La conception de la Trinité






Dieu a-t-il une forme humaine ?



Marcel Kahne

Les chrétiens traditionnels - faisant allusion aux Écritures modernes - reprochent souvent aux saints des derniers jours d'ajouter à la Bible, affirmant que tout y est contenu et que c'est suffisant. Certains vont jusqu'à proclamer l'inerrance de la Bible, ou en d'autres termes, qu'il n'y a pas d'erreur dans l'Écriture Sainte. Étant donné ces affirmations, il est curieux de constater que le monde chrétien rejette ce que dit la Bible quand il s'agit du point de doctrine le plus fondamental de la foi, la conception de Dieu, alors que Jésus dit, dans sa prière sacerdotale : « Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » (Jean 17:3). En effet, alors que la Bible présente Dieu comme une personne anthropomorphique (ayant une forme humaine), le monde chrétien le décrit unanimement comme un être immatériel, immuable, immobile, hors du temps, ayant tout créé de rien.

Cette contradiction s'explique par le fait que le christianisme post-apostolique est le produit de la rencontre de deux cultures diamétralement opposées : la culture hébraïque et la culture grecque. Comme le dit Daniel Peterson : « On a souvent observé que la pensée hébraïque se caractérise par le dynamisme et l'activité, tandis que la pensée grecque tend vers le statique et le contemplatif. » Les Juifs peuvent discuter à l'infini sur les finesses de l'interprétation et de l'application de la loi dans la vie de tous les jours, mais s'intéressent beaucoup moins à la théologie et à la doctrine. De même, l'enseignement du Christ est fondé sur les règles du comportement et non sur une quelconque  théologie. On ne trouve, dans le Nouveau Testament, aucune tentative de définir Dieu ou la relation entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Les Grecs, par contre, sont davantage axés sur les questions relatives à la nature et à l'origine des choses. De là leur passion pour la philosophie. Alors que le grand texte du christianisme primitif est le sermon sur la montagne, un discours sur la morale chrétienne, le grand texte fondateur du christianisme traditionnel, imprégné de philosophie grecque, est le credo de Nicée avec sa définition de Dieu et de la Sainte Trinité.

Lorsque, après avoir, dans un premier temps, prêché l'Évangile aux Juifs, la jeune Église de Jésus-Christ se tourne vers l'évangélisation des païens, elle va se trouver face à un monde dominé par les Académies qui enseignent la philosophie grecque, notamment la conception du Dieu immatériel de Platon, et qui forment, en outre, les élites intellectuelles à l'art de la rhétorique (« l'art de la persuasion » comme le dit Aristote). Comparé aux hautes sphères de la philosophie grecque dans lesquelles navigue l'élite intellectuelle païenne, l'enseignement des missionnaires chrétiens a l'air démodé et puéril par sa lecture littérale des Écritures, et l'Église chrétienne va être l'objet des moqueries et du mépris de ses ennemis païens.

« Les quelques premières pages des Reconnaissances de Clément, un texte chrétien datant sans doute de la première moitié du troisième siècle, nous donnent un aperçu d'un affrontement entre la culture philosophique hellénisée et un témoin chrétien qui n'avait pas encore succombé aux attraits de cette culture. Le narrateur, qui raconte l'épisode à la première personne, et qui se dit être Clément de Rome, parle des questions qu'il se pose dans sa jeunesse concernant l'immortalité de l'âme humaine et sa recherche désespérée pour en obtenir la preuve. Jeune homme talentueux, Clément fréquente les écoles philosophiques de sa ville natale, mais est déçu et déprimé de ne pas trouver d'argument véritablement convaincant et de voir que ses professeurs et ses condisciples s'intéressent plus à démontrer leur subtilité qu'à parvenir à la vérité...

« C'est à ce moment-là que des rumeurs commencent à parvenir à Rome concernant un grand faiseur de miracles dans la lointaine Palestine. Un jour, en se promenant en ville, Clément tombe sur un prédicateur occupé à prêcher aux passants.  Il s'agit d'un chrétien juif, appelé Barnabas, qui proclame la venue du Christ. Clément écrit : 'Quand j'entendis ces choses, je me mis, avec le reste de la foule, à le suivre et à écouter ce qu'il avait à dire. Je me rendis compte, en vérité, qu'il n'y avait aucun artifice dialectique [c'est-à-dire aucun argument du genre de ceux qu'on cultivait dans les académies de philosophie] chez cet homme, mais qu'il exposait avec simplicité et sans aucun artifice de langage les choses qu'il avait entendues de la bouche du Fils de Dieu, ou qu'il avait vues. Car il ne confirmait pas ses affirmations par la force des arguments, mais proposait, d'entre les personnes qui l'entouraient, beaucoup de témoins des paroles et des merveilles qu'il relatait.'

« Un certain nombre de personnes dans la foule furent impressionnées et commencèrent à accorder crédit à ce que Barnabas et les autres témoins racontaient. A ce moment-là, un groupe de badauds d'orientation philosophique, contesta les paroles deBarnabas. Ils 'commencèrent à se moquer de l'homme, à le traiter avec mépris et à lui jeter les grappins des syllogismes, comme des armes fortes.' Pourquoi les pucerons minuscules ont-ils six pattes et une paire d'ailes, alors que l'éléphant, qui est bien plus grand, n'a que quatre pattes et pas d'ailes du tout ? MaisBarnabas refusa d'entrer dans leurs objections ridicules. 'Nous sommes chargés, dit-il, de vous annoncer les paroles et les oeuvres merveilleuses de celui qui nous a envoyés et de confirmer la vérité de ce que nous disons, non par des arguments subtilement formulés, mais par des témoins venant du milieu de vous'. »

Au 3e siècle apparaît une nouvelle interprétation de la philosophie de Platon, le néo-platonisme. Son fondateur est Ammonios Saccas, qui ouvre une Académie à Alexandrie. Il affirme qu'il est impossible de connaître Dieu et qu'on doit donc le rechercher dans les ténèbres du mysticisme. Son successeur, l'Egyptien Plotin, qui ouvre à Rome une Académie où il rencontre un grand succès, semble d'ailleurs être parvenu à trois reprises, à force d'ascèse, à l'extase mystique, c'est-à-dire à une brève et fulgurante rencontre avec Dieu. « La philosophie néo-platonicienne constitue à la fois la clef de voûte dans la longue série des systèmes philosophiques de l'Antiquité et une pierre d'angle dans la culture du Moyen Age ».

L'historien anglais J. W. C. Wand, écrit : « Il est facile de voir quelle influence cette école de pensée [le néo-platonisme] a dû avoir sur les dirigeants chrétiens. C'est d'elle qu'ils apprirent ce que cela impliquait, dans un sens métaphysique, de dire que Dieu est un Esprit. Cela les aida aussi à se libérer de leur eschatologie primitive et de se débarrasser de cet anthropomorphisme grossier qui faisait que même Tertullien [160-220] croyait que Dieu avait un corps matériel. »

C'est aussi au 3e siècle que les chrétiens vont créer leurs propres Académies, dont la plus importante, et de loin, est le didascalée chrétien d'Alexandrie. HughNibley dit à son sujet qu'il était « la vraie patrie de la théologie chrétienne conventionnelle, dont les bases furent jetées par le célèbre Clément d'Alexandrie et son élève plus célèbre encore, Origène. Ces hommes sont tous deux des académiciens typiques, élevés dès leur tendre enfance entre les quatre murs d'une institution de l'autorité de laquelle ils ne pourront jamais se libérer. »

Nibley poursuit : « Le projet de Clément était de mettre la supériorité intellectuelle de la philosophie grecque à la disposition de l'Église… [il] offrait généreusement de rendre le christianisme intellectuellement respectable. Pour lui, dit Harnack, la philosophie religieuse grecque... était le moyen d'atteindre et d'expliquer pour la première fois le sens le plus élevé et le plus intime du christianisme. Il était tout dévoué à l'Église. Il allait la tirer d'embarras en la faisant bénéficier des avantages de sa formation et de son intelligence… Pareille attitude n'était possible, dit Harnack, que parce que Clément n'avait absolument rien compris à ce qu'était le christianisme, 'parce que pour lui l'héritage de l'Église dans sa totalité et dans tous ses détails… était quelque chose d'étranger.' Son monde, c'était l'université, et son offre d'aider l'Église s'accompagnait de conditions dangereuses... Il était prêt à embrasser les enseignements de l'Église, mais uniquement à ses conditions. Il prenait le christianisme littéral et le 'spiritualisait'… Il ne voyait pas pourquoi il n'irait pas jusqu'au bout pour donner au message chrétien une stature intellectuelle nouvelle qui le recommanderait aux gens instruits… Fermement convaincu que ce qu'il avait appris à l'école était la vérité et que toute connaissance est révélation (d'après Platon), il se mit en devoir de réviser l'Évangile pour en faire quelque chose de plus à son goût… 'On ne peut nier qu'il y ait eu une reformulation totale… de l'héritage chrétien en une philosophie religieuse hellénistique,' dit Harnack. Et qu'est-il resté du christianisme après cela ? demande-t-il. Il donne ensuite une réponse presque choquante : 'à part un peu de son attrait pratique et sentimental, 'Ein Phlegma', un sédiment, un rebut, que l'on ne peut en aucune circonstance qualifier de chrétien.' »

Comme le dit encore Peterson : « Ce sont les premiers Apologistes chrétiens, Minucius Félix, Justin Martyr et d'autres, avec leur désir de rendre le christianisme intellectuellement respectable, qui ont sans doute fait plus que n'importe quel autre groupe pour déformer la doctrine chrétienne primitive. Avec la meilleure volonté du monde, ils ont adopté et adapté les concepts philosophiques de leur époque pour exprimer les croyances chrétiennes et, ce faisant, les ont altérées subtilement mais incontestablement. »

Voilà donc les deux courants en présence :  

D'une part l'enseignement originel du christianisme, comme dans les Homélies de Clément, où Dieu est anthropomorphique. « Et Simon dit : 'J'aimerais savoir, Pierre, si tu crois vraiment que la forme de l'homme a été façonnée d'après la forme de Dieu.' Et Pierre dit : 'Je suis tout à fait certain, Simon, que c'est le cas... C'est la forme du Dieu juste.'  

D'autre part, le camp des intellectuels chrétiens gagnés à la philosophie grecque, qui vont façonner la doctrine du christianisme à l'image de l'idéal hellénistique, camp représenté entre autres par Origène, qui « rejeta l'anthropomorphisme, non parce que les Écritures ou la tradition chrétienne unanime le rejetaient, mais parce que les philosophes le méprisaient : 'Les Juifs, effectivement, mais aussi certains des nôtres, supposaient que Dieu devait être considéré comme un homme, doté de membres humains et d'une apparence humaine. Mais les philosophes méprisent ces histoires qu'ils considèrent comme des fables créées à l'image des inventions poétiques'. »

Les Grecs rendaient un culte à une foule de dieux ayant une apparence et des passions humaines, des dieux comploteurs, intrigants, avides de puissance, jaloux, etc. Telle n'était pas la conception de leurs philosophes, qui considéraient ces cultes comme de l'enfantillage. Platon, notamment, va élaborer une conception de Dieu basée sur le seul raisonnement. Comme dans l'histoire de l'œuf et de la poule, tout provient de quelque chose. Tout ce qui est a donc été produit et est donc « contingent », c'est-à-dire aurait pu ne pas exister. Platon considère donc que le monde matériel est une réalité inférieure. La véritable réalité est le monde des Idées ou des Formes, qui est parfait et immuable. Dieu est le moteur premier, celui qui est à l'origine de tout et qui existe parce qu'il est « nécessaire », c'est-à-dire qu'il n'aurait pas pu ne pas exister. Il doit donc être infini, parfait, immatériel (car un être matériel se compose de parties et est donc dépendant d'elles), sans forme, car rien ne peut le limiter (sinon d'autres êtres que lui pourraient exister et il cesserait d'être nécessaire) et parfaitement immobile, puisque tout mouvement impliquerait que la situation précédant le mouvement était imparfaite, et enfin, situé hors du temps, sinon il ne serait plus ce qu'il était hier et pas encore ce qu'il serait demain.

Le christianisme, considéré comme athée, parce qu'il rejetait les dieux auxquels les Romains rendaient un culte, connut des persécutions pendant plus de deux siècles. Mais il ne cessait de se répandre, tout en étant divisé. « A partir du 4ème siècle… les querelles théologiques - du moins en Orient - passionnent tout le monde ; elles quittent les réunions discrètes et quasi secrètes du clergé, pour envahir les rues, les places publiques, les amphithéâtres, la cour, les tribunaux ». Ces querelles publiques vont même jusqu'à la violence : « De là, rixes et émeutes, qui appelaient nécessairement les interventions des pouvoirs publics. »

Or l'empire romain s'étend sur de nombreux peuples qu'il n'a pas unifiés. Il a besoin d'un lien solide susceptible de réaliser cette unification.

« Constantin eut une idée géniale. Le lien mystique, seul capable de maintenir l'unité de l'empire, et que ni l'hellénisme ni le paganisme n'avaient pu procurer, pourquoi ne le demanderait-on pas à la religion chrétienne ? N'avait-elle pas triomphé des pires persécutions ? » Constantin va donc faire de l'Église catholique la religion de l'État, ce qui produira des « conversions » massives puisque c'est la chose politiquement correcte à faire.

« Mais l'unité de l'Église elle-même allait se révéler plus apparente que réelle. Des conflits très violents vont  la déchirer. Constantin fit tout pour les apaiser : comme empereur, plus encore que comme chrétien. Il n'éprouva aucun scrupule à intervenir dans des questions où il ne comprenait qu'une chose, qu'elles troublaient la tranquillité publique. Pour les trancher, il réunit le premier concile œcuménique. »

Constantin va alors prendre en mains le règlement des différends qui opposent les chrétiens entre eux. Donnant systématiquement raison à la majorité, il va imposer à l'Église l'unité de doctrine qui va faire d'elle la grande unificatrice de son empire. Il commencera par régler la grande controverse relative à la  Sainte Trinité en convoquant, en 325, à Nicée, le premier concile œcuménique, qui réunit quelque trois cents évêques venus de presque toutes les provinces de l'empire. « C'est l'empereur, en tant que tel, qui avait convoqué et présidé le concile. Un précédent est ainsi créé, qui admet, comme une chose toute naturelle, l'ingérence de l'État dans les affaires de l'Église. » Il convient aussi de remarquer que l'évêque de Rome, Silvestre, qui est censé être le pape, n'assistera même pas à ce concile où se décide le dogme le plus fondamental de l'Église catholique. Il se contentera d'y envoyer deux prêtres.

À ce concile, ce seront des évêques pétris de philosophie néo-platonicienne qui vont tenter de régler le grand problème de la définition d'une Divinité qui doit être une et trois en même temps, ainsi que la formulation des relations des trois personnes de cette Divinité entre elles. Les débats furent houleux, tandis que « l'empereur s'efforçait de calmer les esprits, à la manière d'un président d'assemblée ». Le concile de Nicée ne règlera pas le problème. Comme le dit Salles-Dabadie : « les diverses façons de concevoir la divinité de Jésus, puis l'union de cette divinité à son humanité, s'opposèrent très tôt en des conflits qui devaient durer plus de quatre siècles. Il fallut tout ce temps pour que l'esprit raisonneur des Grecs acceptât d'admettre que la personne de Jésus est un mystère insondable, que l'on peut circonscrire, mais non pénétrer. Les Occidentaux, moins métaphysiciens, avaient trouvé très vite des formules qui traçaient les contours du mystère, et dispensaient de chercher au-delà. » Il faudra longtemps encore avant que les débats des conciles successifs ne débouchent, vers 500, sur le Credo d'Athanase.


Le Credo d'Athanase

« Quiconque veut être sauvé doit, avant tout, tenir la foi catholique : s'il ne la garde pas entière et pure, il périra sans aucun doute pour l'éternité. Voici la foi catholique : nous vénérons un Dieu dans la Trinité et la Trinité dans l'Unité, sans confondre les Personnes ni diviser la substance : autre est en effet la Personne du Père, autre celle du Fils, autre celle du Saint-Esprit ; mais une est la divinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit, égale la gloire, coéternelle la majesté. Comme est le Père, tel est le Fils, tel est aussi le Saint-Esprit : incréé est le Père, incréé le Fils, incréé le Saint-Esprit; infini est le Père, infini le Fils, infini le Saint-Esprit ; éternel est le Père, éternel le Fils, éternel le Saint-Esprit ; et cependant, ils ne sont pas trois éternels, mais un éternel ; tout comme ils ne sont pas trois incréés, ni trois infinis, mais un incréé et un infini. De même, tout-puissant est le Père, tout-puissant le Fils, tout-puissant le Saint-Esprit ; et cependant ils ne sont pas trois tout-puissants, mais un tout-puissant. Ainsi le Père est Dieu, le Fils est Dieu, le Saint-Esprit est Dieu ; et cependant ils ne sont pas trois Dieux, mais un Dieu. Ainsi le Père est Seigneur, le Fils est Seigneur, le Saint-Esprit est Seigneur ; et cependant ils ne sont pas trois Seigneurs, mais un Seigneur ; car, de même que la vérité chrétienne nous oblige à confesser que chacune des personnes en particulier est Dieu et Seigneur, de même la religion catholique nous interdit de dire qu'il y a trois Dieux ou trois Seigneurs. Le Père n'a été fait par personne et il n'est ni créé ni engendré ; le Fils n'est issu que du Père, il n'est ni fait, ni créé, mais engendré ; le Saint-Esprit vient du Père et du Fils, il n'est ni fait, ni créé, ni engendré, mais il procède. Il n'y a donc qu'un Père, non pas trois Pères ; un Fils, non pas trois Fils ; un Saint-Esprit, non pas trois Saints-Esprits. Et dans cette Trinité il n'est rien qui ne soit avant ou après, rien qui ne soit plus grand ou plus petit, mais les Personnes sont toutes trois également éternelles et semblablement égales. Si bien qu'en tout, comme on l'a déjà dit plus haut, on doit vénérer, et l'Unité dans la Trinité, et la Trinité dans l'Unité. Qui donc veut être sauvé, qu'il croie cela de la Trinité. Mais il est nécessaire au salut éternel de croire fidèlement aussi à l'incarnation de notre Seigneur Jésus-Christ. Voici la foi orthodoxe : nous croyons et nous confessons que notre Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, est Dieu et homme. Il est Dieu, de la substance du Père, engendré avant les siècles, et il est homme, de la substance de sa mère, né dans le temps ; Dieu parfait, homme parfait composé d'une âme raisonnable et de chair humaine, égal au Père selon la divinité, inférieur au Père selon l'humanité. Bien qu'il soit Dieu et homme, il n'y a pas cependant deux Christ, mais un Christ ; un, non parce que la divinité a été transformée en la chair, mais parce que l'humanité a été assumée en Dieu ; un absolument, non par un mélange de substance, mais par l'unité de la personne. Car, de même que l'âme raisonnable et le corps font un homme, de même Dieu et l'homme font un Christ. Il a souffert pour notre salut, il est descendu aux enfers, le troisième jour il est ressuscité des morts, il est monté aux cieux, il siège à la droite du Père, d'où il viendra juger les vivants et les morts. A sa venue, tous les hommes ressusciteront avec leurs corps et rendront compte de leurs propres actes : ceux qui ont bien agi iront dans la vie éternelle, ceux qui ont mal agi, au feu éternel. Telle est la foi catholique : si quelqu'un n'y croit pas fidèlement et fermement, il ne pourra être sauvé. Soli Deo Gloria. »

Nous sommes loin des paroles de Paul :

« Aussi est-il écrit : Je détruirai la sagesse des sages, et j'anéantirai l'intelligence des intelligents.

« Où est le sage ? où est le scribe ? où est le disputeur de ce siècle ? Dieu n'a-t-il pas convaincu de folie la sagesse du monde ?

« Car puisque le monde, avec sa sagesse, n'a point connu Dieu dans la sagesse de Dieu, il a plu à Dieu de sauver les croyants par la folie de la prédication. Les Juifs demandent des miracles et les Grecs cherchent la sagesse : nous, nous prêchons Christ crucifié ; scandale pour les Juifs et folie pour les païens, mais puissance de Dieu et sagesse de Dieu pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs. Car la folie de Dieu est plus sage que les hommes, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les hommes » (1 Corinthiens 1:19-25).


Saint Augustin

On ne saurait mieux résumer l'évolution de la pensée qui a conduit à la conception que se fait de Dieu le christianisme traditionnel qu'en retraçant le cheminement de celui qui allait devenir le plus grand théoricien du catholicisme, saint Augustin (354-430), tel qu'il apparaît dans les Confessions.

Augustin naît d'un père païen et d'une mère profondément croyante, qui vont lui faire faire les meilleures études qu'ils peuvent. Bon élève, il peut dire : « Je tenais déjà le premier rang dans les écoles de Rhétorique : ce qui… me rendait tout enflé d'orgueil » (III, 3, p. 93). Il mène une vie dissolue, mais il y a en lui une soif d'absolu qui va réorienter graduellement le cours de son existence.

À 19 ans, la lecture d'un livre de Cicéron suscite en lui un amour profond pour la sagesse : « Ce livre, qui… contient une exhortation à la Philosophie, me toucha de telle sorte qu'il changea mes affections… je brûlais d'un amour ardent et d'une passion incroyable d'acquérir cette sagesse immortelle, et j'avais déjà commencé à me lever afin de retourner à vous. » (III, 4, p. 94)
Mais comme tous les intellectuels de son époque, il méprise la religion chrétienne qu'il considère comme infantile :

« Je résolus de m'appliquer à lire l'Écriture sainte, pour connaître ce que c'était. Et je reconnus par expérience et non par lumière, que c'est un livre qui ne peut être pénétré par les superbes, ni entendu par les enfants : qui paraissant bas dans l'entrée, se trouve fort élevé dans la suite ; et dont la doctrine est voilée de mystères et de figures… elle me semblait indigne d'être comparée à la majesté du style de Cicéron. Mon orgueil méprisait sa simplicité, et mes yeux n'étaient pas assez clairs ni assez perçants pour découvrir ses beautés cachées. Il est vrai que paraissant basse pour s'accommoder aux  humbles et aux petits, elle croît avec eux… mais je dédaignais d'être petit : la vanité dont j'étais enflé me faisait croire que j'étais grand. » (III, 5, p. 96)

En 373, il adhère au Manichéisme, qui le séduit un certain temps. Mais au fil des années, la déception s'installe et il abandonnera définitivement le Manichéisme en 386. En 384, il est nommé professeur de rhétorique à Milan. C'est là qu'il entend prêcher un personnage d'une très grande réputation, l'évêque Ambroise. C'est cette prédication qui va tout changer pour lui. Ce qui l'a jusqu'alors empêché de devenir chrétien (catholique), ce sont les croyances qu'il attribue à l'Église, apparemment ce qu'il entend autour de lui et qu'il trouve inadmissible.

Par  exemple, il ne peut pas admettre que Dieu ait une forme humaine :

« Je ne savais pas que Dieu est un pur esprit qui n'a point de membres, qui n'a ni longueur ni largeur, ni cette étendue qui est propre au corps, parce qu'un corps est toujours moins grand dans sa partie que dans son tout ; et qu'encore qu'il fût infini il serait toujours moins grand dans un certain espace que dans toute son étendue infinie, ne pouvant jamais être tout entier en chaque lieu ; ce qui n'est propre qu'à Dieu… » (III, 7, p. 101).

« Il me semblait qu'il était honteux pour vous de croire que vous eussiez une figure humaine semblable à la nôtre, et que vous fussiez composé de membres et de parties qui eussent les mêmes traits et les mêmes linéaments qu'a notre corps, et qui fussent renfermés dans une aussi petite circonférence. Mais la principale chose et presque la seule qui m'entretenait dans l'erreur et me mettait dans une impossibilité d'en sortir, était que, lorsque je me voulais former une idée de Dieu, je me représentais toujours quelque chose de corporel et de sensible, m'imaginant que ce qui n'avait point de corps n'avait point d'être. » (V, 10, p. 171)

« …que vous fussiez borné et renfermé de tous côtés dans la circonférence si petite d'un corps humain, qui était l'opinion chimérique que les Manichéens faisaient passer pour la Foi de votre Église. » (V, 10, p. 172)

Mais les Manichéens n'étaient manifestement pas les seuls à enseigner que Dieu avait un corps. Les catholiques « les moins spirituels », sans doute le commun du peuple, le croyaient aussi, probablement parce que les croyances populaires sont plus conservatrices et préservent mieux les enseignements du passé : 

« Mais lorsque j'eus aussi appris, qu'encore que les plus spirituels d'entre vos enfants que vous avez, mon Dieu, engendrés dans votre grâce dans le sein de l'Église Catholique, qui est leur Mère, croient que vous avez formé l'homme à votre image, ils ne croient pas toutefois que vous soyez renfermé dans les limites d'une forme humaine et d'un corps humain… comme vous n'êtes point composé de parties dont les unes soient plus grandes ou plus petites que les autres, mais qu'étant tout entier en chaque lieu vous n'êtes néanmoins en aucun lieu, vous n'avez aussi nullement cette forme corporelle que je m'imaginais alors, quoique l'homme que vous avez créé à votre image soit compris entièrement dans un espace limité de toutes parts. » (VI, 3, p. 187)

Il semble que ni sa mère, ni le catéchisme, qu'Augustin avait suivi dans son enfance, ne lui aient enseigné que Dieu était immatériel. Mais la prédication d'Ambroise va mettre les pendules à l'heure pour Augustin en lui démontrant qu'il ne faut pas comprendre la Bible littéralement, mais au sens figuré :

« …En tirant les voiles mystiques il [Ambroise] découvrait les sens cachés des passages qui à les interpréter selon la lettre semblent enseigner une mauvaise doctrine… » (VI, 4, p. 189)

« Après lui avoir entendu expliquer souvent avec une merveilleuse clarté quelques passages des plus difficiles et des plus obscurs de l'Ancien Testament, qui faisaient mourir mon âme lorsque je les interprétais selon la lettre qui tue…

« C'est pourquoi, après lui avoir vu expliquer selon le sens spirituel et allégorique plusieurs endroits de la vieille Loi, je commençai à condamner cette fausse croyance que j'avais eue qu'il fût impossible de répondre à ceux qui font mille railleries, et vomissent mille blasphèmes contre la Loi et les Prophètes. » (V, 14, pp. 177-178)

Augustin respire :

« C'est déjà beaucoup que les passages de l'Écriture sainte ne me semblent plus absurdes et insoutenables, comme je les avais crus auparavant ; mais que je reconnaisse au contraire qu'on les peut fort bien soutenir, et d'une manière qui ne choque nullement la raison » (VI, 11, 206).

Et comment Augustin explique-t-il le fait que la Bible dit des choses « absurdes et insoutenables ? » C'est que « le peuple juif était si grossier et si charnel, que Moïse ne jugeait pas à propos de leur parler d'autres ouvrages de Dieu que de ceux qui sont visibles et corporels. » (XII, 17, p. 468)

« L'Église Catholique n'enseigne pas ce que je pensais : elle est très éloignée des erreurs dont je l'accusais si injustement ; ceux qui sont instruits dans sa doctrine condamnent comme un blasphème cette pensée, que Dieu soit renfermé dans la circonférence d'un corps humain. » (VI, 11, p. 206)

La voie est libre pour sa conversion au catholicisme. En 386, près d'un an avant son baptême, il est ébloui par la découverte de la pensée néo-platonicienne (Plotin, Porphyre VII, 9-10), qui lui font comprendre la divinité du Verbe éternel.

Augustin va dorénavant poursuivre l'œuvre de ses prédécesseurs d'helléniser le christianisme. On va retrouver dans ses enseignements la conception platonicienne de Dieu en tant que moteur premier, immatériel, immobile, hors de l'espace et hors du temps :

« Mais, mon Dieu… Comment avez-vous fait le ciel et la terre ? Certes, vous  n'avez pas créé le ciel et la terre, ni dans le ciel, ni dans la terre, ni dans l'air, ni dans les eaux, puisque toutes ces choses sont comprises dans le ciel et dans la terre. Vous n'avez pas non plus créé tout ce grand univers dans l'univers, parce qu'avant qu'il fût créé il n'y avait point de place dans laquelle on le pût créer pour lui donner l'être. Vous n'aviez  rien entre les mains dont vous pussiez former quelque chose, si auparavant vous ne l'aviez faite elle-même, puisque votre être est la cause de tous les êtres ? » (XI, 6, pp. 412-13)

« L'éternité… n'a rien en soi qui se passe, mais… tout y est présent ; ce qui ne se rencontre point dans le temps… puisque tout le passé est chassé par l'avenir, et que tout l'avenir succède au passé… cette éternité qui n'est ni passée ni future, forme tous les temps passés et futurs en demeurant toujours immobile. » (XI, 11, p. 418)

« Vous êtes seul éternel et immortel, parce que vous ne changez jamais ni par aucune nouvelle forme, ni par aucun mouvement, et que votre volonté n'est jamais diverse en divers temps. » (XII, 11, p. 457).

Pour ce qui est de la question : Que faisait Dieu avant la création du monde ? Il répond que le problème ne se pose pas puisque c'est Dieu qui a créé le temps :

« Puisque vous êtes l'auteur et le Créateur de tous les siècles, comment les siècles innombrables auraient-ils pu se passer si vous ne les aviez créés ? Ou quel temps aurait-il pu y avoir, s'il n'avait été formé par vous ?… et ainsi il ne se peut point faire qu'il se soit passé du temps avant que vous fissiez le temps… Vos années demeurent toutes ensemble dans une stabilité immuable, parce qu'elles sont stables et permanentes. » (XI, 13, pp. 420-21)

Comme il ne peut rien exister en dehors de Dieu, il a fatalement fallu qu'il crée l'univers à partir de rien :

« Car vous avez créé le ciel et la terre, non pas de votre substance, puisqu'ils auraient été égaux à votre Fils unique, et par conséquent à vous, et qu'il n'y aurait point d'apparence que ce qui n'est pas en vous fût égal à vous. Or il n'y avait nulle autre chose hors de vous, mon Dieu, unité suprême et ineffable Trinité, dont vous l'eussiez pu former, et partant vous avez fait de rien le ciel et la terre, c'est-à-dire quelque chose d'excellent, et quelque chose qui n'est presque rien. » (XII, 7, p. 453)

L'influence d'Augustin sera telle que plus personne ne contestera cette vision philosophique de Dieu et que le monde chrétien l'acceptera sans discussion et ceci d'autant plus que la culture occidentale est imprégnée de la pensée grecque et romaine.

Cela explique que quand les saints des derniers jours, forts de la Première Vision de Joseph Smith, enseignent que « le Père a un corps de chair et d'os aussi tangible que celui de l'homme, le Fils aussi ; mais le Saint-Esprit n'a pas de corps de chair et d'os, c'est un personnage d'esprit » (D&A 130:22), pour les chrétiens traditionnels, il s'agit là d'un retour à une conception rétrograde de Dieu, qu'ils assimilent à celle de la mythologie où les dieux avaient une forme humaine… et des défauts humains.

Une certitude reste : la conception chrétienne traditionnelle de Dieu n'est pas biblique. Elle n'est pas le produit de la révélation, mais d'un consensus péniblement atteint par des hommes utilisant leur seul raisonnement et qui débouche sur un tissu de contradictions que nous devons croire sans le comprendre, car c'est un « mystère ».

Les saints des derniers jours ont, eux, une autre certitude, celle de Joseph Smith, qui a vu Dieu le Père et son Fils, Jésus-Christ, confirmant par l'observation directe que l'on peut en toute confiance laisser la Bible dire ce qu'elle dit.


Ce que la Bible dit 


La ressemblance physique de l'homme avec Dieu

L'étude attentive des premiers chapitres de la Genèse nous apprend déjà l'essentiel : « Dieu dit : Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance…  Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme » (Genèse 1:26-27). 

« Lorsque Dieu créa l'homme, il le fit à la ressemblance de Dieu… Adam, âgé de cent trente ans, engendra un fils à sa ressemblance, selon son image, et il lui donna le nom de Seth » (Genèse 5:1, 3).

Le parallèle entre la ressemblance de Seth avec Adam et d'Adam avec Dieu est clairement délibéré : il s'agit bel et bien d'une ressemblance physique dans l'esprit de l'auteur sacré.
« L'Éternel Dieu dit : Voici l'homme est devenu comme l'un de nous, pour la connaissance du bien et du mal » (Genèse 3:22).


Le Père et le Fils

Qui était donc là avec Dieu ? La réponse incontestable découle du premier chapitre de l'évangile de Jean. Celui-ci a clairement voulu que le début de son évangile rappelle au lecteur le début de la Genèse. Les versets 1-5 contiennent les mêmes idées que Genèse 1-3 : le commencement, la création, la lumière, les ténèbres :

« Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle. En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. La lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont point reçue » (Jean 1:1-5).

Qui était la Parole ? Jean le précise de telle façon qu'on ne puisse s'y tromper :

« Et la Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père. Jean lui a rendu témoignage, et s'est écrié : C'est celui dont j'ai dit : Celui qui vient après moi m'a précédé, car il était avant moi » (Jean 1:14-15).

C'est-à-dire Jésus-Christ. Avec cette allusion volontaire à la Genèse, Jean a voulu que nous comprenions bien que c'était Jésus, qui « était avec Dieu et était Dieu ».

Dans l'épisode où Adam et Ève sont chassés du jardin d'Eden, Dieu est appelé « JHVH Élohim ». Élohim est un pluriel et on peut très bien imaginer que ce sont le Père et le Fils qui sont apparus à Adam et à Ève, même si le verbe hébreu est au singulier (il est au pluriel dans 1:26).


Apparitions de Dieu dans l'Ancien Testament

De nombreux passages parlent des apparitions de Dieu :

« L'Éternel apparut à Abram, et dit : Je donnerai ce pays à ta postérité. Et Abram bâtit là un autel à l'Éternel, qui lui était apparu » (Genèse 12:7).

« L'Éternel lui apparut, et dit : Ne descends pas en Égypte, demeure dans le pays que je te dirai » (Genèse 26:2).

« L'Éternel lui apparut dans la nuit, et dit : Je suis le Dieu d'Abraham, ton père ; ne crains point, car je suis avec toi ; je te bénirai, et je multiplierai ta postérité, à cause d'Abraham, mon serviteur » (Genèse 26:24).

« Dieu s'éleva au-dessus de lui, dans le lieu où il lui avait parlé » (Genèse 35:13)

« Jacob dit à Joseph : Le Dieu tout-puissant m'est apparu à Luz, dans le pays de Canaan, et il m'a béni » (Genèse 48:3)

« L'ange de l'Éternel lui apparut dans une flamme de feu, au milieu d'un buisson. Moïse regarda ; et voici, le buisson était tout en feu, et le buisson ne se consumait point. Moïse dit : Je veux me détourner pour voir quelle est cette grande vision, et pourquoi le buisson ne se consume point. L'Éternel vit qu'il se détournait pour voir ; et Dieu l'appela du milieu du buisson, et dit : Moïse ! Moïse ! Et il répondit : Me voici ! Dieu dit : N'approche pas d'ici, ôte tes souliers de tes pieds, car le lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte. Et il ajouta : Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. Moïse se cacha le visage, car il craignait de regarder Dieu » (Exode 3:2-6).

« Dieu parla encore à Moïse, et lui dit : Je suis l'Éternel. Je suis apparu à Abraham, à Isaac et à Jacob, comme le Dieu tout-puissant ; mais je n'ai pas été connu d'eux sous mon nom, l'Éternel » (Exode 6:2-3).

« Ainsi l'Éternel descendit sur la montagne de Sinaï, sur le sommet de la montagne ; l'Éternel appela Moïse sur le sommet de la montagne. Et Moïse monta » (Exode 19:20).

« Moïse monta avec Aaron, Nadab et Abihu, et soixante-dix anciens d'Israël. Ils virent le Dieu d'Israël ; sous ses pieds, c'était comme un ouvrage de saphir transparent, comme le ciel lui-même dans sa pureté. Il n'étendit point sa main sur l'élite des enfants d'Israël. Ils virent Dieu, et ils mangèrent et burent » (Exode 24:9-11).

« L'Éternel parlait avec Moïse face à face, comme un homme parle à son ami » (Exode 33:11).

« L'Éternel dit : Tu ne pourras pas voir ma face, car l'homme ne peut me voir et vivre. L'Éternel dit : Voici un lieu près de moi ; tu te tiendras sur le rocher. Quand ma gloire passera, je te mettrai dans un creux du rocher, et je te couvrirai de ma main jusqu'à ce que j'aie passé. Et lorsque je retournerai ma main, tu me verras par derrière, mais ma face ne pourra pas être vue » (Exode 33:20-23).

« Il n'en est pas ainsi de mon serviteur Moïse. Il est fidèle dans toute ma maison. Je lui parle bouche à bouche, je me révèle à lui sans énigmes, et il voit une représentation de l'Éternel » (Nombres 12:7).

Dieu apparaît aussi à Salomon (1 Rois 3:5 ; 1 Rois 9:2 ; 1 Rois 11:9).

« Et Michée dit : ... J'ai vu l'Éternel assis sur son trône, et toute l'armée des cieux se tenant auprès de lui, à sa droite et à sa gauche » (1 Rois 22:19).

« L'année de la mort du roi Ozias [dit Ésaïe], je vis le Seigneur assis sur un trône très élevé, et les pans de sa robe remplissaient le temple... Alors je dis : Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures, j'habite au milieu d'un peuple dont les lèvres sont impures, et mes yeux ont vu le Roi, l'Éternel des armées » (Ésaïe 6:1, 5).

Ézéchiel fait cette description saisissante :

« Au-dessus du ciel qui était sur leurs têtes, il y avait quelque chose de semblable à une pierre de saphir, en forme de trône ; et sur cette forme de trône apparaissait comme une figure d'homme placé dessus en haut. Je vis encore comme de l'airain poli, comme du feu, au dedans duquel était cet homme, et qui rayonnait tout autour ; depuis la forme de ses reins jusqu'en haut, et depuis la forme de ses reins jusqu'en bas, je vis comme du feu, et comme une lumière éclatante, dont il était environné. Tel l'aspect de l'arc qui est dans la nue en un jour de pluie, ainsi était l'aspect de cette lumière éclatante, qui l'entourait : c'était une image de la gloire de l'Éternel. A cette vue, je tombai sur ma face, et j'entendis la voix de quelqu'un qui parlait » (Ézéchiel 1:26-28).


Dans le Nouveau Testament

« Mais Etienne, rempli du Saint-Esprit, et fixant les regards vers le ciel, vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. Et il dit : Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu » (Actes 7:55-56).

Paul s'adressant aux Athéniens sur l'Aréopage : « C'est ce qu'ont dit aussi quelques-uns de vos poètes : Nous sommes de sa race … Ainsi donc, étant la race de Dieu, nous ne devons pas croire que la divinité soit semblable à de l'or, à de l'argent, ou à de la pierre, sculptés par l'art et l'industrie de l'homme » (Actes 17:29).

« Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n'a pas encore été manifesté ; mais nous savons que, lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu'il est » (1 Jean 3:2).


Jésus-Christ, révélation du Père

Nous disposons donc d'une série importante de témoignages dans laquelle l'anthropomorphisme de Dieu est clairement exprimé. Cela apparaît également dans les passages relatifs à Jésus :

« Philippe lui dit : Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. Jésus lui dit : Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m'as pas connu, Philippe ! Celui qui m'a vu a vu le Père ; comment dis-tu : Montre-nous le Père ? » (Jean 14:8-9).

« Il [Jésus-Christ] est l'image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création » (Colossiens 1:15).

« Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité » (Colossiens 2:9).

« … et qui [Jésus-Christ], étant le reflet de sa gloire et l'empreinte de sa personne, et soutenant toutes choses par sa parole puissante, a fait la purification des péchés et s'est assis à la droite de la majesté divine dans les lieux très hauts… » (Hébreux 1:3).

Ce qui précède est on ne peut plus clair, même si certains objectent, en disant que c'est là une manière figurée de s'exprimer ou que Dieu emprunte la forme d'un corps pour se montrer. Cependant la Bible ne dit nulle part que Dieu est immatériel et sans forme et qu'il prend une forme corporelle pour se montrer. L'objection est donc basée sur une façon extra-biblique de concevoir Dieu.


Objections

Peut-on voir Dieu ?

En plus d'Exode 33:23, quatre autres passages d'Écriture, dont trois ont Jean pour auteur, semblent aller à l'encontre de ce qui précède :

« Personne n'a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l'a fait connaître » (Jean 1:18).

« Personne n'a jamais vu Dieu ; si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour est parfait en nous » (1 Jean 4:12).

« Ce n'est pas que personne ait vu le Père, sinon celui qui vient de Dieu ; celui-là a vu le Père » (Jean 6:46).

« … Jésus-Christ, que manifestera en son temps le bienheureux et seul souverain, le roi des rois, et le Seigneur des seigneurs, qui seul possède l'immortalité, qui habite une lumière inaccessible, que nul homme n'a vu ni ne peut voir, à qui appartiennent l'honneur et la puissance éternelle. Amen ! » (1Timothée 6:15-16).

Joseph Smith apporte les corrections suivantes dans la Traduction inspirée de la Bible :
Jean 1:18 : « Personne n'a jamais vu Dieu sans rendre témoignage du Fils ; car si ce n'est par son intermédiaire, nul ne peut être sauvé. »

1 Jean 4:12 : « Personne n'a jamais vu Dieu, si ce n'est ceux qui croient ; si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour est parfait en nous. »

1 Timothée 6:15-16 : « …Jésus-Christ, que manifestera en son temps le bienheureux et seul souverain, le roi des rois, et le Seigneur des seigneurs, à qui soient l'honneur et la puissance éternels, que nul homme n'a vu ni ne peut voir, que nul ne peut approcher, si ce n'est celui en qui demeurent la lumière et l'espérance de l'immortalité. »

Indépendamment de ces corrections, il faut remarquer que ces passages ne concernent que le Père et n'affectent donc que les visions où Jésus est vu à la droite de son Père, c'est-à-dire celles d'Etienne et de Joseph Smith. Le Dieu de l'Ancien Testament étant Jésus-Christ.


Dieu est-il un esprit ?

On oppose parfois à l'idée que Dieu a un corps de chair et d'os, le dialogue entre Jésus et la Samaritaine ou Jésus semble dire que Dieu est un esprit :

« Seigneur, lui dit la femme, je vois que tu es prophète. Nos pères ont adoré sur cette montagne ; et vous dites, vous, que le lieu où il faut adorer est à Jérusalem. Femme, lui dit Jésus, crois-moi, l'heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l'heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande. Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l'adorent l'adorent en esprit et en vérité » (Jean 4:19-24).

L'examen du texte grec montre que le propos de Jésus n'est pas d'affirmer la nature de Dieu, mais de jouer sur la préposition « ènn », qui veut dire « en » pour montrer comment il faut adorer Dieu. Traduit littéralement, le dialogue donne ceci :

« Seigneur, lui dit la femme, je vois que tu es prophète. Nos pères ont adoré en cette montagne ; et vous dites, vous, que le lieu où il faut adorer est en Jérusalem. Femme, lui dit Jésus, crois-moi, l'heure vient où ce ne sera ni en cette montagne ni en Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l'heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; car ce sont là les adorateurs que le Père demande. Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l'adorent l'adorent en esprit et en vérité ». Autrement dit : le culte n'est pas une affaire de lieu, mais une affaire de communication d'esprit à esprit.


Conclusion

Pour la Bible et les premiers chrétiens Dieu a une forme humaine. Il est l'Homme parfait. Il aime, s'irrite, compatit, pardonne, châtie, est patient, etc. C'est un Dieu que nous n'avons aucun mal à considérer comme notre Père et à aimer comme tel. Le christianisme traditionnel en a fait un être qui est « le totalement Autre », n'ayant aucun point commun avec nous. Il est immatériel, immobile et impassible, et on peut se demander, dans ces conditions, comment il pourrait avoir une affinité quelconque avec nous. Peut-être est-ce pour cela qu'on a substitué à son culte celui de la vierge et des saints, plus proches des hommes.

En tout état de cause, ce Dieu est celui de la philosophie, le fruit des débats de plusieurs conciles, pas de la révélation. C'est donc un Dieu imaginé par les hommes. Quel crédit pouvons-nous accorder à cette façon de définir Dieu ? Comme le disait Joseph Smith, qui était bien placé pour savoir de quoi il parlait : « Si vous pouviez regarder cinq minutes dans le ciel, vous en sauriez plus que vous n'en sauriez en lisant tout ce qui a jamais été écrit sur le sujet. »


hibou ecrit Cette petite Emma est autiste mais a une voix merveilleuse


Dieu et la  Sainte Trinité

James E. Talmage (1862-1933)

Président de l'université d'Utah de 1894 à 1897
Membre du collège des Douze de 1911 à 1933

  
L'existence de Dieu

      Puisque la foi en Dieu constitue le fondement de la croyance et de la pratique religieuse et vu qu'il est essentiel de connaître les attributs et la nature de la Divinité pour manifester sa foi en elle d'une manière intelligente, ce sujet réclame la première place dans notre étude des doctrines de l'Église.

      L'existence de Dieu n'est guère matière à dispute rationnelle ; elle ne demande pas non plus de preuve par les faibles démonstrations de la logique de l'homme, car le fait est admis par la famille humaine, sans être pratiquement mis en doute, et la conscience d'une sujétion à un pouvoir suprême est un attribut inné de l'humanité. Les Écritures anciennes ne se consacrent pas à démontrer avant tout l'existence de Dieu ni à attaquer les sophismes de l'athéisme et de ce fait, nous pouvons déduire que les erreurs du doute se développèrent à une période plus tardive. L'assentiment universel de l'humanité au sujet de l'existence de Dieu le confirme du moins fortement. Il y a, dans la nature humaine, une passion filiale qui lance ses feux vers le ciel. Chaque nation, chaque tribu, chaque individu soupire après quelque objet d'adoration. Il est de la nature de l'homme d'adorer ; son âme n'est satisfaite que lorsqu'elle trouve une divinité. Lorsque les hommes, par la transgression, tombèrent dans les ténèbres au sujet du Dieu vrai et vivant, ils se donnèrent d'autres divinités et c'est ainsi que naquirent les abominations de l'idolâtrie. Et cependant, même les plus révoltantes de ces pratiques témoignent de l'existence d'un Dieu, en montrant la passion héréditaire de l'homme pour le culte.

      Les preuves sur lesquelles l'humanité base sa conviction de l'existence d'un Être suprême, peuvent être rangées, pour en faciliter l'étude, dans les trois catégories suivantes

1. Le témoignage de l'histoire de la tradition.

2. Le témoignage de l'exercice de la raison humaine.

3. Le témoignage concluant de la révélation directe de Dieu.


1. L'histoire et la tradition

      L'histoire écrite par l'homme et la tradition authentique transmise de génération en génération avant la date de tout écrit dont nous disposions actuellement, donnent des preuves que la Divinité existe réellement et qu'il y eut des rapports étroits et personnels entre Dieu et l'homme, aux premiers âges de l'existence humaine. Un des plus anciens écrits connus, la Sainte Bible, nomme Dieu comme Créateur de toutes choses (voir Genèse, chapitre 1 ; voir aussi Moïse, chapitre 2 et Abraham, chapitre 4, dans la Perle de Grand Prix) et, de plus, déclare qu'il s'est révélé personnellement à nos premiers parents terrestres et à beaucoup d'autres personnages saints dans les premiers temps du monde. Adam et Ève entendirent sa voix (voir Genèse 3:8 ; voir aussi Moïse 4:14) dans le Jardin et, même après leur transgression, ils continuèrent à prier Dieu et à lui offrir des sacrifices. Il est donc clair, qu'ils emportèrent, du Jardin, une connaissance personnelle de Dieu. Après leur expulsion, ils entendirent « la voix du Seigneur venant de la direction du Jardin d'Éden », mais ils ne le virent point ; et il leur donna des commandements auxquels ils obéirent. Alors, un ange se présenta devant Adam et le Saint-Esprit inspira l'homme et rendit témoignage du Père et du Fils (voir Moïse 5:6-9 dans la Perle de Grand Prix).

      Caïn et Abel apprirent à connaître Dieu, grâce aux enseignements de leurs parents aussi bien que par les manifestations qu'ils reçurent personnellement. Quand l'offrande d'Abel eut été acceptée et celle de Caïn rejetée, ce qui fut suivi du crime fratricide de Caïn, le Seigneur parla avec Caïn, et Caïn répondit au Seigneur (voir Genèse 4:9-16 ; voir aussi Moïse 5:22-26, 34-40). Caïn dut donc emporter, d'Éden, au pays où il alla vivre, une connaissance personnelle de Dieu (voir Genèse 4:16; voir aussi Moïse 5:41). Adam vécut neuf cent trente ans et beaucoup d'enfants lui naquirent. Il les instruisit dans la crainte de Dieu et beaucoup d'entre eux reçurent des manifestations directes. Des descendants d'Adam, Seth, Énoch, Kénan, Mahalaléel, Jéred, Hénoc, Métuschélah, et Lémec, le père de Noé, chacun représentant une génération distincte, vécurent tous du vivant d'Adam. Noé naquit cent vingt-six ans seulement après la mort d'Adam et, de plus, il vécut presque six cents ans avec son père Lémec, par lequel il fut, sans aucun doute, instruit dans les traditions relatives aux manifestations personnelles de Dieu, que Lémec avait apprises de la bouche d'Adam. Par Noé et sa famille, une connaissance de Dieu, par tradition directe, fut transmise après le déluge et de plus, Noé reçut des communications directes de Dieu (voir Genèse 6:13 ; 7:1-4 ; 8:15-17 ; 9:1-17) et vécut assez longtemps pour instruire dix générations de ses descendants. Ensuite vint Abraham qui jouit aussi d'une communion personnelle avec Dieu (voir Genèse chapitre 12 ; voir aussi Abraham 1:16-19 ; 2:6-11,19,22-24 ; 3 : 3-10,12-21,23) et, après lui, Isaac et Jacob ou Israël, parmi les descendants duquel le Seigneur accomplit de grands prodiges par l'intermédiaire de Moïse. Ainsi, n'y eût-il eu aucun récit écrit, la tradition aurait conservé et transmis la connaissance de Dieu.

      Mais même si les récits de la plus ancienne communion personnelle de l'homme avec Dieu s'étaient estompés avec le temps et s'étaient affaiblis dans leurs effets, ils n’auraient pu que faire place à d'autres traditions fondées sur des manifestations ultérieures de la personne divine. Le Seigneur se fit connaître à Moïse, non seulement derrière le rideau de feu et l'écran de nuages (voir Exode 3:4 ; 19:18 ; Nombres 12:5), mais par une communion face à face, grâce à laquelle l'homme vit même « la représentation » de son Dieu (Nombres 12:8 - La « Revised Version » anglaise dit : « la forme de l'Éternel », ndt ; voir aussi Moïse 1:1,2,11,31). Ce récit de communion directe entre Moïse et Dieu, à une partie de laquelle le peuple était autorisé à prendre part (voir Exode 19:9,11,17-20) dans la mesure où sa foi et sa pureté le permettaient, a été conservé par Israël à travers toutes les générations. Et d'Israël, les traditions de l'existence de Dieu se sont répandues dans le monde entier, de sorte que nous retrouvons des traces de cette ancienne connaissance même dans les mythologies perverties des nations païennes.


2. La raison humaine

      La raison humaine, se basant sur l'observation de la nature, déclare fortement l'existence de Dieu. L'esprit déjà imbu des vérités historiques de l'existence divine et de ses relations étroites avec l'homme, trouvera de tous côtés des preuves confirmatives dans la nature et même celui qui rejette le témoignage du passé et estime son propre jugement supérieur à la croyance commune des âges, ressent l'appel des preuves multiples de l'existence d'un but dans la nature. L'observateur est impressionné par l'ordre et le système manifeste de la création ; il note la succession régulière du jour et de la nuit, pourvoyant des périodes alternées de travail et de repos à l'homme, aux animaux et aux plantes ; la suite des saisons ayant, chacune, ses périodes plus longues d'activité et de récupération ; la dépendance mutuelle des animaux et des plantes ; le cycle de l'eau, de la mer aux nuages et, de nouveau, des nuages à la terre, avec ses effets bienfaisants. Quand l'homme se met en devoir d'examiner les choses de plus près, il découvre que, par l'étude et la recherche scientifique, ces preuves sont multipliées de nombreuses fois. Il peut apprendre les lois qui gouvernent la terre et les mondes qui lui sont associés dans leurs orbites, qui gardent les satellites subordonnés aux planètes et les planètes aux soleils ; il peut contempler les merveilles de l'anatomie des végétaux et des animaux ainsi que le mécanisme supérieur de son propre corps ; et comme ces appels à sa raison augmentent à chaque pas, sa perplexité concernant l'ordonnateur de tout cela fait place à l'adoration pour le Créateur dont la présence et le pouvoir sont ainsi proclamés avec tant de force ; et l'observateur devient un adorateur.

      Partout dans la nature, il y a évidence de la cause et de l'effet ; de tous côtés, il y a démonstration de moyens adaptés à une fin. Mais de telles adaptations, écrit un penseur, « indiquent une invention dans un but donné et l'invention est une preuve d'intelligence et l'intelligence est l'attribut de l'esprit, et l'esprit intelligent qui construisit cet univers prodigieux c'est Dieu ». Admettre l'existence d'un dessinateur par la preuve que constitue le dessin, dire qu'il doit y avoir un inventeur dans un monde d'inventions intelligentes, croire en un être qui adapte, quand la vie de l'homme dépend directement des adaptations les plus parfaites qu'on puisse concevoir, n'est qu'admettre des vérités qui vont de soi. Le soin de prouver la non-existence de Dieu doit être laissé à celui qui met en doute la vérité solennelle que Dieu vit. « Chaque maison est construite par quelqu'un ; mais celui qui a construit toutes choses, c'est Dieu » (Hébreux 3:4). Si claire que soit la vérité ainsi exprimée, il y en a, parmi les hommes, quelques-uns qui professent mettre en doute les preuves de la raison et nier l'auteur de leur propre existence. Étrange, n'est-ce pas, que ça et là, quelqu'un qui trouve dans l'ingéniosité dont fait preuve la fourmi qui bâtit sa maison, dans l'architecture de la ruche et dans les myriades d'exemples de l'existence d'un instinct de l'ordre parmi les moindres créatures vivantes, une preuve d'intelligence dont l'homme peut s'inspirer et tirer profit, mettra cependant en doute l'opération de l'intelligence dans la création des mondes et la constitution de l'univers ?

      La perception de l'homme lui parle de sa propre existence ; son observation lui prouve l'existence d'autres êtres de son espèce et d'ordres innombrables d'êtres organisés. Nous en concluons qu'il a toujours dû exister quelque chose, car s'il y avait eu un temps de non-existence, une période de néant, l'existence n'aurait jamais pu commencer, car rien ne peut provenir de rien. L'existence éternelle de quelque chose est donc un fait incontestable et la question qui demande réponse est : Quelle est cette chose éternelle - cette existence qui n'a ni commencement ni fin ? La manière et l'énergie sont des réalités éternelles ; mais la matière, d'elle-même, n'est ni vitale, ni active, ni la force, intelligente par elle-même ; cependant la vitalité et l'activité caractérisent les choses vivantes et les effets de l'intelligence sont universellement présents. La nature n'est pas Dieu ; et prendre l'un pour l'autre, c'est appeler l'édifice architecte, l'ouvrage inventeur, le marbre sculpteur et la chose le pouvoir qui la fit. Le système de la nature est la manifestation d'un ordre qui dénote une intelligence directrice ; et cette intelligence est de nature éternelle, du même âge que l'existence elle-même. La nature elle-même est la déclaration d'un être supérieur dont elle exhibe la volonté et le but, dans ses aspects variés. Au-delà et au-dessus de la nature il y a le Dieu de la nature.

      Bien que l'existence soit éternelle et que, par conséquent, il n'y ait jamais eu de commencement et qu'il n'y aura jamais de fin à l'être dans un sens relatif, chaque stade d'organisation doit avoir eu un commencement et, pour chaque phase de l'existence manifestée dans chacun des ordres innombrables de choses créées, il y a eu un premier comme il y aura un dernier ; quoique chaque fin ou consommation ne soit, dans la nature, qu'un autre commencement. Ainsi l'ingéniosité de l'homme a inventé des théories pour illustrer, sinon pour expliquer, une suite possible d'événements par lesquels la terre a été transformée d'un état de chaos à sa condition habitable actuelle ; mais, selon ces hypothèses, ce globe fut autrefois une sphère stérile, sur laquelle aucune des formes innombrables de la vie qui l'occupent maintenant n'aurait pu exister. Le théoricien doit donc admettre un commencement à la vie sur terre et un tel commencement n'est explicable que si l'on suppose un acte créateur, une génération spontanée ou un apport provenant du dehors de la terre. S'il admet que la vie a été introduite sur terre d'une autre sphère plus âgée, il ne fait que reculer les bornes de son enquête sur le commencement de la vie ; car expliquer l'origine d'un rosier qui se trouve dans notre jardin en disant qu'il fut transplanté sous forme de pousse provenant d'un rosier qui croissait ailleurs ne répond pas à la question de l'origine des roses. La science se trouve dans la nécessité d'attribuer un commencement aux phénomènes de la vie sur cette planète et admet que la terre a une durée limitée dans le cours de changement progressif actuel ; et il en va des corps célestes en général comme de la terre. L'éternité de l'existence n'indique donc pas plus positivement l'existence d'un souverain éternel que la suite sans fin de changements dont chaque phase a un commencement et une fin. La génération des choses créées, le commencement d'un univers organisé, sont absolument inexplicables, si on suppose que des changements spontanés se sont produits dans la matière ou qu'il y a eu des opérations fortuites ou accidentelles de ses propriétés.

      La raison humaine, si sujette à se tromper quand elle traite de questions de moindre importance, ne pourrait pas, d'elle-même, mener son possesseur à une connaissance convaincante de Dieu ; cependant l'exercice de la raison aidera l'homme dans sa recherche, fortifiant et confirmant l'instinct héréditaire qui le porte vers son Créateur. « L'insensé dit en son cœur : Il n'y a point de Dieu » (Psaumes 14:1). Dans ce passage, comme dans l'usage scriptural ailleurs, l'insensé (voir Psaumes 107:17 Proverbes 1:7 ; 10:21 ; 14:9) est un méchant qui a perdu sa sagesse en faisant le mal, jetant les ténèbres sur son esprit au lieu de la lumière et l'ignorance au lieu de la connaissance. Engagé dans une telle voie, l'esprit devient dépravé et incapable d'apprécier les arguments plus raffinés de la nature. Le pécheur volontaire devient sourd à la voix de l'intuition et de la raison dans les choses saintes, et perd le privilège de communier avec son Créateur, perdant ainsi les moyens les plus puissants de parvenir à une connaissance personnelle de Dieu.

 
3. La révélation

      La révélation donne à l'homme sa connaissance la plus sûre de Dieu. Les Écritures abondent en exemples où le Seigneur, plus particulièrement Jéhovah, s'est manifesté à ses prophètes dans les temps anciens comme dans les temps plus récents. Nous avons déjà noté que le fondement de nombreuses traditions qui se rapportent à l'existence et à la personnalité de Dieu est constituée par ses révélations de lui-même à Adam et à d'autres patriarches antédiluviens ; ensuite, à Noé, à Abraham, à Isaac, à Jacob et à Moïse. Un exemple brièvement mentionné dans la Genèse est celui d'Hénoc, le père de Métuschélah ; nous lisons de lui qu'il marcha avec Dieu (voir Genèse 5:18-24 ; voir aussi Hébreux 11:5 et Jude 14) et, de plus, que le Seigneur se manifesta, de façon particulièrement distincte, à ce juste prophète (voir Moïse chapitres 6 et 7), lui révélant le cours des événements jusqu'à l'époque du ministère prévu de Jésus dans la chair, le plan de salut par le sacrifice du Fils unique, et ce qui suivrait, jusqu'au jugement final.

      Quant à Moïse, nous lisons qu'il entendit la voix de Dieu, qui lui parla du milieu du buisson ardent sur le mont Horeb, disant : « Je suis le Dieu de ton Père, le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob. Moïse se cacha le visage, car il craignait de regarder Dieu » (Exode 3:6). Dieu apparut, dans une nuée, à Moïse et à Israël assemblés, accompagné du bruit terrifiant des tonnerres et des éclairs, sur le Sinaï : « Tu parleras ainsi aux enfants d'Israël : Vous avez vu que je vous ai parlé depuis les cieux » (Exode 20:18-22). Nous apprenons, au sujet d'une manifestation ultérieure : « Moïse monta avec Aaron, Nadab et Abihu, et soixante-dix anciens d'Israël. Ils virent le Dieu d'Israël ; sous ses pieds c'était comme un ouvrage de saphir transparent, comme le ciel lui-même dans sa pureté » (Exode 24:9,10).

      Au temps de Josué et des Juges et au cours du règne des Rois, le Seigneur manifesta sa présence et son pouvoir à Israël. Ésaïe vit le Seigneur sur son trône, au milieu d'une compagnie glorieuse, et il s'écria : « Malheur à moi ! Je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures, j'habite au milieu d'un peuple dont les lèvres sont impures, et mes yeux ont vu le roi, l'Éternel des Armées » (Ésaïe 6:1-5). À une période ultérieure, lorsque le Christ émergea des eaux du baptême, la voix du Père se fit entendre, déclarant : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection » (Matthieu 3:16,17 ; Marc 1:11). Et à l'occasion de la transfiguration de notre Seigneur, la même voix répéta ces mêmes paroles glorieuses et solennelles (voir Matthieu 17:1-5 ; voir aussi Luc 9:35). Tandis qu'Étienne subissait le martyre que ses compatriotes, cruels et fanatiques, lui infligeaient, les cieux furent ouverts et il vit « la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu » (Actes 7:54-60).

      Le Livre de Mormon est rempli d'exemples de communications entre Dieu et son peuple, la plupart par des visions et par le ministère d'anges mais aussi par la manifestation directe de la présence divine. Ainsi, nous lisons qu'une colonie quitta la tour de Babel et se rendit sur le continent américain sous la conduite d'un homme, connu dans le récit sous le nom de frère de Jared. Au cours des préparatifs pour le voyage à travers l'océan, cet homme pria pour que le Seigneur touchât du doigt et rendît ainsi lumineuses certaines pierres pour que les voyageurs eussent de la lumière dans leurs vaisseaux. En réponse à cette requête, le Seigneur étendit la main et toucha les pierres, révélant son doigt qui, à la grande surprise de l'homme, ressemblait à un doigt humain. Alors le Seigneur, heureux de voir la foi de l'homme, se rendit visible et montra au frère de Jared que l'homme avait été littéralement formé à l'image de son Créateur (voir Éther, chapitre 3). Aux Néphites, qui habitaient le continent occidental, le Christ se révéla après sa résurrection et son ascension. À ces brebis du troupeau de l'ouest, il rendit témoignage du mandat qu'il avait reçu du Père, montra les blessures de ses mains, de ses pieds et de son côté, et servit de nombreuses façons les multitudes croyantes (voir 3 Néphi, chapitres 11 à 28).

      Dieu s'est révélé à son peuple au cours de la dispensation actuelle (ndlr : 
une dispensation de l'Évangile est une époque au cours de laquelle le Seigneur a au moins un serviteur autorisé sur la terre qui détient les clefs de la Sainte Prêtrise). Grâce à sa foi et à la sincérité de ses intentions, Joseph Smith, bien qu'encore tout jeune, obtint personnellement une manifestation de la présence de Dieu, et même le privilège de voir, ensemble, le Père éternel et Jésus-Christ, le Fils. Son témoignage de l'existence de Dieu ne dépend pas de la tradition ni de déductions étudiées ; il déclara au monde que Dieu le Père et Jésus-Christ, le Fils, sont tous deux vivants, car il avait vu leurs personnes et entendu leur voix. En plus de la manifestation citée, Joseph Smith et son compagnon de service, Sidney Rigdon, affirment que, le 16 février 1832, ils virent le Fils de Dieu et conversèrent avec lui dans une vision céleste. Décrivant cette manifestation, ils disent ceci : « Et tandis que nous méditions ces choses, le Seigneur toucha les yeux de notre intelligence et ils furent ouverts, et la gloire du Seigneur resplendit tout à l'entour. Et nous vîmes la gloire du Fils, à la droite du Père, et reçûmes de sa plénitude. Nous vîmes les saints anges et ceux qui sont sanctifiés devant son trône, adorant Dieu et l'Agneau, qu'ils adorent pour toujours et à jamais. Et maintenant, après les nombreux témoignages qui ont été rendus de lui, voici le témoignage, le dernier de tous, que nous rendons de lui : Qu'il vit ! Car nous le vîmes, et ce à la droite de Dieu ; et nous entendîmes la voix rendre témoignage qu'il est le Fils unique du Père - que par lui, à travers lui et en lui, les mondes sont et furent créés, et que les habitants en sont des fils et des filles engendrés pour Dieu » (D&A 76:19-24).

      De nouveau, le 3 avril 1836, dans le Temple de Kirtland, en Ohio, le Seigneur se manifesta à Joseph Smith et à Oliver Cowdery, qui décrivent l'événement comme suit : « Nous vîmes le Seigneur debout sur la balustrade de la chaire, devant nous ; sous ses pieds, il y avait un pavement d'or pur, d'une couleur semblable à l'ambre. Ses yeux étaient de flamme, ses cheveux étaient blancs comme la neige immaculée, son visage était plus brillant que l'éclat du soleil et sa voix était comme le bruit du déferlement des grandes eaux, savoir la voix de Jéhovah, disant : Je suis le premier et le dernier ; je suis celui qui vit, je suis celui qui a été immolé ; je suis votre avocat auprès du Père » (D&A 110:2-4).


La Divinité : La Trinité

      Trois personnages, composant le grand conseil président de l'univers, se sont révélés à l'homme : (1) Dieu, le Père éternel ; (2) son Fils Jésus-Christ et (3) le Saint-Esprit. Les récits acceptés des rapports divins avec l'homme démontrent que ces trois Êtres sont des individus séparés, physiquement distincts l'un de l'autre. À l'occasion du baptême du Sauveur, Jean reconnut le signe du Saint-Esprit ; il vit devant lui, dans un corps de chair, le Christ auquel il venait d'administrer la sainte ordonnance et il entendit la voix du Père (voir Matthieu 3:16,17 ; voir aussi Marc 1:9-11 ; Luc 3:21,22). Les trois personnages de la Divinité étaient présents, se manifestant chacun d'une façon différente et chacun distinct des autres. Plus tard, le Sauveur promit à ses disciples que le Consolateur (voir Jean 14:26 ; 15:26), qui est le Saint-Esprit, leur serait envoyé par son Père ; ici encore les trois membres de la Divinité sont définis séparément. Étienne, au moment de son martyre, fut béni du pouvoir de vision céleste et vit Jésus à la droite de Dieu (voir Actes 7:55, 56). Joseph Smith, alors qu'il invoquait le Seigneur en une ardente prière, vit le Père et le Fils debout au milieu d'une lumière qui dépassait en clarté celle du soleil et l'un d'eux déclara en montrant l'autre : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoute-le ! » Chacun des membres de la Trinité est appelé Dieu (voir 1 Corinthiens 8:6 ; Jean 1:1-14 ; Matthieu 4:10 ; 1 Timothée 3:16 ; 1 Jean 5:7 Mosiah 15:1,2) ; ensemble, ils constituent la Divinité.


Unité de la Divinité

      La Divinité est un type d'unité dans les attributs, les pouvoirs et les buts de ses membres. Jésus, alors qu'il se trouvait sur terre (voir Jean 10:30,38 ; 17:11,22), se manifestant à ses serviteurs néphites (voir 3 Néphi 11:27,36 ; 28:10 ; voir aussi Alma 11:44 ; Mormon 7:7), a témoigné souvent de l'union qui existait entre le Père et lui et entre eux et le Saint-Esprit. Rationnellement, on ne peut pas interpréter cela comme signifiant que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont un en substance et en personne ni que les noms représentent le même personnage sous différents aspects. Une seule référence suffira à prouver l'erreur de tout point de vue de ce genre. Immédiatement avant d'être trahi, le Christ pria pour ses disciples, les Douze et les autres convertis, pour qu'ils fussent préservés dans leur union (voir Jean 17:11-21) « afin qu'ils soient parfaitement un » comme le Père et le Fils sont un. Nous ne pouvons pas supposer que le Christ pria pour que ses disciples perdissent leur individualité et ne devinssent qu'une personne, même si un changement aussi directement opposé à la nature eût été possible. Le Christ désirait que tous fussent unis de cœur, ayant la même volonté et le même but, car telle est l'unité qui existe entre son Père et lui, et entre eux et le Saint-Esprit.

      Cette unité est un modèle de perfection ; la volonté de n'importe quel membre de la Trinité est la volonté des autres ; voyant, comme chacun d'eux le fait, avec l’œil de la perfection, ils voient et comprennent de la même façon. Dans n'importe quelle circonstance donnée, chacun agirait de la même manière, guidé par les mêmes principes de justice et d'équité infaillibles. L'unité de la Divinité dont les Écritures témoignent si abondamment, n'implique aucune union mystique de substance, ni aucune fusion contre nature et, par là, impossible de personnalités. Père, Fils et Saint-Esprit sont aussi distincts l'un de l'autre dans leur personne et leur individualité que trois personnages quelconques dans la mortalité. Cependant leur unité de but et d'action est telle que leurs décisions sont unanimes et leur volonté la volonté de Dieu. Le Père et le Fils sont semblables même en apparence physique, c'est pourquoi, alors que Philippe l'importunait pour qu'il lui montrât le Père, le Christ lui parla en ces termes : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m'as pas connu, Philippe ! Celui qui m'a vu a vu le Père ; comment dis-tu : Montre-nous le Père ? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même, et le Père, qui demeure en moi, c'est lui qui fait les oeuvres. Croyez-moi, je suis dans le Père et le Père est en moi » (Jean 14:9-11 ; voir aussi Hébreux 1:3).


Personnalité de chaque membre de la Divinité

      Les preuves déjà présentées montrent clairement que le Père est un être personnel, possédant une forme définie, des parties corporelles et des passions spirituelles. Jésus-Christ, qui était avec le Père (voir Jean 17:5), en esprit, avant de venir habiter dans la chair et par qui les mondes furent créés (voir Jean 1:3 ; Hébreux 1:2 ; Éphésiens 3:9 ; Colossiens 1:16), vécut, homme parmi les hommes, avec toutes les caractéristiques physiques d'un être humain ; après sa résurrection, il apparut sous la même forme (voir Jean 20:14,15,19,20,26,27 ; 21:1-14 ; Matthieu 28:9 ; Luc 24:15-31, 36-44) ; c'est sous cette forme qu'il monta aux cieux (voir Actes 1:9-11) et c'est sous cette forme qu'il se manifesta aux Néphites et aux prophètes modernes. Nous sommes assurés que le Christ était à l'image expresse de son Père (voir Hébreux 1:3 ; Colossiens 1:15 ; 2 Corinthiens 4:4), à l'image duquel l'homme aussi a été créé (voir Genèse 1:26,27 ; Jaques 3:8,9). C'est pourquoi, nous savons que le Père et le Fils sont des hommes parfaits en forme et en stature : Chacun d'eux possède un corps tangible infiniment pur et parfait, revêtu d'une gloire transcendante, mais qui est néanmoins un corps de chair et d'os (voir D&A 130:22).

      Le Saint-Esprit, appelé aussi Esprit et Esprit du Seigneur (voir 1 Néphi 4:6 ; 11:1-12 ; Mosiah 13:5 ; Marc 1:10 ; Jean 1:32 ; Actes 2:4 ; 8:29 ; 10:19 ; Romains 8:10,26 ; 1 Thessaloniciens 5:19), Esprit de Dieu (voir Matthieu 3:16 ; 12:28 ; 1 Néphi 13:12,13), Consolateur (voir Jean 14:16,26 ; 16:7) et Esprit de Vérité (voir Jean 15:26 ; 16:13), n'est pas revêtu d'un corps de chair et d'os, mais est un personnage d'esprit (voir D&A 130:22). Nous savons cependant que l'Esprit s'est manifesté sous la forme d'un homme (voir 1 Néphi 11:11). C'est par le ministère de l'Esprit que le Père et le Fils opèrent dans leurs communications avec les hommes (voir Néhémie 9:30 ; Ésaïe 42:1 ; Actes 10:19 ; Alma 12:3 ; D&A 105:36 ; 97:1) ; c'est par lui que la connaissance est communiquée (voir Jean 16:13 ; 1 Néphi 10:19 ; D&A 35:13 ; 50:10), et c'est par lui que s'accomplissent les buts de la Divinité (voir Genèse1:2 ; Job 26:13 ; Psaumes 104:30 ; D&A 29:31). Le Saint-Esprit est le témoin du Père et du Fils (voir Jean 15:26 ; Actes 5:32 ; 20:23 ; 1 Corinthiens 2:11 ; 12:3 ; 3 Néphi 11:32), déclarant leurs attributs à l'homme et rendant témoignage des autres membres de la Divinité (voir Jean 16:26 ; Actes 5:32 ; 1 Corinthiens 2:11 ; 3 Néphi 11:32).


Quelques-uns des attributs divins

      Dieu est omniprésent - Il n'y a pas d'endroit de la création, si éloigné soit-il, dans lequel Dieu ne puisse pénétrer ; au moyen de l'Esprit, la Divinité est en communication directe avec toutes choses en tout temps. Il a été dit, pour cette raison, que Dieu est présent partout ; mais cela ne signifie pas que la personne même d'un membre quelconque de la Divinité puisse être physiquement présente en plus d'un lieu à la fois. Les sens de chaque membre de la Trinité sont doués d'une puissance infinie, leur esprit d'une capacité illimitée ; leur pouvoir de se transporter d'un lieu à l'autre sont infinis. Il est clair, cependant, que leur personne ne peut pas être en plus d'un endroit à la fois. Si nous admettons la personnalité de Dieu, nous sommes forcés d'accepter le fait qu'il est matériel ; en effet, un « être immatériel » - terme sans signification par lequel certains ont voulu désigner la condition de Dieu - ne peut pas exister, car l'expression elle-même est contradictoire en ses termes. Si Dieu possède une forme, cette forme est, nécessairement, de proportions déterminées et, par conséquent, de dimensions limitées dans l'espace. Il lui est donc impossible d'occuper, à la fois, plus d'un espace de mêmes dimensions et, pour cette raison, il n'est pas étonnant d'apprendre, par les Écritures, qu'il se meut d'un lieu à l'autre. C'est ainsi que nous lisons, en relation avec le récit de la Tour de Babel : « L'Éternel [c'est-à-dire Jéhovah, le Fils] descendit pour voir la ville et la tour » (Genèse 11:5). De plus, Dieu apparut à Abraham et ayant déclaré qu'il était « le Dieu Tout-Puissant », il parla avec le patriarche et établit une alliance avec lui. Nous lisons ensuite : « Lorsqu'il eut achevé de lui parler, Dieu s'éleva au-dessus d'Abraham » (Genèse 17:1,22).

      Dieu est omniscient - C'est par lui que la matière a été organisée et l'énergie dirigée. Il est donc le Créateur de tout ce qui a été créé, « le Seigneur, qui fait ces choses, et à qui elles sont connues de toute éternité » (Actes 15:18 ; voir Moïse 1:6,35,37 ; 1 Néphi 9:6). Son pouvoir et sa sagesse sont également incompréhensibles à l'homme, car ils sont infinis. Étant lui-même éternel et parfait, sa connaissance ne peut être autrement qu'infinie. Pour se comprendre lui-même, Être infini, il doit posséder une intelligence infinie. Par l'entremise des anges et de ses serviteurs, il est en communication permanente avec toutes les parties de la création et peut les visiter personnellement, selon sa volonté.

      Dieu est omnipotent - Il est, à juste titre, appelé le Tout-Puissant. L'homme peut discerner de toutes parts les preuves de l'omnipotence divine, dans les forces qui contrôlent les éléments de la terre et guident les sphères célestes dans leur course prescrite. Ce que sa sagesse indique qu'il est nécessaire de faire, Dieu peut le faire et le fera. Les moyens par lesquels il opère peuvent ne pas être d'une capacité infinie en eux-mêmes, mais ils sont dirigés par un pouvoir infini. Une conception rationnelle de son omnipotence serait : le pouvoir de faire tout ce qu'il peut vouloir faire.

      Dieu est bon, bienveillant et aimant - tendre, prévenant et indulgent, supportant patiemment les faiblesses de ses enfants. Il est juste et miséricordieux dans ses jugements (voir Deutéronome 4:31 ; 2 Chroniques 30:9 ; Exode 20:6 ; 34:6 ; Néhémie 9:17,31 ; Psaumes 116:5 ; 103:8 ; 86:15 ; Jérémie 32:18) ; cependant ces qualités plus douces sont combinées avec une grande fermeté à venger les torts (voir Exode 20:5 ; Deutéronome 7:21 ; 10:17 ; Psaumes 7:11). Il est jaloux (Exode 20:5 ; 34:14 ; Deutéronome 4:24 ; 6:14,15 ; Josué 24:19,20) de son propre pouvoir et du respect qu'on lui rend ; c'est-à-dire qu'il a le zèle des principes de vérité et de pureté, qui ne sont manifestés nulle part à un plus haut degré que dans ses attributs personnels. Cet Être est l'auteur de notre existence, c'est à lui qu'il nous est permis de nous adresser comme Père. Notre foi en lui augmentera avec la connaissance que nous acquérons de lui.


Idolâtrie et Athéisme

      D'après les preuves abondantes de l'existence de la Divinité dont l'idée est si généralement acceptée par la famille humaine, il semble qu'il y ait peu de raisons sur lesquelles l'homme puisse, rationnellement, appuyer et maintenir une incroyance en Dieu et, étant donné les preuves nombreuses de la nature bienveillante des attributs divins, il ne devrait y avoir que peu de tendance à se tourner vers de faux et indignes objets de culte. Cependant, l'histoire du genre humain montre que le théisme, qui est la doctrine de la croyance en Dieu et de l'acceptation de Dieu, se voit opposer de nombreuses variétés d'athéisme ; que l'homme est enclin à démentir ses prétentions à la raison et à offrir son culte dans des sanctuaires idolâtres. L'athéisme s'est probablement développé au cours d'époques plus récentes, tandis que l'idolâtrie se révèle être un des premiers pêchés du genre humain. Même au temps de l'exode d'Israël hors d'Égypte, Dieu jugea nécessaire de commander, par statut : « Tu n'auras pas d'autres dieux devant ma face » (Exode 20:3) ; cependant, alors même qu'il gravait ces paroles sur les tables de pierre, son peuple se souillait devant le veau d'or, façonné sur le modèle d'une idole égyptienne.

      L'homme possède l'instinct du culte ; il aspire à un objet d'adoration et en trouvera un. Lorsqu'il tomba dans les ténèbres d'une transgression persistante et oublia son Créateur et le Dieu de ses pères, il chercha d'autres divinités. Les uns en arrivèrent à considérer le soleil comme type du suprême et ils se prosternèrent devant ce luminaire, pour l'invoquer. Les autres choisirent des phénomènes terrestres pour objet de leur culte ; ils s'émerveillèrent devant le mystère du feu et adorèrent la flamme. D'autres virent ou crurent voir en l'eau l'emblème de la pureté et du bien et firent leurs dévotions près des cours d'eau. D'autres encore, frappés de crainte et de respect par la grandeur des montagnes gigantesques, se rendirent dans ces temples naturels et adorèrent l'autel au lieu de Celui par le pouvoir duquel il avait été élevé. Une autre classe, plus imbue de respect pour tout ce qui est emblème, chercha à se créer des objets artificiels d'adoration. Ils se firent des images en taillant des figurines grossières dans des troncs d'arbres et en ciselant des formes étranges dans la pierre et ils se prosternèrent devant cela.

      Les pratiques idolâtres, dans certains de leurs aspects, finirent par s'associer à des rites d'une cruauté horrible comme dans la coutume de sacrifier des enfants à Moloch et, parmi les Hindous, au Gange ; comme aussi dans le massacre d'êtres humains sous la tyrannie des druides. Les dieux que les hommes se sont donné sont sans cœur, sans pitié et cruels.

      L'athéisme est la négation de l'existence de Dieu ; sous une forme moins prononcée, il peut consister à ignorer la Divinité. Mais celui qui professe l'athéisme est sujet, comme ses frères mortels croyants, à la passion universelle de l'homme pour le culte. Quoiqu'il refuse de reconnaître le Dieu vrai et vivant, il déifie consciemment ou inconsciemment quelque loi, quelque principe, quelque attribut de l'âme humaine ou, à l'occasion, quelque création matérielle. Et il se tourne vers cela pour chercher un semblant du réconfort que le croyant trouve en abondance dans la prière qu'il adresse à son Père et son Dieu. Je doute qu'il existe un véritable athée, un athée qui, avec la sincérité d'une conviction bien établie, nie en son cœur, l'existence d'un pouvoir intelligent et suprême.

      L'idée de Dieu est une caractéristique inhérente de l'âme humaine. Le philosophe reconnaît la nécessité d'une telle idée dans ses théories de l'être. Il peut se refuser à reconnaître ouvertement l'existence d'un Dieu personnel, cependant il suppose l'existence d'un pou voir directeur, d'un grand inconnu, de l'inconnaissable, de l'illimitable, de l'inconscient. Ô homme savant quoique peu sage, pourquoi rejeter les privilèges qui te sont accordés par l'Être omnipotent et omniscient à qui tu dois la vie, et dont tu ne veux cependant pas reconnaître le nom ? Aucun mortel ne peut s'approcher de lui et contempler ses perfections et sa puissance sans éprouver de la crainte et du respect. Rien déjà qu'en le considérant comme Créateur et Dieu, nous sommes confondus lorsque nous pensons à lui. Mais il nous a donné le droit d'aller vers lui parce que nous sommes ses enfants, et de l'invoquer sous le nom de Père. Même l'athée éprouve, aux heures les plus solennelles de sa vie, un élan de l'âme vers un Père spirituel, aussi naturellement que ses affections humaines le tournent vers le père qui lui a donné la vie mortelle. L'athéisme d'aujourd'hui n'est, après tout, qu'une forme de paganisme.


Vues confessionnelles de la Divinité

      La doctrine cohérente, simple et authentique de la nature et des attributs de Dieu, telle qu'elle a été enseignée par le Christ et ses apôtres, dégénéra lorsque la révélation cessa et lorsque les ténèbres, résultant de l'absence d'autorité divine, se répandirent sur le monde, après que les apôtres et la prêtrise eurent été chassés de la terre. À la place de cette doctrine, apparurent de nombreux dogmes et théories, de facture humaine, dont beaucoup sont absolument incompréhensibles à cause de leur inconséquence et de leur mysticisme.

      En 325, le Concile de Nicée fut convoqué sur l'ordre de l'empereur Constantin, qui chercha à obtenir de cette assemblée une déclaration de foi chrétienne qui serait acceptée comme faisant autorité, et qui serait le moyen d'arrêter les dissensions sans cesse croissantes occasionnées par le désaccord qui régnait au sujet de la nature de la Divinité et d'autres sujets théologiques. Le Concile condamna certaines théories alors courantes, y compris celle d'Arius qui affirmait que le Fils avait été créé par le Père et, par conséquent, ne pouvait pas être co-éternel avec le Père. Le Concile promulgua ce qui est connu sous le nom de credo de Nicée ; et ce credo fut suivi, plus tard, par le credo d'Athanase, au sujet duquel des controverses se sont cependant élevées quant à son véritable auteur (voir La Grande Apostasie, du même auteur, chap. 7). Voici ce credo : « Nous adorons un seul Dieu dans la Trinité, et la Trinité en Unité, sans confondre les personnes ni diviser la substance, car il y a une personne pour le Père, une autre pour le Fils, et une autre pour le Saint-Esprit. Mais la Divinité du Père, du Fils et du Saint-Esprit est tout une ; la gloire égale, la majesté coéternelle. Tel que le Père est, tel est le Fils et tel est le Saint-Esprit. Le Père incréé, le Fils incréé et le Saint-Esprit incréé. Le Père incompréhensible, le Fils incompréhensible et le Saint-Esprit incompréhensible. Le Père éternel, le Fils éternel et le Saint-Esprit éternel, mais un seul éternel. Et il n'y a pas non plus, trois incompréhensibles ni trois incréés ; mais un seul incréé et un seul incompréhensible. De même, le Père est Tout-Puissant, le Fils Tout-Puissant et le Saint-Esprit Tout-Puissant ; et cependant il n'y a pas trois Tout-Puissants, mais un seul Tout-Puissant. De même, le Père est Dieu, le Fils est Dieu, et le Saint-Esprit est Dieu et cependant il n'y a pas trois Dieux, mais un seul Dieu. » Il serait difficile de concevoir un plus grand nombre d'incohérences et de contradictions exprimées en si peu de mots.

      L'Église anglicane enseigne actuellement comme orthodoxe la conception suivante de Dieu : « Il n'y a qu'un seul Dieu vrai et vivant, éternel, sans corps, sans parties ni passions ; d'une puissance, d'une sagesse et d'une bonté infinies ». L'immatérialité de Dieu, affirmée par ces déclarations confessionnelles, diffère totalement des Écritures et est absolument contredite par les révélations de la personne et des attributs de Dieu, comme le démontrent les citations déjà faites.

      Nous affirmons que nier la matérialité de la personne de Dieu est nier Dieu ; car une chose sans parties n'a pas de tout et un corps immatériel ne peut pas exister. L'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours s'élève contre la notion d'un Dieu incompréhensible, sans « corps, sans parties ni passions », affirmant qu'une telle chose ne peut pas exister, et proclame sa croyance et sa fidélité au Dieu vrai et vivant des Écritures et de la révélation.
 

 
Source : James E. Talmage, Articles of Faith, Salt Lake City, 1890



hibou ecrit Cette petite Emma est autiste mais a une voix merveilleuse

La personnalité du Père et de Fils

LeGrand Richards (1886-1983)


Évêque président de 1938 à 1952
Membre du collège des Douze de 1952 à 1983

  
L'homme est créé à l'image et à la ressemblance de Dieu

      Le récit tout simple que nous a fait le prophète Joseph Smith de son entrevue avec le Père et le Fils (voir Appel prophétique de Joseph Smith) nous aide à comprendre les enseignements de la Bible concernant ce point important. Il faut se souvenir toutefois que cette connaissance, le prophète ne l'a pas acquise par l'étude de la Bible. Nous ne prenons la Bible que pour prouver que cette histoire est pleinement en harmonie avec les enseignements bibliques, dont nous allons reprendre ici quelques extraits :

Puis Dieu dit : Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre.

Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme (Genèse 1:26, 27).

      On a tenté d'expliquer que cette création n'était qu'à l'image et à la ressemblance spirituelles de Dieu, mais après avoir lu le récit tout simple de Joseph Smith, on se demande comment un historien aurait pu relater plus clairement, de façon plus compréhensible, ce qui s'est effectivement passé lors de la création de l'homme, surtout quand on lit : Adam, âgé de cent trente ans, engendra un fils à sa ressemblance, selon son image, et il lui donna le nom de Seth (Genèse 5:3).

      Joseph Smith découvrit qu'il était à l'image et à la ressemblance de Dieu et de Jésus-Christ, aussi littéralement que Seth était à la ressemblance et à l'image de son père Adam.


Moïse témoigne que Dieu est une personne

      C'est aussi ce qui nous fait apparaître si raisonnable et si facile à comprendre l'événement vécu par Moïse, ses compagnons, et soixante-dix anciens d'Israël :

Moïse monta avec Aaron, Nadab et Abihu, et soixante-dix anciens d'Israël.

Ils virent le Dieu d'Israël ; sous ses pieds, c'était comme un ouvrage de saphir transparent, comme le ciel lui-même dans sa pureté (Exode 24:9, 10).

Et lorsque Moïse était entré dans la tente, la colonne de nuée descendait et s'arrêtait à l'entrée de la tente, et l'Éternel parlait avec Moïse. Tout le peuple voyait la colonne de nuée qui s'arrêtait à l'entrée de la tente, tout le peuple se levait et se prosternait à l'entrée de sa tente. L'Éternel parlait avec Moïse face à face, comme un homme parle à son ami (Exode 33:9-11).

      Pourrait-on demander à un historien de décrire cet événement avec plus de clarté qu'en disant que le Seigneur et Moïse se parlèrent « face à face comme un homme parle à son ami » ? Est-il besoin d'expliquer à quelqu'un comment un homme parle à son ami ? Le Père et le Fils parlèrent à Joseph Smith « face à face, comme un homme parle à son ami ». Il n'y a qu'une chose qui rende ceci possible : c'est le fait que Dieu a effectivement créé l'homme à son image et à sa ressemblance. Toute autre image ou ressemblance eût-elle été de loin aussi merveilleuse ?


Paul témoigne que Dieu est une personne

      Paul, l'apôtre, tenta d'expliquer quelle sorte de personnage était Dieu en nous disant que son Fils, Jésus-Christ, était « le reflet de sa gloire et l'empreinte de sa personne » et qu'il « s'est assis à la droite de la majesté divine dans les lieux très hauts » (voir Hébreux 1:3). Ceci, évidemment, n'était possible que si son Père avait une forme à la droite de laquelle il pût s'asseoir.


Étienne témoigne que Dieu est une personne

      La description de Paul donne leur pleine valeur aux paroles prononcées par Étienne alors qu'il était lapidé par ses ennemis :

Mais Étienne, rempli du Saint-Esprit, et fixant les regards vers le ciel, vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu.

Et il dit : Voici, je vois les cieux ouverts, et le Fils de l'homme debout à la droite de Dieu (Actes 7:55, 56).

      Il vit donc deux personnages séparés, distincts : l'un, le Fils, se tenait à la droite de l'autre, le Père.


Jean témoigne que Dieu est une personne

      Ceci s'accorde aussi avec le récit du baptême de Jésus par Jean :

Dès que Jésus eut été baptisé, il sortit de l'eau. Et voici, les cieux s'ouvrirent, et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui.

Et voici, une voix fit entendre des cieux ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection (Matthieu 3:16, 17).

      Ici, chacun des trois membres de la Divinité est mentionné distinctement et séparément : 1) Jésus sortant de l'eau ; 2) le Saint-Esprit descendant comme une colombe ; 3) la voix du Père venant du ciel, exprimant son affection et son approbation pour son fils bien-aimé. Comment serait-il possible de croire que ces trois personnes n'en sont qu'une, dépourvue de corps ou de forme ?


Le Seigneur ressuscité

      Nous devons considérer maintenant le Seigneur ressuscité. À moins qu'il ne possède maintenant le corps de chair et d'os qui fut déposé dans le tombeau, il doit être mort une seconde fois, car quand Marie-Madeleine et l'autre Marie vinrent au sépulcre pour voir le corps de Jésus, elles découvrirent qu'un ange du Seigneur était descendu du ciel et se trouvait assis sur la pierre qu'il avait retirée de l'entrée :

Son aspect était comme l'éclair, et son vêtement blanc comme la neige...

Mais l'ange prit la parole et dit aux femmes : Pour vous, ne craignez pas ; car je sais que vous cherchez Jésus qui a été crucifié.

Il n'est point ici : il est ressuscité, comme il l'avait dit. Venez, voyez le lieu où il était couché (Matthieu 28:3, 5, 6).

      Après sa résurrection, Jésus apparut à beaucoup de monde. Tandis que les onze apôtres étaient réunis à Jérusalem et discutaient de ce qui était arrivé :

...[Jésus] lui-même se présenta au milieu d'eux, et leur dit : La paix soit avec vous. Saisis de frayeur et d'épouvante, ils croyaient voir un esprit.

Mais il leur dit : Pourquoi êtes-vous troublés et pourquoi pareilles pensées s'élèvent-elles dans vos cœurs ?

Voyez mes mains et mes pieds, c'est bien moi ; touchez-moi et voyez : un esprit n'a ni chair ni os, comme vous voyez que j'ai (Luc 24:36-39).

      Pour mieux prouver qu'il avait son corps, il prit du poisson rôti et un rayon de miel et il mangea devant eux.

      Avec son corps ressuscité, il s'éleva au ciel en présence de cinq cents frères :

... Et il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois . . . (1 Corinthiens 15:6).

      Ses apôtres le virent monter au ciel et les « deux hommes vêtus de blanc » qui se tenaient à leurs côtés affirmèrent ce fait :

comme il s avaient les regards fixés vers le ciel pendant qu'il s'en allait, voici, deux hommes vêtus de blanc leur apparurent, et dirent :

Hommes Galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel? Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, reviendra de la même manière que vous l'avez vu allant au ciel (Actes 1:10, 11).

      Si Jésus et son Père sont un seul en esprit, sans corps ni forme, si grand qu'il remplit l'univers et si petit qu'il habite dans notre cœur, comme tant de gens le croient et comme les Églises l'enseignent, quel est alors le sens de la résurrection que l'on commémore à Pâques dans les Églises chrétiennes, et qu'a fait Jésus de son corps après l'avoir montré aux apôtres et à d'autres personnes ?


Joseph Smith témoigne que Jésus est une personne

      Il fut donné à Joseph Smith de contempler ce même Jésus que l'on avait vu monter au ciel après sa résurrection. Voici le témoignage qu'en rendirent Joseph Smith et Sidney Rigdon après une vision qu'ils eurent à Hiram, en Ohio, le 16 février 1832 :

Et tandis que nous méditions là-dessus, le Seigneur toucha les yeux de notre intelligence, et ils furent ouverts, et la gloire du Seigneur resplendit tout alentour.

Et nous vîmes la gloire du Fils à la droite du Père et reçûmes de sa plénitude ;

Nous vîmes les saints anges et ceux qui sont sanctifiés devant son trône adorant Dieu et l'Agneau, qu'ils adorent pour toujours et à jamais.

Et maintenant après les nombreux témoignages qui ont été rendus de Lui, voici le nôtre, le dernier de tous : il vit!

Car nous le vîmes et ce, à la droite de Dieu ; et nous entendîmes la voix rendre témoignage qu'il est le Fils unique du Père ;

Que par lui, à travers lui et en lui, les mondes sont et furent créés, et que les habitants en sont des fils et des filles engendrés pour Dieu (D&A 76:19-24).

      Remarquez comme cette déclaration se rapproche de la première vision de Joseph Smith et du témoignage du Père au baptême de Jésus. Le Père parlait de son Fils - deux personnes séparées et distinctes. Le Père devait avoir une voix, sinon il n'aurait pu parler.

      Tel est donc le témoignage proclamé à tous ceux à qui il parviendra, jusqu'à ce que Jésus revienne pour régner en « Seigneur des seigneurs et Roi des rois » (voir Apocalypse 17:14).

      Comprendre qu'il existe et est une personne c'est se rendre compte de tout le sens de la promesse qui se trouve dans son Sermon sur la Montagne : « Heureux ceux qui ont le cœur pur : car ils verront Dieu » (Matthieu 5:8).


Les Écritures relatives à la personne de Dieu sont souvent mal comprises

      Il y a dans la Bible quelques passages que l'on a mal compris et qui ont entraîné une conception erronée de la personne et de la forme de Dieu et de son Fils Jésus-Christ. Nous pourrions en envisager brièvement quelques-uns.

Personne n'a jamais vu Dieu ; le Fils unique, qui est dans le sein du Père, est celui qui l'a fait connaître (Jean 1:18).

Personne n'a jamais vu Dieu ; si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour est parfait en nous (1 Jean 4:12).

      Dans sa Version Inspirée de la Bible, le prophète Joseph Smith nous donne ce qui suit :

Et personne n'a jamais vu Dieu sans rendre témoignage du Fils ; car personne ne peut être sauvé si ce n'est par lui (Jean 1:18).

Et il rend comme suit 1 Jean 4:12 :

Personne n'a jamais vu Dieu sauf ceux qui croient. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu habite en nous et son amour est parfait en nous.

      L'interprétation que le prophète Joseph Smith a donnée à ces Écritures était la vraie ; cela fut confirmé par une révélation qu'il reçut du Seigneur à Hiram, en Ohio, en novembre 1831 :

Car personne n'a jamais vu Dieu dans la chair s'il n'a été vivifié par l'Esprit de Dieu (D&A 67:11).

      Cette doctrine reçut un complément de lumière par les visions de Moïse révélées au prophète Joseph Smith :

Mais mes propres yeux ont vu Dieu, non pas mes yeux naturels, mais mes yeux spirituels, car mes yeux naturels n'auraient pu le voir, car je me serais desséché, et je serais mort en sa présence, mais sa gloire était sur moi, et j'ai vu sa face, car j'étais transfiguré devant lui (Moïse 1:11, dans la Perle de Grand Prix).

      Il est donc nettement établi que l'homme ne peut voir Dieu que s'il est « vivifié par l'Esprit de Dieu ». C'est, semble-t-il, l'idée que Jean avait à l'esprit quand il écrivit ceci :

Il est écrit dans les prophètes : Ils seront tous enseignés de Dieu. Ainsi quiconque a entendu le Père et a reçu son enseignement vient à moi.
Ce n'est pas que personne ait vu le Père, sinon celui qui est de Dieu ; celui-là a vu le Père (Jean 6:45, 46 selon la version du roi Jacques. Segond dit : « ... sinon celui qui vient de Dieu», ndt).


      Paul disait de Dieu que c'était un « Dieu invisible » :

En qui nous avons la rédemption, la rémission des péchés :

Il est l'image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création (Colossiens 1:14, 15).

      Une étude plus poussée des enseignements de Paul révèle qu'il avait la même conception que Jean ; alors que Dieu est invisible aux hommes en général, il n'est pas invisible aux prophètes, car il rappelait que Moïse avait vu le Dieu invisible :

C'est par la foi qu'il quitta l'Égypte, sans être effrayé de la colère du roi ; car il se montra ferme comme voyant celui qui est invisible (Hébreux 11:27).

      Jean faisait aussi de Dieu un esprit, ce qui jette la confusion chez certains :

« Dieu est esprit : et il faut que ceux qui l'adorent l'adorent en esprit et en vérité » (Jean 4:24).

      Ceci ne doit pas être une source de confusion, puisque nous sommes tous des esprits revêtus d'un corps de chair et d'os. Jean dit que nous devons « l'adorer en esprit et en vérité ». Il ne veut cependant pas dire que notre esprit doit quitter notre corps pour pouvoir l'adorer « en esprit ».

      Paul a déclaré : «Mais celui qui s'attache au Seigneur est avec lui un seul esprit » (1 Corinthiens 6:17). Nous sommes des esprits dans le même sens que Jean avait en tête quand il disait « Dieu est esprit ».


L'unité du Père et du Fils

      On a souvent mal interprété cette affirmation souvent répétée que Jésus et son Père sont un. Lisez soigneusement le chapitre dix-sept de Jean et ce point sera entièrement éclairci. Au moment où Jésus allait être sacrifié, il adressa une prière à son Père et le remercia pour ses apôtres, lui demandant « qu'ils soient un comme nous » (voir Jean 17:11). Puis il ajouta :

Ce n'est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, afin que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi, et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient un en nous, pour que le monde croie que tu m'as envoyé (Jean 17:20, 21).

      Or, il est évident maintenant que Jésus ne parlait pas de l'unité de personne, mais de l'unité de but, car dans la suite de sa prière il demandait qu'ils fussent avec lui, ce qui n'eût pas été nécessaire si l'unité à laquelle il pensait avait été l'unité de personne et non de but :

Père, je veux que là où je suis ceux que tu m'as donnés soient aussi avec moi, afin qu'ils voient ma gloire, la gloire que tu m'as donnée, parce que tu m'as aimé avant la fondation du monde (Jean 17:24).

      Encore une fois, il est évident que l'unité à laquelle il fait allusion ne signifie pas unité de personne, car si Jésus et son Père étaient une seule personne, comme il serait absurde de penser que Jésus s'invoquait lui-même ou qu'il s'était aimé avant la fondation du monde. Il dit :

« Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » (Jean 17:3).

      Cette connaissance vraie de Dieu et de son Fils, Jésus-Christ, a été rendue au monde à notre époque, non par l'étude de la Bible, mais par l'apparition de personnages célestes au jeune Joseph Smith, ainsi qu'il en a si éloquemment témoigné.



Source : LeGrand Richards, A Marvelous Work and a Wonder, Salt Lake City, 1950




hibou ecrit Cette petite Emma est autiste mais a une voix merveilleuse

Le Saint-Esprit est-il une personne ?

Marcel Kahne

L’argumentation contre le Saint-Esprit est faible : il ne serait dit nulle part dans l'Ancien ou le Nouveau Testament que le Saint-Esprit est une personne. Il ne serait que l’émanation de la puissance divine.  
La meilleure réponse est encore de laisser l’Écriture parler d’elle-même. 
Jésus chargea ses apôtres de mission en ces termes : « Allez, faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et duSaint-Esprit » Mat. 28:19. Dans ce passage, les trois personnes de la divinité apparaissent clairement. Si le Saint-Esprit n’était qu’une émanation, pourquoi alors le mentionner ? On ne fait pas quelque chose au nom d’une émanation. (La traduction du Nouveau Monde des Témoins de Jéhovah est bien obligée de mentionner ce passage embarrassant pour eux, mais essaie de l’atténuer en écrivant : « ...et de l’esprit saint ». Comme Saint-Esprit et Esprit Saint, c’est chou vert et vert chou, et que le texte grec ne permet pas de décider s’il faut ou non la majuscule, l’effort de camouflage est futile).
Les trois membres de la Divinité apparaissent de nouveau clairement lors du baptême de Jésus : « Tandis que tout le peuple se faisait baptiser, Jésus fut aussi baptisé ; et, pendant qu’il priait, le ciel s'ouvrit, et l’Esprit Saint descendit sur lui sous une forme corporelle, comme une colombe. Et il vint une voix du ciel : Tu es mon Fils bien aimé, objet de mon affection » Luc 3:21-22.
Le passage suivant mérite également réflexion :
C’est pourquoi je vous dis : Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes, mais le blasphème contre l’Esprit ne sera point pardonné. Quiconque parlera contre le Fils de l’Homme, il lui sera pardonné, mais quiconque parlera contre le Saint Esprit, il ne lui sera pardonné ni dans ce siècle, ni dans le siècle à venir. Mat. 12:31-32
En vertu de quelle logique serait-il pardonnable de parler contre le Sauveur de l’humanité, mais impardonnable de parler contre une/son émanation ?
Et peut-on mentir à une émanation ou à un souffle ? Pierre lui dit : Ananias, pourquoi Satan a-t-il rempli ton cœur, au point de mentir à l’Esprit Saint et de retenir une partie du prix du champ ? Actes 5:3
Enfin, les trois passages suivants font clairement du Saint Esprit une personne capable de décision et de sentiments :
Car il a paru bon au Saint Esprit et à nous de vous imposer d’autre charge que ce qui est indispensable... Actes 15:28
De même aussi, l’Esprit vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu’il convient de demander dans nos prières. Mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables, et celui qui sonde les cœurs connaît quelle est l’intention de l’Esprit : c’est selon Dieu qu’il intercède en faveur des saints. Romains 8:26-27
N’attristez pas le Saint-Esprit de Dieu, par lequel vous avez été scellés pour le jour de la Rédemption. Éphésiens 4:30



hibou ecrit Cette petite Emma est autiste mais a une voix merveilleuse

Le seul vrai Dieu et celui qu’il a envoyé, Jésus-Christ

Jeffrey R. Holland
du Collège des douze apôtres
Nous déclarons qu’il est évident d’après les Écritures que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont des personnages distincts, trois êtres divins.
Comme frère Ballard l’a déjà fait remarquer au cours de cette session, divers contre-courants de notre époque ont attiré une plus grande attention du public sur l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. Le Seigneur a dit aux prophètes anciens que cette œuvre dans les derniers jours serait « une œuvre merveilleuse et un prodige1 », et elle l’est. Nous invitons tout un chacun à examiner de près l’aspect merveilleux de cette œuvre, mais il y a autre chose que nous voudrions aussi que tout le mondese demande : c’est si nous sommes ou non « chrétiens ».
Dans l’ensemble, les controverses à ce sujet tournent autour de deux points de doctrine : notre vision de la Divinité et notre croyance au principe de la révélation continue menant à un canon d’Écritures ouvert. En en parlant nous n’avons pas à nous excuser de notre foi, mais nous ne voudrions pas être mal compris. Aussi, est-ce avec le désir de faire mieux comprendre et de déclarer clairement que nous sommes chrétiens que je vais parler aujourd’hui du premier de ces deux points de doctrine.
Notre premier article de foi et le plus important de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours est : « Nous croyons en Dieu, le Père éternel, et en son Fils, Jésus-Christ, et au Saint-Esprit2. » Nous croyons que ces trois personnages divins constituant une seule Divinité sont unis pour ce qui est de leur but, de leur manière d’agir, de leur témoignage et de leur mission. Nous croyons qu’ils sont remplis du même sens divin de miséricorde et d’amour, de justice et de grâce, de patience, de pardon et de rédemption. Je crois qu’il est exact de dire que nous croyons qu’ils sont un pour tout aspect important et éternel imaginable, mais nous ne croyons pas qu’ils sont trois personnages réunis en une seule substance, notion trinitaire jamais énoncée dans les Écritures parce qu’elle n’est pas vraie.
En fait, la source réputée qu’est le Dictionnaire biblique de Harper dit que « la doctrine officielle de la Trinité telle qu’elle fût définie par les grands conciles ecclésiastiques des quatrième et cinquième siècles ne se trouve pas dans le [Nouveau Testament]3 ».
La critique selon laquelle l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours ne partage pas la vision chrétienne contemporaine de Dieu, de Jésus et du Saint-Esprit n’est pas un commentaire sur notre engagement envers le Christ, mais en fait la constatation (exacte, pourrais-je ajouter) que notre vision de la Divinité rompt avec ce qui s’est passé après le Nouveau Testament et revient à la doctrine enseignée par Jésus lui-même. Il pourrait être utile de rappeler brièvement ce qui s’est passé après la période du Nouveau Testament.
En 325, l’empereur romain Constantin a réuni le Concile de Nicée pour traiter, entre autres choses, de la question de plus en plus controversée de la prétendue « unité de la Trinité ». Ce qui a résulté des débats mouvementés entre hommes d’église, philosophes et dignitaires ecclésiastiques a pris (après encore 125 ans et trois grands conciles)4 le nom de Credo de Nicée, avec des reformulations ultérieures comme le Credo d’Athanase. Ces diverses évolutions et répétitions de credo, ainsi que d’autres au cours des siècles suivants, déclaraient que le Père, le Fils et le Saint-Esprit étaient des êtres abstraits, absolus, transcendants, imminents, consubstantiels, coéternels et impossibles à connaître, sans corps ni partie ni passion, demeurant en dehors de l’espace et du temps. Selon ces credo, les trois membres de la Divinité sont des personnes séparées mais sont un seul être ; c’est le si souvent mentionné « mystère de la Trinité ». Ils sont trois personnes distinctes mais un seul Dieu. Les trois personnes sont incompréhensibles mais sont un seul Dieu qui est incompréhensible.
Nous sommes d’accord avec nos détracteurs au moins sur ce point : cette formulation de la divinité est véritablement incompréhensible. Une définition aussi confuse de Dieu étant imposée à l’Église, il n’est pas surprenant qu’un moine du quatrième siècle se soit exclamé : « Pauvre de moi ! Ils m’ont pris mon Dieu… et je ne sais pas qui adorer ni à qui m’adresser5. » Comment pouvons-nous faire confiance à un être qui est incompréhensible et qu’on ne peut connaître, sans parler de l’aimer, de l’adorer et de nous efforcer d’être semblables à lui ? Qu’en est-il de la prière de Jésus à son Père céleste disant : « La vie éternelle, c’est qu’ils teconnaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ6. »
Nous n’avons pas pour objectif de rabaisser la croyance de qui que ce soit ni la doctrine de quelque religion que ce soit. Nous respectons la doctrine de chacun comme nous demandons qu’on respecte la nôtre. (C’est aussi l’un de nos articles de foi.) Si quelqu’un dit que nous ne sommes pas chrétiens parce que nous n’acceptons pas une vision de la Divinité établie au quatrième ou cinquième siècle, qu’en est-il des premiers saints, dont beaucoup avaient été témoins oculaires du Christ, qui n’avaient pas non plus cette vision?
Nous déclarons qu’il est évident d’après les Écritures que le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont des personnages distincts, trois êtres divins. Cela est illustré sans aucune équivoque par la prière du Sauveur que je viens de mentionner, par son baptême par Jean, par ce qui s’est passé sur le mont de la Transfiguration et au martyre d’Étienne, pour ne citer que quatre exemples.
Avec ces sources du Nouveau Testament8, et d’autres qui résonnent à nos oreilles, il peut être superflu de demander ce que Jésus voulait dire par : « Le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu’il voit faire au Père9. » Une autre fois il a dit : « Je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé10. » Parlant de ses adversaires il a dit : « Ils ont haï et moi et mon Père11. » Et il y a, bien sûr, toujours cette humble soumission à son Père qui a fait dire à Jésus : « Pourquoi m’interroges-tu sur ce qui est bon ? Un seul est bon12. » « Le Père est plus grand que moi13. »
Qui Jésus a-t-il supplié avec tant de ferveur pendant toutes ces années, notamment quand il s’est écrié plein d’angoisse : « Mon Père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi14 ! » et « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné15 ? » Reconnaître la preuve scripturaire que, tout en étant parfaitement unis, les membres de la Divinité sont néanmoins des êtres séparés et distincts n’est pas être coupable de polythéisme ; cela fait en fait partie de la grande révélation que Jésus est venu donner concernant la nature d’êtres divins. L’apôtre Paul l’a peut-être dit le mieux : « Jésus-Christ… existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu16. »
Une autre raison pour laquelle l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers n’est pas considérée comme chrétienne par certains est que nous croyons, comme les anciens prophètes et apôtres, en un Dieu incarné mais certainement glorifié17. À ceux qui critiquent cette croyance basée sur les Écritures, je demande au moins pour la forme : Si l’idée d’un Dieu incarné vous répugne, pourquoi les éléments fondamentaux et les caractéristiques les plus distinctives de toute la chrétienté sont-ils l’Incarnation, l’Expiation et la Résurrection physique du Seigneur Jésus-Christ ? Si le fait d’avoir un corps n’est pas nécessaire ni désirable pour la Divinité, pourquoi le Rédempteur de l’humanité a-t-il racheté son corps, le libérant des liens de la mort et du tombeau, garantissant qu’il ne serait plus jamais séparé de son esprit dans le temps ni dans l’éternité18 Quiconque rejette le concept d’un Dieu incarné, rejette le Christ mortel et ressuscité. Personne proclamant être un vrai chrétien ne voudrait faire cela.
À tous ceux qui m’entendent et qui se sont demandé si nous étions chrétiens, je témoigne. Je témoigne que Jésus-Christ est littéralement le Fils vivant de notre Dieu vivant littéral. Ce Jésus est notre Sauveur et notre Rédempteur qui, sous la direction du Père, a créé les cieux, la terre et tout ce qui s’y trouve. Je témoigne qu’il est né d’une mère vierge, que durant sa vie il a accompli de grands miracles dont des légions de ses disciples ainsi que de ses ennemis ont été témoins. Je témoigne qu’il avait le pouvoir sur la mort parce qu’il était divin, mais qu’il s’est soumis volontairement à la mort pour notre bien parce que pendant une période il a aussi été mortel. Je déclare qu’en se soumettant volontairement à la mort il a pris sur lui les péchés du monde, payant un prix infini pour toutes les peines, les maladies, les chagrins et les malheurs depuis Adam jusqu’à la fin du monde. En faisant cela il a été vainqueur à la fois du tombeau physiquement et de l’enfer spirituellement, et il a libéré la famille humaine. Je témoigne qu’il est littéralement ressuscité du tombeau, qu’après être monté auprès de son Père pour terminer le processus de cette Résurrection, il est apparu, de nombreuses fois, à des centaines de disciples dans l’Ancien Monde et dans le Nouveau. Je sais qu’il est le Saint d’Israël, le Messie qui reviendra un jour en gloire, à la fin, pour régner sur la terre en tant que Seigneur des seigneurs et Roi des rois. Je sais qu’il n’y a pas d’autre nom donné sous les cieux par lequel l’homme puisse être sauvé et que ce n’est qu’en nous reposant totalement sur ses mérites, sa miséricorde et sa grâce infinie19 que nous pouvons obtenir la vie éternelle.
Mon témoignage supplémentaire concernant cette doctrine splendide est qu’en préparation à son règne millénaire dans les derniers jours, Jésus est déjà venu, plusieurs fois, dans son corps glorieux et majestueux. Au printemps de 1820, un garçon de quatorze ans, troublé par ces mêmes doctrines qui déconcertent une grande partie de la chrétienté, est allé prier dans un bosquet. En réponse à cette prière fervente faite à un si jeune âge, le Père et le Fils sont apparus au jeune prophète, Joseph Smith, comme deux être incarnés et glorifiés. Ce jour a marqué le début du retour du véritable Évangile du Nouveau Testament du Seigneur Jésus-Christ et du rétablissement d’autres vérités prophétiques révélées depuis Adam jusqu’à ce jour.
Je témoigne que ma connaissance de ces choses est vraie et que les cieux sont ouverts à tous ceux qui recherchent la même confirmation. Par le Saint-Esprit de Vérité, puissions-nous tousconnaître « le seul vrai Dieu, et celui [qu’il a] envoyé, Jésus-Christ20 ». Ensuite puissions-nous suivre leurs enseignements et être de véritables chrétiens en actions autant qu’en paroles. C’est là ma prière, au nom de Jésus-Christ. Amen.

Notes

1. Ésaïe 29:14.
2. 1er article de foi.
3. Paul F. Achtemeier, éd., 1985, p. 1099 ; italiques ajoutés.
4. Constantinople en 381, Éphèse en 431, Chalcédoine en 451.
5. Cité dans Owen Chadwick, Western Asceticism, 1958, p. 235.
6. Jean 17:3 ; italiques ajoutés.
7. Pour une explication approfondie de cette question, voir Stephen E. Robinson, Are Mormons Christian ?, p. 71-89 ; voir aussi Robert Millet, Getting at the Truth, 2004, p. 106-122.
8. Voir, par exemple, Jean 12:27-30 ; Jean 14:26 ; Romains 8:34 ; Hébreux 1:1-3.
9. Jean 5:19 ; voir aussi Jean 14:10.
10. Jean 6:38.
11. Jean 15:24.
12. Matthieu 19:17.
13. Jean 14:28.
14. Matthieu 26:39.
15. Matthieu 27:46.
16. Philippiens 2:5-6.
17. Voir David L. Paulsen, « Early Christian Belief in a Corporeal Deity: Origen and Augustine as Reluctant Witnesses », Harvard Theological Review, vol. 83, n° 2, 1990, 105-116 ; « The Doctrine of Divine Embodiment : Restoration, Judeo-Christian, and Philosophical Perspectives », BYU Studies, vol. 35, n° 4, 1996, p. 7-94 ; James L. Kugel, The God of Old : Inside the Lost World of the Bible, 2003, p. xi–xii, 5-6, 104-106, 134-135 ; Clark Pinnock, Most Moved Mover : A Theology of God’s Openness, 2001, p. 33-34.
18. Voir Romains 6:9 ; Alma 11:45.
19. Voir 1 Néphi 10:6 ; 2 Néphi 2:8 ; 31:19 ; Moroni 6:4 ; Traduction par Joseph Smith de Romains 3:24.
20. Jean 17:3.


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Le Christ Vivant (Déclaration)

LE TEMOIGNAGE DES APOTRES
ÉGLISE DE JÉSUS-CHRIST DES SAINTS DES DERNIERS JOURS


Au moment où nous célébrons le deux millième anniversaire de la naissance de Jésus-Christ, nous témoignons de la réalité de sa vie sans pareille et du pouvoir infini de son grand sacrifice expiatoire. Personne n'a eu d'influence aussi profonde que lui sur tous les gens qui ont vécu ou qui vivront un jour sur la terre.

Il était le grand Jéhovah de l'Ancien Testament, le Messie du Nouveau Testament. Sous la direction de son Père, il a créé la terre. "Toutes choses ont été faites par [lui], et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans [lui]" (Jean 1:3). Bien que sans péché, il s'est fait baptiser pour accomplir toute justice. Il "allait de lieu en lieu faisant du bien" (Actes 10:38), mais il était méprisé pour cela. Son Evangile était un message de paix et de bonne volonté. Il a demandé instamment à tous de suivre son exemple. Il a parcouru les routes de Palestine, guérissant les malades, rendant la vue aux aveugles et ressuscitant les morts. Il a enseigné les vérités de l'éternité, la réalité de notre existence prémortelle, le but de notre vie sur la terre et le potentiel des fils et des filles de Dieu dans la vie à venir.

Il a institué la Sainte-Cène comme rappel de son grand sacrifice expiatoire. Il a été arrêté et jugé sur de fausses accusations, déclaré coupable pour satisfaire la foule et condamné à mourir sur la croix du Calvaire. Il a fait don de sa vie pour expier les péchés de tout le genre humain. C'était là un don inestimable fait par procuration pour tous les gens qui vivraient sur la terre.
Nous témoignons solennellement que sa vie, qui est l'élément essentiel de toute l'histoire humaine, n'a pas commencé à Bethléhem et ne s'est pas achevée au Calvaire. Il était le Premier-né du Père, le Fils unique dans la chair, le Rédempteur du monde.

Il s'est levé du tombeau pour être "les prémices de ceux qui sont morts" (1 Corinthiens 15:20). En qualité de Seigneur ressuscité, il a rendu visite aux gens qu'il aimait lorsqu'il vivait sur la terre. Il a aussi rempli son ministère auprès de ses "autres brebis" (Jean 10: 16) dans l'Amérique ancienne. Dans les temps modernes, son Père et lui sont apparus au jeune Joseph Smith, ouvrant la dispensation de la plénitude des temps depuis longtemps promise.

Le prophète Joseph a écrit à propos du Christ vivant : Ses yeux étaient comme une flamme de feu, ses cheveux étaient blancs comme la neige immaculée, son visage était plus brillant que l'éclat du soleil et sa voix était comme le bruit du déferlement de grandes eaux, oui, la voix de Jéhovah, disant :

"Je suis le premier et le dernier; je suis celui qui vit, je suis celui qui fut immolé ; je suis votre avocat auprès du Père" (D&A 110:3-4).

Le prophète a aussi déclaré à son sujet : Et maintenant, après les nombreux témoignages qui ont été rendus de lui, voici le témoignage, le dernier de tous, que nous rendons de lui : qu'il vit ! "Car nous le vîmes, et ce, à la droite de Dieu ; et nous entendîmes la voix rendre témoignage qu'il est le Fils unique du Père ; Que par lui, à travers lui et en lui, les mondes sont et furent créés, et que les habitants en sont des fils et des filles engendrés pour Dieu" (D&A 76:22-24).

Nous déclarons solennellement que sa prêtrise et son Eglise ont été rétablies sur la terre, et que son Eglise est édifiée "sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus-Christ lui-même étant la pierre angulaire" (Ephésiens 2:20).

Nous témoignons qu'il reviendra un jour sur la terre. "Alors la gloire de l'Eternel sera révélée, et au même instant toute chair la verra" (Esaïe 40:5). Il gouvernera en Roi des rois et régnera en Seigneur des seigneurs, et tout genou fléchira et toute langue confessera qu'il est le Christ. Nous comparaîtrons tous pour être jugés par lui selon nos oeuvres et les désirs de notre cœur.

Nous, ses apôtres dûment ordonnés, nous témoignons que Jésus est le Christ vivant, le Fils immortel de Dieu. Il est le grand roi Emmanuel qui se tient aujourd'hui à la droite de son Père. Il est la lumière, la vie et l'espoir du monde. Ses voies mènent au bonheur dans cette vie et à la vie éternelle dans le monde à venir. Dieu soit loué pour le don sans pareil de son Fils divin !

LA PREMIÈRE PRÉSIDENCE
LE COLLÈGE DES DOUZE APOTRES


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Divinité prémortelle
du Christ



James E. Talmage (1862-1933)

Président de l'université d'Utah de 1894 à 1897
Membre du collège des Douze de 1911 à 1933

  
      Notre but sera de nous informer de la place et de la situation de Jésus, le Christ, dans le monde prémortel, depuis la période du conseil solennel dans les cieux, pendant lequel il fut choisi pour être le futur Sauveur et Rédempteur de l'humanité (voir Existence préterrestre et préordination du Christ), jusqu'au moment où il naquit dans la chair.

      Nous nous reposons sur l'autorité des Écritures lorsque nous affirmons que Jésus-Christ fut et est Dieu le Créateur, le Dieu qui se révéla à Adam, à Énoch, et à tous les patriarches et prophètes antédiluviens jusqu'à Noé, le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, le Dieu d'Israël lorsqu'il était un peuple uni, et le Dieu d'Éphraïm et de Juda après le démembrement de la nation hébraïque, le Dieu qui se révéla aux prophètes, de Moïse à Malachie, le Dieu de l'Ancien Testament et le Dieu des Néphites. Nous affirmons que Jésus-Christ était et est Jéhovah, l'Éternel.

      Les Écritures distinguent trois personnages dans la Divinité : (1) Dieu, le Père éternel, (2) son Fils, Jésus-Christ, et (3) le Saint-Esprit. Ils constituent la Sainte Trinité, qui comporte trois individus physiquement séparés et distincts, qui composent à eux trois le conseil président des cieux (voir Dieu et la Sainte Trinité). Deux d'entre eux, au moins, apparaissent comme participant à l’œuvre de la création ; ce fait est démontré par la pluralité exprimée dans la Genèse : « Dieu dit : Faisons l'homme à notre image selon notre ressemblance » ; et plus loin, au cours d'une consultation concernant la transgression d'Adam : « L’Éternel Dieu dit : Maintenant [. . .] l'homme est devenu comme l'un de nous » (Genèse 1:26 et 3:22). Les paroles de Moïse, révélées de nouveau dans la dispensation actuelle, nous instruisent d'une manière plus complète sur les Dieux qui s'occupaient activement de la création de cette terre : « Et moi, Dieu, je dis à mon Fils unique, qui était avec moi depuis le commencement : Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance ». Puis, plus loin, à propos de l'état d'Adam après la chute : « Et moi, le Seigneur Dieu, je dis à mon Fils unique : Voici, l'homme est devenu comme l'un de nous » (Moïse 2:26 et 4:28, dans la Perle de Grand Prix). Dans le récit de la création écrit par Abraham, « les Dieux » sont mentionnés de multiples fois (Abraham, chapitres 4 et 5, dans la Perle de Grand Prix).

      Comme nous l'avons montré jusqu'ici dans un autre ordre d'idées, le Père a agi dans l’œuvre de la création par l'intermédiaire du Fils, qui est devenu ainsi l'exécutif par l'intermédiaire duquel la volonté, le commandement ou la parole du Père étaient mis en vigueur. C'est donc avec beaucoup d'exactitude que l'apôtre Jean pouvait dire du Fils, Jésus-Christ, qu'il était la Parole ; c'est-à-dire, « la Parole de mon pouvoir » (Jean 1:1 et Moïse 1:32). Le rôle que Jésus-Christ joua dans la création, un rôle si important que c'est à juste titre que nous l'appelons le Créateur, est exposé dans un grand nombre d'Écritures. L'auteur de l'épître aux Hébreux fait ainsi une nette distinction entre le Père et le Fils, les traitant comme des êtres séparés bien qu'associés : « Après avoir autrefois, à plusieurs reprises et de plusieurs manières, parlé à nos pères par les prophètes, Dieu nous a parlé par le Fils en ces jours qui sont les derniers. Il l'a établi héritier de toutes choses, et c'est par lui qu'il a fait les mondes » (Hébreux 1:1,2 ; voir aussi 1 Corinthiens 8:6). Paul est encore plus explicite dans sa lettre aux Colossiens, où, parlant de Jésus, le Fils, il dit : « Car en lui tout a été créé dans les cieux et sur la terre, ce qui est visible et ce qui est invisible, trônes, souverainetés, principautés, pouvoirs. Tout a été créé par lui et pour lui. Il est avant toutes choses, et tout subsiste en lui » (Colossiens 1:16,17).  Et il convient d'ailleurs de répéter ici le témoignage de Jean, que toutes les choses ont été faites par la Parole qui était avec Dieu, et qui était Dieu dès le commencement ; « et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle » (Jean 1:1-3).

      Le fait que le Christ qui devait venir était en réalité Dieu le Créateur fut clairement révélé aux prophètes du continent américain. Samuel, le Lamanite converti, prêchant aux Néphites incrédules, justifia son témoignage comme suit : « Et afin que vous soyez au courant de la venue de Jésus-Christ, le Fils de Dieu, le Père du ciel et de la terre, le Créateur de toutes choses depuis le commencement ; et afin que vous connaissiez les signes de sa venue pour que vous croyiez en son nom »(Hélaman 14:12, dans le Livre de Mormon ; voir aussi Mosiah 3:8 ; 4:2 ; Alma 11:39).

      À ces citations des Écritures anciennes, il convient tout particulièrement d'ajouter le témoignage personnel du Seigneur Jésus lorsqu'il fut devenu un être ressuscité. Dans sa visitation aux Néphites, il proclama : « Voici, je suis Jésus-Christ, le Fils de Dieu. J'ai créé les cieux et la terre, et toutes les choses qu'ils contiennent. J'étais avec le Père dès le commencement. Je suis dans le Père et le Père est en moi ; et en moi, le Père a glorifié son nom » (3 Néphi 9:15). Aux Néphites qui ne comprenaient pas le rapport entre l'Évangile que le Seigneur ressuscité leur annonçait et la loi mosaïque qu'ils considéraient par tradition être en vigueur, et qui s'étonnaient de ce qu'il disait que les choses anciennes étaient passées, il expliqua : « Voici, je vous dis que la loi qui fut donnée à Moïse est accomplie. Voici, c'est moi qui ai donné la loi et c'est moi qui ai fait alliance avec mon peuple, Israël ; c'est pourquoi, la loi est accomplie en moi, parce que je suis venu pour accomplir la loi ; c'est pourquoi, elle est finie »(3 Néphi 15:4,5).

      La voix de Jésus-Christ, Créateur du ciel et de la terre, s'est fait entendre de nouveau par la révélation dans la dispensation actuelle ou dernière : « Prête l'oreille, ô peuple de mon Église, à qui le royaume a été donné ; écoute et prête l'oreille à celui qui a posé les fondations de la terre, qui a fait les cieux et toutes leurs armées et par qui fut fait tout ce qui a la vie, le mouvement et l'être » (Doctrine & Alliances 45:1). Et encore : « Voici, je suis Jésus-Christ, le Fils du Dieu vivant, qui a créé les cieux et la terre ; une lumière qui ne peut être cachée dans les ténèbres » (D&A 14:9 ; voir aussi 29:1,31 ; 76:24).

      La divinité de Jésus-Christ est indiquée par les noms et les titres précis qui lui ont été appliqués par l'autorité. D'après le jugement de l'homme, on ne peut attacher de grande importance aux noms ; mais dans la nomenclature des Dieux, tout nom est un titre de puissance ou de position. Dieu a un zèle juste pour la sainteté de son nom(Exode 20:7 ; Lévitique 19:12 ; Deutéronome 5:11) et des noms donnés sur son ordre. Dans le cas des enfants de promesse, des noms ont été prescrits avant leur naissance ; cela est vrai de notre Seigneur Jésus et du Baptiste, Jean, qui fut envoyé préparer la voie au Christ. Des noms de personnes ont été changés sur commandement divin, lorsqu'ils ne constituaient pas des titres suffisamment définis pour dénoter les services particuliers auxquels leurs porteurs étaient appelés, ou les bénédictions particulières qui leur étaient conférées.

      Jésus est le nom personnel du Sauveur, et, tel qu'on l'écrit, vient du grec ; son équivalent hébreu était Yehoshua ou Yeshua ou, comme nous le rendons en français, Josué. Dans l'original on comprenait parfaitement bien que le nom voulait dire « auxiliaire de Jéhovah », ou « Sauveur ». Bien que le nom fût aussi courant que Jean, Henri ou Charles aujourd'hui, il fut, comme nous l'avons déjà dit, divinement prescrit. C'est ainsi que l'ange dit à Joseph, le fiancé de la vierge : « Et tu lui donneras le nom de Jésus, car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés » (Matthieu 1:21 ; voir aussi versets 23, 25 ; Luc 1:31).

      Christ est un titre sacré, non pas une appellation ordinaire ou un nom quelconque ; il vient du grec et il a le même sens que son équivalent hébreu Messiah ou Messias, signifiant l'Oint (Jean 1:41 ; 4:25). On trouve dans les Écritures d'autres titres possédant chacun une signification précise, comme Emmanuel, Sauveur, Rédempteur, Fils unique, Seigneur, Fils de l’Homme ; mais la chose la plus importante pour nous actuellement est que ces divers titres expriment l'origine et la nature divine de notre Sauveur. Comme on le voit, les noms ou titres essentiels de Jésus, le Christ, furent communiqués avant sa naissance et furent révélés à des prophètes qui le précédèrent dans l'état mortel (Luc 1:31 ; 2:21 ; Matthieu 1:21,25 ; voir aussi verset 23 et cf. Ésaïe 7:14 ; Luc 2:11 ; voir en outre Moïse 6:51,57 ; 7:20 ; 8:24 ; 1 Néphi 10:4 ; 2 Néphi 10:3 ; Mosiah 3:8).

      Jéhovah est la forme anglicisée de l'hébreu Yahveh ou Jahveh, signifiant Celui qui existe par lui-même ou l'Éternel. La version anglaise de l'Ancien Testament traduit généralement ce nom par LORD (Seigneur)(Genèse 2:5 ; voir aussi Exode 6:2-4 et lire à titre de comparaison Genèse 17:1 ; 35:11). L'hébreu Ehyeh signifiant Je suis, a un sens apparenté au terme Yahveh ou Jéhovah dont il est dérivé ; voici en quoi réside la signification de ce nom sous lequel le Seigneur se révéla à Moïse quand ce dernier reçut la mission d'aller en Égypte délivrer les enfants d'Israël de l'esclavage : « Moïse dit à Dieu : J'irai donc vers les Israélites, et je leur dirai : le Dieu de vos pères m'a envoyé vers vous. Mais s'ils me demandent quel est son nom, que leur répondrai-je ? Dieu dit à Moïse : je suis celui qui suis. Et il ajouta : c'est ainsi que tu répondras aux Israélites : (Celui qui s'appelle) ‘Je suis’ m'a envoyé vers vous » (Exode 3:13,14 ; à propos de la durée éternelle exprimée par ce nom, voir Ésaïe 44:6 ; Jean 8:58 ; Colossiens 1:17 ; Hébreux 13:8 ; Apocalypse 1:4 ; voir aussi Moïse 1:3 et les références qui y sont données). Dans le verset suivant, le Seigneur déclare qu'il est « le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac et le Dieu de Jacob ». Pendant que Moïse était en Égypte, le Seigneur se révéla encore davantage, disant : « Je suis l'Éternel [le SEIGNEUR dans la version anglaise, ndt]. Je suis apparu à Abraham, à Isaac et à Jacob, comme le Dieu Tout-Puissant ; mais je n'ai pas été reconnu par eux sous mon nom : l'Éternel [JEHOVAH dans la version anglaise, ndt] » (Exode 6:2,3). Le fait central indiqué par ce nom, le Suis, ou Jéhovah, les deux ayant essentiellement la même signification, c'est l'idée d'une existence ou d'une durée qui n'aura pas de fin, et qui, jugée suivant tous les critères de jugement humain, peut ne pas avoir eu de commencement ; ce nom est apparenté à d'autres titres tels que Alpha et Oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin(Apocalypse 1:11,17 ; 2:8 ; 22:13 ; cf. Ésaïe 41:4 ; 44:6 ; 48:12).

      Un jour, alors que certains Juifs, qui considéraient que, du fait qu'ils descendaient d'Abraham, ils étaient certains d'être préférés de Dieu, assaillaient Jésus de questions et de critiques, il répondit à leurs insultes par la déclaration : « En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, moi, je suis » (Jean 8:58). Le vrai sens de cette parole serait exprimé plus clairement si la phrase était tournée comme suit : « En vérité, en vérité, je vous le dis : Avant Abraham, était Je suis » (la version du roi Jacques dit : « Before Abraham was, I am » ; ici, l’auteur propose la phrase sans ponctuation : « Before Abraham was I am », ndt). C'est comme s'il avait dit : Avant Abraham, j'étais, moi, Jéhovah. Les juifs chicaneurs furent si grandement offensés de l'entendre utiliser un nom que, par une interprétation erronée d'une Écriture plus ancienne(Lévitique 24:16), ils considéraient ne pas devoir être prononcé sous peine de mort, qu'ils saisirent immédiatement des pierres dans l'intention de le tuer. Les juifs considéraient Jéhovah comme un nom ineffable, qui ne devait pas être prononcé ; ils l'avaient remplacé par le nom sacré bien que non interdit pour eux d'Adonaï, qui veut dire le Seigneur. L'original des termes Éternel et Dieu tels qu'ils apparaissent dans l'Ancien Testament était soit Yahveh soit Adonaï  ; et comme le montrent les Écritures citées, l'Être divin désigné par ces noms sacrés était Jésus, le Christ. Jean, évangéliste et apôtre, identifie formellement Jésus-Christ avec Adonaï, ou le Seigneur qui parla par la voix d'Ésaïe (Ésaïe 6:8-11 ; cf. Jean 12:40,41) et avec Jéhovah qui parla par Zacharie(Zacharie 12:10 ; cf. Jean 19:37).

      Le nom Élohim se rencontre fréquemment dans les textes hébreux de l’Ancien Testament, bien qu'on ne le trouve pas dans les versions anglaises. La forme du mot est celle d'un nom hébreu au pluriel (le singulier « Éloah » n'est employé qu'en poésie) ; mais il représente un pluriel de majesté ou d'intensité plutôt que la pluralité numérique. Il exprime l'exaltation et la puissance absolues. Élohim, tel qu'on le comprend et qu'on l'utilise dans l'Église rétablie de Jésus-Christ, est le nom titre de Dieu, le Père éternel, dont le Premier-né dans l'esprit est Jéhovah : le Fils unique dans la chair, Jésus-Christ.

      Jésus de Nazareth, qui en un témoignage solennel déclara être le Je suis ou Jéhovah, qui était Dieu avant qu’Abraham vécût sur la terre, était ce même Être qu'on proclame à maintes reprises comme le Dieu qui fit alliance avec Abraham, Isaac et Jacob, le Dieu qui fit sortir Israël de l'esclavage d'Égypte dans la liberté de la terre promise, le seul et unique Dieu que les prophètes hébreux en général connaissaient par la révélation directe.

      Les prophètes néphites savaient que Jésus-Christ était identique au Jéhovah des Israélites, et la véracité de leurs enseignements fut confirmée par le Seigneur ressuscité lorsqu'il se manifesta à eux peu après son ascension d'entre les apôtres à Jérusalem. Voici le passage : « Et le Seigneur leur parla, disant : Levez-vous et venez à moi afin de mettre les mains dans mon côté, et aussi toucher la marque des clous dans mes mains et mes pieds, afin que vous sachiez que je suis le Dieu d'Israël et le Dieu de toute la terre, et que j'ai été mis à mort pour les péchés du monde » (3 Néphi 11:13,14 ; 1 Néphi 17:40 également et notez qu'au verset 30 le Rédempteur est appelé le Dieu qui a racheté Israël ; voir en outre Mosiah 7:19).

      Il ne nous paraît pas nécessaire de présenter davantage de citations pour étayer notre affirmation que Jésus-Christ était Dieu avant même de prendre un corps de chair. Au cours de cette période prémortelle, il y avait une différence essentielle entre le Père et le Fils en ce que le premier avait déjà traversé les expériences de la vie mortelle, y compris la mort et la résurrection, et était de ce fait un être doté d'un corps parfait et immortalisé de chair et d'os, tandis que le Fils n'était pas encore incarné. Par sa mort et sa résurrection, Jésus, le Christ, est actuellement un être semblable au Père dans toutes les caractéristiques essentielles.

      Un examen général des données scripturaires nous amène à la conclusion que Dieu le Père éternel s'est manifesté en très peu d'occasions aux prophètes ou révélateurs terrestres, et quand il l'a fait, c'était surtout pour attester l'autorité divine de son Fils, Jésus-Christ. Comme nous l'avons montré précédemment, le Fils était l'exécuteur actif de l’œuvre de la création ; dans toutes les scènes de la création le Père apparaît surtout comme celui qui dirige ou que l'on consulte. Le Père se révéla à Adam, à Énoch, à Noé, à Abraham et à Moïse, attestant la divinité du Christ, et le fait que le Fils était le Sauveur élu de l'humanité (Moïse 1:6, 31-33 ; 2:1 ; 4:2,3 ; 6:57 ; cf. 7:35,39,47,53-59 ; 8:16,19,23,24 ; Abraham 3:22-28). Lors du baptême de Jésus, on entendit la voix du Père dire : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis toute mon affection » (Matthieu 3:17 ainsi que Marc 1:11 et Luc 3:22) ; et lors de la transfiguration le Père donna un témoignage semblable (Matthieu 17:5 ; Luc 9:35). Plus tard encore, tandis que Jésus priait, l'âme pleine d'angoisse, se soumettant pour que les desseins du Père s'accomplissent et que le nom du Père soit glorifié, « une voix vint alors du ciel : je l'ai glorifié, et je le glorifierai de nouveau » (Jean 12:28). Le Père annonça le Christ ressuscité et glorifié aux Néphites sur le continent américain en ces termes : « Voici mon Fils bien-aimé, en qui je me complais, en qui j'ai glorifié mon nom - écoutez-le » (3 Néphi 11:7). À partir du dernier événement cité, la voix du Père ne s'est plus fait entendre parmi les hommes, du moins d'après les Écritures, jusqu'au printemps de 1820, date à laquelle le Père et le Fils apparurent au prophète Joseph Smith, le Père disant : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. Écoute-le ! » (Joseph Smith 2:17, dans la Perle de Grand Prix). Tels sont les cas enregistrés où le Père éternel s'est manifesté à l'homme séparément du Fils, soit en s'exprimant personnellement, soit par une autre révélation. Dieu le Créateur, le Jéhovah d'Israël, le Sauveur et Rédempteur de toutes les nations, tribus et langues, ne font qu'une seule personne, qui est Jésus, le Christ.



Source : James E. Talmage, Jesus the Christ, Salt Lake City, 1915 


hibou ecrit Cette petite Emma est autiste mais a une voix merveilleuse

Enseigner, prêcher, guérir



Jeffrey R. Holland

du Collège des douze apôtres

       Nous voyons tout naturellement dans le Christ un instructeur. Le plus grand Maître qui ait jamais vécu ou qui vivra jamais. Le Nouveau Testament est rempli de ses enseignements, de ses paroles, de ses sermons, de ses paraboles. D’une manière ou d’une autre, il enseigne dans toutes les pages de ce livre. Mais alors même qu’il enseignait, il faisait délibérément quelque chose de plus que cela, quelque chose qui donnait du relief à son enseignement.

      Après l’appel des tout premiers disciples (pas encore apôtres), l’oeuvre commence. Voici ce que Matthieu dit : « Jésus parcourait toute la Galilée, enseignant dans les synagogues, prêchant la bonne nouvelle du royaume, et guérissant toute maladie et toute infirmité parmi le peuple » (Matthieu 4:23).

      L’enseignement et la prédication, nous les connaissons et nous nous y attendons. Par contre nous ne sommes peut être pas prêts à considérer la guérison sous le même angle. Et pourtant, c’est à partir de ce tout début, de la première heure, que la guérison est mentionnée comme si elle était synonyme d’enseignement et de prédication. La relation esttout du moins évidente entre les trois. En fait, le passage cité continue à parler davantage de guérison que d’enseignement et de prédication.

      Matthieu continue : « Sa renommée se répandit dans toute la Syrie, et on lui amenait tous ceux qui souffraient de maladies et de douleurs de divers genres, des démoniaques, des lunatiques, des paralytiques ; et il les guérissait » (v. 24).

      Vient maintenant le magistral sermon sur la montagne, qui compte six pages et demie. Pour l’enseigner convenablement, il faudrait, je suppose, six ans et demi. Mais dès la fin de ce sermon, le Sauveur descend de la montagne, et le voilà qui guérit de nouveau. Il guérit successivement un lépreux, le serviteur du centenier, la belle-mère de Pierre, puis un groupe décrit simplement comme « plusieurs démoniaques » (Matthieu 8:16). En résumé, dit le texte, il « guérit tous les malades » (v. 16).

      Obligé de traverser la mer de Galilée à cause de la foule qui se presse maintenant autour de lui, il chasse les démons de deux personnes qui vivent dans les sépulcres desGadaréniens et remonte ensuite dans la barque pour retourner « dans sa ville » (Matthieu 9:1) où il guérit un homme cloué au lit par la paralysie, et une femme qui souffre depuis douze ans d’une perte de sang (dans ce que je considère comme un des moments les plus beaux et les plus remarquables de tout le Nouveau Testament), et ressuscite ensuite la fille de Jaïrus.

      Ensuite il rend la vue à deux aveugles, après quoi il chasse un démon qui avait rendu un homme muet. Voilà le bref résumé des six premiers chapitres du Nouveau Testament consacrés au ministère du Christ. Voyez si le verset suivant éveille en vous un écho. « Jésus parcourait toutes les villes et les villages, enseignant dans les synagogues, prêchant la bonne nouvelle du royaume, et guérissant toute maladie et toute infirmité » (Matthieu 9:35).

      À l’exception de quelques mots, nous avons ici exactement le verset que nous avons lu cinq chapitres plus tôt. Vient ensuite ceci :

      « Voyant la foule, il fut ému de compassion pour elle, parce qu’elle était languissante et abattue, comme des brebis qui n’ont point de berger.

      « Alors il dit à ses disciples : La moisson est grande, mais il y a peu d’ouvriers.

      « Priez donc le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers dans sa moisson » (v. 36-38).

      Là-dessus, il appelle les Douze et leur donne ce commandement : « Allez, dit-il, vers les brebis perdues de la maison d’Israël.

      « Allez, prêchez, et dites : Le royaume des cieux est proche.

      « Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons. Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Matthieu 10:6-8).

      Nous connaissons le Sauveur comme le Maître pédagogue. C’est ce qu’il est et davantage. Et quand il dit que le gros de la moisson nous attend encore et qu’il y a beaucoup trop peu d’ouvriers, nous pensons immédiatement aux missionnaires et à d’autres personnes qui doivent enseigner. Mais l’appel est destiné à une certaine sorte d’instructeur, à un instructeur qui, tout en enseignant, guérit.

      Je tiens à être parfaitement clair. Quand je parle de « guérir », comme je l’ai fait, ce n’est pas de l’utilisation officielle de la prêtrise, de l’imposition des mains aux malades ni de rien de tel que je parle. Là n’est pas le rôle de ceux qui sont appelés comme instructeurs dans les organisations de l’Église.

      Mais je crois que notre enseignement mène à une guérison de nature spirituelle. Je ne peux pas croire qu’une si grande partie des écrits de Matthieu ait pu se concentrer à un tel point sur le contexte du ministère du Sauveur auprès de personnes dans la détresse, de personnes perturbées, de personnes dans le désarroi, s’il n’y avait pas une raison à cela. Comme c’est le cas du Maître, ne serait-il pas merveilleux de mesurer le succès de notre enseignement à la guérison qui se produit dans la vie des autres ?

      Laissez-moi préciser un peu. Plutôt que simplement faire une leçon, essayez un peu plus d’aider le champion de basket-ball aveugle à réellement voir, ou la « reine d’un jour » sourde à réellement entendre, ou le président du corps estudiantin spirituellement paralysé à réellement marcher. Pourrions-nous essayer un peu plus de fortifier les autres avec tant de puissance que, quelles que soient les tentations que les démons de l’enfer leur lancent, ils puissent résister et ainsi être véritablement, à ce moment là, à l’abri du mal ? Pourrions-nous essayer un peu plus fort d’enseigner avec une puissance et une spiritualité suffisantes pour aider la personne qui avance seule, qui vit seule, qui pleure au fond de la nuit ?


« Et maintenant ? »

      Peut-être qu’une leçon tirée de la vie quotidienne du Collège des Douze m’aidera à exprimer ce que je voudrais dire à ce sujet et à éviter toute confusion de votre part. BoydK. Packer, président suppléant du Collège des douze apôtres, lui-même pédagogue de premier ordre, a une question qu’il pose souvent quand nous, les Douze, avons fait un exposé ou que nous nous sommes exhortés d’une manière ou d’une autre. Il lève les yeux comme pour dire : « Avez-vous fini ? » et ensuite il dit à l’orateur (et implicitement au reste du groupe) : « Et maintenant ? »

      « Et maintenant ? » Je pense que c’est à cela que le Sauveur répondait jour après jour et c’était un élément indissociable de son enseignement et de sa prédication. Ses sermons et ses exhortations n’auraient servi à rien si la vie de ses disciples n’avait pas réellement changé.

      « Et maintenant ? » Nous savons, vous et moi, que trop de personnes n’ont pas fait le lien entre ce qu’elles disent croire et la façon dont elles mènent leur vie.

      Priez pour que votre enseignement apporte un changement. Priez pour que, comme le disent les parolesd’une chanson maintenant oubliée, vos leçons incitent littéralement quelqu’un « à se tenir droit et à bien voler » (Nat King Cole, « Straighten Up and Fly Right », 1943). Nous voulons que les gens se tiennent droit et nous voulons qu’ils soient bien. Nous les voulons heureux, heureux dans cette vie et sauvés dans le monde à venir.


Dieu est aux commandes

      Le livre des Actes, qui introduit la partie post-résurrection du Nouveau Testament, s’appelle techniquement « Actes des Apôtres ». C’est une idée ecclésiastique importante dans le livre, à savoir que les apôtres étaient les représentants ordonnés du Seigneur Jésus-Christ et étaient ainsi autorisés à continuer à diriger l’Église en son nom.

      Mais pensez à ce qu’ils devaient affronter. Réfléchissez à la situation critique, à la crainte, à la confusion, à la détresse des membres de la nouvelle petite Église chrétienne après la crucifixion du Christ. Ils comprenaient sans doute un peu ce qui se passait, mais ils ne pouvaient pas avoir tout compris. Le peuple a dû être très effrayé et se trouver dans une grande confusion, et les frères avaient fort à faire pour le diriger.

      Nous ne devons pas nous étonner que, dès le départ (du moins dès le premier verset du livre des Actes), il ait été déclaré que l’Église continuerait à être dirigée de manière divine, non par des mortels. Et il était important que le peuple l’entende en cette heure de confusion et de crainte terribles. En fait, si l’on voulait donner un titre plus complet au livre des Actes, on pourrait l’appeler à bon escient : « Actes du Christ ressuscité agissant par le Saint-Esprit dans la vie et le ministère de ses apôtres ordonnés ». Cela dit, vous pouvez comprendre pourquoi on a dû voter pour un titre plus court – mais le titre que je propose est plus précis ! Écoutez les premières lignes de Luc :

      « Théophile, j’ai parlé dans mon premier livre de tout ce que Jésus a commencé de faire et d’enseigner dès le commencement

      « jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel, après avoir donné ses ordres, par le Saint-Esprit, aux apôtres qu’il avait choisis » (Actes 1:1-2).

      La direction de l’Église était la même. L’endroit où se trouvait le Sauveur avait changé, mais la direction de l’Église était exactement la même. Cela ayant été précisé d’entrée de jeu, nous avons à chaque instant des manifestations de la puissance du Seigneur par l’intermédiaire du Saint-Esprit. Le premier enseignement donné aux Douze par le Christ ressuscité dans le livre des Actes est celui-ci : « Vous, dans peu de jours, vous serez baptisés du Saint-Esprit » (Actes 1:5) et « vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous » (v. 8).

      Une fois le Christ monté au ciel sous leurs yeux, Pierre va rassembler les membres de l’Église – ils sont cent vingt (vous rendez-vous compte de l’effet que ces problèmes et cette opposition avaient eu sur leur nombre ?) Cent vingt personnes se rassemblent, et Pierre leur dit : « Hommes frères, il fallait que s’accomplît ce que le Saint-Esprit, dans les Écritures, a annoncé d’avance, par la bouche de David, au sujet de Judas » (v. 16). Quand ils remplissent la place laissée vacante par Judas parmi les apôtres, ceux-ci prient exactement comme le font aujourd’hui le Collège des Douze et la Première Présidence : « Seigneur, toi qui connais les coeurs de tous, désigne lequel… tu as choisi » (v. 24). Et c’est Matthias qui est appelé.

      Mais ce premier chapitre, qui les fait tous se tourner vers le ciel, et qui marque si clairement la direction divine qui va continuer à guider l’Église, ne sert qu’à nous mettre en condition pour le chapitre 2. Dans ces passages, le nom même de la Pentecôte entre dans le vocabulaire chrétien comme synonyme de manifestations spirituelles stupéfiantes et de déversement divin du Saint-Esprit sur le peuple. La révélation descendit du ciel avec « un bruit comme celui d’un vent impétueux, et il remplit toute la maison » (Actes 2:2) et remplit les frères. « Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent... Et ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et se mirent à parler… selon que l’Esprit leur donnait de s’exprimer » (v. 3-4).

      Pierre, principal apôtre et président de l’Église, se lève et prend acte de ce déversement. Il cite Joël, où il est dit : « Dans les derniers jours, je répandrai de mon Esprit sur toute chair ; vos fils et vos filles prophétiseront, vos jeunes gens auront des visions, et vos vieillards auront des songes.

      « Oui, sur mes serviteurs et sur mes servantes je répandrai de mon Esprit ; et ils prophétiseront » (v. 17-18).

      Pierre poursuit : « Hommes israélites [il s’adresse ici à l’ensemble de l’auditoire], écoutez ces paroles ! Jésus de Nazareth, cet homme à qui Dieu a rendu témoignage devant vous... c’est ce Jésus que Dieu a ressuscité... Élevé par la droite de Dieu, il a reçu du Père le Saint-Esprit qui avait été promis, et il l’a répandu, comme vous le voyez et l’entendez » (v. 22, 32-33).

      C’est là un passage splendide. Ceux qui ne sont pas encore baptisés ce jour-là, touchés par cet Esprit, demandent ce qu’ils doivent faire. Pierre leur dit de se faire baptiser pour la rémission des péchés et de recevoir le don du Saint-Esprit (v. 38), et c’est ce que vont faire trois mille d’entre eux. Plus tard, quand la santé est rendue au boiteux sur les marches du temple et que la foule pense que Pierre et Jean ont fait quelque chose de merveilleux, Pierre la réprimande et lui dit que ce n’est pas leur pouvoir en tant que mortels ni la sainteté des disciples qui ont fait que l’homme a marché, mais le pouvoir et la sainteté de Jésus, que la foule avait « livré » et « fait mourir » (Actes 3:13, 15). Il témoigne ensuite que Jésus dirige toujours l’Église par l’intermédiaire du Saint-Esprit et continuera à la diriger jusqu’à ce qu’il revienne « aux temps du rétablissement de toutes choses » (v. 21).

      Les pharisiens et les sadducéens locaux sont médusés quand ils voient que cinq mille autres personnes entrent dans l’Église. Ils exigent qu’on leur explique comment tout cela se fait. Pierre fait la réponse classique que vous devez toujours donner aux autres. « Rempli du Saint-Esprit », il déclare que cela se fait dans et « par le nom de Jésus-Christ de Nazareth » (Actes 4:8, 10). Le Christ ne dirige pas seulement les actions de ses apôtres par l’intermédiaire duSaint-Esprit, il parle aussi par eux grâce au même Esprit. C’est une leçon sur la façon dont est gouvernée l’Église de Jésus-Christ, tant ancienne que moderne.

      Le Père et le Fils dirigent toujours cette oeuvre, marquant de leur empreinte les dirigeants de l’Église, les instructeurs et les personnes par l’intermédiaire du Saint-Esprit. Et c’est par ce même moyen que nous devons marquer de notre empreinte ceux que nous instruisons.

Enseignez par l’Esprit

      Enseignez par le Saint-Esprit. Si nous n’enseignons pas comme cela, alors, par la définition qu’en donnent les Écritures, nous enseignons « d’une autre façon » (D&A 50:17). Et si c’est d’une autre façon, « ce n’est pas de Dieu » (v. 20). Donnez accès de toutes les manières possibles à une expérience spirituelle à vos élèves. C’est ce que le Nouveau Testament essaye de faire pour vous. C’est le message des évangiles. C’est le message du livre des Actes. C’est le message de toute l’Écriture. Ce sont les expériences spirituelles provenant de ces écrits sacrés qui garderont les gens sur la voie et dans l’Église à notre époque, tout comme cela s’est fait pour ces membres à l’époque du Nouveau Testament.

      Les Écritures disent : « L’Esprit vous sera donné par la prière de la foi ; et si vous ne recevez pas l’Esprit, vous n’enseignerez pas » (D&A 42:14). Ce n’est pas simplement que vous n’enseignerez pas ou que vous ne pouvez pas enseigner ou que ce sera un enseignement de médiocre qualité. Non, c’est plus fort que cela. C’est la forme impérative du verbe. « Vous n’enseignerez pas. » Mettez un « tu » à la place du « vous » et vous aurez le langage du mont Sinaï. C’est un commandement. Ce sont les élèves de Dieu, pas les vôtres, tout comme c’est l’Église de Dieu, pas celle de Pierre, de Paul, de Joseph ou de Brigham.

      Prenez courage. Que l’Esprit agisse en vous d’une façon que vous n’aurez peut-être pas la chance de voir ou même de reconnaître. Il se passera plus de choses que vous ne le pensez, si vous êtes profondément honnêtes et si vous essayez de vivre de la manière la plus pure possible. Lorsque vous arrivez à ces moments suprêmes et presque impossibles à enseigner que sont Gethsémané, le Calvaire et l’Ascension, je vous demande de vous souvenir, entre autres nombreuses choses, des deux applications suivantes que vous pourriez en faire.


Le Christ est resté fidèle

      Premièrement, dans cette souffrance indiciblement atroce et inhumaine, le Christ est resté fidèle.

      Matthieu dit qu’il « commença à éprouver de la tristesse et des angoisses » et qu’il était « triste jusqu’à la mort » (Matthieu 26:37-38). Il s’en alla seul dans le jardin, laissant intentionnellement les frères attendre à l’extérieur. Il fallait qu’il fasse cela tout seul. Il tomba à genoux et ensuite, dit l’apôtre, il « se jeta sur sa face » (v. 39). Luc dit qu’il était « en agonie » et qu’il priait avec tant de ferveur que « sa sueur devint comme des grumeaux de sang, qui tombaient à terre » (Luc 22:44). Marc dit qu’il se jeta contre terre et s’écria : «Abba, Père. » Nous ne sommes pas ici dans de la théologie abstraite. Nous avons ici affaire à un Fils qui supplie son Père. « Toutes choses te sont possibles, éloigne de moi cette coupe ! » (Marc 14:36)

      Qui pourrait résister à cela venant d’un enfant quel qu’il soit, et surtout de l’Enfant parfait ? « Tu peux tout faire. Je sais que tu peux tout faire. Éloigne de moi cette coupe ».
      Comme le note Marc, la teneur de cette prière était que si c’était possible, cette heure soit supprimée du plan. Ce qu’il dit, c’est en fait : « S’il y a un autre chemin, c’est celui-là que je préférerais suivre. S’il y a une autre manière – quelle qu’elle soit – je serais heureux de l’adopter. » « Que cette coupe s’éloigne de moi ! », note Matthieu (Matthieu 26:39). « Éloigne de moi cette coupe », écrit Luc (Luc 22:42). Mais en fin de compte la coupe ne s’éloignera pas.

      Jésus finit par se soumettre à la volonté de son Père et dit : « Que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne » (v. 42). C’est pratiquement le dernier moment de conversation divine entre le Père et le Fils dans le ministère de Jésus sur la terre. Désormais les dés sont jetés. Il ira jusqu’au bout, quoi qu’il arrive.

      Et à partir de cette dernière déclaration dans l’ancien monde, nous obtenons cette première déclaration dans le nouveau. Il dira aux Néphites rassemblés au temple : « Voici, je suis Jésus-Christ... la lumière et la vie du monde ; et j’ai bu à cette coupe amère que le Père m’a donnée, et... j’ai souffert la volonté du Père en tout depuis le commencement » (3 Néphi 11:10-11). Voilà comment il se présente, voilà la déclaration qui, selon lui, dira le mieux à ces gens qui il est.

      Si vous pouvez laisser à vos élèves ne serait-ce qu’un domaine d’engagement en réponse au sacrifice incomparable du Sauveur pour eux, au fait qu’il a payé pour leurs transgressions, à sa tristesse pour leurs péchés, essayez de leur faire voir la nécessité d’obéir – de s’abandonner, dans leurs difficultés et leurs heures de décision, à « la volonté du Père » (v. 11), quoi qu’il en coûte. Ils ne le feront pas toujours, pas plus que vous et moin’avons été capables de le faire, mais cela devrait être leur but, cela devrait être leur objectif. Ce que le Christ semble le plus vivement désireux de souligner en parlant de sa mission – au-delà des vertus personnelles et au-delà des sermons merveilleux et même de la guérison – c’est qu’il soumettait sa volonté à la volonté du Père.

      Nous sommes tous des gens obstinés, peut-être même trop souvent. C’est pourquoi, le message que le Sauveur a pour chacun de nous est que notre offrande, à la similitude de la sienne, est un coeur brisé et un esprit contrit (voir 3Néphi 9:20 ; D&A 59:8). Nous devons sortir de notre moi mesquin et pleurer sur nos péchés et sur les péchés du monde. Nous devons supplier les autres de se soumettre au Père, de se soumettre au Fils, de se soumettre au Saint-Esprit. Il n’y a pas d’autre moyen. Sans nous comparer à lui, parce que ce serait un sacrilège, sachez néanmoins que la coupe qui ne peut s’éloigner est une coupe qui entre dans notre vie comme dans la sienne. Nous l’y retrouvons d’une manière bien moindre et avec une intensité bien plus faible, mais elle apparaît assez souvent pour nous enseigner que nous devons obéir quoi qu’il nous en coûte.


Le Christ connaît le chemin

      La deuxième leçon de l’Expiation que je vous demande de vous rappeler est liée à la première. Si ceux que vous instruisez ont le sentiment qu’ils n’ont déjà fait que trop d’erreurs, s’ils ont le sentiment qu’ils agissent et vivent à un niveau trop bas pour que la lumière du Christ puisse les atteindre, enseignez-leur que Dieu « est enclin à pardonner », que le Christ « est miséricordieux et plein de grâce, lent à la colère, longanime et plein de bonté » (Lectures on Faith, 1985, p. 42). La miséricorde, et les vertus liées que sont le repentir et le pardon, sont au coeur même de l’expiation de Jésus-Christ. Tout dans l’Évangile nous enseigne que nous pouvons changer si nous le voulons réellement, que nous pouvons avoir de l’aide si nous la demandons vraiment, que nous pouvons être guéris, quels que soient les problèmes du passé.

      En dépit des tribulations de la vie, il y a de l’aide pour nous tous au cours de ce voyage. Quand le Christ nous demande de nous soumettre, d’obéir au Père, il sait comment nous y aider. Il est passé par là, et il nous demande de faire ce qu’il a fait, mais il nous a rendu le voyage beaucoup plus aisé. Il sait où se trouvent les cailloux pointus et les pierres d’achoppement et où les ronces et les épines sont les plus denses. Il sait où le chemin est dangereux et il sait de quel côté il faut aller à la croisée des chemins à la nuit tombante. Il le sait parce qu’il a connu « des souffrances, et des afflictions, et des tentations de toute espèce... afin qu’il sache... comment secourir son peuple selon ses infirmités » (Alma 7:11-12). Secourir signifie « courir vers ». Je témoigne que le Christ courra vers nous, qu’il court déjà maintenant ; nous n’avons qu’à vouloir accepter le bras qu’il nous tend dans sa miséricorde.

      Quand nous chancelons ou que nous trébuchons, il est là pour nous remettre sur nos pieds et nous fortifier. En fin de compte, il est là pour nous sauver et pour tout cela il a donné sa vie. Quelque sombres que nous paraissent nos jours, ils ont été beaucoup plus sombres pour le Sauveur du monde. Pour nous rappeler ces jours, Jésus a choisi, même dans un corps ressuscité et à d’autres égards rendu parfait, de conserver pour le profit de ses disciples les plaies de ses mains, de ses pieds et de son côté – le signe, en quelque sorte, que des choses douloureuses arrivent même à ceux qui sont purs et parfaits, le signe que la souffrance dans ce monde n’est pas la preuve que Dieu ne vous aime pas, le signe que les problèmes passent et que nous pouvons connaître le bonheur. Rappelons-nous que c’est le Christ blessé qui est le capitaine de notre âme, lui qui porte encore les cicatrices de son pardon, les lésions de son amour et de son humilité, la chair déchirée de son obéissance et de son sacrifice.

      Ces blessures sont le signe principal auquel nous le reconnaîtrons quand il viendra. Il peut nous inviter à nous avancer, comme il l’a fait avec d’autres, pour voir et sentir ces marques. Si ce n’est pas avant, alors sûrement à ce moment-là, nous nous rappellerons avec Ésaïe que c’est pour nous que Dieu a été « méprisé et abandonné... homme de douleur et habitué à la souffrance », qu’il a été « blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités » ; que « le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et [que] c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris » (Ésaïe 53:3, 5).

      J’aime cette oeuvre. Chérissez l’occasion qui vous est donnée de vous plonger cette année dans le majestueux Nouveau Testament et dans la vie de celui dont il est témoin. Nous sommes son Église et nous sommes engagés dans une grande œuvre avec la merveilleuse bénédiction d’aimer les Écritures, d’en tirer les leçons et de nous témoigner les uns aux autres qu’elles sont vraies.


Adapté d’un discours prononcé le 8 août 2000 à l’université BrighamYoung, lors d’une conférence du Département d’Éducation de l’Église pour les instructeurs de religion. 

Source : Le Liahona, janvier 2003, pp. 13-22


hibou ecrit Cette petite Emma est autiste mais a une voix merveilleuse



Existence préterrestre
et préordination
du Christ



James E. Talmage (1862-1933)

Président de l'université d'Utah de 1894 à 1897
Membre du collège des Douze de 1911 à 1933

      Nous affirmons, en vertu des Saintes Écritures, que l'être qui est connu parmi les hommes sous le nom de Jésus de Nazareth, et par tous ceux qui reconnaissent sa divinité comme Jésus-Christ, existait avec le Père avant sa naissance dans la chair; et que dans l'état prémortel il fut choisi et ordonné pour être le seul et unique Sauveur et Rédempteur du genre humain. Pour qu'il y ait préordination, la condition essentielle est qu'il y ait préexistence ; c'est pourquoi les Écritures qui se rapportent à l'une se rapportent également à l'autre ; en conséquence, dans notre présentation nous n'essayerons pas de séparer les preuves qui s'appliquent à l'existence préterrestre du Christ ou à sa préordination.

      Jean, le Révélateur, contempla en vision certaines des scènes qui s'étaient produites dans le monde spirituel avant le commencement de l'histoire humaine. Il vit des luttes et des querelles entre la loyauté et la révolte, les armées qui défendaient la première, conduites par Michel, l'archange, et les forces rebelles gouvernées par Satan, que l'on appelle également le diable, le serpent et le dragon. Nous lisons : «  Il y eut une guerre dans le ciel. Michel et ses anges combattirent le dragon. Le dragon combattit, lui et ses anges  » (Apocalypse 12:7, voir aussi les versets 8 et 9).

      Dans ce combat entre armées non incarnées, les forces étaient inégalement réparties ; Satan n'attira sous sa bannière que le tiers des enfants de Dieu, qui sont symbolisés par le titre les «  étoiles du ciel  » (Apocalypse 12:4, voir aussi Doctrine & Alliances 29:36-38 et 76:25-27) ; la majorité combattit avec Michel, ou du moins s'abstint de toute opposition active, accomplissant ainsi l'objectif de leur «  premier état  » ; tandis que les anges qui se rangeaient aux côtés de Satan «  ne gardèrent pas leur premier état  » (Jude 6 dans la version du roi Jacques) et se disqualifièrent ainsi pour obtenir des possibilités glorieuses d'un état avancé ou «  second état  » (Abraham 3:26, dans la Perle de Grand Prix). La victoire sourit à Michel et à ses anges ; et Satan ou Lucifer, qui était jusqu'alors un «  fils du matin  », fut chassé du ciel, oui, «  il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui  » (Apocalypse 12:9).Le prophète Ésaïe, à qui ces événements capitaux avaient été révélés quelque huit siècles avant l'époque des écrits de Jean, se lamente en une douleur inspirée sur la chute d'un être si grand et indique que la cause en fut l'ambition égoïste : «  Te voilà tombé du ciel, Astre brillant, fils de l'aurore ! Tu es abattu à terre, toi le vainqueur des nations ! Tu disais en ton cœur : je monterai au ciel, j'élèverai mon trône au-dessus des étoiles de Dieu, je siégerai sur la montagne de l'assemblée, à l'extrémité du septentrion ; je monterai sur le sommet des nues, je serai semblable au Très-Haut. Mais tu as été précipité dans le séjour des morts, dans les profondeurs de la fosse  » (Ésaïe 14:12-15, comparer avec D&A 29:36-38 et 76:23-27).  

      On verra pourquoi nous citons ces Écritures dans le cadre de notre présente étude, si l'on examine la cause de cette grande lutte : la situation qui amena cette guerre dans les cieux. D'après les paroles d'Ésaïe, il est clair que Lucifer, qui possédait déjà un rang exalté, chercha à s'agrandir sans tenir compte des droits et de la liberté des autres. Le problème est présenté, en des termes sur lesquels nul ne peut se méprendre, dans une révélation donnée à Moïse et répétée par l'intermédiaire du premier prophète de la dispensation actuelle : «  Et moi, le Seigneur Dieu, je parlai à Moïse, disant : Ce Satan que tu as commandé au nom de mon Fils unique, est celui-là même qui était dès le commencement, et il vint devant moi disant : Me voici, envoie-moi, je serai ton fils et je rachèterai toute l'humanité, de sorte que pas une âme ne sera perdue, et je le ferai certainement; c'est pourquoi donne-moi ton honneur. Mais, voici, mon Fils bien-aimé, qui était mon Bien-aimé et mon Élu depuis le commencement, me dit : Père, que ta volonté soit faite, et que la gloire t'appartienne à jamais. C'est pourquoi, parce que Satan s'était révolté contre moi, qu'il avait cherché à détruire le libre arbitre de l'homme, que moi, le Seigneur Dieu, je lui avais donné, et aussi parce qu'il voulait que je lui donne mon pouvoir, par le pouvoir de mon Fils unique, je le fis précipiter du ciel ; et il devint Satan, oui, à savoir le diable, le père de tous les mensonges, pour tromper et aveugler les hommes, et mener captifs à sa volonté tous ceux qui ne voudraient pas écouter ma voix  » (Moïse 4:1-4, dans la Perle de Grand Prix ; voir aussi Abraham 3:27,28).

      Nous voyons ainsi qu'avant que l'homme ne soit placé sur la terre, combien de temps avant, nous ne le savons pas, le Christ et Satan, en même temps que les armées des enfants spirituels de Dieu, existaient en tant qu'individus intelligents (on trouvera une étude plus approfondie de la préexistence des esprits dans L'autorité dans le ministère,de l'auteur, au chapitre « La préordination et l'existence préterrestre »), possédant la faculté et le pouvoir de choisir la voie qu'ils poursuivraient et les dirigeants qu'ils se donneraient et auxquels ils obéiraient. Il ne fait pas de doute que, dans cette grande assemblée d'intelligences spirituelles, on discuta du plan du Père selon lequel ses enfants devaient être avancés à leur deuxième état. La possibilité qui fut ainsi placée à la portée des esprits qui devaient avoir l'avantage de prendre un corps sur la terre était si transcendantalement glorieuse que ces multitudes célestes éclatèrent en chants d'allégresse et poussèrent des cris de joie (Job 38:7, version du roi Jacques).

      Le plan dictatorial de Satan, aux termes duquel tous seraient amenés sains et saufs à travers la vallée de la mortalité, privés de la liberté d'agir et du libre arbitre de choisir, tellement limités qu'ils seraient obligés de faire le bien - de sorte qu'aucune âme ne serait perdue - fut rejeté ; et l'humble offre de Jésus, le Premier-né, d'assumer la mortalité et de vivre parmi les hommes pour être leur Exemple et leur Maître, respectant la sainteté du libre arbitre de l'homme mais enseignant aux hommes à utiliser correctement cet héritage divin, fut accepté. Cette décision amena la guerre, qui eut pour résultat la défaite de Satan et de ses anges, lesquels furent chassés et privés des avantages sans limites afférents à l'état mortel ou deuxième état.

      L’être qui naquit plus tard dans la chair, Fils de Marie, Jésus, joua un rôle important dans cet auguste conseil des anges et des Dieux, et c'est là qu'il fut ordonné par le Père pour être le Sauveur de l'humanité. Du point de vue du temps, le terme étant utilisé dans le sens de toute la durée du passé, c'est la première mention que nous ayons de la présence du Premier-né parmi les fils de Dieu ; pour nous qui lisons, cela marque le début de l'histoire écrite de Jésus le Christ.

      Bien que les Écritures de l’Ancien Testament abondent en promesses que le Christ viendra réellement dans la chair, elles sont moins claires au sujet de son existence prémortelle. Vivant encore sous la loi et n'étant pas encore prêts à recevoir l'Évangile, les enfants d'Israël considéraient le Messie comme quelqu'un qui naîtrait dans le lignage d'Abraham et de David, ayant le pouvoir de les libérer de leurs fardeaux personnels et nationaux et de vaincre leurs ennemis. En général le peuple ne se rendait que très vaguement compte, à supposer qu'il pût même le concevoir, que le Messie était bel et bien le Fils élu de Dieu, qui était avec le Père depuis le commencement. Un Être déjà revêtu de puissance et de gloire dans son existence prémortelle ; et bien que la grande vérité fût révélée (Psaumes 25:14 ; Amos 3:7) à des prophètes spécialement commissionnés dans les responsabilités et les droits de la sainte prêtrise, ceux-ci la transmettaient au peuple plutôt dans le langage de l'image et de la parabole qu'en des paroles claires et directes. Néanmoins les témoignages des évangélistes et des apôtres, l'attestation du Christ lui-même tandis qu'il était dans la chair et les révélations données dans la dispensation actuelle nous fournissent des preuves scripturaires en suffisance.

      Dans les lignes introductrices de l'Évangile de Jean, l'apôtre, nous lisons : « Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Tout a été fait par elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle... La Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme celle du Fils unique venu du Père » (Jean 1:1-3,14 ; voir aussi 1 Jean 1:1, 5:7 ; Apocalypse 19:13 ; cf. D&A 93:1-17,21).

      Ce passage est simple, précis et sans équivoque. Nous pouvons raisonnablement donner à l'expression « Au commencement » la même signification qui y est attachée dans la première ligne de la Genèse ; et pareil sens doit indiquer une époque antérieure aux stades les plus reculés de l'existence humaine sur la terre. Le passage affirme clairement que la Parole est Jésus-Christ, qui était avec le Père dans ce commencement et qui était revêtu lui-même du pouvoir et du rang de la Divinité, qu'il vint dans le monde et demeura parmi les hommes. Ces déclarations sont confirmées par une révélation donnée à Moïse dans laquelle il lui fut permis de voir un grand nombre d'entre les créations de Dieu et d'entendre la voix de Dieu commenter les choses qui avaient été faites : « Et je les ai créées par la parole de mon pouvoir, qui est mon Fils unique, lequel est plein de grâce et de vérité » (Moïse 1:32,33 ; voir aussi 2:5).

      Jean l'apôtre affirme à plusieurs reprises l'existence préterrestre du Christ et son autorité et sa puissance dans l'état prémortel (1 Jean 1:1-3 ; 2:13,14 ; 4:9 ; Apocalypse 3:14). Le témoignage de Paul (2 Timothée 1:9,10 ; Romains 16:25 ; Éphésiens 1:4 ; 3:9,11 ; Tite 1:2 ; voir surtout Romains 3:25) et celui de Pierre sont formulés dans le même sens. Instruisant les saints du fondement de leur foi, le dernier apôtre nommé souligna qu'ils n'assureraient pas leur rédemption par des choses corruptibles ni par l'observance extérieure de rites prescrits par la tradition, « mais par le sang précieux de Christ, comme d'un agneau sans défaut et sans tache ; il a été désigné d'avance, avant la fondation du monde, et manifesté à la fin des temps, à cause de vous » (1 Pierre 1:19,20).

      Il y a quelque chose de plus impressionnant et d'encore plus concluant : les témoignages personnels du Sauveur sur sa vie prémortelle et la mission dont il avait été chargé parmi les hommes. Nul ne peut accepter que Jésus est le Messie et rejeter logiquement ces preuves de sa nature éternelle. Un jour que les Juifs se disputaient entre eux dans la synagogue et murmuraient parce qu'ils ne parvenaient pas à comprendre correctement ce qu'il disait sur lui-même, et en particulier ce qui touchait sa parenté avec le Père, Jésus leur dit : « car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé ». Poursuivant ensuite la leçon qu'il tirait de la différence entre la manne avec laquelle leurs pères avaient été nourris dans le désert et le pain de vie qu'il avait à offrir, il ajouta : « Moi, je suis le pain vivant descendu du ciel », et il déclara encore : « Le Père qui est vivant m'a envoyé ». Un grand nombre de ses disciples furent incapables de comprendre ses enseignements, et leurs plaintes lui arrachèrent ces paroles : « Cela vous scandalise ? Et si vous voyiez le Fils de l'homme monter où il était auparavant ? » (Jean 6:38,51,57,61,62).

      À certains Juifs corrompus, enveloppés du manteau de l'orgueil racial, qui se vantaient de descendre d’Abraham et qui cherchaient à excuser leurs péchés en se servant mal à propos du nom du grand patriarche, notre Seigneur proclama ainsi sa propre prééminence : « En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, moi, je suis » (Jean 8:58 ; voir aussi 17:5,24 et comparer avec Exode 3:14). Nous traiterons plus loin du sens profond de cette remarque. Qu'il nous suffise pour les besoins présents de considérer que cette Écriture est une affirmation claire et nette de l'antériorité et de la suprématie du Seigneur par rapport à Abraham. Mais comme la naissance d’Abraham avait précédé celle du Christ de plus de dix-neuf siècles, cette antériorité devait se rapporter à un état d'existence précédant celui de la mortalité.

      Lorsque le moment approcha où il devait être trahi, dans le dernier entretien qu'il eut avec les apôtres avant son expérience déchirante de Gethsémané, Jésus les consola en disant : « Car le Père lui-même vous aime, parce que vous m'avez aimé, et que vous avez cru que je suis sorti d'auprès de Dieu. Je suis sorti du Père et je suis venu dans le monde ; maintenant, je quitte le monde et je vais vers le Père » (Jean 16:27,28 ; voir aussi 13:3). En outre, lorsqu'il déversa son cœur en prières pour ceux qui avaient été fidèles à leur témoignage de sa mission messianique, il fit au Père une invocation solennelle : « Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ. Je t'ai glorifié sur la terre ; j'ai achevé l’œuvre que tu m'as donnée à faire. Et maintenant, toi, Père, glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que j'avais auprès de toi, avant que le monde fût » (Jean 17:3-5 ; voir aussi versets 24,25).  

      Les Écritures du Livre de Mormon prouvent en termes tout aussi clairs que le Christ eut une existence prémortelle et qu'il fut préordonné à sa mission. Nous ne citerons ici qu'une des nombreuses preuves que l'on y trouve. Un ancien prophète, que le document appelle le frère de Jared, implora un jour le Seigneur en une supplication ardente. « Et le Seigneur lui dit : Crois-tu aux paroles que je dirai ? Et il répondit : Oui, Seigneur, je sais que tu dis la vérité, car tu es un Dieu de vérité, et tu ne peux mentir. Et quand il eut dit ces mots, voici, le Seigneur se montra à lui et dit : Parce que tu sais ces choses, tu es racheté de la chute ; c'est pourquoi tu es ramené en ma présence ; c'est pourquoi, je me montre à toi. Voici, je suis celui qui fut préparé depuis la fondation du monde pour racheter mon peuple. Voici, je suis Jésus-Christ. Je suis le Père et le Fils. En moi, toute l'humanité aura la lumière, et cela éternellement, même ceux qui croiront en mon nom ; et ils deviendront mes fils et mes filles. Et je ne me suis jamais montré à l'homme que j'ai créé, car jamais l'homme n'a cru en moi comme toi. Vois-tu que tu es créé à mon image ? Oui, même tous les hommes furent créés au commencement à ma propre image. Voici, ce corps, que tu vois maintenant, est le corps de mon esprit ; et j'ai créé l'homme selon le corps de mon esprit; et j'apparaîtrai à mon peuple dans la chair exactement comme je t'apparais dans l'esprit » (Éther 3:11-16 ; voir aussi 1 Néphi 17:30, 19:7 ; 2 Néphi 9:5 ; 11:7 ; 25:12 ; 26:12 ; Mosiah 3:5 ; 4:2 ; 7:27 ; 13:34 ; 15:1 ; AIma 11:40 ; HéIaman 14:12 ; 3 Néphi 9:15). Les faits principaux que cette Écriture atteste et qui portent directement sur notre sujet actuel sont que le Christ se manifesta tandis qu'il se trouvait encore dans son état prémortel et qu'il déclara avoir été choisi pour être le Rédempteur, avant la fondation du monde.

      La révélation qui nous a été transmise par les prophètes de Dieu dans la dispensation actuelle abonde en passages prouvant que le Christ fut désigné et ordonné dans le monde originel ; et le contenu tout entier de Doctrine et Alliances peut être cité comme témoin. Les exemples suivants sont particulièrement opportuns. Dans une révélation qu'il fit à Joseph Smith, le prophète, en mai 1833, le Seigneur déclara qu'il était celui qui était venu précédemment dans le monde venant du Père, et dont Jean avait témoigné qu'il était la Parole ; et il répète la vérité solennelle que lui, Jésus-Christ, « était au commencement, avant que le monde fût », et en outre qu'il était le Rédempteur qui était « venu dans le monde, parce que le monde avait été fait par lui », et qu'en lui étaient la vie et la lumière des hommes. On l'appelle encore le « Fils unique du Père, plein de grâce et de vérité, à savoir l'Esprit de vérité qui vint demeurer dans la chair ». Au cours de la même révélation, le Seigneur dit : « Et maintenant, en vérité, je vous le dis, j'étais au commencement avec le Père et je suis le Premier-né » (D&A 93:1-17,21). Selon ce qu'atteste le prophète moderne, lors d'une précédente occasion, l'un de ses compagnons et lui furent éclairés par l'Esprit de telle sorte qu'ils furent à même de voir et de comprendre les choses de Dieu. Il précise : « À savoir ce qui était dès le commencement avant que le monde fût, qui fut institué par le Père, par l'intermédiaire de son Fils unique, qui était dès le commencement dans le sein du Père, de qui nous rendons témoignage ; et le témoignage que nous rendons est la plénitude de l'Évangile de Jésus-Christ, qui est le Fils, que nous avons vu et avec qui nous avons conversé dans la vision céleste » (D&A 76:13,14).

      Le témoignage des Écritures composées dans les deux hémisphères, celui des documents anciens et modernes, les paroles inspirées de prophètes et d'apôtres et les paroles du Seigneur lui-même proclament d'une seule voix l'existence préterrestre du Christ et son ordination comme Sauveur et Rédempteur de l'humanité choisi au commencement, oui, avant même la fondation du monde.


Source : James E. Talmage, Jesus the Christ, Salt Lake City, 1915 

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La grandeur de Dieu

  
 Jeffrey R. Holland
du Collège des douze apôtres


      Parmi les nombreux objectifs magnifiques accomplis dans la vie et le ministère du Seigneur Jésus-Christ, il est un grand côté de sa mission qui n'est pas souvent reconnu. Ses disciples ne le comprenaient pas complètement à son époque, et beaucoup, dans la chrétienté actuelle, ne le saisissent toujours pas, mais le Sauveur en personne en a parlé à maintes reprises et l'a mis en lumière. Il s'agit de la grande vérité que, dans tout ce que Jésus est venu dire et faire, y compris et surtout dans sa souffrance et son sacrifice expiatoires, il nous montrait qui est Dieu, notre Père éternel, à quel point il est complètement dévoué à ses enfants, quels que soient leur époque et leur pays. En parole et en action, Jésus essayait de nous révéler et de nous faire connaître personnellement la véritable nature de son Père, notre Père céleste.

      Il l'a fait au moins en partie parce qu'à cette époque comme à la nôtre, nous devons tous mieux connaître Dieu pour l'aimer plus profondément et lui obéir plus complètement. L'Ancien et le Nouveau Testament déclarent : « Le premier de tous les commandements [est :] Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force. C'est le premier et le plus grand commandement » (Marc 12:29-30 ; voir aussi Matthieu 22:3738 ; Deutéronome 6:5).

      Il n'est alors pas étonnant que Joseph Smith, le prophète, ait enseigné : « C'est le premier principe de l'Évangile de connaître avec certitude la personnalité de Dieu... Je veux que vous le connaissiez tous, et que vous le connaissiez bien » (History of the Church, 6:305). Nous devons « avoir une idée correcte de ses... perfections et de ses attributs... [de l'admiration pour] l'excellence de [sa] personnalité » (Lectures on Faith, 1985, p. 38, 42). La première expression de notre déclaration de foi est « nous croyons en Dieu, le Père éternel » (Premier article de foi). C'est ce que Jésus a fait au plus haut point. Même quand il énonçait son rôle unique dans le plan divin, le Sauveur a insisté néanmoins sur ce préambule sous forme de prière : « Or, la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu. » (Jean 17:3)

      Après que les prophètes ont essayé pendant des siècles d'enseigner la volonté et la voie du Père à la famille humaine, généralement avec peu de succès, Dieu a envoyé sur terre, dans un suprême effort pour que nous le connaissions, son Fils unique et parfait, créé à sa propre ressemblance et à sa propre image, pour vivre et mourir parmi les mortels dans les difficultés quotidiennes de la vie.

      Venir sur terre avec une telle responsabilité, se tenir à la place d'Élohim, parler, juger, servir, aimer, avertir, interdire et pardonner comme il le ferait, c'est un devoir si grand et si écrasant que vous et moi nous ne pouvons le comprendre. Mais par une loyauté et une détermination qui sont caractéristiques d'un enfant de Dieu, Jésus pouvait le comprendre et l'a compris. Puis, quand la louange et l'honneur ont commencé à lui revenir, il a humblement rendu gloire au Père.

      Il a dit gravement : « Le Père... fait les oeuvres. Le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu'il voit faire au Père ; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement. » (Jean 14:10 ; 5:19-20). Il a dit à une autre occasion : « Je dis ce que j'ai vu chez mon Père... Je ne fais rien de moi-même, mais... je parle selon ce que le Père m'a enseigné... Je suis descendu du ciel pour faire, non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé. » (Jean 8:38, 28 ; 5:30 ; 6:38)

      Je fais ma propre déclaration sincère sur Dieu, notre Père éternel, ce matin parce que certaines personnes de notre époque sont dans la détresse du fait de la mauvaise compréhension qu'ils ont de lui. Il y a, entre autres, chez elles la tendance à se sentir loin du Père et même à le sentir étranger, si tant est qu'elles croient en lui. Et si les gens croient en lui, nombreux sont ceux qui disent actuellement qu'ils se sentiraient bien dans les bras de Jésus, mais ils sont mal à l'aise rien que d'envisager de rencontrer le Père qu'ils jugent sévère (Voir William Barclay, The Mind of Jesus, 1961, surtout le chapitre « Looking at the Cross » pour avoir un commentaire de cette tendance moderne). Par mauvaise analyse (et sûrement parfois par mauvaise traduction) de la Bible, ces personnes considèrent que Dieu le Père et Jésus-Christ opèrent très différemment, bien que dans l'Ancien comme dans le Nouveau Testament, le Fils de Dieu fasse un avec le Père, agissant, comme il le fait toujours, sous la direction du Père qui est le même « hier, aujourd'hui et à jamais » (Par exemple, 1 Néphi 10:18 ; 2 Néphi 27:23 ; Moroni 10:19 ; D&A 20:12).

      Si nous réfléchissons à ces malentendus, nous comprenons que l'une des merveilleuses contributions du Livre de Mormon est sa conception uniforme, parfaitement cohérente de la nature divine tout au long de ce livre majestueux. On n'y trouve pas de fossé entre Malachie et Matthieu, il n'y a aucune pause nécessaire pour faire la transition d'une conception dogmatique à une autre, pas d'erreur de lecture sur Dieu qui, à chaque page de ces annales, de leur début dans l'Ancien testament jusqu'à leur fin dans le Nouveau Testament, agit sans retard, avec amour et avec fidélité. Oui, dans un effort pour rendre au monde sa Bible et, du même coup, une vision correcte de la Divinité, le Livre de Mormon donne une vision uniforme de Dieu dans toute sa gloire et sa bonté, dans toute sa richesse et sa complexité, notamment démontrée par une apparition en personne de son Fils unique, Jésus-Christ.

      Nous sommes très reconnaissants de toutes les Écritures, en particulier de celles du Rétablissement, qui nous enseignent la majesté de chaque membre de la Divinité. Combien nous serions heureux, par exemple, si le monde entier avait connaissance du Père et l'acceptait tel qu'il est décrit avec tant d'émotion dans la Perle de Grand Prix !

      Lors d'une grande vision du genre humain et des cieux, Hénoc, voyant les bénédictions et les difficultés de la condition mortelle, tourne les regards vers le Père et est stupéfait de le voir pleurer. Abasourdi et émerveillé devant l'être le plus puissant de l'univers, il dit : « Comment se fait-il que tu peux pleurer... Tu es juste...miséricordieux et bon à jamais ; la paix... est la demeure de ton trône ; la miséricorde ira devant ta face et n'aura pas de fin ; comment se fait-il que tu peux pleurer ? »

      Contemplant les événements de presque chaque jour, Dieu répond : « Regarde ceux-ci qui sont tes frères; ils sont l'oeuvre de mes mains... je leur ai aussi donné le commandement de s'aimer les uns les autres et de me choisir, moi, leur Père ; mais voici, ils sont sans affection et ils haïssent leur propre sang... c'est pourquoi, les cieux ne pleureraient-ils pas en voyant que ceux-ci vont souffrir ? » (Moïse 7:29-33, 37)

      Cette scène simple et poignante réussit mieux à enseigner la vraie nature de Dieu que tous les traités philosophiques. Elle nous aide aussi à bien mieux comprendre l'épisode vivant de l'allégorie de l'olivier dans le Livre de Mormon où, après avoir creusé, mis de l'engrais, arrosé, désherbé, taillé, transplanté et greffé, le grand Seigneur de la vigne jette sa bêche et son sécateur et pleure en s'écriant à qui veut bien l'entendre : « Qu'aurais-je pu faire de plus pour ma vigne ? » (Jacob 5:41 ; voir aussi les versets 47, 49)

      Quelle image indélébile de l'engagement de Dieu dans notre vie ! Quelle angoisse pour un Père de voir ses enfants ne pas le choisir et ne pas choisir « l'Évangile de Dieu » (Romains 1:1) qu'il a envoyé ! Comme c'est facile d'aimer quelqu'un qui nous aime d'un amour aussi unique !

      Bien sûr, l'abandon au fil des siècles d'une foi en un Père aussi parfait et aimant a été aggravé par les dogmes faits par les hommes de générations qui se trompaient et décrivaient Dieu comme inconnu et impossible à connaître, sans parties ni passion, intangible, immatériel, simultanément partout et nulle part. Cela ne décrit certainement pas l'Être que nous contemplons par les yeux de ces prophètes. Et cela ne correspond pas non plus au Jésus de Nazareth, doté du souffle de la vie, incarné, qui était et est « le reflet de [son Père] » (Hébreux 1:3 ; voir aussi 2 Corinthiens 4:4 ; Colossiens 1:15).

      En ce sens, Jésus est venu moins pour améliorer l'image que Dieu a des hommes que pour améliorer la vision que les hommes ont de Dieu, et pour les supplier d'aimer leur Père céleste comme il les a toujours aimés et les aimera toujours. Ils ont eu l'occasion de comprendre le plan de Dieu, la puissance de Dieu, la Sainteté de Dieu, et même la colère et le jugement de Dieu. Mais l'amour de Dieu, l'insondable profondeur de son dévouement à ses enfants, ils ne l'ont pas connu pleinement... avant la venue du Christ.

      En nourrissant les affamés, en guérissant les malades, en réprimandant l'hypocrisie, en prêchant en faveur de la foi, le Christ nous montre la nature du Père, qui « est miséricordieux, plein de grâce, lent à la colère, longanime et plein de bonté » (Lectures on Faith, p. 42). Dans sa vie et surtout par sa mort, le Christ déclarait : « C'est la compassion de Dieu que je vous montre, ainsi que la mienne. » Dans la manifestation de la sollicitude du Père parfait par son Fils parfait, dans leur souffrance mutuelle et leur chagrin commun pour nos péchés et nos douleurs, nous voyons le sens suprême de la déclaration suivante : « Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle. Dieu, en effet, n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu'il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. » (Jean 3:16-17)

      Je rends personnellement témoignage aujourd'hui que Dieu est un personnage distinct, vivant, qui connaît notre nom, entend nos prières et y répond, et nous chérit éternellement comme ses enfants d'esprit. Je témoigne que, au milieu des tâches merveilleusement complexes de l'univers, il recherche notre bonheur et notre sécurité avant toutes ses autres préoccupations divines. Nous sommes créés à son image et à sa ressemblance (Genèse 1:26-27 ; Moïse 2:26-27), et Jésus de Nazareth, son Fils unique dans la chair, est venu ici-bas et est la parfaite manifestation terrestre de sa grandeur. Outre le témoignage des anciens, nous avons également le miracle moderne de Palmyra, l'apparition de Dieu le Père et de son Fils bien-aimé, le Sauveur du monde, au jeune prophète, Joseph Smith. Je témoigne de cette apparition et je reprends les paroles du prophète pour dire, moi aussi : « Notre Père céleste est plus libéral dans ses vues et plus illimité dans sa miséricorde et ses bénédictions que nous ne sommes disposés à le croire ou à l'apprendre... Dieu ne considère pas le péché avec indulgence, mais... plus nous nous rapprochons de notre Père céleste, plus nous sommes disposés à éprouver de la compassion pour les âmes qui périssent, à les prendre sur nos épaules et à jeter leurs péchés derrière notre dos. » (Enseignements du prophète Joseph Smith, p. 207, 194)

      Je témoigne que Dieu est de cette nature. Et dans l'esprit du saint apostolat, je dis comme l'a dit l'un des hommes qui détenaient cet office jadis : « Et cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu'il nous a ainsi aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés. Bien-aimés, si Dieu nous a ainsi aimés, nous devons aussi nous aimer les uns les autres » (1 Jean 4:10-11) et aimer Dieu à jamais. Je prie pour cela. Au nom sacré de Jésus-Christ. Amen.


Discours prononcé au Centre de conférence de Salt Lake City le 5 octobre 2003, au cours de la conférence générale de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours



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Jésus-Christ est-il Dieu ?


Marcel Kahne




Depuis le début de son histoire, le christianisme est mal à l'aise avec la divinité que lui a imposé le Nouveau Testament avec un Père, un Fils et un Saint-Esprit. On ne pouvait en faire trois Dieux sous peine de se faire conspuer par les Juifs fidèles à l'enseignement du Dieu unique de l'Ancien Testament :

« Écoute Israël ! L'Éternel, notre Dieu, est le seul Éternel » (Deutéronome 6:4).

« Je suis l'Éternel et il n'y en a point d'autre, hors moi, il n'y a point de Dieu. » (Ésaïe 45:5,6)

L'Église catholique a tenté de résoudre le problème en donnant à la Divinité une définition philosophique selon laquelle le Père, le Fils et le Saint Esprit seraient trois Dieux tout en n'étant qu'un seul Dieu. Une manière de concilier l'Ancien et le Nouveau Testament dans laquelle le bon sens ne trouve pas son compte. D'autres ont trouvé une solution bien plus simple qui consiste à affirmer que le Saint Esprit n'est pas un personnage distinct de Dieu, mais est simplement une émanation du Père, et que Jésus-Christ n'est pas un personnage divin. Mais ce sont là des modèles dans lesquels la Bible refuse tout simplement de s'insérer.

La Bible annonce la couleur dès le début de la Genèse : « Au commencement, Dieu (Élohim : les Dieux dans le texte en hébreu) créa les cieux et la terre... Dieu (Élohim : les Dieux) dit : Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance... Vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal... L'Éternel Dieu dit : Voici, l'homme est devenu comme l'un de nous... » Genèse 1:1,26 ; 3:5,22

Le commentateur de Genèse 1:26 de la Bible de Jérusalem propose cette explication du pluriel Élohim : « Ce pluriel peut indiquer une délibération de Dieu avec sa cour céleste... ou bien ce pluriel exprime la majesté et la richesse intérieure de Dieu, dont le nom commun en hébreu est de forme plurielle. » Il y a cependant une explication bien plus évidente que la Bible fournit elle-même :

« Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Tout a été fait par elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle... le monde a été fait par elle... » Jean 1:1-3,10

      Le sens très clair de ce texte est contesté sous prétexte que, dans la première mention, le grec dit : « le Dieu », tandis que dans la deuxième, l'article manque (...et la Parole était avec le Dieu, et la Parole était Dieu...). Mais cet argument est sans valeur, car la suite du texte montre que le grec utilise indifféremment « theos » avec ou sans article. Ainsi : verset 2 : « ton theos » ; verset 6 : « theou » sans article ; verset 12 : « theou » sans article ; verset 13 : « theou » sans article ; verset 18 : « theou » sans article ; versets 29, 34, 36, 50, 52 : « tou theou » avec article.

Mais il y a plus. Jean était un hébreu et, comme tel, il connaissait bien la pratique d'attribuer une valeur numérique aux mots (les lettres de l'alphabet on valeur de chiffre en hébreu) soulignant ainsi le message direct avec un message en filigrane. La valeur numérique de YHVH est 10+5+6+5 = 26. Parole se dit « dabar » et sa valeur numérique est 4+2+20=26. La parole est donc Dieu.Dabar YHVH (parole de Dieu) a pour valeur 26+26= 52, et « Ben » (le Fils) a également 52 comme valeur (2+50). Le Fils est par conséquent Dieu, lui aussi. Cette technique appelée gématrie, se remarque dans divers endroits de la Bible, et ne doit pas être balayée d'un haussement d'épaules. Il ne faut pas oublier que nous ne pouvons pas lire un texte vieux de 2000 ans écrit par un oriental selon les conceptions littéraires de l'époque, comme si c'était un texte moderne écrit par un occidental, rempli de nos conceptions modernes.

« ...Dieu nous a parlé par le Fils... Il l'a établi héritier de toutes choses, et c'est par lui qu'il a fait les mondes... » (Hébreux 1:2)

« Mais au Fils il dit : ...Toi, Seigneur, tu as au commencement fondé la terre, et les cieux sont l'ouvrage de tes mains » (Hébreux 1:8-10).

« Car en lui [le Fils de son amour, v. 16] tout a été créé dans les cieux et sur la terre ... Tout a été créé par lui et pour lui. » (Colossiens 1:16)

C'est parfaitement clair : le pluriel Élohim de la Genèse désigne au moins deux Dieux, le Père et le Fils, qui étaient ensemble au moment de la création, le Père étant à l'origine de l'acte créateur et le Fils en étant l'exécutant, comme l'exprime très correctement l'apôtre Paul :

« ... Pour nous il n'y a qu'un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses, et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui sont toutes choseset par qui nous sommes. » (1 Corinthiens 8:6)

La Bible est donc formelle pour affirmer que Jésus-Christ est le Créateur. Mais elle va plus loin : de nombreux passages attestent que Jésus-Christ est l'Éternel [YHVY, Yahvé, Yahweh, Jéhovah] de l'Ancien Testament.

Exode 3:14 Dieu dit à Moïse : Je suis celui qui suis. Et il ajouta : c'est ainsi que tu répondras aux Israélites : Celui qui s'appelle « Je Suis » m'a envoyé vers vous.  

Jean 8:58 Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, moi, je suis. Là -dessus ils prirent des pierres pour les lui jeter.

Zacharie 14:2-4 Je regrouperai toutes les nations à Jérusalem pour le combat... L'Éternel sortira... ses pieds se placeront en ce jour-là sur le mont des Oliviers...  

Actes 1:9-12 ...Il fut élevé pendant qu'ils le regardaient... Vous Galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ? Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, reviendra de la même manière dont vous l'avez vu aller au ciel. Alors ils retournèrent à Jérusalem, depuis le mont appelé des Oliviers...  

Zacharie 12:10 Alors je [l'Éternel, 12:4] répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication, et ils tourneront les regards vers moi, celui qu'ils ont transpercé. Ils porteront son deuil comme on porte le deuil d'un fils unique, ils pleureront amèrement sur lui, aussi amèrement qu'unpremier né 

Jean 19:37, Apocalypse 1:7 Et ailleurs l'Écriture dit encore : ils regarderont à celui qu'ils ont transpercé.

Voici qu'il vient avec les nuées. Tout homme le verra, même ceux qui l'ont percé, et toutes les tribus de la terre se lamenteront à son sujet.

Ésaïe 43:10,12 ; 44:8 C'est vous qui êtes mes témoins, - Oracle de l'Éternel –  

Actes 1:8 Vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre. 

Psaumes 91:2,4 ...l'Éternel... te couvrira de ses plumes, tu te réfugieras sous ses ailes...  

Matthieu 23:37 Jérusalem, Jérusalem... combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes...  

Psaumes 45:7 Ton trône, ô Dieu, subsiste à toujours et à perpétuité ; le sceptre de ton règne est un sceptre de droiture.  

Luc 1:33 [Gabriel parlant du futur Jésus à Marie] Il régnera sur la maison de Jacob éternellement et son règne n'aura pas de fin.

Ésaïe 44:6; 48:12 Ainsi parle l'Éternel, le roi d'Israël, celui qui le rachète, l'Éternel des armées : je suis le premier et je suis le dernier.  

Apocalypse 1:8,18 ;2:8 ; 22:12-13 Je [Jésus-Christ, 1:1; 22:16] suis l'Alpha et l'Oméga, dit le Seigneur Dieu, celui qui est, qui était, et qui vient, le Tout-Puissant...

Moi je suis le premier et le dernier, le vivant. J'étais mort, et me voici vivant aux siècles des siècles...

Voici ce que dit le premier et le dernier, celui qui est mort et qui est revenu à la vie...

Voici : je viens bientôt... Je suis l'Alpha et l'Oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin.  

Ésaïe 43:11 C'est moi, moi qui suis l'Éternel, et hors de moi, il n'y a point de sauveur.  

Jean 11:25 ; 14:6-9 ; Actes 4:12 Jésus lui dit : Moi je suis la résurrection et la vie... Moi je suis le chemin, la vérité et la vie...

celui qui m'a vu, a vu le Père... Le salut ne se trouve en aucun autre, car il n'y a sous le ciel aucun autre nom donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés.  

Il va sans dire que ces parallèles entre l'Ancien et le Nouveau Testament ne sont pas un simple hasard, mais sont voulus. Ceux qui ont écrit le Nouveau Testament connaissaient parfaitement les implications des passages en question et l'on peut en déduire que pour eux, Jésus-Christ et l'Éternel (YHVH, Yahvé, Jéhovah) ne faisait qu'un. Mais ce n'est pas tout : Jésus-Christ se proclama Dieu de manière absolument formelle.

Jésus leur dit : En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu'Abraham fût, moi je suis (grec : ego eimi : indicatif présent. La Traduction du monde nouveau, des Témoins de Jéhovah, falsifie ce texte en mettant : « j'étais »). Là dessus, ils prirent des pierres pour les lui jeter... Les Juifs ne s'y sont pas trompés : ils ont reconnu l'allusion à Exode 3:14 : « Je suis qui je suis », rendu par les LXX « eimi to on », je suis l'Être, Moi et le Père, nous sommes un. Les Juifs ramassèrent à nouveau des pierres pour le lapider. Jésus reprit et leur dit : Je vous ai fait voir beaucoup d'œuvres bonnes venant du Père. Pour laquelle de ces œuvres me lapidez-vous ? Les Juifs lui répondirent : Ce n'est point pour une œuvre bonne que nous te lapidons, mais pour un blasphème, et parce que toi, qui es un homme, tu te fais Dieu. (Jean 10:30-36)

Mais Jésus leur répondit : Mon Père travaille jusqu'à présent. Moi aussi je travaille. A cause de cela, les Juifs cherchaient encore plus à le faire mourir, non seulement parce qu'il violait le sabbat, mais parce qu'il disait que Dieu était son propre Père, se faisant ainsi lui-même égal à Dieu. (Jean 5:18)

D'autres passages sont tout aussi éloquents quant à l'identité véritable de Jésus-Christ :

Lorsque les gens lui amenèrent un paralytique, Jésus, avant de le guérir, lui dit : « Tes péchés te sont pardonnés. Les scribes et les pharisiens se mirent à raisonner et à dire : Qui est celui-ci qui profère des blasphèmes ? Qui peut pardonner les péchés si ce n'est Dieu seul ? » (Luc 5:20-21)

Une autre façon dont Jésus-Christ s'identifie à l'Éternel, c'est sa façon de dire de lui-même qu'il est l'Époux : « Les amis de l'Époux peuvent-ils mener deuil tant que l'Époux est avec eux ? Les jours viendront où l'Époux leur sera enlevé, et alors ils jeûneront » (Matthieu 9:15 ; Marc 2:19, voir aussi la parabole des dix vierges). Cela ne peut que faire penser à la pratique de l'Éternel de l'Ancien Testament de se considérer comme l'Époux et Israël comme l'épouse (infidèle). Voir par exemple, Ézéchiel 16, notamment : « Tu as été la femme adultère, qui reçoit des étrangers au lieu de son mari. » (v.32)

Enfin au moment de quitter les onze, il leur dit : « Tout pouvoir m'a été donné dans le ciel et sur la terre » (Matthieu 28:18). Il est donc tout-puissant.

La prétention de Jésus-Christ à être Dieu ne fait donc aucun doute. Ce qui est clair aussi, c'est que d'autres l'ont considéré comme tel :

« Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la souveraineté reposera sur son épaule ; on l'appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix » (Ésaïe 9:5).

« Une voix [celle de Jean-Baptiste] crie dans le désert : ouvrez le chemin de l'Éternel, nivelez dans la steppe une route pour notre Dieu... Dis aux villes de Juda : Voici votre Dieu ! Voici mon Seigneur, l'Éternel, il vient avec puissance... Comme un berger, il fera paître son troupeau [Je suis le bon berger dit le Christ de lui-même], de son bras, il rassemblera des agneaux, et les portera dans son sein ; il conduira les brebis qui allaitent » (Ésaïe 40:3, 9-11).

« Voici les jours viennent, -Oracle de l'Éternel-, où je susciterai à David un germe juste ; il régnera en roi et prospérera, il pratiquera le droit et la justice dans le pays... Et voici le nom dont on l'appellera : l'Éternel notre justice » (Jérémie 23:5-6; 33:15-16). 

« C'est pourquoi, le Seigneur lui-même vous donnera un signe, voici que la jeune fille est enceinte, elle enfantera un fils et lui donnera le nom d'Emmanuel » (Ésaïe 7:14).

Matthieu cite ce passage dans Matthieu 1:23, ajoutant l'explication : « ce qui se traduit : Dieu avec nous ». Et d'une manière significative, il termine son Évangile en mettant dans la bouche du Christ les paroles suivantes : « Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde » (Matthieu 28:20).

Lorsque l'incrédule Thomas est enfin obligé de constater que Jésus est bel et bien ressuscité, il n'hésite pas à s'exclamer : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » (Jean 20:28), ce qui montre que c'est bien ce que Jésus lui avait enseigné avant sa mort et qui se confirme pour lui maintenant d'une manière qu'il ne peut plus réfuter.

Enfin, ceux qui prétendent qu'en étant homme, Jésus ne pouvait pas être Dieu, devront expliquer Colossiens 2:9 : « Car en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité », et ceux qui prétendent que Jésus n'existait pas avant sa naissance, devront expliquer, outre Jean 8:58, Jean 17:5 : « Et maintenant, toi, Père, glorifie-moi auprès de toi-même de la gloire que j'avais auprès de toi, avant que le monde fût. »




hibou ecrit Cette petite Emma est autiste mais a une voix merveilleuse

Le besoin d'un Rédempteur


James E. Talmage (1862-1933)

Président de l'université d'Utah de 1894 à 1897
Membre du collège des Douze de 1911 à 1933
  


      Nous avons montré (voir Existence préterrestre et préordination du Christ) que le genre humain tout entier existait sous forme d'êtres d'esprit dans le monde primitif, et que cette terre fut créée afin de leur permettre de connaître les expériences de la mortalité. Alors qu'ils n'étaient que des esprits, ils étaient dotés des facultés du libre arbitre ou du choix ; et le plan divin prévoyait qu'ils naîtraient libres dans la chair, héritiers du droit inaliénable par la naissance de la liberté de choisir par eux-mêmes dans la mortalité. Il est indéniable qu'il est essentiel à la progression éternelle des enfants de Dieu qu'ils soient soumis aux influences du bien et du mal, qu'ils soient mis à l'épreuve, « pour voir s'ils feront tout ce que le Seigneur, leur Dieu, leur commandera » (Abraham 3:25, dans la Perle de Grand Prix). Le libre arbitre est un élément indispensable de cette mise à l'épreuve.

      Le Père éternel comprenait très bien les natures diverses et les capacités variées de ses enfants d'esprit. Sa prescience infinie lui montrait clairement, dès le début, que dans l'école de la vie certains de ses enfants réussiraient et d'autres échoueraient ; les uns seraient fidèles, les autres trahiraient ; les uns choisiraient le bien, les autres le mal, les uns chercheraient le chemin de la vie tandis que les autres décideraient de suivre le chemin de la destruction. Il prévit en outre que la mort entrerait dans le monde et que ses enfants ne posséderaient leur corps personnel que pendant un temps très réduit. Il vit que l'on désobéirait à ses commandements et que l'on violerait sa loi ; et que les hommes, exclus de sa présence et laissés à eux-mêmes, s'enfonceraient plutôt qu'ils ne s'élèveraient, reculeraient plutôt qu'ils n'avanceraient et seraient perdus pour les cieux. Il était nécessaire qu'un moyen de rédemption fût prévu, rédemption qui permettrait à l'homme pécheur de faire amende honorable et de parvenir, en se soumettant à la foi établie, au salut et finalement à l'exaltation dans les mondes éternels. Le pouvoir de la mort devait être vaincu, de sorte que, même si les hommes devaient nécessairement mourir, ils vivraient de nouveau, leur esprit revêtu d'un corps immortel sur lequel la mort ne pourrait plus prévaloir.

      Ne permettons pas à l'ignorance et au manque de réflexion de nous faire supposer erronément que la prescience du Père de ce qui serait, dans des conditions données, allait déterminer que ces choses devaient être. Il ne rentrait pas dans ses desseins que les âmes des hommes fussent perdues ; au contraire son oeuvre et sa gloire étaient de « réaliser l'immortalité et la vie éternelle de l'homme » (Moïse 1:39, cf. 6:59, dans la Perle de Grand prix). Néanmoins il vit le mal dans lequel ses enfants tomberaient assurément ; et avec un amour et une miséricorde éternels, il prévit les moyens de détourner les effets terribles, à condition que le transgresseur décide d'en profiter. L’offre du Premier-né d'établir l'Évangile de salut par son ministère parmi les hommes et de se sacrifier, par le travail, l'humiliation et la souffrance jusqu'à la mort, fut acceptée et devint le plan préordonné grâce auquel l'homme serait racheté de la mort, serait finalement sauvé des effets du péché et pourrait être exalté par une vie d'activité et de justice.

      Conformément au plan adopté dans le conseil des Dieux, l'homme fut créé sous forme d'esprit incarné ; son tabernacle de chair fut composé des éléments de la terre(Genèse 1:26,27 ; cf. Moise 2:26,27 ; 3:7 ; Abraham 4:26-28, 5:7). Il reçut des commandements et des lois et fut libre d'obéir ou de désobéir avec la stipulation juste et inévitable qu'il bénéficierait ou souffrirait des résultats naturels de son choix (Genèse 1:28-31 ; 2:16,17 ; cf. Moïse 2:28-31 ; 3:16,17 ; Abraham 4:28-31 ; 5:12,13). Adam, le premier homme (Genèse 2:8 ; voir le passage du verset 5, disant qu'avant ce moment-là il n'y avait « point d'homme pour cultiver le sol » ; voir aussi Moïse 3:7 ; Abraham 1:3 ; et dans le Livre de Mormon, 1 Né 5:11) placé sur la terre en exécution du plan établi, et Ève, qui lui fut donnée comme épouse et partenaire indispensable pour pouvoir s'acquitter de la mission dont il avait été chargé, peupler la terre, désobéirent aux commandements formels de Dieu et réalisèrent ainsi la « chute de l'homme », par laquelle l'état mortel, dont la mort est un élément essentiel, commença(Genèse, chapitre 3 ; cf. Moïse, chap 4). Nous n'avons pas l'intention d'examiner ici dans les détails la doctrine de la chute ; pour nos besoins il nous suffit d'établir cet événement capital et ses importantes conséquences (voir 1 Timothée 2:14 ; 2 Corinthiens 11:3). La femme fut trompée et, en violation directe du commandement, prit de la nourriture qui avait été interdite ; il résulta de cet acte que son corps dégénéra et devint sujet à la mort. Adam se rendit compte de la différence qui était intervenue entre sa femme et lui, et sachant dans une certaine mesure ce qu'il faisait, la suivit, devenant ainsi dégénéré comme elle. Remarquez à ce propos les paroles de Paul l'apôtre : « Ce n'est pas Adam qui a été séduit, c'est la femme qui, séduite, s'est rendue coupable de transgression » (1 Timothée 2:14 ; voir aussi 2 Corinthiens 11:3).  

      L’homme et la femme étaient maintenant devenus mortels ; en absorbant une nourriture qui ne convenait pas à leur nature et à leur état et contre laquelle ils avaient été clairement avertis, et comme résultat inévitable de leur désobéissance à la loi et aux commandements divins, ils devinrent sujets aux maladies physiques et aux faiblesses corporelles dont l'humanité hérite naturellement depuis ce temps-là. Ces corps étaient maintenant sujets à la dissolution finale ou à la mort. Le maître tentateur qui trompa Ève par ses sophismes, ses demi-vérités et ses mensonges infâmes, n'était autre que Satan, ou Lucifer, ce « fils du matin » rebelle et déchu, dont la proposition, qui impliquait la destruction de la liberté de l’homme, avait été rejetée dans le conseil des cieux et qui avait été « chassé sur la terre » avec tous ses anges, sous la forme d'esprits non incarnés, destinés à ne jamais recevoir de corps à eux(voir, Existence préterrestre et préordination du Christ). Rejeté du conseil, battu par Michel et les armées célestes, expulsé ignominieusement du ciel, Satan, par un acte de représailles diabolique, se fixa pour but de détruire les corps dans lesquels les esprits fidèles - ceux qui avaient conservé leur premier état - naîtraient ; et la manœuvre de tromperie à laquelle il se livra sur la personne d'Ève n'était que le début de ce plan infernal.

      La mort est devenue l'héritage universel ; elle peut venir chercher sa victime dans la tendre enfance ou la jeunesse, dans la force de l'âge, ou son appel peut être différé jusqu'à ce que les cheveux soient blanchis par les ans ; elle peut se produire à la suite d'un accident ou d'une maladie, par la violence ou, comme nous disons, à la suite de causes naturelles ; mais elle doit venir, comme Satan le sait bien ; et c'est cette connaissance qui fait son triomphe actuel et temporaire. Mais les objectifs de Dieu sont, comme ils l'ont toujours été et comme ils le seront toujours, infiniment supérieurs aux desseins les plus profonds des hommes ou des démons ; et les machinations sataniques pour rendre la mort inévitable, perpétuelle et suprême avaient été contrecarrées avant même que le premier homme eût été créé dans la chair. L’expiation qui devait être faite par Jésus-Christ fut prévue pour vaincre la mort et fournir un moyen de payer la rançon qui libérerait les hommes du pouvoir de Satan.

      Comme le châtiment de la chute s'abattit sur le genre humain à la suite de l'acte d'une seule personne, il serait manifestement injuste et par conséquent impossible dans le cadre du plan divin d'en faire subir les résultats à tous les hommes sans prévoir leur délivrance. En outre, puisque le péché était entré dans le monde et que la mort était devenue le lot de tous par la transgression d'un seul homme, il est conforme à la raison que l'expiation ainsi rendue nécessaire fût accomplie par un seul homme. « C'est pourquoi, de même que par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et qu'ainsi la mort a passé sur tous les hommes, parce que tous ont péché... Ainsi donc, comme par une seule faute la condamnation s'étend à tous les hommes, de même par un seul acte de justice, la justification qui donne la vie s'étend à tous les hommes » (Romains 5:12,18). C'est ce qu'enseignait Paul, qui ajoutait : « Car, puisque la mort est venue par un homme, c'est aussi par un homme qu'est venue la résurrection des morts. Et comme tous meurent en Adam, de même aussi tous revivront en Christ » (1 Corinthiens 15:21,22).

      Il est clair que l'expiation devait être un sacrifice par procuration, volontaire et inspiré par l'amour chez le Sauveur, universel dans son application à l'humanité dans la mesure où les hommes accepteraient le moyen de délivrance ainsi placé à leur portée. Seul quelqu'un qui était sans péché pouvait être éligible pour une telle mission. Même les victimes de l'autel dans l'ancien Israël offertes à titre de propitiation provisoire pour les offenses du peuple sous la loi de Moïse devaient être pures et exemptes de défauts ou de taches ; sinon elles étaient inacceptables, et essayer de les offrir constituait un sacrilège (voir Lévitique 22:20 ; Deutéronome 15:21 ; 17:1 ; Malachie 1:8,14 ; cf. Hébreux 9:14 ; 1 Pierre 1:19). Jésus-Christ était le seul Être qui répondait aux exigences du grand sacrifice :

      1. Étant le seul et unique homme sans péché ;
      2. Étant le Fils unique du Père et par conséquent le seul être né sur la terre possédant dans leur plénitude les attributs de la Divinité et du genre humain ;
      3. Étant celui qui avait été choisi dans les cieux et préordonné à ce service.

      Quel autre homme a été sans péché, et par conséquent pleinement exempt de la domination de Satan, et à qui la mort, salaire du péché, n'est pas naturellement due ? Si Jésus-Christ avait trouvé la mort comme les autres hommes - à la suite du pouvoir que Satan a acquis sur eux par leurs péchés - sa mort n'aurait été qu'une expérience individuelle, qui n'expierait absolument aucune autre faute ou offense que les siennes. L’innocence absolue du Christ le rendait éligible, son humilité et sa bonne volonté le rendaient acceptable au Père, pour être le sacrifice expiatoire par lequel la propitiation pourrait être faite pour les péchés de tous les hommes.

      Quel autre homme a vécu avec le pouvoir de résister à la mort, sur lequel la mort ne pouvait pas prévaloir s'il ne s'y soumettait lui-même ? Et pourtant il était impossible de tuer Jésus-Christ avant que son « heure soit venue », à savoir, l'heure à laquelle il abandonnerait volontairement sa vie et permettrait sa propre mort par un acte de volonté. Né d'une mère mortelle, il héritait de la capacité de mourir ; engendré par un Seigneur immortel, il possédait en héritage le pouvoir de résister indéfiniment à la mort. Il donna littéralement sa vie ; c'est ce qu'il affirme lui-même : « Le Père m'aime, parce que je donne ma vie, afin de la reprendre. Personne ne me l'ôte, mais je la donne de moi-même ; j'ai le pouvoir de la donner et j'ai le pouvoir de la reprendre » (Jean 10:17,18). Et encore : « En effet comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d'avoir la vie en lui-même » (Jean 5:26). Seul un Être comme celui-là pouvait vaincre la mort ; ce n'est qu'en Jésus le Christ qu'était réalisée la condition nécessaire pour être Rédempteur du monde.

      Quel autre homme est venu sur la terre avec une telle mission, revêtu de l'autorité d'une telle préordination ? Jésus-Christ ne prit pas sur lui d'expier pour les hommes. Il s'était offert, il est vrai, lorsque l'appel fut fait dans les cieux ; il avait été accepté, cela est également vrai, et vint en son temps sur la terre pour mettre à exécution les termes de cette acceptation ; mais il fut choisi par quelqu'un de plus grand que lui. Lorsqu'il affirmait son autorité, la teneur de ses déclarations était toujours qu'il agissait sous la direction du Père, comme en témoignent les paroles suivantes : « Car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé » (Jean 6:38). « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé et d'accomplir son oeuvre » (Jean 4:34). « Moi, je ne peux rien faire par moi-même : selon ce que j'entends, je juge ; et mon jugement est juste, parce que je ne cherche pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé »(Jean 5:30 ; voir aussi verset 19 ; aussi Matthieu 26:42 ; cf. Doctrine & Alliances 19:2 ; 20:24).

      Grâce au sacrifice expiatoire accompli par Jésus-Christ - un service rédempteur, rendu par procuration en faveur des hommes qui se sont tous éloignés de Dieu par les effets du péché tant hérités que commis individuellement - le chemin d'une réconciliation est ouvert, réconciliation qui permettra à l'homme de rentrer en communion avec Dieu et d'être rendu apte à demeurer de nouveau et éternellement dans la présence de son Père éternel. D'une manière pratique, on peut considérer que l'effet de l'expiation est double :

      1. La rédemption universelle du genre humain de la mort provoquée par la chute de nos premiers parents ; et
      2. Le salut, qui fournit le moyen de nous libérer des résultats de nos péchés personnels.
      La victoire sur la mort se manifesta dans la résurrection du Christ crucifié ; il fut le premier à passer de la mort à l'immortalité, et c'est pourquoi il est connu à juste titre comme « Ies prémices de ceux qui sont décédés » (1 Cointhiens 15:20 ; voir aussi Actes 26:23 ; Colossiens 1:18 ; Apocalypse 1:5).

      Les preuves scripturaires abondent pour montrer que la résurrection des morts ainsi inaugurée doit s'étendre à tous ceux qui ont vécu ou auront vécu. À la suite de la résurrection du Seigneur, d'autres qui avaient dormi dans la tombe se levèrent et beaucoup les virent, non pas comme des apparitions d'esprits mais comme des êtres ressuscités possédant des corps immortalisés : « Les tombeaux s'ouvrirent, et les corps de plusieurs saints qui étaient décédés ressuscitèrent. Ils sortirent des tombeaux, entrèrent dans la ville sainte, après la résurrection de Jésus et apparurent à un grand nombre de personnes » (Matthieu 27:52,53).

      Ceux qui ressuscitèrent ainsi dès le début sont appelés « les saints » ; et d'autres Écritures confirment le fait que seuls les justes seront ressuscités dans les premiers stades de la résurrection qui n'a pas encore eu lieu ; mais la parole révélée fait disparaître tous les doutes quant au fait que tous les morts reprendront, quand leur tour viendra, leur corps de chair et d'os. L’affirmation directe du Sauveur devrait être concluante : « En vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure vient - et c'est maintenant - où les morts entendront la voix du Fils de Dieu ; et ceux qui l'auront entendue vivront... Ne vous en étonnez pas ; car l'heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix. Ceux qui auront fait le bien en sortiront pour la résurrection et la vie, ceux qui auront pratiqué le mal pour la résurrection et le jugement » (Jean 5:25,28,29 ; une Écriture moderne, qui atteste la même vérité, dit : « Ceux qui ont fait le bien pour la résurrection des justes et ceux qui ont fait le mal pour la résurrection des injustes » - D&A 76:17). Les apôtres d'autrefois (voir Actes 24:15 ; Apocalypse 20:12,13), ainsi que les prophètes néphites (voir 2 Néphi 9:6,12,13,21,22 ; Hélaman 14:15-17 ; Mosiah 15:20-24 ; AIma 40:2-16 ; Mormon 9:13,14) enseignèrent la doctrine de la résurrection universelle ; et celle-ci est confirmée par la révélation donnée dans la dispensation actuelle (voir D&A 18:11,12 ; 45:44,45 ; 88:95-98). Même les païens qui n'ont pas connu Dieu seront ressuscités de leur tombe ; et étant donné qu'ils ont vécu et sont morts dans l'ignorance de la loi salvatrice, un moyen est prévu pour leur faire connaître le plan de salut. « Alors les nations païennes seront rachetées et ceux qui n'ont pas connu de loi auront part à la première résurrection » (D&A 45:54).

      Jacob, prophète néphite, enseigna que la résurrection serait universelle et expliqua pourquoi un rédempteur était absolument nécessaire, car sans lui les desseins poursuivis par Dieu en créant l'homme seraient rendus futiles. Ses paroles constituent un résumé concis et puissant de la vérité révélée portant directement sur notre sujet actuel :

      « De même que la mort a passé sur tous les hommes pour accomplir le dessein miséricordieux du grand Créateur, il est nécessaire qu'il y ait un pouvoir de résurrection ; et la résurrection doit venir aux hommes par suite de la chute ; et la chute est venue de la transgression, et parce que l'homme est tombé, il a été retranché de la présence du Seigneur. C'est pourquoi il faut qu'il y ait une expiation infinie ; et si l'expiation n'était pas infinie, cette corruption ne pourrait pas revêtir l'incorruptibilité, et le premier jugement qui a frappé l'homme aurait eu nécessairement une durée éternelle. Et s'il en avait été ainsi, notre chair serait rendue à la terre pour y pourrir et y tomber en poussière sans jamais se relever. Ô la sagesse de Dieu, sa miséricorde et sa grâce ! Car voici, si la chair ne devait plus se relever, notre esprit serait devenu esclave de cet ange qui est tombé de la présence du Dieu éternel, et qui est devenu le diable, pour ne jamais se relever. Notre esprit serait devenu semblable à lui, et nous serions devenus des diables, des anges du diable, pour être retranchés de la présence de notre Dieu, et pour demeurer avec le père du mensonge dans la misère, comme lui! oui comme cet être qui trompa nos premiers parents, qui se transforme presque en un ange de lumière, qui porte les enfants des hommes à des combinaisons secrètes pour commettre des meurtres et toute espèce d’œuvres secrètes de ténèbres. Ô, combien grande est la bonté de notre Dieu, qui prépare une voie pour nous soustraire aux griffes de ce monstre horrible ; oui de ce monstre, la mort et l'enfer, que j'appelle la mort du corps et aussi la mort de l'esprit. Et à cause du moyen de délivrance de notre Dieu, le Très-Saint d'Israël, cette mort dont j'ai parlé, qui est la mort temporelle, rendra ses morts ; laquelle mort est le tombeau. Et cette mort dont j'ai parlé, qui est la mort spirituelle, rendra ses morts ; et cette mort spirituelle est l'enfer. Ainsi, la mort et l'enfer doivent rendre leurs morts ; l'enfer doit rendre ses esprits captifs ; et le tombeau doit rendre ses corps captifs ; et le corps et l'esprit des hommes seront rendus l'un à l'autre ; et cela se fera par le pouvoir de la résurrection du Très-Saint d'Israël. Ô, que le plan de notre Dieu est grand! Car, d'un autre côté, le paradis de Dieu doit rendre les esprits des justes, et le tombeau les corps des justes ; et l'esprit et le corps sont rendus l'un à l'autre ; et tous les hommes deviennent incorruptibles et immortels, et ils sont des âmes vivantes, ayant une connaissance parfaite comme nous dans la chair, seulement avec cette différence que notre connaissance sera parfaite » (2 Néphi 9:6-13 ; lire tout le chapitre).

      Les Écritures attestent d'une manière concluante que l'expiation s'applique aux transgressions de chaque individu, permettant aux pécheurs d'obtenir l'absolution à condition qu'ils se conforment aux lois et aux ordonnances de l'Évangile de Jésus-Christ. Comme il est impossible d'obtenir le pardon des péchés d'une autre façon, étant donné qu'il n'y a dans le ciel ni sur la terre d'autre nom que celui de Jésus-Christ par lequel le salut puisse être apporté aux enfants des hommes (Moïse 6:52 ; cf. 2 Néphi 25:20 ; Mosiah 3:17 ; 5:8 ; D&A 76:1), toutes les âmes ont besoin de la médiation du Sauveur, puisque toutes sont pécheresses. « Car il n'y a pas de distinction: tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu », disait Paul autrefois (Romains 3:23 ; voir aussi verset 9 ; Galates 3:22)et Jean l'apôtre ajouta son témoignage en ces termes : « Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n'est pas en nous » (1 Jean 1:8)

      Qui doutera de la justice de Dieu, qui refuse le salut à tous ceux qui ne se conformeront pas aux conditions prescrites auxquelles il est affirmé que l'on peut l'obtenir ? Le Christ est « pour tous ceux qui lui obéissent l'auteur d'un salut éternel » (Hébreux 5:9) et Dieu « rendra à chacun selon ses œuvres : la vie éternelle à ceux qui, par la persévérance à bien faire, cherchent la gloire, l'honneur et l'incorruptibilité ; mais la colère et la fureur à ceux qui, par esprit de dispute, désobéissent à la vérité et obéissent à l'injustice. Tribulation et angoisse pour toute âme humaine qui pratique le mal » (Romains 2:6-9!

      Tel est donc le besoin d'un Rédempteur, car sans lui l'humanité resterait éternellement dans un état déchu et aurait inévitablement perdu toute possibilité de progresser éternellement. L’épreuve mortelle nous est donnée comme une occasion d'avancement ; mais les difficultés et les dangers sont tels, l'influence du diable est tellement forte dans le monde, et l'homme est si faible à y résister que, sans l'aide d'une puissance supérieure à celle de l'homme, aucune âme ne pourrait retourner à Dieu dont elle vient. Le besoin d'un Rédempteur réside dans l'incapacité de l'homme à s'élever du plan temporel au plan spirituel, du royaume inférieur au royaume supérieur. Dans cette conception les analogies ne manquent pas dans le monde naturel. Nous reconnaissons une distinction fondamentale entre la matière inanimée et la matière vivante, entre l'inorganique et l'organique, entre le minéral sans vie d'une part et la plante ou l'animal vivant d'autre part. Le minéral mort grandit, dans les limites de son ordre, par l'acquisition de substances et peut parvenir à un état relativement parfait de structure et de forme, comme on peut le constater pour le cristal. Mais la matière minérale, même si les forces de la nature - la lumière, la chaleur, l'énergie électrique et autres - agissent favorablement sur elle, ne peut jamais devenir un organisme vivant ; et il est impossible aux éléments morts de s'introduire, par un processus quelconque de combinaison chimique dissocié de la vie, dans les tissus de la plante pour en devenir des parties essentielles. Mais la plante, qui appartient à un ordre supérieur, plonge ses racines dans la terre, étend ses feuilles dans l'atmosphère et absorbe par ses organes les solutions du sol, aspire les gaz de l'air, et à partir de cette matière sans vie fabrique le tissu de sa merveilleuse structure. Aucune particule minérale, aucune substance chimique morte n'est jamais devenue partie constituante d'un tissu organique autrement que par l'action de la vie. Nous pouvons peut-être pousser avec profit l'analogie une étape plus loin. Il est impossible à la plante de faire progresser son tissu jusqu'au niveau animal. Bien que l'ordre reconnu de la nature soit que le « règne animal » dépend du « règne végétal » pour se nourrir, la substance de la plante ne peut devenir partie intégrante de l'organisme de l'animal que lorsque ce dernier descend de son plan supérieur et incorpore, par son action vitale propre, les éléments végétaux aux siens. À son tour, la matière animale ne peut jamais devenir, même temporairement, partie intégrante d'un corps humain, sans que l'homme vivant ne l'assimile et élève provisoirement, par les processus vitaux de son être, la substance de l'animal qui lui a donné la nourriture au plan supérieur de sa propre existence. La comparaison employée ici, nous le reconnaissons, est faible si on la porte au-delà des limites raisonnables de son application ; car l'élévation de la matière minérale au niveau de la plante, du tissu végétal au niveau de l'animal, et l'élévation de l'un ou de l'autre au plan humain, n'est qu'un changement temporaire ; avec la dissolution des tissus supérieurs, la matière qui les constitue retombe au niveau de l'inanimé et de ce qui est mort. Mais l'analogie peut ne pas être entièrement sans valeur pour servir d'illustration (dans sa dissertation « Biogenesis », Henry Drummond traite en détail une comparaison semblable à celle-ci).

      Ainsi donc, pour permettre à l'homme de passer de son état déchu et relativement dégénéré actuel à l'état supérieur de la vie spirituelle, il a besoin de la coopération d'un pouvoir supérieur au sien. L’homme peut être touché et élevé par l'opération des lois qui règnent dans le royaume supérieur ; il ne peut se sauver par son seul effort sans aide. Un Rédempteur et Sauveur de l'humanité est indubitablement essentiel à l'accomplissement du plan du Père éternel, « réaliser l'immortalité et la vie éternelle de l'homme » (Moïse 1:39) ; et ce Rédempteur et Sauveur est Jésus le Christ, en dehors de qui il n'y a et il ne peut y avoir personne d'autre.



Source : James E. Talmage, Jesus the Christ, Salt Lake City, 1915 



hibou ecrit Cette petite Emma est autiste mais a une voix merveilleuse

L’Expiation : Tout pour tous

BRUCE C. HAFEN
des soixante-dix
Quand tout ce que le Sauveur donne et tout ce que nous donnons se rejoindront, non seulement nous trouveront le pardon de nos péchés, mais « nous serons semblables à lui ».
Comme le discours de frère Ballard d’aujourd’hui l’a bien illustré, nous, saints des derniers jours, nous avons récemment enseigné, chanté et témoigné beaucoup plus sur le Sauveur Jésus-Christ. Je me réjouis de ce que nous nous en réjouissions davantage.
Si « nous parlons [plus] du Christ1 », la plénitude doctrinale de l’Évangile sortira de l’obscurité. Par exemple, certains de nos amis se demandent quel rapport il y a entre nos croyances vis-à-vis de l’Expiation et nos croyances concernant la possibilité de devenir davantage semblables à notre Père céleste. D’autres pensent à tort que nous nous orientons vers une compréhension de la relation entre la grâce et les œuvres inspirée des enseignements protestants. De telles questions m’incitent à traiter aujourd’hui de la doctrine de l’Expiation propre au Rétablissement.
Le Seigneur a rétabli son Évangile par l’intermédiaire de Joseph Smith parce qu’il y avait eu une apostasie. Depuis le 5esiècle, le christianisme enseignait que la chute d’Adam et Ève avait été une erreur tragique, ce qui a conduit à la croyance que l’humanité possède une nature intrinsèquement mauvaise. Cette conception est erronée, non seulement en ce qui concerne la Chute et la nature humaine, mais également en ce qui concerne le but même de la vie.
La Chute n’a pas été une catas- trophe. Elle n’était ni une erreur ni un accident. C’était quelque chose de délibérément voulu dans le plan de salut. Nous sommes les descendants spirituels de Dieu2, envoyés sur la terre « innocents3» de la transgression d’Adam. Néanmoins, le plan de notre Père nous soumet à la tentation et au malheur dans ce monde déchu, ce qui est le prix à payer pour saisir ce qu’est la joie authentique. Sans goûter à l’amer, en fait nous ne pouvons pas comprendre le doux4. Nous avons besoin de la discipline et du raffinage de cette vie-ci comme « étape suivante dans notre développement » pour devenir semblables à notre Père5. Mais qui parle de croissance parle de douleurs de croissance. Cela signifie aussi tirer la leçon de nos erreurs dans un processus continuel rendu possible par la grâce que le Sauveur nous accorde tant pendant qu’après tout ce que nous pouvons faire6.
Adam et Ève ont continuellement tiré les leçons de leurs expériences souvent pénibles. Ils ont su ce que ressent une famille qui a des problèmes. Pensez à Caïn et Abel. Et pourtant, grâce à l’Expiation, ils ont pu tirer la leçon de leur expérience sans être condamnés par elle. Le sacrifice du Christ n’a pas purement et simplement effacé leur choix pour les ramener à un Éden d’innocence. Ce serait une histoire sans intrigue et sans évolution des personnages. Son plan vise au développement – ligne sur ligne, pas à pas, grâce sur grâce.
Ainsi donc, si vous avez des problèmes dans la vie, n’allez pas croire qu’il y a quelque chose qui ne va pas chez vous. La lutte contre ces problèmes est l’essence même du but de la vie. Si nous nous rapprochons de Dieu, il nous montre nos faiblesses et, grâce à elles, nous rend plus sages et plus forts7. Si vous voyez mieux vos faiblesses, cela signifie tout simplement que vous vous rapprochez de lui, pas que vous vous éloignez de lui.
L’un des premiers convertis australiens a dit : « Ma vie passée était une broussaille de mauvaises herbes, dans lequel il était difficile de trouver une fleur. Mais maintenant les mauvaises herbes ont disparu et des fleurs poussent à leur place8. »
Nous progressons de deux manières : en enlevant les herbes négatives et en cultivant les fleurs positives. La grâce du Sauveur nous bénit dans ces deux rôles si nous faisons notre part. Tout d’abord, nous devons constamment déraciner les mauvaises herbes du péché et des mauvais choix. Il ne suffit pas de les tondre. Il faut les arracher avec les racines, en nous repentant pleinement pour satisfaire aux conditions de la miséricorde. Mais recevoir le pardon n’est qu’une partie de notre progression. Nous ne faisons pas que simplement payer une dette. Notre but est de devenir des êtres célestes. Une fois que nous avons désherbé le tréfonds de nous-mêmes, nous devons continuellement planter, désherber et nourrir les semences des qualités divines. Alors, lorsque notre sueur et notre discipline nous amènent à nous dépasser pour aller vers les dons de Dieu, apparaissent « les fleurs de la grâce9 », comme l’espérance et l’humilité. Un arbre de vie peut prendre racine dans ce jardin du cœur, un arbre qui portera des fruits si délicieux qu’ils allégeront tous nos fardeaux par la joie du Fils10 de Dieu. Et lorsque la fleur de la charité y fleurira, nous aimerons les autres avec la puissance de l’amour qu’éprouve le Christ11.
Nous avons besoin de la grâce à la fois pour vaincre les mauvaises herbes du péché et pour cultiver des fleurs divines. Nous ne pouvons complètement faire ni l’un ni l’autre par nous-mêmes. Mais la grâce n’est pas bon marché. Elle est très coûteuse. Quel est le prix de cette grâce ? Suffit-il de simplement « croire au Christ » ? L’homme qui a trouvé la perle de grand prix a donné « tout ce qu’il avait12 » pour l’avoir. Si nous désirons « tout ce que le Père a13 », Dieu demande tout ce que nous avons. Pour nous qualifier pour ce trésor sans pareil, quelle que soit la façon dont nous procédons, nous devons donner comme le Christ a donné : chaque goutte qu’il avait : « Tu ne sais pas combien elles [les souffrances] sont extrêmes, oui, tu ne sais pas combien elles sont dures à supporter14 ». Paul a dit que, si nous souffrons avec lui, « nous sommes... cohéritiers de Christ15. » La totalité de son cœur, la totalité de notre cœur.
Quelle perle pourrait-il y avoir qui ait une telle valeur pour lui et pour nous ? Cette terre n’est pas notre demeure. Nous sommes partis faire des études au loin pour essayer d’assimiler les leçons du « grand plan du bonheur16 » pour pouvoir retourner chez nous et savoir ce que cela veut dire être là-bas. Le Seigneur ne cesse de nous répéter pourquoi le plan vaut nos sacrifices, et le sien. Ève appelait cela : « la joie de notre rédemption17 ». Jacob l’a appelé : « Ce bonheur qui est préparé pour les saints18 ». Par la force des choses, le plan est plein d’embûches et de larmes, les siennes et les nôtres. Mais parce que lui et nous, nous y sommes si totalement ensemble, le fait d’être unis à lui pour surmonter toute opposition nous apportera en soi une « joie qui dépasse toute compréhension19 ».
L’expiation du Christ est au cœur même de ce plan. Sans son sacrifice suprême, il n’y aurait pas de possibilité de rentrer chez nous, pas de possibilité d’être ensemble, pas de possibilité d’être comme lui. Il nous a donné tout ce qu’il avait. C’est pourquoi « comme sa joie est grande20 » ne serait-ce que lorsque l’un de nous saisit le message, lorsque nous levons les yeux de notre terrain envahi de mauvaises herbes et tournons le visage vers le Fils.
Seul l’Évangile rétabli a la plénitude de ces vérités ! Néanmoins l’adversaire fomente actuellement l’une des plus grandes tromperies de l’histoire en essayant de persuader les gens que c’est notre Église qui en sait le moins, alors qu’en réalité c’est elle qui en sait le plus, sur la façon dont nos relations avec le Christ font de nous de vrais chrétiens.
Si nous devons donner tout ce que nous avons, le fait pour nous de donner « presque tout » ne suffit pas. Si nous respectons presque les commandements, nous recevons presque les bénédictions. Par exemple :
Certains jeunes croient qu’ils peuvent s’ébattre dans la boue du péché jusqu’au moment où ils prennent une douche de repentir juste avant de passer à un entretien pour aller en mission ou au temple. Alors même qu’ils sont en train de transgresser, certains envisagent de se repentir. Ils se moquent du don de la miséricorde que le vrai repentir rend possible.
Il y en a qui veulent garder une main sur le mur du temple tout en touchant de l’autre main les « choses impures21 » du monde. Nous devons mettre les deux mains sur le temple et nous y raccrocher de toutes nos forces. Une main n’est même pas « presque » suffisante.
Le jeune homme riche avait donné presque tout. Quand le Sauveur lui dit qu’il devait vendre tous ses biens, ce n’était pas simplement une question de richesses.22 Nous pouvons avoir la vie éternelle si nous le voulons, mais uniquement s’il n’y a rien d’autre que nous voulons davantage.
Nous devons donc tout donner de bon cœur, parce que Dieu lui-même ne peut pas nous faire progresser contre notre volonté et sans notre participation pleine et entière. Et cependant, même lorsque nous donnons le meilleur de nous-mêmes, nous n’avons pas le pouvoir de créer la perfection que Dieu seul peut parachever. Notre « tout » n’est en soi toujours que « presque assez », jusqu’à ce qu’il soit complété par le « tout » de Celui qui est « le consommateur de notre foi23 ». À ce stade-là, notre « presque », imparfait mais consacré, suffit.
Mon amie Donna a grandi avec le désir de se marier et d’avoir beaucoup d’enfants. Mais cette bénédiction, elle ne l’a jamais reçue. Au lieu de cela, elle a passé sa vie adulte à servir les membres de sa paroisse avec une compassion sans mesure et à conseiller les enfants perturbés dans un grand district scolaire. Elle avait une arthrite paralysante et elle a connu de nombreuses longues journées de tristesse, et cependant elle a toujours donné du courage à ses amis et à sa famille et en a toujours reçu d’eux. Lorsqu’elle enseignait le rêve de Léhi, elle disait gentiment : « Je m’imaginerais dans ce tableau sur le chemin étroit et resserré, m’agrippant toujours à la barre de fer, mais effondrée de fatigue sur ce même chemin. » Dans une bénédiction inspirée donnée juste avant sa mort, son instructeur au foyer lui a dit que le Seigneur avait « accepté » sa vie. Elle a pleuré. Elle n’avait jamais eu le sentiment que sa vie de célibataire était acceptable. Mais le Seigneur a dit que ceux qui sont disposés à observer leurs alliances par le sacrifice sont acceptés par lui24. Je peux me l’imaginer faisant, tout heureux, le chemin depuis l’arbre de vie pour relever Donna et la porter jusque chez elle.
Pensez à d’autres gens qui, comme Donna, se consacrent si pleinement que pour eux « presque » est suffisant : Beaucoup de missionnaires en Europe, qui ne cessent jamais de faire l’offrande de leur cœur blessé, en dépit du fait qu’ils sont continuellement rejetés.
Les pionniers des charrettes à bras, qui ont dit qu’ils ont découvert Dieu dans les situations extrêmes, et que le prix qu’il a fallu payer pour le connaître, ils avaient été heureux de le payer.
Un père, qui avait fait tout ce qu’il pouvait, mais n’avait malgré tout pas pu influencer les choix de sa fille ; et il ne pouvait que se prosterner devant le Seigneur pour le supplier, comme Alma, pour son enfant.
Une épouse, qui a encouragé son mari en dépit des années de faiblesse de celui-ci, jusqu’à ce que les semences du repentir finissent par germer dans son cœur. Elle a dit : « J’ai essayé de le regarder comme le Christ me regarderait. »
Un mari, dont la femme a souffert pendant des années de troubles émotionnels graves, mais qui considérait toujours que c’était leur petit problème jamais simplement la maladie de son épouse. Dans le domaine de leur mariage, il s’affligeait de ses afflictions, à elle25, tout comme le Christ, dans son domaine infini, est affligé de nos afflictions26.
Les gens mentionnés dans 3 Néphi 17, avaient survécu à la destruction, au doute et aux ténèbres simplement pour arriver au temple avec Jésus. Après l’avoir écouté avec étonnement pendant des heures, ils finirent par être trop fatigués pour le comprendre. Tandis que Jésus se préparait à partir, ils le contemplaient avec un désir total de le voir rester et bénir leurs affligés et leurs enfants. Ils ne le comprenaient pas, mais, plus que toute autre chose, ils voulaient être avec lui. Alors il est resté. Leur « presque » était suffisant.
« Presque » est spécialement suffisant lorsque nos propres sacrifices font, d’une manière ou d’une autre, écho à celui du Sauveur, aussi imparfaits que nous soyons. Nous ne pouvons pas vraiment ressentir la charité – l’amour du Christ pour les autres – sans au moins goûter à sa souffrance pour les autres, parce que l’amour et la souffrance ne sont que deux facettes d’une unique réalité. En nous affligeant réellement des afflictions des autres, nous pouvons entrer suffisamment dans « la communion des souffrances27 » du Christ pour devenir cohéritiers avec lui.
Puissions-nous ne pas reculer lorsque nous découvrons, paradoxalement, le prix élevé que nous devons payer pour recevoir ce qui est, en fin de compte, un don de sa part. Quand tout ce que le Sauveur donne et tout ce que nous donnons se rejoindront, non seulement nous trouverons le pardon de nos péchés, mais également « nous le verrons tel qu’il est » et « nous serons semblables à lui28 ». Je sais qu’il vit. Je l’aime. Je veux être avec lui. Au nom de Jésus-Christ. Amen.

NOTES

1. 2 Néphi 25:26.
2. Voir Actes 17:28.
3. Voir D&A 93:38.
4. Voir D&A 29:39.
5. Jeffrey R. Holland, Christ and the New Covenant : The Messianic Message of the Book of Mormon, 1997, p. 207.
6. Voir 2 Néphi 25:23 ; italiques ajoutés.
7. Voir Éther 12:27.
8. Martha Maria Humphreys citée dans Marjorie Newton , Southern Cross Saints: The Mormons in Australia, 1991, p. 158.
9. « Ce jour, au cœur j’ai du soleil », Cantiques, n° 144.
10. Voir Alma 33:23.
11. Voir Moroni 7:48.
12. Matthieu 13:46 ; voir aussi Alma 22:15.
13. D&A 84:38.
14. D&A 19:15.
15. Romains 8:17.
16. Alma 42:8.
17. Moïse 5:11.
18. 2 Néphi 9:43.
19. Voir Alma 28:8.
20. D&A 18:13 ; italiques ajoutés.
21.Voir Alma 5:57.
22. Matthieu 19:16-22.
23. Hébreux 12:2 ; voir aussi Moroni 6:4.
24. Voir D&A 97:8 ; italiques ajoutés.
25. Voir D&A 30:6.
26. Voir D&A 133:53
27. Philippiens 3:10.
28. Moroni 7:48; 1 Jean 3:2 ; italiques ajoutés.





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L’expiationde Jésus-Christ


Stephen E. Robinson

Professeur de religion à l’université Brigham Young, Provo, Utah 


      Nous allons envisager le sacrifice expiatoire du point de vue non pas de celui qui est sauvé, mais du Sauveur.Comment le Christ peut-il utiliser ce vaste océan de mérite et de miséricorde en faveur du pécheur ? Qu’est-ce qui lui donne le pouvoir de sauver ? Qui était-il exactement, qu’a-t-il fait pour nous, pourquoi l’a-t-il fait et qu’est-ce que cela lui a coûté ?


La divinité du Christ

      Tout d’abord, Jésus était Dieu, non seulement le Fils de Dieu ou le Frère Aîné, mais Dieu de plein droit. Avant de prendre la chair et le sang, il était connu et adoré en tant que Jéhovah ; le Dieu tout puissant, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu d’Israël. L’apôtre Paul explique que Jésus-Christ est le créateur de toutes choses et qu’il est le pouvoir qui tient toutes choses assemblées dans leur état créé : « Car en lui, tout a été créé dans les cieux et sur la terre, ce qui est visible et ce qui est invisible, trônes, souverainetés, principautés, pouvoirs. Tout a été créé par lui et pour lui. Il est avant toutes choses, et tout subsiste en lui » (Col. 1:16). L’apôtre Jean dit pratiquement la même chose, bien qu’il insiste sur le fait que Jésus-Christ est la source de la vie et de la lumière : « Tout a été fait par elle, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes » (Jean 1:3-4).

      Les prophètes du Livre de Mormon témoignent aussi de la divinité de Jésus-Christ. Ainsi, Néphi déclare : « Et le Dieu de nos pères qui furent emmenés hors d’Egypte, hors de servitude, et furent aussi préservés dans le désert par lui, oui, le Dieu d’Abraham et d’Isaac, et le Dieu de Jacob se livre en tant qu’homme, selon les paroles de l’ange, entre les mains des méchants, pour être élevé, selon les paroles de Zénock, et pour être crucifié, selon les paroles de Néum, et pour être enseveli dans un sépulcre, selon les paroles de Zénos » (1 Né. 19:10).

      Pendant l’Expiation, Dieu, dans la personne de Dieu le Fils, Jésus-Christ, assuma la responsabilité morale de toutes choses négatives, les souffrances, les douleurs et la mort, qui sont une partie nécessaire du plan de Dieu. Ce plan, défendu et soutenu par Jésus avant que le monde fut, exige que nous vivions dans un monde déchu et imparfait. De temps en temps, il nous demande de souffrir, il demande à certains parmi nous de souffrir horriblement. C’est pourquoi, il est juste que le Dieu qui a élaboré un tel plan et qui nous demande de l’appliquer, accepte de souffrir conformément à ses dispositions plus que n’importe lequel d’entre nous. Et c’est ce qu’il fit à Gethsémané et au Calvaire.

      C’est là que Jésus-Christ a gagné le droit de nous demander de souffrir pour lui, car il a accepté de souffrir, de saigner, et de mourir pour nous. Dans l’Évangile de Jésus-Christ, personne n’est berné. Personne ne se fait avoir par ce que Dieu a dit, car c’est lui qui a proposé le plan et il en a souffert le plusCela lui donne le droit de dire : « c’est un bon plan ; c’est ce qu’il faut faire ».

      Certains critiques prétendent que le christianisme est une religion basée sur le sacrifice humain. On pourrait éventuellement le dire si Jésus-Christ n’était pas Dieu, s’il n’était qu’un être humain parmi d’autres. Après tout, si l’Expiation se résumait à une exigence de Dieu réclamant le sang d’une victime afin d’être réconcilié avec l’humanité pour nous pardonner, en quoi serait-ce tellement différent dans le principe que d’attraper une pauvre vierge et de la précipiter dans un volcan pour épargner le village, ou de brûler des enfants sur un autel dédié à Moloch pour gagner ses faveurs ? La différence capitale se trouve dans le fait que dans ces cas-là, ce sont des êtres humains qui souffrent pour réconcilier Dieu avec l’humanité, alors que dans le christianisme c’est Dieu lui-même, Jésus-Christ, qui souffre et meurt pour réconcilier l’humanité avec lui-même et son Père. Nous n’essayons pas d’atteindre Dieu pour toucher son coeur par nos sacrifices, mais c’est Dieu qui essaie de nous atteindre pour toucher notre coeur par son sacrifice infini. L’Agneau de Dieu sacrifié qui est mort sur le Calvaire était Dieu.


L’humanité du Christ

      Mais selon les Écritures, Jésus n’était pas seulement divin, il était véritablement et
pleinement humain : « La Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité, et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme celle du Fils unique venu du Père » (Jean 1:14). « Aussi devait-il devenir, en tout, semblable à ses frères, afin d’être un grand prêtre miséricordieux et fidèle dans le service de Dieu, pour faire l’expiation des péchés du peuple. Car du fait qu’il a souffert lui-même de la tentation, il peut secourir ceux qui sont tentés » (Héb. 2:17-18).

      Doctrine remarquable que celle qui est enseignée ici. Ce même Jésus-Christ qui est Dieu est aussi l’un de nous. Il était homme en tout point (« en tout ») jusqu’à être tenté comme les autres hommes. Et du fait qu’il a été tenté personnellement, le Christ peut comprendre ce qu’est la tentation. En s’appuyant sur son expérience dans la condition humaine, il comprend ce que nous subissons ici, et il peut se mettre à notre place pour nous aider à surmonter la tentation comme il l’a fait.

      Mais se peut-il que Jésus-Christ, le Fils divin, ait été véritablement tenté ? Soyons plus précis : Est-ce que Jésus-Christ avait une nature et des pulsions charnelles ? Est-ce qu’il a senti sa chair dire « oui ! » et devoir dire « non ! » ? Est-ce qu’il n’a jamais ressenti l’attirance, l’appel charnel du péché ?

      Beaucoup de chrétiens veulent répondre : « Non, le Christ était trop saint pour
ressentir des tentations réelles, » mais je crois que la bonne réponse, celle des Écritures est oui. Jésus était humain tout comme nous. Une partie de ce que le Livre de Mormon appelle la grande condescendance de Dieu consiste dans le fait que le Christ a accepté de prendre un corps mortel qui l’assujettirait aux tentations physiques (voir 1 Né. 11:13-32). Ce n’est pas que le Christ n’ai jamais eu à faire face à l’attirance charnelle, mais c’est plutôt sa sainteté et son obéissance parfaite qui lui permirent d’ignorer constamment celle-ci. La justice de Jésus réside dans le fait qu’il a rencontré les mêmes expériences, les mêmes pulsions charnelles, les mêmes distractions et oppositions de la chair et de l’esprit que nous dans la mortalité, mais il les a rejetées immédiatement à chaque occasion : « Il subit les tentations mais n’y prêta pas attention » (D&A 20:22).

      Pensez-y. Si le Christ n’avait pas été comme nous, sujet à la tentation, s’il avait été un être d’une espèce différente subissant des expériences qualitativement différentes, comment aurait-il pu prétendre se poser en exemple à suivre ? Comment sa personne ou ses actions auraient-elles pu nous être applicables ? Peu importe la patience que pourrait me montrer un oiseau pour m’apprendre à voler, ou un poisson pour m’apprendre à respirer sous l’eau. Je n’ai pas d’ailes et je n’ai pas de nageoires. Ils ne peuvent pas m’enseigner par l’exemple parce que nous ne sommes pas de la même espèce. De même, si Jésus n’était pas véritablement humain, ou si sa justice et son obéissance étaient le résultat d’un don particulier que je ne partage pas avec lui, alors il ne peut m’enseigner par l’exemple comment lui être semblable.

      Autrefois existait une hérésie du nom de docétisme, qui enseignait que Jésus n’était pas réellement humain, qu’il n’avait que l’apparence de l’homme. Influencés par la pensée helléniste, les docétistes soutenaient que la nature humaine était parfaitement incompatible avec la nature divine. Se sentant obligés de choisir entre l’humanité de Jésus et sa divinité, ils en conclurent que Jésus était divin et non humain, en dépit du témoignage des Écritures, ils déclarèrent que son humanité n’était qu’une illusion [1].

      Si l’on prétend que l’expérience mortelle de Jésus était de nature différente de celle du reste de l’humanité, ou que sa justice et sa perfection s’appuyaient sur des causes dont nous ne pouvons bénéficier, alors cette façon de voir est dans une certaine mesure une forme moderne de docétisme. Jésus-Christ en tant que mortel était le meilleur d’entre nous, mais il était l’un d’entre nous, et la tentation fait partie de la nature humaine. Sa chair était humaine et son expérience était humaine. C’est pourquoi l’auteur des Hébreux insiste sur le fait « qu’il a souffert lui-même de la tentation » (Héb. 2:18).

      Il faut dire aussi que la tentation, même intensément sur une longue période n’est pas en soi un péché. Nous choisissons rarement l’objet de nos tentations, non plus que leur intensité, ni leur fréquences. Mais, tant que nous y résistons, nous restons innocents.

      Ainsi, quand les Écritures affirment « qu’il a souffert lui-même des tentations », ce n’est pas une insulte à son encontre ou une atteinte à sa perfection morale. Comprenez-moi bien. Je ne suis pas en train de suggérer que Jésus ait pu se laisser aller, de quelle que façon que ce soit, à avoir des pensées impures, car cela aurait été pécher, et il ne s’est jamais abandonné au péché. Je ne crois pas qu’il ait « lutté » ou « combattu » les tentations. Je veux simplement souligner qu’il était aussi vulnérable aux suggestions et aux pulsions surgissant à son esprit du fait de sa nature mortelle, nature héritée de sa mère mortelle, tout comme nous. Il ne prêtait tout simplement pas attention à ces suggestions, et il les rejetait immédiatement de son esprit. La capacité de la chair à suggérer, à séduire, était la même pour lui que pour nous, mais à l’inverse de nous, il n’y a jamais réagit. Il n’a jamais pensé, réfléchi, ou nourri des options pécheresses même comme éventualités théoriques, « il n’y attachait aucune importance ».

      « Mais nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses ; mais il a été tenté comme nous à tous égards, sans commettre le péché » (Héb. 4:15). Parce qu’il « a été tenté comme nous à tous égards », notre Sauveur comprend notre situation, sait par expérience personnelle ce contre qui nous luttons, et il est solidaire avec nous et éprouve de la compassion. Ainsi, quand je suis tenté, je n’ai pas besoin de faire appel à quelque entité lointaine qui ne s’est jamais trouvée à ma place. Je peux présenter mes problèmes à un grand prêtre, Jésus, qui peut « compatir à nos faiblesses » parce qu’il est passé par où je suis en ce moment. Je peux faire part de mes problèmes à un Dieu compatissant qui sait par expérience de quoi je parle et comprend ce que j’endure. Il existe certains aspects de sa nature que nous ne pouvons pleinement comprendre, mais il n’y a aucun domaine de la nature humaine qui lui soit étranger.

      C’est là une bonne nouvelle.


La souffrance par procuration

      Certains sont toujours ennuyés par les derniers mots de Hébreux 4:15 : « sans commettre de péché ». Au fond, tous les hommes ne sont pas seulement tentés de pécher, ils pèchent. Il m’est arrivé à l’occasion de succomber à la tentation et de ce fait je suis devenu coupable mais cela n’est jamais arrivé à Jésus, alors comment peut-il comprendre le pécheur ?

      Comment notre Sauveur peut-il prétendre être pleinement humain et nous comprendre s’il n’a jamais souffert du péché et de la culpabilité ? Comment un être parfait et sans péché peut-il comprendre la souffrance que j’endure dans mon indignité ? Sait-il ce que c’est que de se regarder dans un miroir et mépriser ce qu’il nous renvoie ? Sait-il ce que c’est que d’errer dans les ruines d’une vie détruite à cause de ses propres choix ? Les hommes sont inévitablement les incendiaires de leur bonheur. Qu’est-ce que le doux Jésus sans péché peut-il connaître du côté obscur de la nature humaine ?

      Selon les Écritures, il en sait plus du côté obscur que n’importe qui d’entre nous. En fait, il en sait plus sur la douleur, le chagrin, la solitude, la contradiction, la honte, le rejet, la trahison, l’angoisse, la dépression, et la culpabilité que nous tous réunis. Car dans le Jardin de Gethsémané et au Calvaire, Jésus a pris sur lui les péchés et les souffrances du monde entier. « Cependant, ce sont nos souffrances qu’il a portées, c’est de nos douleurs qu’il s’est chargé ; et nous l’avons considéré comme puni, frappé de Dieu et humilié. Mais il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités ; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris » (Ésaïe 53:4-5).

      Je souhaiterais attirer l’attention sur certains aspects de la souffrance par procuration du Sauveur qui nous échappent souvent, mais qui sont importants pour comprendre notre relation avec lui. Tout d’abord, Jésus-Christ n’a pas seulement pris sur lui la punition pour nos péchés, il a pris aussi la culpabilité. Le péché, l’expérience elle-même avec toutes ses conséquences et ses ramifications négatives, et pas seulement la punition, devinrent siens. C’est une distinction importante. Dans l’Expiation, Jésus ne se borne pas à endurer la punition à notre place, il devient le sujet coupable à notre place, il devient coupable pour nous et prend sur lui notre culpabilité : « Celui qui n’a pas connu le péché, il l’a fait (devenir) péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu » (2 Cor. 5:21).

      Il y a un véritable transfert en Christ de la culpabilité vers l’innocence. Par l’unicité de notre relation dans l’alliance, ma culpabilité devient celle du Christ, qu’il a ressentie et pour laquelle il a souffert. En même temps, son innocence et sa perfection deviennent miennes, et je suis purifié et rendu digne. En Christ, nos péchés cessent de nous appartenir, en ce qui concerne la justice divine, c’est comme si nous ne les avons jamais commis. Par l’Expiation, nous ne sommes pas simplement pardonnés, nous redevenons innocents de nouveau.

      Si Jésus n’avait pris sur lui que le châtiment de nos péchés, et non les péchés eux-mêmes, alors au moment de la rétribution, nous aurions été seulement « coupables mais pardonnés », au lieu d’être sanctifiés par l’Expiation, rendus parfaits en Christ, innocents et dignes d’entrer dans le royaume de Dieu en présence du Père. Une partie de la bonne nouvelle concernant l’expiation du Christ est que celle-ci nous redonne l’impeccabilité, l’innocence, la perfection et la gloire céleste, chose qui ne pourrait se faire si nous nous entêtions à vouloir souffrir pour nos péchés. Dans cette éventualité, bien que nos péchés pourraient éventuellement être payés, ils resteraient nôtres, comme des chèques annulés. Sans l’expiation du Christ qui ôte la culpabilité et paye en même temps son dû, nous ne pourrions jamais retrouver l’innocence nécessaire pour vivre en présence de Dieu (cf. D&A 1:31 ; 19:4-19).

      En subissant notre punition et en vivant notre culpabilité, Jésus a appris par
procuration au travers de l’Expiation ce qu’il aurait ressenti s’il avait commis les péchés qu’il n’a jamais commis. C’est pourquoi, dans un sens il est correct de dire que bien que Jésus n’ait commis aucun péché, il est coupable de tous et sait intimement et personnellement leur poids affreux. Par nous, en portant nos péchés, celui qui est sans péché a connu l’horreur totale de la culpabilité humaine, pas seulement les péchés d’une vie, mais ceux de toutes les vies, les péchés du monde. Ainsi, par son expiation par procuration, Jésus en sait plus que quiconque sur le côté obscur de l’être humain. Même dans ce domaine, il nous est supérieur.

      À un moment lors de son agonie, Jésus s’est écrié : « Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Matt. 27:46). Est-il possible que le Père céleste l’ait réellement abandonné ? Dieu l’a-t-il abandonné en cette heure sacrée et terrible ? Oui. Car le Christ était devenu coupable des péchés du monde, coupable à notre place. Que nous arrive-t-il quand nous sommes coupables de péchés ? L’Esprit de Dieu se retire de nous, les cieux deviennent comme du plomb, et nous sommes laissés seuls à mariner dans notre culpabilité jusqu’à ce que nous nous repentions. À Gethsémané le meilleur parmi nous est devenu par procuration le pire d’entre nous et a enduré les souffrances des profondeurs de l’enfer. Et comme un coupable, le Sauveur a subi pour la première fois de sa vie la perte de l’Esprit de Dieu et de la communion avec son Père.

      Il n’y avait pour lui aucun soutien, aucune aide, ni de la part de ses amis qui dormaient pendant son agonie, ni de l’Esprit de Dieu qui s’était retiré de lui. Personne n’a jamais été aussi seul que le Christ dans le Jardin. C’est la signification d’Ésaïe 63:3 : « J’ai été seul à fouler au pressoir » (voir aussi D&A 73:107).

      En hébreux le mot geth (gath) signifie « pressoir », etsemani (shemen) signifie « huile » ou « richesse ». Gethsémané signifie donc : « le pressoir à huile » ou le pressoir de la richesse ». Cette expression fait allusion aux grands pressoirs pour les olives ou le raisin que l’on utilisait pour extraire l’huile ou le vin et c’est ce genre d’appareil que l’on s’attend à trouver dans un jardin d’oliviers comme Gethsémané. Les olives ou les grappes de raisin étaient placées dans les pressoirs pour en extraire le jus.

      C’est vraiment un nom approprié pour le jardin où Jésus a pris sur lui le poids infini des péchés et des peines du monde pour être pressé par ce fardeau terrible jusqu’à ce que le sang exsude de sa peau (voir Luc 22:44 ; D&A 19:18). Tout comme les olives et le raisin sont foulés au pressoir, Jésus, le vrai cep (voir Jean 15:1), fut pressé à Gethsémané (« le pressoir »)  jusqu’à ce que sa richesse, son jus, son huile, son sang, fussent versés pour l’humanité. Il n’est pas étonnant que le vin de la dernière Cène et celui de la cérémonie chrétienne soit ce symbole si approprié pour représenter le sang du Christ : ils sont obtenus par le même procédé.


Plus bas que tout cela

      Même si nous essayons de comprendre l’expérience de Gethsémané, nous sommes condamnés à la sous-estimer. Un jour alors que Joseph Smith se plaignait au Seigneur de ses épreuves et de ses souffrances, le Seigneur lui répondit en disant : « Le Fils de l’homme est descendu plus bas que tout cela, es-tu plus grand que lui ? » (D&A 122:8).

      Ailleurs dans les Écritures, on dit que le Christ est descendu plus bas que tout : « lui qui est monté là-haut, de même qu’il est descendu au-dessous de tout, en sorte qu’il a compris toutes choses, afin d’être en tout et à travers tout, la lumière de la vérité » (D&A 88:6 ; voir aussi Éphésiens 4:8-10).

      À Gethsémané et au Calvaire, dans sa souffrance horrible et sa mort, le Christ est
descendu plus bas que tout, de même que dans sa résurrection, il est allé au-dessus de toutes choses. Entre ces deux évènements, Jésus-Christ a fait le tour soit
personnellement soit par procuration de tous les genres possibles d’expériences que
connaît l’homme et les pires circonstances comme les meilleures. Il a été le plus humble d’entre nous et le plus exalté de tous, de sorte « qu’il comprend toutes choses ». Que ce soit sur le plan matériel comme pour la lumière de la création ou par expérience en tant que victime expiatoire, le Christ remplit toutes choses, est en toutes choses et est la cause de tout. Il est omniprésent.

      Nous nous fourvoyons tout simplement et nous sous-estimons grossièrement l’étendue de l’Expiation quand nous sommes tentés de penser que nos péchés ne permettent pas à Dieu de nous comprendre ou de nous atteindre. Aussi bas que nous soyons tombés, notre Rédempteur est déjà passé par là ; et il y est allé dans le seul but de nous retrouver et de ramener la brebis perdue au bercail. J’entend quelques fois des gens dire : « Comment puis-je revenir à l’Église, ou prier, ou m’approcher de Dieu après ce que j’ai fait. Je suis tombé trop bas ; je suis trop loin pour qu’il puisse m’atteindre. Je suis trop méprisable pour être sauvé ». À ceci, le Sauveur répond essentiellement : « Je sais où tu es. J’y suis déjà passé, et c’était pire que ça. Je sais ce que tu ressens car je l’ai vécu. Je me souviens de mes souffrances quand je les ai endurées, et mon coeur saigne pour toi. Mais je veux que tu reviennes. Je suis même prêt à te porter si tu me le permets. » Peu importe à quel point nous sommes perdus, Jésus-Christ, le chemin du retour, la porte du foyer, est toujours à notre portée.


Une expiation infinie

      Les souffrances de Jésus-Christ au Jardin et sur la croix ont dépassé l’ensemble des souffrances de tous les êtres humains. La souffrance de Jésus n’était pas une simple douleur un peu rude et une mauvaise mort, ce n’était pas juste la plus douloureuse de toutes les expériences et de toutes les morts. La souffrance du Christ était la somme totale de toutes les souffrances accumulées de l'humanité, en réalité elle était infinie.

      Lorsque le Christ est descendu au dessous de toutes choses, il a franchit la frontière entre le fini, ce qui peut être mesuré, et l’infini. Comme sa souffrance a été infinie, sa gloire maintenant est infinie, et de même sa capacité à sauver est infinie. « C’est pourquoi, il doit nécessairement y avoir une expiation infinie ; si ce n’était pas une expiation infinie , cette corruption ne pourrait revêtir l’incorruptibilité » (2 Néphi 9:7). « C’est pourquoi il n’est rien moins qu’une expiation infinie qui suffise pour les péchés du monde » (Alma 34:12 ; voir aussi 2 Néphi 25:16 ; Alma 34:10 ; D&A 19:10-19).

      La nature humaine fait que nous souhaiterions quantifier, mesurer l’expiation du
Christ, mais son épreuve est au-delà de toute mesure ; elle est au-delà de notre
compréhension. Jésus n’a pas seulement porté les péchés du monde, mais aussi les
chagrins, les douleurs, et les maladies du monde entier : « Et il ira, subissant des
souffrances, et des afflictions, et des tentations de toute espèce ; et cela, afin que
s’accomplisse la parole qui dit qu’il prendra sur lui les souffrances et les maladies de son peuple. Et il prendra sur lui la mort, afin de détacher les liens de la mort qui lient son peuple ; et il prendra sur lui ses infirmités, afin que ses entrailles soient remplies de miséricorde, selon la chair, afin qu’il sache, selon la chair, comment secourir son peuple selon ses infirmités » (Alma 7:11-12).

      Combien de gens ont souffert quelle somme de souffrance ici-bas rien qu’aujourd’hui ? Comment de gens dans combien d’hôpitaux actuellement dans le monde supplient pour avoir une autre piqûre afin d’apaiser leurs souffrances ? Rien qu’aujourd’hui ? Pourtant les souffrances de Jésus-Christ dans le jardin et sur la croix ont dépassé les souffrances cumulées de toute l’humanité de nos premier parents jusqu’au dernier jour, pour ce monde et pour tous les mondes qu’il a créés par son pouvoir.

      Jésus-Christ a pris sur lui tous les aspects négatifs de l’existence humaine suscités par la Chute. Il a souffert par procuration à Gethsémané toutes les douleurs intimes, toutes les douleurs de coeur, toutes les douleurs physiques et tous les handicaps, tous les fardeaux émotionnels et toutes les dépressions de la famille humaine. Il connaît la solitude de ceux qui ne sont pas acceptés, qui ne sont pas beau ou joli. Il sait ce que c’est que de voir composer les équipes et d’être le dernier choisi. Il connaît l’angoisse des parents dont les enfants tournent mal. Il connaît l’enfer intime de l’enfant ou du conjoint violé. Il connaît toutes ces choses intimement et personnellement parce qu’il les a vécues à Gethsémané.

      Après avoir vécu une vie parfaite, il a choisi de vivre notre vie imparfaite.
Dans ce Gethsémané infini, le méridien des temps, le centre de l’éternité, il a vécu des milliards de milliards de vies de péchés, de douleurs, de maladies et de chagrin.

      Dieu n’utilise pas de baguette magique pour effacer les mauvaises choses de l’existence. Les péchés qu’il remet, il les remet en faisant en sorte qu’ils deviennent siens et qu’il souffre à cause d’eux. Les souffrances et les chagrins d’amour dont il nous soulage, il le fait en les endurant lui-même. Ces choses peuvent être partagées ou transférées, mais on ne peut s’en débarrasser d’un revers de main. Quelqu’un doit les endurer. Ainsi nous ne lui devons pas seulement notre purification spirituelle du péché, mais aussi notre guérison physique, mentale et émotionnelle, car il a porté ces infirmités pour nous aussi.

      Tout ce que la Chute a eu de négatif, le Sauveur l’a rectifié. Tout ceci fait partie de son sacrifice infini, de son don infini. C’est pour cette raison, que pour pouvoir supporter le poids infini de l’agonie, Jésus avait besoin d’avoir un Père divin, infini. De Marie, il a hérité la capacité de mourir, mais de son Père il a hérité la capacité de vivre s’il le choisissait. C’est pourquoi, sa vie ne pouvait lui être ôté s’il ne le voulait pas, il avait pouvoir sur la mort (voir Jean 10 :17-18). Si vous ou moi avions été au pressoir de Gethsémané et que nous aurions dû supporter le poids des péchés et de la douleur, nous aurions été écrasés comme des insectes, disparus immédiatement. Mais parce qu’il était le Fils de Dieu, et qu’il avait pouvoir sur la mort, sa vie ne pouvait lui être ôtée tant qu’il ne le décidait pas de lui-même. Dans le Jardin et sur la croix, il a dit en substance : « Je souffrirai cette agonie, J’irai jusqu’au bout ; j’endurerai ceci pour eux et je tiendrai jusqu’à ce qu’ils soient sauvés ».

      Comme l’a dit Frère Neal A. Maxwell : « Le fardeau accumulé de tous les péchés
mortels, passés, présents, futurs, pesant sur cette âme sensible, sans péché et parfaite ! Toutes nos infirmités et toutes nos maladies faisaient, aussi, d’une certaine façon, partie de l’arithmétique terrible de l’expiation… Sa Souffrance, telle qu’elle était, l’énormité multipliée parl’infini, évoquait son dernier cri sur la croix venu du tréfonds de l’âme, se traduisant par un sentiment d’abandon. » [2]

      A-t-il été tenté en raison de son agonie infinie de remettre sa vie pour mettre fin à ses souffrances avant que le prix ne soit complètement payé ? La plus grande tentation à laquelle il a dû faire face n’a-t-elle pas été d’abandonner ses frères et ses soeurs plus faibles en mourant prématurément afin d’être délivré de la douleur infinie? Peut-être.

      Tout ce qu’il avait à faire était de se laisser aller et la douleur se serait arrêtée, mais vous et moi aurions été perdus. Alors seconde après seconde, heure après heure, il a subi son agonie ; il ne pouvait se reposer, mais il ne voulait pas mourir, pas avant que ce soit fini, pas avant que nous fussions sauvés avec lui. Ainsi, lorsque le Vainqueur reviendra sur terre revêtu de pouvoir et de gloire, les anges déclareront sa victoire infinie et éternelle : « C’est fini, c’est fini ! L’Agneau de Dieu a vaincu et foulé seul au pressoir, oui, au pressoir de l’ardeur de la colère du Dieu Tout-puissant » (D&A 88:106).

      La divine victime a satisfait aux exigences de la justice dans le jardin du Pressoir et au Calvaire, elle l’a fait seule, et elle l’a fait pour vous et moi. Ceci lui donne le droit de réclamer ceux qui entrent dans son alliance, pour les mettre chacun sous son aile en disant : « J’ai payé pour celui-ci, il est à moi » ; « Père, vois les souffrances et la mort de celui qui n’a commis aucun péché, en qui tu te complaisais ; vois le sang de ton Fils qui a été versé, le sang de celui que tu as donné afin que toi-même, tu sois glorifié ; c’est pourquoi, Père, épargne ceux-ci, mes frères, qui croient en moi, afin qu’ils viennent à moi et qu’ils aient la vie éternelle » (D&A 45:4-5).

      C’est là une excellente nouvelle.



Notes :

1 Le mot docétisme vient du verbe Grec dokeo qui veut dire « sembler » ou « paraître ».
2 Neal A. Maxwell, Ensign, mai 1985, p. 73


Source : Stephen E. Robinson, Croire le Christ, 1992, 2005, Deseret Book



hibou ecrit Cette petite Emma est autiste mais a une voix merveilleuse

La majesté du Christ


J. Reuben Clark, Jr

Membre de la Première Présidence de 1933 à 1959



Qui est ce Jésus, que nous adorons ?

      Qui est ce Sauveur, cet homme que nous adorons ? Nous avons tendance à le minimiser et à considérer qu'il nous appartient plus ou moins, qu'il est notre Sauveur et peut-être ne le connaissons-nous pas très bien.

      Je voudrais vous lire juste quelques mots pour commencer. Je vais les prendre dans le livre de Moïse, au premier chapitre, en commençant par le 3ème et le 32ème versets. Celui qui parle a déclaré : « Je suis le Seigneur Dieu Tout-Puissant. Infini est mon nom... Et je les ai créés par la parole de mon pouvoir... »

      Il montrait à Moïse la création que le Père avait faite et ils parlaient « face à face » (Moïse 1:2).

      « Et je les ai créées par la parole de mon pouvoir, qui est mon Fils unique, lequel est plein de grâce et de vérité.

      « Et j'ai créé des mondes sans nombre ; et je les ai également créés dans un dessein qui m'est propre, et je les ai créés par le Fils, qui est mon Fils unique.

      « ... Car voici, il y a beaucoup de mondes qui ont passé par la parole de mon pouvoir (c'est-à-dire son Fils unique). Et il y en a beaucoup qui existent maintenant, et ils sont innombrables pour l'homme, mais toutes choses me sont comptées, car elles sont miennes et je les connais.

      « ...Et le Seigneur Dieu parla à Moïse, disant : Les cieux sont nombreux, et l'homme ne peut les compter ; mais ils me sont comptés, car ils sont miens.

      « Et lorsqu'une terre et ses cieux passeront, une autre viendra. Et il n'y a pas de fin à mes œuvres ni à mes paroles » (Moïse 1:3,32,33,35,37,38).


Il n'était pas un débutant à la Création

      Ce n'était pas un débutant, un amateur, un Être qui faisait son premier essai qui, au commencement, descendit, après le grand conseil, avec d'autres dieux, chercher un endroit où il y ait de l'espace (c'est ce que nous dit le récit fait dans Abraham). Puis, prenant de la matière qu'ils avaient trouvée dans cet « espace », ils firent le monde.

      Je veux vous suggérer deux ou trois choses. J'espère que ce ne sera pas trop déroutant. Nous, dans cette galaxie (les cieux que nous voyons sont la galaxie à laquelle nous appartenons), nous pouvons voir à un milliard d'années-lumière autour de nous. Une année-lumière est la distance que parcourt la lumière (qui a une vitesse de 300 000 km/seconde) en un an. Les astronomes nous disent que nous pouvons voir dans l'espace à un milliard d'années-lumière.

     Où nous nous trouvons, comment nous nous déplaçons, à quelle vitesse nous allons, nous ne le savons pas. Quand vous regardez le ciel, vous ne le voyez pas tel qu'il est aujourd'hui. Vous le voyez comme il était il y a un certain nombre d'années-lumière au moment ou la lumière que vous voyez maintenant a commencé à nous parvenir. Si ce que vous voyez est distant de cent années-lumière, vous le voyez tel qu'il était il y a cent millions d'années.


Notre galaxie : sa forme et ses dimensions

      On nous dit qu'il y a un million et demi de galaxies dans ce rayon qui sont les mêmes que la nôtre. On dit que cette galaxie dans laquelle nous vivons, dans laquelle nous existons, a cent mille années-lumière de diamètre [ndlr : depuis que le président Clark a écrit cet article, l'astronomie a acquis beaucoup plus de connaissances. L'univers connu va jusqu'à au moins deux milliards et demi d'années-lumière et les astronomes sont persuadés qu'il y a au moins dix milliards de galaxies. Voir par exemple Kenneth F. Weaver, « The Incredible Universe », National Geographic, mai 1974, pp. 589-625].

     Les astronomes admettent maintenant ce qu'ils n'admettaient pas autrefois, c'est qu'il y a peut-être eu (et c’est probablement le cas) de nombreux mondes comme le nôtre. Certains disent qu'il y a peut-être eu, dans notre galaxie, depuis le début de sa formation, un million de mondes comme celui-ci.

     « Et j'ai créé des mondes sans nombre... par... mon Fils unique » (Moïse 1:33). Je le répète, notre Seigneur n'est pas un débutant, pas un amateur. Il a travaillé et toujours travaillé à cette réalisation.

     Et si vous pensez que dans cette galaxie qu'est la nôtre il y a eu depuis le début jusqu'à maintenant peut-être un million de mondes, si vous multipliez cela par le nombre de millions de galaxies, les cent millions de galaxies qui nous entourent, vous aurez une petite idée de qui est cet Homme que nous adorons.


Le but de notre création

      Il est membre de la Divinité qui se compose du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Il participa au grand conseil dans les cieux qui décida de construire un monde, un monde dans lequel nous pourrions venir sous forme d'êtres mortels pour travailler à notre salut. J'imagine que sans aucun doute c'est le même but qu'a eu notre Sauveur un nombre incalculable de fois pour réaliser son œuvre de création de mondes comme il l'a fait pour nous. « Et j'ai créé des mondes sans nombre... par... mon Fils unique. »


Du trône à la crèche

      Il y avait en Palestine un couple, Joseph et Marie. Ils vivaient à Nazareth. On sait qu'ils avaient voyagé de Nazareth à Bethlehem pour se faire recenser conformément à un décret de l'empereur romain. Cela, c'était la raison apparente. Elle, enceinte, fit tout ce voyage à dos de mulet, gardée et protégée comme celle qui devait donner naissance à une divinité. Aucun autre homme dans l'histoire de ce monde n'a jamais eu de tels parents : d'une part, Dieu le Père, d'autre part, la vierge Marie.

      Quand ils furent arrivés à Bethlehem, ils ne trouvèrent pas de place à l'hôtelle rie, vous vous rappelez. Tout était pris. Ils furent forcés d'aller dans une étable et le nouveau-né venant tout droit du trône de Dieu dut être couché dans une crèche, « descendu au-dessous de tout » (D&A 88:6), « lui qui est monté là-haut » (D&A 88:6). J'ai une grande compassion pour ce pauvre Joseph. Marie était sa femme, mais il n'était pas le père du Fils qu'elle portait. Des années plus tard, les Juifs le tournèrent en ridicule à cause de cela...


Situation en Palestine

      Il arriva dans une situation chaotique. La Palestine n'était pas un lieu de paix, d'amour et de fraternité. C'était le théâtre des plus terribles passions qui se déchaînaient dans le monde à ce moment-la. Elles habitèrent constamment ceux qui entourèrent le Sauveur.

      Vous vous souvenez de son voyage quand il avait douze ans où il indiqua clairement pour la première fois qui il était (au moins pour autant que Marie l'ait compris). C’est à cette occasion qu'après trois jours de recherches, Joseph et Marie le retrouvèrent en train de parler avec les docteurs des Juifs et que sa mère d'un ton de reproche, lui dit : « Ton père et moi... » (elle parlait de Joseph, ce qui indique que dans leur foyer, il obéissait à ses parents présumés, Joseph et Marie). « Ton père et moi, nous te cherchions avec angoisse » (Luc 2:48). Et il répondit, faisant cette grande révélation : « Ne saviez-vous pas qu'il faut que je m'occupe des affaires de mon Père ? » (Luc 2:49)

      Mais il revint à Nazareth, et vécut avec eux. Il fut charpentier, fils d'un charpentier, jusqu'à ce qu'il commence sa mission. Ensuite, lorsque les gens le virent faire des choses prodigieuses, donner des enseignements étonnants et faire preuve d'une grande connaissance, ils dirent : « N'est-ce pas le fils du charpentier ? » (Matthieu 13:55) « N'est-ce pas le charpentier... ? » (Marc 6:3) Il vivait dans un humble foyer, le seul homme sur terre qui était né de Dieu et d'une femme mortelle. Il demeurait parmi les plus humbles, était instruit avec eux et accomplissait sa tâche parmi eux.

      Il continua sa vie, je le répète, suivi jour après jour par des forces ennemies qui l'auraient exterminé, mais échappant à toutes à cause de la grande mission qu'il devait accomplir.


Confusion chez les Juifs

      Je comprends, dans un sens au moins, la difficulté qu'eurent les Juifs. Ils virent dans ses miracles les mêmes que ceux qui avaient été faits par leurs prophètes tout au long de leur histoire. Il avait violé les lois de la pesanteur en marchant sur l'eau ; Élisée avait fait flotter une hache de fer sur l'eau. Il avait ressuscité des morts ; Élisée avait fait de même autrefois. Il multiplia les pains et les poissons et leur donna à manger ; le prophète Élie avait nourri cent personnes de la même façon avec peu et avait maintenu la provision d'huile de la veuve. Ils avaient vu manifestés tous ces grands principes, ils les connaissaient, et ils avaient de la difficulté à se rendre compte qu'il y avait en Jésus quelque chose qui allait au-delà.

      J'ai réfléchi à certains de ces miracles en les envisageant comme des miracles de Créateur, des miracles qui sont la démonstration de son pouvoir créateur, ceux que j'appellerai des miracles « créateurs ». Changer de l'eau en vin, comme cela a dû être simple pour un Dieu qui avait créé des univers ! Comme c'était simple de nourrir cinq mille personnes !

      J'espère que personne d'entre vous n'est troublé par les petits esprits qui disent que la multitude fut nourrie par des repas qu'elle avait apportés. Ce Créateur de l'univers, avec cinq pains et deux poissons, créa de la nourriture qui les rassasia tous. C’est peut-être pour faire taire la critique que l'on aurait pu faire à ce sujet ou pour détruire l'explication que l’on veut donner à ce miracle, à savoir qu'ils auraient été simplement hypnotisés par lui, que le texte précise : « et l'on emporta douze paniers pleins des morceaux qui restaient » (Matthieu 14:20). Quand il donna à manger à quatre mille personnes un peu plus tard, ce fut un miracle de la même importance.

     D'autres miracles prouvent qu'il maîtrisait les éléments : je pense à la nuit où il dormait à l'avant de la barque et qu'une grande tempête s'éleva. Les apôtres étaient terrifiés. Ils le réveillèrent et il calma la tempête. Et quand, après avoir donné à manger à cinq mille personnes, il marcha sur l'eau pour rejoindre les apôtres, je me rappelle combien ceux-ci furent effrayés, pensant que c'était un fantôme.

      On l’entend presque leur disant : « C'est moi, n'ayez pas peur ! » C'est là que Pierre lui demanda : « Ordonne que j'aille vers toi sur les eaux. » Et Jésus répondit : « Viens ! » Pierre sortit de la barque et commença à marcher sur l'eau, mais le courage et la foi lui manquèrent à la vue des grosses vagues. Il commença à s'enfoncer. Jésus étendit la main et le sauva, le réprimandant ainsi : « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? » (Matthieu 14:27-31) 


Le maître du règne animal

      Jésus était maître aussi du règne animal. Vous vous rappelez la pêche miraculeuse la première fois qu'il appela Pierre, Jacques et Jean. Ils avaient pêché toute la nuit, mais ils n'avaient rien attrapé. Il leur demanda de monter dans leur barque pour pouvoir parler à la foule. Ils s'éloignèrent un peu du rivage pour que la foule ne le presse pas trop.

      Quand il eut fini de parler, il dit : « Avance en pleine eau, et jetez vos filets pour pêcher » (Luc 5:4). Ils répondirent qu'ils avaient pêché toute la nuit et qu'ils n'avaient rien attrapé. Cependant, sur sa parole, ils jetèrent leur filet qui fut rempli d'une telle quantité de poissons qu'il se rompit et qu'ils durent appeler Jacques et Jean pour qu'ils viennent les aider avec l'autre barque. Pierre, le grand Pierre, se jeta aux pieds du Sauveur et dit : « Seigneur, retire-toi de moi, parce que je suis un homme pécheur » (Luc 5:8).

      Et cette expérience semblable, sur le rivage de cette même Galilée, après la résurrection, quand Pierre et les autres étaient allés pêcher, ne comprenant pas qu'ils avaient du travail à faire pour le service du Seigneur : aux premières lueurs du matin, ils virent un homme sur le rivage ; il y avait un petit feu. Une voix leur par vint du rivage : « Jetez le filet du côté droit de la barque, et vous trouverez. » Ils le firent et le filet fut rempli. Jean se rappelant peut-être la première expérience dit : « C'est le Seigneur. » Pierre, s'enveloppant de son manteau parce qu'il était nu (il ne voulait pas se présenter nu devant le Seigneur) se jeta dans la mer et marcha ensuite dans l'eau jusqu'au rivage. Et ils mangèrent. Selon toute apparence, le Sauveur mangea avec eux. C'est là que Pierre reçut le commandement « Pais mes brebis » (Jean 21:6-17).

L'humble Jésus était donc maître du règne animal.


Le règne végétal

      Et enfin, le règne végétal aussi se trouvait sous sa domination car il maudit le figuier stérile en passant. Certains érudits ont de grandes difficultés à comprendre ce miracle. Pour ma part, il me semble très simple, trop simple peut-être. Mais je comprends, d'après ce miracle, que celui qui ne fait pas ce que son Créateur lui a donné la possibilité de faire se met en danger d'être réprimandé. Vous ne pouvez pas être stérile avec l'intelligence, les talents que Dieu vous a donnés.

      Combien ces miracles de Jésus semblent grands pour les mortels, mais combien c'est simple pour Celui qui peut créer ou détruire les univers. Douterons-nous encore du pouvoir qu'avait Jésus d'accomplir ce qu'il a fait sur la terre


Il indique qui il est

     Il commença très tôt pendant son ministère à dire qui il était. Alors qu'il se rendait vers le nord, après la première Pâque, il vit Nicodème à qui il indiqua qu'il était le Christ. Mais Nicodème ne comprit pas.

     Il voyagea vers le nord jusqu'à arriver en Samarie. Il s'arrêta au puits de Jacob et vit une femme de Samarie. Il lui dit qui il était. Les Samaritains étaient haïs des Juifs et les Juifs des Samaritains. C'est, je pense, la première fois au cours de sa mission qu'il montra qu'il était venu pour tous les hommes et pas seulement pour les tribus choisies. Par la suite, il indiqua encore de temps en temps qu'il était le Messie.

     Un jour qu'il assistait à la Fête des Tabernacles dans le temple de Jérusalem, on lui posa des questions sarcastiques au sujet de son ascendance. Les Juifs parlaient de leur ascendance : ils étaient fils d'Abraham ! Il arriva un moment dans la discussion où Jésus dit qu'il connaissait Abraham. Ils répondirent alors : « Tu n'as pas encore cinquante ans, et tu as vu Abraham ! » Et il leur fit cette réponse : « Avant qu'Abraham fut, je suis » (Jean 8:57,58). C'est ainsi qu'il déclara qu'il était le Messie.

      Il fit ainsi tout au long de sa vie.  


Sa grande mission

      Il eut une grande mission à accomplir. Il dut faire cesser, « accomplir », comme il nous l'a dit, la loi de Moïse. Si vous voulez savoir combien il dut s'éloigner des lois qui avaient été données à l'ancienne Israël, lisez le sermon sur la montagne et ses autres sermons, et voyez combien il dut travailler à expliquer la nouvelle loi.

      En voici une illustration ; il dit :

      « Vous avez, appris qu'il a été dit : Tu ne commettras point d'adultère.

     « Mais moi je vous dis que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son cœur » (Matthieu 5:27,28).

      La nouvelle loi, c'était cela.

      Et il en fut ainsi pour des milliers d'autres choses. Ces documents auxquels je me réfère sont les plus grands documents révolutionnaires de toute l'histoire du monde. Ils marquent l'abandon, l'accomplissement de la loi mosaïque et l'introduction et la mise en œuvre de la loi de l'Évangile qu'il avait rétablie.


De la croix au trône

      Finalement, au dernier procès, ayant été traduit devant Anne, il fut emmené ensuite devant Caïphe, le beau-fils d'Anne. Caïphe était le grand-prêtre mis en place par le gouvernement romain. Caïphe était l'homme qui, sous la loi mosaïque aurait été premier grand-prêtre. Au procès qui eut lieu devant Caïphe et le Sanhédrin, Caïphe demanda : « Je t'adjure, par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu » (Matthieu 26:63). Et Marc nous rapporte la réponse de Jésus : « Je le suis » (Marc 14:62).

      Mais ils l'emmenèrent le lendemain et le livrèrent à Pilate. Ce pauvre Pilate était déchiré parce qu'il était convaincu de l'innocence de cet homme et il chercha à le relâcher, mais sans succès ! Ils voulaient absolument la mort du Christ. Finalement, il fut condamné et livré aux Juifs.

     Puis il fut emmené au Calvaire et lui, un Dieu, membre de la Trinité, fut crucifié sur une fausse accusation de trahison, entre deux brigands. Père lui aussi de la Création, appartenant à la Divinité, venu sur la terre, né dans une crèche, venu tout droit du trône de Dieu, il fut crucifié comme un vulgaire criminel entre deux voleurs !

     Ressuscité au matin du troisième jour, nombreux furent ceux qui le virent, qui le touchèrent ; et il vécut sur terre encore pendant quarante jours, comme s'il répugnait à laisser ceux avec qui il avait travaillé si longtemps. Ensuite - et même avant cela  il retourna à la Sainte Trinité, reprit sa place près du Père, sa place de membre de la Divinité.


L'homme que nous adorons

     Voilà l'homme que nous adorons. Voilà l'homme qui nous a donné la loi qui nous permettra d'accomplir notre destinée annoncée depuis le commencement. Voilà l'homme qui s'est sacrifié. « Voici l'Agneau de Dieu » (Jean 1:29) « tué dès la fondation du monde » (Moïse 7:47), nous a-t-on dit dès les temps les plus anciens. Il est mort pour expier les péchés d'Adam.

      Personne d'entre nous n'est né plus humblement; personne d'entre nous n'est mort de façon plus ignominieuse que lui. Mais il l'a fait pour vous et moi pour que, lorsque nous aurons terminé notre séjour ici-bas, après être allés dans la tombe et avoir payé les fautes que nous pourrions avoir à y payer, nous puissions, nous aussi, être ressuscités et retourner dans la présence de Celui qui nous avait envoyés, les bons comme les mauvais.

      Voilà l'homme que nous adorons : ce n'est pas un homme de haute classe ni un homme sage de la sagesse de ce monde ; ce n'est pas un homme d'un grand pouvoir bien qu'il ait dit un jour : « Penses-tu que je ne puisse pas invoquer mon Père, qui me donnerait à l'instant plus de douze légions d'anges ? » (Matthieu 26:53). Il ne se servait jamais de ses pouvoirs divins à des fins égoïstes, mais toujours pour le bénéfice des autres, pour toute l'humanité. Il se sacrifiait toujours, essayait toujours d'obéir à la volonté du Père. Il nous a dit et répété de nombreuses fois qu'il ne faisait rien qu'il n'ait vu le Père faire et n'enseignait rien qu'il n'ait entendu le Père enseigner.

      Pourquoi cela, c'est un mystère qui me dépasse. Je ne peux qu'accepter les faits comme ils sont exposés dans le récit. Et ce récit me dit que si j'obéis à ses commandements, si je vis comme il veut que je vive, je réussirai à accomplir la destinée qu'il m'a fixée, une destinée de progression éternelle, une destinée qui consistera à vivre en sa présence (pour autant que je l'aie mérité par mon travail), une destinée qui me permettra d'obtenir un pouvoir sans limite que je recevrai si je cherche à l'obtenir par la dignité de ma vie.

      Puisse le Seigneur accorder que naisse en chacun de nous la détermination de le servir et de garder ses commandements. Puisse le Seigneur nous donner une vision un peu meilleure de lui, de qui il est, de sa grande sagesse, de son expérience et de sa connaissance. Il a dit qu'il était le chemin, la vie, la lumière et la vérité (Jean 8:12;14:6). Il l'a dit et répété sans cesse. Ils ne l'ont pas cru à ce moment-là ; le monde, en général, ne le croit pas maintenant. Mais c'est notre droit, notre devoir, notre pouvoir de connaître ces vérités et de les intégrer à notre vie.


Sources :

• J. Reuben Clark, Jr, Behold the Lamb of God, pp. 15-25, Deseret Book Co., Salt Lake City, 1962
• Vie et Enseignements de Jésus (Institut, Nouveau Testament, Première partie, Manuel de l'étudiant), pp. 16-21




hibou ecrit Cette petite Emma est autiste mais a une voix merveilleuse

Prédiction
de l'avènement terrestre
du Christ



James E. Talmage (1862-1933)

Président de l'université d'Utah de 1894 à 1897
Membre du collège des Douze de 1911 à 1933 

     
      La venue du Christ sur la terre pour entrer dans un tabernacle de chair n'était ni inattendue ni imprévue. Des siècles avant ce grand événement, les juifs professaient attendre l'avènement de leur Roi ; et dans les rites prescrits du culte comme dans les dévotions privées, la venue du Messie promis était l'un des sujets principaux des supplications d'Israël à Jéhovah. Il y avait, il est vrai, beaucoup de divergences dans les opinions laïques et dans les exposés rabbiniques quant au temps et à la manière dont il apparaîtrait ; mais la certitude du fait était profondément enracinée dans les croyances et les espoirs de la nation hébraïque.

      Les documents que nous appelons les livres de l'Ancien Testament, de même que d'autres écrits inspirés considérés autrefois comme authentiques mais exclus des compilations ultérieures comme n'étant pas strictement canoniques, étaient courants parmi les Hébreux à l'époque de la naissance du Christ et longtemps avant. Ces Écritures tirent leur origine de la proclamation de la loi par Moïse(Deutéronome 31:9, 24-26 ; cf. 17:18-20), qui écrivit celle-ci et remit le texte écrit à la garde officielle des prêtres avec le commandement formel de le lire dans les assemblées du peuple à des époques prescrites. Au cours des siècles, on ajouta à ces premiers écrits les déclarations de prophètes divinement nommés, les notes d'historiens officiels et les cantiques de poètes inspirés ; de sorte qu'à l'époque du ministère de notre Seigneur, les Juifs possédaient une grande accumulation d'écrits qu'ils acceptaient et respectaient comme faisant autorité. Ces documents sont riches en prédictions et en promesses relatives à l'avènement terrestre du Messie, comme le sont d'autres Écritures auxquelles l'Israël d'autrefois n'avait pas accès.

      Adam, le patriarche du genre humain, se réjouit lorsqu'il fut mis au courant du ministère dont le Sauveur avait été chargé, assuré qu'il était que s'il l'acceptait, il pourrait, lui, le transgresseur, obtenir la rédemption. Une brève mention du plan de salut, dont l'auteur est Jésus-Christ, apparaît dans la promesse donnée par Dieu après la chute : certes le diable, représenté par le serpent en Éden, aurait le pouvoir de blesser le talon de la postérité d'Adam, mais par la postérité de la femme viendrait la puissance qui écraserait la tête de l'adversaire (Genèse 3:15 ; cf. Hébreux 2:14 ; Apocalypse 12:9 ; 20:3). Il est significatif que cette assurance de la victoire finale sur le péché et son effet inévitable, la mort, qui furent tous deux introduits sur la terre par l'intermédiaire de Satan, l'ennemi juré de l'humanité, devait être assurée par la postérité de la femme ; la promesse ne fut pas faite formellement à l'homme, ni au couple. Le seul cas où la postérité de la femme est dissociée de la paternité mortelle est la naissance de Jésus, le Christ, qui était le fils terrestre d'une mère mortelle, engendré par un Père immortel. Il est le seul engendré du Père éternel dans la chair et naquit d'une femme.

      Des Écritures autres que celles qui se trouvent dans l'Ancien Testament nous informent d'une manière plus complète de la révélation de Dieu à Adam concernant la venue du Rédempteur. Conséquence naturelle et inévitable de sa désobéissance, Adam avait perdu la grande bénédiction dont il bénéficiait précédemment: celle d'être en rapport direct et personnel avec son Dieu ; néanmoins dans son état déchu il reçut la visite d'un ange du Seigneur, qui lui révéla le plan de la rédemption : « Et après de nombreux jours, un ange du Seigneur apparut à Adam, et lui dit : Pourquoi offres-tu des sacrifices au Seigneur ? Et Adam lui dit : je ne le sais, si ce n'est que le Seigneur me l'a commandé. Alors l'ange parla, disant : C'est une similitude du sacrifice du Fils unique du Père, qui est plein de grâce et de vérité. C'est pourquoi tu feras tout ce que tu fais au nom du Fils, tu te repentiras, et invoqueras dorénavant Dieu au nom du Fils. Ce jour-là, le Saint-Esprit, qui rend témoignage du Père et du Fils, tomba sur Adam, disant : je suis le Fils unique du Père, depuis le commencement, dorénavant et à jamais, afin que de même que tu es tombé, tu puisses être racheté, ainsi que toute l'humanité, à savoir tous ceux qui le veulent » (Moïse 5:6-9, dans la Perle de Grand prix).

      La révélation du Seigneur à Adam communiquant le plan officiel selon lequel le Fils de Dieu devait se munir de chair au midi des temps, et devenir le Rédempteur du monde, fut attestée par Énoch, fils de Jéred et père de Metuschélah. Les paroles d'Énoch nous apprennent que le nom par lequel le Sauveur serait connu parmi les hommes lui fut révélé aussi bien qu'à son grand ancêtre, Adam, en ces termes : « Jésus-Christ, le seul nom qui sera donné sous les cieux par lequel le salut viendra aux enfants des hommes » (Moïse 6:52, étudier les versets 50-56 ; voir aussi Genèse 5:18, 21-24 ; Jude 14). L’alliance écrite de Dieu avec Abraham, et sa répétition et sa confirmation avec Isaac et ensuite avec Jacob - que par leur postérité toutes les nations de la terre seraient bénies - présageait la naissance du Rédempteur par ce lignage élu (Genèse 12:3 ; 18:18 ; 22:18 ; 26:4 ; 28:14 ; cf. Actes 3:25 ; Galates 3:8). Son accomplissement est l'héritage béni des siècles.

      En donnant sa bénédiction patriarcale à Juda, Jacob prophétisa : « Le bâton (de commandement) ne s'écartera pas de Juda, ni l'insigne du législateur d'entre ses pieds, jusqu'à ce que vienne le Chilo et que les peuples lui obéissent ; et c'est auprès de lui que le peuple se rassemblera » (Genèse 49:10, version du roi Jacques). On a la preuve que Chilo désignait le Christ parce que la stipulation décrite dans la prédiction s'accomplit dans l'État de la nation juive à l'époque de la naissance de notre Seigneur.
      Moïse proclama la venue d'un grand prophète en Israël, dont le ministère devait être tellement important que tous les hommes qui ne l'accepteraient pas seraient sous la condamnation ; et des Écritures ultérieures prouvent d'une manière concluante que cette prédiction ne pouvait se rapporter qu'à Jésus-Christ. Ainsi parla le Seigneur à Moïse : « Je leur susciterai du milieu de leurs frères un prophète comme toi, je mettrai mes paroles dans sa bouche, et il leur dira tout ce que je lui commanderai. Et si quelqu'un n'écoute pas mes paroles qu'il dira en mon nom, c'est moi qui lui en demanderai compte » (Deutéronome 18:15-19 ; cf. Jean 1:45 ; Actes 3:22 ; 7:37 ; voir aussi la confirmation formelle de notre Seigneur après sa résurrection, 3 Néphi 20:23 dans le Livre de Mormon). Le système de sacrifices formellement imposé dans le code mosaïque était essentiellement un prototype de la mort sacrificatoire que le Sauveur devait accomplir sur le Calvaire. Le sang d'innombrables victimes sur l'autel, tuées par les prêtres d'Israël au cours des rituels prescrits, coula pendant tous les siècles qui séparèrent Moïse du Christ comme un flot prophétique à la ressemblance du sang du Fils de Dieu qui devait être versé comme sacrifice expiatoire pour la rédemption du genre humain. Mais, comme nous l'avons déjà montré, l'institution du sacrifice sanglant pour représenter la mort future de Jésus-Christ remonte au commencement de l'histoire humaine, depuis que l'offrande de sacrifices d'animaux par l'effusion de sang fut requise d’Adam, à qui l'importance de l'ordonnance, « une similitude du sacrifice du Fils unique du Père », fut expressément définie.

      L’agneau pascal, tué pour chaque foyer israélite lors de la fête annuelle de la Pâque, était un type particulier de l’Agneau de Dieu qui serait sacrifié en son temps pour les péchés du monde. La crucifixion du Christ se produisit à l'époque de la Pâque ; et la consommation du Sacrifice suprême, dont les agneaux de la Pâque n'avaient été que des prototypes secondaires, amena Paul l'apôtre à affirmer plus tard : « Car Christ, notre Pâque, a été immolé » (1 Corinthiens 5:7 ; on trouvera le Christ qualifié d'Agneau de Dieu dans Jean 1:29,36 ; 1 Pierre 1:19 ; Apocalypse chapitres 5, 6, 7, 12, 13, 14, 15, 17, 19, 21, 22 ; voir aussi dans le Livre de Mormon : 1 Néphi 10:10, et les chapitres 11, 12, 13, 14 ; 2 Néphi 31:4,5,6 ; 33:14 ; Alma 7:14 ; Mormon 9:2,3 ; et dans Doctrine et Alliances : 58:11 ; 132:19).

      À l'époque de ses cruelles afflictions, Job se réjouit du témoignage qu'il pouvait rendre du futur Messie et déclara avec une conviction prophétique : « Je sais que mon Rédempteur est vivant, et qu'il se lèvera le dernier sur la terre » (Job 19:25 ; voir aussi versets 26-27). Les cantiques de David, le psalmiste, abondent en allusions répétées à la vie terrestre du Christ, dont beaucoup de circonstances sont décrites en détails et sont confirmées dans les Écritures du Nouveau Testament (par exemple : Psaumes 2:7 ; cf. Actes 13:33, Hébreux 1:5 ; 5:5 ; Psaumes 16:10 ; cf. Actes 13:34-37 ; Psaumes 22:18 ; cf. Matthieu 27:35 ; Marc 15:24 ; Luc 23:34 ; Jean 19:24 ; Psaumes 41:9 ; cf. Jean 13:18 ; Psaumes 69:9 et 21 ; cf. Matthieu 27:34,48 ; Marc 15:23 ; Jean 19:29 et Jean 2:17 ; Psaumes 110:1 et 4 ; cf. Matthieu 22:44 ; Marc 12:35-37 ; Luc 20:41-44 et Hébreux 5:6 ; Psaumes 118:22,23 ; cf. Matthieu 21:42 ; Marc 12:10 ; Luc 20:17 ; Actes 4:11 ; Éphésiens 2:20 ; 1 Pierre 2:4,7 ; les psaumes suivants sont considérés comme psaumes messianiques : 2, 21, 22, 45, 67, 69, 89, 96, 110, 132 ; le psalmiste y exalte poétiquement les excellences du Messie et la certitude de sa venue).  

      Ésaïe, dont l'office prophétique fut honoré du témoignage personnel du Christ et des apôtres, manifesta en de nombreux passages sa conviction que le Sauveur viendrait exercer son ministère sur la terre. Avec la force de la révélation directe, il parla de la maternité divine de la Vierge, de qui naîtrait Emmanuel, et sa prédiction fut répétée par l'ange du Seigneur, plus de sept siècles plus tard (Ésaïe 7:14 ; cf. Matthieu 1:21-23). Contemplant les siècles futurs, le prophète vit l'accomplissement des desseins divins comme si c'était déjà fait et chanta triomphalement : « Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la souveraineté reposera sur son épaule ; on l'appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. Renforcer la souveraineté et donner une paix sans fin au trône de David et à son royaume, l'affermir et le soutenir par le droit et par la justice dès maintenant et à toujours : voilà ce que fera le zèle de l'Éternel des armées »(Ésaïe 9:5,6).

      Immédiatement avant sa réalisation, la promesse bénie fut répétée par Gabriel, envoyé de la présence de Dieu à la Vierge élue de Nazareth (Luc 1:26-33). Comme cela avait été révélé au prophète et proclamé par lui, le Seigneur futur était le rameau vivant qui jaillirait de la racine immortelle représentée par la famille d'Isaï (Ésaïe 11:1 et 10 ; cf, Romains 15:12 ; Apocalypse 5:5 ; 22:16 ; aussi Jérémie 23:5,6), la pierre de fondement assurant la stabilité de Sion(Ésaïe 28:16 ; cf. Psaumes 118:22 ; Matthieu 21:42 ; Actes 4:11 ; Romains 9:33 ; 10:11 ; Éphésiens 2:20 ; 1 Pierre 2:6-8), le berger de la maison d'Israël (Ésaïe 40:9-11 ; cf. Jean 10:11,14 ; Hébreux 13:20 ; 1 Pierre 2:25 ; 5:4 ; voir aussi Ézéchiel 34:23), la lumière du monde (Ésaïe 42:1 ; voir aussi 9:2 ; 49:6 ; 60:3 ; cf. Matthieu 4:14-16 ; Luc 2:32 ; Actes 13:47 ; 26:18 ; Éphésiens 5:8,14), pour le Gentil aussi bien que pour le Juif ; le Chef et Dominateur de son peuple(Ésaïe 55:4 ; cf. Jean 18:37). La même voix inspirée prédit l'avènement du précurseur qui crierait dans le désert : « Ouvrez le chemin de l'Éternel, nivelez dans la steppe une route pour notre Dieu » (Ésaïe 40:3 ; cf. Matthieu 3:3 ; Marc 1:3 ; Luc 3:4 ; Jean 1:23).

      Il fut permis à Ésaïe de lire dans le parchemin de l'avenir les nombreuses conditions spéciales qui accompagneraient l'humble vie et la mort expiatoire du Messie. Le prophète vit en lui quelqu'un qui serait méprisé et rejeté des hommes, un Homme de douleur, accoutumé à la souffrance, quelqu'un qui serait blessé et meurtri pour les transgressions du genre humain, sur qui serait placée notre iniquité à tous : un sacrifice patient et volontaire, silencieux dans l'affliction, comme un agneau amené à l'abattoir. La mort du Seigneur, avec des pécheurs, et son ensevelissement dans le tombeau du riche furent annoncés de même avec une certitude prophétique (Ésaïe, chapitre 53 ; cf. Actes 8:32-35).

      Jérémie reçut clairement la parole du Seigneur, déclarant la venue certaine du Roi qui assurerait la sécurité de Juda et d'Israël (Jérémie 23:5, 6 ; voir aussi 33:14-16) ; le Prince de la Maison de David, par l'intermédiaire duquel la promesse divine faite au fils d’Isaï serait réalisée (Jérémie 30:9) Ézéchiel (Ézéchiel 34:23 ; 37:24,25), Osée (Osée 11:11 ; cf. Matthieu 2:15et Michée (Michée 5:2 ; cf. Matthieu 2:6 ; Jean 7:42) prophétisèrent dans le même esprit. Zacharie s'arrêta au milieu d'une prédiction sinistre pour chanter le cantique joyeux d'actions de grâce et de louange en contemplant en vision la procession toute simple de l'entrée triomphale du Roi dans la ville de David (Zacharie 9:9 ; cf. Matthieu 21:4-9). Puis le prophète se lamenta sur la douleur de la nation frappée par sa conscience, par qui, comme il avait été prévu, le Sauveur de l'humanité serait percé, jusqu'à en mourir (Zacharie 12:10 ; cf. Jean 19:37) ; il montra que, une fois soumis par la contrition, son propre peuple demanderait : « Qu'est-ce que ces blessures que tu as aux mains ? », le Seigneur répondrait : « C'est dans la maison de ceux qui m'aimaient que j'ai été frappé » (Zacharie 13:6). Même le prix qui serait payé pour trahir le Christ et le livrer à la mort fut prédit comme dans une parabole (Zacharie 11:12,13 ; cf. Matthieu 26:15 ; 27:3-10).

      Il ne fait aucun doute que ces prédictions des prophètes de l'Ancien Testament concernaient Jésus-Christ et lui seul : le Seigneur ressuscité l'affirme lui-même. Il dit aux apôtres assemblés : « C'est là ce que je vous disais lorsque j'étais encore avec vous ; il fallait que s'accomplisse tout ce qui est écrit de moi dans la loi de Moïse, dans les prophètes et dans les psaumes. Alors il leur ouvrit l'intelligence pour comprendre les Écritures. Et il leur dit : Ainsi il est écrit que le Christ souffrirait, qu'il ressusciterait d'entre les morts le troisième jour » (Luc 24:44,46 ; voir aussi les versets 25 et 27).

      Jean-Baptiste, dont le ministère précéda immédiatement celui du Christ, proclama la venue de quelqu'un qui serait plus puissant que lui, de quelqu'un qui baptiserait du Saint-Esprit, et reconnut formellement Jésus de Nazareth comme étant ce quelqu'un, le Fils de Dieu, l'Agneau qui prendrait sur lui le fardeau des péchés du monde (Mathieu 3:11 ; Marc 1:8 ; Luc 3:16 ; Jean 1:15,26,27,29-36 ; voir aussi Actes 1:5, 8 ; 11:16 ; 19:4).

      Les prédictions que nous avons citées jusqu'à présent et qui ont trait à la vie, au ministère et à la mort du Seigneur Jésus sont les paroles prononcées par des prophètes qui, à l'exception d'Adam et d'Énoch, vécurent et moururent au Moyen-Orient. À l'exception de Jean-Baptiste, ils appartiennent tous à l’Ancien Testament, et Jean-Baptiste, contemporain du Christ dans la mortalité, apparaît dans les premiers chapitres des évangiles. Il est important de savoir que les Écritures des Amériques déclarent d'une manière tout aussi explicite la grande vérité que le Fils de Dieu naîtrait dans la chair. Le Livre de Mormon contient l'histoire d'une colonie d'Israélites, de la tribu de Joseph, qui quitta Jérusalem en 600 av. J.-C. durant le règne de Sédécias, roi de Juda, à la veille de la conquête de Juda par Nebucadnetsar et de la captivité babylonienne. Cette colonie fut conduite par la direction divine vers les Amériques, où elle s'accrut pour former un peuple nombreux et puissant ; toutefois, divisé par la dissension, celui-ci donna naissance à deux nations opposées, les Néphites et les Lamanites. Ceux-là cultivèrent les arts de l'industrie et du raffinement et conservèrent un document écrit contenant à la fois de l'histoire et des Écritures, tandis que ceux-ci dégénérèrent et s'avilirent. L’extinction des Néphites se produisit vers 400 ap. J.-C., mais les Lamanites continuèrent à exister dans leur état dégénéré. Leurs descendants sont aujourd'hui les Amérindiens.

      Dès leur début, et jusqu'à l'époque de la naissance de notre Seigneur, les annales néphites prédisent et promettent abondamment la venue du Christ ; et cette chronique est suivie d'un récit rapportant la visite en personne du Sauveur ressuscité aux Néphites et l'établissement de son Église parmi eux. Le Seigneur révéla à Léhi, chef de la colonie, l'époque, le lieu et la manière dont se produirait l'avènement alors futur du Christ, en même temps que beaucoup de faits importants de son ministère et l’œuvre préparatoire de Jean le précurseur. Cette révélation fut donnée tandis que le groupe voyageait dans le désert d'Arabie avant de traverser les grandes eaux.

      Voici comment Néphi, fils de Léhi et son successeur à l'appel prophétique, formule la prophétie : « Et aussi, que six cents ans après le départ de mon père de Jérusalem, le Seigneur Dieu susciterait un prophète parmi les juifs, même un Messie, ou, en d'autres termes, un Sauveur du monde. Et il leur parla aussi des prophètes, leur montrant combien était considérable le nombre de ceux qui avaient rendu témoignage de ce Messie, ou de ce Rédempteur du monde dont il avait parlé. Et que tout le genre humain était dans un état de chute et de perdition et le serait toujours, à moins qu'il n'ait recours à ce Rédempteur. Et il parla aussi d'un prophète qui devait précéder le Messie afin de préparer la voie du Seigneur. Et qui irait, criant dans le désert : Préparez la voie du Seigneur ; aplanissez ses sentiers, car il y en a un parmi vous que vous ne connaissez point ; et il est plus puissant que moi ; et je ne suis pas digne de délier la courroie de ses chaussures. Et mon père parla beaucoup de cela. Mon père dit que celui-là baptiserait à Béthabara, au-delà du Jourdain ; et il dit aussi qu'il baptiserait d'eau ; et même qu'il baptiserait d'eau le Messie. Et que lorsqu'il aurait baptisé d'eau le Messie, il verrait et rendrait témoignage d'avoir baptisé l'Agneau de Dieu, qui allait effacer les péchés du monde. Et lorsque mon père eut dit ces paroles, il parla à mes frères de l'Évangile qui serait prêché parmi les Juifs, et aussi de l'incrédulité dans laquelle les Juifs tomberaient. Et qu'ils tueraient le Messie qui devait venir, et qu'après avoir été tué, il ressusciterait d'entre les morts et se manifesterait par le Saint-Esprit aux Gentils » (1 Néphi 10:4-11, dans le Livre de Mormon).

      Néphi écrit encore plus tard, n'agissant plus en qualité de scribe de son père mais comme prophète et révélateur, héraut de la parole de Dieu qui lui a été révélée. Il lui permit d'avoir une vision et d'exposer à son peuple les circonstances de la naissance du Messie, son baptême par Jean et le ministère du Saint-Esprit avec le signe de la colombe qui l'accompagnerait ; il vit notre Seigneur parmi le peuple, comme un Maître de justice, guérissant les affligés et réprimandant les esprits du mal ; il vit et rapporta les scènes terribles du Calvaire ; il vit et prédit l'appel des douze élus, les apôtres de l'Agneau, car c'est ainsi que les nommait celui qui lui accordait cette vision. Il parla en outre de l'iniquité des Juifs, qu'il vit en conflit avec les apôtres ; et ainsi prend fin cette importante prophétie : « Et l'ange du Seigneur me parla de nouveau, disant : C'est ainsi que seront détruites toutes les nations, toutes les familles, langues et peuples qui combattront les douze apôtres de l'Agneau » (1 Néphi chapitres 11 et 12 ; voir aussi 19:10). Peu après la défection qui établit la distinction entre les Néphites et les Lamanites, Jacob, frère de Néphi, poursuivit la lignée prophétique en assurant que le Messie viendrait, précisant que son ministère se situerait à Jérusalem et affirmant que sa mort expiatoire était nécessaire, c'était le moyen prévu pour racheter les hommes (2 Néphi 9:5,6 ; 10:3 ; voir aussi la prophétie de  2 Néphi 25:12-14 ; et chapitre 26). Le prophète Abinadi, dénonçant hardiment les péchés du méchant roi Noé, prêcha à propos du Christ qui devait venir (Mosiah 13:33-35 ; 15:1-13) ; et Benjamin, le juste, qui était à la fois prophète et roi, proclama la même vérité à son peuple vers 125 av. J.-C. C'est ce qu'enseigna encore Alma (Alma 39:15 ; 40:1-3) dans son exhortation inspirée à son fils dépravé, Corianton ; et c'est ce que fit également Amulek (Alma 11:31-44) dans sa querelle avec Zeezrom. Le prophète lamanite, Samuel, proclama la même chose, cinq ans seulement avant que l'événement même ne se produisît ; en outre, il précisa les signes qui révéleraient aux peuples des Amériques la naissance de Jésus en Judée. Il dit : « Voici, je vous donne un signe ; encore cinq ans, et voici, le Fils de Dieu vient racheter tous ceux qui croiront à son nom. Et voici, je vous donnerai ceci comme signe au moment de sa venue ; car voici, il y aura de grandes lumières dans les cieux, au point que la nuit qui précédera sa venue, il n'y aura pas de ténèbres, en sorte qu'il semblera à l'homme qu'il fait jour. C'est pourquoi, il y aura un jour, une nuit et un jour, comme si c'était un jour sans nuit ; et ce sera pour vous un signe ; car vous verrez le lever du soleil et son coucher ; c'est pourquoi, on saura avec certitude qu'il y aura deux jours et une nuit ; néanmoins, la nuit ne sera pas assombrie ; et ce sera la nuit qui précédera sa naissance. Et voici, une nouvelle étoile se lèvera, telle que vous n'en avez jamais vue, et cela aussi vous sera un signe. Et voici, ce n'est pas tout, il y aura beaucoup de signes et de prodiges dans le ciel » (Hélaman 14:1-6 ; cf. 3 Néphi 1:4-21).

      Ainsi donc les Écritures de l'ancien et du nouveau monde et à toutes les époques préchrétiennes témoignèrent solennellement que l'avènement du Messie était certain ; c'est ainsi que les saints prophètes de jadis proclamèrent la parole de la révélation prédisant la venue du Roi et du Seigneur du monde, par qui seul la révélation est donnée, et la rédemption de la mort assurée. Il est caractéristique des prophètes envoyés de Dieu qu'ils possèdent et proclament l'assurance personnelle concernant le Christ, car « le témoignage de Jésus est l'esprit de la prophétie »(Apocalypse 19:10). Jamais aucune parole de la prophétie inspirée relative au grand événement ne s'est avérée vaine. L’accomplissement littéral des prédictions atteste amplement que leur origine se trouve dans la révélation divine et prouve de manière concluante la divinité de celui dont la venue fut prédite si abondamment.



Source : James E. Talmage, Jesus the Christ, Salt Lake City, 1915 

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