Le Livre de Mormon



AuthenticitéduLivre de Mormon



James E. Talmage (1862-1933)

Président de l'université d'Utah de 1894 à 1897
Membre du collège des Douze de 1911 à 1933

      Ce sujet est d'un intérêt vital pour toute personne qui cherche véritablement la parole de Dieu, pour chaque chercheur de vérité sincère. Prétendant être, en ce qui concerne la dispensation actuelle, une nouvelle Écriture, présentant des prophéties et des révélations qui ne sont pas encore reconnues jusqu'à présent dans la théologie moderne, proclamant au monde le message d'un peuple disparu, écrit par commandement et par l'esprit de prophétie et de révélation, ce livre a droit à l'examen le plus approfondi et le plus impartial. Non seulement le Livre de Mormon mérite une telle considération, mais encore il la réclame, l'exige même ; car nul homme, professant croire au pouvoir et à l'autorité de Dieu, ne peut recevoir avec indifférence l'annonce d'une nouvelle révélation professant porter le sceau de l'autorité divine. La question de l'authenticité du Livre de Mormon est, par conséquent, une question qui intéresse le monde entier.

      Les Saints des Derniers Jours fondent leur croyance en l'authenticité du livre sur les preuves suivantes :

1. L'accord général entre le Livre de Mormon et la Bible dans toutes les matières qui leur sont communes.

2. L'accomplissement d'anciennes prophéties par la parution du Livre de Mormon.

3. La stricte harmonie et la logique du Livre de Mormon avec lui-même.

4. La véracité évidente des prophéties qu'il contient.

      À cela, nous pouvons ajouter certaines preuves externes ou extra-scripturales, parmi lesquelles :

5. Les témoignages corroboratifs présentés par l'archéologie et l’ethnologie.


1. Le Livre de Mormon et la Bible

      Les Écritures néphites et juives s'accordent en matière de tradition, d'histoire, de doctrine et de prophétie dont les deux ouvrages traitent séparément. Ces deux volumes d'Écritures furent préparés sur des hémisphères opposés, dans des conditions tout à fait différentes. Cependant il y a entre eux une harmonie surprenante, qui confirme leur inspiration divine à tous deux. Le Livre de Mormon contient un certain nombre de citations extraites des anciennes Écritures juives, dont une copie, comprenant ce qui avait été compilé à l'époque où Léhi s'enfuit de Jérusalem, fut apportée sur le continent occidental, dans les annales gravées sur les plaques d'airain de Laban. Lorsque de tels passages sont cités, il n'y a aucune différence essentielle entre la version de la Bible et celle du Livre de Mormon, excepté dans des cas d'erreurs probables de traduction - que le manque de suite logique ou de clarté du texte biblique révèle ordinairement. Il existe cependant de nombreuses variations mineures dans des parties correspondantes des deux volumes ; et, dans de tels cas, un examen approfondi démontre généralement la clarté supérieure des Écritures néphites.

      Lorsqu'on compare soigneusement les prophéties de la Bible avec les prédictions correspondantes contenues dans le Livre de Mormon, par exemple, celles qui se rapportent à la naissance, au ministère terrestre, à la mort sacrificatoire et à la seconde venue de Jésus-Christ avec d'autres qui se rapportent à la dispersion et au rassemblement d'Israël, et avec celles qui se rapportent à l'établissement de Sion et à la reconstruction de Jérusalem dans les derniers jours, on voit que chacun des livres sacrés corrobore l'autre. Il est vrai que l'un renferme de nombreuses prédictions qui ne se trouvent pas dans l'autre, mais, dans aucun cas, il n'est possible de déceler la moindre contradiction ou la moindre inconséquence. La même harmonie règne parfaitement entre les parties des deux volumes qui traitent de doctrine.


2. Prophéties concernant le Livre de Mormon

      Les anciennes prophéties ont été littéralement accomplies par la parution du Livre de Mormon. Un des premiers oracles portant directement sur ce sujet fut prononcé par Énoch, prophète antédiluvien auquel le Seigneur révéla ses desseins jusqu'à la fin des temps. Témoin, en vision, de la corruption du genre humain, après l'ascension du Fils de l'Homme, Énoch invoqua son Dieu : « Ne reviendras-tu plus sur la terre ?... Et le Seigneur dit à Énoch : Comme je vis, je viendrai dans les derniers jours... Et le jour viendra où la terre se reposera, mais, avant ce jour-là, les cieux seront obscurcis et un voile de ténèbres couvrira la terre ; et les cieux trembleront et la terre aussi ; et il y aura de grandes tribulations parmi les enfants des hommes, mais je protégerai mon peuple. Et je ferai descendre la justice des cieux, et je ferai monter la vérité de la terre pour rendre témoignage de mon Fils unique... Et je ferai en sorte que la justice et la vérité balayent la terre comme un déluge, pour rassembler mes élus des quatre coins de la terre, en un lieu que je préparerai » (Moïse 7:59-62). Les saints des derniers jours considèrent la parution du Livre de Mormon, et le rétablissement de la prêtrise par le service direct de messagers célestes, ensemble, comme l'accomplissement de cette prophétie, et de prédictions semblables contenues dans la Bible.

      David, qui chanta ses psaumes plus de mille ans avant le « midi des temps » prédit : « La vérité jaillit de la terre et la justice regarde du haut des cieux » (Psaumes 85:12, selon la version du Roi Jacques. La version Segond dit : « La fidélité germe de la terre », ndt). C'est ce qu'Ésaïe déclara également (voir Ésaïe 45:8). Ézéchiel vit en vision (voir Ézéchiel, chap. 37, particulièrement versets 15-20) le rapprochement du bois de Juda et du bois de Joseph, qui signifient la Bible et le Livre de Mormon. Voici quelles sont les paroles d'Ézéchiel : « La parole de Jéhovah me fut adressée en ces termes : Et toi, fils de l'homme, prends une pièce de bois et écris dessus : Pour Juda, et pour les enfants d'Israël qui lui sont associés. Prends une autre pièce de bois, et écris dessus : Pour Joseph, bois d'Éphraïm et de toute la maison d'Israël qui lui est associée. Rapproche-les l'une de l'autre pour en former une seule pièce, en sorte qu'elles soient unies dans ta main ».

      Lorsque nous nous rappelons l'ancienne façon de faire des livres - qui consistait à écrire sur de longues bandes de parchemin qu'on roulait sur des rouleaux de bois, l'emploi du mot « bois » comme équivalent de « livre », dans le passage cité, devient apparent (voir emploi correspondant du mot « rouleau » dans Jérémie 36:1, 2, version anglaise, et son synonyme « livre » dans les versets 8, 10, 11 et 13). À l'époque où cet oracle fut rendu, les Israélites étaient divisés en deux nations connues sous le nom de royaume de Juda et royaume d'Israël, ou d'Éphraïm. Il est clair que ce sont les annales séparées de Juda et de Joseph qui sont mentionnées ici (comparez la prédiction de Léhi à son fils Joseph, 2 Néphi 3:12). Or, comme nous l'avons vu, la nation néphite comprenait les descendants de Léhi, qui était de Manassé, ceux d'Ismaël, qui était d'Éphraïm, et ceux de Zoram, dont nous ignorons la tribu. Les Néphites étaient donc des tribus de Joseph : et leurs annales ou « bois » sont représentées aussi réellement par le Livre de Mormon que le « bois » de Juda l'est par la Bible.

      Le fait que la parution des annales de Joseph ou Éphraïm devait être accomplie par le pouvoir direct de Dieu, apparaît clairement dans l'explication que le Seigneur donne de la vision d'Ézéchiel : « Voici, je prendrai le bois de Joseph... je le joindrai au bois de Juda » (Exode 37:19). Cette union des deux annales devait être une caractéristique des derniers jours ; la prédiction d'un événement qui devait suivre immédiatement le rassemblement des tribus de parmi les nations au milieu desquelles elles avaient été dispersées l'indique bien (voir Exode 37:21). Une comparaison avec les autres prophéties relatives au rassemblement prouvera d'une manière concluante qu'il a été prédit que ce grand événement aurait lieu dans les derniers temps et préparerait la seconde venue du Christ.

      Revenant aux écrits d'Ésaïe, nous trouvons ce prophète exprimant les menaces du Seigneur contre Ariel ou Jérusalem, « cité dont David fit sa demeure ». Ariel devait être dans la détresse, affligé et dans la douleur. Le prophète parle ensuite d'un peuple autre que Juda qui occupait Jérusalem, car il fait la comparaison avec cette dernière, disant : « Et la ville sera pour moi comme un Ariel ». Au sujet de la malédiction décrétée contre cet autre peuple, nous lisons : « Tu seras abaissée, ta parole viendra de terre, et les sons en seront étouffés par la poussière ; ta voix sortira de terre comme celle d'un spectre, et c'est de la poussière que tu murmureras tes discours » (Ésaïe 29:4 - lire versets 1-6).

      Voici ce qu'un apôtre des derniers jours a écrit sur l'accomplissement de ces prophéties et d'autres qui leur sont associées : « Ces prédictions d'Ésaïe ne pouvaient pas se rapporter à Ariel ou Jérusalem, parce que leurs paroles ne sont pas venues « de terre » et ne sont pas « étouffées de poussière ». Mais elles se rapportent au reste de Joseph qui fut détruit en Amérique, il y a plus de quatorze cents ans. Le Livre de Mormon décrit leur chute et elle fut vraiment grande et terrible. À la crucifixion du Christ, comme Ésaïe le prédit, « la multitude des guerriers fut comme la paille qui s'envole », et cela arriva, comme il le prédit en outre, « soudainement, en un instant »... Ce reste de Joseph, par sa détresse et sa destruction, devint comme un Ariel. De même que les armées romaines assiégèrent Ariel et le plongèrent dans la détresse et dans la douleur, de même, les nations en guerre de l'Amérique ancienne attirèrent l'une sur l'autre les scènes les plus affreuses de sang et de carnage. C'est pourquoi le Seigneur pouvait dire à juste titre, en parlant de cet événement : « Et la ville sera pour moi comme un Ariel » (Orson Pratt, Divine Authenticity of the Book of Mormon, pp. 293, 294, Utah éd., 1891).

      Cette prédiction saisissante d'Ésaïe, que la nation ainsi abaissée parlerait « de terre » avec une voix « étouffée par la poussière », fut littéralement accomplie par la parution du Livre de Mormon, dont l'original fut tiré de terre ; et la voix de ces annales est comme la voix de quelqu'un parlant de la poussière. Nous lisons dans la même prophétie : « Toute la révélation est pour vous comme les mots d'un livre cacheté que l'on donne à un homme qui sait lire, en disant : Lis donc cela ! Et qui répond : Je ne le puis, car il est cacheté ! Ou comme un livre que l'on donne à un homme qui ne sait pas lire, en disant : Lis donc cela ! Et qui répond : Je ne sais pas lire » ! (Ésaïe 29:11,12). Cette prophétie fut accomplie par la présentation d'une transcription partielle des plaques - « les mots d'un livre », non pas le livre lui-même - à un érudit, le professeur Charles Anthon dont nous avons cité la réponse précédemment, réponse qui correspond à la prophétie presque mot pour mot, et par la remise du livre lui-même au jeune illettré, Joseph Smith.


3. Cohérence du Livre de Mormon

      La cohérence interne du Livre de Mormon confirme la croyance en son origine divine. Les différentes parties témoignent d'elles-mêmes, de façon évidente, qu'elles ont été écrites à différentes époques et dans des conditions très variées. Le style des livres qui le composent est en harmonie avec l'époque et les circonstances de leur production. Les portions transcrites des plaques contenant l'abrégé de Mormon contiennent de nombreuses interpolations, commentaires et explications de la part du compilateur. Mais dans les six premiers livres, qui, comme nous l'avons déjà expliqué, sont le texte même des petites plaques de Néphi, on ne trouve aucune interpolation de ce genre. Le livre maintient sa cohérence d'un bout à l'autre ; on n'y a trouvé ni contradiction ni désaccord.

      La diversité du style caractérise les différents livres (voir série d'articles par J. M. Sjodahl, intitulés Authenticity of the Book of Mormon, dans Millennial Star, Liverpool, vol. 77, 1915, commençant pp. 465. 481, 497 et 513). D'après ce qui a été dit des diverses séries de plaques qui constituent l'accumulation originale des annales desquelles le Livre de Mormon a été traduit, il est évident que le volume contient les écrits compilés d'une longue lignée d'écrivains inspirés s'étendant sur une période de mille ans, si on ne compte pas les années antérieures de l'histoire jarédite. Dans de telles conditions il ne faut pas s'attendre à rencontrer de l'unité de style.


4. Le Livre de Mormon confirmé par l'accomplissement des prophéties qu'il contient 

      Les prédictions du Livre de Mormon sont nombreuses et importantes. Parmi les preuves les plus concluantes de l'authenticité du livre, sont celles qui sont fournies par la véracité démontrée des prophéties qu'il contient et il n'est point de meilleure preuve de la véracité d'une prophétie que son accomplissement. Les prédictions contenues dans le Livre de Mormon peuvent être réparties en deux classes : 1) Les prophéties relatives à l'époque couverte par le livre lui-même et dont l'accomplissement y est rapporté ; 2) les prophéties relatives à une époque ultérieure à celle de l'histoire rapportée dans le livre.

      Les prophéties de la première classe citée, dont l'accomplissement est attesté par le Livre de Mormon lui-même, sont de moindre valeur comme preuves de l'authenticité de l’œuvre ; car si le livre était une fiction écrite par des hommes, ceux-ci auraient mis tous leurs soins et toute leur ingéniosité à fournir l'accomplissement de chaque prédiction. Néanmoins, au lecteur studieux et consciencieux, l'authenticité du livre sera apparente ; et la réalisation littérale des prédictions nombreuses et variées au sujet du destin, alors futur, du peuple dont l'histoire est écrite dans ces annales et aussi des prophéties concernant les détails sur la naissance et la mort du Sauveur et sur son apparition à ce peuple dans son état ressuscité doit, par sa précision et sa cohérence être une preuve frappante de l'inspiration et de l'autorité de ces annales.

      Les prophéties de la deuxième classe relatives à une époque qui était loin dans l'avenir pour les écrivains, sont nombreuses et explicites. Beaucoup d'entre elles ont spécialement trait aux derniers jours - à la dispensation de la plénitude des temps - et de celles-ci, certaines se sont déjà accomplies littéralement, d'autres sont actuellement en voie de réalisation, tandis que d'autres attendent encore le temps de leur accomplissement, dans des conditions spécifiées qui semblent maintenant approcher rapidement. Parmi les plus remarquables des prédictions du Livre de Mormon, relatives à la dernière dispensation, sont celles qui annoncent sa parution et l'effet de sa publication parmi les hommes. La prophétie d'Ézéchiel, concernant la réunion des « bois » ou annales de Juda et d'Éphraïm, a déjà eu notre attention. Considérez la promesse faite à Joseph qui fut vendu en Égypte et répétée par Léhi à son fils Joseph - prédiction qui combine la prophétie concernant le livre à celle qui concerne le voyant par l'intermédiaire duquel le miracle devait être accompli : « Mais je susciterai un voyant du fruit de tes reins, et je lui donnerai le pouvoir d'apporter ma parole à la postérité de tes reins - et pas seulement d'apporter ma parole, dit le Seigneur, mais aussi de les convaincre de ma parole qui sera déjà allée parmi eux. C'est pourquoi le fruit de tes reins écrira, et le fruit des reins de Juda écrira ; et ce qui sera écrit par le fruit de tes reins et aussi ce qui sera écrit par le fruit des reins de Juda, sera réuni pour confondre les fausses doctrines, pour mettre fin aux disputes, pour établir la paix au milieu du fruit de tes reins et pour l'amener, dans les derniers jours, à la connaissance de ses pères et aussi à la connaissance de mes alliances, dit le Seigneur. Et de faible qu'il sera, je le rendrai fort, au jour où mon oeuvre commencera parmi tout mon peuple, pour te restaurer, ô maison d'Israël, dit le Seigneur » (2 Néphi 3:11-13). Il est clair que ces oracles se sont littéralement accomplis dans la parution du Livre de Mormon par l'intermédiaire de Joseph Smith.

      Le Seigneur montra à Néphi quel serait l'effet de la nouvelle publication, déclarant que le jour du rassemblement d'Israël - c'est-à-dire le jour de la plénitude des temps, comme l'attestent les Écritures juives - les paroles des Néphites seraient publiées au monde et « retentiraient jusqu'aux bouts de la terre, comme un étendard » pour la maison d'Israël ; et qu'alors, les Gentils, oubliant même leur dette envers les Juifs, desquels ils avaient reçu la Bible en laquelle ils professent avoir tant foi, insulteraient et maudiraient cette branche du peuple de l'alliance, et rejetteraient les nouvelles Écritures, en disant : « Une Bible, une Bible, nous avons une Bible, et il ne peut y avoir d'autre Bible » (2 Néphi 29:3, lire le chapitre). N'est-ce pas là la teneur des objections frénétiques élevées par le monde des Gentils contre le Livre de Mormon - qu'il est nécessairement inutile parce qu'il ne faut pas s'attendre à de nouvelles révélations ?

      Autrefois, deux témoins étaient requis pour établir la véracité d'une allégation, et, dit le Seigneur, au sujet des deux annales qui rendent témoignage de lui : « Pourquoi murmurez-vous parce que vous allez recevoir davantage de ma parole ? Ne savez-vous point que le témoignage de deux nations vous est donné comme preuve que je suis Dieu, et que je me souviens d'une nation autant que d'une autre ? C'est pourquoi ce que je dis à l'une, je le dis à l'autre. Et quand les deux nations se réuniront, le témoignage des deux nations se réunira aussi » (2 Néphi 29:8).

      Une autre prophétie est associée à ces prédictions du témoignage conjoint des Écritures juives et néphites, dont les fidèles attendent avec espoir et patience la consommation. Des Écritures supplémentaires sont promises, à savoir les annales des dix tribus. Notez bien cette promesse : « C'est pourquoi, parce que vous avez une Bible, vous ne devez point supposer qu'elle contient toutes mes paroles ; et vous ne devez point supposer non plus que je n'en aie point fait écrire davantage... car voici je parlerai aux Juifs, et ils l'écriront ; et je parlerai aussi aux Néphites, et ils l'écriront ; je parlerai aussi aux autres tribus de la maison d'Israël, que j'ai emmenées au loin, et elles l'écriront ; et je parlerai aussi à toutes les nations de la terre et elles l'écriront. Et il arrivera que les Juifs auront les paroles des Néphites, et que les Néphites auront les paroles des Juifs ; et les Néphites et les Juifs auront les paroles des tribus perdues d'Israël ; et les tribus perdues d'Israël auront les paroles des Néphites et des Juifs » (2 Néphi 29:10,12).


5. Preuves corroboratives présentées par les découvertes modernes

      L'archéologie et l'ethnologie du continent américain apportent quelques preuves corroboratives en faveur du Livre de Mormon. Ces sciences sont, de leur propre aveu, incapables d'expliquer de façon décisive l'origine des races américaines natives. Néanmoins les recherches dans ce domaine ont donné des résultats qui sont assez définis, et le récit du Livre de Mormon est en général d'accord avec les découvertes les plus importantes. Nous ne tenterons pas ici de traiter la question à fond ; les limites de ce livre ne le permettraient pas. Pour une étude détaillée sur le sujet, le lecteur devrait consulter des ouvrages qui y sont spécialement consacrés. Nous renvoyons spécialement l'étudiant à l'ouvrage exhaustif de l'Ancien B. H. Roberts, New Witnesses for God, vol. 23, chaps. 24 à 29 inclusivement et vol. 3, chaps. 30 à 34 inclusivement. Parmi les découvertes les plus significatives faites au sujet des aborigènes américains, nous trouvons ce qui suit :

1. L'Amérique fut peuplée à une époque très ancienne, probablement peu après la construction de la tour de Babel.

2. Le continent a été occupé successivement par différents peuples, au moins par deux groupes, ou prétendues races, à des époques largement séparées.

3. Les aborigènes sont venus de l'Est, probablement d'Asie, et les habitants les plus récents, ceux de la seconde période, étaient étroitement liés aux Israélites, sinon identiques à eux.

4. Les races indigènes existant en Amérique proviennent d'une souche commune.

Du résumé déjà donné de la partie historique du Livre de Mormon, on voit que chacune de ces découvertes est pleinement confirmée par ces annales. Ainsi nous y trouvons ce qui suit:

1. L'Amérique fut colonisée par les Jarédites, venus directement des scènes de Babel.

2. Les Jarédites occupèrent le pays pendant environ dix-huit cent cinquante ans et, vers l'époque de leur extinction, aux environs de 590 av. J.-C., Léhi et son groupe vinrent s'établir sur le continent où ils se multiplièrent et devinrent deux nations séparées, les Néphites et les Lamanites. Les premiers furent anéantis vers 385 ap. J.-C. environ mille ans après le débarquement de Léhi - et les derniers survécurent dans un état dégénéré jusqu'à ce jour et sont représentés par les tribus indiennes.

3. Léhi, Ismaël et Zoram, les ancêtres des Néphites et des Lamanites, étaient indubitablement Israélites, étant donné que Léhi appartenait à la tribu de Manassé, qu'Ismaël appartenait à la tribu d'Éphraïm, et que la colonie vint directement de Jérusalem, en Asie.

4. Les tribus indiennes actuelles descendent des émigrants dont l'histoire se trouve dans le Livre de Mormon, et, par conséquent, ils proviennent d'ancêtres qui appartenaient à la maison d'Israël.

      Examinons maintenant quelques preuves présentées, à ce sujet, par des chercheurs dont la plupart ne connaissaient rien du Livre de Mormon, et dont aucun ne reconnaissait le livre comme authentique (un grand nombre parmi les citations qui suivent, employées dans le cadre des preuves extra-scripturales supportant le Livre de Mormon, ont été recueillies par divers auteurs appartenant à l'Église, surtout par l'Ancien George Reynolds ; voir aussi une série d'articles intitulés « American Antiquities » Millennial Star, Liverpool, vol. 21 ; une série d'articles sur « The Divine Origin of the Book of Mormon », dans le Contributor, Salt Lake City, vol. 2 par Moses Thatcher ; et une brochure, A Prophet of Latter Days, Liverpool, 1090, par Edwin F. Parry).

      1. Concernant l'ancienne colonisation de l’Amérique. - Une autorité reconnue sur l'archéologie américaine, présente, en guise de preuve, la déduction suivante : « Un des arts connus des bâtisseurs de Babel était la fabrication des briques. Cet art était aussi connu du peuple qui bâtit les ouvrages de l'Ouest [l'Amérique, ndt). Le cuivre était connu du peuple des plaines de Shinar ; car Noé dut le communiquer, étant donné qu'il vécut cent cinquante [350] ans parmi eux après le déluge. Le cuivre était connu des antédiluviens. Le cuivre était également connu de ceux qui édifièrent les monuments de l'Ouest [idem]. Le fer était connu des antédiluviens. Il était aussi connu des anciens habitants de l'Ouest [idem]. Cependant, il est évident qu'il y avait très peu de fer parmi eux, car on relève très peu de cas où il a été découvert dans leurs ouvrages ; et c'est pour cette raison même que nous tirons la conclusion qu'ils sont venus dans ce pays peu de temps après la dispersion » (Priest, American Antiquities, 1834, p. 219).

      Lowry, dans sa « Réponse aux questions officielles concernant les Aborigènes de l'Amérique », conclut au sujet du peuplement du continent occidental « que la première colonisation eut lieu peu de temps après la confusion des langues lors de la construction de la Tour de Babel » (Ethnological Researches de Schoolcraft, vol. 3, 1853).

      Le professeur Waterman, de Boston, dit au sujet des ancêtres des Indiens américains : « Quand et d'où sont-ils venus ? Albert Galatin, un des philologues les plus profonds de notre époque, a conclu que, d'après les quelques indices fournis par la langue, le moment de leur arrivée ne dut pas être bien éloigné de la dispersion de la famille humaine » (extrait d'une conférence par le professeur Waterman, à Bristol, Angleterre, en 1849 ; cité dans la brochure par Edwin Party, A Prophet of Latter Days(Liverpool, 1898).

      Pritchard écrit des anciens habitants de l'Amérique que « l'ère de leur existence comme race distincte et isolée doit probablement remonter aussi loin que l'époque qui sépara les habitants du vieux monde en nations et qui donna à chaque branche de la famille humaine sa langue et son individualité primitives » (Moses Thatcher,Contributor, vol. 2, p. 227, Salt Lake City, 1881).

      Un auteur indigène du Mexique, Ixtilxochitl, « fixe la date du premier peuplement de l'Amérique vers l'an 2000 av. J.-C. ; ce qui s'accorde étroitement avec celle que nous donne le Livre de Mormon qui déclare positivement que, cet événement eut lieu à l'époque de la dispersion, lorsque Dieu, dans sa colère, dispersa le peuple sur la surface de toute la terre ». « Si l'on s'en réfère aux textes d'Ixtilxochitl, il est dit que dix-sept cent seize ans s'écoulèrent depuis la création jusqu'au déluge. Moïse dit que cette période est de seize cent cinquante-six ans », ce qui fait une différence de soixante ans seulement (Appendice 15:3). Ils sont tout à fait d'accord quant au nombre de coudées, quinze, dont les eaux dépassèrent les plus hautes montagnes. Une telle coïncidence ne peut mener qu'à une seule conclusion : les deux récits sont d'origine identique » (Moses Thatcher, Contributor, vol. 2, p. 228).

      John T. Short, citant Clavigero, dit : « Les habitants de Chiapas ont été les premiers colons du Nouveau-Monde, si nous en croyons leurs traditions. Ils racontent que Votan, le petit-fils de ce respectable vieillard qui bâtit la grande arche pour se sauver lui et sa famille du déluge et l'un de ceux qui entreprirent la construction de cet édifice élevé qui devait atteindre le ciel, vint peupler ce pays par commandement exprès du Seigneur. Ils racontent aussi que le premier peuple vint des régions du nord, et lorsqu'ils furent arrivés à Soconusco, ils se séparèrent, certains allant habiter le pays de Nicaragua et les autres restant à Chiapas » (John T. Short, North American of Antiquity, p. 204 ; Harper New-York, 2e édition, 1888. Voir aussi Contributor, vol. 2, p. 259).

      2. Concernant l'occupation successive de l'Amérique par différents peuples dans les anciens temps. - Il a été déclaré par des spécialistes éminents de l'archéologie américaine que deux groupes distincts - certains disent deux races séparées - ont habité ce continent autrefois. Le professeur F. W. Putnam (voir Putnam, « Prehistoric Remains in the Ohio Valley », Century Magazine, mars 1890) est encore plus précis dans son affirmation que l'une de ces races anciennes se répandit depuis le nord et l'autre depuis le sud. Henry C. Walsh, dans un article intitulé « Copan, Ville des Morts »  (Copan, a City of the Dead, voir Harper's Weekly, NewYork, septembre 1897, p. 879 ; article de Henry C. Walsh) donne de nombreux détails intéressants sur les fouilles et autres travaux exécutés par Gordon sous les auspices de l'expédition Peabody, et ajoute : « Tout cela indique des périodes successives d'occupation, au sujet desquelles il y a d'autres preuves ».

      3. Concernant la venue de l’Est, probablement d'Asie, d'au moins un groupe des anciens Américains et leur origine israélite. - On trouve la preuve confirmant la croyance que les aborigènes américains proviennent de peuples de l'hémisphère oriental dans la similitude qui existe entre les récits et les traditions des deux continents concernant la création, le déluge et les autres grands événements de l'histoire. Le Chevalier Boturini consacra plusieurs années à faire des recherches dans les ruines antiques du Mexique et de l'Amérique Centrale, et rassembla beaucoup d'écrits de grande valeur dont il fut dépouillé par les Espagnols ; il publia un ouvrage sur le sujet de ses études en 1746. Sa mention d'une grande éclipse à l'époque de la crucifixion a trait « aux ténèbres qui couvrirent toute la terre » (Matthieu 27:45), qui n'auraient pas pu être dues à une éclipse solaire puisque ce phénomène n'est possible qu'à la nouvelle lune, et que la Pâque juive, à l'époque où eut lieu la crucifixion, fut célébrée à la pleine lune. Boturini, qui est cité par ceux qui ont écrit sur l'archéologie américaine, dit : « Il n'est aucune nation de Gentils qui mentionne les événements de l'histoire primitive avec autant d'assurance que les Indiens. Ils nous font le récit de la création du monde, du déluge, de la confusion des langues à la tour de Babel, de toutes les autres périodes historiques du monde et des longues pérégrinations de leur peuple en Asie, en indiquant les années particulières par leurs traits caractéristiques ; et ils nous racontent la grande éclipse qui eut lieu, lors de la mort du Christ, notre Seigneur, l'année des sept Conejos (lapins) ».

      On trouve des preuves semblables de l'existence d'une source commune aux traditions orientales et occidentales, au sujet des grands événements des temps primitifs, mentionnées dans les écrits de Short, déjà cité, et de Baldwin (Ancient America, Harper Bros. New-York, 1871), Clavigero (cité par le professeur Short dansNorth Americans of Antiquity), Kingsborough (Lord Kingsborough, Mexican Antiquities(1830-1837), vol. 6), Sahagun (Bernardo de Sahagun, Historia Universal de Nueva Espana), Prescott (W. H. Prescott, Conquest of Mexico), Schoolcraft (Ethnological Researches, 1851, voir vol. 1), Squiers (Antiquities of the State of NewYork, 1851) et d'autres (voir Native Races, etc..., vol. 3 et 5, par Bancroft ; Atlantis, de Donnelly, p. 391, 1862).

      John T. Short ajoute son témoignage pour prouver que les aborigènes américains proviennent de « l'Ancien Monde», mais il admet son incapacité de déterminer quand et d'où ils sont venus sur le continent américain (John T. Short, North Americans of Antiquity, 1879, p. 517). Waterman, que nous avons déjà mentionné, dit : « Ce peuple n'aurait pas pu être créé en Afrique, car les habitants de ce continent ne ressemblent pas du tout à ceux de l'Amérique ; ni en Europe, où on ne trouve aucune race correspondant aux races américaines. C'est en Asie seule que nous pouvons trouver l'origine des Américains » (extrait d'une conférence faite par le professeur Waterman à Bristol, Angleterre, en 1849 ; citée dans une brochure par Edwin F. Parry, A Prophet of Latter Days, Liverpool, 1898).

      Lord Kingsborough, dans son oeuvre monumentale et classique, mentionne un manuscrit de Las Casas, l'évêque espagnol de Chiapas, manuscrit qui est conservé au couvent de Saint-Dominique, au Mexique. L'évêque y déclare qu'il avait constaté l'existence d'une connaissance de la trinité parmi les indigènes du Yucatan. L'un des émissaires de l'évêque écrivit : « Il avait rencontré un notable qui, lorsqu'il fut questionné au sujet de la foi et de la religion ancienne qui prédominaient en ce pays, lui apprit qu'ils connaissaient et adoraient Dieu qui résidait dans les cieux ; et que ce Dieu était le Père, le Fils et le Saint-Esprit ; et que le Père s'appelait Ycona et avait créé les hommes et toutes choses ; et que le Fils s'appelait Bacah et était né d'une vierge appelée Chibirias, qui était au ciel avec Dieu ; et que le nom de la mère de Chibirias était Ischel ; et que le Saint-Esprit s'appelait Echuah. Bacah, le Fils, disaient-ils, fut mis à mort par Eopuco, qui le flagella, mit sur sa tête une couronne d'épines, et le plaça, les bras étendus, sur une poutre de bois, à laquelle, croyaient-ils, il ne fut pas cloué, mais lié ; qu'il y mourut et resta mort pendant trois jours ; et que, le troisième jour, il revint à la vie et monta aux cieux, où il est avec son Père ; et que, immédiatement après, Echuah, qui est le Saint-Esprit, vint, et remplit la terre de tout ce dont elle avait besoin » (Kingsborough, Antiquities of Mexico, vol. 6, pp. 160-161).

      Rosalès affirme qu'il existe une tradition parmi les Chiliens qui raconte que leurs ancêtres furent visités par un personnage merveilleux, plein de grâce et de puissance, qui accomplit beaucoup de miracles parmi eux et les enseigna sur le Créateur qui demeurait dans les cieux au milieu des multitudes glorifiées (RosaIès, History of Chile; voir Mediation and Atonement, par le président Taylor, pp. 200-202). Prescott mentionne le symbole de la croix, que les soldats de Cortez découvrirent être commun parmi les indigènes du Mexique et de l'Amérique Centrale. En plus de ce signe d'une croyance au Christ, les envahisseurs furent les témoins étonnés d'une cérémonie qui suggérait une analogie avec les sacrements de la communion. Ils virent des prêtres aztèques préparer un gâteau de farine mélangée de sang, qu'ils consacrèrent et qu'ils répartirent entre leurs ouailles ; et les indigènes, en le mangeant, « montrèrent des signes d'humiliation et de tristesse, déclarant que c'était la chair de la Divinité » (Prescott, Conquest of Mexico, vol. 2 ; appendice, 1ère partie, p. 389).

      Les Mexicains reconnaissent un Dieu en Quetzalcoatl, dont la vie et la mort, selon la tradition, sont si semblables à notre histoire du Christ que, dit le président John Taylor, « nous ne pouvons arriver à aucune autre conclusion que celle-ci : Quetzalcoatl et le Christ sont le même être » (Mediation and Atonement, p. 201). Lord Kingsborough parle d'une peinture de Quetzalcoatl, « dans l'attitude d'une personne crucifiée avec les marques des clous dans ses mains et ses pieds, mais pas réellement sur la croix ». La même autorité dit en outre : « Le cliché soixante-treize du manuscrit Borgia est le plus remarquable de tous, car Quetzalcoatl n'y est pas seulement représenté crucifié sur une croix de forme grecque, mais son ensevelissement et sa descente aux enfers sont aussi dépeints d'une très curieuse manière ». Et, plus loin : « Les Mexicains croient que Quetzalcoatl revêtit la nature humaine, partageant toutes les infirmités de l'homme, et ne fut pas exempt des peines, des douleurs ni de la mort, qu'il subit volontairement pour expier les péchés des hommes » (Lord Kingsborough, Antiquities of Mexico ; voir citations par le président Taylor, Mediation et Atonement, p. 202).

      La source de cette connaissance du Christ et de la divinité apparaît clairement à la personne qui étudie le Livre de Mormon. Grâce à ces Écritures, nous apprenons que les ancêtres des races américaines aborigènes vécurent pendant des siècles avant la naissance de Jésus-Christ, à la lumière de la révélation directe, qui, leur parvenant par leurs prophètes autorisés, montrait les buts de Dieu concernant la rédemption de l'humanité. Et, de plus, que le Rédempteur ressuscité les visita en personne, et établit son Église parmi eux, avec toutes les ordonnances essentielles. Ce peuple est tombé dans la dégénérescence spirituelle ; beaucoup de ses traditions sont tristement déformées et défigurées par le mélange de superstitions et d'inventions humaines qui s'y est ajouté ; cependant la source de ses connaissances est clairement authentique.

      4. Concernant l'origine commune des races indigènes américaines. - Le fait que les nombreuses tribus et nations indiennes proviennent d'ascendants communs est généralement admis ; cette conclusion est basée sur le rapport étroit évident qui existe entre leurs langues, leurs traditions et leurs coutumes. M. Lewis H. Morgan trouve la preuve que les aborigènes américains avaient une origine commune dans ce qu'il appelle leur système de consanguinité et d'affinité. Il dit : « Les nations indiennes, de l'Atlantique aux Montagnes Rocheuses, et de l'océan Arctique au golfe du Mexique, à l'exception des Esquimaux, ont le même système. Il est minutieux et compliqué dans sa forme générale et dans ses détails ; et, bien que des déviations de l'uniformité se présentent dans les systèmes de diverses tribus, les traits fondamentaux en restent généralement constants. Cette identité des caractéristiques essentielles d'un système si remarquable tend à montrer qu'il a dû être transmis par le sang à chaque famille, à partir d'une source originelle commune. Elle est la preuve la plus forte que nous ayons obtenue jusqu'ici de l'unité d'origine des nations indiennes des régions précitées » (Baldwin, Ancient America, p. 66).

      Bradford résume ainsi ses conclusions au sujet de l'origine et des caractéristiques des anciens Américains : « Ils sont tous de la même origine, branches d'une même race, et possèdent des coutumes et des institutions semblables » (Bradford, American Antiquities , 1841, Conclusions, p. 431).

      La langue écrite des anciens Américains. - À ces preuves séculières ou extra-scripturales de l'authenticité du Livre de Mormon on peut ajouter l'accord qui existe entre les annales et les découvertes relatives au langage écrit de ces peuples anciens. Le prophète Néphi déclare qu'il grava ses annales sur les plaques « dans la langue des Égyptiens » (1 Néphi 1:2), et nous apprenons plus loin que les plaques d'airain de Laban étaient gravées dans la même langue (voir Mosiah 1:4). Mormon, qui abrégea les écrits volumineux de ses prédécesseurs et, prépara les plaques desquelles fut faite la traduction moderne, employa également des caractères égyptiens. Son fils Moroni, qui compléta les annales, déclare ce fait ; mais, admettant une différence entre l'écriture de son époque et celle des premières plaques, il attribua le changement aux mutations naturelles du temps et dit que ses propres annales et celles de son père, Mormon, furent écrites en « égyptien réformé » (Mormon 9:32).

      Mais l'égyptien n'est pas la seule langue orientale que l'on trouve représentée dans les reliques de l'antiquité américaine ; l'hébreu y occupe une place tout aussi importante. Il est très naturel que les descendants de Léhi aient employé la langue hébraïque, étant donné qu'ils étaient de la maison d'Israël, ayant été transplantés directement de Jérusalem sur le continent américain. D'après les déclarations de Moroni concernant la langue employée sur les plaques du Livre de Mormon, il apparaît clairement que les Néphites continuèrent à lire et à écrire en cette langue jusqu'à l'époque de leur extinction. « Et maintenant voici, nous avons écrit ces annales selon notre connaissance, dans les caractères qui sont appelés parmi nous l'égyptien réformé, qui nous ont été transmis et ont été altérés par nous, selon notre manière de nous exprimer. Et si nos plaques avaient été suffisamment grandes, nous aurions écrit en hébreu, mais l'hébreu a été altéré par nous aussi » (Mormon 9:32, 33. Voir en particulier les articles intitulés « Egyptology and the Book of Mormon », par Robert V. Webb, dans l'Improvement Era, vol. 26, Salt Lake City, février, mars, avril 1923 ; aussi l'article « The Book of Mormon Plates », par J. H. Sjodahl dans le numéro d'avril, même volume).

      Les exemples suivants sont tirés d'une série instructive de témoignages compilés par George Reynolds (« The language of the Book of Mormon », dans The Contributor, Salt Lake City, vol. 17, p. 236). Plusieurs auteurs espagnols des premiers temps de la colonisation de l'Amérique affirment qu'on trouva des indigènes, dans certaines régions du pays, qui parlaient un hébreu corrompu. « Las Casas l'affirme pour les habitants de l'île de Haïti. Lafitu écrivit une histoire dans laquelle il affirme que le langage des Caraïbes est radicalement hébreu. Isaac Nasci, Juif érudit du Surinam, dit, concernant le langage des habitants de la Guyane, que tous leurs substantifs sont hébreux. » Des historiens espagnols rapportent les premières découvertes de caractères hébreux sur le continent américain. « Malvenda dit que les indigènes de Saint-Michel avaient des pierres tombales, que les Espagnols mirent à jour, portant plusieurs inscriptions hébraïques anciennes. »

      Dans tous ces écrits, les caractères et la langue appartiennent à la forme la plus ancienne de l'hébreu et ne montrent aucune des voyelles ni des désinences qui furent introduites dans l'hébreu du continent oriental après le retour des Juifs de la captivité de Babylone. Cela correspond au fait que Léhi et son peuple quittèrent Jérusalem peu de temps avant la captivité et, par conséquent, avant l'introduction des changements dans la langue écrite (voir une série instructive d'articles dans l'Improvement Era, Salt Lake City, vol. 17, par Thomas W. Brookbank, intitulée « Hebrew Idioms and Analogies in the Book of Mormon »).

      Une autre épreuve. - Que le lecteur du Livre de Mormon ne se contente pas des preuves que nous venons de citer concernant l'authenticité de ces Écritures fameuses. Un moyen plus sûr et plus efficace de savoir avec certitude si le volume est vrai ou faux a été promis. De même que les autres Écritures, le Livre de Mormon doit être compris grâce à l'esprit des Écritures et on ne peut obtenir cet esprit que si Dieu nous le donne. Mais ce don est promis à tous ceux qui le cherchent. C'est pourquoi nous recommandons à tous ce conseil du dernier auteur de cet ouvrage, Moroni, l'écrivain solitaire qui scella le livre et fut ensuite l'ange qui révéla les annales : « Et quand vous recevrez ces choses, je vous exhorte à demander à Dieu, le Père éternel, au nom du Christ, si ces choses ne sont pas vraies ; et si vous le demandez avec un cœur sincère et avec une intention réelle, ayant foi au Christ, il vous en manifestera la vérité par le pouvoir du Saint-Esprit. Et par le pouvoir du Saint-Esprit vous pouvez connaître la vérité de toutes choses » (Moroni 10:4,5).



 
Source : James E. Talmage, Articles of Faith, Salt Lake City, 1890, 1931






hibou ecrit Cette petite Emma est autiste mais a une voix merveilleuse

Les bois d'Ézéchiel


 Keith H. Meservy

       Des générations de missionnaires ont cité cette Écriture :

      « Toi, fils de l'homme, prends une pièce de bois, et écris dessus : Pour Juda et pour les enfants d'Israël qui lui sont associés. Prends une autre pièce de bois, et écris dessus : Pour Joseph, bois d'Éphraïm et de toute la maison d'Israël qui lui est associée.

      « Rapproche-les l'une de l'autre pour en former une seule pièce, en sorte qu'elles soient unies dans ta main » (ÉzéchieI 37:16-17).

      Pour un saint des derniers jours, cette Écriture montre qu'Ézéchiel savait que le bois de Joseph, le Livre de Mormon, serait joint au bois de Juda, la Bible, dans les derniers jours pour aider le Seigneur à susciter le rétablissement d'Israël. Il est vrai que les interprètes de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours n'ont pas pu s'accorder sur le genre de « bois » qu'Ézéchiel avait à l'esprit, soit des baguettes à encoches, soit des rouleaux, soit des sceptres. Néanmoins, l'Église, avec l'aide de D&A 27:5, a gardé la conviction que chaque « bois » représente un volume d'Écritures.

      Cette interprétation ne va pas sans contestation. Des érudits de la Bible qui ne sont pas membres de l'Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours ont maintenu que l'interprétation traditionnelle chrétienne de « bois » par bâton ou sceptre est mieux en accord avec ce qu'Ézéchiel dit. Ils montrent qu'immédiatement après la prophétie concernant les bois, le Seigneur déclare qu’il prendra les Israélites d'entre les nations où ils sont allés, qu’il les fera revenir sur leur territoire, qu'il fera d'eux une seule nation, qu'ils auront tous un même roi, qu’ils ne formeront plus deux nations et qu'ils ne seront plus divisés en deux royaumes (voir Ézéchiel 37:21-22).

      Ils en concluent qu'il est clair que la réunion des deux sceptres tribaux symbolise la réunification des tribus divisées. L'interprétation du prophète Joseph Smith a semblé si étrange et tellement en désaccord avec son contexte que les critiques ont taxé l’interprétation des saints des derniers jours d'interprétation d'Écriture hors contexte pour prouver un point.

      Au vu de ce genre de critiques, Harold B. Lee a réaffirmé la position de I’Égliseen 1968 lorsqu'il a déclaré aux instructeurs de séminaire et d'institut qui s'étaient assemblés à l'université Brigham Young : « D'après les rapports, certains enseignent que le bois de Joseph ne fait pas allusion au Livre de Mormon et que Doctrine et Alliances, section 5, qui le déclare ne doit pas être pris littéralement. À Dieu ne plaise que des instructeurs parmi vous enseignent une telle doctrine ou permettent qu'on l'enseigne sans que vous ne réagissiez, vous qui connaissez la vérité et qui avez un témoignage » (Viewpoint of a GiantBYU, 18 juillet 1968, p. 6, publié par le Département des séminaires et des instituts de religion).

      Des découvertes passionnantes récentes confirment actuellement que l’interprétation de Joseph Smith est correcte, ce qui n'était pas possible en 1830. Mais avant de commenter ces nouvelles découvertes, regardons rapidement quelques points linguistiques. Le mot hébreu utilisé dans Ézéchiel est etz, dont le sens de base est bois.

      Etz apparaît environ trois cents fois dans le texte hébreu. 
      Quand nous regardons dans la traduction grecque de la Bible, la Septante, faite par des Juifs pour des Juifs au troisième siècle avant Jésus-Christ nous trouvons que etz est traduit par ksylon (bois) 249 fois, mais par dendron (arbre) seulement 15 fois. Ces traducteurs connaissaient l’hébreu et ressentaient leur langue natale. Ils considérèrent évidemment « bois » comme le premier sens deetz.

      Il est doublement surprenant dans ces conditions de découvrir que ces traducteurs de la version grecque n'ont pas utilisé bois dans ce chapitre 37 qui est d'une importance cruciale. Ils ont préféré I’emploi de rabdos (bâton). Ce qui est très caractéristique, c'est que c'est le seul endroit dans toute la Bible grecque oùetz est traduit rabdos.

      Pourquoi ont-ils fait ainsi ? La réponse est de première importance puisque cette traduction unique est celle dont dépend la majorité de nos interprètes modernes pour la compréhension de ce passage.

      Les exégètes ont émis l'hypothèse que le traducteur avait été influencé par l'histoire contenue dans Nombres 17:16-17, où le Seigneur demandait au chef de chaque famille d'inscrire son propre nom sur son bâton (rabdos) et de le laisser dans le Tabernacle pour la nuit. Le lien avec le nom de famille est évident. Et l'on trouve cette prophétie à la fin du chapitre 37 d'Ézéchiel à propos de la réunification des royaumes. La seule difficulté dans cette explication, c'est que le mot traduit par bâton dans les Nombres n'est pas etz mais matteh, mot parfaitement hébreu qui signifie littéralement bâton. Si c'est donc ce qu'Ézéchiel voulait dire, pourquoi n'a-t-il pas utilisé matteh ?

      Dans ces conditions, les découvertes des archéologues et des linguistes d'Iraq prennent une nouvelle signification.

      La nation moderne d'Iraq comprend presque toute la Mésopotamie, creuset des anciens royaumes d'Assyrie et de Babylonie. En 593 av. J.-C., quand Ézéchiel fut appelé comme prophète, il vivait en exil en Babylonie parmi les nombreux Juifs qui avaient été emmenés en captivité par Neboukadnetsar. En parcourant les rues de Babylone, il aurait vu le scribe appuyant avec un stylet en biseau sur des tablettes d'argile molle pour écrire en utilisant l'écriture que nous appelons cunéiforme (en forme de coin). Mais les érudits de notre époque savent que d'autres genres d'annales étaient tenus en Mésopotamie : sur papyrus, sur parchemin et sur tablettes de bois. Bien que seules les tablettes d'argile aient résisté aux millénaires, les écrivains parlaient d'autres supports d'écriture dans leurs annales sur tablettes d'argile.

      Les archéologues modernes savent ce qu'étaient le papyrus et le parchemin, mais ces tablettes de bois, comment étaient-elles ? Comment pouvait-on inscrire des caractères cunéiformes sur du bois ? Les érudits ont essayé de conclure que les Mésopotamiens devaient peindre les signes cunéiformes sur le bois.

      Cette conclusion fut abandonnée il y a quelques années quand San Nicolodécouvrit deux tablettes d'argile dans les archives du temple d'Eanna à Ourouk au sud de la Babylonie, l'une remontant à 596 av. J.-C. et l'autre à 582 av. J.-C. Leurs auteurs mentionnaient tous deux que l'on prenait de la cire d'abeille (et certaines autres substances inconnues de San Nicolo) dans les réserves du temple pour remplir leurs tablettes de bois. Remplir ? San Nicolo se souvint que les Romains et les Grecs faisaient, pour tenir des annales, des tablettes de bois et de cire dans des planches dont la surface avait été évidée et dont les bords ressortaient afin de contenir une mince couche de cire. Les scribes écrivaient sur de la cire. Quand deux tablettes étaient réunies, les bords saillants protégeaient les surfaces portant des inscriptions. Les Babyloniens auraient-ils pu en faire autant ? San Nicolocomprit que pour quelqu'un qui écrivait en signes cunéiformes, c'était à peu près la même chose d'écrire sur de la cire avec un stylet que d'écrire sur de l'argile, tandis que la peinture sur des tablettes de bois aurait impliqué une technique totalement différente. Il conclut que les tablettes babyloniennes de bois pour écrire étaient des tablettes enduites de cire et, en 1948, publia sa conclusion aux savants du monde. Il émit l'hypothèse que la raison pour laquelle aucune tablette de cire n'avait été trouvée était qu'elles devaient être très fragiles. Mais après des années, à l'étonnement des archéologues concernés, une découverte faite sur le territoire de l'ancienne Assyrie confirma à la lettre sa théorie.

      La découverte faite sous la direction de l'archéologue Max Mallowan, eut lieu dans une couche de boue au fond d'un puits à Nimroud, ville connue sous le nom de Kalah dans la Bible. La première découverte fut une tablette plate d'ivoire carrée de 150 millimètres sur 150 millimètres et de 12 millimètres d'épaisseur ; elle était cassée. À la fin de la journée, les ouvriers avaient retrouvé l'autre moitié de cette tablette brisée. Quand ils eurent fini leur travail, ils trouvèrent les fragments de deux jeux complets de tablettes, l'un d'ivoire et l'autre de noyer, comportant chacun seize tablettes. Les deux jeux étaient faits de tablettes de mêmes dimensions : 330 x 152 x 12 millimètres.

      Toutes les surfaces des tablettes étaient évidées sur 2,5 millimètres de profondeur, laissant un rebord de 12 millimètres de large en saillie tout autour.
Les surfaces concaves pouvaient ainsi être remplies de cire dont on trouva quelques fragments gaufrés qui adhéraient encore à la tablette, ou bien étaient mélangés à la boue à proximité.

      La boue avait rendu illisible la majeure partie du texte mais la preuve n'en était pas moins là et un fragment comportait encore des caractères cunéiformes lisibles.

Les tablettes de support dont la surface extérieure n'était pas couverte de cireportait la marque de charnières des deux côtés, ce qui prouvait que les seize tablettes de chaque jeu avaient jadis été jointes comme un paravent japonais que l'on peut replier. Tout ce travail constituait de si vastes annales que Mallowan putannoncer sa découverte en disant que c'était le spécimen de livre le plus ancien.
      Les analyses en laboratoire ont fourni des détails supplémentaires quant au produit qui recouvrait les tablettes. Il était constitué d'une mesure de sulfure d'arsenic pour quatre mesures de cire. Le sulfure d'arsenic doit être l'autre substance que San Nicolo n'avait pas pu identifier à partir des tablettes d'argile qu'il avait lues. Il servait à garder la cire suffisamment molle pour que le stylet fasse une empreinte nette et il donnait aussi une belle surface jaune. Et la petite écriture nette conservée sur un seul fragment de cire est si serrée que les trente surfaces auraient pu contenir approximativement 7500 lignes de texte.

      L'inscription portée sur la couverture de l'un des livres en bois dit : « Palais de Sargon, roi du monde, roi d'Assyrie. Il fit inscrire les mots Enuma Anu Enlil sur une tablette d'ivoire et la mit dans son palais de Dour-Sharroukîn ». Quand Sargon mourut en 705 av. J.-C., le palais fut pillé et les tablettes furent détachées les unes des autres, probablement pour prendre les charnières qui étaient peut-être d'or. Les tablettes « sans valeur » furent ensuite jetées dans le puits.

      Cette découverte confirme, à elle seule l'hypothèse de San Nicolo. Les érudits ont appris grâce aux références cunéiformes à is le'u que des tablettes de bois avaient été utilisées dans l'ancienne Babylonie dès 1700 ans av. J.-C. Et mille ans plus tard, on s'en servait en Assyrie pour copier des textes religieux, des rites, des comptes rendus et des ordres royaux, pour inscrire le nom des individus et pour enregistrer les détails d'une propriété, le connaissement d'un navire ou le registre d’une distribution d'huile.

      Dès qu'on eut identifié un jeu de tablettes, les érudits reconnurent que les bas-reliefs assyriens fournissaient la preuve de leur utilisation. Ils apparaissent aussi sur des monuments de la même époque de la civilisation araméenne au nord de la Mésopotamie. On ne connaît pas encore d'exemples chez les Hittites mais SanNicolo remarqua que les Hittites, qui utilisaient aussi une écriture cunéiforme, disaient qu'ils inscrivaient certaines de leurs annales sur le bois et ils avaient un terme particulier pour désigner le scribe qui le faisait.

      Depuis longtemps les érudits classiques savaient que les Grecs et les Romains utilisaient des tablettes de cire. Zacharie inscrivit le nom de son fils, Jean-Baptiste, sur l'une de ces tablettes (Luc 1:63). Et elles continuèrent à servir en Europe au moins jusqu'au quatorzième siècle ap. J.-C. En bref, l'utilisation de tablettes de cire pour écrire était un procédé plutôt commun chez les anciens et qui se prolongea pendant plusieurs millénaires (d'environ 1700 av. J.-C. à 1400ap. J.-C.) et dans de nombreuses cultures.

      En quoi cela nous aide-t-il en ce qui concerne le verset d'Ézéchiel ? Eh bien, tous ceux qui sont concernés s'accordent à dire que toute interprétation de ce passage doit correspondre à ce que nous savons de la langue et doit aussi être en harmonie avec ce que nous savons du contexte de la prophétie car le contexte détermine le sens.

      Le contexte d'Ézéchiel, c'est le monde babylonien, ses coutumes et ses usages ; sa langue, c'est l'hébreu, qui est une langue de la même racine que le babylonien. Le babylonien is est de la même racine que le mot hébreu etz, et les deux signifient bois. Le fait que la tablette d'ivoire est appelée dans le texte du pays d'Akkad un is le'u fait de shin piri une « tablette de bois faite d'ivoire d'éléphant », ce qui semble être une contradiction absurde, montre que is le’u ne signifiait plus « tablette de bois » mais « tablette à écrire », quelle qu'en fût la composition. De même, le mot latin pour livre, liber, signifiait à l'origine « écorce d'arbre ». Cependant un libraire à notre époque n'est plus un spécialiste en écorce d'arbre ! Avec cela à l'esprit, nous voyons comment nous pourrions traduire ÉzéchieI 37:15-17 :

      « La parole de l'Éternel me fut adressée, en ces mots :

      « Et toi, fils de l'homme, prends un feuillet de tablettes de bois et écris dessus : Juda et les fils d'Israël qui lui sont associés. Prends un autre feuillet et écris dessus : Joseph, feuillet d'Éphraïm et de toute la maison d'Israël qui lui est associée.

      « Rapproche-les l'un de l'autre, pour en former un seul bloc, en sorte qu'ils soient unis dans ta main ».

      Cette traduction est fidèle à ce que nous savons maintenant de la langue et de la culture d'Ézéchiel. C’est d’ailleurs la traduction qui apparaît dans la NewEnglish Bible, traduction financée par les principales Églises protestantes et par les sociétés bibliques dans les îles Britanniques. C'est pourquoi, il n'est plus nécessaire de se sentir sur la défensive lorsque l'on considère les « bois » comme des « annales ». En fait, la situation est actuellement renversée : ceux qui ont interprété ces « bois » comme étant des sceptres, ou quoi que ce soit d'autre, doivent maintenant expliquer comment ils peuvent maintenir Ézéchiel dans son contexte en traduisant ainsi.

      Peu après la mise au jour des tablettes de bois par Mallowan dans l'ancien puits, les parois du puits s'effondrèrent, enterrant presque le vieil homme qui avait été descendu au moyen d'une corde jusqu'au fond. Outre le fait de reconnaître leur chance d'avoir trouvé les tablettes et d'avoir remonté l'ouvrier avant que le puits ne s'écroule, Mallowan rapporte qu'il pense que le simple fait de trouver ces tablettes fut pour eux une chance supérieure à la normale : « La conservation de cette matière organique au fond d'un puits… semble presque un miracle, mais cela s'explique par les propriétés de la boue. Cette chance exceptionnelle nous a permis de sauver de l'oubli un ensemble de documents qui, bien qu'ils aient dû se trouver jadis dans une centaine d'autres villes du Moyen-Orient, n'ont été conservés qu'en une seule. Nous avons ici la plus ancienne preuve connue de ce qui a dû être un support habituel d'écriture ».

      Une chance exceptionnelle ? Un miracle ? Pas plus grand que le fait que le prophète Joseph Smith, dans l'arrière-pays du comté de New York, au début du dix-neuvième siècle, ait interprété un passage de la Bible d'une manière contraire à l'interprétation logique et habituelle du passage pour ne trouver de confirmation que dans les découvertes du vingtième siècle. C'est merveilleux comme des détails de ce genre font que tout l'Évangile rétabli ressort plus nettement, montrant à nouveau l'étendue et la profondeur de l'inspiration qui a caractérisé le ministère bien trop bref de Joseph Smith.


Sources :
• Tambuli, décembre 1983
• L’Étoile, décembre 1983, pp. 23-29
• Ensign, février 1987, pp. 4-14



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Description et origine
du
Livre de Mormon


James E. Talmage (1862-1933)

Président de l'université d'Utah de 1894 à 1897
Membre du collège des Douze de 1911 à 1933

      Qu'est-ce que le Livre de Mormon ? - Le Livre de Mormon est un écrit divinement inspiré composé par les prophètes des anciens peuples qui habitèrent le continent américain des siècles avant et après le temps du Christ ; annales qui ont été traduites au cours de cette génération par le don de Dieu et sur son ordre spécial. Le traducteur autorisé et inspiré de ces Écritures sacrées, par l'intermédiaire duquel elles ont été données au monde en langue moderne, est Joseph Smith, dont nous avons mentionné le premier contact avec ces plaques dans notre premier chapitre (voir James E. Talmage, Articles of Faith, Salt Lake City, 1890). Comme nous l'avons déjà dit, au cours de la nuit du 21 au 22 septembre 1823, Joseph Smith reçut, en réponse à sa prière fervente, la visite d'un personnage ressuscité qui se présenta sous le nom de Moroni. Des révélations ultérieures lui apprirent que ce dernier était l'ultime représentant d'une longue lignée de prophètes dont les écrits traduits constituent le Livre de Mormon ; c'est par lui que les anciennes annales avaient été clôturées ; c'est par lui que les plaques gravées avaient été déposées en terre ; et c'est par son ministère qu'elles furent remises entre les mains du prophète et voyant des derniers jours, dont l’œuvre de traduction se trouve devant nous.

      Lors de sa première visite à Joseph Smith, Moroni lui parla de l'existence des annales, qui dit-il, étaient gravées sur des plaques d'or, enfouies, à ce moment-là, sur le versant d'une colline proche de la maison de Joseph. Cette colline, appelée Cumorah par un groupe des peuples anciens et Ramah par un autre groupe, est située près de Palmyra, dans l'État de New-York. L'endroit précis où les plaques reposaient fut montré à Joseph en vision ; et il n'éprouva aucune difficulté à le trouver le lendemain de la visite dont nous venons de parler. Voici comment Joseph Smith a rapporté les paroles de Moroni au sujet des plaques : « Il dit qu'il existait un livre, gravé sur des plaques d'or, donnant l'histoire des anciens habitants du continent américain et la source dont ils étaient issus. Il dit aussi que la plénitude de l'Évangile éternel y était contenue, telle qu'elle avait été donnée par le Seigneur à ces anciens habitants ; en outre, que deux pierres contenues dans des arcs d'argent - et ces pierres fixées à un pectoral, constituaient ce qu'on appelle l'Urim et Thummim étaient déposées avec les plaques ; que la possession et l'emploi de ces pierres étaient ce qui faisait les « voyants » dans les temps anciens et que Dieu les avait préparées pour la traduction du livre » (Joseph Smith, Histoire 1:34,35).

      Joseph trouva une grande pierre à l'endroit indiqué sur la colline de Cumorah ; sous la pierre se trouvait une boîte, également de pierre ; il en souleva le couvercle au moyen d'un levier ; il vit alors à l'intérieur de la boîte, les plaques et le pectoral avec l'Urim. et Thummirn décrits par l'ange. Alors qu'il était sur le point d'enlever le contenu de la boîte, Moroni lui apparut une fois de plus et lui défendit d'emporter les choses sacrées à ce moment-là, disant que quatre années devraient se passer avant qu'elles ne fussent remises à sa garde personnelle, et que, entre-temps, Joseph serait dans l'obligation de visiter l'endroit une fois par an. C'est ce que le jeune révélateur fit, et il reçut lors de chaque visite des instructions complémentaires au sujet des annales et des desseins de Dieu à leur égard. Le 22 septembre 1827, Joseph reçut de l'ange Moroni les plaques et l'Urim et Thummim, avec le pectoral. Il reçut le commandement de les garder avec le plus grand soin et il lui fut promis que s'il faisait de son mieux pour les protéger, ils resteraient inviolés entre ses mains et qu'à la fin du travail de traduction, Moroni viendrait lui rendre visite de nouveau pour recevoir les plaques.

      La raison justifiant l'avertissement qui fut donné à Joseph de prendre soin des plaques et des autres objets, se manifesta bientôt, car au cours de son bref trajet de retour chez lui, avec les reliques sacrées, il fut attaqué ; mais grâce à l'aide divine, il fut à même de résister à ses assaillants et arriva finalement chez lui sain et sauf avec les plaques et les autres objets. Cette attaque ne fut que le commencement d'un véritable siège de persécutions, qui ne cessèrent jamais de le harceler aussi longtemps que les plaques restèrent sous sa garde. La nouvelle qu'il possédait les plaques se répandit bientôt ; et de nombreuses tentatives, la plupart accompagnées de violences, furent faites pour les lui arracher des mains. Mais elles furent protégées ; et, lentement, en dépit de beaucoup d'obstacles dus aux persécutions de la part des méchants et à sa pauvreté, qui l'obligeait à travailler et ne lui laissait que peu de loisirs pour accomplir la tâche qui lui avait été confiée, Joseph travailla à la traduction ; et, en 1830, le Livre de Mormon fut publié pour la première fois au monde.

      La page de titre du Livre de Mormon. - Notre meilleure réponse à la question : « Qu'est-ce que le Livre de Mormon » ? se trouve à la page de titre du volume. Nous y lisons :
 
« LE LIVRE DE MORMON
Récit écrit sur plaques
DE LA MAIN DE MORMON
D’ après les Plaques de Néphi

« Ce livre est donc un abrégé des annales du peuple de Néphi et aussi des Lamanites - Écrit à l'intention des Lamanites, qui sont un reste de la maison d'Israël, et aussi à l'intention des Juifs et des Gentils - Écrit par commandement et aussi par l'esprit de prophétie et de révélation - Écrit scellé et caché dans le Seigneur afin qu'il ne soit pas détruit - Pour reparaître par le don et le pouvoir de Dieu, pour être interprété - Scellé de la main de Moroni et caché dans le Seigneur pour reparaître, en temps voulu, par le ministère des Gentils - L'interprétation de ce livre par le don de Dieu.

« Il comprend aussi un abrégé tiré du livre d'Éther, qui contient les annales du peuple de Jared, lequel fut dispersé à l'époque où le Seigneur confondit la langue des hommes, alors que ceux-ci bâtissaient une tour pour atteindre le ciel. Le but de ce livre est de montrer au reste de la maison d'Israël les grandes choses que le Seigneur a faites en faveur de. ses pères et de lui faire connaître les alliances du Seigneur, et de lui faire savoir qu'il n'est pas rejeté à tout jamais ; et aussi de convaincre les Juifs et les Gentils que JÉSUS est le CHRIST, le DIEU ÉTERNEL, qui se manifeste à toutes les nations - Et maintenant, s'il contient des fautes, ce sont celles des hommes ; c'est pourquoi ne condamnez pas les choses de Dieu, afin que vous soyez trouvés sans tache devant le siège du jugement du Christ. »

      Cette combinaison de titre et de préface est une traduction de la dernière page des plaques et fut, très probablement, écrite par Moroni, qui, comme nous l'avons déjà dit, scella et cacha jadis les annales.

      Divisions principales du livre. - La page de titre nous apprend que, dans le Livre de Mormon, nous nous trouvons en présence de l'histoire de deux nations qui furent florissantes en Amérique et descendaient de petites colonies amenées du continent oriental par les directives divines. Pour plus de commodité, nous appellerons ces deux nations les Néphites et les Jarédites.

      La nation néphite fut la seconde dans le temps et, sous le rapport de l'ampleur des annales, la plus importante. Les ancêtres de ce peuple furent emmenés de Jérusalem, vers l'an 600 av. J.-C., par Léhi, prophète juif de la tribu de Manassé. Sa famille immédiate, à l'époque de leur départ de Jérusalem, comprenait sa femme Sariah, et leurs fils Laman, Lémuel, Sam et Néphi ; à un stade ultérieur de leur histoire des filles sont mentionnées, mais on ne nous dit pas s'il y en eut parmi elles qui naquirent avant l'exode de la famille. Outre sa propre maison, la colonie de Léhi comprenait Zoram et Ismaël, ce dernier étant un Israélite de la tribu d'Ephraïm. Ismaël et sa famille se joignirent au groupe de Léhi dans le désert et ses descendants furent comptés avec la nation dont nous parlons. Il apparaît que le groupe voyagea plus ou moins vers le sud-est, en restant à proximité du rivage de la mer Rouge ; ensuite, changeant leur orientation vers l'est, ils traversèrent la péninsule arabique et là, sur les rives de la mer d'Oman, construisirent un navire, qu'ils chargèrent de provisions et dans lequel ils s'en remirent à la providence divine sur les flots. On croit que leur navigation les emmena vers l'est, à travers l'océan Indien, puis à travers le Pacifique jusqu'à la côte occidentale de l'Amérique, où ils débarquèrent vers 590 av. J.-C. Le lieu de débarquement n'est pas décrit dans le livre lui-même avec des détails suffisants pour permettre des conclusions définitives à ce sujet.

      Le peuple s'établit sur ce qui était pour lui la terre promise ; de nombreux enfants naquirent et, après quelques générations, le pays fut occupé par une postérité nombreuse. Après la mort de Léhi, le peuple se divisa, une partie reconnaissant, comme chef, Néphi, qui avait été dûment désigné à l'office de prophète, tandis que l'autre partie proclamait Laman, le fils aîné de Léhi, comme son chef. Dès lors, les deux groupes de ce peuple maintenant divisé prirent respectivement le nom de Néphites et de Lamanites. Par intervalles, ils observaient entre eux un semblant de relations amicales ; mais, généralement, ils furent ennemis, les Lamanites manifestant une hostilité et une haine implacables envers leurs frères Néphites. Les Néphites se développèrent dans les arts de la civilisation, bâtirent de grandes villes et des royaumes prospères. Cependant, ils tombaient souvent en transgression et le Seigneur les châtiait en permettant à leurs ennemis héréditaires de les vaincre. On croit traditionnellement qu'ils se répandirent vers le nord pour occuper un territoire considérable en Amérique Centrale et s'étendirent ensuite vers l'est et vers le nord sur une partie de ce qui est maintenant les États-Unis d'Amérique. Les Lamanites, tout en croissant en nombre, subirent la malédiction du courroux divin ; ils devinrent sombres de peau et enténébrés d'esprit, oublièrent le Dieu de leurs pères, menèrent une vie nomade sauvage et dégénérèrent pour en arriver à l'état déchu dans lequel les Indiens américains - leurs descendants en ligne directe - furent trouvés par ceux qui redécouvrirent le continent occidental beaucoup plus tard. Les luttes finales entre Néphites et Lamanites eurent lieu dans le voisinage de la colline de Cumorah, dans ce qui est maintenant l’État de New-York et aboutirent à la destruction des Néphites en tant que nation, vers l'an 400 ap. J.-C. Le dernier représentant néphite fut Moroni qui, errant de lieu en lieu pour sauver sa vie, s'attendant chaque jour à être tué par les Lamanites victorieux, écrivit les dernières pages du Livre de Mormon, et cacha les annales dans la colline de Cumorah. C'est ce même Moroni qui, ressuscité, remit les annales entre les mains de Joseph Smith.

      La nation jarédite. - Des deux nations dont l'histoire constitue le Livre de Mormon, la première, dans l'ordre chronologique, est le peuple de Jared, qui suivit son chef depuis la tour de Babel à l'époque de la confusion des langues. Son histoire fut écrite sur vingt-quatre plaques d'or par Éther, le dernier de ses prophètes qui, prévoyant la destruction de son peuple à cause de ses iniquités, cacha les annales historiques. Celles-ci furent trouvées, par après, vers 122 av. J.-C., par une expédition envoyée par le roi Limhi, un souverain néphite. Les annales gravées sur ces plaques furent abrégées, dans la suite, par Moroni et ce dernier annexa ensuite le récit condensé aux annales du Livre de Mormon ; il apparaît dans la traduction moderne sous, le nom de Livre d'Éther.

      Le premier et principal prophète des Jarédites n'est pas mentionné par son nom dans les annales telles qu'elles nous ont été transmises ; il est connu seulement sous le nom de frère de Jared. Au sujet de son peuple, nous apprenons que, au milieu de la confusion de Babel, Jared et son frère importunèrent le Seigneur pour qu'il leur épargnât, à eux, à leurs parents et à leurs amis la dislocation imminente. Leur prière fut entendue et le Seigneur les conduisit avec un groupe important de personnes qui, comme eux, étaient libres de la corruption de l'idolâtrie, loin de chez eux, promettant de les guider dans un pays de choix, supérieur à tous les autres pays. Leur itinéraire n'est pas donné avec exactitude, nous apprenons seulement qu'ils atteignirent l'océan et qu'ils y construisirent huit navires appelés barques, dans lesquels ils s'engagèrent sur les eaux. Ces navires étaient petits et sombres à l'intérieur ; mais le Seigneur rendit certaines pierres lumineuses et celles-ci donnèrent de la lumière aux voyageurs emprisonnés. Après une navigation de trois cent quarante-quatre jours, la colonie débarqua sur les rivages de l'Amérique.

      Ils y devinrent une nation florissante ; mais cédant, avec le temps, à des dissensions internes, ils se divisèrent en factions, qui se firent la guerre entre elles jusqu'à leur destruction totale. Cette destruction, qui eut lieu près de la colline de Ramah, appelée plus tard Cumorah par les Néphites, eut probablement lieu à l'époque du débarquement de Léhi, vers 590 av. J.-C. Le dernier représentant de cette race infortunée fut Coriantumr, le roi, au sujet duquel Éther avait prophétisé qu'il survivrait à tous ses sujets et qu'il vivrait pour voir un autre peuple posséder le pays. Cette prédiction fut accomplie lorsque le roi, dont le peuple avait été exterminé, arriva, lors d'une de ses courses errantes et solitaires, dans une région occupée par le peuple de Mulek, que nous devons mentionner ici comme la troisième ancienne colonie d'émigrants venus du continent oriental.

      Mulek était le fils de Sédécias, roi de Juda, encore bébé à l'époque de la mort violente de ses frères et des cruelles tortures subies par son père sur l'ordre du roi de Babylone (voir 2 Rois 25:7). Onze ans après le départ de Léhi de Jérusalem, une autre colonie quitta la ville ; parmi les membres de cette colonie se trouvait Mulek. La colonie prit son nom, probablement à cause de ses droits de chef reconnus, en vertu de son lignage. Le Livre de Mormon ne nous donne que peu de renseignements au sujet de Mulek et de son peuple. Nous apprenons, cependant, que la colonie fut amenée, à travers les eaux  à un point situé probablement sur la côte de la partie septentrionale du continent américain. Les descendants de ces colons furent découverts par les Néphites sous Mosiah ; ils étaient devenus nombreux, mais, n'ayant point eu d'Écritures pour les guider, ils étaient tombés dans les ténèbres spirituelles. Ils se joignirent aux Néphites, et leur histoire fusionne avec celle de cette plus grande nation (voir Omni 1:12-19). Les Néphites donnèrent à une partie de l'Amérique du Nord le nom de Pays de Mulek.


Les plaques anciennes et la traduction

      Les plaques du Livre de Mormon, remises à Joseph Smith par l'ange Moroni, étaient, selon la description qu'en fit le prophète des derniers jours et autant qu'il pouvait s'en rendre compte, en or, de dimensions uniformes ayant chacune environ dix-sept centimètres de large et vingt centimètres de long, et étant un peu moins épaisses qu'une feuille ordinaire de fer-blanc. Elles étaient attachées ensemble par trois anneaux qui perçaient les plaques près d'un de leurs bords. Ensemble elles formaient un livre de près de quinze centimètres d'épaisseur, mais tout n'a pas été traduit, une partie ayant été scellée. Les plaques étaient couvertes, des deux côtés, de petits caractères gravés, dont ceux qui les examinèrent dirent qu'ils étaient d'un ouvrage curieux, ayant l'apparence d'être d'origine ancienne.

      Trois groupes de plaques sont mentionnés sur la page de titre du Livre de Mormon :

1. Les plaques de Néphi, qui, comme nous le verrons, étaient de deux sortes : a) les grandes plaques, et b) les petites plaques.

2. Les plaques de Mormon, contenant un abrégé des plaques de Néphi, avec des additions apportées par Mormon et son fils Moroni.

3. Les plaques d'Éther, contenant l'histoire des Jarédites.

      On peut ajouter à celles-ci un autre groupe de plaques, mentionnées dans le Livre de Mormon et sous le rapport du temps, les plus anciennes de toutes :

4. Les plaques d'airain de Laban, apportées de Jérusalem par le peuple de Léhi, contenant les Écritures et les généalogies de Juifs, dont beaucoup d'extraits figurent dans les annales néphites.

      Nous devons maintenant examiner, d'une manière plus spéciale, les plaques de Néphi et l'abrégé qu'en fit Mormon.

      Les plaques de Néphi sont ainsi appelées parce qu'elles furent préparées par Néphi, le fils de Léhi, qui fut le premier à y écrire. Ces plaques étaient de deux sortes (voir 1 Néphi, chap. 9 ; 19:1-5 ; 2 Néphi 5:30 Jacob 1:1-4 Paroles de Mormon 1:3-7) que l'on peut désigner du nom de grandes plaques et de petites plaques. Néphi commença sa tâche de chroniqueur en gravant sur ses plaques un récit historique de son peuple depuis le départ de son père de Jérusalem. Ce récit comprend l'histoire de leurs migrations, de leur prospérité et de leur détresse, du règne de leurs rois et des guerres et des contentions du peuple ; ces annales avaient la nature d'une histoire séculière.

      Ces plaques furent transmises d'un historien à l'autre au cours de toutes les générations du peuple néphite et c'est ainsi qu'à l'époque où Mormon les abrégea, les annales couvraient une époque d'environ mille ans, depuis 600 av. J.-C., date de l'exode de Léhi de Jérusalem. Bien que ces plaques portent le nom du premier auteur, l'œuvre séparée de chaque historien porte, en général, le nom de celui-ci, de telle sorte que ces annales sont composées de plusieurs livres distincts.

      Sur l'ordre du Seigneur, Néphi fit d'autres plaques, sur lesquelles il rapporta particulièrement ce qui peut être appelé, au sens large, l'histoire ecclésiastique de son peuple, ne mentionnant, des événements autres que religieux, que ceux qui étaient nécessaires et propres à assurer l'ordre et la suite de la narration. « J'ai reçu du Seigneur, dit Néphi, le commandement de faire ces plaques dans le but spécial d'y graver l'histoire du ministère de mon peuple » (1 Néphi 9:3). Le but de cette histoire était inconnu de Néphi ; c'était assez pour lui que le Seigneur réclamât ce travail. Mais nous allons voir que c'était dans un but sage.

      L'abrégé de Mormon. - Avec le temps, les annales accumulées arrivèrent dans les mains de Mormon (voir Paroles de Mormon 1:11 Mormon 1:1-4 ; 4:23) qui entreprit de faire un abrégé de ces ouvrages volumineux sur des plaques faites de ses mains (voir 3 Néphi 5:8-11). Par ce procédé, fut composé un document plus concis et d'un style, d'une langue et d'un traitement plus proches de l'uniformité que ce n'aurait pu être le cas avec les écrits variés d'auteurs aussi nombreux que ceux qui avaient donné leurs apports à la grande histoire pendant les nombreux siècles de sa croissance. Mormon reconnaît l'inspiration de Dieu qui le poussa à entreprendre cette grande tâche et en rend témoignage (voir 3 Néphi 5:14-19). En préparant cette histoire plus courte, Mormon conserva la division des annales en livres selon l'arrangement des textes originaux ; et c'est ainsi que, bien que le langage puisse être celui de Mormon - excepté dans le cas de citations extraites de plaques de Néphi, qui sont très nombreuses - nous trouvons les Livres de Néphi, le Livre d'Alma, le Livre d'Hélaman, etc., la première personne du singulier étant généralement conservée dans la forme du discours.

      Lorsque Mormon, au cours de son travail d'abrègement des volumineuses annales, arriva au temps du règne du roi Benjamin, il fut profondément impressionné par le récit gravé sur les petites plaques de Néphi - l'histoire des relations de Dieu avec le peuple pendant la période d'environ quatre siècles qui s'étend de l'époque où Léhi partit de Jérusalem, jusqu'à l'époque du roi Benjamin. Mormon avait un grand respect pour ces annales qui comprenaient tant de prophéties au sujet de la mission du Sauveur. Il n'essaya pas de transcrire ces plaques, mais il inclut les originaux dans son propre abrégé des grandes plaques, faisant des deux un seul livre. Les annales compilées par Mormon contenaient donc un double exposé sur les descendants de Léhi pour les quatre cents premières années de leur histoire - la brève histoire séculière condensée des grandes plaques et le texte complet des petites plaques. Mormon déclare, dans une langue solennelle, et avec une insistance dont les événements futurs devaient montrer toute la signification, la sagesse cachée du dessein dans lequel le Seigneur fit faire ce double « Et je le fais dans un sage dessein, car j'y suis poussé par l'inspiration de l'Esprit du Seigneur qui est en moi. Cependant, je ne sais pas toutes choses ; mais le Seigneur connaît toutes les choses à venir ; c'est pourquoi il me pousse à faire selon sa volonté » (Paroles de Mormon 1:7).

      Le dessein du Seigneur dans la préparation et la conservation des petites plaques, dont Mormon et Néphi témoignent (voir 1 Néphi 9:5) est rendu clair par certains événements, dans cette dispensation des derniers jours, qui accompagnèrent la traduction des annales par Joseph Smith. Lorsque le prophète eût préparé la traduction de la première partie des écrits de Mormon, le manuscrit échappa à sa garde suite aux sollicitations iniques de Martin Harris dont il se considérait le débiteur pour l'aide matérielle qu'il recevait pendant qu'il consacrait son temps à l’œuvre. Ce manuscrit cent seize pages en tout, ne fut jamais rendu à Joseph mais, par les machinations ténébreuses des puissances malignes, il tomba entre les mains d'ennemis, qui conçurent sur-le-champ un plan pervers pour ridiculiser et faire avorter les desseins de Dieu. Ce plan consistait en ce que les conspirateurs attendraient jusqu'à ce que Joseph eût retraduit la section qui manquait, et alors, le manuscrit volé, qui, entre-temps, aurait été modifié de façon à faire exprimer aux mots le contraire du vrai livre, serait publié pour prouver que le prophète était incapable de traduire les mêmes passages deux fois de la même façon. Mais la sagesse du Seigneur s'interposa et réduisit à néant ces ténébreux desseins.

      Ayant châtié le prophète en le privant, pendant un certain temps, de son don de traduction et aussi de la garde des annales sacrées, parce qu'il avait commis la faute de permettre que les écrits passent en des mains non autorisées, le Seigneur fit généreusement rentrer son serviteur repentant dans sa faveur, lui révéla les desseins de ses ennemis (D&A section 10) et lui montra, en même temps, comment ces machinations perverses seraient déjouées. Joseph reçut l'ordre de ne pas essayer de retraduire cette partie de l'abrégé de Mormon, dont la première traduction avait été volée ; mais de traduire, au lieu de cela, l'histoire relative à la même période, des plaques de Néphi - le groupe de petites plaques que Mormon avait incorporé à ses propres écrits. La traduction ainsi faite fut publiée comme celle des annales de Néphi et non comme le texte de Mormon, et il n'y eut pas de seconde traduction des parties qui avaient fourni le texte du manuscrit volé.

      La traduction du Livre de Mormon fut effectuée par le pouvoir de Dieu manifesté dans l'octroi du don de révélation. Le livre déclare ne pas relever de la sagesse ni de la science de l'homme ; son traducteur n'était pas versé en langues ; ses capacités étaient d'un ordre différent et plus efficace. Avec les plaques, Joseph Smith reçut de l'ange d'autres trésors sacrés, comprenant un pectoral, auquel étaient attachés l'Urim et Thummim (voir D&A 10:1 ; 17:1 ; 130:8,9  Mosiah 8:13-19  Éther 3:23-28), appelés Interprètes par les Néphites ; et c'est grâce à l'emploi de ces instruments qu'il fut à même de traduire les anciennes annales en anglais moderne. Les détails du travail de traduction n'ont pas été rapportés, à part que le traducteur examinait les caractères gravés au moyen des instruments sacrés et dictait ensuite au secrétaire les phrases anglaises.

      Joseph commença son travail avec les plaques en copiant patiemment un certain nombre de caractères, ajoutant sa traduction à certaines des pages ainsi préparées. Le premier assistant du prophète dans l’œuvre, Martin Harris, obtint la permission d'emporter certaines de ces transcriptions dans le but de les soumettre à l'examen d'érudits en langues anciennes. Il plaça certaines de ces feuilles sous les yeux du professeur Charles Anthon, du Collège de Columbia, qui, après examen, certifia que les caractères appartenaient, en général, à l'ancien égyptien, et que les traductions qui les accompagnaient paraissaient être correctes. Apprenant comment ces anciennes annales étaient parvenues entre les mains de Joseph, le professeur Anthon demanda à M. Harris de lui apporter le livre original afin de l'examiner, déclarant qu'il désirait entreprendre la traduction du livre. Apprenant alors qu'une partie du livre était scellée (Ésaïe 29:11), remarqua : « Je ne puis lire un livre scellé », accomplissant ainsi, à son insu, la prophétie d'Esaïe concernant la parution du volume : « Toute la révélation est pour vous comme les mots d'un livre cacheté que l'on donne à un homme qui sait lire, en disant : Lis donc cela ! et qui répond : Je ne puis, car il est cacheté ». Un autre linguiste, un certain docteur Mitchell, de New-York, ayant examiné les caractères, rendit à leur sujet un témoignage qui, dans tous ses points importants, correspond à celui du professeur Anthon.
 
      Disposition du Livre de Mormon. - Le Livre de Mormon comprend quinze parties séparées, qui, à une seule exception près, sont appelées livres et portent les noms de leurs auteurs principaux. Parmi ces livres, les six premiers, à savoir Premier et Deuxième Néphi, Jacob, Énos, Jarom et Omni, sont des traductions littérales des parties correspondantes des petites plaques de Néphi. La majeure partie du volume du livre, de Mosiah à Mormon, chapitre 7 inclusivement, est la traduction de l'abrégé que fit Mormon des grandes plaques de Néphi. Entre les livres d'Omni et de Mosiah, nous trouvons les « Paroles de Mormon », qui relient le récit de Néphi gravé sur les petites plaques à l'abrégé des grandes plaques, fait par Mormon pour les périodes suivantes.

      Les Paroles de Mormon peuvent être considérées comme une brève explication des parties précédentes de l’œuvre et une préface aux parties suivantes. La dernière partie du Livre de Mormon, depuis le commencement du chapitre 8 de Mormon jusqu'à la fin du volume, est dans la langue de Moroni, fils de Mormon, qui se met d'abord en devoir de terminer le récit de son père, et ajoute ensuite l'abrégé d'un groupe de plaques qui contenaient l'histoire des Jarédites ; ceci est représenté par le livre d'Éther.

      À l'époque où Moroni écrivit, il restait seul - le seul représentant survivant de son peuple en dehors de ceux qui s'étaient identifiés en grand nombre aux Lamanites. La dernière des guerres fratricides entre Néphites et Lamanites s'était terminée par l'annihilation des premiers. Moroni supposait que son abrégé du livre d'Éther serait sa dernière oeuvre littérale mais, se voyant miraculeusement protégé à la fin de cette entreprise, il ajouta la partie que nous connaissons sous le nom de Livre de Moroni, contenant la description des procédures d'ordination, de baptême et d'administration de la Sainte-Cène, et le texte de certaines paroles et de certains écrits de son père Mormon.

      L'authenticité du Livre de Mormon ressortira de l'examen impartial des circonstances qui ont accompagné sa parution. Les théories fantaisistes au sujet de son origine, avancées par ses ennemis remplis de préjugés, sont en général trop invraisemblables et, dans la plupart des cas, trop puériles pour mériter sérieuse considération. Les suppositions que le Livre de Mormon est l'ouvrage d'un seul auteur ou d'hommes travaillant en collaboration secrète, une oeuvre de fiction ou, d'une manière quelconque, une composition moderne, ces suppositions se réfutent elles-mêmes. Le caractère sacré des plaques interdisait de les exposer pour satisfaire la curiosité des hommes ; néanmoins, un certain nombre de témoins honorables les examinèrent et ces hommes ont rendu au monde leur témoignage solennel des faits. En juin 1829, les prophéties concernant les témoins, par le témoignage desquels la parole de Dieu exposée dans le Livre de Mormon devait être établie (voir 2 Néphi 11:3; 27:12,13  Éther 5:3,4 ; voir aussi D&A 5:11-15 ; section 17), virent leur accomplissement dans une manifestation de la puissance divine, qui démontra l'authenticité des annales à trois hommes, dont les affirmations accompagnent tous les exemplaires du livre.


      Le témoignage de trois témoins

« Qu'il soit connu de toutes les nations, familles, langues et peuples, à qui cette oeuvre parviendra, que nous avons vu, par la grâce de Dieu le Père, et de notre Seigneur Jésus-Christ, les plaques contenant ces annales, qui sont l'histoire du peuple de Néphi et des Lamanites, leurs frères, et du peuple de Jared, venu de la tour dont il a été parlé. Nous savons aussi que ces annales ont été traduites par le don et le pouvoir de Dieu, car sa voix nous l'a déclaré, c'est pourquoi nous savons, avec certitude, que cette oeuvre est vraie. Et nous témoignons aussi avoir vu les caractères gravés qui sont sur les plaques ; et qu'ils nous ont été montrés par le pouvoir de Dieu, et non par celui de l'homme. Et nous déclarons, en toute sincérité, qu'un ange de Dieu vint du ciel, et qu'il apporta et plaça les plaques devant nos yeux, de sorte que nous pûmes les regarder et les voir, ainsi que les caractères qui y étaient gravés. Et nous savons que c'est par la grâce de Dieu, le Père, et de notre Seigneur Jésus-Christ, que nous vîmes, et que nous rendons témoignage que ces choses sont vraies. Et c'est un miracle à nos yeux. Néanmoins, la voix du Seigneur nous a ordonné d'en rendre témoignage ; c'est pourquoi, voulant obéir aux commandements de Dieu, nous rendons témoignage de ces choses. Et nous savons que si nous sommes fidèles au Christ, nous laverons nos vêtements du sang de tous les hommes, et nous serons trouvés sans tache devant le siège du jugement du Christ ; et nous demeurerons éternellement avec lui dans les cieux. Et gloire en soit au Père, et au Fils et au Saint-Esprit, qui sont un Dieu. Amen. »

OLIVER COWDERY
DAVID WHITMER
MARTIN HARRIS 

      Ce témoignage ne fut jamais révoqué ni même modifié par aucun des témoins dont les noms figurent au bas de ce qui précède, bien que tous se soient séparés de l'Église, et aient nourri des sentiments voisins de la haine contre Joseph Smith. Jusqu'à la dernière minute de leur vie, ils maintinrent la même déclaration solennelle de la visitation angélique et du témoignage qui avait été implanté dans leur cœur. Peu après que ces trois hommes eussent vu les plaques, huit autres reçurent la permission de voir et de manipuler les anciennes annales ; et en cela aussi la prophétie fut accomplie en ce qu'il fut déclaré autrefois qu'en plus des trois, « Dieu envoie davantage de témoins » (2 Néphi 11:3), dont le témoignage serait ajouté à celui des trois. Joseph Smith montra les plaques aux huit hommes dont les noms sont apposés au bas du certificat suivant, probablement en juillet 1829.


      Le témoignage de huit témoins

« Qu'il soit connu de toutes les nations, familles, langues et peuples, à qui cette oeuvre parviendra, que Joseph Smith, fils, le traducteur de cette oeuvre, nous a fait voir les plaques dont il a été parlé, qui ont l'apparence de l'or ; et que nous avons tenu et touché de nos mains chacune des feuilles que ledit Smith a traduites, et que nous avons vu aussi les caractères gravés, le tout ayant l'apparence d'un travail très ancien, et d'une exécution curieuse. Et nous rendons témoignage, en toute sincérité, que ledit Smith nous a montré ces plaques, car nous les avons vues et soupesées - et nous savons avec certitude que ledit Smith possède les plaques dont nous avons parlé. Et nous donnons nos noms au monde, pour témoigner à toute la terre de ce que nous avons vu. Et nous ne mentons pas, Dieu en rend témoignage. »

CHRISTIAN WHITMER
JACOB WHITMER
PETER WHITMER, FILS
JOHN WHITMER
HIRAM PAGE
JOSEPH SMITH, PÈRE
HYRUM SMITH
SAMUEL H. SMITH

      Trois des huit témoins moururent en dehors de l'Église, cependant aucun d'entre eux ne renia jamais son témoignage concernant le Livre de Mormon.
 
      Voilà donc des preuves de différentes sortes au sujet de la véracité de ce volume. Le traducteur fait un récit simple et détaillé de la découverte des anciennes plaques, et affirme que la traduction fut effectuée par le pouvoir de Dieu ; des linguistes érudits affirment que les caractères gravés sont véritables ; en plus du traducteur, onze hommes honorables font des déclarations solennelles au sujet de l'apparence des plaques ; et la nature du livre lui-même supporte l'affirmation qu'il n'est rien d'autre que la traduction d'anciennes annales.
 


 
Source : James E. Talmage, Articles of Faith, Salt Lake City, 1890, 1931



.hibou ecrit Cette petite Emma est autiste mais a une voix merveilleuse


Le défidu Livre de Mormon

  
Marcel Kahne
  
Au printemps de 1820, un jeune garçon du nom de Joseph Smith avait une vision dans laquelle Dieu le Père et son Fils, Jésus-Christ, le chargeaient de rétablir l’Évangile et l’Église du Christ. Des visions, d’autres en ont eu. Le propre des visions, c’est qu’elles sont personnelles et que les autres n’ont aucun moyen de savoir si elles ont vraiment eu lieu ou si elles ne sont que le produit de l’imagination… ou d’une volonté d’escroquer son entourage.

L’idéal serait donc de disposer d’un résultat concret de la vision, de quelque chose qui soit de nature à emporter la conviction de ceux qui n’ont pas vu. Dans le cas de Joseph Smith, c’est incontestablement le Livre de Mormon.

Qu’est-ce que le Livre de Mormon ? C’est essentiellement l’histoire de deux familles israélites parties de Jérusalem vers 600 av. J.-C., qui traversèrent l’océan pour aboutir sur le continent américain. Le livre est un abrégé de l’histoire religieuse des descendants de ces deux familles au cours d’une période de mille ans avec, comme point culminant, l’apparition du Christ parmi eux après sa résurrection en Terre Sainte.

Histoire invraisemblable ? À chacun d’en juger, mais nous recommandons de ne le faire qu’en connaissance de cause et pas en fonction des idées toutes faites que chacun de nous véhicule. D’une manière générale, il est absurde d’émettre une opinion sur un sujet que l’on n’a pas approfondi. Ce le serait d’autant plus ici que l’enjeu est de taille : Si Dieu est vraiment apparu à Joseph Smith, c’est l’événement le plus important qui se soit produit ici-bas depuis la résurrection du Christ. Il touche à notre destinée éternelle et qu’y a-t-il de plus important que cela ?


Les quatre types de défis

Le premier défi se trouve dans le texte du Livre de Mormon lui-même, dans Moroni 10:4-5. Le deuxième est celui de témoins extérieurs au livre. Le troisième est le témoignage d’Emma, femme du prophète. Le quatrième est d’ordre scientifique. Nous allons examiner chacun de ceux-ci en détail.


1. Le défi de Moroni 10:4-5

« Et lorsque vous recevrez ces choses, je vous exhorte à demander à Dieu, le Père éternel, au nom du Christ, si ces choses ne sont pas vraies ; et si vous demandez d'un cœur sincère, avec une intention réelle, ayant foi au Christ, il vous en manifestera la vérité par le pouvoir du Saint-Esprit. Et par le pouvoir du Saint-Esprit, vous pouvez connaître la vérité de toutes choses. »

C’est, de loin, le défi le plus important. Tout ce qui vient des hommes est sujet à contestation, à mise en doute. Mais le témoignage du Saint-Esprit ne laisse la place à aucun doute et est indélébile. L’invitation du Livre de Mormon est simple : Lisez et demandez à Dieu si c’est vrai. Si votre demande est sincère, la réponse vous parviendra d’une manière telle qu’il n’y aura plus de discussion possible. Très nombreux sont ceux qui ont fait cette expérience, qui les a ancrés dans la vérité.


2. Les trois et les huit témoins

Au début de chaque exemplaire du Livre de Mormon se trouvent deux textes intitulés respectivement Témoignage de trois témoins et Témoignage de huit témoins. Ces deux témoignages se renforcent mutuellement. Pendant qu’il détenait les plaques du Livre de Mormon, Joseph Smith ne fut autorisé à les montrer à personne, peut-être pour éviter des témoignages contradictoires. Les trois témoins ont vu les plaques dans une vision glorieuse, dans laquelle un ange les leur a montrées tandis que la voix de Dieu leur commandait d’en témoigner au monde. Les huit témoins, de leur côté, ont vu les plaques dans une situation normale, dans laquelle Joseph Smith les leur a montrées. Ils ont pu les toucher et les soupeser.

Sans le témoignage des huit, on aurait pu dire que les trois avaient eu une hallucination ; sans le témoignage des trois, on aurait pu dire que les plaques n’avaient rien de surnaturel.

Ce qui renforce le témoignage de ces hommes, c’est que les trois témoins et trois des huit témoins ont eu des différends avec Joseph Smith et ont quitté l’Église (deux des trois témoins sont revenus plus tard). Ces hommes étaient très aigris contre le prophète et il aurait été tout à fait normal de leur part de renier leur témoignage et de dévoiler publiquement le pot aux roses s’il y avait eu collusion ou s’ils avaient eu le moindre doute quant à la réalité de ce qu’ils avaient vu. Tous sans exception ont réitéré leur témoignage jusqu’à la fin de leurs jours.


3. Le témoignage d’Emma

La personne la mieux placée pour parler d’un homme est incontestablement sa femme. Dans un témoignage rendu à la fin de sa vie, Emma Smith a mis en évidence le fait que son mari aurait été incapable d’écrire le Livre de Mormon :

« Quand Joseph entreprit la traduction, il eut besoin de quelqu’un pour écrire sous sa dictée. Emma joua le rôle de secrétaire. L’institutrice qu’était Emma se rendait bien compte des difficultés de Joseph face à l’anglais écrit. ‘Il ne pouvait pas prononcer le mot Sariah’, dit-elle. Si Joseph n’avait lu les Écritures que sporadiquement tout au plus, Emma, elle, connaissait bien la Bible et la lisait souvent. Un jour, au cours de la traduction, le texte mentionnait les murs de Jérusalem. Joseph s’arrêta. ‘Emma, demanda-t-il, est-ce que Jérusalem était entourée de murs ?’ Elle lui dit que oui. ‘Oh, j’ai cru qu’on me trompait’, répondit-il… Quand on lui demanda si Joseph aurait pu écrire l’histoire en cachette pour ensuite la dicter en faisant semblant de traduire les plaques, elle répliqua : ‘Joseph Smith était incapable d’écrire ou de dicter une lettre cohérente et formulée correctement. Alors dicter un livre comme le Livre de Mormon… c’est aussi merveilleux pour moi que pour n’importe qui d’autre… Je suis certaine que personne n’aurait pu dicter le texte des manuscrits sans être inspiré, car lorsque j’étais sa secrétaire, il me dictait heure après heure et quand il s’y remettait après les repas ou après une interruption, il reprenait immédiatement là où il s’était arrêté sans voir le manuscrit ni s’en faire lire une partie … Il est peu probable qu’un savant aurait pu le faire et pour quelqu’un d’aussi ignorant et sans instruction que lui, c’était tout simplement impossible.’ » (Linda King Newell etValeen Tippetts AveryMormon Enigma: Emma Hale Smith, New York,Doubleday, 1984, pp. 25-26).


4. Le témoignage scientifique

Nous vivons à une époque de l’histoire du monde où la science a acquis droit de cité, reléguant la foi et le spirituel à l’arrière-plan. Nos contemporains sont devenus comme Saint-Thomas, ils ne croient que ce qu’ils voient et les histoires de visions et d’apparitions les laissent plus que sceptiques. Le Livre de Mormon a quelque chose pour ceux-là aussi.

Il se présente, en effet, non comme un roman, mais comme un document historique. Les familles de Léhi et d’Ismaël sont, selon le livre, des personnes réelles, de chair et d’os, ayant existé. Elles ont réellement traversé la péninsule arabique. Elles ont effectivement traversé l’océan et débarqué sur le continent américain. Leurs descendants y ont réellement vécu, à un endroit bien précis et à une époque bien déterminée.

L’historicité d’un document, cela se vérifie. Même si l’auteur du livre se préoccupe essentiellement de religion et est avare de détails sur le reste, il ne peut empêcher les détails culturels de son époque et sa culture propre de transparaître à travers ses écrits. Joseph Smith (et le monde entier de son époque) ignorait tout ou presque du désert arabe et du mode de vie et de la culture de gens tels que les familles de Léhi et d’Ismaël, ainsi que des particularités du monde mésoaméricain dans lequel se situe la majorité des événements du livre, des éléments culturels radicalement différents de ce que connaissait un Américain du XIXe siècle. Il aurait été matériellement impossible à quelqu’un comme Joseph Smith d’écrire un ouvrage comme le Livre de Mormon sans se trahir quasiment à chaque ligne.

Ce qui nous met devant une équation très simple : si le Livre de Mormon est un document historique véritable, Joseph Smith, pas plus qu’aucun de ses contemporains, ne peut en être l’auteur, ce qui veut dire que la seule explication que l’on puisse fournir de son existence est que l’histoire de Joseph Smith est vraie.

Il ne faut bien entendu pas s’attendre à ce que des historiens non mormons risquent leur réputation en entreprenant (du moins sérieusement) pareille investigation. (Ceci est d’ailleurs également vrai pour les plaques. Quand nous expliquons aux gens, qui nous demandent où elles sont, que Moroni les a reprises, ils ont un petit sourire entendu, comme pour dire : pas de pièce à conviction, pas de preuve. Mais même si nous pouvions les montrer, cela ne changerait rien : aucun savant ne risquerait sa réputation en accordant la moindre attention à un document apporté par un ange.)

Ce sont donc des spécialistes mormons qui ont fait les recherches qui s’imposaient et le résultat est impressionnant :

En 1950, le professeur Hugh Nibley, de l’université Brigham Young, publie l’ouvrage fondateur dans l’étude scientifique du Livre de Mormon, Léhi dans le Désert, ouvrage dans lequel il relève un grand nombre de détails culturels que l’on ignorait ou sur lesquels on avait des idées erronées à l’époque de Joseph Smith. On le trouvera en français surwww.idumea.org/Livres/Lehi_dans_desert/LDLD_index.htm.

En 1967, John Welch découvre l’existence d’une structure largement utilisée au Proche-Orient ancien et notamment par les Hébreux, le chiasme. Ses recherches l’amènent à constater la présence de cette structure dans le Livre de Mormon. Aujourd’hui une centaine de chiasmes ont été repérés dans le volume, dont certains recouvrent des livres entiers ou sont d’une complexité remarquable (voir www.idumea.org/Etudes/Etudes.htm sous Ecritures / Livre de Mormon / Structure).

Au cours des années 1970, Lynn et Hope Hilton font un voyage d’exploration en Arabie qui montre que l’itinéraire général suivi par Léhi et les siens, décrit par le Livre de Mormon, cadre avec la configuration de la péninsule arabique. On trouvera un compte rendu en français de leurs recherches dans L’Étoile, de juillet à septembre 1977.

En 1985, l’ethnologue John Sorenson publie un ouvrage magistral, An AncientAmerican Setting for the Book of Mormon, dans lequel il démontre que le Livre de Mormon est, d’un point de vue géographique, historique et culturel, parfaitement à l’aise dans une partie bien déterminée de la Mésoamérique. Voir la traduction française sur www.idumea.org/Livres/Ancient_America/Index_AAS.htm.

Entre-temps, des professeurs d’université et d’autres chercheurs ont formé une association, la Foundation for Ancient Research and Mormon Studies(F.A.R.M.S.), qui s’est donné pour but de publier les résultats de recherches menées avec la plus grande rigueur scientifique sur divers aspects du Livre de Mormon. Cela a donné un flot constant d’articles (voirwww.idumea.org/Etudes/Etudes.htm sous Livre de Mormon).

Enfin, en 2003, George Potter et Richard Wellington ont publié Lehi in theWilderness, fruit de plusieurs années de recherches et de cent mille kilomètres parcourus sur le terrain, dans lequel ils montrent qu’en suivant les indications deNéphi, ils ont trouvé « les régions frontières près du rivage de la mer Rouge », « les régions frontières qui sont plus proches de la mer Rouge » (1 Néphi 2:5), la vallée de Lémuel (v. 14 – voirwww.idumea.org/Etudes/Ecritures/LM/Vallee_Lemuel.htm), Shazer (1 Néphi16:14), « les parties les plus fertiles du désert » (v. 14), « les parties plus fertiles du désert » (v. 16), du bois convenant à la fabrication de l’arc de Néphi (v. 23), l’itinéraire vers l’est (17:1) [1] et le site le plus convaincant pour Abondance.

On peut décider d’ignorer la masse impressionnante d’éléments qui ont été publiés en faveur de l’authenticité du Livre de Mormon, ne serait-ce que parce que reconnaître l’authenticité du Livre de Mormon signifierait aussi reconnaître l’authenticité de la Première Vision de Joseph Smith, un pas que beaucoup préféreraient ne pas franchir pour ne pas remettre en question leurs convictions actuelles. Mais dorénavant, plus personne ne pourra contester honnêtement la validité de l’ouvrage sans tenir compte de ces découvertes.


* * * * * * *

[1] Le site de Nahom, où Ismaël a été enterré, et la preuve que le nom remonte à l’époque de Léhiont été traités ailleurs. Voir L’endroit qui était appelé Nahom, par S. Kent Brown, surwww.idumea.org/Etudes/Ecritures/LM/Nahom_Yemen.htm, et Un autel en rapport avec le Nahom deNéphi ? par Warren P. Aston, sur www.idumea.org/Etudes/Ecritures/LM/Autel_Nahom.htm.


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Le Livre de Mormonaccomplitles prophéties bibliques


LeGrand Richards (1886-1983) 

Évêque président de 1938 à 1952
Membre du collège des Douze de 1952 à 1983

   
      Quand les plaques que l'ange Moroni avait remises à Joseph Smith eurent été traduites et publiées sous le titre de Livre de Mormon, leur diffusion rencontra une grande opposition, surtout de la part des pasteurs d'alors qui recommandèrent à leurs fidèles de ne pas les lire. Ceci, en soi nous semble plutôt absurde, car, si c'était là une oeuvre humaine, comme ils le prétendaient, ils auraient pu conseiller à leurs fidèles de lire l'ouvrage pour constater par eux-mêmes qu'il s'agissait d'un faux. On leur avait dit que le canon des Écritures était complet ; que nous n'aurions jamais rien de plus que ce qui est contenu dans la Bible. On citait souvent :

      Je le déclare à quiconque entend les paroles de la prophétie de ce livre : Si quelqu'un y ajoute quelque chose, Dieu le frappera des fléaux décrits dans ce livre ; et si quelqu'un retranche quelque chose des paroles du livre de cette prophétie, Dieu retranchera sa part de l'arbre de la vie et de la ville sainte, décrits dans ce livre (Apocalypse 22:18,19).

      À première lecture, on pourrait avoir des raisons de croire que l'apôtre Jean voulait dire qu'aucune autre Écriture ne serait ajoutée à la Bible, surtout si l'on tient compte du fait que ce passage se trouve dans le dernier chapitre de la Bible telle que nous la connaissons. Cependant il est aisé de comprendre que cette interprétation est erronée lorsque l'on apprend que, selon les exégètes bibliques : 1) cette révélation fut écrite quelque part entre 64 et 96 après J.-C. ; 2) Jean lui-même écrivit son évangile (l'évangile selon Jean) à Éphèse à une date beaucoup plus tardive ; 3) à cette époque, les livres de la Bible n'étaient pas encore réunis sous la forme où nous les avons maintenant. Nous devons donc comprendre que Jean mettait en garde contre le fait d'ajouter quelque chose aux révélations qu'il avait reçues et transcrites pendant son exil sur l'île de Patmos, ou d'en retirer quelque chose. Mais cela n'empêche toutefois pas le Seigneur d'ajouter des révélations à celles qu'il a déjà données.

      Si nous nous reportons aux paroles de Moïse, nous obtenons la preuve que toute autre conclusion est insoutenable, sinon nous serions obligés de rejeter tous les livres de la Bible à partir du Deutéronome :

      Vous n'ajouterez rien à ce que je vous prescris, et vous n'en retrancherez rien ; mais vous observerez les commandements de l'Éternel, votre Dieu, tels que je vous les prescris (Deutéronome 4:2).

      Vous observerez et vous mettrez en pratique toutes les choses que je vous ordonne ; vous n'y ajouterez rien, et vous n'en retrancherez rien (Deutéronome 12:32).


Prophéties concernant d'autres Écritures

      Le Seigneur savait que Satan suggérerait aux enfants des hommes de refuser d'accepter ce nouveau livre d'Écritures, le Livre de Mormon, et le déclara lui-même par l'intermédiaire du prophète Néphi :

      Mais voici, il y en aura beaucoup — en ce jour-là où je me mettrai en devoir de faire une œuvre merveilleuse parmi eux, afin de me souvenir des alliances que j'ai faites avec les enfants des hommes, afin d'étendre une seconde fois ma main pour recouvrer mon peuple qui est de la maison d'Israël ;
      et aussi afin de me souvenir des promesses que je t'ai faites, à toi, Néphi, et aussi à ton père, que je me souviendrais de votre postérité, et que les paroles de votre postérité iraient de ma bouche à votre postérité ; et mes paroles siffleront jusqu'aux extrémités de la terre, comme bannière pour mon peuple qui est de la maison d'Israël ;
      et parce que mes paroles siffleront, beaucoup de Gentils diront : Une Bible ! Une Bible ! Nous avons une Bible, et il ne peut y avoir davantage de Bible.
      Mais ainsi dit le Seigneur Dieu : Ô insensés, ils auront une Bible ; et elle sortira des Juifs, le peuple ancien de mon alliance. Et comment remercient-ils les Juifs de la Bible qu'ils reçoivent d'eux ? Oui, qu'entendent les Gentils par là ? Se souviennent-ils des labeurs, et des travaux, et des peines des Juifs, et de leur diligence vis-à-vis de moi à apporter le salut aux Gentils ?
      Ô Gentils, vous êtes-vous souvenus des Juifs, le peuple ancien de mon alliance ? Non ; mais vous les avez maudits, et les avez haïs, et n'avez pas cherché à les recouvrer. Mais voici, je ferai retomber ces choses sur votre tête ; car moi, le Seigneur, je n'ai pas oublié mon peuple.
      Insensé, qui diras : une Bible, nous avons une Bible, et nous n'avons pas besoin de davantage de Bible. Avez-vous obtenu une Bible autrement que par les Juifs ?
      Ne savez-vous pas qu'il y a plus d'une nation ? Ne savez-vous pas que moi, le Seigneur, votre Dieu, j'ai créé tous les hommes, et que je me souviens de ceux qui sont dans les îles de la mer, et que je règne dans les cieux en haut et sur la terre en bas, et que je fais parvenir ma parole aux enfants des hommes, oui, à toutes les nations de la terre ?
      Pourquoi murmurez-vous parce que vous allez recevoir davantage de ma parole ? Ne savez-vous pas que le témoignage de deux nations est le témoignage pour vous que je suis Dieu, que je me souviens d'une nation comme d'une autre ? C'est pourquoi, je dis les mêmes paroles à une nation qu'à l'autre. Et lorsque les deux nations s'uniront, les témoignages des deux nations s'uniront aussi.
      Et je fais cela afin de prouver à beaucoup que je suis le même hier, aujourd'hui et à jamais, et que j'envoie mes paroles selon mon bon plaisir. Et parce que j'ai dit une parole, vous ne devez pas supposer que je ne peux pas en dire une autre ; car mon œuvre n'est pas encore finie, et elle ne le sera pas avant la fin de l'homme, ni à partir de ce moment-là, ni jamais.
      C'est pourquoi, parce que vous avez une Bible, vous ne devez pas penser qu'elle contient toutes mes paroles ; et vous ne devez pas non plus penser que je n'en ai pas fait écrire davantage.
      Car je commande à tous les hommes, à la fois à l'est et à l'ouest, et au nord et au sud, et dans les îles de la mer, qu'ils écrivent les paroles que je leur dis ; car c'est d'après les livres qui seront écrits que je jugerai le monde, chacun selon ses œuvres, selon ce qui est écrit.
      Car voici, je parlerai aux Juifs, et ils l'écriront ; et je parlerai aussi aux Néphites, et ils l'écriront ; et je parlerai aussi aux autres tribus de la maison d'Israël, que j'ai emmenées, et elles l'écriront ; et je parlerai aussi à toutes les nations de la terre, et elles l'écriront.
      Et il arrivera que les Juifs auront les paroles des Néphites, et les Néphites auront les paroles des Juifs, et les Néphites et les Juifs auront les paroles des tribus perdues d'Israël, et les tribus perdues d'Israël auront les paroles des Néphites et des Juifs.
      Et il arrivera que mon peuple, qui est de la maison d'Israël, sera rassemblé chez lui dans les pays de ses possessions ; et ma parole sera aussi rassemblée en une seule. Et je montrerai à ceux qui combattent ma parole et mon peuple, qui est de la maison d'Israël, que je suis Dieu et que j'ai fait alliance avec Abraham que je me souviendrais de sa postérité à jamais (2Néphi 29).

      Cette révélation nous autorise à croire qu'il y a d'autres Écritures que celles qui se trouvent dans la Bible et dans le Livre de Mormon. Jésus nous éclaire davantage sur ce point :

      J'ai encore d'autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie ; celles-là, il faut que je les amène ; elles entendront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger (Jean 10:16).

      L'auteur d'une vie du Christ a déclaré qu'il ne trouvait aucune justification à ce passage d'Écriture, puisqu'il ne connaissait pas d'autres brebis que celles qui avaient reçu le ministère de Jésus. Certains ont expliqué qu'il devait s'agir des Gentils, mais Jésus a dit : « …Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël » (Matthieu 15:24).


Jésus a visité ses autres brebis

      Il faut noter que, bien qu'il leur envoya ses apôtres après sa crucifixion, Jésus n'exerça pas son ministère auprès des Gentils. Ceci, en ce qui concerne la Bible, laisse sans réponse la question : Qui étaient les autres brebis qu'il avait promis de visiter ? Pour le savoir, nous devons porter nos regards vers le rétablissement de l'Évangile et l'apparition du Livre de Mormon.

      Après avoir été crucifié et être remonté vers son Père, Jésus visita ses « autres brebis » d'Amérique, les Néphites ; il y choisit douze disciples et organisa son Église comme il l'avait fait parmi les juifs. Le récit détaillé nous en est fait dans 3 Néphi du Livre de Mormon, que nous citons comme suit :

      Et alors, il arriva que lorsqu'il eut dit ces paroles, Jésus dit à ces douze qu'il avait choisis :
      Vous êtes mes disciples, et vous êtes une lumière pour ce peuple, qui est un reste de la maison de Joseph.
      Et voici, ceci est le pays de votre héritage ; et le Père vous l'a donné.
      Et jamais à aucun moment le Père ne m'a donné le commandement de le dire à vos frères à Jérusalem.
      Et jamais non plus à aucun moment le Père ne m'a donné le commandement de leur parler des autres tribus de la maison d'Israël, que le Père a emmenées du pays.
      Le Père m'a commandé de ne leur dire que ceci :
      Que j'ai d'autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie ; celles-là, il faut aussi que je les amène ; elles entendront ma voix ; et il y aura un seul troupeau, un seul berger.
      Or, à cause de la roideur de leur cou et de leur incrédulité, ils n'ont pas compris ma parole ; c'est pourquoi il m'a été commandé par le Père de ne pas leur en dire davantage à ce sujet.
      Mais, en vérité, je vous dis que le Père m'a commandé, et je vous le dis, que vous avez été séparés d'eux à cause de leur iniquité ; c'est pourquoi, c'est à cause de leur iniquité que vous leur êtes inconnus.
      Et en vérité, je vous dis encore que le Père a séparé d'eux les autres tribus ; et c'est à cause de leur iniquité qu'elles leur sont inconnues.
      Et en vérité, je vous dis que vous êtes ceux de qui j'ai dit : J'ai d'autres brebis qui ne sont pas de cette bergerie ; celles-là, il faut aussi que je les amène ; elles entendront ma voix ; et il y aura un seul troupeau, un seul berger.
      Et ils ne m'ont pas compris, car ils pensaient que c'étaient les Gentils ; car ils ne comprenaient pas que les Gentils seraient convertis par leur prédication.
      Et ils ne m'ont pas compris lorsque j'ai dit qu'ils entendraient ma voix ; et ils n'ont pas compris que les Gentils n'entendraient jamais ma voix, que je ne me manifesterais pas à eux, si ce n'est par le Saint-Esprit.
      Mais voici, vous avez entendu ma voix et m'avez vu ; et vous êtes mes brebis, et vous êtes comptés parmi ceux que le Père m'a donnés (3 Néphi 15:11-24).

      Ceci nous apprend qui étaient les autres brebis au sujet desquelles Jésus annonça à ses disciples de Jérusalem qu'il avait l'intention de les visiter, cela nous apprend aussi qu'ils étaient un reste de la maison de Joseph. Jésus poursuit en expliquant qu'il a encore d'autres brebis, « qui ne sont pas de ce pays, ni du pays de Jérusalem » (3 Néphi 16:1) et qu'il doit les visiter. Comme nous ne savons pas encore qui elles sont ni où elles se trouvent, nous allons maintenant nous occuper du reste de la maison de Joseph et nous verrons ce que la Bible peut nous apprendre de cette branche de la maison d'Israël.


La maison de Juda et la maison de Joseph

      Si nous étudions les promesses faites par le Seigneur à Abraham, à Isaac et à Jacob (Israël) et à ses douze fils, que nous considérons comme les chefs des douze tribus de la maison d'Israël, nous verrons clairement que les promesses les plus importantes furent faites à Juda et à Joseph. Beaucoup ont une idée inexacte de ce que désigne le nom « Israël ». Beaucoup pensent, même à l'heure actuelle, qu'il désigne les Juifs ou la maison de Juda, oubliant que Juda n'était qu'un des douze fils d'Israël. Ruben était le fils aîné, mais à cause de sa transgression, son droit d'aînesse lui fut retiré et donné aux fils de Joseph :

      Fils de Ruben, premier-né d'Israël. - Car il était le premier-né mais, parce qu'il souilla la couche de son père, son droit d'aînesse fut donné aux fils de Joseph, fils d'Israël ; toutefois, Joseph ne dut pas être enregistré dans les généalogies comme premier-né. Juda fut, à la vérité, puissant parmi ses frères, et de lui est issu un prince ; mais le droit d'aînesse est à Joseph (1 Chroniques 5:1,2).

      À propos de l'importance et de la situation respective de Juda et de Joseph, Paul dit :

      Car il est notoire que notre Seigneur est sorti de Juda, tribu dont Moïse n'a rien dit pour ce qui concerne le sacerdoce (Hébreux 7:14).

      Quand on comprend ces promesses et ces bénédictions, il devient clair que les bénédictions de Joseph, qui reçut le droit d'aînesse, lui donnaient la préférence sur tous les fils d'Israël, y compris Juda. C'est probablement à cause du fait que Juda et ses descendants, les Juifs, se sont serré les coudes, qu'ils en sont arrivés à être considérés comme les seuls Israélites. À une époque plus reculée, Israël s'était divisé : Juda constituant le plus petit groupe, tandis que le plus grand était appelé « Israël » :

      Joab remit au roi le rôle du dénombrement du peuple : il y avait en Israël huit cent mille hommes de guerre tirant l'épée, et en Juda cinq cent mille hommes (2 Samuel 24:9).

      Et l'Éternel dit : J'ôterai aussi Juda de devant ma face comme j'ai ôté Israël, et je rejetterai cette ville de Jérusalem que j'avais choisie, et la maison de laquelle j'avais dit : Là sera mon nom (2 Rois 23:27).

      Sous Éphraïm, Israël fut emmené vers le nord à l'époque où le royaume d'Israël fut renversé par les Assyriens, vers 721 avant J.-C. et ne revint jamais. Il fut dispersé parmi les nations :

      ...Je ne détruirai pas entièrement la maison de Jacob, dit l'Éternel.
      Car voici, je donnerai mes ordres, et je secouerai la maison d'Israël parmi toutes les nations, comme on secoue avec le crible, sans qu'il tombe à terre un seul grain (Amos 9:8,9).

      Amos promit ensuite qu'après avoir été passé au crible, il serait à nouveau rassemblé (voir Amos 9:14,15), ce qui signifie le rassemblement d'Israël dans les derniers jours tel qu'il a été promis par les prophètes.


Moïse a béni Joseph

      Examinons maintenant plus en détail les promesses faites à Joseph et à sa postérité. Nous allons voir non seulement que leurs promesses furent plus grandes que celles faites à Juda, mais aussi que Joseph et Juda devaient être séparés en deux grands groupes, comme nous l'avons déjà observé. Après le passage d'Israël au crible, Joseph devait recevoir un nouveau pays, séparé et distinct de la terre promise occupée principalement par Juda.

      Moïse « bénit les enfants d'Israël avant sa mort » (voir Deutéronome 33). Nous renvoyons le lecteur au récit de ces bénédictions et lui conseillons de le lire soigneusement en notant particulièrement la portée et la signification de la bénédiction de Joseph comparée à celles de ses frères. Étudions la bénédiction donnée à Joseph, telle que nous la lisons dans la version anglaise du roi Jacques (voir également la traduction allemande de Martin Luther) :

      Sur Joseph il dit : Son pays recevra de l'Éternel, en signe de bénédiction, le meilleur don du ciel, la rosée, les meilleures eaux qui sont en bas,
      Les meilleurs fruits du soleil, les meilleurs fruits de chaque mois,
      Les meilleurs produits des antiques montagnes, les meilleurs produits des collines éternelles,
      Les meilleurs produits de la terre et de ce qu'elle renferme. Que la grâce de celui qui apparut dans le buisson vienne sur la tête de Joseph, sur le sommet de la tête de celui qui fut séparé de ses frères.
      Sa gloire est comme le premier-né de son taureau ; ses cornes sont les cornes du buffle ; avec elles il rassemblera les peuples, aux confins de la terre : et ce sont les myriades d’Éphraïm, ce sont les milliers de Manassé(Deutéronome 33:13-17).

      Quand le patriarche Moïse donna cette bénédiction, il est clair qu'il pensait d'abord au nouveau pays qui serait donné à Joseph et qui recevrait d'abondantes bénédictions du Seigneur de telle sorte qu'il donnerait les meilleurs fruits et les meilleurs produits des antiques montagnes et des collines éternelles.

      Quand les descendants de Joseph furent conduits en Amérique vers 600 av. J.-C., il leur fut dit que ce serait une terre préférable à toutes les autres terres. Si on lit la bénédiction que Moïse donna à Joseph, on voit que Moïse le pressentait et qu'il essaya de le décrire. Il ajouta que ce serait dans « les antiques montagnes » et « les collines éternelles ». Le pays où ils furent emmenés se situe dans la partie occidentale de l'Amérique du Sud, de l'Amérique Centrale et de l'Amérique du Nord, dans les montagnes Rocheuses, et cela correspond exactement à la description de Moïse.

      Moïse déclara encore que la grâce de celui qui apparut dans le buisson ardent (il s'agit du Dieu d'Israël qui apparut dans le buisson ardent, voir Exode 3:2) serait sur Joseph, qui fut séparé de ses frères. Il dit ensuite que sa gloire était comme le « premier-né de son taureau », c'est-à-dire premier-né ou héritier de son père, et nous avons déjà montré comment Joseph devint l'héritier du droit d'aînesse. Moïse voyait plus loin : il voyait la puissance et l'autorité qui seraient données à la postérité de Joseph et ajouta : « ...il rassemblera les peuples aux confins de la terre : et ce sont les myriades d'Éphraïm, ce sont les milliers de Manassé » (voir Deutéronome 33:17). Ceci semble annoncer l'établissement du royaume de Dieu sur la terre dans les derniers jours et le rassemblement d'Israël.


Jacob (Israël) a béni Joseph

      Jacob, le grand patriarche, fit venir ses enfants auprès de lui et les bénit juste avant de mourir :

      Jacob appela ses fils, et dit : Assemblez-vous et je vous annoncerai ce qui vous arrivera dans les derniers jours.
      Rassemblez-vous, et écoutez, fils de Jacob ! Écoutez Israël, votre père !(Genèse 49:1,2).

      Nous invitons le lecteur à étudier le chapitre 49 de la Genèse en entier, en prêtant attention à la grande différence entre les bénédictions respectives. Examinons maintenant avec soin la bénédiction que Joseph reçut de son père :

      Joseph est le rejeton d'un arbre fertile, le rejeton d'un arbre fertile près d'une source ; les branches s'élèvent au-dessus de la muraille. Ils l'ont provoqué, ils ont lancé des traits ; les archers l'ont poursuivi de leur haine.
      Mais son arc est demeuré ferme, et ses mains ont été fortifiées par les mains du Puissant de Jacob : il est ainsi devenu le berger, le rocher d'Israël.
      C'est l’œuvre du Dieu de ton père, qui t'aidera ; c'est l’œuvre -du Tout-Puissant, qui te bénira des bénédictions des cieux en haut, des bénédictions des eaux en bas, des bénédictions des mamelles et du sein maternel.
      Les bénédictions de ton père s'élèvent au-dessus des bénédictions de mes pères jusqu'à la cime des collines éternelles ; qu'elles soient sur la tête de Joseph, sur le sommet de la tête de celui qui fut séparé de ses frères (Genèse 49:22-26).

      Cette bénédiction est semblable à celle donnée par Moïse, et débute par une allusion au pays où se rendrait la postérité de Joseph : « Un arbre fertile près d'une source ; les branches s'élèvent au-dessus de la muraille ». Il nous paraît logique de penser que l'océan était considéré comme la muraille au-dessus de laquelle les branches de Joseph s'élèveraient « jusqu'à la cime des collines éternelles ». Jacob annonça ensuite que Joseph recevrait les « bénédictions des cieux en haut... bénédictions des mamelles et du sein maternel », ce qui veut dire que sa postérité serait grande et que ses bénédictions surpasseraient les bénédictions de ses pères.


Signification du songe de Joseph

      Ajoutons à ces deux bénédictions le songe de Joseph, où il vit les gerbes de ses frères se prosterner devant sa gerbe. Puis il rêva que le soleil, la lune et onze étoiles se prosternaient devant lui (voir Genèse 37:5-10 ; 44:14).

      Posons-nous maintenant les questions suivantes :

1. La Bible rapporte-t-elle qu'un autre homme ait reçu des promesses égales à celles-ci, à part la promesse que le Christ viendrait au monde par les reins de Juda ?

2. La Bible rapporte-t-elle l'accomplissement de ces promesses ? Dans l'affirmative, où ?

3. On s'accorde généralement à reconnaître que la Bible est le livre des Juifs, mais où est le livre de Joseph et de sa postérité ?

4. Est-il raisonnable de supposer que Dieu ferait de plus grandes promesses à Joseph et à sa postérité qu'à aucun autre des onze fils de Jacob (Israël) et à sa postérité, et qu'ensuite il ne prendrait pas de dispositions pour que soit rapporté l'accomplissement de ces promesses ?


Le bois de Joseph

      Le Seigneur ne négligea pas cette importante question : il prit les dispositions voulues pour que rapport fût tenu des accords qu'il passa avec Joseph et sa postérité, à commencer par ses deux fils, Éphraïm et Manassé :

      La parole de l'Éternel me fut adressée, en ces mots :
      Et toi, fils de l'homme, prends une pièce de bois, et écris dessus : Pour Juda et pour les enfants d'Israël qui lui sont associés. Prends une autre pièce de bois, et écris dessus : Pour Joseph, bois d'Éphraïm et de toute la maison d’Israël qui lui est associée.
      Rapproche-les l'une de l'autre pour en former une seule pièce, en sorte qu'elles soient unies dans ta main. Et lorsque les enfants de ton peuple te diront : Ne nous expliqueras-tu pas ce que cela signifie ? réponds-leur :
      Ainsi parle le Seigneur, l'Éternel : Voici, je prendrai le bois de Joseph qui est dans la main d'Éphraïm, et les tribus d'Israël qui lui sont associées ; je les joindrai au bois de Juda, et j'en formerai un seul bois, en sorte qu'ils ne soient qu'un dans ma main. Les bois sur lesquels tu écriras seront dans ta main sous leurs yeux (Ézéchiel 37:15-20).

      Quand ce commandement fut donné, cela revenait à commander de tenir deux livres, deux recueils d'annales. Une lecture attentive révélera que cela se produirait dans de futures générations (verset 18), que quand leurs enfants demanderaient la signification de ce commandement, le Seigneur prendrait « le bois de Joseph qui est dans la main d'Éphraïm, et les tribus d'Israël qui lui sont associées », les joindrait « au bois de Juda » et en formerait « un seul bois, en sorte qu'ils ne soient qu'un dans » sa « main ».

      Remarquons que le Seigneur dit qu'il ferait ceci et qu'ils ne seraient qu'un dans sa main. Or, si nous admettons que la Bible est le bois de Juda, où est le bois de Joseph ? Quelqu'un peut-il répondre ? Dieu a commandé qu'on le tienne pour écrire l'accomplissement des plus grandes promesses qu'il avait faites à Joseph. Ce serait naturellement un livre écrit dans un autre pays, puisque Joseph devait être « séparé de ses frères ». Il ressort avec évidence de cette Écriture que les annales de Juda, c'est-à-dire la Sainte Bible, resteraient avec ce peuple, et que les annales de Joseph y seraient jointes, et que les deux ne feraient plus qu'un.

      Quelqu'un verrait-il une objection à ce que Dieu fasse exactement ce qu'il avait promis à Ézéchiel de faire ? Cette promesse pouvait-elle être accomplie d'une façon plus simple et plus parfaite qu'elle ne le fut par l'apparition du Livre de Mormon ? Dieu conduisit en Amérique une branche de la maison de Joseph et leur commanda de tenir des annales de tous leurs actes. Puis il commanda à son prophète Moroni de cacher ces annales sacrées dans la colline de Cumorah, dans l'ouest de l'État de New York, aux États-Unis. Des siècles plus tard, il renvoya Moroni remettre les annales à Joseph Smith et donna à celui-ci le pouvoir de les traduire à l'aide de l’urim et du thummim. À présent les deux livres ont été réunis, ce qui constitue la réalisation complète d'une autre grande prophétie. Encore une fois, qui verrait une objection à ce que Dieu fasse ce qu'il a promis de faire ? Tant qu'il ne se trouvera pas quelqu'un pour expliquer où se trouve le livre de Joseph, le Livre de Mormon maintiendra, incontestée, sa prétention à être « le bois de Joseph ».


Une voix venant de la poussière

      Ésaïe vit l'apparition de ce livre sous la forme d'une voix, celle d'un spectre dont le murmure viendrait de la poussière :

      Malheur à Ariel, à Ariel ! Cité dont David fit sa demeure! Ajoutez année à année, laissez les fêtes accomplir leur cycle.
      Puis j'assiégerai Ariel ; il y aura des plaintes et des gémissements ; et la ville sera pour moi comme un Ariel.
      Je t'investirai de toutes parts, je te cernerai par des postes armés, j'élèverai contre toi des retranchements.
      Tu seras abaissée, ta parole viendra de terre, et les sons en seront étouffés par la poussière ; ta voix sortira de terre comme celle d'un spectre, et c'est de la poussière que tu murmureras tes discours (Ésaïe 29:1-4).

      Ésaïe vit la chute d'Ariel, c'est-à-dire de Jérusalem, à une époque lointaine dans l'avenir : « ajoutez année à année ». Puis il semble avoir été ravi dans une vision où il fut le témoin d'une destruction semblable des villes de Joseph, « et la ville sera pour moi comme un Ariel ». Il décrit comment elles seraient assiégées, comment des retranchements seraient élevés contre elles ; elles seraient abaissées et leur parole viendrait de terre ; les sons en seraient étouffés par la poussière ; leur voix sortirait de terre comme celle d'un spectre, et elles murmureraient leurs discours de la poussière. Or, de toute évidence, la seule manière dont un peuple mort peut parler « de terre » ou « de la poussière » c'est par le texte, et c'est ce que ce peuple fit par le moyen du Livre de Mormon. En vérité, il est comme un spectre, celui des paroles des prophètes du Dieu d'Israël.

      Le prophète Néphi décrit cet événement en ces termes :

      Lorsque ma postérité et la postérité de mes frères auront dégénéré dans l'incrédulité et auront été frappées par les Gentils, oui, lorsque le Seigneur Dieu les aura investies de toutes parts, les aura cernées par des postes armés, aura élevé contre elles des retranchements, et lorsqu'elles auront été abaissées dans la poussière, de sorte qu'elles ne seront plus, néanmoins, les paroles des justes seront écrites, et les prières des fidèles seront entendues, et tous ceux qui auront dégénéré dans l'incrédulité ne seront pas oubliés.
      Car ceux qui auront été détruits leur parleront de la terre, et leur discours sera un murmure qui sortira de la poussière, et leur voix sera comme celle d'un spectre ; car le Seigneur Dieu lui donnera le pouvoir de chuchoter à leur sujet, comme si cela venait de terre ; et leur discours chuchotera de la poussière.
      Car ainsi dit le Seigneur Dieu : Ils écriront les choses qui se feront parmi eux, et cela sera écrit et scellé dans un livre, et ceux qui auront dégénéré dans l'incrédulité ne l'auront pas, car ils cherchent à détruire les choses de Dieu (2 Néphi 26:15-17, Cf. Ésaïe 29:1-4).

      Ésaïe ne vit pas seulement que ce peuple serait détruit, qu'il serait abaissé, qu'il parlerait de terre, et que sa voix serait comme celle d'un spectre dont le murmure vient de la poussière ; il vit aussi que toute cette vision était représentée par un livre scellé :

      Toute la révélation est pour vous comme les mots d'un livre cacheté que l'on donne à un homme qui sait lire, en disant : Lis donc cela ! Et qui répond : Je ne le puis, car il est cacheté (Ésaïe 29:11).

      Lorsque cette vision fut terminée, Ésaïe entendit à nouveau la parole du Seigneur lui annoncer qu'il allait accomplir une oeuvre merveilleuse et un prodige :

      Le Seigneur dit : Quand ce peuple s'approche de moi, il m'honore de la bouche et des lèvres ; mais son cœur est éloigné de moi, et la crainte qu'il a de moi n'est qu'un précepte de tradition humaine.
      C'est pourquoi je m'en vais accomplir dans ce peuple une oeuvre merveilleuse et un prodige : et la sagesse de ses sages périra, et l'intelligence de ses hommes intelligents disparaîtra (Ésaïe 29:13,14).

      L'avènement du Livre de Mormon est « une oeuvre merveilleuse et un prodige » ; les sages et les hommes intelligents du monde ne peuvent l'expliquer autrement que par le récit des faits présenté par Joseph Smith ; et lui ne l'obtint pas, il n'aurait pu l'obtenir, uniquement en lisant la Bible. Il le reçut par révélation du Seigneur par l'intermédiaire de l'ange Moroni.

 

Source : LeGrand Richards, A Marvelous Work and a Wonder, Salt Lake City, 1950, chapitre 7

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