Comme nous pardonnons
à ceux qui nous ont offensés
Spencer W. Kimball
Membre du collège des Douze de 1943 à 1970
Président suppléant du collège des Douze de 1970 à 1972
Président du collège des Douze de 1972 à 1973
Président de l’Église de 1973 à 1985
Un message d'enseignement de paroisse nous dit ceci :
« On peut dire sans risque de se tromper que rien de ce que Jésus a fait ne lui a apporté plus de joie que de pardonner à ses semblables. Il a donné sa vie même pour que la transgression d'Adam soit pardonnée et que nous nous en voyions épargner les conséquences. Que chacun réfléchisse à son passé et se souvienne du moment où il a pardonné à quelqu'un. Y a-t-il une joie qui ait été plus grande pour lui ? Y a-t-il un sentiment qui ait été plus élevant ? Les sentiments destructeurs de petitesse, de mesquinerie et de haine ou l'aspiration à la vengeance sont chassés par l'attitude de pardon. Le pardon vaut mieux que la vengeance, car il est le signe d'une nature douce, alors que la vengeance est le signe d'une nature sauvage[1]. »
Le grand Abraham Lincoln comprenait ce principe mieux que la plupart des gens. Il avait la réponse à beaucoup de problèmes. Son ministre de la Guerre, Edwin Stanton, était un de ses problèmes. Edwin Stanton écrivit une lettre violente à un général qui l'avait insulté et l'avait accusé de favoritisme. Il lut la lettre à Lincoln qui écouta et s'exclama ensuite : « Excellent, Stanton, vous l'avez touché en plein dans le mille ! »
Comme Stanton remettait la lettre dans son enveloppe, Lincoln demanda vivement : « Eh là, qu'est-ce que vous allez en faire maintenant ? »
« La lui envoyer. »
« Non, non, cela gâcherait tout, répondit Lincoln. Classez-la. C'est le genre de classement qui la garde fraîche et ne blesse pas l'autre. »
Paul et Étienne pardonnaient à leurs ennemis
Savoir pardonner est le signe de la vraie grandeur. Voyez la vie de Paul. Bien qu'il n'ait pas été parfait, il fut, après sa conversion, un homme extrêmement juste. Il nous a donné un bel exemple de pardon. Il dit :
« Alexandre, le forgeron, m'a fait beaucoup de mal. Le Seigneur lui rendra selon ses œuvres » (2 Timothée 4:14).
Paul était disposé à laisser le jugement et le châtiment au Seigneur qui serait sage et juste. Malgré tout ce qu'il avait souffert de la part de ses oppresseurs, dont certains étaient des faux frères, il n'était pas consumé de haine ou de rancune. Tout au contraire.
Aux Corinthiens, il recommanda les traits de caractère mêmes qu'il avait si pleinement développés en lui (2 Cor. 11:23-28). Nous voyons ici le noble Paul qui avait beaucoup souffert aux mains de ses contemporains ; Paul qui avait été roué de coups, qui avait subi l'incarcération dans de nombreuses prisons ; Paul qui avait reçu deux cents coups de fouet sur le dos, qui avait été battu de verges, Paul qui avait été lapidé et laissé pour mort et qui à trois reprises avait fait naufrage et avait lutté plusieurs heures dans l'eau ; Paul qui avait souffert des voleurs, avait été caché à ses poursuivants et s'était échappé dans un panier par-dessus le mur ; ce Paul qui avait tellement souffert à cause des autres arriva vers la fin de sa vie disposé à pardonner et dit :
« Dans ma première défense, personne ne m'a assisté, mais tous m'ont abandonné.Que cela ne leur soit point imputé ! » (2 Timothée 4:16).
Étienne fut lui aussi un exemple de la nature divine du pardon. L'un des sept hommes choisis pour l’œuvre temporelle de l'Église, c'était un homme ‘plein de foi et d'esprit saint’. Sa vie était à tel point proche de la perfection, que pour beaucoup« son visage... parut comme celui d'un ange » (Actes 6:15). Après le sermon cinglant qu'il adressa à ses antagonistes, les méchants de l'endroit, il fut victime d'un assassinat expéditif et pervers commis par des hommes qui se précipitèrent sur lui,
« … le traînèrent hors de la ville et le lapidèrent. Les témoins déposèrent leurs vêtements aux pieds d'un jeune homme nommé Saul. Et ils lapidaient Étienne, qui priait et disait : Seigneur Jésus, reçois mon esprit ! Puis, s'étant mis à genoux, il s'écria d'une voix forte : Seigneur ne leur impute pas ce péché ! Et, après ces paroles, il s'endormit » (Actes 7:58-60).
Le grand exemple de Jésus
Nous avons l'exemple suprême de force d'âme, de bonté, de charité et de pardon chez celui qui fut le modèle parfait, notre Sauveur Jésus-Christ, qui nous commande à tous de le suivre. Toute sa vie il avait été victime de la méchanceté. Nouveau-né, on l'avait caché sur l'ordre d'un ange apparu en songe pour lui sauver la vie et il avait été emmené en Égypte. À la fin de sa vie mouvementée, il avait fait preuve d'une dignité silencieuse, pleine de retenue et divine pendant que des hommes méchants lui couvraient le visage d'abominables crachats chargés de germes de maladies. Quelle horreur ! Mais quel calme il manifesta ! Quelle maîtrise de soi !
Ils le poussèrent çà et là, le bousculèrent et le tourmentèrent. Pas un mot de colère n'échappa à ses lèvres. Quel maîtrise de soi ! Ils le giflèrent et le frappèrent. Quelle humiliation ! Comme ce dut être douloureux ! Et cependant il demeura résolu, ne se laissant pas intimider. Il suivit littéralement sa propre exhortation quand il tourna l'autre joue pour qu'on pût la gifler et la frapper, elle aussi.
Ses propres disciples l'avaient abandonné et s'étaient enfuis. C'est dans cette position difficile qu'il affronta la canaille et ses dirigeants. Il resta seul à la merci de ses assaillants et de ses détracteurs brutaux et criminels.
Les mots sont, eux aussi, difficiles à accepter. Les accusations, les récriminations et leurs blasphèmes contre les choses, les personnes, les lieux, les situations qui lui étaient sacrés, durent être difficiles à accepter. Ils traitèrent sa douce et innocente mère de fornicatrice, et cependant il tint bon, ne bronchant jamais. Pas de révolte, pas de protestation, pas de réfutation. Quand de faux témoins mercenaires furent payés pour mentir à son propos, il parut ne pas les condamner.
Ils déformèrent ses paroles et interprétèrent faussement ses intentions, et cependant il demeura calme et impassible. Ne lui avait-il pas été enseigné de prier pour ceux ‘qui vous maltraitent’ ?
Il fut battu, officiellement flagellé. On lui fit porter une couronne d'épines, torture perverse. On se moqua de lui et on le railla. Il subit toutes les indignités de la part de son propre peuple. « Je suis venu chez les miens, et les miens ne m'ont point reçu », dit-il. Il dut porter sa propre croix, fut emmené au calvaire, cloué sur une croix et subit des souffrances atroces. Finalement, alors que les soldats et ses accusateurs étaient au-dessous de lui, il regarda les soldats romains et dit ces paroles immortelles :
« Père, pardonne-leur car ils ne savent ce qu'ils font » (Luc 23:34).
Nous devons pardonner en toutes circonstances
Il aurait été facile à Paul, à Étienne et à Jésus d'être vindicatifs, je veux dire s'ils n'avaient pas assidûment cultivé l'esprit de pardon. La vengeance est une réaction de l'homme charnel et non de l'homme spirituel. Elle entre dans notre vie quand nous le lui permettons par des malentendus et des offenses.
À l'époque moderne, le Seigneur a parlé explicitement de ce sujet et a fait une déclaration qui est surprenante par ce qu'elle implique. On la trouve dans Doctrine et Alliances, section 64. Je n'oublierai jamais cette Écriture, car elle est venue à moi d’une manière qui m'a semblé miraculeuse.
Je me débattais avec un problème communautaire dans une petite paroisse de l'Est où deux hommes importants, des dirigeants, étaient empêtrés dans un long et impitoyable conflit. Un malentendu les avait séparés, et ils se haïssaient. Au fil des jours, des semaines et des mois, la rupture n'avait cessé de s'aggraver. Les familles de chacun des adversaires commencèrent à prendre parti et finalement presque tous les membres de la paroisse furent impliqués. Les rumeurs se répandirent, des différends furent dévoilés et le commérage se déchaîna, au point que la petite communauté était divisée par un gouffre profond. Je fus envoyé régler l'affaire. Après une longue conférence de pieu qui dura presque deux jours, j'arrivai le dimanche vers six heures du soir dans cette communauté frustrée et me réunis immédiatement avec les principaux belligérants.
Comme nous luttâmes ! Comme je suppliai, mis en garde, priai et exhortai ! Rien ne paraissait les émouvoir. Chaque antagoniste était si sûr d'avoir raison et d'être justifié, qu'il était impossible de le faire bouger.
Les heures passaient - il était maintenant bien plus de minuit, et le désespoir semblait envelopper l'endroit ; l'atmosphère était toujours une atmosphère de mauvaise humeur et d'agressivité. La résistance entêtée ne voulait pas céder. C'est alors que l'événement se produisit. J'ouvris de nouveau Doctrine et Alliances au hasard et je tombai sur ce passage. Je l'avais lu bien des fois dans les années précédentes et il n'avait pas eu alors de signification spéciale. Mais ce soir-là, c'était la réponse qu'il me fallait. C'était un appel, une supplication et une menace et elle semblait venir directement du Seigneur. Je lus à partir du verset 7, mais les participants querelleurs ne bougèrent pas d'un pouce jusqu'au moment où j'arrivai au verset 9. Alors je les vis fléchir, surpris, méditatifs. Se pouvait-il que ce fût juste ? Le Seigneur nous disait à nous tous « c'est pourquoi, je vous dis que vous devez vous pardonner les uns aux autres ».
C'était une obligation. Ils l'avaient déjà entendue. Mais ensuite « ... car celui qui ne pardonne pas à son frère ses offenses est condamné devant le Seigneur... »
Dans leur cœur, ils s'étaient peut-être dit : « Eh bien, je pourrais pardonner s'il se repent et demande pardon, mais il doit faire le premier pas. » Alors ils semblèrent touchés par l'impact de la dernière ligne : « car c'est en lui que reste le plus grand péché. »
Comment ? Cela veut-il dire que je doive pardonner, même si mon antagoniste reste froid, indifférent et méchant ? Ceci est clair et net.
On commet souvent l'erreur de penser que l'offenseur doit s'excuser et s'humilier dans la poussière avant que le pardon soit requis. Assurément celui qui fait le mal doit réparer totalement, mais l'offensé, lui, doit pardonner à l'offenseur quelle que soit l'attitude de l'autre. Parfois les hommes trouvent de la satisfaction à voir l'adversaire à genoux, rampant dans la poussière, mais ce n'est pas la façon de faire de l'Évangile.
Secoués, les deux hommes se redressèrent sur leur chaise, écoutèrent, réfléchirent un instant, puis commencèrent à céder. Cette Écriture, s'ajoutant à toutes celles qui avaient été lues, les fit mettre à genoux. À deux heures du matin, les deux adversaires jurés se serraient la main, souriant, pardonnant et demandant pardon. Les deux hommes s’étreignaient, geste qui en disait long. En cette heure sainte, les vieux griefs étaient pardonnés et oubliés, et les ennemis redevenaient des amis. Plus jamais il ne fut fait allusion aux différends. Les ombres étaient chassées et chassées pour de bon et la paix était revenue.
À cet égard, on peut appliquer maintenant, comme à l'époque, l'exhortation de Joseph F. Smith, faite en 1902 :
« Nous espérons de tout cœur que vous... vous pardonnerez et que dorénavant... vous ne garderez pas rancune à un de vos semblables. Il est extrêmement préjudiciable à un homme qui détient le don du Saint-Esprit de nourrir un esprit d'envie, de rancune, de représailles ou d'intolérance vis-à-vis de son prochain. Nous devons dire dans notre cœur « Que Dieu juge entre moi et toi, quant à moi je te pardonne. » Je tiens à vous dire que les saints des derniers jours qui nourrissent de la rancune sont plus condamnables que celui qui a péché contre eux. Rentrez chez vous et chassez de votre cœur l'envie et la haine, liquidez le sentiment de rancune et cultivez dans votre âme l'esprit du Christ qui s’est écrié sur la croix : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font. » Tel est l'esprit que les saints des derniers jours doivent posséder tout au long du jour. »
Oui, pour être dans notre bon droit, nous devons pardonner, et nous devons le faire sans nous occuper de savoir si notre antagoniste se repent ou non, ni si sa transformation est sincère, ni s'il demande ou non notre pardon. Nous devons suivre l'exemple et l'enseignement du Maître, qui disait : « ... vous devriez dire en votre cœur - Que Dieu juge entre moi et toi, et te récompense selon tes actes » (D&A 64:11). Mais les hommes sont souvent peu disposés à laisser les choses au Seigneur, craignant peut-être que le Seigneur ne soit trop miséricordieux, moins sévère qu'il ne le faut dans le cas en question. En ceci, nous devons toujours tirer une leçon du grand David.
Quand il était poursuivi pour être tué par le roi Saül qui était jaloux de lui, et qu'il eut une occasion de le tuer facilement, le jeune et pur David s'abstint de se débarrasser de son ennemi. Il coupa le bord du manteau de Saül pour prouver au roi qu'il avait été à sa merci. Il dit plus tard à Saül :
« Je n'ai point péché contre toi. Et toi, tu me dresses des embûches, pour m'ôter la vie ! L'Éternel sera juge entre moi et toi, et l'Éternel me vengera de toi ; mais je ne porterai point la main sur toi. Des méchants vient la méchanceté » ( 1 Samuel 24:11-13).
Et Saül, quand il se rendit compte combien il avait été impuissant quand il était à la merci de David, répondit :
« Tu es plus juste que moi ; car tu m'as fait du bien, et moi je t'ai fait du mal » (1 Sam. 24:18).
Une des plus belles montagnes du monde, située dans le parc national de Jasper au Canada a reçu le nom d'Edith CaveIl, une infirmière qui fut exécutée par ses ennemis pour avoir caché, soigné et nourri des soldats blessés. Quand elle se trouva devant le peloton d'exécution, elle prononça ces paroles immortelles, qui sont maintenant préservées dans le bronze et le granit :
« Je sais que le patriotisme ne suffit pas. Je ne dois avoir ni haine ni rancune contre qui que ce soit. »
Le pardon suprême
Parfois l'esprit de pardon est porté jusqu'aux sommets les plus sublimes : aider l'offenseur. Ne pas se venger, ne pas rechercher ce que la justice outragée pourrait exiger, mais laisser l'offenseur entre les mains de Dieu : cela est admirable. Mais rendre le bien pour le mal, c'est l'expression sublime de l'amour chrétien.
Nous avons à cet égard l'exemple stimulant de George Albert Smith. On lui fit dire que quelqu'un avait volé la bâche de son buggy. Au lieu de se fâcher, il répondit : « Dommage que nous ne savions pas qui c'était, car nous aurions pu aussi lui donner la couverture, car il devait avoir froid, et aussi de la nourriture, car il devait avoir faim. »
Ceci me rappelle l'histoire classique de Jean Valjean dans l’œuvre immortelle de Victor Hugo « Les Misérables ». Henry D. Moyle a résumé ce passage pour nous dans son discours rapporté dans l'lmprovement Era de novembre 1957 :
« La description que Victor Hugo nous fait de Jean Valjean après dix-neuf ans de peine aux galères est inoubliable. Son premier délit avait été de voler un pain pour nourrir la famille affamée de sa mère. À ce moment-là, il n'était qu'un petit garçon. Quand il fut libéré de prison, lorsque tous les autres l'eurent rejeté comme ancien bagnard méprisé, il trouva finalement un ami en l'évêque M. Beauvian. Cet évêque traira Jean Valjean avec beaucoup de bonté et de générosité. Il lui fit confiance et lui donna nourriture et logement. Jean Valjean, incapable de surmonter les impulsions mauvaises entretenues pendant ces années de prison, récompensa l'évêque en lui volant son argenterie qui se composait de beaucoup de reliques de famille sans prix. Il fût peu après appréhendé par les gendarmes et ramené avec, dans son sac, le trésor de l'évêque. L'évêque pardonna à Jean Valjean et, au lieu de l'accuser de ce lâche acte d'ingratitude, lui dit à l'instant : « Vous avez oublié les chandeliers », et, les donnant à Jean Valjean, lui dit qu'ils étaient aussi en argent. Lorsque les policiers furent partis, l'évêque dit à l'ancien bagnard : « Jean Valjean, mon frère, tu n'appartiens plus au mal mais au bien... je la tirerai (son âme) des pensées ténébreuses et de l'esprit de perdition... »
Cet acte de pardon de la part d'un homme dont les biens avaient été volés éveilla les vertus latentes de Jean. Elles étaient restées dix-neuf ans en veilleuse. Même son long séjour aux galères ne pouvait détruire le désir inhérent chez cet homme, de faire du bien. L'un de ses tout premiers actes après le saint geste de l'évêque fut de se faire l'ami d'une petite fille aux cheveux blonds appelée Cosette qui se trouvait dans une grande détresse. La description finale de Jean Valjean par l'auteur montre la profonde transformation qui s'était effectuée dans la personnalité de ce malheureux. Cosette termina la réforme de la vie de cet homme qu’avait commencée l'évêque. Victor Hugo écrit : « L'évêque avait fait paraître l'aube de la vertu sur son horizon, Cosette évoquait l'aube de l'amour. »
Après une vie remplie de charité, de pardon et d'autres bonnes actions, Jean Valjean sacrifia sa vie même pour le bonheur et le bien-être de Cosette et de son mari. Dans la dernière lettre qu'il lui écrivit, il dit :
« J'écris maintenant à Cosette. Elle trouvera ma lettre. Je lui lègue les deux chandeliers qui sont sur le manteau de la cheminée. Ils sont en argent, mais pour moi, ils sont comme de l'or. Ce sont des diamants... je ne sais pas si celui qui me les a donnés est content de moi... j'ai fait ce que je pouvais. »
Un geste de pardon complet avait entièrement changé la vie de cet ancien bagnard. Pendant toute sa vie, il fut pourchassé et connut l'humiliation et la dégradation presque au-delà de ce qu'un homme peut endurer. Les gendarmes recherchaient constamment des raisons mesquines de le remettre en prison. Néanmoins il réussit à respecter le deuxième grand commandement pendant toutes les années qui lui restaient à vivre. Il avait de nouveau reconquis les qualités de vertu, d'amour et de pardon qu'il exerça consciencieusement par la suite envers ceux qui le poursuivaient et le persécutaient.
Nous voyons aussi dans l'histoire de la vie de Jean Valjean à quel point il se repentit vite après avoir été pardonné par l'homme à qui il avait fait du tort. Par la suite il produisit du fruit digne du repentir.
On peut le faire
Un homme s'aperçut qu’il avait une grosseur suspecte qui présageait des ennuis graves. Quand le médecin eut fait une biopsie et constaté que la grosseur était maligne, l'homme prit les dispositions nécessaires à l'hôpital pour une intervention chirurgicale radicale. Quand il apprit la vérité - c'est-à-dire que sa vie était en jeu - ce brave homme eut d'abord un mouvement de recul, puis se résigna, se détendit et sourit en disant au médecin :
« Avant d'aller à l'hôpital, docteur, il y a quatre choses que je n'ai pas encore terminées. Tout d'abord, je veux vérifier mes polices d'assurance et mes titres ; deuxièmement, je vais régler toutes mes obligations financières ; troisièmement, je vais revérifier mon testament et quatrièmement, je vais aller voir BilI et lui demander pardon pour les choses déplaisantes que j'ai dites à son sujet, lui demander pardon pour la rancune que j'ai longtemps entretenue contre lui. Alors je serai prêt à aller à l'hôpital et au tombeau, si c'est nécessaire. »
Dans le contexte de l'esprit de pardon, un bon frère m'a demandé « Oui c'est cela qu'il faudrait faire, mais comment s'y prendre ? Ne faut-il pas être un surhomme ? »
« Oui, dis-je, mais il nous est commandé d'être des surhommes. Le Seigneur a dit :« Soyez donc parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Matt. 5:48). Nous sommes des dieux en embryon, et le Seigneur exige de nous la perfection. »
« Oui, le Christ a pardonné à ceux qui lui ont fait du mal, mais il était plus qu'humain », répliqua-t-il. Et je répondis : « Mais il y a beaucoup d'humains qui ont réussi à faire cette chose divine. »
Il y en a apparemment beaucoup qui, comme ce brave frère, entretiennent la théorie confortable que l'esprit de pardon, tel qu'il se révèle dans les exemples que j'ai cités, est plus ou moins le monopole de personnages des Écritures ou de roman et qu'on ne peut guère l'attendre de la part de gens réels dans le monde d'aujourd'hui. Tel n'est pas le cas. Que l'esprit de pardon peut être acquis aujourd'hui est démontré par les récits qui suivent, dans lesquels, on le remarquera, la provocation était, dans la plupart des cas, beaucoup plus grande que ce que nous rencontrons pour la plupart d'entre nous.
On peut surmonter la haine et la rancune
Voici les récits de certains contemporains qui se sont élevés à de grands sommets de maîtrise de soi, par contraste avec les nombreuses personnes qui nourrissent de la rancune pour des torts réels ou imaginaires. Parfois les personnes lésées puisent du courage et de la force auprès d'autres personnes qui ont eu de grandes épreuves et qui, malgré tout, ont enduré. Telle est l'expérience de Mme Ruby Spilsburg Brown, d'EI Paso (Texas) et de son mari George, maintenant décédé, qui perdirent leur fils pendant la Deuxième Guerre mondiale, s'aigrirent à cause de cet événement et tinrent rancune aux Japonais. Dans leur épreuve ils puisèrent beaucoup de courage dans l'histoire de Glenn Kempton qui est racontée plus loin dans ce chapitre, et peut-être beaucoup de lecteurs seront-ils fortifiés en apprenant que d'autres personnes ont de grandes épreuves, et en sortent grandies.
Voici l'histoire de Robert Brown, telle qu'elle est racontée par sa mère :
« Notre fils, Bobby, fut fait prisonnier par les Japonais au moment de la chute de Bataan en avril 1941 et échappa ainsi à l'infâme Marche de la Mort. Il arriva au camp de prisonniers de Cabanatuan avant le reste des troupes et resta près de la clôture pendant qu'ils entraient lentement. Il en manquait beaucoup parmi eux, d'autres étaient gravement blessés et tous étaient pitoyablement affamés et affaiblis. Rien d'étonnant à ce qu'en les voyant, il pleurât toutes les larmes de son corps.
« En octobre 1940 Bobby s'était engagé dans la garde nationale du Nouveau Mexique et fut appelé sous les drapeaux en janvier 1941. Lorsque son unité partit à la fin du mois d'août pour des lieux inconnus, il était devenu sergent-major ; en janvier 1942 il reçut une mission de combat comme premier lieutenant et fut placé à la tête de la section de ravitaillement.
« Pendant dix-neuf mois, le Ministère de la Guerre ne nous fit donner aucune autre nouvelle que le bref ‘Disparu au combat’. Au cours des deux ans et demi pendant lesquels il fût dans les camps de prisonniers, nous ne reçûmes que cinq messages de lui. Ils étaient très brefs, écrits sur des cartes postales, imprimées d'avance comportant des vides que l'expéditeur devait remplir. Elles étaient signées par notre fils, mais fortement censurées. C'était du moins son écriture et comme nous les chérissions ! Le reste de l'histoire nous l'apprîmes par bribes par ses camarades qui vinrent nous voir lorsqu'ils rentrèrent après l'armistice.
« Bobby fut envoyé dans l'île de Mindanao, aux Philippines, où les garçons furent mis au travail dans les champs de riz et les élevages de poules. On nous dit que là nos garçons, pour pouvoir rester en vie, étaient contraints de prendre de la nourriture partout où ils pouvaient en trouver. On tuait une poule malade pour empêcher le reste d'être infecté, et des oeufs remplaçaient l'eau dans leur gourde. Ces ruses fournissaient un peu de nourriture supplémentaire pour leurs corps émaciés. Bobby apprit à les rouler à leur propre jeu et put utiliser sa ruse et ses capacités pour le bien de ses hommes éprouvés.
« Le major Bob Davey, de Sait Lake City, dit qu'il entendit chanter dans la jungle voisine et pouvait à peine en croire ses oreilles, car le cantique était ‘Un ange saint de Dieu’. Sautant au bas de son lit, il se fraya un chemin à travers les sous-bois de la jungle jusqu'à une petite clairière où une poignée de prisonniers de guerre mormons, à moitié morts de faim et en guenilles, étaient rassemblés pour adorer le Seigneur, et notre Bobby dirigeait la musique. Le major Davey nous a raconté beaucoup de choses sur Bobby, notamment qu'il avait appris à comprendre le japonais et pouvait ainsi aider beaucoup de ses copains qui ne pouvaient comprendre les ordres des gardes. Ceci leur épargna beaucoup de coups brutaux.
« En septembre 1944, sept cent cinquante environ de nos garçons furent chargés dans un navire sans identification pour être envoyés au Japon. À peine sorti de l'île, le bateau fût torpillé par notre Navy qui fit un grand trou dans le bateau.
« Les hommes qui étaient dans la cale du bateau se précipitèrent pour se mettre en sécurité, mais les Japonais tournèrent leurs mitrailleuses contre eux. Bobby et le médecin de la compagnie intercédèrent, suppliant les Japonais de leur donner une possibilité de s'échapper sans être massacrés, car ils n'étaient qu'à quelques milles au large de la baie de Zamboaga. La dernière fois que l'on avait vu Bobby vivant, c'était quand lui et le médecin avaient sauté dans l'eau pour aider quelques-uns des garçons qui avaient été gravement blessés. Ils essayaient de rester à flot en s'accrochant à des débris et en tentant d'aider les blessés. Quand Bobby leur cria à tous de plonger pour échapper aux mitrailleuses, tous plongèrent, mais il ne fût pas parmi ceux qui remontèrent.
« Pendant bien des années, George, mon mari maintenant décédé, fut Deputy Marshal des États-Unis et eut à s'occuper de centaines de prisonniers fédéraux. Parmi ceux-ci, il y avait beaucoup de Japonais qui étaient considérés comme espions. Nous avions, lui et moi, laissé la haine grandir dans notre cœur, car nous estimions que tous les Japonais que nous voyions étaient un peu responsables des souffrances et de la mort de Bobby. Sachant cela, notre juge fédéral A. E. Thomason, par déférence pour nos sentiments, fit appel à d'autres policiers pour s'occuper des prisonniers de cette nationalité. Nos sentiments de rancune commencèrent à affecter notre famille et, conscients de cela, nous priâmes pour être aidés à surmonter cette situation. C'est alors que frère Kempton, membre de notre grand conseil de pieu, raconta comment il avait surmonté sa rancune et sa haine pour les hommes qui étaient responsables de la mort de son père. Après avoir entendu son histoire, qui ressemblait beaucoup à notre propre triste histoire, George et moi estimâmes que si Glenn Kempton pouvait se maîtriser et contrôler ses sentiments, nous pouvions le faire, nous aussi. Nous fîmes de plus grands efforts par la prière et le jeûne pour recevoir l'aide de Dieu et nous nous rendîmes compte que le Seigneur peut consoler les cœurs remplis de rancune et de haine.
« C'est alors que vous, frère Kimball, êtes aussi venu à El Paso ; nous avons soigneusement écouté vos conseils et vous nous avez fait comprendre que pour que le Seigneur puisse consoler notre cœur brisé, il fallait tout d'abord que nous en expulsions la haine et la rancune. Par le jeûne, la prière et la volonté, nous pûmes expulser ces sentiments. Le Seigneur vint à notre aide.
« Plus tard les membres de notre famille et quelques amis intimes se réunirent dans le bureau du commandant de Fort Bliss. On y remit à titre posthume les médailles de Bobby, parmi lesquelles il y avait deux cœurs de pourpre et la fameuse Étoile de Bronze, cinq en tout. »
Sœur Brown raconte ensuite comment une certaine consolation lui fut apportée, à elle et à son mari, concernant la mort de Bobby quand ils virent quelques-unes des épaves de corps et d'esprit qui parvinrent à rentrer chez elles, et quand ils reconnurent qu'il y a beaucoup de choses qui sont pires que la mort, surtout quand cette mort survient chez un digne détenteur de la prêtrise qui va dans l'éternité, pur et exempt des péchés du monde.
L'histoire de Kempton
Mon souvenir me ramène à 1918 et à une autre histoire de pardon qui, à ma connaissance, a rarement trouvé son égale. Elle concerne mon bon ami Glenn Kempton, qui s'éleva à des sommets spirituels que l'homme mortel n'atteint pas souvent.
En février 1918, dans le Sud de l'Arizona, se produisit une des tragédies les plus sensationnelles de l'histoire de cet État. Quatre représentants de la loi s'en allèrent dans les repaires des montagnes pour obliger les garçons Powers à obéir à la loi du service militaire car ils ne s'étaient pas inscrits. Trois des quatre officiers furent tués. Je me souviens bien de l'enterrement, des trois cercueils recouverts du drapeau des États-Unis et des trois jeunes veuves avec leurs dix-neuf enfants orphelins assis aux premiers rangs. Connaissant intimement les familles, la communauté tout entière de la Gila Valley était profondément émue.
Nous vîmes les jeunes veuves traverser péniblement les années dans leur solitude, élevant la presque vingtaine d'enfants qu'elles avaient. Nous vîmes les jeunes devenir adultes et éminents dans la communauté, tandis que Sisson et les garçons Powers passaient de longues années désolées dans le pénitencier de l'État.
Lorsque la tuerie de Kilburn Canyon fut terminée, « Sisson et les garçons Powers s'enfuirent et pendant vingt-six jours esquivèrent un détachement de police de trois mille hommes, comprenant environ deux cents hommes de la cavalerie[2]. »
Les journaux de l'Arizona portaient d'énormes manchettes. L'excitation était à son comble. Le pays tout entier était enfiévré. Les hommes se rendirent le 8 mars 1918 à vingt-deux kilomètres au sud de la frontière du Mexique. Ils furent jugés, reconnus coupables et condamnés à la détention à vie dans le pénitencier d'Arizona.
Quarante-deux années impitoyables et sans fin s'étaient écoulées. Sisson était mort trois ans auparavant. Les garçons Powers, maintenant des hommes âgés, furent libérés en avril 1960 par le gouverneur de l'Arizona et sortirent sur « ... leurs jambes encore arquées dans la parenthèse des cavaliers, leurs cheveux plus rares devenus gris. Chacun avait perdu l’œil gauche dans le combat[3] ».
Notre intérêt pour cette histoire tragique tient maintenant à ce grand homme, Glenn Kempton, l’un des dix-neuf orphelins de 1918 qui eut la grandeur de pardonner. Il grandit privé de père et fut soumis aux préjugés, aux haines et aux rancunes habituels qui entourent naturellement un jeune garçon dans une telle situation. Il a eu la gentillesse de me raconter l'histoire telle qu'il l'a vécue :
« Cela arriva le 10 février 1918, là-haut dans les forteresses des montagnes Galiuro, dans le sud de l'Arizona. C'était une aube froide et grise, le ciel était couvert, et la neige tombait doucement, quand mon père fût abattu par derrière. Deux autres représentants de la loi perdirent aussi la vie dans la rafale qui sortit de la petite forteresse en rondins dans laquelle les réfractaires s'étaient réfugiés.
« Après avoir prudemment attendu dix ou quinze minutes, ils sortirent pour contempler les restes de leur affreux travail. S'étant assurés qu'ils avaient tué tout le monde, ils portèrent leur père, qui avait reçu une blessure mortelle, dans un tunnel proche, le couvrirent d'une vieille couverture et firent savoir à un fermier voisin qu'il devait s'occuper de lui, sellèrent leurs chevaux et se dirigèrent vers le sud. Destination l'ancien Mexique !
« Il s'ensuivit alors une des plus grandes chasses à l'homme de l'histoire du Sud-Ouest. Les réfractaires furent finalement rattrapés et arrêtés près de la frontière du Mexique. Ils furent jugés, reconnus coupables de meurtre et condamnés à la détention a vie.
« J'étais un jeune adolescent à l'époque et il naquit dans mon cœur une rancune et une haine vis-à-vis de celui qui avait confessé avoir assassiné mon père, car Tom Powers avait reconnu avoir tué papa.
« Les années passèrent rapidement ; je grandis, mais ce lourd sentiment demeurait quand même en moi. Je terminai mes études au lycée, et je reçus alors un appel pour partir comme missionnaire dans la mission des Etats de l'Est. Là, ma connaissance et mon témoignage de l'Évangile grandirent rapidement, et je consacrai tout mon temps à l'étudier et à le prêcher. Un jour que je lisais le Nouveau Testament, je tombai sur Matthieu, chapitre 5, versets 43 à 45 où Jésus disait :
« Vous avez appris qu'il a été dit : Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux... »
« C'était là les paroles du Sauveur disant que nous devons pardonner. Cela s'appliquait à moi. Je relus ces versets maintes et maintes fois, et cela signifiait toujours que je devais pardonner. Peu de temps après, je trouvai à la soixante-quatrième section de Doctrine et Alliances, versets 9 et 10 d'autres paroles du Sauveur :
« C'étaient là les paroles du Sauveur disant que nous devons pardonner aux autres ; car celui qui ne pardonne pas à son frère ses offenses est condamné devant le Seigneur, car c'est en lui que reste le plus grand péché. Il ajoutait : « Moi, le Seigneur, je pardonne à qui je veux pardonner, mais de vous il est requis de pardonner à tous les hommes. »
« Et puis, il y a eu ces paroles opportunes de John Taylor : Le pardon est en avance sur la justice en ce qui concerne la repentance.
« Je ne savais pas si Tom Powers s'était repenti ou non, mais je savais maintenant que j'avais un rendez-vous à respecter lorsque je serais rentré chez moi ; je pris la résolution dès avant de quitter le champ de la mission, de le faire.
« Après être rentré chez moi, je rencontrai et épousai une excellente jeune sainte des derniers jours, et le Seigneur bénit notre foyer en nous donnant cinq beaux enfants. Les années passèrent rapidement et le Seigneur avait été bon pour nous ; cependant, je me sentais coupable chaque fois que je pensais au rendez-vous que je n'avais pas respecté.
« Il y a quelques années, juste un peu avant Noël, une période de l'année où l'amour du Christ abonde et où l'esprit du don et du pardon entre en nous, ma femme et moi avions fait un court voyage à Phoenix. Ayant terminé de régler nos affaires au milieu du deuxième après-midi, nous nous mîmes en route pour la maison. Tandis que nous roulions, j'exprimai le désir de faire un détour et de rentrer par Florence, car c'est là que se trouve la prison de l'État. Ma femme accepta immédiatement.
« Nous arrivâmes après les heures de visite, mais j'entrai et demandai à voir le directeur. On me conduisit à son bureau.
« Lorsque je me fus présenté et exprimai le désir de rencontrer Tom Powers et de lui parler, le directeur eut un air étonné, mais après une très légère hésitation, il dit : Je suis sûr qu'on peut arranger cela. Là-dessus il envoya un garde dans le bloc cellulaire et celui-ci revint bientôt avec Tom. On nous présenta et on nous conduisit dans le parloir où nous eûmes une longue conversation. Nous retournâmes à ce froid matin gris de février, trente ans auparavant, reconstituant toute cette horrible tragédie. Nous parlâmes pendant peut-être une heure et demie. Je dis finalement : Tom, vous avez commis une erreur pour laquelle vous devez à la société une dette que j'estime que vous devez continuer à payer, tout comme je dois continuer à payer le prix d'avoir été élevé sans père.
« Puis, je me levai et tendis la main. Il se leva et la prit. Je continuai : De tout cœur, je vous pardonne cette chose terrible qui s'est produite dans notre vie.
« Il inclina la tête et je le laissai là. Je ne sais pas ce qu'il a éprouvé à ce moment-là, et je ne sais pas maintenant ce qu'il ressent, mais je vous rends mon témoignage que c'est quelque chose de merveilleux quand la rancune et la haine sortent de votre cœur et que le pardon y entre.
« Je remerciai le directeur de sa bonté et en passant la porte et en descendant cette longue volée d'escaliers, je sus que le pardon valait mieux que la vengeance, car je l'avais ressenti.
« Tandis que nous roulions vers la maison dans la nuit tombante, un calme doux et paisible m'envahit. Par pure reconnaissance, j'enlaçai ma femme, qui comprit, car je sais que nous avions trouvé maintenant une vie plus pleine et plus abondante. »
Non seulement Glenn Kempton avait trouvé la joie de pardonner, mais l'exemple qu'il donna comme saint des derniers jours fidèle eut une profonde influence sur beaucoup d'autres personnes qui connaissent son histoire et entendirent son témoignage.
« Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde. »
Autres exemples modernes
Il y avait cette jeune mère qui avait perdu son mari. La famille était pauvre et la police d'assurance ne s'élevait qu'à deux mille dollars. La société remit promptement un chèque de ce montant, dès que la preuve du décès fut fournie. La jeune veuve décida qu'elle pouvait le garder en vue d'une urgence et le déposa en conséquence à la banque. D'autres étaient au courant de son épargne, et un parent la convainquit de lui prêter les deux mille dollars à un taux d'intérêt élevé.
Les années passèrent et elle n'avait reçu ni principal ni intérêt ; elle remarqua que l'emprunteur l'évitait et faisait des promesses évasives quand elle l'interrogeait au sujet de l'argent. Elle avait maintenant besoin de cet argent et elle ne pouvait l'obtenir.
« Comme je le déteste ! » me dit-elle, et sa voix exprimait la haine et la rancune et ses yeux sombres lançaient des éclairs. Pensez qu'un homme valide dépouille une jeune veuve avec des enfants à charge ! « Comme je le méprise ! ne cessait-elle de répéter. Alors je lui racontai l'histoire de Kempton. Elle écouta intensément. Je vis qu'elle était frappée. À la fin, les larmes aux yeux, elle chuchota : « Merci. Merci sincèrement. Je dois certainement, moi aussi, pardonner à mon ennemi. Je vais maintenant purifier mon cœur de sa rancune. Je ne m'attends pas à jamais recevoir l'argent, mais je laisse mon offenseur entre les mains du Seigneur. »
Des semaines plus tard, elle me revit et confessa que les semaines qui s'étaient écoulées entre-temps avaient été les plus heureuses de sa vie. Une paix nouvelle l'avait remplie et elle fut capable de prier pour l'offenseur et de lui pardonner, même si elle ne récupéra jamais le moindre dollar.
Je vis un jour une femme dont la petite fille avait été violée. « Tant que je vivrai, je ne pardonnerai jamais au coupable », répétait-elle chaque fois que cela lui venait à l'esprit. L'acte était abominable. Tout le monde serait choqué et troublé devant un tel crime, mais ne pas vouloir pardonner n'est pas chrétien. Cet acte atroce avait été commis et ne pouvait pas être défait. Le coupable avait été puni. Dans sa rancune, la femme se rapetissait et se rabougrissait.
Comparez cette femme à la jeune sainte des derniers jours qui fit preuve d'une maîtrise de soi suprême quand elle pardonna à l'homme qui avait défiguré son beau visage. Laissons le journaliste de la United Press, Neal Corbett, raconter son histoire telle qu'elle parut dans les pages des journaux du pays.
« Je pense qu'il doit souffrir, quelqu'un qui est comme cela, nous devons avoir pitié de lui », dit April Aaron à propos de l'homme qui l'avait envoyée pour trois semaines à l'hôpital, après une attaque brutale au couteau à San Francisco. April Aaron est une mormone dévote de vingt-deux ans ... c’est une secrétaire aussi jolie que son nom, mais son visage a un défaut : l'oeil droit lui manque .. April l'a perdu sous les coups de couteau d'un voleur à l'esbroufe près du Golden Gare Park de San Francisco pendant qu'elle se rendait, le 18 avril dernier, à un bal de sa paroisse. En luttant avec son assaillant, elle a subi aussi de profondes entailles au bras gauche et à la jambe droite après avoir trébuché et être tombée dans ses efforts pour l'éviter, à un pâté de maisons seulement de l'église mormone...
« J’ai couru pendant une centaine de mètres avant qu'il ne m'attrape. On ne peut pas courir très vite avec des talons hauts », dit April avec un sourire : Les entailles dans sa jambe étaient si profondes que les médecins ont craint un moment de devoir l'amputer. La lame de l'arme n'a pu endommager ni le caractère vivace ni la compassion d'April. « ... je voudrais que quelqu'un puisse faire quelque chose pour lui, pour l'aider. Il faudrait le traiter. Qui sait ce qui amène quelqu'un à faire une chose comme celle-là ? Si on ne le trouve pas, il risque de recommencer.
« ... April Aaron a conquis le cœur des habitants de la région de la baie de San Francisco par son courage et sa bonne humeur face à la tragédie. Sa chambre de l'hôpital Saint Francis a été remplie de fleurs pendant tout son séjour, et les infirmières ont dit qu'elles ne pouvaient se souvenir de quelqu'un qui ait reçu plus de cartes et de vœux. »
Ce qui suit est tiré d'un journal de Los Angeles, attestant de la force de gens qui se sont élevés au-dessus de la vengeance sordide et de la rancune hideuse qui règnent si souvent dans de telles circonstances :
« ... Les trois hommes appréhendés pour l'enlèvement et le meurtre de Marvin V. Merrill, étaient des noirs. Il y en a qui pourraient transformer cet incident en un déchaînement incontrôlable de haine raciale, mais c'était exactement l'esprit opposé qui régnait au service funèbre la semaine dernière à Matthews Ward. Les facteurs de Wagener Station ont choisi Angelo B. Rollins, un employé des postes noir, pour les représenter en lisant son éloge funèbre. Frère Merrill travaillait à l'administration des postes depuis plus de vingt ans. Un peu partout dans la chapelle et dans la salle adjacente, il y avait des dizaines de facteurs venus directement de leurs tournées, toujours en uniforme. Beaucoup de ces hommes étaient des noirs... Rollins dit : Nul ne peut justifier les actes des criminels qui ont mis fin à sa vie. Ces actes pervers et vils qui nous font pencher la tête de honte montrent d'un doigt accusateur des millions de personnes innocentes comme étant une nation de criminels. Dans ma faiblesse pécheresse, je leur aurais arraché membre après membre, mais le murmure doux et léger du Maître a dit : À moi la vengeance... Ce frère mormon, Norman Merrill, ferme dans la force de sa foi, et ferme dans les enseignement du Christ, aurait probablement dit d'eux, comme notre Sauveur au calvaire : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu'ils font ». »
La réconciliation par les voies de l'Église
Quand les membres de l'Église ne peuvent résoudre seuls leurs problèmes mutuels, ils arrivent parfois à un point où l'Église intervient pour les aider. On attira mon attention sur une situation de ce genre, il y a quelques années, dans un cas impliquant deux saints des derniers jours âgés dans l'Est, qui étaient devenus des ennemis jurés au point que chacun portait un revolver pour se protéger de l'autre. La cause de leur inimitié était un achat de propriété ; le contrat avait été mal rédigé et beaucoup de malentendus s'étaient produits. Le vendeur était riche, l'acheteur était pauvre. Chacun était certain de se souvenir exactement de la transaction. Chacun porta des accusations furieuses et les sentiments devinrent de plus en plus rancuniers et intenses.
On demanda aux hommes de se réunir avec leurs présidents de branche, mais ils refusèrent de le faire, craignant de recevoir un mauvais coup de l'autre s'ils se rencontraient. Le cas fut porté devant les tribunaux et on engagea des avocats. Pendant les mois qui suivirent la rancune flamba et l'antagonisme bouillonna.
Au lieu de cette attitude rancunière et vengeresse qu'ils avaient adoptée, qu'aurait-il fallu faire ? Paul dit aux saints de Corinthe :
« Ne vous vengez point vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère, car il est écrit : À moi la vengeance, à moi la rétribution, dit le Seigneur. Si ton ennemi a faim, donne-lui à manger, s'il a soif, donne-lui à boire ; car en agissant ainsi, ce sont des charbons ardents que tu amasseras sur sa tête. Ne te laisse pas vaincre par le mal, mais surmonte le mal par le bien » (Rom. 12:19-21).
Nous nous souvenons aussi du commandement du Seigneur :
« ... je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu'un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l'autre. Si quelqu'un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau. Si quelqu'un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui » (Matt. 5:39-41).
Mais les deux antagonistes étaient maintenant loin de telles pensées. Toutefois les tentatives de médiation continuèrent et par des efforts persévérants de la part de leur sage président de mission, les hommes furent finalement réunis chez un président de branche. Pendant tout ce temps, les épouses des deux hommes n'avaient cessé de prier pour qu'une entente se produisît et qu'il en résultât le pardon.
Quand la question fut pleinement expliquée et que chaque point de vue eut été énoncé, dans l'esprit de l'Évangile, les deux hommes acceptèrent la décision et se donnèrent la main en signe de pardon et de camaraderie. Le vendeur avait aussi un fond serviable, car dans un geste surprenant, il signa volontairement un chèque du montant qui était disputé et le présenta à l'acheteur qui lui avait demandé pardon. C'est ainsi que par l'esprit de compréhension et de pardon, les deux hommes et leurs femmes reconnaissantes rentrèrent chez eux, assurés de la pensée que tout était réglé. La paix fut rétablie ; honteux, les hommes cachèrent les deux revolvers et redevinrent frères. On pouvait maintenant mettre en toute conscience les offrandes sur l'autel :
« Si donc tu présentes ton offrande à l'autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l'autel, et va d'abord te réconcilier avec ton frère ; puis, viens présenter ton offrande » (Matt. 5:23-24).
Litiges entre membres de l'Église
Paul va plus loin dans l'esprit de pardon quand il dit qu'il vaut mieux qu'un membre de l'Église accepte même une injustice d'un autre membre plutôt que de s’adresser au tribunal. Les conflits devraient plutôt être réglés par les voies de l'autorité de l'Église. Aime-t-on son prochain si on le traîne devant les tribunaux ? Paul découvrit ce défaut chez ses convertis corinthiens et leur adressa cette exhortation :
« Quelqu'un de vous, lorsqu'il a un différend avec un autre, ose-t-il plaider devant les injustes, et non devant les saints ? Mais un frère plaide contre un frère, et cela devant des infidèles ! C'est déjà certes un défaut chez vous que d'avoir des procès les uns avec les autres. Pourquoi ne souffrez-vous pas plutôt quelque injustice ? Pourquoi ne vous laissez-vous pas plutôt dépouiller ? » (1 Cor. 6:1,6,7).
Orgueil ou paix
Souvent l'orgueil nous entrave et devient notre pierre d'achoppement. Mais chacun de nous doit se poser la question : ‘Ton orgueil est-il plus important que ta paix ?’
Trop souvent, quelqu'un qui a accompli beaucoup de choses splendides dans la vie et fait d'excellents apports, permet à l'orgueil de lui faire perdre la grande récompense à laquelle il aurait droit. Nous devons toujours porter ‘le sac et la cendre’ d'un cœur miséricordieux et d'un esprit contrit, étant toujours disposés à faire preuve d'une humilité sincère comme le publicain, et à demander au Seigneur de nous aider à pardonner.
En 1906, mon père reçut une lettre de son cher ami Matthias F. Cowley qui avait été considérablement embarrassé du fait de son exclusion du collège des Douze. Sa lettre montrait un grand courage et un esprit plein de bonté et dénué d'amertume : « En ce qui concerne l'épreuve qui m'a été apportée, je dirai que je l'accepte en toute humilité et en toute douceur, sans critique contre mes frères, mais avec le fort désir de continuer à être fidèle et à consacrer ma vie et toute mon énergie au service du Seigneur. »
Dans l'esprit d'amour
Inspiré par le Seigneur Jésus-Christ, Paul nous a donné la solution aux problèmes de la vie qui exigent la compréhension et le pardon.
« Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant réciproquement, comme Dieu vous a pardonné en Christ » (Éph. 4:32).
Si cet esprit de pardon plein de bonté et de compassion l'un pour l'autre pouvait être porté dans tous les foyers, l'égoïsme, la méfiance et la rancune qui brisent tant de familles disparaîtraient et les hommes vivraient en paix.
Cet esprit de pardon a un aspect quantitatif aussi bien que qualitatif. Le pardon ne peut pas être l'affaire d'une seule fois. Pierre avait certainement été irrité par certains récidivistes qui retournaient à leurs péchés même après avoir été pardonnés. Pour clarifier la question, il demanda au Rédempteur :
« Seigneur, combien de fois pardonnerai-je à mon frère, lorsqu'il péchera contre moi ? Sera-ce jusqu'à sept fois ? Jésus lui dit : Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à septante fois sept fois » (Matt. 18:21,22).
Ceci cadre bien entendu avec l'enseignement et la pratique par le Maître de la loi supérieure de l'Évangile, la loi d'amour :
« Je vous donne un commandement nouveau : Aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. À ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres » (Jean 13:34,35).
Difficile mais possible
Difficile à faire ? Bien entendu. Le Seigneur n'a jamais promis de chemin facile, ni d'Évangile simple, ni de principes ou de normes bas. Le prix est élevé, mais les biens obtenus valent tout ce qu’ils coûtent. Le Seigneur lui-même a tendu l'autre joue, il a permis qu'on le tourmente et qu'on le batte sans protester, il a subi toutes les indignités sans pour autant prononcer un seul mot de condamnation. Et la question qu'il nous pose à tous est :
« C'est pourquoi, quel genre d'hommes devez-vous être ? » et il nous répond : « Tel que je suis moi-même » (3 Néphi 27:27).
Dans son Prince of Peace (Prince de la Paix), William Jennings Bryan écrivait :
« La vertu la plus difficile de toutes à cultiver est l'esprit de pardon. La vengeance semble être naturelle chez l'homme ; c’est humain de vouloir rendre la pareille à l'ennemi. Il a été même populaire de se vanter de son esprit vengeur ; on a inscrit un jour sur le monument d'un homme qu'il avait rendu à ses amis et à ses ennemis plus qu'il n'avait reçu. Tel n'était pas l'esprit du Christ. »
Si on nous a fait du tort ou du mal, pardonner signifie l'effacer complètement de notre esprit. Pardonner ou oublier est une recommandation éternelle. « Être lésé ou volé », disait le philosophe chinois Confucius, « n'est rien tant que vous ne continuez pas à vous en souvenir ».
Les torts infligés par les voisins, les parents ou les conjoints sont généralement d'importance assez mineure, du moins au départ. Nous devons leur pardonner. Et puisque le Seigneur est si miséricordieux, ne devons-nous pas l'être, nous aussi ?« Heureux les miséricordieux car ils obtiendront miséricorde » est une autre version de la Règle d'Or. « Tout péché et tout blasphème sera pardonné aux hommes », dit le Seigneur, « mais le blasphème contre l'Esprit ne sera point pardonné ». Si le Seigneur est si généreux et si bon, nous devons l'être aussi.
Parfois les poètes, dans leurs vers expressifs, touchent notre cœur mieux encore que ne pourrait le faire la prose. John Greenleaf Whittier nous a donné ces vers dignes d'être médités :
J'avais le cœur lourd, car sa confiance avait été
Abusée, sa bonté récompensée par le mal ;
Me détournant ainsi sombrement de mes semblables,
Par un sabbat d'été, je me promenais parmi
Les tertres verts du cimetière du village ;
Là, voyant comme tout amour et toute haine humaine
Trouvent un même triste niveau, et comment, tôt ou tard,
Offensés et offenseurs, chacun le visage adouci,
Les mains froides jointes sur le cœur immobile,
Passent le seuil de notre tombe commune,
Où se dirigent tous les pas, d'où personne ne part,
Rempli de crainte pour moi-même, et plein de pitié pour ma race,
Notre douleur commune, comme une vague puissante,
Balayant tout mon orgueil, et, tremblant, je pardonnai.
Quand des gens tels que la veuve, l'évêque Kempton, les Brown et d'autres personnes profondément lésées peuvent pardonner, quand des hommes comme Étienne et Paul peuvent pardonner les attaques féroces lancées contre eux et donner l'exemple du pardon, alors tous les hommes doivent pouvoir pardonner dans leur recherche de la perfection.
Au-delà des déserts stériles de la haine, de la cupidité et de la rancune, il y a la belle vallée du paradis. Nous lisons constamment dans les journaux et entendons à la télévision que le monde ‘est dans un terrible pétrin’. Ce n'est pas vrai ! Le monde est encore très beau. C'est l'homme qui n'est pas à sa place. Le soleil continue à illuminer le jour et à donner la lumière et la vie à toutes choses, la lune continue à éclairer la nuit, les océans continuent à nourrir le monde et à assurer le transport, les fleuves continuent à drainer la terre et à fournir de l'eau d'irrigation pour nourrir le blé. Même les ravages du temps n'ont pas érodé la majesté des montagnes. Les fleurs s'épanouissent toujours et les oiseaux chantent encore et les enfants continuent à rire et à jouer. Ce qui ne va pas dans le monde, c'est ce qui est fait par l'homme.
On peut y arriver. L'homme peut se dominer. L'homme peut vaincre. L’homme peut pardonner à tous ceux qui l'ont offensé et continuer à recevoir la paix dans cette vie et la vie éternelle dans le monde à venir.
Notes
Source : Spencer W. Kimball, Le Miracle du Pardon (Salt Lake City, 1969, Paris, 1974, ISBN 2-903879-08-7)
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La chasteté
Spencer W. Kimball :
L’une des caractéristiques les plus tristes du péché, c’est qu’il fait du tort à la vie de ceux qui aiment le pécheur : les enfants, l’épouse, le mari et les parents. Tous ceux-là subissent des châtiments. (Le miracle du pardon, 1969, p. 135 de l’édition française de 1974 ; p. 133 de l’édition suivante)
Neal A. Maxwell :
La désobéissance au septième commandement chasse le Saint-Esprit de notre âme. Nous perdons la grande valeur de sa compagnie, parce qu’il ne peut pas demeurer dans une âme pécheresse. Et sans son aide, nous devenons moins utiles, moins réceptifs, moins fonctionnels et nous aimons moins nos semblables. D’une certaine manière, nous ne pouvons alors plus accomplir l’œuvre du Seigneur, au moment même où l’on a tant besoin de nous.
L’immoralité sexuelle est dangereuse aussi parce qu’elle insensibilise.
Une autre conséquence de l’immoralité sexuelle grossière, outre la désensibilisation, c’est qu’elle enlève l’espoir à l’homme. L’immoralité sexuelle grossière entraîne la disparition de toute foi, de tout espoir et de toute charité.
L’impudicité diminue l’estime que l’on se porte à soi-même, parce qu’en vérité nous péchons contre notre nature. À mon avis, nous ne tenons pas non plus les promesses antérieures que nous avons faites dans le monde prémortel, promesses qui sont gravées discrètement mais d’une manière indélébile dans notre âme.
L’impudicité a aussi de graves effets sur les autres. Le père qui pense bizarrement que son adultère est le seul à être justifié n’évalue pas complètement les effets de cet acte sue sa femme et ses enfants. Sa désobéissance à ce commandement touche aussi les autres.
Si vous gardez le septième commandement, il s’ensuivra que vous serez bénis en étant en harmonie avec Dieu et avec sa loi. L’obéissance nous apportera également la bénédiction de connaître et de réaliser notre potentiel.
Garder le septième commandement apportera la bénédiction de l’estime personnelle.
L’observance de ce commandement nous accorde la liberté de la tyrannie la plus terrible de toutes : la tyrannie de l’appétit. Nous sommes donc plus libres. Nous accédons à la bénédiction du libre arbitre au sens large en apprenant à agir avec sagesse pour nous-mêmes plutôt que d’être seulement poussés par l’appétit.
Il y a également la bénédiction importante de progresser plus vite qui vient toujours quand nous prenons la décision de rejeter le mal et de choisir le bien.
De plus, nous avons la bénédiction importante de l’intégrité de l’âme qui aboutit à l’intégrité personnelle et à la franchise dénuée de crainte.
Ce n’est qu’en restant chastes avant le mariage et fidèles après le mariage que nous pouvons garder notre joie complète. (L’Étoile, mai 1981, p. 31-36)
Ezra Taft Benson :
L’un des principes les plus sûrs donnés par Dieu pour nous aider à avoir de la joie est la loi de chasteté. (L’Étoile, octobre 1988, p. 40)
Boyd K. Packer :
Des civilisations telles que Sodome et Gomorrhe se sont détruites en désobéissant aux lois morales. « Car l’Esprit du Seigneur ne luttera pas toujours avec l’homme. Et quand l’Esprit du Seigneur cesse de lutter avec l’homme, alors vient une destruction rapide » (2 Néphi 26:11). (L’Étoile, juillet 1992, p. 77)
Neal A. Maxwell :
Le péché engendre l’uniformité. Le péché nous rétrécit, nous réduit à une masse d’appétits qui nous lient. Dans les derniers jours, et nous y sommes, la capacité de l’homme d’aimer « se refroidira » à cause de l’iniquité (Matthieu 24:12).
La chasteté est un état d’esprit heureux, une paix de l’esprit, qui nous permet de recevoir des directives, de l’assurance et du réconfort pour notre vie quotidienne actuelle, maintenant et pour l’avenir. (L’Étoile, août 1993, p. 20)
Richard G. Scott :
L’immoralité sexuelle crée une barrière à l’influence du Saint-Esprit et à toutes ses facultés de nous édifier, de nous éclairer et de nous donner de la puissance.
La transgression sexuelle profanerait la prêtrise que vous détenez maintenant, vous priverait de votre force spirituelle, saperait votre foi en Jésus-Christ, et minerait votre capacité de le servir. L’obéissance constante et volontaire accroît votre confiance et votre capacité. Elle vous façonne une personnalité qui vous permet d’affronter les situations difficiles et de les surmonter. Elle vous qualifie pour recevoir de l’inspiration et de la puissance de Dieu.
Toute activité sexuelle en dehors des liens du mariage, c’est à dire tout contact intentionnel avec les parties intimes sacrées du corps de quelqu’un d’autre, avec ou sans vêtements, est un péché et est interdit par Dieu. C’est également une transgression de stimuler intentionnellement ces émotions dans votre corps à vous. Satan tente les gens à croire qu’il y a des niveaux permis de contact physique entre personnes consentantes qui recherchent la forte stimulation des émotions qu’il produit, et que cela n’est pas nocif si on le pratique dans certaines limites. En ma qualité de témoin de Jésus-Christ, je vous affirme que c’est entièrement faux.
Quand vous serez assez mûr pour envisager sérieusement le mariage, restreignez l’expression de vos sentiments à ce que vous n’auriez pas honte de faire en présence de vos parents.
Toutes les transgressions sexuelles dont nous avons parlé nécessitent un repentir sincère avec la participation de l’évêque. (L’Étoile, janvier 1995, p. 45, 46)
Howard W. Hunter :
L'infidélité de l'homme brise le coeur de sa femme et lui fait perdre sa confiance et la confiance de ses enfants.
La pornographie, les flirts et les fantasmes malsains affaiblissent la volonté et sapent les bases d'un mariage heureux. Cela détruit l'unité et la confiance dans le mariage. (L’Étoile, janvier 1995, p. 64)
Gordon B. Hinckley :
Un acte immoral, quel qu'il soit, ne fera que diminuer votre respect de vous-mêmes.
Chaque fois que vous franchissez la ligne en commettant un acte immoral ou une autre chose mauvaise, l'Église est affaiblie d'autant, à cause de ce que vous avez fait. (L’Étoile, juillet 1996, p. 101, 103)
Jeffrey R. Holland :
En exploitant le corps de quelqu’un d’autre – ce qui signifie exploiter son âme – on profane l’expiation du Christ, qui a sauvé cette âme et qui rend possible le don de la vie éternelle. Et quand on se moque du Fils de la Justice, on pénètre dans le domaine de la chaleur, plus intense et plus sainte que le soleil de midi. On ne peut pas faire cela sans se brûler.
Le fait de donner illicitement ce dont vous ne disposez pas - rappelez-vous, « vous ne vous appartenez pas » - et de ne donner qu’une partie de ce qui ne peut être suivi du don de tout votre être c’est jouer à la roulette russe émotionnelle. Si vous persistez à rechercher la satisfaction physique sans l’approbation des cieux, vous courez le risque terrible de dommages spirituels et psychiques.
Craignez les cicatrices qui défigurent spirituellement, qu’occasionnent les activités que vous n’auriez pas dû entreprendre, qui vous sont infligées dans les lieux où vous n’auriez pas dû aller. (L’Étoile, janvier 1999, p. 91, 92)
Richard G. Scott :
Beaucoup de jeunes sont amenés à croire que la fornication n’est pas si grave tant qu’elle ne comporte pas l’acte qui pourrait entraîner une grossesse. C’est faux. Sous toutes leurs formes, les relations sexuelles en dehors de l’alliance du mariage sont un péché grave. Le péché grave est asservissant. Il crée de fortes habitudes qui sont difficiles à abandonner. Si vous avez enfreint ces lois, demandez de l’aide à votre évêque ou à votre président de pieu car ce genre de péché exige une confession au Seigneur et à ce juge pour que vous obteniez le pardon. Vous pouvez éviter ces péchés en ne laissant personne toucher les parties intimes et sacrées de votre corps et en refusant de le faire avec quelqu’un d’autre. (Le Liahona, janvier 2001, p. 33)

La pureté c'est la puissance
Hugh B. Brown (1883-1975)
Assistant des Douze de 1953 à 1958
Membre du collège des Douze de 1958 à 1961 et de 1970 à 1975
Membre de la Première Présidence de 1961 à 1970
« Ton devoir, c'est d'édifier un monde meilleur », dit Dieu ;
Je répondis « Comment ?
Ce monde est si vaste,
Si compliqué à présent,
Et moi je suis si petite, si frêle,
Je ne peux vraiment rien faire ».
Mais Dieu dans sa sagesse me dit,
« II suffit que toi tu deviennes meilleure ».
Dorothy R. Jones (Sunshine Magazine)
Ce défi il le tend à chacun d'entre nous.
Chacun d'entre vous, garçon ou fille, a un espoir, une ambition, un idéal qui l'emporte sur tout ce que vous attendez et désirez de la vie. C'est le bien le plus précieux, le plus beau, le plus durable que l'homme ait jamais imaginé ou poursuivi.
Je parle d'un foyer saint des derniers jours heureux où l'amour, pur et sans tache, lie les parents et les enfants dans un lien saint et éternel. Il est riche celui qui a un tel foyer, et celui qui peut en avoir un et s'en prive lâchement est insensé. Le foyer, dans le plan divin, est destiné à durer toute l'éternité. Protéger son fondement est une obligation qui incombe à la fois à l'homme et à la femme.
A la base de tout foyer chrétien durable il doit y avoir la pureté, la fidélité et l'intégrité. La pureté implique l'abnégation et préserve le respect de soi-même. Une des attaques les plus directes, les plus persistantes et les plus efficaces qui aient été lancées contre notre civilisation aujourd'hui vise le foyer ; l'attaque vient de plusieurs directions et de nombreuses sources. L'espoir de l'humanité en face de ses difficultés actuelles est de conserver intacte l'unité familiale.
Si un homme veut avoir la beauté complète d'un foyer chrétien il y a certaines choses qu'il ne doit pas faire. Il ne peut pas y avoir de double mesure.
Mes jeunes amis, chacun d'entre vous peut être la pierre d'angle de cette institution prescrite par Dieu qu'est le foyer, et c'est à cette responsabilité que vous vous préparez maintenant.
Un amour profond et durable est la condition nécessaire du mariage idéal et du foyer heureux. Pour que ces rapports sacrés continuent, il faut de la pureté de pensée, de paroles et d'action. Les piliers du foyer sont le dévouement, la loyauté, le sacrifice, l'intégrité, la fidélité, l'honnêteté, et, encore une fois, la vertu sans tache.
Après la fidélité et l'amour, le respect mutuel et les égards sont les pierres les plus importantes dans le fondement d'un foyer heureux ; le respect mutuel est impossible sans respect de soi-même.
Chacun doit révérer et honorer le caractère sacré de la vie et vivre sur le haut plateau où le respect de soi-même est souverain. C'est ce que l’on fera si on se rappelle que la vie vient de Dieu. On sera alors loyal à ce qui est royal en sa personne. Aucun plaisir fugitif ne peut compenser la perte du respect de soi-même. Nous, dont la tâche veut que nous voyagions, nous rencontrons des centaines de milliers de jeunes de l'Église et, dans l'ensemble, nous avons toutes raisons d'être fiers d'eux. Nous vous faisons confiance ; nous vous aimons ; nous comptons sur vous. Mais nous sommes soucieux pour vous parce que nous connaissons par expérience quelque chose du pouvoir et de la tactique d'un ennemi acharné. D’où ce mot d'avertissement.
Les jeunes gens et les jeunes filles qui envisagent le mariage doivent garder leur vie belle et pure, saine et invincible, non seulement pour avoir la grande satisfaction de conserver l'estime d'eux-mêmes, mais aussi pour transmettre à ceux qui les suivent l'héritage sans prix d'une pureté foncière.
Le respect, y compris le respect de soi-même, est le ciment du fondement du foyer. Quand le ciment est parti, le caractère des individus et le foyer lui-même commencent tous deux à se désintégrer.
L'homme dont le coeur est pur est invincible. Son intégrité est son bouclier et la vertu son armure. La calomnie, l'envie, la haine ou la malice ne l'atteindront pas et ceux qui cherchent à le blesser entraîneront sur eux l'ignominie.
L'homme droit est un homme courageux parce qu'il n'a rien à cacher. Il ne craint pas le soleil. Il ne vit pas dans la crainte que la vérité apparaisse. Il n'a rien fait dont il puisse avoir honte ; il est donc sans crainte. Tennyson a dit : « Ma force est comme la force de dix parce que mon coeur est pur ».
La pureté est le diadème le plus magnifique du monde. C'est un bijou sans prix, un don du ciel accordé à tous à la naissance. Dieu veuille que vous, vous puissiez le porter. Bien qu'elle soit fragile, il ne faut pas la conserver dans une chambre forte comme les bijoux de la couronne. Sa valeur s'accroît lorsqu'on la porte. Aucun trésor en ce monde n'est aussi riche que la conscience de la pureté et, afin de la conserver, il faut éviter non seulement les actions impures mais aussi les pensées impures.
Il y a une différence entre l'innocence et la pureté. L'une est passive et l'autre active. Quelqu'un a parodié ainsi un des poèmes de Ella Wheeler Wilcox :
C'est relativement facile d'être vertueux
Quand rien ne vous invite à vous égarer.
Quand dehors et en soi, aucune voix du péché
N'incite votre âme à s'écarter ;
Mais ce n'est qu'une vertu négative
Jusqu'à ce qu'elle soit éprouvée par le feu.
Et l'âme qui mérite les bénédictions de la terre
Est l'âme qui résiste au désir.
On raconte l'histoire de bergers qui, un jour, virent un aigle s'envoler d'un rocher. Il s'éleva majestueusement très haut dans le ciel, mais au bout d'un moment il se mit à vaciller et son vol devint indécis. A la longue une aile retomba, puis l'autre, et le pauvre oiseau tomba rapidement vers le sol. Les bergers allèrent chercher l'oiseau tombé ; après l'avoir examiné ils découvrirent qu'un petit serpent s'était enroulé autour de lui pendant qu'il était sur le rocher. L'aigle ne savait pas que le serpent était là, mais il s'insinua dans les plumes pendant que le fier monarque glissait dans l'air et il enfonça ses crochets dans la chair de l'aigle. L'oiseau s'effondra dans la poussière en tournoyant.
Cela peut être l'histoire d'une de ces vies dans lesquelles un péché secret s'est frayé un chemin jusqu'au coeur. Finalement, une vie fière gît souillée et déshonorée dans la poussière.
Quand de jeunes hommes virils et ambitieux - et nous en rencontrons beaucoup - portent l'insigne de la pureté avec la grâce et l'aspect charmant d'une vierge, nous voyons la condition foncièrement divine de l'homme.
Nous ne pouvons établir une société vertueuse que lorsque les hommes et les femmes se gardent moralement purs. Il ne peut y avoir qu'une loi morale.
La vertu est protégée par la pudeur et doit orner les pensées et la vie de notre peuple, jeunes et vieux, afin que nous soyons connus pour notre honnêteté, notre bienséance, notre culture et notre intégrité. Que nos pensées, nos paroles, nos vêtements et notre tenue montrent que nous croyons au caractère sacré du corps, temple de Dieu, selon la déclaration même de Paul : « ... car vous êtes le temple du Dieu vivant ; comme Dieu l'a dit, j'habiterai et je marcherai au milieu d'eux ; je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple » (2 Cor. 6:16). « Si quelqu'un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira ; car le temple de Dieu est saint, et c'est ce que vous êtes » (1 Corinthiens 3:17).
Vous, mesdemoiselles, étant des dames, vous devez constamment porter le cachet de la pudeur. Un homme convenable n'admirera jamais une femme impudique.
Il est très dangereux d’avancer qu'un acte que vous avez commis ou que vous commettez est bien, simplement parce qu'il y en a beaucoup qui font comme vous.
Selon l'avis du Dr Pitirim A. Sorokin (American Sex Revolution, Porter Sargent éditeur, Boston, 1960), c'est à notre propre conscience et à l'expérience de l'humanité qu'il appartient de décider du caractère bon ou mauvais de la conduite sexuelle, comme de n'importe quelle autre. Il trouve que vous ne pouvez pas dire qu'elle est bonne en prouvant que cinquante pour cent de la population fait de même. Il croit aussi qu'il y a un lien entre la situation chancelante de notre morale sexuelle et l'augmentation du taux de la criminalité, des suicides, de la délinquance juvénile et de la folie.
Un savant a fait remarquer que certains biologistes passent leur vie à étudier les formes inférieures de la vie - animaux, insectes et plantes - et ils observent que le cycle entier de la vie d'un doryphore ou d'une mouche est consacré à assurer la survivance de l'espèce. Mais nous ne sommes pas des doryphores et vous ne pouvez prendre des théories qui sont bonnes pour un laboratoire de zoologie et les appliquer sans les modifier à des êtres humains. Les humains, à la différence d'autres formes de vie, se soucient non seulement de la survivance de l'espèce mais aussi du genre de vie que nous allons mener pendant que nous sommes ici et du genre d'hommes qui va survivre. Nous faisons l'expérience de l'amour, de la spiritualité, de l'idéalisme, de l'esprit créateur. Nous avons une intelligence, une conscience et de l'espoir. Ce sont des réalités scientifiques qui ont une puissante influence sur notre mode de reproduction.
Les grandes villes des temps anciens furent réduites en monceaux de ruines et leurs civilisations détruites à cause de l'importance excessive des perversions de l'instinct sexuel. Aujourd'hui, le vice commercialisé et la promiscuité sexuelle sont des coups de marteau qui sapent la base de nos foyers et de notre société.
Toute personne normale éprouve des pulsions sexuelles. Quand elle s'en sert mal ou sans faire de distinction, elle s'attire le chagrin, la souffrance, la maladie et même la mort ; si ces impulsions ne sont pas contrôlées ou freinées, notre civilisation s'écroulera comme les autres.
Des personnes qui ont la vue courte prétendent que ce qu'elles se font ou ce qu'elles font entre elles ne regarde personne d'autre qu'elles. C'est un raisonnement absurde et sans consistance. Personne ne vit dans le vide et personne n'est une île.
Qui est-ce que cela regarde rapidement si un étudiant s'abandonne à une conduite immorale ? Est-ce que cela ne regarde personne d'autre que lui ? Cela concerne sa famille ainsi que toute sa parenté, son école, la ville où il habite, sa branche et son district. Cela concerne le Seigneur qui est déçu. Oui, la façon dont nous nous conduisons intéresse quelqu'un.
Les jeunes gens qui pensent au mariage, ainsi que les jeunes couples, doivent savoir qu'une mauvaise conduite sexuelle n'est pas une affaire privée et que beaucoup de personnes innocentes peuvent en être sérieusement affectées. Les jeunes couples mariés doivent veiller à ce que les enfants qui viennent dans leur foyer aient des modes de comportement émotionnel, des habitudes et une formation convenables pour les guider.
Une conduite sexuelle déraisonnable et sans frein peut détruire l'amour qui, s'il est nourri, protégé et gardé dans sa douceur, peut et doit révéler ses plus hautes possibilités de joie, de dignité et de valeur morale dans l'état du mariage.
Le péché est furtif - habituellement il se jette secrètement sur sa proie. Les jeunes devraient savoir que, d'une façon générale, on ne perd pas sa vertu par un acte impulsif. Pour exprimer cela à ma façon, les hommes ne vont pas en enfer d'un seul bond.
Je me rappelle avoir lu qu'un homme, au Canada, demandait quelqu'un pour conduire les six chevaux d'une diligence sur un chemin de montagne. Il y eut beaucoup de candidats mais nous ne parlerons que de trois d'entre eux. L'un d'eux entra, et l'homme dit : « A quel point pourriez-vous vous approcher d'un précipice, sur un chemin sinueux, sans tomber dedans ? » « Oh, fit-il, je crois que je pourrais m'en approcher à moins de quinze centimètres et être en sécurité ».
Le suivant entendit le premier et pensa qu'il ferait mieux que lui. Quand on lui posa la question, il dit : « Mais, je pourrais soulever la terre sur le bord du précipice sans danger ». Quand le troisième arriva et qu'on lui posa la même question, il dit : « Monsieur, je ne sais pas à quel point je pourrais m'approcher sans danger, mais ce que je sais, c'est que je vais rester aussi éloigné du bord que je le pourrai ». Lequel d'entre eux croyez-vous qu'on engagea ?
Ceux qui se rendent coupables d'impudicité, de baisers déplacés, de caresses et d'attouchements osés ou d'autres pratiques secrètes et pernicieuses sont à deux doigts du chagrin et de la honte. Personne n'est à son avantage en se livrant à des caresses et à des attouchements osés. Chacun découvre dans l'autre et révèle en lui-même des traits dont il devrait avoir honte. Il se laisse volontairement conduire sur le chemin du tourment et de la honte. Il y en a qui se vantent de ne jamais aller plus loin que les attouchements osés. Ils ne se rendent pas compte qu'ils sont déjà allés désastreusement loin.
Les attouchements osés sont inspirés par la volupté, mais la volupté n'est pas calmée par les attouchements osés. Elle est stimulée et c'est la porte ouverte au désastre. Explorer et caresser le corps du sexe opposé est répréhensible et tragiquement dangereux. Si vous vous tentez ou si vous tentez les autres avec la fausse idée que vous pouvez jouer avec le feu sans vous brûler, je vous avertis, en tant que père, que le feu ne fait point acception de personnes. Ni la folie de l'ignorant ni celle de celui qui se dit blasé ne seront une excuse pour violation de la loi. Les lois de Dieu sont immuables et inexorables. S'il faut choisir entre être un pauvre type et un simple imbécile, ne soyez pas un imbécile. Jeunes gens, si vous ne pouvez pas être bien élevés, ne soyez pas des goujats, je vous en prie.
Les hommes convenables qui cherchent une femme et choisissent une mère pour leurs enfants ne veulent pas des jeunes filles qui font publiquement étalage de leur corps, permettent des libertés excessives ou racontent des histoires malpropres. Ils veulent des femmes qui deviendront des modèles pour leurs propres filles. La pudeur révèle l'intégrité morale qui est partout respectée par les gens convenable. Tout homme digne de ce nom honore et respecte les vierges modestes et les mères saintes. Dieu lui-même a sanctifié et glorifié la virginité et la maternité quand il en a fait le véhicule par lequel son Fils vint sur la terre.
Toute impudicité entraînant des pensées impures est une profanation du corps, ce temple dans lequel peut demeurer le Saint-Esprit. Jeunes gens, je vous en supplie, gardez l’air pur. Ne le souillez pas en racontant des histoires malpropres. Ceux qui prennent plaisir à les écouter aspirent un gaz empoisonné. Personnellement, je m'insurgerais si quelqu'un essayait de maintenir ma tête sur l'orifice d'un égout ; c'est, au figuré, ce qui se produit quand des hommes ou des femmes racontent ou écoutent des histoires malpropres. Ceux qui se rendent coupables de cette offense cherchent habituellement à attirer l'attention en faisant rire les gens et en devenant ainsi l'âme du groupe. Ils semblent oublier que rien de sale n'est amusant et que bien qu'ils aient la parole pendant ce temps-Ià, beaucoup de leurs auditeurs forcés sont offensés et dégoûtés et qu'eux-mêmes sont classés comme socialement répugnants. L'homme ou la femme qui se rend coupable d'impiété, de jurons ou d'argot grossier révèlent inconsciemment un esprit souillé et un vocabulaire limité ; il est plaint et fui par tous les gens cultivés. Profaner le nom de Dieu c'est lui faire un affront, ce qu'il a défendu.
Le péché d'impudicité qui, dans les dix commandements, figure parmi les interdictions, est souvent composé de, ou appelle comme allié, la plupart des fautes de conduite connues de l'homme. L'adversaire veut que ce péché soit suivi par une réaction en chaîne pour le pécheur. Satan n'est jamais satisfait d'une seule conquête, mais en lui promettant fallacieusement qu'elle sera ainsi protégée, essaie de couper toute retraite en tentant sa victime de suivre des détours par des chemins en pente tels que le mensonge, la tromperie, et même en détruisant la preuve de sa culpabilité en tuant la victime pas encore née de sa luxure.
Il y a différents types et degrés d'infidélité, d'impudicité et de licence, différentes façons dont les hommes et les femmes se tentent ou se laissent tenter de commettre l'adultère. Lucifer les emploie tous, y compris les secrètes pensées de l'esprit et les conversations malpropres, comme armes de son arsenal pour détruire l'humanité.
Ne laissez personne vous tenter de croire que ce que vous faites est secret et ne sera pas connu. Le diable veillera à ce que ça le soit. Lucifer et ses agents ont malheureusement imaginé des moyens par lesquels les hommes peuvent partiellement se protéger des résultats physiques naturels de leur indécence. Ils en ont par là incité beaucoup à commettre des actions honteuses en leur murmurant les deux mensonges qui vont ensemble : « Ce n'est plus dangereux » et « Personne ne le saura ». Avec des fausses assurances, des milliers de personnes qui auraient pu être retenues par la crainte des conséquences ont été amenées par ces pièges à transgresser.
J'aimerais que vous, les jeunes filles, vous gardiez dans votre coeur cette parole de Margaret C. Banning. Mettez-Ia sur votre miroir pour la voir tous les jours. Écoutez Mme Banning :
« …La chasteté de chaque jeune fille est l'entrelacement de son code moral, de son système nerveux, de sa personne physique et de son esprit. Se rend-elle profondément compte à quel point ce tissu entremêlé peut être modifié en quelques moments d'abandon ? …Même sans un sentiment réel de péché contre la religion, le sentiment de culpabilité persiste dans une grande majorité de cas ».
Une bonne partie de respect de soi-même et de bonheur sont perdus à jamais. Le Dr Henry A. Bowman, expert américain renommé sur la cour et le mariage, dit :
« Quand tout est dit et fait, on n'a rien gagné d'une aventure prémaritale, sauf un plaisir immédiat et cela à un risque énorme et à un coût exorbitant. Aucune personne vraiment intelligente ne brûlera une cathédrale pour faire cuire un oeuf, même pour satisfaire un appétit vorace ».
C'est, au figuré, ce que vous faites lorsque vous abandonnez la chose la plus précieuse que Dieu ait confié à vos soins. La chose remarquable c'est qu'il nous l'a confiée parce qu'il croit en nous, et il nous a donné notre libre arbitre. Le Dr Bowman ajoute :
« Pendant l'excitation sexuelle, les considérations morales et religieuses peuvent être temporairement suspendues, mais c'est pour réapparaître et hanter l'individu après le retour à un état normal un peu plus calme ».
Quelqu'un dont je ne connais pas le nom a écrit la déclaration hardie suivante : « Si vous voulez faire partie des nobles, vous devez être noble. Si vous voulez faire partie des sages, vous devez être sage. Si vous voulez faire partie de ceux qui ont le coeur pur, vous devez avoir le coeur pur ».
Vous vous demandez parfois pourquoi les dirigeants de l'Église parlent si souvent et si franchement des maux de l'impudicité. Je puis vous en donner une raison. Nous pensons que l'immoralité sexuelle est un des péchés les plus graves parce qu’une personne se fait la guerre à elle-même quand elle le commet. C'est ce qu'on peut appeler une guerre civile individuelle, parce qu'aucun homme ne peut faire le mal et se sentir satisfait. Il y a toujours en lui quelque chose qui proteste et il combat contre lui-même. Nous ne voulons pas que nos jeunes gens, ni ceux qui sont plus âgés, se rendent coupables de choses qu'ils ne peuvent eux-mêmes approuver.
Si vous faites une bonne chose, une bonne action, un noble exploit, chaque fibre de votre être approuve et se réjouit. Il n'y a pas de remords ultérieurs, de crainte d'être découvert, de regret, de désir d'évasion, on n'a pas à éviter les camarades d'autrefois. Mais si vous faites ce qui est mal, ce qu'il y a de meilleur en vous résistera, vous mettra en garde, vous avertira et essaiera de vous dissuader.
On n'atteint pas le ciel en un seul bond.
Mais nous construisons l'échelle sur laquelle nous montons.
De l'humble terre à la voûte des cieux
Et nous montons au sommet par paliers.
(Gradatim, Josiah Gilbert Holland)
Il n'y a pas de plus grande tragédie que la perversion et la dégradation de l'amour. La perversité n'a jamais été le bonheur. Considérez les conséquences de l'immoralité :
a) Mariages secrets - qui font parler.
b) Mariages hâtés.
c) Fiançailles rompues.
d) Recommandations à l’usage du temple non délivrées.
e) Mariages forcés à des compagnons qu'autrement, jamais vous n'auriez épousés (des études objectives montrent que le taux de divorces chez ces mariages forcés est extrêmement élevé)
f) Coeurs brisés de vos parents et des parents de la personne que vous avezoutragée.
Jeunes gens, restez près de votre Père céleste. Parlez-lui chaque jour de votre vie. Parlez-lui le matin et dites-Iui où vous allez et ce que vous allez faire. Puis, tout au long de la journée, rappelez-vous que vous allez encore lui parler le soir et lui dire ce que vous avez fait. Si, lorsque vous êtes tentés de faire le mal, vous vous rappelez qu'il faut que vous en rendiez compte au Seigneur dans votre prière du soir, vous recevrez la force de résister. Vous avez été fait à son image, vous êtes son enfant bien-aimé ; il veut que vous puissiez continuer à lui parler. Restez pratiquants. De nombreuses études sérieuses ont montré qu'il y a moins de crimes, de délinquance, d'immoralité, d'infections vénériennes, etc. chez ceux qui sont activement engagés dans une Église que chez les non pratiquants, les négatifs et les autres.
Jeunes filles, ne suivez pas de trop près, s'il vous plaît, les modes du jour. Je sais que je suis maintenant sur un terrain explosif, mais si les jeunes femmes savaient comment les hommes bien, jeunes et vieux, réagissent à l'exposition inconvenante du corps féminin, je doute qu'elles seraient aussi insensées et aussi naïves.
Exposer le corps à la vue de tout le monde ou permettre des familiarités, c’est comme une étiquette « en solde » indiquant des marchandises bon marché, défraîchies ou au rabais. Dans un établissement commercial, ces marchandises invitent généralement aux manipulations, ce qui en fait baisser le prix et les salit.
Beaucoup de jeunes gens arrivent à l'autel du mariage presque illettrés en ce qui concerne la fonction fondamentale de l’instinct sexuel. Cet instinct n'est pas quelque chose qu'il faut craindre ou dont il faut avoir honte. Il vient de Dieu et a un but élevé et saint. Dieu a pourvu à la continuité du genre humain par l'union des sexes. La reproduction est une loi régnant partout dans la nature. Par l'opération de cette loi divine, l'oeuvre créatrice de Dieu continue.
Les pulsions puissantes du sexe sont instinctives, c'est-à-dire qu'elles viennent de Dieu et par conséquent elles ne sont pas mauvaises en soi. Pour que ces instincts puissent être maîtrisés et dirigés dans les voies qui conviennent, il ne faut s'y laisser aller que dans le sacrement divinement institué du mariage.
La chasteté exige la maîtrise de soi, le respect de la personnalité, le respect des droits des autres et des lois de Dieu. La loi divine de la chasteté s'impose aussi bien aux hommes qu'aux femmes. Tous ont le même besoin et la même responsabilité d'avoir le coeur pur.
Une des armes les plus fatales utilisée par Lucifer contre celui qui pèche pour la première fois est l'implication désarmante qu'ayant une fois péché, il n'y a pas d'espoir et que, par conséquent, il pourrait tout aussi bien s'abandonner et faire l'essai de tous les autres poisons parfumés préparés pour sa destruction totale.
Que tous les jeunes sachent que Dieu est un Père aimant qui se tient prêt à les aider. Il comprend les faiblesses de ses enfants et, s'ils tombent et désirent sincèrement se relever, ils peuvent compter sur son amour et sa miséricorde et obtenir les bénédictions qui suivent la vraie repentance. Mais rappelons-nous tous que, dans son système, il y a une pénalité immuable pour toute loi violée.
Si nous voulons tenir haut le flambeau que nos pères nous ont passé, il faut qu'il y ait de la pureté personnelle au foyer, à l'université, à l'Église.
L'impudicité de pensée, de parole ou d'action, attaque l'intégrité dans son fondement ; l'intégrité est un rempart de la vie.
Refusez de descendre de votre piédestal, refusez d'être bon marché, de vous souiller ou d'être impurs. Refusez de vous solder. Ayez de vous une haute opinion. Lincoln a dit, en parlant de son foyer :
Voici mon coeur, mon bonheur, ma maison.
Ici derrière la fenêtre illuminée est mon amour, mon espoir, ma vie.
La paix est ma compagne sur le chemin qui serpente jusqu'au seuil.
Derrière ce portail réside une force nouvelle dans la sécurité, la sérénité et le rayonnement de ceux que j'aime plus que moi-même.
Ici on bâtira de nouveaux rêves à deux - des rêves qui se réaliseront demain.
Dans le monde entier, ce sont les pensées du soir lorsque les pas se dirigent vers le foyer.
Dans le havre de l'âtre se trouvent le repos, la paix, le réconfort.
Chacun d'entre nous pourrait fort bien faire la prière écrite par le poète :
Feu qui purifie, traverse mon coeur,
Illumine mon âme,
Répands ta lumière dans chaque partie,
Et sanctifie le tout.
Cela correspond à la promesse du Seigneur lui-même :
« …Que la vertu orne sans cesse tes pensées ; alors ton assurance deviendra grande en la présence de Dieu, et la doctrine de la prêtrise se distillera sur ton âme comme la rosée des cieux. Le Saint-Esprit sera ton compagnon constant et ton sceptre, un sceptre immuable de justice et de vérité ; et ta domination sera une domination éternelle et, sans moyens de contrainte, elle affluera vers toi pour toujours et à jamais » (D&A 121:45-46).
Mes chers jeunes amis, un des devoirs qui font partie de la charge incombant à chaque homme qui devient membre du collège des douze apôtres est de témoigner de la divinité de Jésus le Christ.
Quand le Christ demanda : « Qui dis-tu que je suis ? » Pierre répondit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». Jeunes gens, humblement, mais avec la même autorité avec laquelle Pierre parla, je vous dis et je lui dis « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ». Je le sais comme Pierre le savait, par les révélations du Saint-Esprit.
Une autre obligation et un autre privilège qui nous sont donnés est de bénir les gens et je prie humblement Dieu de vous bénir :
Père, bénis et protège ces jeunes hommes et ces jeunes femmes. Protège-les contre les artifices de l'adversaire. Donne-leur le bon sens, ô Dieu, d'être purs. Aide-les à être dignes des bénédictions qui leur sont offertes.
Je demande cette bénédiction sur vous, mes jeunes amis, et je vous dis que vous serez de force à affronter n'importe quelle tentation qui peut vous arriver pourvu que vous y fassiez face avec fermeté lorsqu'elle se présentera. Je le répète, personne ne va en enfer en un seul bond. Méfiez-vous de la première apparition du mal.
Le péché est un monstre à l’air si effrayant
Que pour le haïr il suffit de le voir,
Cependant, à le voir trop souvent, son visage familier
Nous supportons tout d'abord,
Puis nous avons pitié, puis nous acceptons.
Pope
Je vous adresse les bénédictions de la paix, de la camaraderie, de la joie et du bonheur et les bénédictions particulières que donne l'instruction - l'instruction de l'esprit et du coeur. Je vous bénis pour que vous deveniez dignes de vos parents qui prient pour vous et comptent sur vous. Je vous bénis pour que vous soyez dignes du nom que vous portez et pour que vous ayez un témoignage de l'Évangile du Christ. Je vous laisse cette bénédiction et mon témoignage au nom de Jésus-Christ. Amen.
Extrait d’un discours donné le 30 septembre 1962 à l’Université Brigham Young

Le pardon
Gordon B. Hinckley
Président de l’Église
Président de l’Église
D’une certaine façon, le pardon, avec l’amour et la tolérance, accomplit des miracles qui ne peuvent se produire d’aucune autre manière.
Mes chers frères et sœurs, je remercie mon Père céleste d’avoir prolongé ma vie pour que je puisse participer à cette époque pleine de défis. Je le remercie de la possibilité de servir. Je n’ai d’autre désir que de faire tout ce que je peux pour faire avancer l’œuvre du Seigneur, servir son peuple fidèle et vivre en paix avec mes voisins.
Récemment j’ai fait un tour du monde de plus de 40 000 kilomètres au cours duquel je me suis rendu en Alaska, en Russie, en Corée, à Taiwan, à Hong Kong, en Inde, au Kenya et au Nigeria et, dans ce dernier endroit, nous avons consacré un nouveau temple. Nous avons ensuite consacré le temple de Newport Beach, en Californie. Je viens d’aller à Samoa pour une autre consécration de temple, encore 16 000 kilomètres. Je n’aime pas les voyages mais je désire aller parmi notre peuple pour lui dire mon appréciation et l’encourager et pour rendre témoignage de la divinité de l’œuvre du Seigneur.
Je pense souvent au poème que j’ai lu il y a bien longtemps :
Laissez-moi vivre dans une maison au bord de la route,
Là où passe la course des hommes,
Les hommes qui sont bons et les hommes qui sont mauvais,
Aussi bons et aussi mauvais que moi.
Là où passe la course des hommes,
Les hommes qui sont bons et les hommes qui sont mauvais,
Aussi bons et aussi mauvais que moi.
Je ne m’assiérais pas sur le siège du moqueur,
Je ne lancerais pas l’anathème du cynique.
Laissez-moi vivre dans une maison au bord de la route
Et être l’ami de l’homme.
(Sam Walter Foss, « The House by the Side of the Road », dans James Dalton Morrison éd., Masterpieces of Religious Verse, 1948, p. 422).
Je ne lancerais pas l’anathème du cynique.
Laissez-moi vivre dans une maison au bord de la route
Et être l’ami de l’homme.
(Sam Walter Foss, « The House by the Side of the Road », dans James Dalton Morrison éd., Masterpieces of Religious Verse, 1948, p. 422).
C’est comme cela que je vois les choses.
L’âge a un effet sur l’homme. Il le rend plus conscient de la nécessité de la bonté, de la gentillesse et de l’indulgence. Il l’amène à souhaiter de tout son cœur que les hommes puissent vivre ensemble dans la paix, sans guerre, sans querelle, sans dispute, sans conflit. Il devient de plus en plus conscient de la signification de la grande expiation du Rédempteur, de la profondeur de son sacrifice et de la gratitude qu’il doit au Fils de Dieu, qui a donné sa vie pour que nous puissions vivre.
Je souhaite parler aujourd’hui du pardon. Je pense qu’il est sans doute la plus grande vertu qui soit sur terre et certainement la plus nécessaire. Il y a tellement de méchanceté et de mauvais traitements, d’intolérance et de haine. Il y a un si grand besoin de repentir et de pardon ! C’est le grand principe souligné dans toute l’Écriture, ancienne et moderne.
Dans toutes nos Écritures sacrées, il n’est pas de plus belle histoire de pardon que celle du fils prodigue, au 15e chapitre de Luc. Chacun devrait la lire et y réfléchir de temps en temps.
« Lorsqu’il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin.
« Il alla se mettre au service d’un des habitants du pays, qui l’envoya dans ses champs garder les pourceaux.
« Il aurait bien voulu se rassasier des carouges que mangeaient les pourceaux, mais personne ne lui en donnait.
« Étant rentré en lui-même, il se dit : Combien de mercenaires chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim !
« Je me lèverai, j’irai vers mon père, et je lui dirai : Mon père, j’ai péché contre le ciel et contre toi,
« je ne suis plus digne d’être appelé ton fils ; traite-moi comme l’un de tes mercenaires.
« Et il se leva, et alla vers son père. Comme il était encore loin, son père le vit et fut ému de compassion, il courut se jeter à son cou et le baisa.
« Le fils lui dit : Mon père, j’ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d’être appelé ton fils » (Luc 15:14-21).
Et le père organisa un grand festin et quand son autre fils se plaignit, il lui dit : « Il fallait bien s’égayer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et qu’il est revenu à la vie, parce qu’il était perdu et qu’il est retrouvé » (v. 32).
Quand il y a eu une mauvaise action et qu’ensuite il y a eu repentir, suivi du pardon, à ce moment-là l’offenseur qui était perdu est littéralement retrouvé et celui qui était mort est littéralement ramené à la vie.
Comme elles sont merveilleuses, les bénédictions de la miséricorde et du pardon !
Le plan Marshall, après la Deuxième Guerre mondiale, avec le don de millions de dollars, a aidé à remettre l’Europe sur pied.
Au Japon, après cette même guerre, j’ai vu de grandes aciéries, dont on m’a dit que le financement était venu d’Amérique, l’ancien ennemi du Japon. Combien meilleur est ce monde grâce au pardon d’une nation généreuse en faveur de ses anciens ennemis.
Dans le sermon sur la montagne, le Seigneur a enseigné :
« Vous avez appris qu’il a été dit : œil pour œil, et dent pour dent.
« Mais moi, je vous dis de ne pas résister au méchant. Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre.
« Si quelqu’un veut plaider contre toi, et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau.
« Si quelqu’un te force à faire un mille, fais-en deux avec lui.
« Donne à celui qui te demande, et ne te détourne pas de celui qui veut emprunter de toi.
« Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi.
« Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent » (Matthieu 5:38-44).
Ce sont des mots très forts.
Pensez-vous vraiment que vous pourriez suivre ce commandement ? Ce sont les paroles du Seigneur lui-même et je pense qu’elles s’appliquent à chacun de nous.
Les scribes et les Pharisiens amenèrent à Jésus une femme prise en adultère, afin de le prendre au piège.
« Mais Jésus, s’étant baissé, écrivait avec le doigt sur la terre [comme s’il ne les entendait pas].
« Comme ils continuaient à l’interroger, il se releva et leur dit : Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre contre elle.
« Et s’étant de nouveau baissé, il écrivait sur la terre.
« Quand ils entendirent cela, accusés par leur conscience, ils se retirèrent un à un, depuis les plus âgés jusqu’aux derniers ; et Jésus resta seul avec la femme qui était là au milieu.
« Alors s’étant relevé, et ne voyant plus que la femme, Jésus lui dit : Femme, où sont ceux qui t’accusaient ? Personne ne t’a-t-il condamnée ?
« Elle répondit : Non, Seigneur. Et Jésus lui dit : Je ne te condamne pas non plus : va, et ne pèche plus » (Jean 8:6-11).
Le Sauveur a enseigné qu’il fallait laisser les quatre-vingt-dix-neuf brebis pour trouver celle qui était perdue, afin qu’il y ait pardon et réparation.
Ésaïe a dit :
« Lavez-vous, purifiez-vous, Ôtez de devant mes yeux la méchanceté de vos actions ; Cessez de faire le mal.
« Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, protégez l’opprimé ; faites droit à l’orphelin, défendez la veuve.
« Venez et plaidons ! dit l’Éternel. Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige; S’ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine » (Ésaïe 1:16-18).
Le Sauveur a exprimé son amour sans pareil quand, dans son agonie, il s’est écrié : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc 23:34).
À notre époque, le Seigneur a dit dans la révélation :
« C’est pourquoi je vous dis que vous devez vous pardonner les uns aux autres ; car celui qui ne pardonne pas à son frère ses offenses est condamné devant le Seigneur, car c’est en lui que reste le plus grand péché.
« Moi, le Seigneur, je pardonne à qui je veux pardonner, mais de vous il est requis de pardonner à tous les hommes » (D&A 64:9-10).
Le Seigneur a fait une promesse merveilleuse. Il a dit : « Voici, celui qui s’est repenti de ses péchés est pardonné, et moi, le Seigneur, je ne m’en souviens plus » (D&A 58:42).
Il y a tant de gens de nos jours qui ne sont pas disposés à pardonner et à oublier ! Les enfants pleurent, les épouses pleurent parce que les pères et les maris continuent à monter en épingle de petites imperfections qui sont vraiment sans importance. Et il y a aussi beaucoup de femmes qui font toute une histoire pour la moindre parole ou le moindre geste offensant.
Il y a quelque temps, j’ai découpé, dans le Deseret Morning News, un article écrit par Jay Evensen. Avec sa permission j’en cite un extrait. Il écrit :
« Que penseriez-vous d’un adolescent qui déciderait de jeter une dinde congelée de dix kilos d’une voiture roulant à toute vitesse en plein dans le pare-brise de la voiture que vous conduisez ? Que penseriez-vous après avoir supporté six heures d’intervention chirurgicale où l’on aurait utilisé des plaques de métal et d’autres matériaux pour vous refaire un visage et après avoir appris que des années de thérapie vous attendent encore avant de pouvoir revenir à une situation normale – et que vous devez vous estimer heureux de ne pas avoir été tué ou de ne pas avoir subi de dommages permanents au cerveau ?
« Et que penseriez-vous après avoir appris que si votre assaillant et ses copains avaient la dinde, c’était parce qu’ils avaient volé une carte de crédit et s’étaient lancés dans une frénésie d’achats insensée, juste pour s’amuser ? …
« C’est le genre de délit hideux qui fait élire les politiciens après qu’ils ont promis de sanctionner plus sévèrement la criminalité. C’est le genre de chose qui incite des législateurs à se bousculer pour être les premiers à faire une proposition de loi qui ajouterait des sanctions renforcées pour l’usage de volaille surgelée dans l’exécution d’un délit.
« Le New York Times citait le procureur de la république qui disait que c’était le genre de délit pour lequel les victimes trouvent qu’aucune punition n’est suffisamment sévère. ‘Même la mort ne les satisfait pas’, a-t-il dit.
« C’est ce qui rend aussi exceptionnel ce qui s’est vraiment passé. La victime, Victoria Ruvolo, 44 ans, ancienne directrice d’une société de recouvrement de dettes, tenait plus à sortir son assaillant de 19 ans, Ryan Cushing, de sa situation qu’à exiger une quelconque vengeance. Elle a harcelé le ministère public pour qu’il lui donne des renseignements sur lui, sur sa vie, sur la façon dont il avait été élevé, etc. Ensuite, elle a insisté pour lui offrir une convention de réduction de peine. Cushing pourrait passer six mois à la prison du comté et être en liberté conditionnelle pendant cinq ans s’il plaidait coupable d’agression au second degré.
« S’il avait été condamné pour agression au premier degré, la condamnation répondant le mieux au délit, il aurait fait vingt-cinq ans de prison et aurait finalement été rendu à la vie civile une fois devenu un homme entre deux âges sans qualifications ni perspectives.
« Mais ce n’est pas là toute l’histoire. Le reste, ce qui s’est produit le jour où tout cela s’est passé dans la salle du tribunal, est la partie qui est véritablement remarquable.
« Selon un compte rendu du New York Post, Cushing s’est dirigé prudemment et avec hésitation vers l’endroit où Ruvolo se trouvait au tribunal et, en larmes, lui a chuchoté des excuses. ‘Je suis tellement désolé de ce que je vous ai fait !’
« Ruvolo s’est alors levée, et la victime et son assaillant sont tombés dans les bras l’un de l’autre en pleurant. Elle lui a caressé la tête et lui a tapoté le dos pendant qu’il sanglotait et des témoins, entre autres un journaliste du Times, l’ont entendue dire : ‘Ça va. Je veux simplement que vous tiriez le meilleur parti possible de votre vie. Selon ce qui nous a été raconté, des procureurs aguerris et même des journalistes ont refoulé leurs larmes » (« Forgiveness Has Power to Change Future », Deseret Morning News, 21 août 2005, p. AA3).
Quelle merveilleuse histoire que celle-là, encore plus merveilleuse parce qu’elle a réellement eu lieu et qu’elle s’est produite à New York, cette ville de durs. Qui peut ressentir autre chose que de l’admiration pour cette femme qui a pardonné au jeune homme qui aurait pu lui ôter la vie ?
Je sais que je parle de quelque chose de délicat et de sensible. Il y a des criminels endurcis qui peuvent devoir être enfermés. Il y a des crimes indescriptibles, tels que le meurtre et le viol délibérés, qui justifient des châtiments sévères. Mais il y a des gens à qui l’on pourrait épargner de longues années abrutissantes en prison suite à un acte inconsidéré et stupide. D’une certaine façon, le pardon, avec l’amour et la tolérance, accomplit des miracles qui ne peuvent se produire d’aucune autre manière.
La grande Expiation a été l’acte suprême de pardon. L’ampleur de cette Expiation dépasse notre capacité de la comprendre complètement. Je sais seulement qu’elle s’est produite et qu’elle était pour moi et pour vous. La souffrance était si grande, la torture si intense, quand le Sauveur s’est offert en rançon pour les péchés de toute l’humanité, qu’aucun de nous ne peut les comprendre.
C’est par lui que nous obtenons le pardon. C’est par lui que vient la promesse certaine que toute l’humanité se verra accorder les bénédictions du salut, avec la résurrection des morts. C’est par lui et par son sacrifice universel que la possibilité de l’exaltation et de la vie éternelle nous est offerte par l’obéissance.
Puisse Dieu nous aider à être un peu plus gentils, à faire preuve de plus de patience, à être plus disposés à pardonner, plus disposés à faire le deuxième mille, à relever ceux qui ont péché mais ont produit les fruits du repentir, à mettre de côté les vieilles rancunes et à ne plus les entretenir. Je prie humblement pour cela, au nom sacré de notre Rédempteur, à savoir le Seigneur Jésus-Christ. Amen.

Pourquoi
rester moralement pur
Boyd K. Packer
Assistant des Douze de 1961 à 1970
Membre du collège des Douze depuis 1970
Président suppléant du collège des Douze depuis 1994
Il y a aujourd'hui beaucoup de jeunes dans notre auditoire. C'est à eux et en particulier aux adolescents que je parle. Le sujet doit vous intéresser considérablement : pourquoi rester moralement pur ?
J'aborde ce sujet avec le plus profond respect. Ceci peut surprendre certains, car ce sujet est celui dont on parle le plus, que l'on chante le plus et sur lequel on plaisante le plus. Presque toujours, on en parle sans pudeur.
Mon intention est de défendre la pudeur et non de l'offenser en entreprenant de parler de ce délicat sujet.
Jeunes gens, mon message est d'une très grande importance pour vous. Il concerne votre bonheur futur. Certaines des choses que je vais dire seront peut-être nouvelles pour ceux qui n'ont pas lu les Écritures.
Au commencement, avant votre naissance dans la mortalité vous avez vécu avec notre Père céleste. C'est un Être réel. Il vit réellement. Il y en a parmi ceux qui vivent sur la terre qui rendent témoignage de son existence. Nous avons entendu ses serviteurs le faire à cette session de la conférence. Il vit et j'en rends témoignage.
Il vous a connu là-bas. Parce qu'il vous aimait, il a vivement désiré votre bonheur et votre progression éternelle. Il a voulu que vous puissiez choisir librement et progresser par le pouvoir d'un choix correct, de manière à devenir semblables à lui. Pour y arriver, il fallait que nous quittions sa présence. Un peu comme s'en aller à l'école. Un plan fut présenté et chacun accepta de quitter la présence de notre Père céleste pour connaître la vie mortelle.
Deux grandes choses nous étaient réservées en venant dans ce monde. Tout d'abord nous recevrions un corps mortel, créé à l'image de Dieu. Grâce à lui, par un contrôle approprié, nous pourrions obtenir la vie et le bonheur éternels. Deuxièmement, nous serions mis à l'épreuve de manière à progresser en force et en pouvoir spirituel.
Or, ce premier but est merveilleusement important, car ce corps qui nous est donné sera ressuscité et nous servira tout au long des éternités.
Selon le plan accepté, Adam et Ève furent envoyés sur terre pour être nos premiers parents. Ils pouvaient préparer des corps physiques aux premiers esprits qui seraient introduits dans cette vie.
Notre corps fut muni - et cela est sacré - d'un pouvoir de création, d'une lumière pour ainsi dire, qui a le pouvoir d'allumer d'autres lumières. Ce don ne devait être utilisé que dans les liens sacrés du mariage.
Par l'exercice de ce pouvoir de création, on peut concevoir un corps mortel, y faire entrer un esprit et faire naître une nouvelle âme dans cette vie.
Ce pouvoir est bon. Il peut créer et soutenir la vie de famille, et c'est dans la vie de famille que nous trouvons les sources du bonheur. Il est donné à quasiment toutes les personnes qui viennent au monde.
C'est un pouvoir sacré et important et, je le répète, mes jeunes amis, ce pouvoir est bon.
Vous qui êtes adolescents, comme tous les autres fils et filles d'Adam et Eve, vous avez ce pouvoir en vous.
Le pouvoir de création - ou nous pourrions dire de procréation - n'est pas une partie accessoire du plan ; c'est une partie essentielle. Sans lui, le plan ne pourrait se développer. Son mauvais usage peut contrarier le plan.
Une grande partie du bonheur que vous pouvez recevoir dans cette vie dépendra de la façon dont vous utilisez ce pouvoir sacré de création. Le fait que vous, jeunes gens, pouvez devenir pères et que vous, jeunes filles, pouvez devenir mères est d'une importance capitale pour vous.
En se développant au-dedans de vous, ce pouvoir vous poussera à rechercher un compagnon ou une compagne et vous donnera le pouvoir de l'aimer et de le garder ou de la garder.
Je le répète, ce pouvoir d'agir pour créer la vie est sacré. Vous pourrez avoir un jour une famille à vous. Par l'exercice de ce pouvoir, vous pourrez inviter des enfants à venir vivre avec vous - des petits garçons et des petites filles qui seront à vous - créés, dans un sens, à votre propre image. Vous pourrez fonder un foyer, une domination où vous exercerez pouvoir et influence et qui vous donnera des possibilités nombreuses. Ceci entraîne de grandes responsabilités.
Ce pouvoir créateur est accompagné de désirs et de pulsions puissants. Vous les avez déjà ressentis dans votre changement d'attitude et d'intérêts.
En entrant dans l'adolescence, un garçon ou une fille deviennent tout à coup quelque chose de nouveau et d'intensément intéressant. Vous remarquerez le changement des formes et des traits dans votre corps et dans celui des autres. Vous connaîtrez très tôt le chuchotement du désir physique.
Il fallait que ce pouvoir de création eût au moins deux dimensions : tout d'abord, il devait être fort et ensuite il devait être plus ou moins constant.
Ce pouvoir devait être fort, car la plupart des hommes cherchent par nature l'aventure. S'il n'y avait la persuasion contraignante de ces sentiments, les hommes ne seraient pas disposés à accepter la responsabilité d'entretenir un foyer et une famille. Ce pouvoir devait être constant aussi, car cela devient un lien dans la vie de famille.
Vous êtes, je pense, suffisamment âgés pour regarder autour de vous dans le règne animal. Vous voyez bien vite là où ce pouvoir de création est quelque chose de passager, quand il ne s'exprime que lors d'une saison particulière, il n'y a pas de vie de famille.
C'est par ce pouvoir que la vie continue. Un monde plein d'épreuves, de craintes et de déceptions peut être transformé en un royaume d'espérance, de joie et de bonheur. Chaque fois qu'un enfant naît, le monde est en quelque sorte renouvelé dans l'innocence.
Je tiens à vous répéter encore, jeunes gens, que ce pouvoir qui est en vous est bon. C'est un don de Dieu notre Père. Nous pouvons nous rapprocher davantage de lui en l'exerçant correctement que par n'importe quel autre moyen.
Nous pouvons avoir, en miniature, beaucoup de ce que notre Père céleste a en nous gouvernant, nous, ses enfants. On ne peut imaginer de plus grande école, ni de plus grand lieu d'épreuve.
Est-il donc étonnant que dans l'Église le mariage soit si sacré et si important ? Pouvez-vous comprendre pourquoi votre mariage, qui libère ces pouvoirs de création pour votre usage, doit être l'étape la plus soigneusement planifiée, la plus soigneusement examinée de votre vie ? Devrions-nous considérer comme extraordinaire que le Seigneur ait commandé la construction de temples pour accomplir des cérémonies de mariage ?
Il y a autre chose que je voudrais vous dire en guise d'avertissement. Au commencement, il y en avait un parmi nous qui se révolta contre le plan de notre Père céleste. Il décida de détruire et de contrarier ce plan.
Il se vit empêcher de posséder un corps mortel et fut chassé - et se vit empêché à tout jamais de créer un royaume à lui. Il devint sataniquement jaloux. Il sait que ce pouvoir de création n'est pas simplement une annexe au plan, mais une des clefs.
Il sait que s’il peut vous amener à utiliser ce pouvoir prématurément, à l'utiliser trop tôt ou à en faire mauvais usage d’une manière ou d’une autre, vous perdrez vos possibilités de progresser éternellement.
C'est un être réel venu du monde invisible. Il a un grand pouvoir. Il l'utilisera pour vous persuader de transgresser les lois établies pour protéger les pouvoirs sacrés de création.
Dans les temps anciens, il était trop rusé pour présenter à quelqu’un une invitation ouverte à être immoral. Mais il tentait plutôt sournoisement et discrètement jeunes et vieux à avoir des pensées relâchées vis-à-vis de ces pouvoirs sacrés de création, à ramener à un niveau vulgaire ou commun ce qui est sacré et beau.
Sa tactique a changé maintenant. Il le décrit comme n'étant qu’un appétit qui doit être satisfait. Il enseigne qu’aucune responsabilité n'accompagne l'usage de ce pouvoir. Le plaisir, vous dira-t-il, en est le seul but.
Ses invitations diaboliques apparaissent sur les affiches. On les transforme en plaisanteries et on les écrit dans les paroles des chansons. On les joue à la télévision et au cinéma. Elles vous font signe maintenant dans la plupart des magazines. Il y a des magazines - vous connaissez le mot : pornographiques - des persuasions ouvertes et perverses de corrompre et de faire mauvais usage de ce pouvoir sacré.
Vous grandissez dans une société où vous êtes constamment invités à toucher à ces pouvoirs sacrés.
Je vais vous conseiller et je veux que vous vous souveniez de ces paroles.
Ne laissez absolument personne toucher ou manipuler votre corps. Personne. Ceux qui vous disent le contraire font du prosélytisme auprès de vous pour que vous partagiez leur culpabilité. Nous vous enseignons à conserver votre innocence.
Détournez-vous de quiconque veut vous persuader d’expérimenter ces pouvoirs donneurs de vie.
Il ne suffit pas qu'un tel relâchement soit généralisé aujourd’hui dans la société ;
Il ne suffit pas que deux parties consentent à s'y livrer ;
Il ne suffit pas de s’imaginer que c'est une expression normale de l'affection, pour faire que ce soit juste.
Le seul usage juste de ce pouvoir sacré réside au sein de l'alliance du mariage.
Ne faites jamais mauvais usage de ces pouvoirs sacrés.
Et maintenant, mes jeunes amis, je dois vous dire très sérieusement que Dieu a déclaré dans un langage sur lequel on ne peut se méprendre que le malheur et le chagrin suivront la violation des lois de la chasteté. « …la méchanceté n’a jamais été le bonheur » (Alma 41:10).
Ces lois ont été établies pour guider tous ses enfants dans l'utilisation de ce don.
Il n'a pas besoin d’être rancunier ou vindicatif pour qu’un châtiment résulte de l'infraction au code moral. Les lois sont établies d'elles-mêmes.
Une gloire merveilleuse vous attend si vous vivez dignes. La perte de la couronne sera un châtiment suffisant. Souvent, très souvent, nous plus punis par nos péchés que pour eux.
Je suis certain qu’il y a plus d'un jeune qui m'entend maintenant qui est déjà tombé en transgression. Certains d’entre vous, jeunes gens, presque innocents de toute intention mais persuadés par les tentations, ont déjà, j'en suis sûr, fait mauvais usage de ce pouvoir.
Sachez donc, mes jeunes amis, qu'il y a un grand pouvoir purificateur. Et sachez que vous pouvez être purs.
Si vous n’êtes pas membre de l'Église, l'alliance du baptême lui-même représente, entre autres choses, une purification.
Pour ceux d'entre vous qui sont membres de l'Église, il y a un moyen, pas tout à fait sans douleur, mais possible. Vous pouvez aller vous présenter purs et sans tache devant lui. La culpabilité aura disparu, et vous pourrez être en paix. Allez trouver votre évêque. Il détient la clef de ce pouvoir purificateur.
Puis un jour vous pourrez connaître l'expression pleine et juste de ces pouvoirs et le bonheur et la joie qui les accompagnent dans une belle vie de famille. En temps voulu, dans les liens de l'alliance du mariage, vous pouvez vous laisser aller à ces expressions sacrées de l'amour qui culminent dans la création de la vie elle-même.
Un jour, vous tiendrez dans vos bras un petit garçon ou une petite fille et vous saurez que deux d'entre vous ont agi en collaboration avec notre Père céleste pour créer la vie. Étant donné que l'enfant vous appartient, vous pourrez arriver à aimer quelqu'un plus que vous ne vous aimez vous-même.
Cette expérience ne peut vous être donnée, autant que je sache, qu'en ayant des enfants à vous, et peut-être en adoptant les enfants nés de quelqu'un d'autre et cependant attachés à vous par des alliances familiales.
Certains d'entre vous ne connaîtront peut-être pas les bénédictions du mariage. N'en protégez pas moins ces pouvoirs sacrés de création, car il y a un grand pouvoir de compensation qui peut s'appliquer à vous.
En aimant ainsi quelqu'un plus que vous ne vous aimez vous-même, vous devenez vraiment chrétiens. Alors, vous savez, comme peu d'autres le savent, ce que signifie le mot Père quand on en parle dans les Écritures. Vous pourrez alors ressentir un petit peu l'amour et le souci qu'il a pour nous.
Ce devrait être quelque chose de très significatif que parmi tous les titres de respect, d'honneur et d'admiration que l'on pourrait lui donner, Dieu lui-même, qui est le plus élevé de tous, a choisi de se faire appeler simplement père.
Protégez et conservez votre don. Votre bonheur véritable est en jeu. La vie familiale éternelle, qui n'est en ce moment que dans vos espérances et vos rêves, vous pouvez y parvenir parce que notre Père céleste vous adonné ce don, le plus précieux de tous : le pouvoir de création. C'est la clef même du bonheur.
Conservez ce don aussi sacré et aussi pur. Ne l'utilisez que comme le Seigneur l'a commandé.
Mes jeunes amis, il y a beaucoup de bonheur et de joie à trouver dans cette vie. Je peux en témoigner.
Je vous imagine avec un compagnon ou une compagne que vous aimez et qui vous aime. Je vous imagine à l'autel du mariage, contractant des alliances sacrées. Je vous imagine dans un foyer où l'amour a son accomplissement, et je vous imagine avec des petits enfants autour de vous et je vois votre amour grandir avec eux.
Je ne peux pas encadrer ce tableau. Je ne le ferais pas si je le pouvais, car il n'y a pas de limites. Votre bonheur n'aura pas de fin si vous obéissez à ses lois.
Je prie que les bénédictions de Dieu soient sur vous, notre jeunesse. Puisse notre Père céleste veiller sur vous et vous soutenir, afin que vous puissiez, dans l'expression de ce don sacré, vous approcher de lui. Il est vivant. Il est notre Père. J'en rends témoignage au nom de Jésus-Christ. Amen.
Discours prononcé à la conférence générale de l'Église, le 9 avril 1972
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