à un corps « bien coordonné et formant un solide assemblage [qui] tire son accroissement selon la force qui convient à chacune de ses parties. » (Éphésiens 4:16).


LA COMPARAISON

      Ce même écrivain inspiré emploie une comparaison de ce genre dans sa première épître aux Corinthiens, où il commente l'organisation de l'Église en disant : « Ainsi le corps n'est pas un seul membre, mais il est formé de plusieurs membres. Si le pied disait : Parce que je ne suis pas une main, je ne suis pas du corps - ne serait-il pas du corps pour cela ? Et si l'oreille disait : Parce que je ne suis pas un œil, je ne suis pas du corps - ne serait-elle pas du corps pour cela ? Si tout le corps était œil, où serait l'ouïe ? Si tout était ouïe, où serait l'odorat ? Maintenant Dieu a placé chacun des membres dans le corps comme il a voulu. Si tous étaient un seul membre, où serait le corps ? Maintenant donc, il y a plusieurs membres et un seul corps. L'œil ne peut pas dire à la main : Je n'ai pas besoin de toi ; ni la tête dire aux pieds : Je n'ai pas besoin de vous. Mais bien plutôt, les membres du corps qui paraissent être les plus faibles sont nécessaires... Vous êtes le corps de Christ et vous êtes ses membres, chacun pour sa part. Et Dieu a établi dans l'Église premièrement des apôtres, secondement des prophètes, troisièmement des docteurs, ensuite ceux qui ont le don des miracles, puis ceux qui ont les dons de guérir, de secourir, de gouverner, de parler diverses langues. Tous sont-ils apôtres ? Tous sont-ils prophètes ? Tous sont-ils docteurs ? Tous ont-ils le don des miracles ? » (1 Corinthiens 12:14-22,27-30).

      Voici un puissant argument de Paul pour la préservation de cette organisation caractéristique de l'Église. Rien de moins ne convient. Si une partie quelconque est éliminée, le corps tout entier souffre. L'œil peut-il dire à la main : Je n'ai pas besoin de toi ; l'évêque peut-il dire à l'apôtre : Je n'ai pas besoin de toi ; le docteur peut-il dire au prophète : Je n'ai pas besoin de toi ? Tous sont nécessaires pour le perfectionnement des saints, l'œuvre du ministère et l'édification du corps ou Église du Christ.


APÔTRES ET PROPHÈTES

      Remarquez comme ce plan d'organisation de l'Église prévoit des apôtres et des prophètes être à sa tête - « premièrement les apôtres, secondement les prophètes », dit Paul. Nous chercherons par conséquent une Église organisée selon ce plan, et présidée par des apôtres et des prophètes. Si nous avons des prophètes, nous aurons la prophétie, et avoir la prophétie, c’est avoir la révélation courante de Dieu à l'homme. Sans cela, comment prophétiseront-ils ? Car « ce n'est pas par une volonté d'homme qu'une prophétie a jamais été apportée, mais c'est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu ». (2 Pierre 1:21).

      Par conséquent, une autre caractéristique significative de l'Église de Jésus-Christ est la révélation courante de sorte que, par des prophètes, l'Église puisse être guidée continuellement d'en haut, « afin que nous ne soyons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine. » (Éphésiens 4:14).

      Dans les Écritures, la prophétie est clairement désignée comme un des dons de l'esprit pour l'édification des membres de l'Église de Jésus-Christ. Cependant, Paul cite d’autres dons : « En effet, à l'un est donnée, par l'Esprit, une parole de sagesse ; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit ; à un autre, la foi, par le même Esprit ; à un autre, le don des guérisons, par le même Esprit ; à un autre, le don d'opérer des miracles ; à un autre, la prophétie ; à un autre, le discernement des esprits ; à un autre, la diversité des langues ; à un autre, l'interprétation des langues. » (1 Corinthiens 12:8-10).


UNE QUESTION

      Croyez-vous que la révélation courante, la prophétie, le don d'opérer des miracles, de parler en langues, de guérir les malades, d'interprétation des langues, et ces divers dons de l'esprit, prirent fin avec le décès des apôtres ? Ou croyez-vous qu'ils continuent à exister parmi nous ?

      Ils sont les fruits du Saint-Esprit. « C’est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. » (Matthieu 7:20). Si le don de l'esprit est absent, l'esprit peut-il être présent ? Et cependant pouvons-nous imaginer l'Église de Dieu sans l'Esprit pour la guider ? Ces caractéristiques doivent nécessairement se retrouver dans l’Église de Jésus-Christ à n'importe quelle époque. Elles nous permettent d’identifier et de reconnaître cette Église.

      Ne supposons pas que parce qu'un groupe prétend guérir les malades ou accomplir d'autres miracles, que ces signes sont suffisants pour indiquer qu'il s’agit de l’Église de Jésus-Christ. Souvenez-vous que Paul, dans sa première épître aux Corinthiens, cite ces dons en plus de l'organisation de l'Église dans son énumération des parties du corps ou Église du Christ. Souvenez-vous aussi qu'il dit que toutes les parties doivent former un solide assemblage. On reconnaît l’Église de Jésus-Christ par le fait qu’elle réunit de façon harmonieuse l’ensemble des caractéristiques décrites dans les Écritures, et pas seulement quelques-unes.


EN HARMONIE AVEC LES ÉCRITURES

      Quelles caractéristiques distinctives supplémentaires permettent d’identifier l’Église de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ ?

      Ses enseignements doivent être en harmonie avec les Écritures.

      Tout d'abord, elle doit avoir une conception correcte de Dieu. Un Dieu dépeint comme une déité diffusée à travers l'espace, sans corps, parties ou passions, présent partout et qu'on ne peut ni voir ni sentir, n'est pas le Dieu de la Bible. Les Écritures enseignent, comme nous l’avons déjà évoqué dans cette série d’émissions du dimanche soir, que comme l'homme fut formé à l'image et à la ressemblance de Dieu, de même Dieu est à l'image et à la ressemblance de l'homme. Qu'il possède un corps physique glorifié, semblable à celui du Christ ressuscité, et que nous sommes ses enfants, comme Paul l'enseigna. En lui nous voyons la réalisation de la doctrine de la paternité de Dieu et de la fraternité de l'homme. Il est le maître de l'univers, et la source de toute justice.

      L’Église de Jésus-Christ doit aussi reconnaître et enseigner que Jésus est le Fils divin du Dieu vivant, qu’il est le Messie - Le Sauveur et Rédempteur de tous les hommes. Elle doit enseigner qu'il est mort pour les péchés du monde, et que par lui, nous pouvons recevoir notre salut. Elle doit aussi enseigner qu'il y a une vie après la mort, et une victoire sur la tombe, et que, de même que le Christ fut ressuscité du tombeau, de même nous nous relèverons pour la vie éternelle.

      Elle doit avoir pour son ministère des hommes qui ont été appelés de Dieu par prophétie et par l'imposition des mains - littéralement appelés de Dieu comme le fut Aaron, selon les enseignements de Paul. Seul un tel ministère peut satisfaire les critères fixés par l'Écriture, et lui seul peut parler avec autorité. Être appelé de Dieu comme le fut Aaron, veut dire être nommé par la révélation de Dieu par un prophète vivant sur la terre, et être mis à part pour travailler sous les mains d'hommes qui possèdent déjà l'autorité divine.


L’IMPORTANCE DU BAPTÊME

      L’Église de Jésus-Christ se reconnaît aussi par sa manière d’inclure de nouveaux convertis en son sein. Il ne peut certainement pas y avoir de confusion de doctrine sur ce point, tant notre Seigneur fut précis en traçant le chemin droit et étroit que représentent la foi, la repentance, le baptême par immersion pour la rémission des péchés et l'imposition des mains pour le don du Saint-Esprit ; toutes ces ordonnances étant accomplies par ceux qui ont été dûment appelés et mandatés par Dieu. Aussi, les convertis sont en droit de jouir des signes qui suivent les croyants : « Ils chasseront les démons ; ils parleront de nouvelles langues ; ils saisiront des serpents ; s'ils boivent quelque breuvage mortel, il ne leur fera point de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades seront guéris. » (Marc 16:17-18).

      L’Église de Jésus-Christ se reconnaît aussi par le fait que ses activités ne sont pas limitées à une dimension de l’Évangile. L'Évangile s'adresse à tout le genre humain. Dieu est le Seigneur de tous - des vivants et des morts, « car pour lui tous sont vivants » (Luc 20:38).

      L’Église devrait par conséquent enseigner la doctrine enseignée par Pierre dans sa première épître, à savoir que Jésus prêcha aux esprits des morts ; que tandis que son corps reposait dans la tombe, il alla prêcher aux esprits des hommes qui étaient morts dans le déluge au temps de Noé ; et qu'il leur prêcha son Évangile pour qu'ils puissent vivre selon Dieu quant à l'esprit, et être jugés selon les hommes quant à la chair (1 Pierre 3:18-20; 4:6).

      Elle devrait enseigner que la loi du baptême, qui n'admet aucune exception si ce n'est les petits enfants, s'applique aussi aux défunts et que par cette ordonnance ils peuvent, eux aussi, recevoir la rémission des péchés. En s’adressant aux Corinthiens, Paul mentionne le baptême pour les morts en disant que des vivants étaient baptisés pour des morts. C’est de cette façon que le salut était apporté aux défunts.

      La véritable Église de Jésus-Christ doit aussi considérer les petits enfants comme appartenant au royaume des cieux, et doit enseigner que seules les personnes capables de faire preuve de foi en Dieu et de repentance pour le péché, sont éligibles pour le baptême.

      Rassemblez ces caractéristiques de l'Église de Jésus-Christ telle qu'elle fut établie à l'époque apostolique, et par elles vous pourrez reconnaître son Église aujourd'hui. Mais qu'on se souvienne que toutes ces caractéristiques de la véritable Église du Christ doivent non seulement s’y trouver, mais être unies harmonieusement pour former un corps parfait. La présence de l’ensemble de ces caractéristiques peut alors être considérée comme un critère valable.


LE NOM DE L'ÉGLISE

      Où trouvons-nous une telle Église ?

      Je déclare ici ce soir que l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours intègre toutes les caractéristiques divines mentionnées. C'est une Église présidée par des apôtres et des prophètes, selon le plan révélé. Ces officiers, à leur tour, sont guidés et dirigés par le pouvoir divin qui vivifiait le ministère des anciens apôtres.

      Cette Église englobe également l'organisation des soixante-dix, hommes divinement appelés pour prêcher l'Évangile au monde entier, comme les soixante-dix d'autrefois. Elle compte aussi des grands-prêtres, des anciens, des évangélistes, des pasteurs, des évêques, des prêtres, des instructeurs et des diacres, tous servant dans les affaires de l'Église selon le plan révélé.

      Le pouvoir du Saint-Esprit est dans cette Église. Par l'imposition des mains, ce don est conféré sur tous les croyants baptisés. Ils participent aux bénédictions décrites par Paul et rendent souvent témoignage du pouvoir de Dieu manifesté dans leur vie.

      L'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours a une position unique dans le monde aujourd'hui dans son enseignement et dans sa pratique de la doctrine biblique du salut pour les morts. Elle accepte la doctrine selon laquelle Jésus prêcha « aux esprits en prison » (1 Pierre 3:19) et leur offrit l'occasion de parvenir au salut. Elle enseigne que tous les hommes, que ce soit dans cette vie ou dans l’au-delà, auront l’occasion de recevoir la connaissance de l'Évangile du Christ et de l'accepter ou de le rejeter. Cette Église pratique l'ordonnance dont parlait Paul - le baptême pour les morts. Dans ses temples, construits d’ailleurs dans ce but, c’est tous les jours que des fidèles viennent être immergés en faveur de membres décédés de leur famille. Ils conservent un registre détaillé de ces ordonnances. C’est pour cette raison que les saints des derniers jours font des recherches généalogiques. Ils le font avec le désir d'offrir le baptême par procuration à leurs ascendants qui auront reçu la connaissance de l'Évangile là où ils se trouvent, l’auront accepté et seront ainsi prêts à bénéficier des ordonnances accomplies ici-bas en leur faveur.


UN DIEU PERSONNEL

      L'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours soutient l'idée biblique de Dieu, à savoir qu'il a un corps, des parties et des passions, et qu'il est vraiment le Père de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ. Cette Église enseigne que Jésus est mort pour les péchés du monde, que par lui tout le genre humain peut être sauvé en obéissant aux lois et aux ordonnances de l’Évangile, qu'il est ressuscité de la tombe comme le déclare le Nouveau Testament et que tout le genre humain ressuscitera de même.

      Nous déclarons au monde entier que Dieu a parlé de nouveau aujourd'hui, a rétabli sur la terre la prêtrise et le pouvoir de Dieu, que par ce pouvoir, Joseph Smith, le prophète qu'il a désigné, a organisé de nouveau l'Église de Jésus-Christ sur la terre, et que cette Église est conforme au modèle donné par Paul comme à la révélation divine reçue à ce sujet par Joseph Smith.

      Nous déclarons, en outre, que pour donner au monde une lumière supplémentaire sur l'Évangile, Dieu révéla un autre volume d'Écritures, appelé le Livre de Mormon. Ce volume est l'histoire sacrée des ancêtres d’une partie des Indiens américains, un peuple hautement civilisé parmi lequel des prophètes inspirés vécurent, et à qui le Seigneur apparut personnellement après sa résurrection et son ascension dans l'hémisphère oriental.

      Nous affirmons avec sincérité que Jésus-Christ révéla de nombreuses choses Joseph Smith, le prophète, pour diriger l'Église dans ces derniers jours. Ces révélations ont aussi été imprimées et publiées au monde, pour que tous les hommes puissent lire et connaître l'œuvre de Dieu à notre époque.


L’ACCOMPLISSEMENT D’UNE PROPHÉTIE

      Ce rétablissement de l'Évangile se produisit en accomplissement de la prophétie biblique. Si vous, qui m'écoutez, voulez connaître la vérité du message du mormonisme, il est en votre pouvoir de lire et d'apprendre. Sondez les Écritures, et comparez-les avec les enseignements que j'ai donnés ici ce soir, ainsi qu'avec les autres doctrines du mormonisme, et vérifiez soigneusement qu'elles sont en harmonie complète avec l'Écriture Sainte. Et si vous voulez en savoir davantage, faites appel au trône de grâce, et demandez, en humble prière, au Tout-Puissant si ces choses sont vraies. Dieu répond aux prières. Il répondra à une telle demande. Mettez à l'épreuve les paroles de Jacques qui a écrit : « Si quelqu'un d'entre vous manque de sagesse, qu'il la demande à Dieu qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée. Mais qu'il la demande avec foi, sans douter ; car celui qui doute est semblable au flot de la mer, agité par le vent, et poussé de côté et d'autre. » (Jacques 1:5-6).

      Ésaïe dit que dans les derniers temps le Seigneur ferait « une œuvre merveilleuse parmi le peuple, même une œuvre merveilleuse et un prodige. » (Ésaïe 29:14 [King James Version, ndt]). Que sont cette œuvre merveilleuse et ce prodige ? C'est le rétablissement à notre époque de l’Église primitive de Jésus-Christ. C’est le mormonisme. C’est le pouvoir de Dieu pour le salut. J’en témoigne solennellement.

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